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PHystorique- Les Portes du Temps
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15 octobre 2026

Défense du Château de la Roche sur Yon : 1246 le chevalier Pierre de Voisins pour Alphonse de Poitiers / Inventaire de l’armement en 1628.

Pierre de Voisins chevalier, haut magistrat et administrateur (sénéchal) du château de la Roche sur Yon pour Alphonse de Poitiers avec sept archers à cheval et trois archers à pied et six servants pour les archers.

 

L'année 1246 est une date clé pour le château et la seigneurie de La Roche-sur-Yon

 

La soumission au comte de Poitiers : En novembre 1246, Maurice de Belleville et son épouse Jeanne (dame de Luçon et de La Roche-sur-Yon) remettent officiellement pour une durée de six ans le château de La Roche-sur-Yon à Alphonse de Poitiers

 

D’après un Compte de 1246, sous le gouvernement d’Alphonse, la garnison était composée alors comme il suit : sept archers à cheval, commandés par Pierre de Vicinis, trois archers à pied et six servants pour les archers.

 

Quelques hommes d’armes étaient nécessaires également pour la garde du château. Le gouverneur s’appelait Alphonse Martin.

 

Pierre de Vicinis est la forme latinisée de Pierre de Voisins (ou Pierre II de Voisins), un chevalier, haut magistrat et administrateur du XIIIe siècle.

 

Il a mis ses compétences juridiques et militaires au service de la Couronne et d'Alphonse de Poitiers (frère du roi Saint Louis), exerçant notamment les fonctions de sénéchal dans plusieurs régions.

 

Le rôle de Pierre de Voisins : Cet acte de transfert et les enquêtes de terrain associées ont été encadrés et consignés dans les Layettes du Trésor des chartes par les officiers et sénéchaux d'Alphonse de Poitiers, au premier rang desquels figure Pierre de Voisins (Petrus de Vicinis) en tant que témoin ou exécuteur de l'autorité comtale.

 

Sénéchal de Toulouse jusqu'au 14 février 1254

Pierre II Voisins « de Vicinis »(1263-1264), seigneur de « Limosii »(1), sénéchal de Toulouse et de l'Albigeois pour Alphonse de Poitiers, d'octobre 1251 jusqu'au 14 février 1254 (2), fut remplacé par Hugues D'ARCIS qui quittait le comte Charles pour venir servir son frère Alphonse ; devint lui-même sénéchal de Provence vers la fin de 1263 ; le fut de nouveau en 1268 ; père sans doute d'Hugues de VOISINS, sénéchal en 1294.

 

D'origine française, son nom doit provenir soit de la seigneurie bourbonnaise de Les Voisins (3), soit plutôt de celle de « Voisins, seigneurie du Parisis (Seine-et-Oise) qui a donné son nom à une ancienne maison établie au XIIIe siècle en Languedoc.

 

Cette maison a produit les seigneurs d'Ambres et de Lautrec et se fondit dans la maison de Gelas. » (4)

 

25 décembre 1263 au 25 décembre 1264. « Comptes des baillis de Provence,... en présence de messire P. de Voisins, alors sénéchal. »

 «Computus bajulorum Provincie,... domino P. de Vicinis, existente senescallo. »

 

— 1264, fait à Aix-en-Provence, en présence des témoins... Pierre de Voisins, seigneur de Limoise et sénéchal de Provence et de Forcalquier. »

1264, Actum Aquis, testibus... Petro de Vicinis, domino Limosii et senescallo Pro vincie et Forcalquerii. » (Liasses B. 364, 365).

 

— 29 novembre, Tarascon. « Témoins... messire Pierre de Voisins, sénéchal... » (B. 143, Registre des délibérations, folio 4 v°) « Testes... dnus Petrus de Vicinis, senescallus...» (B. 143, Pedis, fo 4 v°)

 

 

 

(Décision de justice / Restitution) Au noble homme, etc., comme ci-dessus.

[La requête de G. de Aliniano]
G. de Aliniano, fils de Brasillac Faure, demandait que lui soient restitués dix-sept setiers d'orge et sept sols melgoriens moins deux deniers, engagés [en garantie] par Pons de Mirabel et sa mère Geralda — grand-mère dudit G. — pour une valeur de mille sols, au bénéfice du père de ce dernier [G.], à titre de dot pour Françoise, mère dudit G.

 

 Il possédait ces droits sur des jardins et des terrains situés sur le terroir de Limoux (Limosum) et depuis la voie du Champ-de-la-Milice jusqu’à la Polaria, biens que détient [actuellement] P. de Voisins.

 

[La requête concernant le père défunt]
Brasillac Faure, père dudit G. aujourd’hui défunt, demandait également que lui soit restituée la huitième partie des fruits et de la seigneurie que son propre père possédait sur des vignes situées sur le terroir de Brassillac, ainsi que la seigneurie de deux champs sur le terroir de Brassillac ; seigneurie que détient actuellement le Roi (ou un autre pour lui), et seigneurie et parts dont ledit père avait été indûment spolié en raison de l'hérésie de ceux qui détenaient ces possessions.

 

[Le jugement]
Nous, après avoir examiné et pleinement compris les requêtes susdites, avons décrété, conformément aux conclusions de notre enquête, que ledit G. doit être rétabli dans ses droits :

 

  1. En ce qui concerne la dot maternelle réclamée et exprimée ci-dessus,
  2. Ainsi que pour les revenus ou émoluments que son père avait coutume de percevoir de la part de P. Isarn de Ferrand pour certaines terres que ce même P. Isarn tenait dudit Brasillac — terres occupées (saisies), comme il est dit, en raison de l'hérésie du cultivateur (coloni) —, si toutefois le Roi les détient [encore].

 

 

C'est pourquoi, etc. Quant aux autres biens que le Roi n'est pas réputé détenir, nous le renvoyons devant le possesseur [actuel des biens], en ordonnant qu'une justice prompte lui soit rendue ; à la condition toutefois que si vous découvrez que certains des biens mentionnés ci-dessus ont été attribués à un tiers lors des assises, etc.

 

 

« Nobili viro, &c., ut supra. G. de Aliniano, filius Brasillaci Faure, petebat sibi restitui decem & octo sextarios ordei & septem solidos Malgorienses, minus duobus denariis, quos obligavit Pontius de Mirabelo & Geralda mater ejus avia dicti G. pro mille solidis predicto patri ejus pro dote Francisce matris ejusdem G., quos habebat super hortos & areas in terminio de Limoso & via de Campo Mili- tie usque ad Polariam , que bona tenet P. de Vicinis. Petebat etiam Brassillac Faure, pater dicti G. nunc defunctus, sibi restitui octavam partem fructuum & dominii, quam pater suus habebat in vineas, que sunt in terminio de Brassillaco & dominium duorum camporum in terminio de Brasillaco, quod dominium modo tenet Rex vel alius pro eo, quo dominio & portionibus fuit dictus pater occasione heresis illorum, qui tenebant ipsas possessiones, indebite spoliatus.

Nos autem, visis petitionibus predictis & plenius intellectis, predictum G. quoad dotem petitam maternam superius expressam neenon ad illos redditus sive ad illa emolumenta, que pater suus solebat percipere a P. Isarno de Ferrando de quibusdam terris, quas idem P. Isarnus tenebat a dicto Brasillaco, occupatis, ut dicitur, propter heresim coloni, secundum formam inquisitionis nostre decrevimus esse restituendum , si Rex tenet.

 Unde, &c. Quantum vero ad alia que Rex non dicitur tenere, remittimus ipsum ad possessorem, mandantes sibi maturam justitiam exhiberi, ita tamem quod si inveneritis aliqua de premissis data fuisse alieni in assisia, &c. Datum, ut supra, mense februarii.. »

 

 

 

 

1269. AU SÉNÉCHAL DE TOULOUSE ET DE L'ALBIGEOIS POUR ARNAUD DE BERRELLES ET SES FRÈRES.

 

Alphonse, etc., au sénéchal de Toulouse et de l'Albigeois, etc.

Comme, par des sentences rendues en notre cour par maître Raymond de Olivo et maître Guillaume de Furno, autrefois juges de Pierre de Vicinis et de Pierre de Landrevilla, alors nos sénéchaux dans la région toulousaine, il ressort qu’Arnaud de Berrelles, ses frères, ses parents et ses neveux sont tenus [de payer] dix sols tournois au titre de l'hébergement (heberge) qui nous est dû dans la ville de Berrelles, en raison des possessions appartenant audit lieu, nous vous ordonnons de ne nullement permettre que nos baillis d’Avignonet exigent dudit Arnaud et de ses associés plus de dix sols au titre de l'hébergement qui nous est dû, en raison des possessions qu'ils possédaient là au moment de la sentence rendue.

 

Quant aux autres hommes résidant audit lieu de Berrelles, ainsi qu'aux autres qui se sont transférés dudit lieu de Berrelles vers la bastide de Villefranche, vous les contraindrez proportionnellement au paiement dudit hébergement (à savoir quatre livres, les dix sols mentionnés ci-dessus étant compris en cela) en raison des possessions qu'ils détenaient audit lieu de Berrelles au moment de leur transfert, jusqu'à ce que ledit hébergement de quatre livres soit totalement payé par tous en commun.

 

Donné le vendredi après la fête de saint Barnabé apôtre, l'an du Seigneur 1269.

 

 

 

1269. SENESCALLO THOLOSE ET ALBIENSIS PRO ARNALDO DE BERERELLES ET FRATRIBUS SUIS.

Alfonsus, etc., senescallo Tholose et Albiensis, etc. Cum per sentencias latas in nostra curia per magistrum Raymundum de Olivo et magistrum Guillelmum de Furno, quondam judices Petri de Vicinis (5) et Petri de Landrevilla (6), tunc senescallorum nostros (sic) in partibus Tholosanis, ut reffertur, Arnaldum de Berrelles, fratres suos, cognatos atque nepotes ejusdem ad decem solidos turonensium teneri nomine heberge nobis debite in villa de Berrelles (7), occasione possessionum ad dictum locum pertinencium, vobis mandamus quatinus per baj ulos nostros de Avinioneto (8) a dicto Arnaldo ac ejus consortibus ultra decem solidos nomine heberge nobis debite nullatenus exigi permittatis occasione possessionum quas tempore late sentencie inhibi possidebant, ceteros namque homines in dicto loco de Berrelles. commorantes, neenon alios qui se de dicto loco de Berrelles ad bastidam Villefranche (9) transtulerunt, occasione possessionum quas tempore translacionis in dicto loco de Berrelles detinebant, proporcionaliter compellentes ad solucionem dicte heberge, quatuor librarum scilicet, decem solidis superius nominatis in hoc contemptis (sic), quousque heberga predicta quatuor librarum scilicet ab omnibus communiter totaliter exsolvatur.

Datum die veneris post festum beati Barnabe apostoli, anno Domini M° CC° LX° nono.

 

 

 

 

 

Voici, au reste, le texte de ce Compte, chapitre des Dépenses pour le Château de la Roche sur Yon :

Castrum Rupis super Yon, pro septem balistariis eguitibus, pro Petro de Vicinis, pro tribus balistariis peditibus, pro sex serventibus peditibus, pro una excubia, a vigilia Sanct. Lucœ evangelistae usque ad diem jovis ante festum omnium sanctorum, XVIII lib. V sols.

 — Item Martinus Alphonsus in eadem garnisione, VI sols per diem.

 — Item pro balisteriis peditibus et servientibus cum dicto Martino Alphonso, XXXIX lib.

— Item pro garnisione ejusdum castri, IX lib.

 

.        Pendant le règne de Saint Louis, sous l’administration de son frère, Alphonse, les effets militaires de la garnison et l'uniforme du capitaine du château étaient à la charge de la châtellenie, comme on le voit par les comptes d’Alphonse en 1246 : Pro robis garnisionis VII lib., pro robâ comitis XX lib

 

 

À La Roche-sur-Yon, l'accès historique fortifié du Moyen Âge menant au bourg castral s'articulait autour du faubourg d'Ecquebouille et de son ancienne rue d'Ecquebouille, marquant l'emplacement d'une ancienne porte d'entrée de la ville close.

 

En 1628, la principauté de La Roche-sur-Yon appartenait à la richissime Anne-Marie-Louise d'Orléans (alors âgée de seulement un an), restée célèbre dans l'histoire sous le nom de la Grande Mademoiselle.

 

En juin 1627, sa mère Marie de Bourbon-Montpensier décède subitement juste après lui avoir donné naissance.

 

C'est elle qui possédait initialement la principauté, héritée de la lignée des ducs de Montpensier (branche cadette de la maison de Bourbon)

 

La fillette devient l'unique héritière de cette immense fortune. Son père, Gaston de France (duc d'Orléans et frère du roi Louis XIII), en assure la gestion et l'administration en tant que tuteur.

 

Destruction :

C'est d'ailleurs cette même année, en 1628, que le roi Louis XIII et le cardinal de Richelieu ordonnent le démantèlement du château fort et ses fortifications de La Roche-sur-Yon, en marge du célèbre siège de la ville protestante voisine de La Rochelle.

 

 

Dans ce même document, il est fait mention des vivres pour la garnison, dont la dépense s’élevait à trente-neuf livres, quinze sols.

— Item pro victualibus positis in Castro Rupis super Yon, XXXIX lib. XV sols.

 

Munitions

Estât des munitions qu’il est besoing avoir pour la garde du chasteau

Premièrement :

Deux muids de farine ;

Dix boiceaux de poix;

Cinq boiceaux de febves ;

Ung barricot verjuz;

Ung barricot vinaigre ;

Ung boiceau de sel ;

Deux pippes de vin ;

Six moutons ;

Ung bœuf salle ;

Quatre lardz ;

Ung barricot d’huile ;

Six livres de colon ;

Cent livres de chandelle;

Trente riortés de bois ;

Cent livres de beurre sallé ;

Demy cent de morues ;

Deux miliers de harengz ;

Ung millier de fagots;

Six harquebuzes à croc ;

Trois mousquetz;

Une douzaine d'harquebuzes ;

Cent livres de plomb ;

Cinquante livres de pouldre ;

Balles de fer pour mousquetz;

Cinquante aunes de corde à mèche ;

Quatre ceaux ;

Crosses cordes ;

Six hallebardes,

Six piques et autres basions longs.     

 

Les dictes munitions cy-dessus sont ordonnées pour la défense du dict chasteau, advenant que aucuns séditieux perturbateurs de république et autres manières de gens voulussent entreprendre sur les biens du Roy (12).

 

 

 

 

 

(1). Limoise (?), Allier, arrondissement de Moulins, canton de Lurcy-Lévy.

(2). La date de sa sortie de charge est indiquée par le compte de la chandeleur 1254, où on lit: «De ballivia Tholose, per dominum Petrum de Vicinis, ab octaba O. Sanctorum 1253, usque ad primam dominicam Quadragesime sequen. tem. » (Trésor des Chartes, aux Archiv. Nat., J. 317, n° 61 f 9 et 4°; cf. E. BOUTARIC, S. Louis et Alph. de Poitiers, p. 169).

(3). Allier, arrondissement de Gannat, commune de Paray-le-Frézil.

(4). LUDOVIC LALANNE, Dictionnaire Historique de la France, Paris, I87!2. -On ne saurait donc se ranger à l'avis de PAPON (Hist. de Prov., III, p. 414)  

(5). Sénéchal de Toulouse jusqu'au 14 février 1254.

(6) Sénéchal, d'octobre 1262 à 1268.

(7). Lasbarelles, lieu dit, marqué par Cassini au nord-est de Villefranche.

(8). Avignonet, Haute-Garonne, cant. Villefranche.

(9). Villefranche - de- Lauragais, Haute-Garonne.

 

 

Points clés pour vos recherches :

  • Confusion géographique levée : Dans la première notice, la note (1) hésite sur Limosii et propose Limoise dans l'Allier.

 

 Cependant, le document latin montre clairement qu'il s'agit de Limoux (Aude), écrit Limosum/Limoso.

 

Pierre de Voisins avait reçu d'importantes terres confisquées en Languedoc à la suite de la croisade des Albigeois, notamment la seigneurie de Limoux.

 

Le contexte des saisies : La fin du texte illustre parfaitement les spoliations liées à l'hérésie cathare. Le texte montre que même si le propriétaire d'origine (le seigneur) n'était pas hérétique, si son exploitant (coloni) ou les sous-tenanciers étaient condamnés pour hérésie, la terre était souvent confisquée par le Roi ou ses agents (ici Pierre de Voisins), ce qui entraînait d'interminables procès de réclamation par les héritiers spoliés.

 

 

Juillet 1228 Pierre de Voisins confirme le don de sa sœur Sibille de 10 setiers de blé sur la dîme de Maule.

  • B Bibl. nat. de France, lat. 10997, nº 34.
  • a Cartulaire de l'abbaye de Porrois au diocèse de Paris, plus connue sous son nom mystique Port-Royal, éd. Adolphe de Dion, Paris, 1903.

D'après a.

 

Universis Christo fidelibus ad quos presentes litteras pervenerint, ego Petrus de Vicinis, miles, in Domino salutem. Noverit universitas vestra quod donum decem sextariorum bladi in decima Manlie quos dilecta soror mea Sibilla dedit in elemosinam domui de Porrois ratum et gratum habeo et per meas litteras presentes concedo et confirmo donum predictum, sigilli mei roboratas. Actum anno Domini millesimo ducentesimo vicesimo octavo, mense julio.

 

 

Le personnage mentionné dans cet acte de juillet 1228 est Pierre Ier de Voisins.

Le fameux sénéchal d'Alphonse de Poitiers est son fils, Pierre II de Voisins.

 

  • Pierre Ier de Voisins (l'auteur de votre texte) : Compagnon de Simon de Montfort durant la croisade des Albigeois, il s'est vu attribuer des terres dans le Midi (comme la baronnie d'Arques). En 1228, il possède encore des attaches en Île-de-France, ce qui explique qu'il confirme ici un don sur la dîme de Maule (Yvelines) au profit de l'abbaye de Port-Royal. Il meurt vers 1233

 

  • Pierre II de Voisins (son fils) : C'est lui qui devient un proche d'Alphonse de Poitiers (le frère de Saint Louis). Il est nommé sénéchal de Toulouse et de l'Albigeois pour le compte du comte à partir de 1251, avant de devenir sénéchal de Carcassonne pour le roi.

 

 

Le Château de Villar-Saint-Anselme

Aude (11250), région Occitanie

Le village s'élève sur un plan circulaire autour d'un ancien bourg fortifié protégé par un château fort et des fossés profonds, marqués par les conflits des Guerres de Religion.

 

Le chemin de Limoux à Mouthoumet est peu accidenté jusqu'au- delà de St-Polycarpe; mais après avoir dépassé ce village il faut gravir des pentes très inclinées et rocailleuses.

 

Quelque pénible que soit cette ascension, on est amplement dédommagé de ses fatigues par le magnifique panorama qui se déroule dans le lointain, lorsqu'on a atteint la partie la plus élevée de la côte.

 

Vers le nord, la vue passe rapidement sur une série innombrable de collines liées les unes aux autres comme les vagues d'une mer violemment agitée, et va se perdre à l'horizon, autour d'une ligne circulaire formée par le redressement de la montagne Noire et par celui de la Malepère.

 

Sur des points moins éloignés, on aime à remarquer certains groupes d'habitations presque toujours dominés par un clocher, ou bien par des tours seigneuriales : de ce nombre sont les communes de Gardic, de St-Hilaire, de Villebazy et du Villa- St-Anselme.

 

De toutes ces communes, la dernière est celle qui est la plus rapprochée. Il y a là un château carré, flanqué de tours dont la construction pourrait remonter jusqu'au milieu du XIIIe siècle.

 

Les armoiries de Pierre de Voisins (10), qu'on retrouve encore dans cette résidence, sembleraient indiquer que ce seigneur en avait fait jeter lui-même les fondements (11).

 

Distance entre le château de Villar-Saint-Anselme et le château d’Arques = 25kil

        

(10). L'écusson de Pierre de Voisins portait pour armes trois fusées ou losanges. On retrouve encore cet écusson sur le château d’Arques, l’une des propriétés la plus importante de la famille De Voisins.

Olivier de Termes (seigneur cathare) vend son lieu d’Arques à Pierre de Voisins, un puissant chevalier français et le lieutenant de Simon de Monfort.

 

Son petit-fils, Gilles de Voisins entreprend la construction du château-résidence en 1280. Il fait sans doute appel aux artisans du roi, alors à l’œuvre à Carcassonne et dans toutes les Corbières, pour bâtir cette demeure raffinée, associant confort et efficacité militaire.

 

 

(11). En 1231 le Villa fut cédé à Pierre de Voisins. Dans la charte qui fait mention de cette concession la commune du Villa est désignée de la manière suivante : Villarium in Reddesio pro XI libr. et dimidia.

 

Cette commune ne tarda pas longtemps à être abandonnée à un autre seigneur, puisque dans une sentence arbitrale de 1235 on lit le préambule que nous allons reproduire :

« Sachent tous que, comme un litige, un procès ou une controverse étaient pendants entre le noble seigneur Hugues Jorris, chevalier, seigneur de Villard [ou Le Villard / Villariers], d'une part, et Jean du Puy [de Puteo], Guillaume Garric [Garricii], Bernard Amiel [Amelii], Pierre Noguier [Noguerii] et Raymond Tuilier [Teulerii], consuls de Villard, ainsi que Raymond Tisseur [Textoris] et Bernard Benoît [Benedicti], syndics et procureurs au nom de l'université [la communauté des habitants] de Villard, d'autre part ; devant la cour du noble homme seigneur Pierre de Voisins, de Couiza [Cofolenco], seigneur de Limoux [Limoso], et devant le seigneur Pierre... »

 

Noverint universi quod, cum lis et causa aut controversia penderent inter nobilem dominum Hugonem Jorris, militent dominum de Villario, ex una parte et Joannem de Puteo, Guillelmum Garricii, Bernardum Amelii, Petrum Noguerii et Raymundum Teulerii, consules Villarii et Raymundum Textoris et Bernardum Benedicti, syndici et procuratores pro universitate villarii ex altéra ; in curia nobilis viri domini Pétri de Vicinis, de Cofolenco, domini de Limoso, et coram domino Petro.

(12). Archiv. Histo. Poitou.

 

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