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PHystorique- Les Portes du Temps
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2 février 2026

866 – Bataille de Brissarthe contre les Vikings, mort de Robert le Fort, comte d’Anjou et de Ramnulf, comte de Poitiers et Duc d’Aquitaine.

843 – Coulaines (près de Tours)

Charles le Chauve, dont le pouvoir est très contesté au début de son règne, réunit un concile à Coulaines, dans la villa épiscopale.

Les évêques de la province de Tours y prêtent serment de le soutenir et de lui signaler tout complot contre son autorité.

 

845 – Vallon (victoire bretonne)

Noménoë, duc de Bretagne, refuse de reconnaître la suzeraineté de Charles le Chauve.

Une armée franque envoyée contre lui est refoulée jusque dans le Maine et définitivement battue près de Vallon.

 

852 – Prise du Mans par les Bretons

La guerre se poursuit. Le comte Gausbert est tué et Le Mans est pris et démantelé par les Bretons.

 

854–865 – Invasions normandes répétées sur la Loire et la Sarthe

Les Normands, à la fois marins et soldats, remontent la Sarthe et ses affluents sur de légers bateaux, portant pillage, dévastation et mort.

 Ils s’installent dans les châteaux qu’ils peuvent prendre ou dans des camps volants aux confluents, improvisent une cavalerie avec les chevaux des vaincus et ramènent des troupeaux d’esclaves chargés de butin.

 

Le roi Charles le Chauve chargea Robert le Fort, comte de Paris, de la défense des provinces situées entre la Loire et la Seine.

Le comté de Paris fut donné en 861 à Robert « Tanquam viro forti contra Britonnes et Northmannos pugnaturo ». Chronique d'Albéric de Trois-Fontaines.

 

Guerrier intrépide, Robert, surnommé le Fort, comte d'outre-Maine, et aïeul de Hugues-Capet, défendait alors l'Anjou contre tous les ennemis de son pays; c'était presque le seul homme puissant qui comprît ses devoirs de vassal et de Franc.

 

Il combattait les Barbares bretons et les pirates normands avec la même valeur qu'il avait déployée contre l'armée de Louis-le-Germanique, lorsque, soutenu par la noblesse de France, elle était venue l'attaquer.

Tout ce qu'on sait de l'origine de ce héros, c'est qu'il était fils d'un Allemand nommé Wittichind, qui était venu s'établir en France.

 Qu'importe la naissance aux hommes que des actions d'éclat ont rendus célèbres ?

 

Il reçut en 864 le gouvernement du duché de France, formé entre Seine et Loire :  « Carolus rex…. Roberto comiti ducalum inter Ligerim et Sequanam…. commendavit ». Annales de Metz.

 

 

 

Le Mans est pris deux fois, en 864 et 866, par Sydéric.

 Le comte Roricon est tué, la ville dévastée ; des milliers d’habitants sont massacrés ou emmenés en esclavage, y compris les religieuses des abbayes de Sainte-Ténestine, Sainte-Scholastique et Saint-Aubin.

Tous les monastères du comté du Maine sont ravagés et incendiés, la plupart des villes saccagées de fond en comble.

 

 

Fin 865 – début 866

 

Suivant les annales de St-Bertin, le comté d’Anjou aurait été donné à Louis le Bègue, en septembre ou octobre 865, ainsi que l’abbaye de Marmoutier.

La défense des Marches du Maine et de l’Anjou était confiée aux trois comtes : Geoffroy, Hervé ou Henri, et Rorig ou Rorgon.

Robert était envoyé en Autunois sans motifs connus, mais probablement pour y utiliser ses talents.

 

Mais de nouvelles bandes des Normands de la Loire, unies avec des Bretons, s’avancent vers le Mans, pillant et saccageant tout sur leur passage.

A leurs courses multipliées, on s’apercevait facilement de l'absence de Robert sur les marches angevines.

 

Charles le Chauve rappelle Robert le Fort, il fut, non seulement gratifié du comté de Tours, mais aussi de celui d’Angers et de l’abbaye de Marmoutier, que le roi retira à son fils Louis le Bègue.

Robert devient ainsi le principal défenseur de la vallée de la Loire.

 

 

Janvier 866 – Melun (défaite sur la Seine)

Les Normands remontent la Seine jusqu’à Melun.

 Les troupes de Francie occidentale commandées par Robert le Fort s’enfuient à leur approche.

Charles le Chauve paie un tribut (danegeld) de 4 000 livres d’argent (impôt exceptionnel sur hommes libres, clercs et marchands) pour obtenir leur retrait.

 

En juillet, les Normands redescendent la Seine après avoir reçu argent et vin.

 

Au printemps de 866, Charles le Chauve rappela son fils de Neustrie et, bien que Robert eût subi sous Melun de la part des Normands de la Seine une cinglante défaite (865), il le renvoya sur la Loire, nanti, non seulement de l'Anjou et de l'abbaye de Marmoutier, mais de la Touraine et de l'abbaye de Saint-Martin.

 

En outre il lui demanda conseil pour l'attribution de maints autres bénéfices : les honneurs sis outre-Seine furent distribués aux associés de Robert; quant au comté d'Autun, dont Robert se dessaisit d'autant plus volontiers qu'il n'avait pu y supplanter Bernard, le roi l'ajouta aux possessions de son fils Louis le Bègue.

 Ann. Bert, ad ann. 866 : « Carolus Rodberto comiti abbatiam Sancti Martini ab Engilwino ablatam donat, et ejus consilio honores qui ultra Sequanam erant per illius complices dividit. Comitatum quoque Augustidunensem a Bernardo filio Bernardi super Rodbertum occupatum Ludovico filio suo ipsius Rodberto consilio ad eum ditandum donavit ».

 

 

 

866 – Bataille de Brissarthe contre les Vikings, mort de Robert le Fort, comte d’Anjou et de Ramnulf, comte de Poitiers et Duc d’Aquitaine.

 

Les Normands (et leurs alliés bretons temporaires) reviennent d’un pillage du Maine.

Ils sont interceptés par Robert le Fort, accompagné de Ramnulf (Ragnulf) comte de Poitiers, ainsi que d’Hervé et Gauzfrid du Maine.

 

Les Normands abandonnent leurs bateaux et se retranchent dans l’église primitive de Brissarthe (village à deux lieues d’Angers, sur la Sarthe).

 

Les Francs massacrent ceux restés dehors, puis encerclent l’édifice.

Robert, imprudent, enlève son armure pour se reposer.

 

 Les assiégés font une sortie surprise :

Robert, désarmé, est tué au seuil de l’église ; son corps est traîné à l’intérieur par les Normands.

 

Ramnulf est mortellement blessé par une flèche tirée d’une petite croisée de l’église et meurt le lendemain.

Privés de chefs, les Francs se dispersent ; les Normands rembarquent sur la Sarthe.

 

Parmi les « complices » de Robert, il faut sans doute reconnaître les comtes manceaux Geoffroi (Gauzfrid ) et Hervé du Maine qu'on trouve aux côtés de Robert en 858 et en 866 (1), peut-être aussi son frère Eudes, missus en Bourgogne à la fin de 866 et peut-être comte de Troyes à la mort de Raoul, oncle du roi (+ 6 janvier 866).

 

 

Les annales de Metz et la chronique de Réginon (Rheginon) donnent des détails intéressants.

L’affaire a été grossie : selon les Gesta, il n’y avait que 400 Normands.

Dates divergentes : 866 (Hincmar, Annales de Saint-Bertin), 867 (Réginon), 869 (Gesta Nortmannorum).

Le chef n’était probablement pas Hasting (anachronisme de Réginon), mais un Normand obscur.

 

 

La petite église qui fut témoin de ce combat meurtrier existe encore; quoique reconstruite à diverses reprises, elle a néanmoins une nef très-ancienne, probablement la même dans laquelle les Normands s'enfermèrent.

 

Un seul côté de cette nef, celui de la droite, est percé de petites croisées; il y en a trois à plein cintre, indépendamment de deux autres qui ont été murées : il semble donc que c'est de l'une de ces petites ouvertures que dut partir le coup fatal qui coûta la vie au duc Rainulfe.

 

 

Le corps de Robert, abandonné par les Vikings, est enterré dans l’église de Séronne (aujourd’hui Châteauneuf-sur-Sarthe, Les Hauts-d’Anjou), chef-lieu de son duché.

  • La Sarthe était appelée Sagona / Sartena dans les textes anciens.
  • Le site de Séronne / Serona est attesté dans la documentation carolingienne.
  • Le nom Châteauneuf (Castellum Novum) apparaît plus tard, lorsque la fortification est reconstruite ou renforcée.

Il s’agit donc bien d’un chef-lieu fortifié du pouvoir de Robert le Fort sur la marche entre Anjou, Maine et Neustrie.

 

 Aucun honneur ne fut rendu par les Francs à la mémoire de Robert-le-Fort ; cependant, si l'on avait mis par écrit tous ses combats contre les Bretons et les Normands, on verrait, dit une chronique, qu'il méritait d'être comparé à Macchabée.

 

Sa tombe, dans l'église de Notre-Dame de Séronne, ne fut décorée d'aucun monument; mais tant que la vieille chapelle de Brissarthe sera debout, le voyageur, en longeant les bords de la rivière, ne verra pas sans émotion le lieu où périt un des plus dignes Francs de l'époque de la seconde dynastie.

 

 

Conséquences immédiates (été–automne 866)

Mort de Robert le Fort et de Ramnulf = catastrophe pour l’Anjou et la Neustrie : les Normands n’ont plus rien à redouter.

Ils chassent la population angevine et s’installent à Angers.

 

Carême 867

Charles le Chauve se rend sur la Loire « dans une maison de plaisance nommée Bellus Pauliacus » (peut-être Belle-Poule près des Ponts-de-Cé ?).

 

Il y convoque les grands d’Aquitaine et leur propose son fils Louis le Bègue comme roi ; ils l’acceptent.868

 

Grandes pluies et inondations causent d’importants dommages aux récoltes et aux maisons.

 

873 – Siège d’Angers

Charles le Chauve et Salomon de Bretagne assiègent Angers (Normands retranchés dans la ville et les îles).

 

Salomon fait creuser un canal pour détourner la Maine et mettre à sec les barques vikings (stratagème décrit par Réginon).

Les Normands, désespérés, offrent argent, otages et promesse de quitter le royaume.

Charles accepte l’argent et les otages ; les Vikings se retirent sur la basse Loire.

 

Le roi entre dans Angers, purifie les églises et réinstalle le corps de saint Aubin.

Il quitte Angers en octobre 873 pour Le Mans et Évreux.

 

 

 

 

25 janvier 923

Diplôme de Robert Ier, par lequel il concède aux moines de Saint-Denis les villas du Blaisois : Tibernionem (Tivernon) et Tauriacum (Toury), ainsi que plusieurs autres.

 

Robert Ier (vers 866 – 15 juin 923) est un roi de Francie occidentale (France) de la dynastie robertienne (future dynastie capétienne).

 Il règne du 29 juin 922 à sa mort en 923, soit moins d’un an, dans une période de crise et de rivalité avec les Carolingiens.

 

Origine familiale :

Fils cadet de Robert le Fort (marquis de Neustrie, † 866 à la bataille de Brissarthe) et probablement d’Adélaïde (ou d’une épouse anonyme).

Frère cadet d’Eudes (Odon), qui fut roi de 888 à 898.

Il est donc l’oncle d’Hugues le Grand et l’arrière-grand-oncle d’Hugues Capet (premier roi capétien en 987).

 

Carrière avant le trône :

Après la mort de son frère Eudes en 898, Robert Ier refuse la couronne (qui revient à Charles le Simple, carolingien).

 

Il reste fidèle à Charles le Simple pendant plusieurs années, recevant en récompense le titre de duc des Francs (dux Francorum), une charge très puissante couvrant la Neustrie (région autour de Paris, Orléans, etc.).

Il administre une grande partie du domaine royal et combat les Vikings et les seigneurs rebelles.

 

Accession au trône (922) :

En 922, Charles le Simple est affaibli par des révoltes (notamment celle d’Héribert II de Vermandois) et par son mariage avec la saxonne Edwige (qui suscite des jalousies).

Robert Ier, poussé par les grands du royaume (dont Raoul de Bourgogne et Guillaume le Pieux d’Aquitaine), se laisse proclamer roi à Soissons le 29 juin 922.

 

Il est sacré roi par l’archevêque de Reims (ou un évêque suffragant), rompant ainsi la continuité carolingienne.

 

Règne très court (922–923) :

Charles le Simple refuse de reconnaître la déposition et rassemble une armée pour reconquérir son trône.

 

Le 15 juin 923, à la bataille de Soissons, Robert Ier affronte Charles le Simple. Il est tué au combat (selon les chroniques, il charge trop en avant et est abattu par un guerrier de Charles).

Sa mort laisse le trône vacant ; son gendre Raoul (ou Rodolphe), duc de Bourgogne, est élu roi à sa place (923–936).

 

Famille :

Marié à Béatrice de Vermandois (fille d’Héribert Ier de Vermandois).

Enfants connus : Hugues le Grand († 956), duc des Francs, père d’Hugues Capet. 

Emma (mariée à Raoul de Bourgogne).

Sa descendance directe mène aux Capétiens.

 

Importance historique

Robert Ier est le deuxième roi robertien (après son frère Eudes). 

Son règne marque la première interruption durable de la lignée carolingienne (bien que Charles le Simple survive jusqu’en 929). 

 

Il est enterré à Saint-Denis (premier roi robertien à y être inhumé, inaugurant la nécropole capétienne). 

Sa mort à Soissons ouvre la voie à l’élection de Raoul, puis au retour temporaire des Carolingiens (Louis IV d’Outremer), avant l’établissement définitif des Capétiens en 987.

 

 

 

Robert Ier donne ou confirme à l’abbaye de Saint-Denis la possession de plusieurs domaines (villas) dans la région du Belsa (Blesensis, pays de Blois, ou une variante pour le Blésois / Orléanais).

 

Sont nommés explicitement :  Tibernionem → Tivernon, dont l'église est consacrée à saint Etienne, était aussi du diocèse d'Orléans, archidiaconé de Beauce, et le présentateur à la cure était l'abbé de Saint-Denis.

Tivernon (Tiverniuni vico) est à ajouter aux onze ateliers monétaires mérovingiens déjà connus dans la civitas Aurelianorum, savoir : Aurelianis ou Aurilianis civitate (Orléans), Briennone (Brinon-sur-Sauldre, Cher), Evera vico ou Evira vico (Yèvre-la-Ville, Loiret), Ivedio ou Ivegio vico (Yvoy-le-Marron, Loir-et-Cher), Marciliaco (Marcilly-en-Villette, Loiret), Petra ficta (Pierre fitte-sur-Sauldre, Loir-et-Cher), Solaso vico (Soulas, comm. de Sandillon, Loiret), Soliaco ou Sauliaco vico (Sully-sur-Loire, Loiret), Thasiacas (Thésée, Loir-et-Cher), Vienna vico (Vienne-en-Val, Loiret), Vosonna vico (Vouzon, Loir-et-Cher).

 

 

Tauriacum → « Diplôme de Robert, roi des Francs, par lequel il concède aux moines de Saint-Denis les villas situées dans le Blaisois, à savoir Tivernon et Toury, ainsi que plusieurs autres. Donné le 8 des calendes de février [25 janvier], indiction XI, en l’an 1 du règne du roi Robert le glorieux. Fait au monastère de Saint-Denis. »

 

Janvier Année 923.  Diploma Roberti Francorum regis, quo villas in Belsa sitas, Tibernionem scilicet et Tauriacum, ac alias plures , concedit monachis Sancti Dionysii. Dat. VIII calend. Februani, indict. XI, anno I régnante Rotberto rege gloriofo. Actum monasterio S. Dionysii. ( Dubletus hoc diploma Hugonis Capeti filio tribuit; collect. hist. Franc, filio Roberti Fortis ).

 

Extrait de la Vita Ludovici Grossi (Vie de Louis le Gros) par Suger, abbé de Saint-Denis (chapitre relatif aux événements autour de 1111-1112, lors des campagnes de Louis VI contre les seigneurs rebelles comme Thomas de Marle ou Hugues du Puiset) :

 

Le Château de Toury d'incendie: remisit me Tauriacum cui praeeram in Belsa, villam Sancti Dyonisii utilem & fertilems sed nullo modo munitam, praecipiens ut dum ipse ad causam super his vocaret, villae providerem, hominum fuorum et nostrorum manu militari, pro posse fulcítam et ne eam incendio dissolveret operam darem, Suger, in Vitâ Ludovici grossi.

 

« Il me remit alors Tauriacum [Toury], dont j’avais la charge dans le Blésois, villa appartenant à Saint-Denis, utile et fertile, mais en aucun cas fortifiée.

Il me prescrivit, tant qu’il serait appelé pour cette affaire [le litige ou la campagne], de veiller sur la villa, de la soutenir par la main militaire de ses hommes et des nôtres selon mes possibilités, et de faire tout mon possible pour qu’elle ne soit pas détruite par le feu. »

Contexte précis

Tauriacum = Toury (aujourd’hui Toury, dans l’Eure-et-Loir, près de Chartres et d’Orléans).

C’était une villa (domaine agricole) appartenant à l’abbaye de Saint-Denis, fertile mais sans défenses (pas de château fort ou de murailles solides).

 

 

25 janvier 997 Diplôme attribué au roi Robert II le Pieux, en faveur de l’abbaye de Saint-Denis, par lequel il :

  • confirme les immunités accordées par ses prédécesseurs,
  • accorde de nouveaux droits et privilèges au monastère.

 « Diplôme de Robert roi, par lequel il confirme les immunités accordées au monastère de Saint-Denis par ses prédécesseurs, et octroie de nouveaux droits et privilèges.

Donné le 8 des calendes de février [25 janvier], indiction XI, en l’an 1 de règne du roi Robert le glorieux. Fait au monastère de Saint-Denis.

 

 (Si ce diplôme est authentique, du moins les indications chronologiques qui y sont apportées sont erronées, tirées du diplôme du roi Robert, fils de Robert le Fort, que nous avons rapporté plus haut à l’année 923). »

DIPLOMA Roberti regis, quo immunitates monasterio Sancti Dionysii à prædecessoribus fuis collatas confirmât, et nova jura ac privilegia largitur. Dat. VIII cal. Febr. indict.Xl, anno I régnante Rotberto rege globrioso. Actum monasterio S. Dionysii. ( Si genuinum est diploma hoc, faltem chronologicæ notæ hue adductæ sunt perperam, ex diplomate regis Roberti, filii Roberti fortis, quod supra retulimus ad annum 923 )

 

 

 

L’église de Brissarthe (dédiée à Notre-Dame ou Saint-Symphorien): un lieu de mémoire toujours debout

L’église actuelle est dédiée à Notre-Dame (parfois appelée Saint-Symphorien dans certains contextes locaux, mais c’est Notre-Dame de Brissarthe).

Elle est classée monument historique depuis 1965.

Église primitive (IXe siècle) : Mentionnée par Réginon comme une grande basilique en pierre (rare à l’époque pour une église rurale, signe de l’importance du site).

 

 Aucune trace complète n’en subsiste, mais des pierres sculptées de réemploi (fragments mérovingiens ou carolingiens) sont visibles au-dessus de l’arc principal séparant la nef de la croisée du transept.

 Elles proviennent très probablement de cette église originelle où s’est réfugiée la troupe viking.

 

Édifice actuel : Construit principalement au XIe siècle (première moitié), avec des ajouts et reconstructions successives (XIIe-XIIIe, puis restaurations modernes).

La nef ancienne (côté droit percé de petites croisées romanes à plein cintre : trois visibles + deux murées) correspond probablement à la partie qui existait déjà en 866.

C’est de l’une de ces petites fenêtres que partit la flèche fatale pour Ramnulf, selon la tradition locale.

 

Intérieur et extérieur : Architecture romane simple et robuste, avec un portail modeste, une nef unique, un transept et un chœur.

À l’intérieur : statue de Robert le Fort par David d’Angers (1846), offerte par le Duc d’Aumale.

Henri Eugène Philippe Louis d'Orléans, duc d'Aumale (1810-1897) est un membre de la famille royale de France et un grand collectionneur d’art.  

 

Sarcophage mérovingien, et ambiance sobre mais chargée d’histoire.

 

Les Du Guesclin à Brissarthe (XIVe–XVIIIe siècles)

 

1. Contexte familial et arrivée en Anjou (milieu du XIVe siècle)

Olivier III du Guesclin (branche cadette de la famille Du Guesclin, seigneur de Vauruzé / Vauruzé) suit le parti de Charles de Blois contre Jean de Montfort lors de la guerre de Succession de Bretagne (1341–1365).

Après la victoire finale de Jean de Montfort (devenu Jean IV de Bretagne), Olivier quitte la Bretagne.

Il est accueilli par Louis Ier d’Anjou (frère de Charles V, duc d’Anjou et gendre de Charles de Blois).

Il fixe sa résidence à la Morelière (ou Moulière), domaine appartenant à sa femme, situé dans la paroisse de Brissarthe (aujourd’hui Les Hauts-d’Anjou, Maine-et-Loire), duché d’Anjou.

 

Mariage :

Le 8 octobre 1365, dans l’église de Brissarthe, Olivier III épouse Jeanne de Bouillé, dame de La Morelière (fille de Jean de Bouillé).

Ils ont quatre fils :  Olivier, 

Robert, 

Guillaume, 

Bertrand (seigneur de Brissarthe jusqu’en 1397).

 

« Comme dans les contes de fées, ils vécurent relativement longtemps ensemble. »

Jeanne et certains de ses fils furent inhumés sous la voûte du chœur de l’église de Brissarthe (qui soutenait le clocher avant son effondrement).

 

2. Acquisition de biens à la Bardoulière (XIVe siècle, date non précisée)

La Bardoulière est un lieu-dit important dans la paroisse de Brissarthe, relevant du duché d’Anjou.

Acte notarié :  Vendeurs : Jehan du Vergier et Marion, sa femme. 

Acquéreur : dame Thomase (ou Thomasse), épouse ou héritière liée aux Du Guesclin. 

Témoins :  Ysabeau de Clisson, dame de Remefort, 

Ysabeau d’Ancenis, 

Gilbert du Houlle, 

Alain de Carieuc, 

Guillaume Bizien, 

et plusieurs autres.

 

Notaire / passe : J. Couart.

 

Attestation finale : Guillaume, Robert et Olivier du Guesclin, oncles de Catherine, déclarent se tenir pour bien payés et contents de la transaction.

 

3. Lien avec Bertrand II du Guesclin († 1380)

Bertrand du Guesclin, connétable de France, époux d’Ysabeau d’Ancenis (ou Isabeau de Mauny selon certaines sources) dame de L’Isle d’Aurillé à Saumur et de Soubs (Châtellenie de Briant) fille aînée de Renaud et d’Isabeau de Clisson, dame de Remefort et de Mortier-Croulle, fut inhumé à Brissarthe, dans la paroisse de la Bardoulière (tradition locale).

Cela renforce le lien symbolique et funéraire de la famille avec ce lieu, même si Bertrand n’y résida pas durablement.

 

4. Armes familiales dans l’église (XVIIe siècle)D’après l’Histoire généalogique et chronologique de la maison royale de France (édition 1730) :  En 1687, on voyait encore les armes de Du Guesclin peintes sur les quatre piliers du chœur de l’église paroissiale de Brissarthe, soutenant la voûte et le clocher. 

En 1688, la voûte s’effondre ; les armes sont détruites lors de la reconstruction.

 

5. Destruction du clocher par la foudre (1730)

Extrait d’un texte des archives de l’évêché d’Angers, rédigé en 1820 par le curé Garnier :  « Vers l’année 1730 le feu du ciel tomba, au mois de janvier, sur le clocher placé alors sur le milieu de l’église, entre la nef et le chœur. Ce fait m’a été raconté par bon nombre de vieillards de la paroisse qui avaient bien connu l’ancien sacristain qui se nommait Charles Lorilleux, mort âgé de plus de 80 ans, et en particulier par Adrien Boireau qui avait encore sonné dans ce clocher. Il fut détruit par la foudre qui transperça le mur du côté du prieuré et tua, dans la cour, deux porcs immondes (sic). »

 

 

La Restauration du Clocher en 1911

Raison de la restauration :
  • La restauration du clocher en 1911 s'inscrit dans un mouvement de préservation du patrimoine et de rétablissement de monuments historiques qui a eu lieu à la fin du XIXᵉ et au début du XXᵉ siècle.
  • À cette époque, de nombreuses églises et monuments avaient souffert des ravages du temps et des guerres, et des efforts ont été faits pour restaurer et préserver ces édifices afin de conserver l’histoire locale et le patrimoine religieux.
Les travaux de restauration :
  • En 1911, un plan de restauration du clocher a été mis en place, visant à renforcer la structure du clocher, notamment l’élévation de la tour et la réparation de la toiture.
  • L'objectif était de consolider l’édifice tout en respectant les éléments architecturaux d’origine du clocher, qui possédait une valeur symbolique forte pour la paroisse et pour les familles nobles locales.
  • Des artisans et architectes spécialisés ont été sollicités pour garantir une restauration fidèle à l'architecture médiévale tout en répondant aux besoins structurels du clocher.

 

Signification et Impact de la Restauration

Préservation de l’histoire locale :
  • La rénovation du clocher a permis de maintenir un lien tangible avec le passé, notamment avec les Du Guesclin, qui avaient joué un rôle clé dans l’histoire de la région au XIVᵉ siècle.
  • Le clocher restauré est devenu non seulement un symbole religieux, mais aussi un témoignage de l’histoire féodale de Brissarthe et de la famille Du Guesclin.
Rôle dans la mémoire collective :
  • La restauration en 1911 a joué un rôle clé dans la mémoire collective de la commune. En rétablissant la structure du clocher, la communauté a voulu rendre hommage à son histoire et à ses ancêtres, tout en inscrivant cette mémoire dans le patrimoine religieux de la région.

 

 

 

 

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(1). Gosfried et Hervé du Maine

Gauzfrid / Gosfried du Maine († après 866)

Il est comte du Maine (ou co-comte avec son frère Rorgon II) dans les années 860.

Issu de la famille des Rorgonides (lignée puissante en Neustrie et Maine au IXe siècle).

Il rejoint l’armée franque menée par Robert le Fort pour intercepter les Vikings (menés par Hastein/Hasting) et leurs alliés bretons (sous le roi Salomon de Bretagne) qui redescendent la Sarthe après avoir pillé Le Mans.

Selon les chroniques (notamment les Annales de Saint-Bertin et Réginon de Prüm), Gauzfrid fait partie des chefs francs qui participent à l’embuscade et au siège de l’église de Brissarthe où les Normands se sont retranchés.

Il est parfois mentionné comme blessé ou actif dans les combats initiaux, mais il survit à la bataille (contrairement à Robert le Fort et Ramnulf de Poitiers).

 

Hervé du Maine († après 866)

Il est également un comte ou seigneur du Maine, souvent associé à Gauzfrid (frère, cousin ou allié proche dans les sources).

Il combat aux côtés de Robert le Fort lors de la même bataille.

Les chroniques le citent explicitement comme l’un des principaux alliés de Robert, avec Gauzfrid.

Comme Gauzfrid, il participe à l’encerclement de l’église et aux combats, et il est parfois décrit comme blessé pendant la sortie surprise des Vikings.

Il survit également à la bataille.

 

 

 

 

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