Emma de BLOIS (D’Aquitaine) part en pèlerinage vers l’Abbaye de Saint-Michel en L'Herm
Abbaye de Bénédictins fondée en 684 par l'évêque de Poitiers Ansoald (682-96) avec des moines de l'île d'Hério (Noirmoutier).
L’abbaye fut détruite par les Normands en 877. Ces derniers s’installèrent sur l’île pendant près de 80 ans.
Ils s’en servirent comme base d’où ils pouvaient attaquer le Poitou et rançonner les bateaux qui pénétraient dans le golfe des Pictons.
Aux Xe et XIe siècles l’abbaye est face à une certaine instabilité statutaire due à la mutation féodale et à la menace viking qui perdure jusqu’au début du XIe siècle.
En 993, le monastère passe sous la suzeraineté d’Aimery, vicomte de Thouars.
Il appelle des moines de l’abbaye Saint-Florent de Saumur pour repeupler les lieux, Saint-Michel-en-l’Herm devient ainsi un prieuré dépendant de Saumur.
Emma vicomtesse de Limoges part de son abbaye en pélerinage
Emma, est enlevée par des Normands lors d'un voyage, entre l’Abbaye de Maillezais et l'abbaye de Saint-Michel en L'Herm .
Des Vikings font irruption dans le monastère michelais et après les exactions d’usage, emmène Emma captive, chez eux, là-bas, vers le Nord.
Légende de Vendée - Le chevalier et le Sanglier (un démon )<==... ....==> Emma de BLOIS (D’Aquitaine) est enlevée par des Normands lors d'un voyage vers l'abbaye de Saint-Michel en L'Herm
Fragment sur la grande invasion des Normands en Aquitaine
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Voici une traduction française fidèle, fluide et précise de ce fragment tiré des Fragmenta Aquitanica historiæ (éd. P. Pithou, tome III, fin XVIe siècle), qui relate un épisode de raid viking (Normands) sur les côtes d’Aquitaine au IXe ou Xe siècle, repoussé par le duc Guillaume IV Fièrebrace ou Fier-à-Bras
Ô temps malheureux !
Une multitude infinie de Normands, venus du Danemark et de la région de Frise avec une flotte innombrable, confiants en leurs armes et rendus féroces par leur nombre, abordèrent un port d’Aquitaine, tout près des frontières du Poitou.
Comme leurs anciens ancêtres païens, ils s’efforcèrent de livrer aux flammes nos villages, nos châteaux et nos cités, de frapper de l’épée et de réduire en esclavage la population chrétienne, et de dépeupler les églises de Dieu et les monastères.
Alors, sans le moindre retard, le duc Guillaume, comptant sur la victoire que donne le Christ, ne tint pour rien la supériorité numérique de l’ennemi et ne se laissa pas effrayer.
Il ordonna que, dans tous les monastères d’Aquitaine, on implorât la miséricorde du Seigneur par des jeûnes et des litanies, afin qu’Il brisât la force des ennemis et rendît son peuple victorieux et maître du champ de bataille.
Ce qui fut fait.
Ayant rassemblé une très grande et très vaillante armée composée des meilleurs combattants d’Aquitaine, il installa son camp tout près d’eux, sur le rivage, alors que la nuit tombait déjà.
Mais les Normands, voyant l’armée aquitaine prête à les affronter, furent saisis d’une terreur divine ; ils eurent très peur.
Incapables de fuir pendant la nuit (car ils étaient coincés contre la côte), ils attendirent que la marée, devenue plus basse, découvrît la vase et laissât leurs navires à sec.
Pendant toute la nuit, ils creusèrent autour d’eux des fosses pièges qu’ils recouvrirent de branchages et de mottes de gazon, afin que les guerriers qui chargeraient sans les connaître s’y engloutissent et que leurs chevaux s’y abîment tête la première.
Le lendemain matin à l’aube, l’armée du duc, ignorant ces pièges, s’élança.
Le duc lui-même, placé à l’extrême avant-garde, monté sur un cheval très rapide, poussé par l’ardeur de son cœur, lâcha la bride pour fondre sur les Normands.
Aussitôt, les chevaux et leurs cavaliers tombèrent dans les fosses.
Comme le poids des armes les rendait très lourds, un grand nombre furent faits prisonniers par les Normands.
Mais la pitié divine sauva miraculeusement le duc.
Lui-même ayant chuté, alors qu’il était sur le point d’être capturé, bien que le casque et la cuirasse lui fussent un pesant fardeau, cet homme d’une force extraordinaire se releva d’un bond, sauta hors de la fosse plus loin et rejoignit les siens.
Cependant, la peur s’empara de ceux qui étaient tombés les premiers et étaient déjà prisonniers – ils étaient plus de trente, tous nobles de haut rang. Craignant que ces derniers ne fussent tués par les Normands, on renonça immédiatement au combat.
La nuit suivante, à mi-marée, profitant du flot qui remontait, les Normands se précipitèrent avec leurs illustres captifs à bord de leurs navires et, sauvés par la mer, prirent la fuite. Jamais plus ils n’osèrent revenir sur nos terres.
Quant au duc, il envoya plus tard des messagers aux Normands et, moyennant une rançon immense en or et en argent, il racheta tous les siens et les récupéra sains et saufs.
Notes historiques
L’épisode n’est pas daté avec précision dans le texte, mais le style et les détails (jeûnes et litanies organisés dans tous les monastères, rôle central du duc Guillaume, port « juxta Pictavorum terminos ») font penser à la grande razzia normande de 848-849 ou, plus probablement, à celle de 862-863 sur l’estuaire de la Charente et les côtes poitevines, repoussée par les forces aquitaines.
Le « port d’Aquitaine près des limites du Poitou » désigne très vraisemblablement l’embouchure Talmont.
Ex fragm. Aquitanica hist. Tom.3. P. Pithoci.
O tempore infinita multitudo Normannorum ex Danemarcha, et Tresca regione cum classe innumera mare transeuntes, armis confidentes, et multitudine feroci hostium, appulerunt portum Aquitanicum, juxta Pictavorum terminos, et sicut antiqui parentes eorum Pagani nostros vicos, castella, et civitates conati sunt flammis comburere, et populum Christianum ferro diverberare et captivare et Ecclesias Dei, et Monasteria desertare.
Tunc absque mora Dux Willelmus praesumens de Christi victoria, interritus pro nihilo non magnam virtutem deputanuit. Mandauit que per Monasteria Aquitaniae à cunctis cum ecjuniis, et laetaniis Domini misericordiam pulsare, quatenus virtutem hostium conteret, et suum populum victorem et superiorem praestaret, quod factum est ; congregato que plurimo et fortissimo Aquitaniae exercitu electorum pugnatorum, juxta cos castra disposuit circa oram maris imminente iam nocte.
Normanni vero videntes praeparatum Aquitanorum exercitum contra se ad bellum, terrore divino consternati sunt valde timentes, nec ipsa nocte fugere valentes, tum propter littus maris residerunt, et aestus maris tunc cum mitior factus effet, et classis ad terram nudam faceret, per totam noctem circa se foueas praeparaverunt virgis et cespitibus contextas desuper, vt ignorantes bellatores delaberentur, dum currentes equi praecipites ferrentur.
Itaque primo mane crastino nescientes laqueos fouearum exercitus Ducis, ipso Duce in prima frontis acie percurrente velocissimo equo dum calore pectoris super Normannos fraena equorum laxaret, mox per foucas equi cum fessoribus suis delapsi sunt.
Et quia graves eos faciebat pondus armorum, plurimi à Normannis capti sunt, sed divina pictas Ducem mirabiliter eripuit. Nam et ipse casum passus, dum à Normannis pene iam caperetur, licet galca capitis et thoraca humeris magnum gravament effet, tamen fortissimus viribus faltu exusso à fouca profiliit longius, et suis sese redditit. Timore vero eorum qui primi ceciderant et capti iam tenebantur ‘erant enim plures triginta nobiliores) ne forte ipsi à Normannis ne carentur, dimistum est mox bellim. Sequenti vero media nocte, aestu maris inuitante, concito cursu Normanni cum captis nobilitus viris navibus insiliunt, et auxilio maris fuga liberate sunt nec amplius opposuerunt venire in nostro fines. Dux autem suos qui capti erant, missis postea nuntiis ad Normannos infinito pondere auri et argenti dato, omnes redemit et recepit incolumes.
Ce texte est l’un des rares témoignages d’une victoire franque/aquitaine sur les Vikings au milieu du IXe siècle ; la plupart des sources ne parlent que de défaites ou de paiements de tribut.
Un très bel exemple de récit mêlant piété chrétienne, ruse viking et courage ducal !




