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PHystorique- Les Portes du Temps
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1 novembre 2026

1587 fin novembre - L'escarmouche de Bonny-sur-Loire Gilbert du Puy du Fou vs Châtillon

Récit de la retraite de François de Coligny-Châtillon à travers le Forez en décembre 1587, après la défaite protestante de la Guerre des Trois Henri.

 

Contexte historique

  • Novembre 1587 : Le duc de Guise, chef de la Ligue catholique, écrase à Auneau les reîtres allemands venus aider les protestants.
  • Châtillon (fils de l'amiral de Coligny) se retrouve isolé. Il doit traverser la France hostile pour rejoindre le Vivarais protestant de Chambaud.
  • François de Mandelot, gouverneur royaliste de Lyon, tente de lui couper la route. Son attaque ratée sera surnommée la "bataille de Virecul" (Vire-cul = tourne-cul, fuite ridicule).

 

Gilbert du Puy du Fou, l'Aîné (vers 1563 - 1597) Seigneur du Puy-du-Fou, dauphin de Combronde, prince de Pescheseul

  • Fils de René Ier du Puy du Fou (mort en 1566) et de Catherine de La Rochefoucauld (morte en 1578).

Il hérite du château Renaissance que son aïeul François II du Puy du Fou (1496-1548) avait fait construire.

 

À cette date précise, il y a confusion car il y a deux frères qui portent le même prénom :

  1. Gilbert l'Aîné (1563-1597) - le seigneur du Puy-du-Fou lui-même
  2. Gilbert le Puîné (mort le 28 avril 1609 à Souvigné) - son frère, baron de Combronde, ligueur et gouverneur de Laval, surnommé à l'époque le colonel de Commeronde.

 

Paradoxe : l'aîné, le vrai seigneur du Puy du Fou, va ensuite changer de camp :

"Il sert dans les troupes de la Ligue. Lui aussi change de camp, dans l'autre sens, et rejoint les Huguenots de Henri IV au siège d'Amiens "

 

Chronologie  du château Renaissance du Puy du Fou:

  • 1527-1548 : François II du Puy du Fou (1496-1548) commence à raser l'ancien château fort de Guy II (celui de 1432) et lance le grand chantier Renaissance à l'italienne — brique et granit, style des bords de Loire.

C'est lui qui fait la base de ce que tu vois aujourd'hui.

 

  • 1548-1566 : Son fils René Ier du Puy du Fou continue. C'est lui qui fait édifier la grande galerie, le péristyle et le monumental escalier.

 

  • 1566-1578 : Sa veuve Catherine de La Rochefoucauld poursuit l'entreprise jusqu'à sa mort.

 

 

Gilbert  est seigneur en 1587, le château Renaissance est achevé depuis 10 ans.

 Il a eu à peine 20 ans pour en profiter avant les Guerres de Religion.

Et c'est là qu'intervient la phrase dans les archives :

"Incendié pendant ces guerres [de Religion], le Puy du Fou fut tant bien que mal, recouvert d'une économique toiture de tuiles romaines et les grandes arcades bouchées, la grande galerie servit de logement."

 

Il a donc été terminé vers 1578, habité une dizaine d'années par la famille, puis brûlé/saccagé par les protestants, puis rafistolé à l'économie.

 

Le premier incendie, par les protestants pendant les Guerres de Religion

"Mais vinrent les Guerres du Protestantisme, les Puy du Fou étaient catholiques et durent se réfugier dans un autre domaine. Incendié pendant ces guerres, le Puy du Fou fut tant bien que mal, recouvert d'une économique toiture de tuiles romaines"

 

Aucune date précise n'est donnée dans les archives.

 Les historiens le placent pendant la première vague des Guerres de Religion (1562-1570), généralement autour de 1568-1569, quand le Poitou est ravagé.

 

 

Une autre source anglaise mentionne aussi une destruction à l'artillerie en 1590 :

"The old castle was destroyed by cannon by the Fayençois in 1590 (Catholics against Protestants)."

 

 

 

C'est après cet incendie que le château est "rafistolé" — grandes arcades bouchées, galerie transformée en logement.

 

C'est ce château brûlé que Gilbert l'Aîné laisse en mourant en 1597.

 

 

 

 

En 1587, le côté gauche était tout neuf — c'est la pièce maîtresse du château de Gilbert.

 

Voici ce qu'il y avait exactement :

La grande galerie à arcades du côté gauche (nord)

"Entre 1566 et 1569, elle fit bâtir la galerie à arcades de granit, de 58 mètres de long qui borde le côté gauche de la cour."

  • Construite par Catherine de Laval, la veuve de François II, après la mort de René Ier.

 

  • Achevée en 1578 avec le reste du chantier :

"Le grand degré précédé de la magnifique loggia restaurée ces dernières années et la galerie à arcades bordant le côté gauche de la cour, étaient achevés en 1578."

 

À quoi elle servait :

"Le dessus de la loggia formant le balcon, permet d'accéder à l'étage de la grande galerie qui borde le côté gauche de la cour."

Donc au rez-de-chaussée : une loggia ouverte à arcades de granit pour se promener à l'abri, et à l'étage : une grande galerie de 58m qui faisait office de salle d'apparat / galerie de portraits, avec balcon sur la cour.

Et la chapelle et la belle salle à deux cheminées avec arc en granit étaient juste à côté, elles aussi finies en 1578.

 

Ce qui manquait en 1587

Le projet initial était symétrique, mais il n'a jamais été fini :

"Une autre galerie à arcades, semblable à celle de gauche devait border le côté droit de la cour, et vraisemblablement une autre loggia devait s'élever à l'angle droit, pour rejoindre celle de gauche.

"Mais vinrent les Guerres de Religion..." — le chantier s'arrête.

C'est pour ça qu'en 1587, il y a le côté gauche magnifique et ouvert, et un côté droit qui reste vide ou en chantier.

C'est pour ça que sur la photo de 1860 les arcades de gauche sont murées : après l'incendie des protestants, "les grandes arcades bouchées, la grande galerie servit de logement."

        

 

À l'automne 1587, durant la huitième guerre de Religion, une immense armée de près de 30 000 mercenaires protestants (les reîtres allemands) descend vers le Val de Loire pour faire jonction avec Henri de Navarre et les troupes commandées par François de Coligny d'Andelot (seigneur de Châtillon) tentent de faire leur jonction.

Le commandant ligueur poitevin, avec des troupes comprenant la garde du marquis de Vaudémont, talonne l'arrière-garde protestante.

Le duc de Guise, chef des ultras-catholiques, se donne pour mission de leur barrer la route et d'anticiper leurs mouvements

 

Bonny-sur-Loire joue alors le rôle de place d'armes et de verrou d'observation.

 Déjà fortifiée et dotée de remparts, la ville sert de point stratégique pour surveiller les mouvements de cette armée ennemie qui cherche à franchir ou longer la Loire.

Les petites fortifications de la ville et les ponts médiévaux sur la Cheuille sont réquisitionnés pour sécuriser les arrières de l'armée catholique

Les petits ponts comme le Pont de Pierre (Pont aux Sœurs) ainsi que le réseau de ponts secondaires sur la Cheuille (comme le Pont Lende ou le Pont Legende) constituaient des points de passage obligés et fortifiés pour accéder aux portes de la ville (comme la porte de Poiseaux ou la porte de Lyon). Ils servaient au contrôle des marchandises, au prélèvement des taxes et à la défense du bourg face aux incursions militaires

 

 

Le revers de Bony-sur-Loire : Le 29 novembre ou début décembre 1587, à Bony, la cavalerie protestante menée par les capitaines Montlouët (ou Montlouël) et Saint-Auban se retourne brusquement avec seulement une poignée de chevaux (les chroniques évoquent une quinzaine ou dix-sept cavaliers).

 Ils chargent les poursuivants ligueurs et les bousculent violemment, tuant une vingtaine de gentilshommes et forçant « Piedefou » à reculer.

 

 

 

Ce que raconte Saint-Auban

Au lendemain, Châtillon reprend la queue de l'armée (l'arrière-garde, la plus exposée). Montlouël doit faire la retraite et demande Saint-Auban avec lui. Ils restent à 20 chevaux.

À peine sortis du village, ils découvrent 120 chevaux albanois (des stratiotes balkaniques, mercenaires de la Ligue, avec manteaux sur le dos) qui les suivent sans attaquer. Pour les forcer à se découvrir, Saint-Auban fait semblant d'abandonner des lansquenets blessés. Les Albanois chargent, Montlouël et Saint-Auban contre-chargent et les reconnaissent.

Puis ils arrivent à la plaine de Bony (Bony-sur-Loire, le rendez-vous de l'armée protestante). Derrière les 120 Albanois, apparaissent deux gros de cavalerie de 300-400 chevaux chacun. Sur leur chemin, un bois leur permet de faire filer le bagage et les restes de lansquenets.

Montlouël prévient Châtillon de se tenir avec une bonne troupe à la sortie du bois et de prévenir Bouillon. Ils se mettent en bataille avec 20 chevaux au bord du bois, puis galopent pour rattraper la queue de Châtillon.

Les Albanois n'osent pas les attaquer et se retirent vite.

 

Et c'est là qu'intervient Piedefou :

"Et au lieu de ces Albanois M. de Piedefou se [présenta] après nous avec soixante gentils-hommes volontaires et soixante harquebusiers à cheval de la garde de M. de Vaudemont, avec lesquels nous vismes qu'il nous vouloit chatouiller de plus près"

  • Piedefou = le Puy du Fou — c'est Gilbert du Puy du Fou l'Aîné (1563-1597), le seigneur du Puy du Fou, qui commande ici 60 gentilshommes volontaires poitevins.

 

  • Il est flanqué de 60 harquebusiers à cheval de la garde de Vaudemont — Vaudemont = Charles de Lorraine, duc de Mercœur, chef de la Ligue en Bretagne, dont la garde personnelle accompagne Puy du Fou.

 

  • Les deux gros de cavalerie derrière sont Messieurs de Nemours et de Vaudemont — soit Charles-Emmanuel de Savoie, duc de Nemours et Charles de Lorraine-Vaudemont, les deux chefs ligueurs qui poursuivent les reîtres.

 

 

Saint-Auban supplie Châtillon de prévenir Bouillon (Henri de La Tour d'Auvergne, duc de Bouillon, chef des reîtres allemands) pour faire venir 2-3 compagnies de reîtres et écraser Nemours et Vaudemont.

 

Châtillon prévient Bouillon, puis vient à la queue. En attendant les reîtres :

"M. de Montlouël et moy, commandés par M. de Chastillon, avec dix-sept chevaux commençasmes la charge sur M. de Piedefou qui y perdit vingt gentils-hommes, et le jettasmes sur les bras et dans les troupes de mesdits sieurs de Nemours et de Vaudemont."

 

17 contre 120 — et Piedefou perd 20 gentilshommes. C'est une déroute pour lui.

Châtillon ne suit pas, car Bouillon le lui défend "avec d'aigres protestations contre lui s'il en arrivoit mal à l'armée". Châtillon s'arrête à 60 harquebusiers à cheval retranchés dans un taillis qu'on ne peut forcer, qui tuent plusieurs protestants et capturent le capitaine Saurin de Conisson.

 

La conséquence directe —premier extrait :

"Cette charge que nous fismes à M. de Piedefou fut cause que nous demeurasmes cinq ou six jours sans estre tant importunez ; de fait qu'avions jà gagné force pays avec nostre armée, avec laquelle nous fusmes jusques à cinq ou six lieues de Roanne, à une abbaye nommée Marcigny-les-Nonains..."

Grâce à la défaite de Piedefou, les protestants gagnent 5-6 jours, arrivent à Marcigny-les-Nonains, là où Bouillon capitule et rend ses drapeaux au roi, puis commence la traversée du Forez que tu avais déjà avec le tocsin, Feurs, Duerne, Riverie.

 

 

En résumé : Piedefou en 1587, c'est le commandant ligueur poitevin qui harcèle l'arrière-garde de Châtillon avec la garde de Vaudemont, et qui se fait étriller par 17 chevaux à Bony-sur-Loire.

 

 

 

==> Le 21 janvier 1794, la colonne infernale de Boucret part de Cholet, passe par le Temple et Châtillon pour aller sur les Epesses.

 

 

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