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PHystorique- Les Portes du Temps
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2 novembre 2026

26-31 juillet 1793 – Fortifications et la déroute des Ponts-de-Cé : Angers en état de siège face à l'armée vendéenne

1793 : Le château au cœur de la tourmente révolutionnaire

Pendant la Terreur en 1793, le château est transformé en prison républicaine où sont enfermés les insurgés vendéens. C’est une période sombre : près de 2 000 prisonniers sont fusillés dans les prairies environnantes.
 

À cette époque, la forteresse conserve encore sa structure médiévale d’origine : elle est ceinte de douves profondes, alimentées par les crues de la Loire, et protégée par un pont-levis et plusieurs tourelles.

 

L'offensive vendéenne (26 juillet) : Les insurgés royalistes, menés par la division de Bonchamps (sous les ordres de Charles d'Autichamp), lancent une attaque sur les hauteurs de Mûrs-Erigné et s'emparent de la ville stratégique des Ponts-de-Cé, située aux portes d'Angers. Les troupes républicaines (les « Bleus ») battent en retraite dans la panique

 

 

Les forces vendéennes (Insurgés)

Les Vendéens de la division de Bonchamps, menés par Charles d'Autichamp, comptaient une nette supériorité numérique lors de leur attaque initiale :

 

Effectif estimé : Environ 5 000 à 8 000 hommes (parfois évalué à un nombre inférieur selon les détachements mobiles effectivement engagés sur les îles et les hauteurs d'Érigné).

 

Composition : Essentiellement des paysans locaux et des troupes d'infanterie révoltées, secondés par des habitants de la rive droite de la Loire qui prirent les armes à leurs côtés au cours des combats.

 

 

Les forces républicaines (Armée des Côtes de La Rochelle)

Les forces républicaines dépendant de la place fortifiée d'Angers et chargées de défendre le verrou des Ponts-de-Cé étaient initialement très réduites face à l'offensive

  • Garnison initiale (26 juillet) : Environ 900 hommes.
    • 300 hommes du 6e bataillon de Paris (qui prirent la fuite sans combattre).
    • 600 hommes sous les ordres directs du lieutenant-colonel Bourgeois (majoritairement issus du 8e bataillon de Paris, dit des Lombards).

 

 

Détails sur la prise des Pont-de Cé par l'armée Vendéenne.

La prise des Ponts-de-Cé par l'armée vendéenne avait rempli de terreur les républicains.

 

Les administrateurs du département de Maine et Loire écrivirent aux maires des communes pour leur demander de diriger sur Angers, dans le plus bref délai, tout ce qu'ils pourraient disposer d'hommes, afin de les employer à la défense de la ville.

 

Ils adressèrent au général Gamillier la missive suivante (1).

 

Cette lettre montre ce qu'étaient les troupes envoyées de Paris par la Convention pour combattre la phalange vendéenne.

 

 

 

 

« Angers, 26 juillet 1793, l'an 2e de la République  

 

CHER Général,

L'ennemi s'est présenté aux Ponts-de-Cé, et les lâches Parisiens qui défendaient la Butte-d'Erigné, l'ont abandonnée sans faire la moindre résistance.

 

Ils ont laissé leur canon et leurs tentes et lorsque le général a voulu les rallier, ils ont eu la bassesse d'âme de répondre qu'ils n'étaient pas venus pour se battre; le général a insisté, et pour réponse il a reçu un coup de baïonnette dans sa botte, qui heureusement ne lui a pas fait grand mal.

 

Nos gardes nationales, indignées de la conduite de ces lâches, ont couru aux armes, ont marché aux Ponts-de-Cé, et quoiqu'ils fussent en petit nombre ils ont obligé l'ennemi de rentrer dans les Ponts-de-Cé, où ils les ont poursuivis jusqu'au château;

 

Là il y a eu un combat vif à l'arme blanche; mais l'ennemi ayant du canon et notre petite troupe n'en ayant pas, elle s'est repliée en bon ordre et garde actuellement les avenues des Ponts-de-Cé.

 

Cette affaire a redonné de l'énergie et du courage à notre troupe, et si vous pouvez obtenir du général la permission de venir à notre secours avec tous les Angevins, qui sont dans l'armée votre présence, celle de nos concitoyens, de votre armée, ranimerait le courage de notre petite troupe, et telle que nous la voyons disposée, elle ferait des merveilles avec vous; vous savez combien elle vous est attachée et combien elle a de confiance en vous. »

 

 Venez, s'il est possible, et vous verrez que sans l'appui des j…f... qu'on nous a envoyés, nous prouverons que nous pouvons nous suffire.

 

Nous avons requis tous les bons citoyens armés des districts voisins, et vous, en venant, pouvez prendre avec vous tous les bons citoyens de Saint-Mathurin, de la Bohalle, de la Daguenière, qui nous ont fait offre de service et qui marcheront avec plaisir sous vos ordres en un mot, toute notre ressource est en vous. » Célérité, et tout est sauvé. »

 

Les administrateurs du Directoire du département de Maine et Loire, en écrivant aux municipaux, ne purent dissimuler la déroute honteuse des troupes de la République.

 

 

 

Voici la missive qu'ils adressèrent à la commune de Jarzé :

« L'affaire des Ponts-de-Cé, qui a eu lieu hier matin, n'a pas été honorable pour les troupes de la République, des désorganisateurs et des lâches ont semé la terreur dès le commencement de l'action, et ont honteusement abandonné leur poste.

 

Le plus grand désordre s'est communiqué dans l'armée qui s'est débandée.

 

L'ennemi s'est emparé des Ponts-de-Cé et ne s'est pas avancé plus loin il paraît même qu'il n'a pas le projet de venir attaquer cette ville et qu'il n'est pas en force; cette déroute provient de la lâcheté de la majeure partie de nos troupes.

 

» Nous sommes actuellement assez tranquilles, et nous prenons les dispositions pour mettre la ville en sûreté et reprendre les Ponts-de-Cé.

 

» Désarmez tous les fuyards qui s'en retourneraient sans ordre, et faites-nous passer les fusils que vous pourrez réunir, ainsi que tous les hommes de bonne volonté qui seront armés. »

 

 

De son côté le général Duhoux peu confiant dans le courage de l'armée de Paris, prenait pour la défense d'Angers les dispositions suivantes :

« Le commandant temporaire de la place d'Angers fera placer une pièce de canon à la porte Saint-Aubin, sur la place de la Constitution, de manière qu'elle puisse battre l'ennemi à son débouché deux autres pièces seront placées à la porte Neuve, de manière à battre l'ennemi dans le cas qu'il viendrait déboucher par le faubourg Saint-Michel.

 

Une autre pièce sera placée en avant du château, de manière qu'elle puisse battre les ennemis, dans le cas qu'ils se présenteraient aux avenues de la porte Toussaint et de la place de l'Académie, les autres pièces resteront sur la place du Ralliement, pour être portées sur les différents points où elles pourront être nécessaires.

 

» Un poste de cent hommes sera établi à l'entrée de la rue de Châteaugontier, près l'auberge ci-devant des Trois-Rois ;

 

» Un autre de cinquante hommes, près les Frères, à l'entrée du faubourg Bressigny et de la rue Chèvre; »

 

Un autre de cent hommes, près les Incurables; »

 

Ce poste sera placé au bout de la rue de manière à veiller sur la route des Ponts-de-Cé et de Saint-Laud ;

 

Un autre de cent hommes, postés le long de la promenade appelée la Lice ;

 

» Un autre de cent hommes, sur le chemin de la Baumette, sur l'élévation ce détachement fournira des postes dans les différentes issues qui l'avoisinent;

 

D’un autre de cent hommes sur l'avant du Grand-Mail ;

 

Un autre de deux cents hommes sur le Champ-de-Mars ;

 

Un autre de cent hommes aux équipages, avec quelques cavaliers ;

 

Un autre de cent cinquante hommes-sur la place du Ralliement ;

 

Un autre de soixante hommes au château; le reste sera distribué en tirailleurs sur les ramparts.

»

 

Fait à Angers, le 21 juillet 1793, l'an 1er de la mort du tiran, et l'an 2e de la République une et indivisible.

 

» Le général divisionnaire,

» Signé DUHOUX. »

 

 

 

 

Angers, 27 juillet 1793.

 « Proclamation du citoyen Philippeaux, représentant du peuple, commissaire national dans les départements du Centre et de l'Ouest, aux administrateurs, fonctionnaires publics, civils, militaires, et à tous les citoyens des districts et départements qui environnent la ville d'Angers ».

 

Il annonce que le poste important des Ponts-de-Cé a été abandonné aux Vendéens; mais ce sera pour eux un faible avantage, si la ville d'Angers tient ferme contre leurs efforts; c'est pourquoi il conjure les habitants des départements voisins de réunir toutes leurs forces à celles des Angevins.

 

« Leur ville est capable de consumer toutes les ressources de l'ennemi; venez la secourir en vous sauvant vous-mêmes.

 

Cette cité est la seule digne qui puisse préserver vos contrées de la scélératesse des brigands; une fois rompue, ils se précipiteraient chez vous et y commettraient mille horreurs.

 

La Sarthe fait avancer trois mille hommes; que les autres contrées voisines imitent son exemple ! »

Impr., plac. in-fol., Angers, Mame, Arch. nat., AF II 119, 899, pièces 36 et 37. — Pub. dans Grille, La Vendée en 1793, t. I. p. 337.

 

 

La contre-attaque républicaine (28 juillet) : Les forces républicaines se réorganisent rapidement sous les ordres des commandants Talot et Bourgeois. Ils mènent un assaut vigoureux pour déloger les Vendéens retranchés dans les îles de la Loire et le château de la ville. La bataille se solde par une victoire républicaine et la reprise de cette position clé.

 

Les suites (29-31 juillet) : Le contrôle des Ponts-de-Cé reste instable durant les jours qui suivent, marqué par des escarmouches et la capture de prisonniers avant que la zone ne soit totalement sécurisée par la République.

 

Le bilan des pertes à l'issue des combats des Ponts-de-Cé, du 26 au 31 juillet 1793, provient principalement des rapports militaires républicains de l'époque, notamment ceux du représentant en mission Louis Turreau et du général Michel-Louis Talot.

 

Bien que les chiffres précis restent difficiles à figer en raison du chaos des vagues d'assauts successives, les historiens retiennent les bilans suivants :

 

Du côté des insurgés vendéens

Les forces royales ont subi un lourd revers lors de la contre-offensive républicaine menée le 28 juillet :

 

Morts et blessés : Les sources républicaines estiment qu'au moins 300 Vendéens ont péri au cours des affrontements sur les ponts, dans le château et lors de la bousculade sur les hauteurs de Mûrs-Erigné.

 

Prisonniers : Très peu de combattants vendéens ont été capturés au cours de l'assaut principal du 28 juillet, la majeure partie de la division d'Autichamp ayant réussi à se replier vers le sud.

 

Du côté des forces républicaines

La garnison et la colonne d'assaut ont connu des fortunes diverses au cours de ces cinq journées :

L'assaut principal (28 juillet) : Le représentant Louis Turreau fait état d'une perte minime d'« une vingtaine de braves républicains » tués ou blessés lors de la reprise victorieuse de la ville.

 

Le revers du lendemain (29 juillet) : Les rapports font état d'une féroce réaction des habitants des communes environnantes (Denée, Mozé-sur-Louet et Soulaines-sur-Aubance) qui prirent les armes pour chasser un détachement républicain isolé. Ce combat secondaire coûta aux Bleus plus de 30 morts ou blessés et environ 80 prisonniers capturés par les royalistes.

 

 

 

 

Généraux commandants la place

Le général Charles François Duhoux d’Hauterive a été grièvement blessé à Saumur, le 9 juin 1793.

Il a reçu une balle au travers du corps lors de la prise de la ville par les Vendéens.

 

C'était sa deuxième blessure de l'année, après avoir déjà été touché une première fois lors d'un affrontement à Chemillé quelques semaines plus tôt.

 

 

C'est en raison de cette grave blessure reçue à Saumur qu'il ne put tenir son rôle sur le terrain le mois suivant, laissant le général Jacques-François Pilotte de La Barollière prendre sa place pour commander les troupes républicaines en juillet 1793 (notamment lors de la défaite à la bataille de Vihiers).

 

 

Battu le 20 septembre 1793 à la bataille de Pont-Barré par son propre neveu Pierre Duhoux d'Hauterive, qui combattait côté vendéen.

 

 

 

 

En juillet 1793, le général Jacques Marguerite Pilotte de La Barollière (parfois nommé par erreur Jacques-François) commande des troupes qui font constitutionnellement partie de l'Armée des côtes de la Rochelle.

 

Plus spécifiquement, il a été détaché de l'Armée des côtes de Cherbourg pour assurer l'intérim du commandement de la division d'Angers et de Saumur (l'aile droite républicaine en Vendée) à la place du général Duhoux blessé.

 

 

 

Son passage aux Ponts-de-Cé

 

  • Au début du mois de juillet 1793, La Barollière réorganise et rassemble sa division républicaine (forte de 11 000 à 12 000 hommes) en franchissant la Loire précisément au niveau des Ponts-de-Cé et de Brissac pour lancer son offensive vers le sud.

 

 

C'est cette même armée sous ses ordres qui remporte d'abord la bataille de Martigné-Briand, avant de subir une terrible défaite quelques jours plus tard à la bataille de Vihiers (18 juillet 1793).

 

Complètement désorganisées après cette déroute, les troupes républicaines se replient en catastrophe.

 

Profitant de cette faiblesse, les Vendéens lancent une contre-offensive et s'emparent temporairement de la position stratégique des Ponts-de-Cé le 26 juillet 1793. Destitué à la suite de cet échec, La Barollière cède alors sa place.

 

 

Charles de Bonchamps n'était pas présent en personne aux Ponts-de-Cé lors des combats qui s'y sont déroulés du 26 au 28 juillet 1793.

 

Bien que l'offensive ait été menée au nom de sa division (l'armée d'Anjou), les troupes vendéennes étaient alors commandées sur le terrain par son lieutenant et beau-frère, Charles d'Autichamp.

 

Les raisons historiques de cette absence sont les suivantes :

 

Blessures et convalescence : Charles de Bonchamps avait été grièvement blessé lors de la prise de Fontenay-le-Comte le 25 mai 1793. Diminué physiquement, il devait fréquemment déléguer le commandement direct de ses troupes lors des mouvements rapides.

 

Délégation à d'Autichamp : C'est Charles d’Autichamp qui dirigea la colonne vendéenne s'emparant des hauteurs de Mûrs-Erigné puis du poste des Ponts- de- Cé le 26 juillet, avant d'en être chassé par la contre-offensive républicaine le 28 juillet.

 

 

 

En 1793, le château des Ponts-de-Cé est une place forte militaire et une prison de la Terreur au cœur des guerres de Vendée.

 

Occupé tour à tour par les insurgés vendéens puis repris par les républicains, il sert de lieu d'isolement pour les prisonniers de guerre et de point de rassemblement avant les exécutions.

 

Sous la Terreur, les abords du château et les prairies voisines de la Loire deviennent le théâtre d'exécutions massives et de jugements par la commission militaire

 

 

 

La porte Saint-Aubin se trouvait historiquement au débouché du pont de Saint-Aubin, à l'entrée du faubourg insulaire du même nom. Elle marquait la transition fortifiée entre la longue succession de ponts traversant la Loire et le cœur du quartier de Saint-Aubin.

 

La place de la Constitution aux Ponts-de-Cé correspond historiquement à l'actuelle place de la République, située juste au nord-ouest du Château des Ponts-de-Cé

 

 

Elle a pris temporairement ce nom sous la Révolution française, en référence à la Constitution de 1791 ou de 1793.

 C'était un espace stratégique majeur, particulièrement au cœur des affrontements des Guerres de Vendée en 1793, car elle commandait l'accès immédiat aux ponts fortifiés et à la grande rue menant vers la Loire.

 

 

 

Le terme "Porte Neuve" fait référence aux reconstructions et modernisations des barrières d'octroi et de défense fortifiées au cours du XVIIIe siècle.

 

Comme la plupart des autres portes de la ville, elle a été démantelée lors des grands réaménagements urbains du XIXe siècle.

 

L'axe Angers / Les Ponts-de-Cé : Les rapports militaires républicains de l'époque indiquent que l'artillerie y avait placé une pièce de canon braquée vers l'extérieur pour « battre l'ennemi dans le cas qu'il viendrait déboucher par le faubourg Saint-Michel » (le faubourg qui faisait face à Angers).

 

Le dispositif défensif : Cette porte protégeait le flanc nord-ouest de l'enceinte de la ville. Elle fonctionnait en binôme avec les batteries de la place de la Constitution.

 

Pendant que la place de la Constitution et la porte Saint-Aubin surveillaient l'arrivée des Vendéens par les ponts de la Loire (au sud), la Porte Neuve filtrait et protégeait les arrières de la ville en direction de la route d'Angers.

 

 

 

En 1793, la place du Ralliement ne se trouve pas aux Ponts-de-Cé, mais au cœur même de la ville voisine d'Angers.

 

Créée à peine deux ans plus tôt, en 1791, sur l'emplacement de trois églises démolies, elle tire précisément son nom des rassemblements des forces militaires, administratives et civiles (les gardes nationaux et les républicains s'y "ralliaient") au début de la Révolution française.

 

Le point névralgique républicain : En 1793, la place devient le centre du pouvoir révolutionnaire et militaire de la région. C'est là que les troupes républicaines s'organisent et se regroupent avant d'être envoyées au front, notamment pour aller défendre le verrou stratégique des Ponts-de-Cé situé à quelques kilomètres au sud.

 

L'installation de la guillotine : C'est sur cette même place du Ralliement qu'est dressée la guillotine à partir du 30 octobre 1793 sous la Terreur, faisant de cet espace le lieu central des exécutions politiques de l'Anjou jusqu'en octobre 1794.

 

 

La « rue de Châteaugontier » aux Ponts-de-Cé : Il s'agit de la désignation d'époque d'une portion de l'axe historique traversant le faubourg (l'actuelle rue Victor Hugo ou son prolongement immédiat).

 

L'Hôpital des Incurables : Cet établissement (fondé au début du XVIIIe siècle pour accueillir les malades graves et les infirmes) occupait à cette époque l'ancien couvent de la Visitation à Angers. Il se situait dans la paroisse Saint-Germain-en-Saint-Laud, non loin de la sortie sud de la ville

 

Le Grand-Mail : C'était à l'époque une immense promenade plantée d'arbres, située en dehors des remparts médiévaux (sur le tracé de l'actuelle avenue Jeanne d'Arc et du Jardin du Mail). Il servait à la fois de terrain de jeu (le jeu de mail), de lieu de promenade et d'espace pour les grands rassemblements politiques.

 

L’année 1793 marque un tournant tragique et décisif pour le Château des Ponts-de-Cé. Forteresse royale stratégique défendant l'accès sud d'Angers sur la Loire, le château perd définitivement sa vocation militaire après les affrontements de la Guerre de Vendée. C'est à partir du XIXe siècle que la physionomie du site change radicalement, passant d'une place forte isolée par les eaux à un cœur de ville intégré.

 

 

 

 

Voici l’histoire du comblement de ses douves et de la métamorphose urbaine de la commune :

 

 

Le XIXe siècle : Démilitarisation et comblement des douves

Au sortir des guerres napoléoniennes, l’utilité militaire du château est totalement obsolète. Le site commence à se dégrader.

 

 

  • Le comblement des fossés : Pour assainir la zone, faciliter la circulation et faire face au développement de la ville, les douves qui entouraient le donjon sont progressivement comblées. Le pont-levis est abattu et ses bases sont ensevelies. Seul le puissant éperon maçonné qui fendait autrefois les eaux témoigne encore de cette époque.

 

  • Le rachat par la commune (1862) : Après avoir été convoité par Victor Hugo en 1830, le château est classé aux Monuments Historiques en 1862. La municipalité en devient propriétaire. En 1891, la commune y installe la brigade de gendarmerie, qui occupera les lieux jusqu'en 1959.

 

 

 

Le développement de la ville autour du château

L’effacement des structures défensives du château a permis de libérer l'espace et d'unifier une commune historiquement fragmentée.

 

  • Unification des paroisses : À l'origine, le territoire des Ponts-de-Cé était divisé en trois paroisses distinctes (Saint-Aubin, Saint-Maurille, et Sorges). Le comblement des zones humides et des fossés a permis de lier physiquement ces quartiers autour de l'axe central du château.

 

  • L’essor industriel et horticole : Libérée de ses contraintes militaires, la ville profite de sa situation géographique unique (un archipel de ponts perpendiculaire à la Loire).

 

Dès la seconde moitié du XIXe siècle, la ville devient le principal fournisseur d’eau potable d'Angers (depuis 1854) et se transforme en véritable capitale de l'horticulture, profitant des terres fertiles du lit de la Loire.

 

  • La reconstruction d'après-guerre : Le centre-ville subit un terrible coup d'arrêt pendant la Seconde Guerre mondiale, où la commune est détruite à 65 % par les bombardements alliés visant les ponts.

 

Lors de la reconstruction, le tissu urbain est modernisé.

 

Le château perd ses derniers bâtiments annexes endommagés par les obus. Il ne reste aujourd'hui de la forteresse que le majestueux donjon du XVe siècle.

 

Le Château aujourd'hui

Aujourd'hui, les douves ont laissé place à des pelouses et des axes routiers (notamment la rue Charles-de-Gaulle) qui connectent directement le monument au reste de la ville.

 

Le donjon accueille depuis les années 1970 le Château-Musée des Coiffes et des Traditions, témoin de l'histoire populaire et textile de l'Anjou.

 

 

 

 

(1) Cette lettre, inédite, est tirée des archives du département.

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