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PHystorique- Les Portes du Temps
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19 octobre 2026

Guerre de Vendée : le 30 août 1793 à Fontenay-le-Peuple quand Westermann jetait Rossignol au cachot.

Ce document retranscrit le compte rendu houleux d'une séance de la Société des Amis de la Liberté et de l'Égalité (le Club des Jacobins) tenue au début du mois de septembre 1793.

 

Il expose l'un des affrontements politiques et militaires les plus vifs de la guerre de Vendée : l'affaire de la destitution et de la réhabilitation du général sans-culotte Jean-Antoine Rossignol.

 

 

Bourdon de l’Oise que la société avait invité à venir s’expliquer sur l’inculpation qui lui avait été faite d’avoir arbitrairement et sans cause légitime fait arrêter le général Rossignol, vient donner les explications sur sa conduite.

 

 Voici en quoi elles consistent :

 

« Westermann avait injustement plongé Rossignol dans un cachot ; lui Bourdon l'en tira et dit à celui-ci qui s’en plaignait ; je n'ignore point que Westermann est coupable de quelques délits ; son vol de quelques couverts d’argent est reconnu; mais tirons le rideau sur ces faits quoique graves ; on le dit en état de servir la république, il a déjà eu quelques succès ; voyons jusqu’au bout s’il justifiera notre indulgence.

 

Quant à Rossignol, dit-il, les bases de l’arrêté que nous crûmes nécessaires, Goupilleau et moi, détendre contre Rossignol, sont déposées au comité de salut public, le reste ne peut pas être public. Je demande qu’on examine toutes les pièces, mais que ce soit dans un comité.»

 

Robespierre rend justice au patriotisme de Bourdon de l’Oise et jusqu’à la faute qu’il a commise, en arrêtant Rossignol, car il croit que c’en est une.

 

Il veut qu’il s’explique sur les causes et les raisons de cette conduite que tout le monde réprouve. Bourdon dit qu’il dira tout puisq’on l'y force. (Applaudi, invité).

 

Robespierre maintient que Rossignol a été la victime d’une cabale dans la Vendée.

 

C’est à cela qu’il attribue le peu de succès de la guerre dans ce pays, Deux espèces d'hommes voulaient que les évènemens fussent tels que ceux qui avaient des biens dans la Vendée, et qui voulaient ménager leurs propriétés, et ceux qui ne voulaient pas voir à la tête des armées de la république, de vrais républicains qui l'eussent fait finir de suite ceux qui s’en faisaient un revenu, il fait l’historique des hommes qu’ou leur substitue, qui d’après cela doivent être regardes comme des hommes les plus capables de servir les projets des aristocrates.

 

A l’article de Beysser, il avertit que c’est Julien de Toulouse qui le fit renvoyer à son poste et Julien de Toulouse vient d’être nommé de nouveau au comité de sûreté générale. Un membre de ce même comité dit que Tunk avait bien fait de quitter l’armée qu’il commandait puisqu’il était ; malade dans ce moment Tunk était dans 1’antichambre du comité.

 

Les pièces demandées à Goupilleau, qui d’abord réclame du comité un rapport qui lui fut favorable, étaient toujours refusées par lui, tantôt parce qu’elles n'étaient pas copiées, tantôt parce qu’il se désistait de sa dénonciation. Bourdon dit qu’il ne se désisté pas.

 

Robespierre termine par demander que Bourdon soit entendu. Bourdon déclare qu'il va découvrir la vérité toute entière.

 

 Il commence par établir que cette armée de la Vendée dont on a fait tant de récit, n’était autre chose qu’un ramas de cochons, de gens qui n’avaient pas figure humaine, et de gens de loi; les victoires prétendus Rossignol, ne sont donc pas si fameuses qu’on se l’imagine.

 

Il cite un fait plus grave. On devait marcher sur trois, points à la fois, on envelloppait tous les rebelles, et l’on finissait la guerre dans le moment.

 

Rossignol, au lieu de donner l’ordre à sa division de marcher sur Fontenay, donna des ordres contraires et fit manquer l’opération.

 

Ce fait est repoussé par beaucoup de gens. Bourdon dit qu’il en. a les preuves par écrit et qu’il les apportera ; il les avait, disait-t-il, communiquées au comité de salut public; il interpelle Robespierre, s’il est l’ami de la vérité, de la déclarer en ce moment.

 

Un grand bruit éclate. Bourdon quitte la tribune. Robespierre se lève pour répondre.

 

Hébert ne veut point que Robespierre réponde à une interpellation insidieuse.

 

Il déclare que Bourdon sera toujours pour lui un calomniateur, tant qu’il n’aura pas prouvé ce qu’il vient d’avancer contre le général Rossignol.

 

Au surplus, il le taxe de lâcheté pour avoir quitté la tribune et laissé là sa justification pour des murmures. Bourdon vient sur Hébert, et lui dit que jamais personne ne lui a tenu un pareil langage ; Hébert répond qu’il le tient, lui. Une scène assez orageuse à lieu à la tribune.

 

Beaucoup de membres, qui croyent que Bourdon provoque Héberd, accourent , et veulent le faite descendre; il résiste ; cela dure assez long_tems. Enfin le tumulte cesse. Bourdon parle encore, ajoute quelques faits, offre d’apporter des preuves écrites ; et dit, au sujet des brûlemens qu’on l’accuse de n’avoir pas exécuté:

 

Que voulait-on de nous ? et n’avons nous pas assez fait pour éviter ce reproche; nous avons brûlé sept châteaux, trois villages, douze moulins; et peut-être serait-on fâché qu’on n’ait pas brûlé la maison d’un patriote qui servait dans l’armée.

 

On l’interrompt; il se jette sur les qualités de Rossignol, on le hue ; il quitte la tribune, Robespierre établit que Bourdon et Goupilleau doivent être solidaires l’un pour l'autre, puisque tous deux ont signé les dénonciations contre le général Rossignol, et sur - tout l’adresse de sa suspension.

 

Il s’étonne que des hommes, qui ont dénoncé un général sur des faits si graves, des inculpations si légères, ayent pu oublier les faits si essentiels dont je parle maintenant, Bourdon, et qu'on entend pour la première fois, quoiqu'il soient si graves.

 

Il ignore au surplus d’où viendront les pièces dont on parle, si c’est des dénonciateurs eux - mêmes, de quelques municipalités aristocratiques, ou même des émigrés.

 

Cette conduite tortueuse après avoir provoqué quelques sarcasmes , de Robespierre, le ramène à des observations qui sont plus sérieuses, et non moins amères.

 

A tant d’astuce, il met en opposition la franchise de Rossignol, son républicanisme ardent, et son amour sincère pour l'exécution des loix. ( Applaudi. )

 

Le général Sandoz vient donner quelques éclaircissemens sur la guerre de la Vendée, et se justifier en même-tems de l’inculpation qu’en avait dirigée sur son compte.

 

 La société, satisfaite de sa conduite, applaudit à sa narration.

 

Un citoyen vient démentir le reproche qu’à fait Bourdon à Rossignol, de s’être refusé à l’ordre de marcher sur Fontenay, puisque Rossignol n’est arriva- à Niort que le 20.

 

 

« nous avons brûlé sept châteaux, trois villages, douze moulins »

Les châteaux visés dans le secteur de Luçon et Fontenay

Dans le secteur balayé par les colonnes de Tunk et de Beysser sous la supervision directe de Bourdon et Goupilleau (notamment après la victoire républicaine de la bataille de Luçon du 14 août 1793), plusieurs demeures seigneuriales et châteaux de chefs vendéens furent incendiés ou méthodiquement pillés et dévastés :

 

  1. Le château de Landebaudière (à La Gaubretière) : propriété de la famille de Lescure / Charette.
  2. Le château de la Durbelière (à Saint-Aubin-de-Baubigné) : domaine de Henri de La Rochejaquelein (visé et incendié à plusieurs reprises dès l'été 1793).
  3. Le château de la Brossardière (près de La Caillère / Saint-Hilaire-du-Bois).
  4. Le château de la Grève (à Saint-Martin-Lars-en-Sainte-Hermine).
  5. Le château de la Beufvière et autres manoirs de la bordure du Mervent et de la plaine de Luçon appartenant à des nobles émigrés ou insurgés (comme les terres de Royrand ou de Baudry d'Asson).

 

 

Les villages et bourgs incendiés

Les villages mentionnés correspondent aux bourgs traversés par les colonnes républicaines aux abords de la forêt de Mervent et du bocage sud, nettoyés après les combats d'août 1793 :

  • Des bourgades comme Chantonnay, Sainte-Hermine ou des hameaux aux abords de La Jaudonnière et de Mervent ont vu leurs maisons de « rebelles » ou de prêtres réfractaires brûlées sur ordre des représentants.

 

Les 12 moulins

Dans la guerre de Vendée, les moulins à vent (très nombreux sur les hauteurs du bocage et de la plaine, comme sur les collines de Moulin-Maligne ou autour de Luçon et Chantonnay) étaient des cibles stratégiques majeures pour deux raisons :

  1. L'approvisionnement : Ils permettaient de moudre le grain pour nourrir les armées vendéennes.

 

  1. Le signalement : Les Vendéens utilisaient les pales des moulins à vent pour communiquer entre eux d'une colline à l'autre et signaler la position des colonnes républicaines. Leur destruction systématique était donc systématiquement ordonnée dès qu'une position était prise.

 

 

Sous la réaction thermidorienne (août 1794) : Après la chute de Robespierre (9-Thermidor), Rossignol est de nouveau arrêté et emprisonné (notamment à Paris) en tant qu'ancien général jacobin, avant d'être libéré plus d'un an plus tard, en octobre 1795, à la faveur d'une amnistie générale.

 

 

 

L'Hôtel de la Sénéchaussée (officiellement connu sous le nom d'Hôtel Gobin) est situé au 2-6 rue du Château Féodal à Fontenay-le-Comte, à quelques pas du secteur historique incluant la rue Goupilleau et la célèbre fontaine des Quatre-Tias.

 

 

Jean-Antoine Rossignol (1759–1802) est l'une des figures les plus emblématiques et controversées des généraux de la Révolution française, particulièrement indissociable de la guerre de Vendée.

 

Issue du milieu ouvrier parisien, sa trajectoire illustre la politisation extrême du commandement militaire sous la Terreur et le rôle clé de la faction des Cordeliers/sans-culottes.

Des faubourgs de Paris aux armées de la République

  • Un militant sans-culotte : Compagnon orfèvre parisien né dans le faubourg Saint-Antoine, il s'engage très tôt dans les mouvements révolutionnaires. Il prend une part active à la prise de la Bastille le 14 juillet 1789, puis aux journées du 10 août 1792.

 

  • Ascension militaire rapide : Engagé dans les bataillons de volontaires parisiens, il monte rapidement en grade grâce au soutien du club des Cordeliers, du ministre de la Guerre Jean-Nicolas Pache et de grands leaders sans-culottes comme Hébert et Santerre.

 

Le commandement en Vendée (1793)

En juillet 1793, Rossignol est nommé général en chef de l'armée des côtes de La Rochelle, succédant à Biron. Sa nomination crée une fracture profonde au sein de la République entre généraux de métier et politisés :

 

  • Un général politique : Très populaire auprès de la troupe républicaine parisienne pour sa proximité idéologique sans-culotte, il manque en revanche d'expérience tactique et de maîtrise de la stratégie militaire.

 

  • Insubordination et rivalités : Son commandement est marqué par de violentes rivalités professionnelles avec des officiers chevronnés ou plus modérés, notamment le général Canclaux (à Nantes) et le général Kléber (de l'armée de Mayence).

 

  • L'offensive de septembre 1793 : C'est sous son haut commandement stratégique qu'est lancée la vaste attaque en tenaille menée depuis Saumur, Doué, Thouars et Nantes au milieu du mois de septembre 1793 (englobant les combats de Doué, Martigné-Briand, puis les défaites républicaines de Coron et Torfou).

 

  • Soutien de la Convention : Destitué un temps pour incompétence à l'initiative des représentants en mission modérés, il est immédiatement réintégré grâce au soutien passionné de Robespierre et de la faction hébertiste à la Convention, qui le qualifient de « véritable général sans-culotte ».

 

 

Déclin et fin de vie

  • Mise en retrait : Après les échecs stratégiques répétés à l'automne 1793 et la réorganisation des armées dans l'Ouest (création de l'armée de l'Ouest), Rossignol est progressivement écarté des commandements de premier plan au profit de généraux plus aguerris comme Marceau et Kléber.

 

  • L'après-Thermidor : Après la chute de Robespierre et l'exécution des Hébertistes (1794), il est poursuivi pour son passé jacobin et compromis dans la conjuration des Égaux de Gracchus Babeuf sous le Directoire.

 

  • Exil et mort : En 1801, à la suite de l'attentat de la rue Saint-Nicaise contre le Premier Consul Napoléon Bonaparte (bien que cet attentat ait été perpétré par des royalistes), Rossignol figure sur la liste des jacobins proscrits.

 

Déporté aux Comores, il y meurt en détention en 1802.

 

 

Carte Guerre de Vendée et Lieux de Mémoire (Maps et Dates) <==

La fontaine des Quatre Tias (la fontaine des beaux esprits) de Fontenay-le-Comte, foyer de vie intellectuelle de la Renaissance <==

JUSTICE DE POITOU. L'ancienne sénéchaussée de Poitou <==

Histoire de Fontenay le Comte : Les Mauléon, Geoffroy la Grand'dent de Lusignan – Mélusine et l’Hôtel Gobin (de la Sénéchaussée) <==

 

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