Les chartes de Mont-de-Marsan signalent des vicomtes de Labrit, à l'époque des Normands, qui envahirent (Vadaron) leur château, en 841.
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Les débris d'un vieux temple de Mars, qui se voyaient sur la colline qui domine le confluent de la Douze et de la Midou, ou fait donner le nom de Mont-de-Marsan à la ville qui s'éleva en cet endroit.
Cette ville doit son origine à Charlemagne, d'après une vieille charte romane manuscrite. A son retour de sa malheureuse expédition d'Espagne, ce monarque, passant par le pays des Landes et voulant établir sa puissance dans ces contrées récemment bouleversées, y créa, sous le nom de proconsulies, plusieurs divisions administratives.
La charte dit « Il forma aussi la proconsulie de Marsan et lui bâtit une capitale le long de la Douze et de la Midou, sur les ruines du temple ou de la citadelle de Mars. »
Charlemagne avait fortifié Mont-de-Marsan et l'avait remplie d'hommes de guerre. Sans doute son dessein était de l'opposer, comme une défense, aux attaques qui venaient soit des Pyrénées, soit de l'Océan.
Les premières incursions vikings en Gascogne, qui débutent en réalité en 840 avec une vaste dévastation de villes comme Dax, Bayonne et Auch.
Le 1er avril 841, les Normands vinrent mettre le siège devant Bordeaux. Ils ravagent tout le pays, continue-t-on : le 3 Anai, Lampurdum; le 8, Dax; le 12, Tartas et Souprose; le 20, Benarna et Oloron;
Le 1er août, deux de leurs corps d'armée ayant opéré leur jonction par une manœuvre habile, profitant de la navigabilité accrue des rivières à l'époque (avant l'ensablement des fleuves), remonte l'Adour et la Midouze jusqu'à Mont-de-Marsan, au confluent avec la Douze. Mont-de-Marsan est défendue par le vicomte Déodat de Lobanner. La défense est héroïque.
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Le dixième jour du siégé, le fils de Déodat défait les ennemis, brûle une partie de la flotte des pirates et tuent plus de 5 000 assaillants.
Mas in termino, mais ceux-ci finirent par s'emparer de la ville, la détruisirent, en dispersèrent les débris dans la rivière et promenèrent la charrue avec des bœufs à la place qu'elle avait occupée.
Quant au vicomte Déodat, les Normands le trouvèrent, au plus fort de l'assaut, en casaque et en éperons (in tastz et cabessaou) et l'emmenèrent avec eux au pays d'où ils étaient venus, et dans lequel il alla de vie à trépas.
Attaqués en chemin par le fils de Lobanner, puis par le duc de Gascogne et le comte de Bigorre, auprès du camp de Crassus (proximo castra Crassus) ils perdirent une partie de leurs guerriers et de leur butin.
Au reste, leur victoire, déjà si vaillamment disputée, fut encore payée cher par eux pendant la retraite, et il faut convenir que peu de provinces de France déployèrent autant de courage contre les terribles enfants de la Scandinavie.
Mont-de-Marsan avait disparu pour trois siècles. Des forêts sauvages recouvraient son territoire, et les ravages des brigands qui s'y réfugiaient avaient fait donner à ce lieu le surnom de Maii-Pas (mauvais pas).
Ce siège est évoqué dans les chartes de Mont-de-Marsan et des chroniques comme les Annales Bertiniani, dans un contexte d'affaiblissement aquitain après la bataille de Fontenoy (841), qui laisse la région vulnérable.
« Universis présent, litter. inspect. In conspect de nos, Ramundi Sancius, dos moneichs de cort comtaou, orden de San Benedict, rector, per arrason de las carias de la cort comtaou de Vascoegna, cusladu, vengo En Pec de Lobanner, vescoms regnans de Marsan, mandas, chum pouderaus senhor de la cort, exceps de las causas raubarias, ahe- goamens, auccisiomens, pugnas et allers nefarias d’achels Nordhoms in Vascoegna , liens l’annado de la incarnation de lo noster Senhor benedigt octo cent quadragintung, dissen, lo abandigt vescoms, che besongh ne bavera per so de la esdification de la ciutat, capdulh de so vescomtat. Perche, do noster mamdamen, per lo tabulaou de la cort, decoperla la pergamis che lo duch de Vascoegna, Sanches, jusset parar, in l’annado mille duodecim, sober los tradetz et achestao adnotation do apostorle de Acjuis, Pee, in lo tempo d'achels nefaors; probatio embe feyta dos sayels »
Texte principal traduit :
« À tous ceux qui verront les présentes lettres. En notre présence, Raymond Sanchez, des deux monnaies de la cour comtale, de l'ordre de Saint-Benoît, recteur, en raison des chartes de la cour comtale de Gascogne, gardées, je viens en paix de Lobanner, vicomte régnant de Marsan, vous ordonnez, en tant que puissant seigneur de la cour, sauf pour les affaires de vols, [excommunications ?], homicides, combats et autres actes néfastes de ces Normands en Gascogne, lisant l'année de l'incarnation de notre Seigneur béni huit cent quarante et un [841], dit le vicomte enlevé, qu'il ne viendra pas pour l'édification de la ville, chef-lieu de son vicomté.
Par conséquent, sur notre commandement, par l'archiviste de la cour, nous découvrons le parchemin que le duc de Gascogne, Sanchez, ordonna de préparer en l'an mille douze [1012], concernant les trahisons et annotations acquises de l'apôtre d'Aquitaine, Pierre, au temps de ces malfaiteurs ; la preuve ayant été dûment établie par les sceaux. »
Notes explicatives
- Contexte historique : Le texte fait référence à une période troublée par les incursions normandes en Gascogne (vers 841, période des raids vikings en Aquitaine).
Les vicomtes de Labrit, mentionnés dans les chartes de Mont-de-Marsan, étaient des seigneurs locaux, et "Vadaron" pourrait être une référence à un lieu ou château envahi, peut-être une déformation de "Béarn" ou d’un toponyme local.
Ils firent prisonnier Déodat de Lobanner (Loup-Aner), vicomte de Marsan.
Mais le fils aîné de Déodat de Lobanner et d’autres guerriers attaquèrent et défirent les Normands; ils en exterminèrent un grand nombre; les autres furent forcés de se rembarquer. Malheureusement, on ne put délivrer Déodat de Lobanner, que les Normands emmenèrent dans leur pays, où il mourut en captivité.
- Raymond Sanchez : Probablement Raymond I Sanchez, vicomte de Marsan (fin XIe–début XIIe siècle), agissant sous l'autorité de la cour comtale gasconne, possiblement liée au duché d'Aquitaine.
- Normands : Les "Nordhoms" désignent les Normands, qui ont pillé la région au IXe siècle et dont l'influence persiste via les liens avec l'Angleterre après 1066.
- Dates : Les années 841 (raids normands) et 1012 (règne de Sancho VI Guillaume, duc de Gascogne) semblent invoquées comme références historiques, peut-être pour légitimer un droit ou une exemption via un précédent archivé.
- "Ahegoamens" : Terme ambigu, peut-être "excommunications" ou une faute pour un terme juridique/religieux.
- "Pee" (Pierre) : Peut-être un évêque ou une figure ecclésiastique d'Aquitaine, qualifié d’"apôtre" pour son autorité spirituelle.
- Mont-de-Marsan : Centre du vicomté de Marsan, où ces chartes étaient probablement conservées, peut-être à l'abbaye de Saint-Sever (bénédictine).
La ville de Mont-de-Marsan est rebâtie en 1141 sur ces ruines.
La famille de Lobanner s'était retirée au château de Roquefort, et ce ne fut qu'en 1141 qu'elle eut enfin l'idée de reconstruire la ville anéantie par les Normands.
Un certain Bérenger de Cantaloup était en possession du territoire, et Pierre de Lobanner fut obligé d'en acheter la cession, comme l'atteste un contrat écrit en langue romane et dont voici la traduction :
« Moi, vicomte, dit Pierre de Lobanner, j'ai résolu de rebâtir le chef-lieu de la vicomté, et ce serait vraiment une honte si cet établissement avait lieu sur d'autres terres que celles qui ont été désignées par l'empereur Karl. Je viens donc à vous, requérant la vente des terres du Cap-de-Mards, c'est-à-dire toute l'étendue du terrain d'en bas, depuis les paroisses de Nonères, de plus le terrain de Bésart, compris entre les rives de la Douze et du Midou, à droite et à gauche jusqu'à leur jonction avec les jardins; les trois habitations qu'ils renferment, les ruines de la citadelle de Mards, que les Normands ne purent enlever; en y ajoutant les terres au midi, de l'autre côté du Midou, avec les grandes fontaines, les cinq habitations, les jardins dans le bas, depuis l'extrémité du terrain de Bésart, au nord des rigoles du Mont-Saint-Pierre; y' compris encore les terres d'en bas de l'autre côté de la Douze, exposées au midi, depuis la fontaine de la Dreyre jusqu'à la jonction de ladouze et du Midou. »
A quoi Cantaloup répond « Nous faisons serment que, n'étant en rien ni contraint, ni déçu, ni trompé, ni foué, ni trahi, ni par crainte, ni par mauvaise circonvention, ni machination à ce faire amené ni conduit; mais de notre spontanée liberté et science certaine le faisons, et cela pour tous nos hoirs à venir, nos successeurs et toute notre lignée pour les siècles des siècles, et ainsi avons laissé, abandonné, résigné, et à vous, notre vicomte, transporté aujourd'hui en légale donation lesdites terres de Mars, et à votre mandement, notre puissant seigneur, nous vous en faisons possesseur. »
En prenant possession du territoire concédé, Pierre de Lobanner prononça ces paroles solennelles « J'atteste votre âme, ô empereur Karl, que, voulant réédifier cette ville au même lieu où vous l'aviez bâtie, en faveur du premier de notre race, je le fais par gratitude et en votre honneur, comme bienfaiteur de notre lignée. Que le Dieu tout-puissant tienne aussi votre âme en sa paix, notre auteur Déodat de Lobanner nous attestons que voulons rebâtir cette cité dans l'endroit même où la renommée vous proclamera dans tous les siècles, à cause de vos travaux merveilleux dans les terres étrangères qui possèdent vos os. Les larmes de vos fils ne les accompagnèrent pas au tombeau, mais votre lignée et les hommes de Marsan les auront en mémoire éternelle. Soyez en paix, Déodat ! » Et tous les habitants, le genou en terre, se sont écriés Soyez en paix, Déodat « Cela dit, nous avons jeté dans les airs, en signe. de saisine, quatre poignées de terre, la premières au levant, l'autre au midi, la troisième au couchant et la dernière au nord. Puis, dans les parties qui furent incendiées, nous avons creusé la terre et nous y avons mis des pierres, des charbons, des monnaies marquées, des réaux d'or et d'argent, ainsi que des vicomteaux noirs, et le tout de nos propres mains aplani. »