Canalblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
PHystorique- Les Portes du Temps
TRADUCTION
Derniers commentaires
10 avril 2024

ACTE DE BAPTÊME DE LOUIS DE BUEIL 1438

Les registres de l'état civil, qui aujourd'hui nous semblent être les dépositaires indispensables des trois phases de notre vie : naissance, mariage et décès, n'offrent guère en France de séries antérieures au XVIe siècle.

Cependant, dès le IXe siècle, Hincmar, archevêque de Reims, a expliqué à cet égard l'usage de son temps dans un concile de Soissons, tenu en 853.

Plus tard, l'Église et l'État se préoccupèrent également de la tenue de ces registres. Un synode en Bretagne, l'an 1406, prescrivit aux curés la tenue d'un registre pour les actes de baptême, et plus tard, vers l'an 1464, cette mesure fut étendue aux actes de mariage et de décès. Le concile de Rouen, en 1581, et celui de Bordeaux, en 1583, continrent les mêmes dispositions. L'administration ' royale intervint sous le règne de François Ier. Elle laissa les registra aux curés, mais elle s'occupa de compléter la forme des actes et d'assurer la conservation des recueils.

L'ordonnance de 1539, celle rendue à Blois quelques années plus tard, l'édit de juin 1595, les ordonnances, de 1629, de 1635 de 1667, 1669, qui se sont occupées de la même matière, ordonnent toutes que les registres seront tenus en double, et qu'un exemplaire en sera déposé au greffe de la justice royale, dans le ressort de laquelle se trouve la paroisse.

Enfin, la déclaration du roi du 9 avril 1736 a réglé la forme définitive qui a été suivie jusqu'à la Révolution ; époque où il y a eu séparation des registres civils et des registres religieux.

Voici un acte de baptême, l'un des plus anciens que nous connaissions, et que le hasard nous à fait découvrir, non sur un registre, mais sur le feuillet d'un missel. Le beau volume où il se trouve est un manuscrit sur vélin in-8°, en lettres gothiques avec initiales enluminées. Il est indiqué sur un feuillet en tête comme ayant été écrit en Angleterre, dans le XIVe siècle. Il fait partie de la bibliothèque de Tours, où il est timbré du signe, B- II. L'un des feuillets blancs qui précèdent l'oeuvre de l'artiste contient l'acte suivant en écriture gothique. C'était quelquefois l'usage à cette époque de confier aux marges d'un missel ou autre livre précieux, la mention d'un événement dont on voulait rendre le souvenir durable.

« Neufme jour d'aoust mil cccc cinquante huit, entre huit et neuf heures après midi, couvrant la planète du soleil, fu né au châtel de Vaujour, Loys de Bueil, filz de noble et puissant seigneur mess. Jeh. seigneur de Bueil, comte de Sancerre, admiral de France, et de dame Martine Tourpin, sa fême.

Lequel Loys fu baptisé en l'église de Châsteau, en Anjou, (Château-la-Vailière), et furent ses parrains, Mess. François de Bretaigne comte d'Estampes; r. p. en Dieu, mess.

 Jehan de Beauvau, évêque d'Angiers, et sa marraine noble dame Jehenne Chabot, dame de Montsoreau, femme de mess. Jeh. de Chambes, conseiller et premier maistre d'ostel du roy.

signé, VIOLEY. »

L'enfant dont la naissance a été ainsi confiée aux feuilles d'un livre digne d'être conservé avec soin, n'a eu vraisemblablement qu'une existence de courte durée, car les généalogistes de la maison de Bueil n'en l'ont aucune mention. Mais son berceau, qui ne devait pas grandir, se trouve avoir été entouré de noms qui, tous, appartiennent à l'histoire et particulièrement à celle de Touraine.

Le château de Vaujour, dont les ruines sont aujourd'hui si imposantes au milieu de la forêt et du marécage qui les protègent, appartenait alors à la famille de Bueil, tandis que la terre de Châteaux , au milieu de laquelle il est enclavé, était le patrimoine de la puissante famille de Parthenay-l'Archevêque qui possédait en même temps les terres de St-Christophe, Semblançay et La Motte-Sonzay, en Touraine, sans compter ses immenses domaines du Poitou.

Le père de l'enfant, l'illustre Jean de Bueil, qui par sa mère était l'héritier des comtes de Sancerre et des seigneurs de Marmande, fut un de ces capitaines énergiques qui, émules des Dunois, des Lahire et des Jeanne d'Arc, vouèrent leur existence à la délivrance du pays, depuis si longtemps envahi.

 Il y gagna le titre d'amiral, lors de la prise de Cherbourg, la dernière ville à conquérir sur les Anglais en 1450.

Veuf en premières noces de Jeanne de Montejan, dont il avait eu Antoine, qui seul continua sa postérité masculine, il se remaria en 1456 avec Martine Turpin, fille d'Antoine, seigneur de Crissé, et d'Anne de la Grésille.

Deux ans après, naissait de ce mariage Loys dont nous avons rapporté le baptême.

Un autre fils de la même alliance fut Edmond de Bueil, seigneur de Marmande et de Faye-la-Vineuse, mort dans l'expédition de Naples en 1495. Celui ci avait épousé Françoise de Laval, dont il eut Louis, seigneur de Marmande, mort sans alliance, Isabelle, dame de Marmande et de Faye-La-Vineuse, qui épousa Joachim Gillier, seigneur de Puygarreau, auquel elle porta la seigneurie de Marmande, et Françoise décédée sans alliance.

Des deux parrains mentionnés en l'acte, le premier, François de Bretaigne, comte d'Étampes, né en 1435, était par conséquent alors, âgé de 23 ans ; il devint duc de Bretagne à la fin de la même année, par la mort de son oncle Arthur III. Il rendit hommage au roi de France pour son duché, au château de Montbazon, au mois de février 1459. Il refusa de déceindre l'épée pour rendre l'hommage lige du duché de Bretagne; il ne rendit que l'hommage simple ; mais un instant après il quitta son épée pour rendre l'hommage lige de ses terres de Montfort-1'Amauri et Neauffle-le-Chàtel.

François II, duc de Bretagne, était fils de Richard de Bretagne et de Marguerite d'Orléans, fille de Louis de France, duc d'Orléans, assassiné en 1407 ; Richard avait été fait comte d'Etampes par Charles VII, encore dauphin, en récompense des services qu'il avait rendus. Richard était le quatrième fils de Jean IV, l'heureux compétiteur de Charles de Blois et le vainqueur d'Auray.

François II se maria deux fois : d'abord, en 1455, à sa cousine Marguerite, fille aînée du duc François Ier, morte le 15 septembre 1469; il se remaria deux ans après ; avec Marguerite de Foix. De celle-ci il eut la duchesse Anne, qui épousa successivement les rois Charles VIII et Louis XIÎ.

Le magnifique tombeau de François II et de Marguerite de Foix a été exécuté, on le sait, par le ciseau de Michel Colombe, le célèbre tailleur d'ymaiges de Tours. Ce tombeau, outre les cendres des deux personnages représentés par des statues de marbre blanc, contenait aussi les cendres de Marguerite de Bretagne, la première épouse de François II, et le coeur de la duchesse Anne, renfermé dans un coeur d'or.

L'église des Carmes, où était placé le monument, fut démolie pendant la Révolution, et la sépulture ducale violée. Le tombeau a été restauré en 1817, dans la cathédrale de Nantes comme on ne pouvait restituer les cendres auxquelles il était consacré, on lui a confié du moins celles d'un autre duc de Bretagne, d'Arthur III, l'oncle et le prédécesseur de François II.

Le second parrain de l'enfant, Jean de Beauvau, est le soixante-cinquième évêque d'Angers, dans la liste chronologique des prélats de ce siège. Il fut évêque en 1447, déposé par le pape en 1463, et rétabli sur son siège épiscopal en 1472; il mourut sept ans plus tard.

Jeanne Chabot, la dernière nommée en l'acte, était la fille de Thibault Chabot IV, seigneur de la Grève (commune de Saint-Martin-des-Noyers, Vendée), de Montcontour et de Montsoreau, mort au combat de Patay, dit des Harengs, livré pendant le siège d'Orléans, et de Brunissende d'Argenton.

Louis Chabot, aïeul de Jeanne, avait épousé Marie de Craon qui lui avait apporté de riches domaines en Touraine, tels que Colombiers ou Villandry, Savonnières, Précignis et ferrières, et en Anjou la terre de Montsoreau.

 Jeanne Chabot épousa au mois de mars 1445 Jean de Chambes, conseiller et premier maître d'hôtel du roi.

 Après le mariage, Jean de Chambes acquit de son beau-frère Louis Chabot, la terre de Montsoreau ; il est remarquable toutefois, que dans l'acte de baptême, le titre attaché à la terre de Montsoreau est attribué directement à Jeanne Chabot et non à son mari.

Jeanne fut la mère de Nicole de Chambes, deuxième épouse de Louis d'Amboise, veuf de Marie de Rieux, et père de Françoise d'Amboise qui fut la femme de Pierre II, duc de Bretagne.

 On sait la fin tragique de Nicole de Chambes : ayant négligé son mari pour de Charles de France, duc de Guyenne, frère de Louis XI, elle fut empoisonnée à l'aide d'une pêche qui lui fut présentée dans un souper et qui fut partagée entre elle et son amant. Elle mourut en peu d'heures ; le duc de Guyenne succomba quelques semaines plus tard.

C'est ainsi qu'autour du berceau d'un enfant qui ne devait pas vivre, se trouvèrent réunis dans le château de Vaujour, dont nous aimons les ruines mélancoliques, quelques noms qui tous ont joué leur rôle, dans la péripétie du moyen-âge.

CH. DE SOURDEVAL.

 

 

 

5 février 1446. Louis de Bueil, écuyer, seigneur de Marmande, est tué dans une joute à Tours par Jean Châlons, écuyer anglais.<==

Jeanne Chabot -Jean de Chambes, seigneur de Montsoreau et d'Argenton, chambellan des rois de France Charles VII et Louis XI <==

La Baronnie de Faye la Vineuse et ses Seigneurs <==

Commentaires
PHystorique- Les Portes du Temps