Décembre 1174: Traité de Falaise entre Henri II d’Angleterre et Guillaume le Lion, roi d’Écosse.
Le texte est extrait du traité de Falaise, signé en décembre 1174 à Falaise (Normandie), après la capture de Guillaume le Lion, roi d’Écosse, lors de la bataille d’Alnwick (1174).
Ce traité place l’Écosse sous la suzeraineté d’Henri II d’Angleterre (règne 1154-1189) et impose des obligations féodales strictes, incluant :
- L’hommage et la fidélité de Guillaume, de son frère David, et des barons écossais à Henri II et à son fils Henri le Jeune Roi.
- La soumission de l’Église écossaise à l’Église anglaise.
- La remise des forteresses stratégiques de Roxburgh, Berwick, Jedburgh, Édimbourg, et Stirling à Henri II.
- La livraison d’otages, dont David et plusieurs nobles écossais, pour garantir l’exécution du traité.
Voici la traduction en français de l'accord et du traité que Guillaume, roi des Écossais, a conclu avec son seigneur roi, Henri, fils de Mathilde, l'impératrice :
Guillaume, roi des Écossais, est devenu l'homme lige du seigneur roi (Henri) contre tout homme en ce qui concerne l'Écosse et toutes ses autres terres ; et il lui a prêté serment de fidélité en tant que son seigneur lige, comme le font tous les autres hommes du seigneur roi (Henri).
De même, il a rendu hommage à Henri le roi, fils du roi Henri, sous réserve uniquement de la fidélité qu'il doit au seigneur roi, son père.
« Et tous les évêques, abbés et clergé du roi des Écossais, ainsi que leurs successeurs, prêteront serment de fidélité au seigneur roi (Henri) en tant que leur seigneur lige, de la même manière que les autres évêques du seigneur roi ont coutume de le faire ; et ils prêteront également serment de fidélité à Henri le roi, son fils, et à ses héritiers.
Et le roi des Écossais, et David, son frère, ainsi que ses barons et autres hommes, ont accordé au seigneur roi (Henri) que l'Église écossaise se soumettra à l'Église anglaise comme elle doit le faire, et comme elle avait coutume de le faire du temps des prédécesseurs du seigneur roi, rois d'Angleterre.
De même, Richard, évêque de Saint-André, Richard, évêque de Dunkeld, Geoffroy, abbé de Dunfermline, et Herbert, prieur de Coldingham, ont accordé que l'Église anglaise devrait avoir les droits qui lui reviennent en Écosse, et qu'ils ne s'opposeront pas eux-mêmes aux droits de l'Église anglaise.
Et ils se sont engagés à respecter cette admission en prêtant serment de fidélité lige au seigneur roi et à Henri, son fils.
De même, les autres évêques et clergé écossais feront de même par un pacte conclu entre le seigneur roi (Henri) et le roi des Écossais, David, son frère, et ses barons.
Les comtes, barons et autres hommes tenant des terres du roi des Écossais, que le seigneur roi Henri sélectionnera, rendront également hommage au seigneur roi contre tous les hommes, et prêteront serment de fidélité à lui en tant que leur seigneur lige, de la même manière que le font ses autres hommes.
Et ils feront de même à Henri le roi, son fils, et à ses héritiers, sous réserve uniquement de la fidélité qu'ils doivent au seigneur roi, son père. De même, les héritiers du roi des Écossais, de ses barons et de ses hommes rendront hommage lige aux héritiers du seigneur roi (Henri) contre tous les autres hommes.
En outre, le roi des Écossais et ses hommes ne recevront, ni en Écosse ni dans aucune de ses autres terres, aucun exilé des terres du seigneur roi qui en a été expulsé pour cause de félonie, à moins qu'il ne souhaite se justifier devant la cour du seigneur roi (Henri) et se soumettre au jugement de sa cour. Sinon, le roi des Écossais et ses hommes devront appréhender un tel individu aussi rapidement que possible et le conduire au seigneur roi (Henri) ou à ses justiciers ou à ses baillis en Angleterre.
De même, si un fugitif expulsé comme félon des terres du roi des Écossais arrive en Angleterre, il ne sera pas reçu dans les terres du seigneur roi (Henri) à moins qu'il ne souhaite se justifier devant la cour du roi des Écossais et se soumettre au jugement de sa cour.
Sinon, un tel individu sera livré aux hommes du roi des Écossais par les baillis du seigneur roi (Henri) là où il sera trouvé.
En outre, les hommes du seigneur roi (Henri) continueront à tenir les terres qu'ils détenaient, et qu'ils devraient détenir, du seigneur roi (Henri), du roi des Écossais et de leurs hommes.
Et les hommes du roi des Écossais continueront à tenir les terres qu'ils détenaient, et qu'ils devraient détenir, du seigneur roi (Henri) et de ses hommes.
Afin que le traité et le pacte avec le seigneur roi (Henri), Henri le roi, son fils, et leurs héritiers, soient fidèlement respectés par le roi des Écossais et ses héritiers, le roi des Écossais a livré au seigneur roi (Henri) le château de Roxburgh, le château de Berwick, le château de Jedburgh, le château d'Édimbourg et le château de Stirling, à tenir par le seigneur roi (Henri) à son plaisir.
Et le roi des Écossais paiera pour la garnison de ces châteaux sur ses propres revenus, au plaisir du seigneur roi (Henri).
En outre, en gage du traité et du pacte susmentionnés, le roi des Écossais a livré au seigneur roi (Henri) son frère, David, comme otage, ainsi que les suivants :
le comte Duncan, le comte Waldewin, le comte Gilbert, le comte d'Angus, Richard de Morville le connétable, Niz fils de Guillaume, Richard Comyn, Walter Corbet, Walter Olyfard, John de Vals, Guillaume de Lindsay, Philippe de Coleville, Philippe de Valognes, Robert Frembert, Robert de Burneville, Hugh Giffard, Hugh Rydal, Walter Berkele, Guillaume de la Haye, Guillaume de Mortemer.Lorsque les châteaux auront été remis, alors Guillaume, roi des Écossais, et David, son frère, seront libérés.
Et (après la remise des châteaux) les comtes et barons susmentionnés seront libérés, mais seulement après que chacun aura livré son propre otage, à savoir son fils légitime s'il en a un, ou sinon son neveu ou son héritier le plus proche.
En outre, le roi des Écossais et ses barons susmentionnés ont garanti qu'avec bonne foi, sans mauvaise intention et sans excuse, ils veilleront à ce que les évêques, barons et autres hommes de leur terre, qui n'étaient pas présents lorsque le roi des Écossais a conclu son pacte avec le seigneur roi (Henri) et avec Henri le roi, son fils, rendent le même hommage lige et serment de fidélité qu'eux-mêmes ont fait.
Et les barons et hommes, qui n'étaient pas présents à cet accord, donneront les otages que le seigneur roi (Henri) déterminera.
En outre, les évêques, comtes et barons susmentionnés ont convenu avec le seigneur roi (Henri) et avec Henri le roi, son fils, que si le roi des Écossais venait à manquer à sa fidélité envers le seigneur roi (Henri) et son fils, et ainsi à rompre l'accord susmentionné, alors eux, les évêques, comtes et barons susmentionnés, se tiendront aux côtés du seigneur roi (Henri), en tant que leur seigneur lige, contre le roi des Écossais et contre tous les hommes hostiles au seigneur roi (Henri).
Et les évêques placeront la terre du roi des Écossais sous interdit jusqu'à ce que le roi des Écossais revienne à la fidélité du seigneur roi (Henri).
Le roi des Écossais et David, son fils, et tous les barons susmentionnés, en tant qu'hommes liges du seigneur roi (Henri) et d'Henri le roi, son fils (sous réserve uniquement de leur fidélité au seigneur roi, son père), ont donné une pleine assurance sous serment que le traité susmentionné sera strictement observé par eux de bonne foi et sans aucune mauvaise intention.
Et voici les témoins : Richard, évêque d'Avranches ; Jean, doyen de Salisbury ; Robert, abbé de Malmesbury ; Ralph, abbé de Montebourg ; Herbert, archidiacre de Northampton ; Walter de Coutances ; Roger, aumônier du roi ; Osbert, clerc de la chambre ; Richard, fils du seigneur roi, et comte de Poitou ; Geoffroy, fils du seigneur roi, et comte de Bretagne ; Guillaume, comte d'Essex ; Hugh, comte de Chester ; Ricard de Le Hommet, le connétable ; le comte de Meulan ; Jordan Tesson ; Humphrey de Bohun ; Guillaume de Courcy, le sénéchal ; Guillaume, fils d'Aldhelm, le sénéchal ; Alfred de Saint-Martin, le sénéchal ; Gilbert Malet, le sénéchal.
À Falaise.
Ce traité est annulé le 5 décembre 1189 par Richard Cœur de Lion, qui rend Berwick, Roxburgh et la souveraineté écossaise à Guillaume Ier « le Lion » afin de financer la Troisième Croisade.
Moyen-Age Classique 1137 / 1204 période Aliénor d'Aquitaine <==....