2 février 1795 Stofflet et les délégués des Représentants du Peuple à Vihiers
La première guerre de Vendée était commencée depuis le 12 mars 1793 lorsque la Convention vota un décret d'amnistie pour les Vendéens (2 décembre 1794.)
Il y avait alors trois armées vendéennes :
1) l'armée du Bas-Poitou, dont Charette était le général en chef,
2) l'armée du Centre, commandée par Sapinaud,
3) l'armée d'Anjou et Haut-Poitou, qui avait pour chef Stofflet.
Dès le 29 décembre 1794, les représentants du peuple envoyés par la Convention commencèrent les négociations avec Charette et Sapinaud.
La discorde régnait entre les chefs de la Vendée, depuis la décision prise au conseil de Beaurepaire.
Charette affectait de traiter avec une sorte de mépris son rival Stofflet qui n'était pas d'un caractère à rien céder de son autorité; il s'engageait à le soumettre par la force des armes, s'il le fallait, et il travaillait à l'éloigner des conférences.
Le 28 janvier, le conseil militaire de l'armée d'Anjou et Haut-Poitou (armée de Stofflet) fit l'adresse suivante aux républicains:
« Français égarés, vous nous annoncez des paroles de paix ! ce vœu est celui de nos cœurs; mais de quel droit nous offrez-vous un pardon qu'il n'appartient qu'à vous de demander? Teints du sang de nos rois, souillés par le massacre d'un million de victimes, par l'incendie et la dévastation de nos propriétés, quels sont vos titres pour inspirer la confiance et la sécurité ?
» Serait-ce le supplice des Robespierre et des Carrier ? mais la nature indignée s'élevait contre ces monstres; le cri de la vengeance publique les dévouait à la mort.
En les proscrivant, vous n'avez fait qu'obéir à la nécessité; une faction a remplacé l'autre, et bientôt peut-être le même sort attend celle qui domine aujourd'hui.
» Seraient-ce vos prétendus victoires? Mais ne savons-nous pas que le mensonge préside à la rédaction de vos feuilles, et qu'en éprouvant les plus terribles défaites, pour en imposer aux peuples séduits, vous prenez encore le ton fastueux des vainqueurs de l'Europe?
» Serait-ce la rélaxation de nos frères emprisonnés ? Mais la justice ne leur devait-elle pas une liberté que la tyrannie avait pu seule leur ravir ? et quand vous les gardez au milieu de vous, sans armes et sans défense, n'avons-nous pas à craindre que cette rélaxation momentanée ne soit un piège adroitement tendu pour nous envelopper tous dans les mêmes malheurs?
Hélas! si nous pouvions y croire, du sein de leurs tombeaux, nos parens, nos amis égorgés se lèveraient pour nous dire: Défiez-vous du venin caché sous ces dehors. C'est en nous promettant le salut et la vie qu'on nous égorgea.
Le même sort peut-être vous attend; le corps qui dominait alors règne encore aujourd'hui; son esprit est le même, il tend encore au même but, et n'a fait que changer d'agens et de moyens.
» Si néanmoins vos vœux étaient sincères, si vos cœurs tendaient vers la paix, nous vous dirions: Rendez à l'héritier de vos rois son sceptre et sa couronne, à la religion son culte et ses ministres, à la noblesse son bien et son éclat, au royaume entier son antique et respectable constitution dégagée des abus que le malheur des temps y avait introduits.
Alors, oubliant vos torts, nous volerons dans vos bras et confondrons avec les vôtres nos cœurs, nos sentimens et nos désirs. Mais sans ces conditions préalablement acceptées, nous mépriserons une amnistie que le crime ne doit jamais offrir à la vertu ; nous braverons vos efforts et vos menaces. Aidés de nos fidèles et généreux soldats, nous combattrons jusqu'à la mort, et vous ne régnerez que sur la tombe du dernier d'entre nous.
» Arrêté unanimement à Maulevrier, le 28 janvier 1795, l'an troisième du règne de Louis XVII.
« Signé, STOFFLET, général en chef, BERARD, TROTOUIN,
MONNIER, GUICHARD, NICOLAS, RENOU, LHUILLIER,
CHALON, MARTIN, CADI et GIBERT, secrétaire-général. »
« Vu l'adresse ci-dessus, nous ordonnons qu'elle soit imprimée, lue et affichée dans toutes les paroisses qui composent l'arrondissement de l'armée d'Anjou et haut Poitou. »
« Signé, BERNIER, curé de Saint-Laud, commissaire-général (1).
(Stofflet 7 et 8 juin 1793 Batailles de Doué-la-Fontaine et de Montreuil-Bellay )
C'est seulement le 2 février 1795 qu'ils se mirent en relation avec Stofflet, général en chef de l'armée d'Anjou et Haut-Poitou.
I. — Le général Caffin, qui commandait la 3e division de l'Armée de l'Ouest, mandait, le 30 janvier 1795, de son quartier-général de Doué, au général Charlery, commandant à Thouars : « Le général Beauregard reçut avant-hier un paquet venant de Stofflet et porté par un de ses courriers.
Cette lettre en contenait trois, une adressée à Esnault, de Saumur, la deuxième à Jounault, de Thouars, et la troisième au général commandant le camp de Concourson. M. Stofflet, par celle-ci, invitait le général à vouloir bien lui faire l'honneur de conférer un instant avec lui au pont de Vihiers, le 2 février. J'ai sur-le-champ écrit aux représentants du peuple pour avoir leur assentiment. Ils me l'ont accordé, et j'aurai à cette époque l'honneur de voir M. Stofflet. Il désire parler à Esnault, qui nous accompagne, ainsi qu'une nombreuse escorte, qui ne sera pas cependant témoin auriculaire de cette conférence. Les représentants du peuple auprès de qui j'étais hier sont jaloux de savoir quel en sera le résultat, ce qui les engage à revenir ce jour à mon quatier-général à Soulanger. »
Le même jour 30 janvier, Caffin mandait au général Beauregard :
« Tu trouveras ci-joint la lettre du Représentant du peuple Guyardin. Tu y verras qu'il donne à cette entrevue, qui peut devenir intéressante pour la République, tout son assentiment. Nous pouvons donc, je pense, n'ayant pas donné à Stofflet une réponse positive, lui envoyer, ainsi que c'est ton avis, un officier de l'état-major ; mais comme tu n'as point d'aide-de-camp ici ni d'adjoint, je désirerais y envoyer un officier de mon état-major qui pût ne rien perdre de tout ce qui se dira. J'ai jeté les yeux sur Liégeard, qui demain prendra la lettre à Passavant. — Au moment où j'allais fermer ma lettre, j'en reçois une de Poché, qui en contient une à l'adresse de Stofflet avec ordre des Représentants du peuple pour la lui faire tenir demain matin. L'occasion ne pouvait être plus belle. Ainsi demain à cinq heures, que ta lettre soit prête. »
Le 30 janvier encore, Caffin écrit aux Représentants du peuple : « Je vous adresse la lettre de Stofflet écrite en réponse à celle que nous lui avions écrite. Cette lettre nous est parvenue par le même courrier qui avait apporté la première. Devant s'en retourner demain, il emportera celle que vous m'avez fait passer pour la lui faire tenir. »
Dernière lettre du 30 janvier au général Beauregard : "Tu recevras ci-joint la lettre à l'adresse de Stofflet, qui vient de m'être envoyée de Saumur, ainsi que je te l'annonçais par ma précédente. Tu voudras bien la lui faire passer par son ordonnance et l'assurer, dans ta lettre, que nous nous rendrons au rendez-vous qu'elle demande. »
Le lendemain, Caffin écrit à Sirugue, chef d'escadron de la Côte d'Or : « Tu voudras bien commander (pour le 2 février), à sept heures du matin, 15 guides, 15 chasseurs de la Côte d'Or et 5 gendarmes, qui avec 15 hussards que j'attends de Saumur, feront un nombre de 50, qui nous serviront d'escorte pour l'entrevue demandée par Stofflet. Recommande la plus grande tenue et choisis, autant qu'il sera possible, des hommes bien armés et bien montés. »
Deux lettres de Caffin, le 31 janvier, la première au général Charlery : « Hier soir, le courrier de M. Stofflet est revenu à Concourson nous assurer pour la seconde fois qu'il se trouverait au rendez-vous » ; la seconde au général Beauregard : « J'attends demain les Représentants du peuple, et je compte que tu me feras le plaisir de te rendre ici pour les saluer et traiter d'affaires ensemble. »
Le 1er février, Sirugue reçoit l'ordre de prendre le commandement, conjointement avec Liégeard, aide de camp du général Caffin, du détachement qui doit escorter Esnault et Jounault au pont de Vihiers.
Les représentants Menuau et Auger passèrent deux jours au quartier-général de Caffin, et retournèrent le 3 février à Saumur.
Dans la journée du 3 février, Caffin mande au général Charlery : « Je ne te ferai point part de la conférence qui eut lieu hier au pont de Vihiers. Tout ce qui y est relatif, doit rester dans le silence jusqu'à nouvel ordre. »
— Nouvelle lettre 'au général Beauregard (10 heures du soir) : « J'ai reçu les lettres à mon adresse, ainsi que celle de Stofflet. Je la lui ferai parvenir demain. »
Le 4 février, Caffin mande à Canclaux, génral en chef de l'Armée de l'Ouest :
« Quant à l'entrevue entre Stofflet et les citoyens Jounault et Esnault à la Lys, les représentants seuls en connaissent le résultat.
Stofflet qui n'avait proposé qu'une entrevue particulière et faiblement escortée, n'a pas jugé à propos de se conformer à cette formalité, car il avait au moins 400 hommes d'infanterie et 80 à 100 cavaliers à ses côtés, tous bien armés. Pour nous, notre escorte n'était forte que de 50 hommes, dont 15 chasseurs de la Côte d'Or, 15 hussards de Saumur, 15 guides et 5 gendarmes ; encore tous ces mêmes hommes étaient-ils restés à plus d'une demi- lieue du lieu de la conférence, et ne furent-ils vus de personne.
La conférence dura une heure et demie. Elle avait commencé à midi. Vers la fin, beaucoup de Brigands eurent un colloque avec quatre guides, commandés par Liégeard, mon aide de camp, qui avaient accompagné les citoyens Esnault et Jounault jusqu'à la portée du pistolet de Stofflet et sa troupe. On se parla de part et d'autre avec assez de douceur et de fraternité. Il y fut question de diverses affaires et surtout de la dernière à Thouarcé, et les Brigands dirent à cette occasion que notre cavalerie les avait surpris et qu'ils ne la croyaient guère si près d'eux, etc. Enfin arriva M. Gibert, secrétaire de Stofflet, qui fit cesser toute explication ultérieure, et chacun se retira. »
Le 5 février, Caffin écrit aux Représentants du peuple :
« Vous trouverez ci-joint la réponse de Stofflet adressée au citoyen Esnault à la lettre que vous m'aviez envoyée par Beauregard pour faire passer à Maulévrier.
De plus, je vous fais passer le rapport du citoyen porteur de ces dépêches ; vous remarquerez aisément que le nombreux avant-poste que voit Esnault à son entrevue n'était qu'une fanfaronade de Stofflet. »
Enfin dernière lettre de Caffin au Représentant Menuau, à Saumur, le 6 février :
« Le général Boussard me fait passer une proclamation des Brigands, signée Stofflet et Cie, en réponse à celle qui leur a été adressée sur l'amnistie. » (Archives de la Bibliothèque du Plessis- Villoutreys, à Chaudron-en-Mauges.)
II. — Le chef Vendéen Gibert, dont on a parlé ci-dessus, écrivait en 1797, dans son Précis historique sur la guerre de la Vendée :
Il y avait déjà du temps qu'il se tenait des conférences à Belleville, pour pacifier la Vendée, entre MM. Charette, Sapinaud, de Fleuriot et les représentants du peuple, qui avaient formé le projet de terminer cette guerre si désastreuse. Il y allait même quelques officiers de M. Stofflet, qui n'en fut instruit que par la voix publique et vaguement. Il ne recevait toujours aucune nouvelle des autres généraux.
Enfin les représentants, qui, d'abord, n'avaient pas apparemment cru qu'il dût entrer pour quelque chose dans ces conférences, crurent devoir le prévenir aussi. Ils lui firent écrire par M. Esnault, de Saumur, qui, ayant été avocat à Cholet, et chef du conseil de M. de Maulévrier, connaissait beaucoup M. Stofflet. M. Esnault, sincère ami de l'ordre et de la paix, qui gémissait depuis longtemps sur les horreurs de cette guerre dont il avait été la victime et le témoin, se chargea avec empressement de cette honorable mission et écrivit à ce général, pour lui demander une entrevue.
La lettre fut apportée par les Vendéens prisonniers de guerre depuis la dernière affaire de Luçon (14 août 1793), et que l'on croyait morts depuis longtemps. M. Stofflet accepta la proposition avec plaisir et fixa l'entrevue au 2 février 1795, à dix heures du matin, au pont de Vihiers. Ce pont est sur un étang qui traverse la route. Il avait été coupé depuis longtemps, pour empêcher l'ennemi de passer. Le général s'y rendit avec la majeure partie de son armée, une forte escorte de cavalerie et des officiers.
Peu d'instants après, on vit arriver M. Esnault, avec M. Jounault, avocat distingué de Thouars, qu'il s'était adjoint. Ils avaient mieux aimé se charger de cette honorable mission que de la confier à des militaires.
M. Stofflet passa de leur côté, avec MM. de Rostaing et Berrard. Les deux députés ayant exposé le sujet de leur mission, M. Stofflet leur demanda douze jours pour en informer les deux autres généraux (Charette et Sapinaud), et l'on convint de part et d'autre de cesser dès ce moment toute espèce d'hostilités pendant ce temps.
Ces préliminaires convenus, M. Esnault ayant appris que plusieurs officiers de ses amis, dont il était inquiet, existaient encore et étaient à l'autre rive, pria M. Stofflet de les faire approcher; celui-ci les appela et ils passèrent, avec beaucoup d'autres. En même temps, l'escorte des chasseurs qui avaient accompagné MM. Esnault et Jounault, et qu'ils avaient cru devoir laisser derrière le coteau, s'aprocha, et tous se mêlèrent ensemble de la meilleure foi possible; mais le nombre des Vendéens croissant toujours, M. Stofflet craignant quelque tumulte, fit cesser l'entrevue, et chacun se retira de son côté, fort contents les uns des autres. On n'eût pu croire que ces mêmes gens se cherchaient deux jours auparavant, avec fureur, pour s'entre-égorger. Ce moment fut du plus grand attendrissement, et moi qui en fus témoin, je ne puis encore l'écrire sans verser des larmes.
M. Stofflet envoya sur-le-champ, dans toutes ses divisions, ordre de cesser les hostilités, et écrivit, en même temps, à MM. Charette et Sapinaud, pour leur faire part de cette entrevue et leur demander un Conseil général pour conférer de cette grande affaire et régler leurs différends particuliers. Cette fois, ils lui répondirent en lui rendant son titre de « général », lui mandèrent qu'ils étaient occupés, de leur côté, du même objet, et que quand il serait terminé, ils lui indiqueraient le moment pour se réunir.
C'est le 17 février 1795 que Charette, général en chef de l'armée du Bas Poitou, et Sapinaud, général en chef de l'armée du Centre, signèrent, à la Jaunaie, le traité de paix avec les représentants du peuple.
Quant à Stofflet, il refusa de signer ce traité, mais le 2 mai 1795 il faisait la paix à Saint-Florent-le-Vieil avec les représentants du peuple.
La première guerre de Vendée était terminée.
Le Souvenir Vendéen révèle le « vrai » visage de Jean-Nicolas Stofflet
Deux lettres de Stofflet.
Dans une revue mensuelle, le Cabinet historique, publiée sous la direction de M. Louis Paris, ancien bibliothécaire de Reims, nous trouvons deux lettres de Stofflet, général vendéen.
Ces deux lettres sont précédées de la note qui suit :
« Voici deux lettres du brave et malheureux Stofflet, né dans la dernière classe de la société. Stofflet donna de nombreuses preuves d'intelligence, de courage et de dévoûment au parti qu'il avait embrassé; on a prétendu qu'il était dépourvu d'instruction, le fait n'est pas exact et les deux lettres qui suivent suffisent pour prouver qu'il ne manquait pas d'une certaine culture. Des fautes graves ont quelque peu terni la gloire de Stofflet, une malheureuse influence qui devait finir par lui être à lui-même fatale le poussa dans la voie des violences. Sa mort l'a suffisamment réhabilité dans l'esprit des royalistes.
La seconde des lettres que nous donnons de lui n'a précédé que de quelques jours la mort qui l'attendait.
La conférence qu'il devait avoir avec Hoche n'était qu'un leurre, une sorte de guet-apens dont Stofflet fut victime; il fut passé par les armes le 23 février 1796 à Angers, à l'âge de 44 ans (2).
I.
A Monsieur CHALOIS, Chef de division à Chanzeau.
Vive le Roi!
Aussitôt la présente reçue, Monsieur, je vous prie de faire passer les proclamations aux adresses ci-incluses ; vous ferez votre rassemblement de suite, en l'ordonnant par le Bourg de Nevi. Je ne doute nullement qu'avec votre zèle et votre activité vous ne remportiez une victoire complette sur les ennemis de votre religion et de votre roi.
Je suis, en espérant de vous la plus grande diligence,
Monsieur,
Votre affectionné serviteur,
STOFFLET.
P. S. Vous signerez l'adresse et proclamation, et en remetterez aux soldats que vous ferez prisonriers en leur déclarant que l'on en veut qu'aux chefs qui ont viollé la paix.
Le petit livret est pour les républicains et la feuille pour les convocations.
II.
LETTRE AU GÉNÉRAL HOCHE.
Marouzière, 8 frimaire an IV de la République.
Général,
Conformément à ma dernière lettre, je prie le citoyen Martin qui veut bien se rendre à Nantes, de vous demander le jour, le lieu et l'heure à laquelle aura lieu la conférence que vous désirez utile au bien général sous tous les rapports, elle sera précieuse à mon cœur par la connaissance que je ferai de vous. J'y conduirai quelques amis qui m'entourent, et qui partagent avec mo les sentiments que vous me connaissez. Accélérons, s'il est possible, ce moment il vous offrira des hommes aussi longtemps calomniés que peu dignes de l'être.
Je vous prie de vouloir bien charger le citoyen Martin de votre réponse; fidèle à ses engagements et animé du désir de procurer le bien en conservant la paix, il mérite à tous égards la confiance des hommes faits pour apprécier ses sentiments.
Salut, paix et amitié,
STOFFLET
Guerres des Vendéens et des Chouans contre la République Française ou ...De Jean Julien Michel Savary
L’insurrection vendéenne 1793 (plan- dates) <==
Belleville sur Vie - QUARTIER GENERAL de CHARETTE.<==
(1). A cette époque, M. Esnault, de Saumur, au nom du représentant Menuau, écrivit à Stofflet pour lui demander une entrevue relative à la pacification.
Cette proposition fut acceptée, l'entrevue fut fixée au 2 février, dix heures du matin, au pont de Vihiers. MM. Esnault et Jounault, avocat de Thouars, s'y rendirent; on se fit un bon accueil de part et d'autre, Stofflet demanda douze jours pour informer les autres généraux des propositions qui lui étaient faites, et l'on convint de suspendre les hostilités pendant ce temps. (Extrait des mémoires de M. Gibert.)
(2). C’est en 1787 que Jean-Nicolas Stofflet arrive dans la commune de Maulévrier.
Né le 3 février 1753 à Barthelémont-lès-Bauzemont (Meurthe-et-Moselle), il est recruté comme garde principal du château de Maulévrier pour Édouard-Charles-Victurnien Colbert, comte de Maulévrier.
Stofflet fut fusillé à Angers sur la place du Champ de Mars, avec ses aides de camp Desvaraines, Charles de Lichtenheim et son fidèle domestique Moreau, à l'endroit on se trouve actuellement l'hôtel de madame veuve Joubert.
Stofflet banda les jeux à ses trois camarades, et tomba en criant Vive le Roi !