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PHystorique- Les Portes du Temps
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3 novembre 2026

Saint-Vincent Puymaufrais (Vendée) - Abbaye de Sainte-Marie du Gué de Trizay sur Lay occupée par les Moines blancs dès le commencement du XIIe siècle.

Cette Abbaye, Ordre de Citeaux, située sur le Lay, dans la paroisse de Puy-Maufrey, à 3 lieues de Luçon, fut fondée vers 1224.

 

Environ 21 km du palais épiscopal de l'Hermenaul des évêque de Maillezais.

 

Gautier I, Arvé Chabot, seigneur de Mareuil, dont le fils Thibaud et la fille Beline approuvèrent la charte de fondation de l'abbaye de Trizay, au diocèse de Luçon.

 

 

Unie à l’Ordre de Citeaux, en 1145, du temps de Guichard, abbé de Pontigny, et dotée par Arvée de Mareuil et Gaudefroy de Tiffauges ; la dédicace de l’Eglise se fit sous le titre de l’Assomption.

 

 

 

Guillaume, évêque de Poitiers (Guillelmus Pictaviensis episcopus) :

 

C'est l'autorité ecclésiastique qui valide l'acte, appose son sceau et affirme avoir fait venir les moines cisterciens dans son diocèse depuis l'abbaye de Pontigny (de domo Pontiniaci). Il s'agit historiquement de Guillaume II Gilbert, évêque de Poitiers au XIIe siècle.

 

Richard, abbé de Pontigny (Ricardi abbatis Vontiniacensis) : L'abbé de la maison-mère qui envoie les moines (notamment le moine André de Baudemont) pour bâtir ce nouveau monastère.

 

Hervé de Mareuil (Arveus de Marolio) : Le principal donateur et seigneur laïc. Le texte insiste lourdement sur sa piété tardive : touché par le remords de ses péchés et d'une « mauvaise vie » (amaritudine peccatorum suorum, et malae actae vitae), il fait ce don pour le salut de son âme, de sa femme et de ses enfants.

 

Geoffroy de Tiffauges (Gaudefredi de Tiphaugio) et Pierre de Casa : Co-fondateurs ou alliés seigneuriaux mentionnés au début.

 

 

Thibaut Chabot (Theobaudo Chabot) : Fils d'Hervé de Mareuil (le nom Chabot montre l'ancrage dans la célèbre famille noble du Bas-Poitou/Vendée), et sa sœur Belina, qui approuvent le don pour éviter toute contestation future (laudante...).

 

 

 

 

Hervé de Mareuil cède en main propre à l'évêque et à l'abbé Richard l'assise foncière de l'abbaye (sacram sedem ipsius abbatiae), qu'il a acquise légitimement par échange avec un tiers.

 

Il y ajoute de très nombreuses terres de son propre domaine pour assurer la subsistance des moines :

 

 

 

  • Des terres situées entre le mont Botentreum, les Lanaias et la Perreria.
  • Des lieux-dits : Campo Cheurer (Champ-Chèvre), Bugresse, les vignes d'Asperlerio.
  • Des terres confisquées ou récupérées d'autres vassaux ou tenanciers (Tetbaudi Bacheler, Aimerici de Folieta, Goffredi Pestilentiae - surnommé pittoresquement "Geoffroy de la Peste").
  • Un bois commun (Boscus-communis) et une terre appelée « terre de l'autel » (terra de altari).

 

 

 

 

 

 

 

1145 Charte de fondation de l'abbaye de Trizay (Ordre cistercien)

 

 

« Au nom de la sainte et indivisible Trinité.

 

Il appartient à la charge des prélats de pourvoir au salut et au repos de leurs sujets, tant laïcs que clercs, et ce non seulement dans le présent, mais aussi dans l'avenir et surtout pour l'éternité.

 

C'est pourquoi moi, Guillaume, par la grâce de Dieu évêque de Poitiers, j'ai donné mon conseil pour la fondation de Sainte-Marie du Gué de Trizay.

 

Par la présente charte, j'ai voulu la recommander à la mémoire des hommes d'aujourd'hui et la faire connaître à ceux de l'avenir.

 

 Enfin, à la prière du seigneur Richard, abbé de Pontigny, d'André de Baudemont son moine, ainsi que des autres frères qui avaient reçu ledit lieu pour y bâtir, et d'autre part à la prière des fondateurs eux-mêmes, Hervé de Mareuil, Geoffroy de Tiffauges, et de son frère Pierre de la Chaize le Vicomte, évêque, j'ai fortifié cette charte de l'autorité de notre sceau :

 

Afin que l'aumône qui y a été faite demeure libre et tranquille à l'avenir pour les moines qui y servent le Christ, et que par ce moyen elle puisse être fructueuse à perpétuité.

 

Ainsi, Hervé de Mareuil, touché par l'amertume de ses péchés et d'une vie passée mauvaise, animé d'un esprit de juste résolution et averti par notre persuasion, a reçu de notre main les moines avec dévotion et bienveillance, pour le salut de son âme, de ses parents, de son épouse, de son fils et de sa fille, eux qui sont les fondateurs dudit lieu, c'est-à-dire de Trizay.

 

Car ce sont eux que moi, pour le témoignage d'une religion véritable et pour le nom célèbre de l'ordre cistercien, j'ai fait venir de la maison de Pontigny dans notre évêché.

 

J'ai pris soin en effet, comme un agriculteur avisé, de planter dans la vigne de mon Seigneur un tel rejeton de vigne, afin que je puisse boire avec Lui le vin nouveau dans le royaume de son Père.

 

 

Ledit Hervé de Mareuil a donc donné au Seigneur, à la sainte Vierge Marie, à Richard, abbé de Pontigny, et aux moines dudit Trizay, entre nos mains, le lieu sacré de cette abbaye, tel que le cimetière a été dédicacé.

 

Il avait pourtant reçu ce lieu d'un autre individu, sans aucune violence ni contrainte, mais avec la bonne volonté du possesseur, par le moyen d'un échange.

 

De sa propre terre, il leur a donné toute la terre qui se trouve entre le mont Botentreau, les Lanaies et la Pierrière jusqu'à la terre de Regnaud Papin ; celle aussi du Champ-Chèvre, ainsi que celle de Bugresse, la terre et les vignes d'Asperlerio, et, sans aucune réserve, toute la terre de Thibaut Bacheler, partout où elle pourra être connue et trouvée ;

 

toute sa part qu'il partage avec Guillaume Griffer, laquelle est appelée terre de l'autel, ou de son autre nom le Bois-Commun ; de plus, toute la terre d'Aimeric de Folieta ;

 

et toute la terre de Geoffroy Pestilence, qu'il tenait de cet Hervé ; ainsi qu'un quartier d'Algargleria, la terre du Noix sous le Bois-Morin, et toute la terre qu'il possédait à la Renardière.

 

 

Il a donné tout cela, pris sur sa propre terre, au Seigneur et à Sainte-Marie de Trizay, au commencement même de cette fondation, en présence du seigneur Richard, abbé de Pontigny, d'André de Baudemont et des autres moines et frères de ce même lieu ;

 

 en présence des chevaliers et serviteurs de cet Hervé : Savari, Sanibrand sénéchal de Saint-Hermine, ainsi que Pierre de Mareuil frère d'Hervé, Payen Bodin, Regnaud Bucher Amcre, Gérard Sanibrand, Pierre Péager, Chambillart Carpentier, Frunaud de Bornesel, Taurselin Andebert, qui tous sont témoins de cette affaire.

 

Tout cela ayant été approuvé par Thibaut Chabot, fils d'Hervé, et par Bélina sa fille.

 

De plus, il a donné à ces mêmes moines d'autres terres qu'il possédait par l'achat fait auprès d'autres personnes... »

 

 

 

« Charta fundationis Trisagii ordinis Cisterciensis.

IN nomine sanctae et individuae Trinitatis.

 

Ad praelatorum curam pertinet subjectorum suorum, tam laicorum quam clericorum saluti ac quieti providere, et non solum vero praesenti, sed etiam futurae et maxime perpetuae.

 

Propterea ego Guillelmus, Dei gratia Pictaviensis episcopus, consilium dedi fundationi sanctae Mariae de Vado Trizaci, per praesentem cartulam praesentium commendare memoriae, et futurorum mandare notitiae, ipsam denique cartulam, prece domini Ricardi abbatis Pontiniacensis, Andreae de Baldeamento monachi sui, necnon et aliorum fratrum qui praedictum locum ad aedificandum susceperant, et ex alia parte ipsorum fundatorum Arvei de Marolio, Gaudefridi de Tiphaugio, sic et Petri episcopi fratris ejus de Casa, sigilli nostri auctoritate munivi :

 

Ut ea quae ibidem facta est eleemosyna, monachis ibi Christo servientibus in futurum, libera maneat et quieta, sicque per hoc in perpetuum valeat esse fructuosa.

 

Arveus itaque de Marolio, amaritudine peccatorum suorum et malae actae vitae compunctus, spiritu recti consilii et nostra persuasione admonitus, pro salute animae suae, et parentum suorum, sic uxoris suae, sic filii, sic filiae suae, praedicti loci, id est Trizaci fundatores, monachos devote et benigne suscepit de manu nostra.

 

Hos namque ego, et verae religionis testimonium, et celebre nomen Cisterciensis ordinis, de domo Pontiniaci in episcopatum nostrum adduxi.

 

Curavi etenim, tamquam circumspectus agricola, in vineam Domini mei tale germen vitis plantare, unde cum ipso vinum novum bibam in regno Patris ejus.

Dedit ergo praedictus Arveus de Marolio Domino, et sanctae Mariae, et Ricardo Pontiniacensi abbati, et monachis supradicti Trizaci in manum nostram sacram sedem ipsius abbatiae, sicut coemeterium dedicatum est.

 

Hanc tamen ab alio quodam, sine ulla violentia vel coactione, cum bona voluntate possidentis, per commutationem accepit.

 

De propria vero terra sua dedit eis totam terram quae est inter montem Botentreum, sic Lanaias, et Perreriam usque ad terram Reginaudi Papini : illam quoque de Campo Cheurer, sic illam de Bugresse, sic terram et vineas de Asperlerio, et sine ullo retinaculo totam terram Tetbaudi Bacheler, ubicumque sciri et inveniri poterit, totam et suam quam dividit cum Guillelmo Griffer, quae appellatur terra de altari, sive alio nomine Boscus-communis ; insuper totam terram Aimerici de Folieta :

 

et totam terram Goffredi Pestilentiae, quam de ipso Arveo habuit : necnon quartarium de Algargleria, sic terram de Nuce sub Bosco-Morini, sic totam terram quam habuit ad Rainarderiam.

 

Hoc totum de propria terra sua dedit Domino et Sanctae Mariae de Trizaco, in ipsius fundationis principio, in praesentia domini Ricardi abbatis Pontiniacensis, sic Andreae de Baldamento, et aliorum monachorum, sic fratrum ejusdem loci ; in praesentia militum et servientium ipsius Arvei :

 

Savarici, Sanibrandi dapiferi de Sancto Heimene, sic Petri de Marolio fratris ipsius, Pagani Bodini, Reginaudi Bucher Amcre, Gerardi Sanibrandi, Petri Peagerii, Cambillarii Carpentarii, Frunaidi de Bornesel, Taulselini Andeberti, qui omnes hujus rei testes sunt.

 

Hoc totum laudante Theobaudo Chabot filio Arvei et Belina filia sua. Praeterea dedit eisdem monachis alias terras, quas ab aliis, tam per emptionem...

 

 

 

 

1167. QUITTANCE DE PÉAGE SUR TOUTES SES TERRES PAR HUGUES LE BRUN, SEIGNEUR DE LUSIGNAN.

 

Hugues VIII de Lusignan (dit le Brun), seigneur de l'une des plus puissantes familles du Poitou.

 

En 1167, il s'apprête à partir pour la Terre sainte où il mourra peu après en captivité.

 

La proximité avec les Lusignan : En 1167, la maison de Lusignan (basée dans le Poitou historique) possède d'immenses terres et des droits de péage s'étendant jusqu'au Bas-Poitou (la Vendée actuelle).

 

 Qu'un abbé de Trizay soit présent en témoin aux côtés d'Hugues VIII de Lusignan et de Guillaume de Châtellerault est parfaitement logique au vu de la géographie féodale de l'époque.

 

 

 

L'acte mentionne donc bien l'abbé cistercien de Trizay veillant sur les terres bordées par le Lay.

 

 

 

« Qu'il soit noté et connu de tous, tant présents que futurs, que moi, Hugues le Brun, seigneur de Lusignan, pour le salut de mon âme et pour les âmes de mes parents, je donne [l'exemption de] péage sur toute l'étendue de mes terres à l'abbé et aux moines de Bécheron (1), pour quelque marchandise que ce soit que ces derniers ou leurs frères transportent ou ramènent.

 

(1). L'abbaye fut fondée en 1151 par Eschivard, seigneur de Preuilly. Appelée d'abord Bécheron, elle prit après 1175 le nom de la Merci-Dieu.

 

 

J'approuve et confirme cette donation par l'apposition de mon sceau.

 

 

Les témoins de cette donation sont : Geoffroy, son frère, qui a lui-même consenti à la même chose ; Simon le Brun, Rorgue et Galeran, ses frères ; Soldan de l'Angle et Guichard, son fils ; Bernard Roilis, son neveu ; Samuel de Thaec ; Grimaud ; Hugues Godart ; Jocelyn de Doec et Guillaume Rufus.

 

La [dame] Bourgogne [épouse d'Hugues VIII] a consenti et fait cette même donation pour la part qui lui revient, devant ces témoins : Guillaume, abbé de Trizay ; Guillaume de Châtellerault ; Bernard Roil ; [et] Grossin, qui était le collecteur du péage (peagere) au moment où la charte a été faite.

 

 

 

 

 

1167 HUGONIS BRUNI DOMINI DE LEZINEN DE QUIPTATIONE PEDAGII PER TERRAM SUAM.

Notum sit omnibus tam presentibus quam futuris quod ego Hugo Brunus, dominus Lizinniaci (1), pro anima mea et pro animabus parentum meorum, dono pedagium per totam terram meam abbati et monachis de Becherum, quamcumque mercem ipsi vel fratres eorum ducant vel redueant.

 Hanc autem donationem sigilli mei impressione confirmo.

Hujus autem donationis testes sunt isti Gaufridus, frater ipsius, qui et ipse idem concessit Simon Brunus, Rorgo et Galerandus, fratres ejus Soldanus de Angla; Guichardus, filius ejus, et Bernardus Roilis, nepos ipsius; Samuel de Thaec Grimaudus; Hugo Godart Joscelinus de Doec et Vuillelmus Rufus.

Hoc idem concessit et donavit quantum ad ipsam pertinet [domina] Burgumdia, sub his testibus : Vuillelmus, abbas de Trizay (2) Vuillelmus de Castri Airaudi Bernardus Roil Grossin, qui fuit peagere quando fuit facta carta.

 

 

 

 

Trizay tomba en commande au XVIe siècle ; l’abbé commandataire était, en 1790, M. de Rozand ( Voy. chapitre de Luçon, qui touchait pour sa part 3000 livres par an sur les 4000 1. que l’abbaye donnait de revenu annuel; les 1000 1. restant entretenaient tant bien que mal trois religieux.

 

 

Le prieur, dom Lerouge, originaire de la Bourgogne, retourna probablement dans son pays natal au début de la persécution. 

 

 

Le portail roman : L'élément central est un superbe portail en plein cintre orné de voussures typiques de l'art roman de la région. Les vantaux en bois et l'imposte en partie haute affichent des tons bleus.

 

 

Les traces d'élévation d'origine : Au-dessus du portail, on distingue nettement dans l'appareillage en pierres de calcaire les traces rectilignes d'anciennes baies ou d'arcatures maçonnées en pierre blanche qui ont été murées au fil des siècles.

 

Les remaniements historiques : L'église a été sévèrement endommagée durant la guerre de Cent Ans puis en grande partie détruite par un incendie lors des guerres de Religion en 1568. Au XVIIIe siècle, la nef a été raccourcie et l'intérieur a été doté d'un mur de refend pour transformer la structure en cellier et en pressoir agricole, expliquant ce profil tronqué et sa hauteur moindre qu'au XIIe siècle.

 

 

En 1793, l'Abbaye de Trizay (située à Bournezeau en Vendée) est au cœur de la tourmente de la Guerre de Vendée (qui éclate en mars 1793) et des conséquences de la Révolution française :

 

Le Pont de Trizay : À proximité immédiate de l'abbaye, le pont de bois franchissant la rivière du Lay (reliant les anciennes communes de Bournezeau et Sainte-Hermine) représentait un point de communication crucial dans le bocage vendéen, souvent traversé ou disputé par les troupes républicaines (« les Bleus ») et les insurgés vendéens (« les Blancs »).

1788 : Construction d'un pont en bois par Monsieur Barré de la Ricotière selon certaines archives locales.

1793 : Le pont subit des détériorations ou se trouve au cœur des affrontements de la première Guerre de Vendée, la rivière du Lay marquant la séparation entre zones révoltées et républicaines.

 

 

Fin de la vie monastique : L'abbaye cistercienne a été supprimée à la Révolution et vendue comme bien national dès le 18 avril 1792 à Hanaël Jousseaume.

 

Hanaël Jousseaume est un érudit, poète, bibliophile et collectionneur français originaire du Bas-Poitou (principalement associé à Fontenay-le-Comte en Vendée). Il a vécu au cours du XVIIIe et du XIXe siècle

 

 

Il ne restait alors que quelques moines ou l'abbé commendataire (Louis-Joachim de La Roche Saint-André) avant la dissolution.

 

Position stratégique et zone de combats : Située à proximité de la rivière du Lay (qui marque parfois une ligne de démarcation ou de passage lors des mouvements de troupes), la région est traversée dès mars 1793 par des colonnes républicaines et des combats de l'insurrection vendéenne.

 

Refuge clandestin : Durant cette période troublée de 1793, le site et ses abords servent de cachette ou de lieu de rassemblement discret pour des figures engagées ou pour des ecclésiastiques refusant de fuir ou d'émigrer, comme le curé Desplobains qui y célébrait des messes clandestines de nuit.

 

 

Jacques-Sylvain Desplobein, ancien vicaire de l'Île-Dieu, curé réfractaire de Puymaufrais, à Chantonnay est présent au Synode du Poiré-sur-Vie le 4 aout 1795. Disant la messe dans un village isolé, a cessé depuis la loi du 19 fructidor, se tient caché en 1798.

 

Contrairement à d'autres prêtres déportés ou exécutés, il reste caché dans sa région.

 

Il continue d'exercer clandestinement son ministère à Puymaufrais et dans les paroisses voisines privées de prêtres, célébrant la messe et administrant les sacrements au péril de sa vie

 

Très intelligent, instruit, d’un caractère fort original et entier, et de manières rudes, M. Desplobein se refusa à toute concession sur la question du serment ; mais il n’obéit pas davantage à la loi de déportation, resta dans sa paroisse, et, quand l’insurrection éclata, mit au service de l’armée vendéenne l’ardeur de sa foi et de son dévouement; il confessa les mourants, donna la sépulture aux morts, et affronta tous les dangers de la guerre.

 

 Lorsqu'il n’y eut plus d’armée, il revint au pays; en 1794, il était réfugié à la Gaubretière, avec nombre d’autres prêtres fidèles; la métairie de Vauvert était son asile ordinaire.

 

Après la mort de M. You, curé de la Gaubretière (V. ce nom), M. Desplobein fut nommé desservant de cette paroisse, et « il s’empressa de rédiger les actes de naissance et de décès qu’il put constater, après le grand massacre de février 1794, à l’aide des témoignages des habitants » (Cavoleau, Mémoire pour la famille Voyneau).

 

Les succès des armées républicaines l’obligèrent à changer souvent de retraite.

En 1795, il se cachait près de Saint-Paul- en-Pareds, aux environs du château de Boistissandeau, au camp de la division de M. Amédée de Béjarry, l’un de ses paroissiens (de Béjarry, Souvenirs vendéens).

 

 Peu après, il prenait pour asile un souterrain du prieuré de l’Angle près de Chantonnay (ou Tressay, Hist. des évêques de Luçon, tome 111, p. 401).

De là, il ne cessa d’évangéliser les paroisses voisines.

A ce prieuré tenait une chapelle qui existe encore, et les habitants actuels du prieuré, devenu une ferme, montrent volontiers dans l’épaisseur d’un mur l’ancienne cachette de M. Desplobein.

 

Sa présence dans la contrée était signalée par les autorités :

 

 « Bournezeau, 9 thermidor an IV.

« L’ex-curé de Chantonnay (pour Puymaufrais), Desplobein, se tient, dit-on, caché dans les environs, et je soupçonne fort que c'est sur les confins du canton de Chantonnay, qui touchent celui de Bournezeau.

 J’appris hier qu’il faisait société avec un scélérat connu du pays, et qui, jusqu’ici, a échappé aux recherches qu’on a faites : il s’appelle Laplante.

 « Loyau. »

 

 

En 1797, M. Desplobein tenait encore la campagne autour de Chantonnay ; le 11 juin, le commissaire Loyau écrit au département :

 «Un nouveau ministre du culte catholique vient de paraître dans le voisinage ; c’est M. Desplobein, qui s’était tenu caché jusqu'à aujourd’hui.

Il exerce maintenant publiquement au village de l’Angle, situé dans la commune de Chantonnay, sur le bord du Lay.

Je ne doute pas qu’il n’étende son influence dans notre canton et principalement sur les communes qui lui touchent. Le temps fera voir en quelle part. »

 

 

Un mois plus tard, le citoyen Loyau était fixé, et il mandait à son chef administratif :

 

 « Bournezeau, 15 juillet 1797.

« .... Je ne puis me dispenser de vous raconter ici deux traits qui font voir combien certains prêtres entretiennent et alimentent les discordes et les haines qu’ils devraient chercher à étouffer en conciliant les esprits trop longtemps divisés.

« Vous savez que le sieur Desplobein est sorti de son obscurité et exerce le ministère du culte catholique dans la commune de Chantonnay.

« Un réfugié de la commune de Puymaufrais, nommé Guichaud, lui avait envoyé son fils pour faire sa première communion ; mais Desplobein l’a rejeté parce que son père était fermier de domaines nationaux. Il est en effet fermier de la cure qu’occupait autrefois Desplobein.

« La fille de confiance du citoyen Merlet aîné, de Sainte- Hermine, sur le point de contracter mariage, alla, il y a quelques jours, trouver le sieur Desplobein pour se confesser. Il lui demanda si elle avait acheté des domaines nationaux; à quoi elle répondit que non. Il lui demanda d’où elle était. Elle répondit de Sainte-Hermine.

— « Comme vous êtes d’Outre-Lay, lui dit-il, je vous déclare que je ne peux vous absoudre que dans trois mois.

» La jeune fille effrayée de la longueur du délai, et d’ailleurs patriote, s’en retourna sans être confessée.

« Je n’ajouterai aucune réflexion, mais de pareils principes professés par de pareils hommes sont bien dangereux.

» Il est a peine besoin de remarquer que le citoyen J.-B. Loyau interprétait à sa façon des faits qui lui étaient plus ou moins exactement rapportés par des citoyennes d’ailleurs patriotes, et que M. Desplobein avait certainement des motifs plus théologiques, et notamment, dans cette question de mariage, des raisons majeures de juridiction, pour agir ainsi.

 

Le coup d’Etat de fructidor obligea M. Desplobein à chercher un nouvel asile.

 

 « Chantonnay, 26 vendémiaire an VI.

 « Il n’existait qu’un prêtre dans le canton nommé Desplobein, qui était toujours resté dans la Vendée, et qui disait la messe à l’Angle, commune de Chantonnay ; mais il s'est tenu caché depuis la nouvelle de la journée du 18 fructidor. Il n’a jamais fait ni déclaration, ni serment, malgré que je lui écrivisse à cet égard, lorsqu’il se montra la première fois, et dans les temps où les conspirateurs royaux s’occupaient le plus de cette vermine sacerdotale. Sans doute Desplobein aussi lui, fort des circonstances, ne crut pas devoir se présenter, et il ne fit aucune réponse. C’est un individu dangereux pour l’opinion publique, d’un fanatisme exalté et d’un caractère sombre et irascible. Si on pouvait le joindre, je crois qu’on ferait bien de le séquestrer de la société.

 

BREVET, commissaire. »

 

 

 

 

Reconversion : Peu après la Révolution, au cours du XIXe siècle, l'ancienne abbaye est transformée en exploitation agricole / ferme, ce qui marquera son usage pendant plus d'un siècle.

 

 

 

 

 

D’azur, à un franc quartier d’or, chargée de trois croizettes de gueules, posée deux et une.

 

 

 

Dans le Gallia Christiana et dans les pouillés modernes, Trizay est en latin Trisagium ou Trisaium, Trizagium Trizaium.

 

Ce sont là des mots calqués sur le mot français. Mais ce monastère, dans la charte par laquelle Guillaume, évêque de Poitiers, en confirma la fondation, est appelé Sancta Maria de vado Trizaci et abbatia de Trizaco.

 

 

 

La vallée du Lay recèle une grande richesse archéologique. Pendant l'Antiquité, ce fleuve côtier de la Vendée n'était pas seulement une ressource en eau, mais une véritable voie de communication commerciale.

 

Les terres fertiles et les coteaux de sa vallée ont favorisé l'implantation de nombreux domaines agricoles (villae) et d'ateliers artisanaux gallo-romains.

 

Dans la partie méridionale du Bocage se trouvaient deux voies antiques qu'animait une vive activité; elles formaient deux ramifications de  la route qui arrivait, de Bourges et de Poitiers, à Saint-Paul en Gâtine, sur les bords de la Vendée, jusqu'à la Loge-Fougereuse et Vouvant (Vouvent);

 

Là elle se divisait en deux voies : l'une allait sur Saint-Jouire (Arduacum), Puymaufrais, Trizay (Trizagium) , où il a été retrouvé des fours de potiers gallo-romains, Saint-Florent-du-Bois (Sanctus Florentins de Bosco), Aubigny (Albiniacum), La Chapelle-Achard, Vairé, Le Havre de la Gachère, situé près des deux bourgs de Saint-Martin-de-Brem (Bram) et de Saint-Nicolas-de-Brem (Capellanus S. Nicolaï de Bram).

 

 

Plusieurs découvertes notables jalonnent le cours du Lay :

La découverte (1863) : C'est Hannaël Jousseaume  l'acquéreur de l'Abbaye du Gué de Trizay lors des ventes de Biens Nationaux à la Révolution, qui repère la structure sur ses terres. Il signale cette découverte à la communauté savante.

 

L'emplacement : Comme indiqué, le four a été aménagé en exploitant la topographie locale. Il est encastré directement dans un coteau abrupt orienté au sud (au midi), qui plonge vers la rivière du Lay.

Cette configuration permettait à la fois de protéger le foyer des vents dominants et de stabiliser les parois de la structure grâce à la poussée naturelle de la terre..

 

  • Typologie technique : L'analyse archéologique moderne classe ce monument parmi les fours de tuiliers rectangulaires (de type IIE). Le plan de droite montre :
    • Le praefurnium (le canal d'alimentation en bois pour le feu).
    • La chambre de chauffe (alandier).
    • La structure d'encorbellement supérieure destinée à recevoir la "sole" perforée sur laquelle étaient empilées les tuiles (tegulae) et les briques avant cuisson.

 

Moutiers-sur-le-Lay : Situé à quelques kilomètres en aval de Trizay, ce bourg a révélé d'importants vestiges lors de fouilles préventives. Sous la place de l'église, les archéologues de l'Inrap ont mis au jour une zone funéraire antique avec des sarcophages trapézoïdaux en pierre datant de la transition entre l'Antiquité tardive et le haut Moyen-Âge.

 

2. Le réseau d'ateliers de tuiliers et de potiers

Le four de Trizay n'était pas un cas isolé. L'omniprésence d'argile de qualité le long du fleuve a donné naissance à une véritable grappe d'industries de terre cuite.

 

Les structures de cuisson : Plusieurs autres fosses de combustion et débris de tegulae (tuiles romaines plates) et d'imbrices (tuiles de couvre-joint) ont été repérés lors des prospections de surface menées dans les communes bordant le Lay. Ces structures alimentaient les grands chantiers de construction de la plaine sud-vendéenne.

 

3. Les grandes villae et fermes indigènes romanes

 

  • Des fermes ceintes de fossés : Les recherches menées dans la plaine calcaire entourant le Lay montrent un maillage très dense d'établissements ruraux gallo-romains. Ces exploitations agricoles se sont souvent installées par-dessus d'anciens enclos gaulois (du second âge du Fer). Elles comprenaient des bâtiments sur poteaux de bois, des granges, mais aussi parfois des pavillons résidentiels dotés de petits bains ou de maçonneries en pierre de style romain.

 

 

4. Les monnaies et objets de la vie quotidienne

  • Le mobilier archéologique : Tout au long de la vallée (notamment vers Mareuil-sur-le-Lay), de nombreuses découvertes fortuites faites depuis le XIXe siècle font état de monnaies romaines (deniers et sesterces), de poteries en terre sigillée (vaisselle rouge de luxe importée ou imitée), ainsi que d'outils en fer liés au travail de la terre ou de la vigne.

 

Dans les anciens catalogues de monnaies (comme ceux de la maison CGB), l'atelier mérovingien de Tidiriciacum — historiquement situé à Thiré (Vendée)

 

Découverte Tidiriciacum.Denier – CINSULFUST ête diadémée à droite. R Croix latine au-dessus de la croisette initiale.Triens en or.

 

 

La plupart des objets et des synthèses sur ces fouilles de la vallée du Lay sont aujourd'hui conservés et présentés à l'Historial de la Vendée, qui consacre un grand espace aux découvertes gallo-romaines du département.

 

 

 

L'Hermenault, Château épiscopal des évêques de Maillezais (Time Travel) <==

Recherches sur les Seigneurs de Tiffauges (1099-1789) – Extrait de l’Aveu et Dénombrement du 21 décembre 1647<==

 

 

 

 

 

(1). Hugues VIII de Lusignan dit le Brun, fils d'Hugues VII. On ne lui connaît pas de frère du nom de Geoffroi, tandis que Simon, Rorgue et Galeran sont connus. Peut-être y avait-il simplement un G. résolu par le copiste en Geoffroi au lieu de Guillaume ?  

(2). Les auteurs du Gallia christiana signalent un Guillaume, abbé de Trizay, en 1224, mais ce ne peut être le même.

 

 

 

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