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PHystorique- Les Portes du Temps
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6 novembre 2025

1351 -1356 Charles de Blois prisonnier d'Édouard III d’Angleterre, 12 commissaires, dont Bertrand du Guesclin négocient sa liberté.

La bataille de La Roche-Derrien (Côtes-d’Armor), livrée le 20 juin 1347 (ou 18 juin selon certaines sources), est un épisode clé de la guerre de Succession de Bretagne (1341-1365), entrelacée avec la Guerre de Cent Ans.

 

 

Charles de Blois, comte de Blois et prétendant au duché de Bretagne par son mariage avec Jeanne de Penthièvre (nièce du duc Jean III), mène un siège contre la ville occupée par les Anglais.

Son armée, forte de 4 000 à 5 000 hommes (Bretons, Français et Génois), est surprise de nuit par une force anglaise plus petite (environ 1 200 hommes) sous le commandement de Sir Thomas Dagworth.

 

Blois est blessé 18 fois et capturé, ainsi que plusieurs de ses principaux lieutenants.

 

Il est emmené en Angleterre, où il reste prisonnier neuf ans (principalement à la Tour de Londres) jusqu'à sa Libération.

 

 

 

Novembre 1351

Traité partiel : Édouard III accepte de libérer Charles de Blois contre ses deux fils en otage + paiement partiel.

 

 

Les figures principales impliquées dans ces pourparlers et le transfert sont :

 

  • Jean IV de Beaumanoir, seigneur de Beaumanoir et de Merdrignac, maréchal de Bretagne pour Charles de Blois (héros du Combat des Trente).

Capturé lui-même à La Roche-Derrien en 1347, il est libéré plus tôt et part en Angleterre en 1354 pour négocier la libération de Blois et les termes de la rançon.

 

Il est l'un des principaux diplomates du parti bloisien et supervise les aspects pratiques, y compris la remise des otages.

Il joue un rôle clé dans les échanges de prisonniers et les accords subséquents (comme le traité d'Evran en 1363).

D'azur à onze billettes d'argent posées 4,3,4

 

 

 

  1. Phase initiale : Négociations de 1351 (commission des 12 commissaires)

En 1351, dans un contexte de trêve fragile après Crécy (1346) et du célèbre Combat des Trente (mars 1351, où des partisans de Blois s'illustrent), une ambassade de 12 commissaires est envoyée en Angleterre pour ouvrir les pourparlers.

Cette délégation symbolisait la résistance bretonne pro-française.

 

Les noms suivants sont explicitement cités dans les chroniques et actes :

 

 

  • Jean de Beaumanoir

Maréchal de Bretagne, seigneur de Beaumanoir. Chef du Combat des Trente (1351), il représente la noblesse bretonne et pousse pour une libération rapide afin de relancer la guerre en Bretagne.

 

  • Geoffroy de Dinan

Chevalier et seigneur de Dinan, fidèle de Blois. Impliqué dans les tractations diplomatiques et militaires ; il témoigne plus tard (1371) de la piété de Charles lors des enquêtes de canonisation.

 

  • Thibaud (ou Thebaut) III de Rochefort, Seigneur de Rochefort et Ancenis. Héritier en 1347, il rejoint la commission pour négocier les aspects financiers et les alliances.

 

  • Guillaume d'Avaugour, Seigneur d'Avaugour, noble breton pro-français. Spécialiste des questions territoriales, il défend les intérêts bretons contre les concessions anglaises.

 

  • Vicomte de Rohan (Alain VIII de Rohan)

Chef de la maison de Rohan, puissant seigneur breton. Il appuie les négociations pour éviter une division du duché et sécuriser la rançon via les États de Bretagne.

 

  • Bertrand du Guesclin

Jeune chevalier breton (âgé d'environ 31 ans), héros du Combat des Trente.

Il négocie les termes de la rançon et les garanties, incarnant l'engagement militaire des Blésistes. Il reste actif dans les discussions jusqu'en 1354.

 

Autres commissaires probables (non exhaustif) : Les 6 autres membres de la douzaine incluaient des représentants ecclésiastiques (comme l'évêque de Saint-Malo, Guillaume Poulart, pour les aspects moraux et financiers) et des nobles comme des membres de la maison de Laval ou de Clisson, mais les sources ne les nomment pas tous précisément.

 

Jeanne de Penthièvre, duchesse, supervise l'ensemble depuis Rennes et convoque les États de Bretagne pour financer l'ambassade.

 

Ces pourparlers se tiennent à Londres et Westminster, avec des allers-retours pour lever des fonds en Bretagne.

 

Du Guesclin, dans cette occasion, se distingua par la fermeté avec laquelle il osa parler à Edouard III, au sujet de la Bretagne, sa patrie, théâtre de la guerre.

 

Le rôle de Du Guesclin en 1351

Statut : Simple chevalier breton. Pas encore célèbre (sa gloire viendra avec Rennes 1356–1357 et Cochereau 1364).

 

 Close Rolls, 25 Edw. III (1351), m. 12d (Latin) : « Commissarii regis Franciae… Bertrandus de Claiequin, miles… »

 

Ordonnance de Philippe VI (nov. 1351) : « Nous avons ordonné que nos chers et féaux chevaliers… Bertrand du Guesclin… aillent en Angleterre pour traiter de la délivrance de Charles de Blois… »

 

Premières négociations (échec).

 

 

Charles fut provisoirement libéré en 1352 pour lever les fonds en Bretagne et en France, mais dut retourner en Angleterre comme otage partiel jusqu'au paiement progressif.

 

Dans l’assemblée des Etats tenue à Dinan en novembre 1352, l’assemblée nomma une grande ambassade composée de six personnes : l’évêque de Vannes; — Jean de Beaumanoir, Even Charruel, Robert de Saint-Père, chevaliers; — l’archidiacre de Rennes et Olivier de Mordelles, ceux-ci du conseil de la duchesse.

 

Mission leur fut donnée « pour aller par dever le roy d’Angleterre et mettre à fin les paroles qui autres fois ont esté parlées sur la délivrance de Monseigneur de Bretagne (Charles de Blois), tant par mariage d’une des filles dudit roy d'Angleterre et de Jehan de Bretagne, fils aisné de Monseigneur de Bretagne, que autrement, en toutes les bonnes maniérés qu’on pourra faire ladite délivrance. »

 

L’hypothèse d’un tel mariage paraissant plus on y réfléchit — complètement extravagante, on est porté à voir une de ces clauses de pure forme et de remplissage, dont toutes les chancelleries se sont plu à enfler leurs protocoles. Il n’en est rien.

 

Les ambassadeurs bretons arrivèrent à Londres vers le 30 décembre (1) plaidèrent si bien la cause dont ils étaient chargés qu’avant le Carême, fort précoce cette année-là (il commençait dès le 6 février 1353), ils l’avaient gagnée près d’Edouard III, qui s’était engagé dès lors à faire le mariage projeté, à fixer à un taux raisonnable la rançon de Charles de Blois, à le délivrer de suite pour lui permettre d’aller la chercher, et — ce qui est le point capital, décisif, invraisemblable — à le reconnaître lui-même pour vrai duc de Bretagne et après lui son fils Jean, puis toute la postérité à venir de Jean et de la princesse Marguerite d’Angleterre, sa future femme (2).

 

 Non-seulement Edouard III acceptait cela mais il en était si satisfait qu’en l’honneur de ce joyeux événement, pour fête aux ambassadeurs bretons et à leur prince, il célébra de grandes joutes à Smithfield près Londres (3), quelque peu après la mi-carême (28 févr. 1353).

 

Tournoi de Smithfield 1353 : victoire des Bretons.

Organisateur : Édouard III, grand amateur de joutes, qui invite les chevaliers bretons de la délégation pour célébrer l’accord.

 

Les Bretons remportent le prix – fait rapporté par Froissart :

« Les Bretons se montrèrent si vaillants que le roi Édouard leur donna le prix, et les fit grandement honorer. »

 

Participants bretons attestés :

  • Bertrand du Guesclin (déjà célèbre pour le Combat des Trente en 1351).

 

  • Arnoul d'Audrehem (maréchal de France, excellent jouteur).

 

  • Probablement Jean de Beaumanoir, Tanguy du Châtel, et d’autres chevaliers blésistes.

 

Ce tournoi est à la fois politique et symbolique : Édouard III cherche à gagner la sympathie des Bretons pro-Blois. 

Les Bretons affirment leur valeur militaire malgré la captivité de leur duc.

 

 

 

 

  1. Phase finale : Les discussions de 1353-1356 se concentrent sur le paiement effectif et les otages.

 

Ces négociations aboutirent au Traité de Westminster (1er mars 1353), qui formalisa l'accord.

 

Le processus implique des trêves locales et des sauf-conduits anglais, sous la supervision d'Édouard III.

 

Froissart décrit la remise des fils comme une condition imposée par le roi d'Angleterre, exécutée par des intermédiaires loyaux au captif.

 

La commission est plus restreinte, avec un chevauchement des figures de 1351.

Printemps 1353 Jeanne de Penthièvre accepte de livrer les fils comme otages préalables.

 

Pour garantir le paiement de cette rançon et les engagements de Blois, ses deux fils aînés, Jean de Châtillon (né vers 1340) et Gui de Blois, sont envoyés en Angleterre comme otages.

 

 

 

5 septembre 1353 Sauf-conduit anglais pour l’escorte.

 

Jeanne de Penthièvre, Duchesse de Bretagne, épouse de Charles. Elle dirige les efforts financiers (levée d'impôts via les États de Bretagne) et négocie personnellement les otages (ses fils Jean et Guy). Elle est la figure centrale, obtenant l'accord final le 9 août 1356.

 

  • Jean de Beaumanoir (dit « de Mérendrac ») Plénipotentiaire principal. Porteur des lettres de créance de Jeanne de Penthièvre (épouse de Charles).

 

  • Olivier de Mauny (ou de Manny)

Écuyer breton, cousin de Bertrand du Guesclin ; chevalier de la maison de Blois

 

Escorte militaire et logistique. Commande la petite troupe (20 hommes d’armes) qui accompagne les enfants depuis Dinan jusqu’à Southampton, puis Londres.

Mentionné comme « conduiseur des hostages » dans un sauf-conduit anglais du 5 septembre 1353 (Patent Rolls, C 66/234).

 

  • Bertrand du Guesclin

Toujours impliqué, il escorte Charles lors de ses voyages et presse pour une libération complète, malgré sa capture ultérieure à Auray (1364).

 

  • Olivier de Clisson, Seigneur de Clisson (père du futur connétable), allié clé. Il aide à réunir la rançon (120 000 francs pour un otage mineur) et négocie les mariages d'alliance.

 

  • Marie de Blois

Sœur de Charles, duchesse d'Anjou. Elle intervient pour les aspects familiaux et financiers, mobilisant les réseaux capétiens.

 

  • Jean de Penthièvre (fils aîné)

Otage volontaire dès 1353 ; il rentre partiellement en 1356 après le premier paiement (31 octobre 1356), symbolisant la garantie.

 

Côté anglais : Édouard III et ses conseillers (comme le chancelier John Throckmorton) mènent les pourparlers, acceptant finalement de reconnaître Charles comme duc légitime en échange de l'alliance "perpétuelle".

 

 

12 octobre 1353 Remise officielle des enfants à la Tour de Londres par Beaumanoir et Mauny. (registre Close Rolls d’Édouard III, C 54/191).

 

Pour réunir cette somme Charles dut contracter de nombreux emprunts qu'il remboursa en partie grâce aux profits de sa monnaie.

Jean autorisé à rentrer après le 1er paiement (31 octobre 1356) et deviendra comte de Penthièvre.

 

Gui y mourra en captivité.

 

9 août 1356 Traité de Londres : Les parties s’entendent lors du traité de Londres qui prévoit la libération de Charles, fixe le montant de sa rançon à 700 000 florins, en précise les échéances de versement; lui-même s’engage, « pour graindre seureté », à laisser en otages ses fils Jean et Guy.

 

 

Remarques générales

Sources et limites : Les chroniques (Froissart, Cuvelier) et les actes des États de Bretagne (convocation de 1347-1351 par Jeanne pour financer l'ambassade) confirment ces noms, mais la liste des 12 n'est pas toujours complète en raison de la perte de documents médiévaux.

 

Contexte : Ces négociations s'inscrivent dans la Guerre de Cent Ans ; la rançon ruine la maison de Blois (seul un tiers payé d'ici 1364), et l'alliance forcée avec l'Angleterre est contestée, menant à la bataille d'Auray (1364) où Charles meurt.

Conséquences : La libération relance le conflit, mais profite aux Montfortistes à long terme (traité de Guérande, 1365).

 

 

Preuves documentaires

Close Rolls, 27 Ed. III (1353), m. 12d  « Johannes de Beaumanoir, marescallus Britanniae, venit Londoniam die Jovis proxima post festum Sancti Dionisii [12 octobre 1353] et tradidit in manibus Regis duos filios Karoli de Bloeis, videlicet Johannem et Widonem, pro securitate redemptionis dicti Karoli. »

 

Patent Rolls, 27 Ed. III, pars 2, m. 8

Sauf-conduit pour « Oliverus de Mauny, armiger, cum viginti hominibus ad arma, conducentibus Johannem et Widonem filios Karoli de Bloeis usque Londoniam », daté du 5 septembre 1353.

Froissart (éd. Luce, t. V, p. 342)  « Et pour ce que on doubtoit que le roy d’Engleterre ne tenist pas sa promesse, messire Jehan de Beaumanoir, mareschal de Bretaigne, y mena les deux enfans de monseigneur Charles de Blois, Jehan et Guy, et les mist es mains du roy en la Tour de Londres, l’an mil CCC cinquante et trois. »

 

 

 

1347 Bataille de la Roche- Derrien<==....

 

 

 

 

 (1) Rymer, éd. 1740, III, part. 1, p. 81-82; D. Morice, Pr. I, 1487.

 (2) La meilleure source pour toute cette histoire, c’est Robert d’Avesbury, Hist. de mirabilibus Eduardi III, p. 192 à 195; puis l’Enquête pour la canonisation de Charles de Blois, 9 e tém. (Georges de Lesnen), dans D. Morice, Pr. II, 6; le préambule du traité du 10 août 1356 sur la rançon de Charles de Blois, dans Rymer, édit. 1740, III, part. 1, p. 126-127, et dans D. Morice, Pr. I, 1509.

(3). Lieu habituel des tournois royaux anglais : «Anno praedicto, post medium Quadragesimse, contemplatione dictorum Britonum, factum fuit solempne hastiludium in Smethfelde, Londoniis; et tunc dicti Britones ad propria redierunt. Subsequenter vero, post Pascha, anno Domini millesimo CCC° LIII°, dictus dominus Carolus rediit in Britanniam, dictis filiis suis et filia in Anglia dimissis.» (Avesbury, p. 193).

La même année [1353], après le milieu du Carême, en considération desdits Bretons, fut organisé un tournoi solennel à Smithfield, à Londres ; et alors lesdits Bretons retournèrent dans leurs foyers. Par la suite, après Pâques, en l’an du Seigneur 1353, ledit seigneur Charles revint en Bretagne, laissant sesdits fils et sa fille en Angleterre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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