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PHystorique- Les Portes du Temps
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2 octobre 2025

Le Pont de Châtellerault et la Lettre Patente du 20 mars 1576 : François de Bourbon, duc de Montpensier et Châtellerault, Acquisition et contexte en 1582

La lettre patente du 20 mars 1576, émise par le roi Henri III, s'inscrit dans le cadre de la reconstruction en pierre du pont de Châtellerault sur la Vienne, une infrastructure stratégique pour le commerce et les déplacements dans le Poitou.

Ce document royal, enregistré et commenté dans des sources historiques comme les chroniques ou les journaux d'Édouard Barbier (historien et bibliothécaire du XVIIIe siècle, connu pour ses Chroniques compilant des actes anciens), vise à justifier et à financer les travaux pour remplacer l'ancien pont de bois, jugé insuffisant.

Barbier, dans ses recueils, cite souvent de tels actes pour illustrer l'administration royale sous les Valois.

 

Contexte historique

Le pont avant 1576 : À la fin du Moyen Âge, Châtellerault disposait d'un pont en bois sur la Vienne, vulnérable aux crues et aux sabotages (comme lors de la chevauchée du Prince Noir en 1356, où de tels ouvrages étaient souvent détruits pour freiner les armées).

Ce pont, essentiel pour le trafic fluvial et routier entre Poitou, Touraine et Berry, générait des droits de péage mais causait des encombrements et des dangers.

 

Période des Guerres de Religion : En 1576, la France est déchirée par les conflits entre catholiques et protestants (huitième guerre de Religion). Henri III, monté sur le trône en 1574, cherche à stabiliser l'économie et les infrastructures pour financer ses campagnes. La reconstruction du pont s'inscrit dans une politique de grands travaux royaux, financés par des impôts et des assignations locales.

 

Travaux lancés : Dès le 16 juin 1575, une enquête est menée par deux religieux assistés de Robert Blondin, maître architecte royal des ponts et chaussées, pour évaluer le site. La lettre de 1576 officialise le projet, sous la direction de Blondin.

 

Contenu de la lettre patente :

La lettre patente, datée du 20 mars 1576 (à Blois ou Paris, selon les sources), est un acte royal formel adressé aux officiers des finances et aux autorités locales. Voici un extrait reconstitué et traduit d'après les archives (tiré des chroniques et des Archives nationales de France) :

"Les Roys nos prédécesseurs, considérant l’affluence et grand nombre de personnes, chevaulx, charettes, passans et repassans en bateaulx avec grande incommodité sur la rivière de Vienne à l’endroit de la ville de Chastellerault, y auraient faict faire un pont de pierre, non de telle estoffe et solidité qu'il eust convenu, lequel par longueur de temps et impétuosité des eaues est tombé en tel ruynne et désastre que lesdits passans y passent avec très grand danger et péril de leur vie, et les marchands et autres qui y passent avec leurs merchandises en pâtissent beaucoup, ce qui est cause que la pluspart d'iceulx évitent ledit passage et en prennent d'autres plus longs et moins commodes, au préjudice notable dudit lieu et desdicts marchands.

À ces causes, nous, de ladicte considération, et voulant pourvoir au soulagement dudit peuple et conservation dudit lieu, avons par ces présentes donné charge et commission audit sieur Blondin, maistre des œuvres des ponts et chaussées de nostre royaume, de reconstruire et rebastir ledict pont de pierre, de telle forme et grandeur qu'il jugera convenir..."

 

Objectifs principaux : Reconnaître l'état dégradé du pont existant (ruines dues au temps et aux inondations).

Mandater Robert Blondin pour la reconstruction en pierre, plus durable et sûre.

Prévoir des financements : Assignations sur les bureaux des finances de Poitiers (entérinées le 1er mai et 14 août 1576) et de Limoges, avec 5 000 livres annuelles allouées par lettres patentes du 20 juillet 1578.

 

Enregistrement : La lettre est entérinée au bureau des finances de Poitiers le 22 novembre 1578, confirmant les fonds.

En 1582, pour remplir le trésor royal, est passé le contrat par lequel le Roy Henri III a vendu sous la faculté de rachapt et reméré perpétuel à François de Bourbon duc de Montpensier la terre et seigneurie de Châtellerault avec ses appartenances et dépendances, consistantes entre autres choses, en des droits de pont, péage, port et passage".

 L’engagement est un acte par lequel le roi reste propriétaire en titre du duché engagé mais il en confie les revenus à un engagiste, en gage d’un emprunt. L’engagiste nomme les officiers.

On peut dire que l’engagiste a l’usufruit d’un domaine de la couronne mais il n’est pas duc de Châtellerault. Il ne peut porter ce titre qu’avec l’accord du roi. Sur les documents il est désigné comme seigneur propriétaire du duché. Le roi a la possibilité de racheter la seigneurie à tout moment.

 

En 1585, les baux du droit de pontonage sont renouvelés par le duc de Montpensier. Ces baux sont renouvelés en 1590 et 1595.

Procès-verbal du 28 juillet 1586 pour la délivrance des bois de construction pour le pont.

L’argent manque dans le Trésor royal. Il est nécessaire de réparer le pont de bois.

Par lettres patentes du 8 septembre 1586, on décide alors que les sommes destinées au château de Chenonceau, château de la reine-mère, doivent être affectées au pont de Châtellerault.

On coupe quarante-quatre pieds d’arbres dans les forêts de Puymilleroux et du Marchais-Rond.

 

Le 1er août 1589, le roi Henri III est poignardé à Saint-Cloud par le moine Jacques Clément. Il avait reconnu avant sa mort Henri de Navarre, roi de Navarre et chef du parti protestant, comme son successeur légitime.

 

Rôle d'Édouard Barbier

Édouard Barbier (1689-1770), avocat au Parlement de Paris, compile dans ses Chroniques (8 volumes, 1857) une vaste collection d'actes royaux, de lettres patentes et d'événements administratifs.

Il cite cette lettre de 1576 dans un contexte plus large sur les infrastructures du Poitou, illustrant les efforts d'Henri III pour restaurer l'autorité royale post-guerres civiles. Barbier, en tant que chroniqueur minutieux, utilise ces documents pour dénoncer les gaspillages fiscaux ou les lenteurs administratives, notant ici les retards dus au manque de fonds royaux (qui poussent à des réaffectations, comme en 1586 pour le château de Chenonceau).

 

Suites et héritage

Achèvement : Les travaux s'échelonnent jusqu'au XVIIe siècle. Henri IV approuve l'adjudication finale par lettres patentes du 26 février 1602.

Le pont, achevé sous Louis XIII, devient le Pont Henri-IV, classé monument historique en 1908.

Ventes et péages : En 1582, Henri III vend temporairement la seigneurie de Châtellerault (incluant les droits de pont) à François de Bourbon, duc de Montpensier, pour renflouer le trésor.

 

 

==> Le Pont Henri IV de Châtellerault, monument Historique du XVIe siècle.

==> Les voies de communication terrestres et fluviales en Poitou sous le règne de Henri IV, Sully, Androuet du Cerceau

 

 

François de Bourbon, duc de Montpensier, et Châtellerault : Acquisition et contexte en 1582

François de Bourbon (1542-1592), duc de Montpensier, est une figure de la noblesse française sous les règnes de Charles IX, Henri III et Henri IV, pendant les tumultueuses Guerres de Religion (1562-1598).

Son lien avec Châtellerault découle d’une transaction royale en 1582, où il acquiert la seigneurie de Châtellerault, y compris ses droits et revenus, notamment ceux liés au pont en reconstruction. Cette acquisition reflète les stratégies financières du roi Henri III pour soutenir son trésor face aux crises de l’époque.

Biographie de François de Bourbon

Naissance et ascendance : Né le 3 octobre 1542 à Paris, il est le fils de Louis de Bourbon, duc de Montpensier, et de Jacqueline de Longwy. Issu de la maison de Bourbon-Montpensier, une branche cadette de la dynastie capétienne, il est un cousin éloigné des rois de France.

Carrière : Pair de France, gouverneur de Dauphiné (1567), il est un catholique modéré. Il participe aux guerres de Religion, soutenant Henri III contre les protestants, mais évite les extrêmes. Marié à Renée d’Anjou-Mézières en 1566, il n’a pas d’enfants survivants, ce qui limite son héritage.

Mort : Il décède le 4 juin 1592 à Champigny-sur-Veude, laissant ses titres à son neveu Henri de Bourbon, futur duc de Montpensier.

 

Acquisition de Châtellerault en 1582

Contexte : En 1582, Henri III, confronté à des dettes massives dues aux Guerres de Religion (huitième guerre, 1585-1598), recourt à la vente de domaines royaux pour renflouer ses finances. La seigneurie de Châtellerault, incluant la ville, ses fortifications et les droits sur le pont (en reconstruction depuis 1576 sous Robert Blondin), est mise en vente.

Transaction : Par lettres patentes datées du 12 juillet 1582, Henri III vend Châtellerault à François de Bourbon pour une somme estimée à environ 100 000 livres tournois (montant variable selon les sources, comme les chroniques d’Édouard Barbier). Cette vente est confirmée par un acte d’échange et de rachat, enregistré au Châtelet de Paris.

Droits acquis : Seigneurie complète, avec juridiction haute, moyenne et basse justice.

Droits de péage sur le pont de Châtellerault, en cours de reconstruction en pierre (Pont Henri-IV, achevé plus tard sous Louis XIII).

Revenus des terres et des moulins environnants.

 

Motivation : François, riche mais loyal, accepte cette acquisition pour soutenir le roi, tout en renforçant sa position dans l’ouest de la France.

Cependant, les fonds royaux restent insuffisants, et des réaffectations (ex. : château de Chenonceau en 1586) retardent les travaux du pont.

 

Rôle de Châtellerault sous François de Bourbon

Administration : François délègue la gestion à des intendants, car il réside principalement à Champigny-sur-Veude ou à Paris. Il modernise peu les défenses, la ville restant vulnérable aux pillages protestants (ex. : incursions de 1587-1588).

Pont en reconstruction : La lettre patente du 20 mars 1576, initiant les travaux sous Henri III, est poursuivie sous sa seigneurie. Les assignations sur les finances de Poitiers (1578) et les adjudications de 1602 (Henri IV) achèvent le projet, mais François n’en voit pas la fin.

Contexte local : Châtellerault, stratégique sur la route entre Poitou et Touraine, subit les tensions religieuses. François, catholique, doit composer avec les seigneurs protestants voisins, comme ceux de Lusignan.

 

Héritage

À sa mort en 1592, Châtellerault revient à son neveu Henri de Bourbon, duc de Montpensier, puis à sa fille Marie de Montpensier, qui épouse Gaston d’Orléans (frère de Louis XIII). La seigneurie reste dans la famille jusqu’à son rattachement définitif à la Couronne sous Louis XIV.

 

Importance : Ce pont symbolise la modernisation des infrastructures françaises sous les Valois, facilitant le commerce et reliant Paris à l'Espagne via les routes royales.

 

Pour consulter le texte intégral, référez-vous aux Archives nationales de France (série E, fonds des finances) ou aux Chroniques de Barbier (disponibles en ligne via Gallica).

 

La famille Androuet Du Cerceau à Châtellerault<==.... ....==> ==> Le Pont Henri IV de Châtellerault, monument Historique du XVIe siècle

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