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PHystorique- Les Portes du Temps
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23 octobre 2017

Gilbert III Motier de La Fayette Compagnon d’armes de Jeanne d'Arc

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Gilbert III Motier de La Fayette (vers 1380 – 22 février 1463), seigneur de La Fayette, Pontgibaud, Ayes, Nébouzac, Saint-Romain et Montel-de-Gelat, fut un noble auvergnat et un militaire éminent de la fin de la guerre de Cent Ans (1337-1453).

Issu d'une très ancienne famille de la noblesse d'Auvergne, il s'illustre lors de la Guerre de Cent Ans et notamment aux batailles de Baugé, de Verneuil et au siège d'Orléans. Il appartient à la branche ainé (éteinte en 1694) de la famille du Motier de Lafayette qui donna dans sa branche cadette (éteinte en 1891) Gilbert du Motier marquis de La Fayette (1757-1834), qui s'illustra pendant la guerre d'indépendance des États-Unis.

Maréchal de France dès 1421, il est un fidèle de Charles VII et un compagnon d’armes de Jeanne d’Arc, participant activement aux campagnes qui renversèrent l’occupation anglaise, il incarne la tradition militaire de sa lignée, connue pour son courage et son mépris du danger.

 Voici un aperçu structuré de sa vie et de son action.

Biographie et origines

  • Naissance et famille : Né vers 1380 au château de La Fayette (Puy-de-Dôme, Auvergne), il est le fils de Guillaume Motier de La Fayette (seigneur de La Fayette, chevalier au service de Jean, duc de Berry) et de Marguerite Brin (ou Brun) du Peschin, dame de Pontgibaud. Issu d’une ancienne famille noble d’Auvergne remontant au XIIIe siècle (filiation prouvée dès Pons Motier, seigneur de La Fayette vers 1000), Gilbert grandit à la cour de Louis II, duc de Bourbon, où il reçoit une éducation militaire.

 

  • Mariages et descendance : Premier mariage avec Dauphine de Montroignon (sans enfants).

Second mariage avec Isabeau de Polignac. Ils ont un fils, Antoine Motier de La Fayette (vers 1400-1531), seigneur de Pontgibaud et Montel-de-Gelat, qui devient chevalier, gouverneur de Boulogne et grand maître de l’artillerie sous François Ier. Une fille, Anne (vers 1405-1524), épouse Louis Lastic. Gilbert a aussi une fille naturelle, Louise (morte en 1456).

  • Fin de vie : Il meurt le 22 février 1463, probablement à La Fayette, après une carrière marquée par les réformes militaires et les intrigues de cour.

 

Carrière militaire

  • Débuts (1400-1415) : Élevé à la cour bourbonnaise, Gilbert sert sous le maréchal Boucicaut en Italie (conquête de Gênes en 1409). De retour en France, il combat pour Jean Ier, duc de Bourbon, à Soubise (Charente-Maritime, 1413) et à Compiègne (1415) pendant la guerre de Cent Ans. Promu lieutenant-général, il opère en Languedoc et en Guyenne contre les Anglais.

 

Il est tour à tour conseiller et chambellan du Roi et de M. le Dauphin, sénéchal de Bourbonnais, maréchal du Duc de Bourbon, lieutenant-Général pour le Roi en Languedoc, Lieutenant de Charles Dauphin du Viennois, Lieutenant et Capitaine-Général du Dauphin dans les pays de Lyonnais et Mâconnais en 1417, gouverneur du Dauphiné de 1420 à 1425

 

  • Maréchal de France (1421) : Nommé maréchal par Charles VII en 1421, il devient un pilier de l’armée royale, aux côtés de figures comme Jean de Brosse (maréchal de Boussac) et Gilles de Rais.

Il s'illustre également lors de la victoire de Baugé, le 14 mars 1421, où il tue le duc de Clarence mais est fait prisonnier à la bataille de Verneuil (1424), il est cependant rapidement racheté.

 

Avant 1429 Nomination comme défenseur : Dès les années 1420, Gilbert renforce les défenses de Chinon contre les raids, notamment après la perte de la Normandie. Son expérience en Languedoc et Guyenne (1415-1420) le qualifie pour cette mission.

En tant que maréchal de France depuis 1421, Gilbert est chargé de la défense des places fortes du centre, notamment celles proches de ses domaines auvergnats. Les chroniques (ex. : Enguerrand de Monstrellet) et les registres royaux indiquent qu’il supervise les garnisons de Touraine et du Berry, incluant Chinon, pour contrer les menaces anglaises.

Située dans la Touraine (actuel Indre-et-Loire), Chinon abrite le château royal où réside Charles VII, dauphin puis roi, après l’abandon de Paris aux Bourguignons (1418) et le traité de Troyes (1420).

En 1429, c’est le centre névralgique de la résistance armagnac face aux Anglais, qui dominent le nord et l’ouest.

Mars 1429 – Arrivée de Jeanne : Lorsque Jeanne arrive à Chinon le 6 mars 1429, Gilbert est probablement sur place ou en renfort avec ses troupes. Les Chroniques de Perceval de Cagny mentionnent la présence de maréchaux comme lui pour sécuriser l’entrevue entre Jeanne et Charles VII. Il escorte Jeanne avec d’autres capitaines (ex. : Jean de Brosse, Louis de Culant) vers Orléans, assurant que Chinon reste un bastion sûr.

Après Orléans (mai-juillet 1429) : Après la victoire d’Orléans, Gilbert retourne à Chinon pour protéger Charles VII pendant la préparation du sacre à Reims. Sa présence garantit la stabilité logistique et militaire, permettant au roi de quitter la ville sans crainte d’une attaque anglaise.

 

  • Réformes militaires (1439) : Conseiller influent de Charles VII, sénéchal de Beaucaire et de Nîmes en 1439, il impulse la grande réforme de l’armée aux états généraux d’Orléans (1439), instaurant les compagnies d’ordonnance (unités professionnelles permanentes) et limitant le rôle des mercenaires. Cela modernise l’armée française, contribuant à la victoire finale en 1453 (Castillon).

 

Lien avec Jeanne d’Arc et les événements de 1429

Gilbert III est un allié clé de Jeanne d’Arc, participant aux campagnes décisives qui mènent au sacre de Charles VII :

  • Défense d’Orléans (1428-1429) : En tant que maréchal, il défend la ville assiégée par les Anglais. Lorsque Jeanne arrive en février 1429, il fait partie des capitaines qui l’escortent de Chinon à Orléans (avril 1429), aux côtés de Jean de Brosse et Louis de Culant. Bien que Jeanne soit tenue à l’écart des décisions tactiques (réservées aux maréchaux), son charisme inspire les troupes.

 

  • Campagne de la Loire (juin 1429) : Il combat à Jargeau, Meung-sur-Loire, Beaugency et Patay (18 juin), où les Français écrasent les Anglais, brisant leur invincibilité.

 

  • Sacre de Reims (17 juillet 1429) : Gilbert escorte Charles VII à travers des terres hostiles (Troyes, Châlons). Lors de la cérémonie à la cathédrale de Reims, il est l’un des porteurs de la Sainte Ampoule (avec Jean de Brosse et Gilles de Rais), un honneur symbolique. Jeanne, tenant la bannière royale, assiste à la messe.

 

  • Après le sacre : Il participe à l’assaut raté sur Paris (septembre 1429) et aux opérations pour libérer Compiègne (1430), trop tard pour sauver Jeanne. Son rôle illustre le soutien des maréchaux auvergnats à la "Pucelle", renforçant la légitimité de Charles VII.

Il compte parmi les négociateurs et les signataires de la paix d’Arras, en 1435, et du traité avec le duc de Sommerset, en 1449. C’est lui qui reçoit la reddition de la ville de Rouen le 19 octobre 1449.

 

Héritage

Gilbert III est célébré comme un héros de la reconquête française, préfigurant les réformes qui font de l’armée royale une force moderne. Sa famille, éteinte en 1694 (branche aînée), produit des figures comme le marquis de La Fayette (1757-1834), qui revendique fièrement cet ancêtre comme "compagnon de Jeanne d’Arc". Le château de La Fayette (Puy-de-Dôme) et les archives auvergnates témoignent de son legs. Moins connu que Jeanne ou Gilles de Rais, il symbolise la noblesse loyale qui unit la France sous Charles VII.

Sources

  • Chroniques contemporaines : Enguerrand de Monstrellet, Perceval de Cagny.
  • Biographies : Wikipedia (fr/en), Larousse, et généalogies comme Geneanet et WikiTree.
  • Ouvrages : Histoire de Charles VII de Thomas Basin ; études sur la famille Lafayette (ex. : Louis Gottschalk).

 

 

  •  

 

 

Commentaires
J
La devise de Gilbert est "Merito" pas "Cur non"
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