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PHystorique- Les Portes du Temps
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17 octobre 2026

1468 — Le chemin des Bretons : 3 000 hommes devant le château d’Apremont, les campagnes du Bas-Poitou ravagées jusqu’à Saint-Gilles-sur-Vie

La guerre contre les Bretons en 1468 dans le Bas-Poitou s'inscrit dans un conflit beaucoup plus vaste appelé la Guerre de Bretagne (ou les révoltes de la Ligue du Bien public).

 

Elle oppose le roi de France Louis XI au duc de Bretagne François II, ce dernier s'étant allié aux ducs de Bourgogne et au roi d'Angleterre pour freiner l'unification du royaume par la Couronne.

 

Le Bas-Poitou, par sa position géographique frontalière (les « Marches de Bretagne »), s'est retrouvé en première ligne de cette guerre d'usure.

 

Le ban est la convocation qui se fait à cri public par ordre du souverain, en vertu de quoi tous les nobles d'une province qui tiennent des fiefs du roi, sont mandés pour aller servir dans ses armées.

 

L'arrière-ban est la convocation des vassaux, des seigneurs, gentilshommes et autres à qui il est ordonné d'aller servir le roi dans ses armées, conjointement avec leurs seigneurs, et sous leur bannière, quand ils étaient bannerets.

 

Tous les gens tenant fiefs étaient donc obligés au service militaire : quels étaient alors les autres sujets du roi et de l'état? des serfs et des personnes libres sans fiefs. Les serfs marchaient aux ordres de leurs seigneurs, les personnes libres marchaient aux ordres du roi, ou se rédimaient du service militaire pour une certaine somme, en denrées ou en argent.

 

Cette façon de se rédimer s'établit insensiblement en usage, et le souverain dut la préférer, parce qu'elle lui laissait le choix parmi ceux de ses sujets qui étaient les plus propres au service.

 

 

Le chiffre de 3 000 hommes est celui que donnent les traditions historiques locales et les guides consacrés à Apremont.

 

Le « chemin des Bretons », encore signalé aujourd'hui, rappelle d'ailleurs l'itinéraire associé au départ des assaillants vers Saint-Gilles après le siège.

 

Face à eux, Apremont bénéficie de sa situation extrêmement favorable : la forteresse est placée sur un promontoire rocheux, avec la Vie en contrebas.

 

Le relief constituait déjà une défense naturelle considérable.

 

 

L'attaque de Saint-Gilles et Apremont :

La seigneurie d'Apremont était alors aux mains de Renaud Chabot, seigneur de Jarnac, d'Apremont et de plusieurs terres poitevines.

 

Renaud Chabot (v. 1410 - 1476) est la figure historique qui a fait entrer les terres d'Apremont dans le patrimoine de la famille de Chabot, initiant la lignée qui transformera plus tard la forteresse médiévale en joyau de la Renaissance.

 

L'acquisition de la seigneurie d'Apremont (1437)

Second fils de Louis Ier Chabot et de Marie de Craon, Renaud Chabot reçoit initialement la seigneurie de Jarnac en partage.

 

C'est en 1437 qu'il prend possession d'Apremont en épousant en secondes noces Isabeau de Rochechouart, héritière directe de la seigneurie d'Apremont et de Brion.

 

 Par cette union, il cumule les titres de seigneur de Jarnac, d'Apremont, de Clervaux, et de plusieurs autres domaines stratégiques.

 

Un chef militaire fidèle au Roi de France

Au-delà de ses terres vendéennes et charentaises, Renaud Chabot est un homme d'action du XVe siècle :

 

Un chevalier de confiance : Écuyer, conseiller et chambellan du roi, il reste indéfectiblement fidèle à la couronne française face aux Anglais à la fin de la guerre de Cent Ans.

En 1453, le roi Charles VII lui confie le commandement d'un corps de troupe pour repousser les ennemis en Saintonge.

 

L'achat définitif du château de Jarnac (1441) : Bien qu'il en soit le seigneur, le château fort de Jarnac appartenait féodalement au duc d'Orléans.

 

En 1441, pour aider le duc Charles d'Orléans à payer sa lourde rançon (à la suite de sa captivité après la bataille d'Azincourt), Renaud lui achète définitivement la forteresse pour 1 500 écus d'or.

 

Sa succession

À sa mort en 1476, ses biens sont gérés par ses fils. C'est son fils aîné, Louis Chabot, qui hérite en titre d'Apremont et qui subit de plein fouet l'attaque des 3 000 Bretons en 1468 alors que son père est encore vivant mais probablement retiré des affaires militaires majeures.

 

Après la mort de Louis sans descendance, c'est son autre fils, Jacques Ier Chabot, qui reprendra le flambeau.

 

 

 

 

Renaud Chabot finit par libérer les prisonniers

Le siège ne se termine pas par la prise d'Apremont.

 

Les assiégeants obtiennent finalement ce qu'ils étaient venus chercher : les prisonniers sont libérés. En échange, les Bretons s'engagent à ne pas porter atteinte au seigneur ni à ses terres.

 

C'est un point très intéressant : le siège est donc essentiellement une opération de contrainte destinée à obtenir une libération, et non une bataille destinée à s'emparer de la forteresse.

Une fois les prisonniers remis en liberté, les Bretons lèvent le siège.

 

Mais le départ tourne au pillage

C'est ensuite que l'épisode devient particulièrement violent.

 

Malgré l'engagement pris, les troupes bretonnes ravagent les campagnes autour d'Apremont.

 

La source historique locale affirme qu'elles mettent le pays environnant « à feu et à sang », avant de poursuivre leur marche en direction du littoral.

 

Elles atteignent Saint-Gilles-sur-Vie, qui est alors également pillé.

 

Au cours de cette chevauchée, ils font plus de deux cents prisonniers parmi la population rurale des campagnes environnantes afin d'exiger des rançons.

 

 

C'est au nom de Jean de Rochechouart, seigneur d'A­prernont, que le titre de seigneur de Saint-Gilles paraît pour la première fois en 1433.

 

Son père, Louis Ier, vi­comte de Rochechouart, était devenu baron d'Apremont par son second mariage avec Isabelle de Parthenay, dame d'Apremont et héritière de cette baronnie (Histoire de la maison de Rochechouart, par le général comte de Rochechouart. Paris 1859. 2 vol. in-4°).

 

Cette histoire mentionne Jacques (et non Jean) de Rochechouart, baron d'Apremont, en 1437, portant écartelé de Rochechouart et de Parthenay.

 

 - Les papiers de la fabrique de l'église de Saint-Gilles, 1433, 1438, 1446 et plusieurs chartes de Dom Fonteneau, donnent Jean de Rochechouart.

 

 

 

Jean de Rochechouart épousa Marguerite de Montfaucon, dame de Gilardon, et laissa une fille, Isabeau de Rochechouart, qui, par mariage, porta Apremont à Renaud Chabot, seigneur de Jarnac, puis d'Apremont et de Saint-Gilles-sur-Vie (Papiers de la fabrique 1453-1464).

 

 

Renaud Chabot eut à souffrir des querelles de Louis XI avec ses grands vassaux.

 

La ligue du bien public se relevait ; le duc de Bretagne reprit les armes au commencement de l'année 1468.

 

Trois mille Bretons assiégèrent Apremont, où le baron Chabot avait enfermé des prisonniers qu'il leur avait faits.

 

 « Et quand les Bretons furent devant la dite place, dirent au sieur de Jarnac que s'il voulait rendre les prinsonniers qu'ils ne feraient nul mal à sa terre ne luy Et incontinent que Mgr de Jarnac eut rendu les dicts prinsonniers, coururent sa  terre et prinrent Sainct-Gilles-sur-Vie, et ont pris ainsi qu'on dict, bien deux cents hommes de villaiges et ont pillé le dict bourg de Saint-Gilles-sur-vie (Lettres de Louis de Belleville, seigneur de Montaigu à Louis XI. 7 janvier 1468).

 

 

Le 10 septembre suivant, Louis XI signa avec François II le traité d'Ancenis qui mit fin à ces hostilités.

 

 

Renaud Chabot mourut en1476, vraisemblablement après sa femme, Isabeau, qui fit son testament le 23 aout 1473 et fut enterrée auprès de ses père et mère, en l'église de Saint-Martin d'Apremont (Notice historique sur la maison de Chabot. Paris, 1834, ln-8°.)

 

 

 

 

 

 Château de Jarnac, Ses Barons et ses Comtes. <==

Démantèlement du château de Jarnac Rohan-Chabot <==

==> Avril 1622 Louis XIII à Challans et au château d’Apremont- Décès d’Arnaud gouverneur du fort Louis de La Rochelle à Fontenay

 

 

 

 

Louis Chabot, chevalier, hérita de la seigneurie de Jarnac et succéda à sa mère, Isabelle de Rochechouart, dans celles d'Apremont et de Brion.

Le roi Louis XI, considérant les mérites du même Louis Chabot, l'honora aussi de l'office de conseiller et de chambellan de sa majesté, par lettre du sixième jour d'avril l'an 1464.

 

Il assista, en 1468, aux états-généraux tenus à Tours, sous le titre de seigneur de la Grève, et commanda le ban et l'arrière-ban de la noblesse de Poitou es années 1472 et 1475.

 

En 1468, Louis Chabot, seigneur de Jarnac, d'Aspremont et de Brion, prit part dans l'armée que Louis XI avait envoyée contre le duc de Bretagne, emmener avec lui neuf hommes d'armes et 41 archers (D. Lobineau, Preuves, II, 1303.)

Il avait fait son testament à Charroux, le cinquième jour de mai l'an 1453.

 

Durant l'année 1474, il était capitaine du ban et arrière-ban des nobles du Poitou.

Il avait épousé, au mois d'avril 1466, Jeanne de Montbron, veuve de Martin Henriquez de Castille et fille de François, vicomte d'Aunay, et de Jeanne de Vendôme ; il n'en eut point d'enfants.

Louis de Chabot, seigneur de Jarnac, d’Apremont et de Brion, est mort entre le 6 juillet 1479 et mourut avant le 25 août 1481.

 Certains registres généalogiques simplifiés situent parfois son décès de façon plus globale autour de 1491.

 

 Les habitants de Jarnac, ayant à se plaindre des vexations de Louis Chabot, et le comte d'Angoulême, qui se prétendait seigneur du château et de la cinquième partie de la seigneurie de Jarnac, lui intentèrent un procès au Parlement.

Après la réduction des duchés de Guyenne et des pays occupés par les Anglais, les trois états de Saintonge, d'Angoumois et de Poitou, pour repeupler le pays et cultiver les terres demeurées en friche par suite des guerres, avaient fait appel aux laboureurs de bonne volonté et leur avaient concédé les terres abandonnées, à condition de les remettre en culture et de payer aux seigneurs, pour toute redevance, le neuvième de leur récolte, ou le dixième, suivant les lieux.

Beaucoup de seigneurs ne respectèrent cet engagement que pendant les premières années ; dès que les terres furent en plein rapport, ils voulurent les reprendre ou exigèrent des impôts excessifs.

C'était le cas du sr de Jarnac. On lui reprochait aussi de contraindre ses sujets à des corvées inaccoutumées, et en particulier à des prestations pour la clôture de la ville. (Arch. nat., X2* 41, plaidoiries du 4 mars 1477 n. s.)

Les contestations avec le comte d'Angoulême au sujet de la seigneurie de Jarnac avaient d'ailleurs pris naissance du vivant de Renaud Chabot, et elles continuèrent sous les successeurs de Louis.

Plus de cent pièces diverses relatives à ce long procès se trouvent dans les papiers de l'ancienne Chambre des comptes d'Angoulême. (Arch. nat., P. 1406, 1 et 2, nos 609 et suiv.)

François de Montbron, vicomte d'Aunay, avait promis de payer à Louis Chabot, pour la dot de sa femme, une rente annuelle de 400 livres, et par acte notarié passé le 24 novembre 1472, à Saint-Jean-d'Angély, il la lui avait assignée sur les fruits et revenus de la terre et seigneurie de Matha, dont il lui céda en même temps les droits de justice moyenne et basse, avec faculté d'y instituer les juges.

Le vicomte d'Aunay s'y réservait le moulin des fossés, le droit de guet et garde, le ressort et la souveraineté, le droit de haute justice et un clos de vigne appelé Painsoury, y compris la faculté d'exercer par réméré le retrait de ce qu'il aliénait de ladite terre. En échange, sa fille et son gendre déclaraient se désister de tous les droits qu'ils pouvaient prétendre sur les terres et seigneuries de Cozes, Saujon, Gresac et Corme Ecluse. (Arch. dép. de la Charente-Inférieure, E. 251, chartrier de Matha.)

L'exécution de ce contrat ne tarda pas à soulever des difficultés, et le sr de Jarnac ne put se faire payer les arrérages de la rente. Le Parlement, saisi de la contestation, donna gain de cause au sr de Jarnac.

Le sergent royal chargé de l'exécution de l'arrêt fut emprisonné par Eustache de Montbron, fils du vicomte d'Aunay, qui se livra en outre à des violences sur divers officiers et serviteurs de Louis Chabot.

La cour décerna contre lui un mandat de prise de corps et, comme on ne put le saisir, le fit ajourner personnellement, sous peine de bannissement et de confiscation, le 17 janvier 1475 n. s. (X2a 40, fol. 219 v°.)

L'affaire, comme toujours, traîna en longueur ; les plaidoiries n'eurent lieu que les 31 janvier et 4 février 1480 n. s. (X2a 44, à ces dates et au 17 avril 1480.)

Louis Chabot vivait encore et Eustache de Montbron avait succédé à son père et était qualifié vicomte d'Aunay.

Le 31 janvier 1482 n. s., on retrouve Jeanne de Montbron, alors veuve du sr de Jarnac et remariée à Louis Larchevêque, seigneur de Mouchamp (elle l'avait épousé par contrat du 25 août 1481 (Arch. de la Charente-Inférieure, E. 251), requérant le Parlement de lui accorder le bénéfice d'un défaut contre son frère, Eustache, vicomte d'Aunay. (X2a 46.)

On peut citer encore un arrêt de procédure du 11 mars 1477 n. s. entre Louis Chabot, sr de Jarnac, Antoine Chabot, chevalier de Rhodes, François Chabot, abbé de Châtre, Jacques et Robert Chabot, écuyers, enfants de feu Renaud Chabot et d'Isabelle de Rochechouart, d'une part, et Christophe de La Tour-Landry, seigneur de Clairvaux en Poitou, et Jean Tibert, fils et héritier de feu Jean Tibert, dit Fausselion.

 Les Chabot sont dits appelants de Guillaume Leduc et Jean Chambellan, conseillers au Parlement ; le procès qui y est déclaré en état d'être jugé paraît se rapporter à l'exécution de l'arrêt du 14 août 1475, dont il est question dans la note, p. 478 ci-après, réglant la réparation civile due au sr de La Tour-Landry pour le meurtre de Gilles de Quatrebarbe. (X2a41, à la date du 11 mars 1477 n. s.)

 

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