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3 janvier 2026

1379 COMBAT DE LA FORÊT DE BRIX (Bruce Castel)

La gloire des Normands, et en particulier des Normands du Cotentin, remplit le monde pendant deux siècles. Les fils d'un pauvre gentilhomme de Coutances, Tancrède de Hauteville, accomplissent des exploits qui feraient pâlir les héros d'Homère, et non seulement ils sont des guerriers braves jusqu'à la folie, mais de profonds politiques, et, après les Romains et sur leur territoire, des organisateurs et des fondateurs d'Etats.

 

A-t-on remarqué que Robert Guiscard et son frère, le grand comte Roger, s’ils implosent à leurs compatriotes les coutumes normandes, laissent les Grecs et les Arabes suivre le code de Justinien et le Coran, tolérance absolument inouïe à cette époque?

 

La conquête de l'Angleterre, moins héroïque et moins pure que celle de l'Italie méridionale et de la Sicile, montre cependant quel était le génie d'organisation des Normands.

 

 Plusieurs familles illustres d'Angleterre descendent des chevaliers du Cotentin qui accompagnèrent Guillaume le Bâtard : les Percy, ducs de Northumberland; les Grenville, ducs de Buckingham; les Seymour (St-Maur), ducs de Somerset; les Russell Roussel), ducs de Bedford, les Bohon, les De Vere, les St-John (St-Jean), les Montague (Montaigu), les Nevil (Neville), et surtout les Bruce qui tiennent une si grande place dans l'histoire d'Ecosse.

 

C'est la tige des rois d'Ecosse, et notamment de ce fameux Robert Ier de Bruce, dont la mémoire est encore en vénération parmi les Écossais avait pour ancêtre Robert de Bruis, parti de la paroisse de Bruis ou de Brix, près Valognes.

 

 Le Cotentin peut encore revendiquer deux des plus vaillants chefs de la première Croisade, Bohémond, fils de Robert Guiscard, et son cousin Tancrède

Vien poi Tancredi, e non è alcun fra tanti

………….o feritor maggiore,

O piu bel di manière e di sembianti,

O piu eccelso ed intrepido di core.

 

 

BRIX (Brucius).

L'église paroissiale de ce village de Volognes est placée sur un point très-élevé, dont le fonds est de granité et de schiste; on y soupçonne une mine de fer dont la présence semble confirmée par une source minérale ferrugineuse.

 

—L'église de Brix fut donnée à l'abbaye de Saint-Sauveur par Adam de Brix, en 1144 à condition de la desservir par des religieux.

 

Lorsque l'abbaye, détruite et ruinée par les guerres, ne suffit plus à fournir des moines a toutes les cures dont elle était chargée, elle présenta des curés séculiers. C'est ce qu'elle fit pour l'église de Brix.

 

Le curé avait la tierce gerbe de la dîme et l'abbaye les deux tiers ; le curé avait en outre l'autelage avec des droits d'usage et de pacage dans la forêt. Les abbayes de Saint-Sauveur et de Montebourg avaient en même temps des propriétés à Brix, et comme celle-ci ne voulait pas se laisser dîmer par le prieuré de la Luthumière dépendant de Saint-Sauveur, il dut intervenir un arrangement entre les deux communautés.

 

L'église Notre-Dame de Couville fut donnée en 1144 à l'abbaye de Saint-Sauveur par Adam de Bruis ou de Brix, baron de Brix. Cette donation fut confirmée par Pierrede Brix, en 1155.

 

L'abbaye de Saint-Sauveur avait encore des droits d'usage dans la forêt de Brix.

C'est Guillaume Crespin, connétable de Normandie, qui les lui accorda en 1311.

 

Il a existé dans Brix deux anciens châteaux de barons, le château d'Adam et celui de la Luthumière.

 

Le premier fut bâti sous les ducs de Normandie, rois d'Angleterre, par un seigneur Adam de Brix.

 

Le nom du château est attesté sous la forme latinisée Bruotum ou Brucium en 1026

Le château apparaît dans l'histoire vers l'an mil, quand Richard II (963-1026), duc de Normandie, le donne en douaire, avec une grande partie du Cotentin à son épouse Judith de Bretagne (982-1017).

Il porte alors le nom de castellum de Bruet.

 

D'après les termes du premier, Richard II concédait à sa femme, Judith de Bretagne, plus de 30 « villae » situées en Cotentin, comme Tréauville, Rauville, Benoîstville, Flamanville, Sotteville, Sottevast, Brix, le Vast, Quettreville, le Mesnil-Angot (1).

 

Aux termes du second, Richard III concédait à sa fiancée, Adèle de France, fille de Robert le Pieux, la ville de Coutances, les châteaux de Cherbourg, du Homme et de Brix, le pays de la Hague et le Val de Saire, les « courts » de Valognes, Beaupte, Portbail, Cérences, Agon, Moyon, Percy et Ver (2).

 

A 10 kilomètres vers le Nord de Bricquebec (de château à château), la seigneurie de Brix était d'origine récente, ce lieu faisant partie du domaine ducal sous Richard III.

 Il devait être le berceau d'une célèbre famille, puisqu'elle fournit à Guillaume un de ses principaux capitaines, à l'Angleterre plusieurs de ses premiers barons, à l'Ecosse le plus illustre de ses rois (3).

 

Ce n'est pas outre-mer que le nom a été modifié. Brix se disait « Brus » ou « Bruce », car le reliquaire échoué à Port-Bail et décrit dans la Chronique de l'abbaye de Fontenelle fut apporté « ad eum locum qui Brucius vocatur » (4).

 

En 1066, ROBERT DE BRIX (5) passa la mer avec le Guillaume le Conquérant, fut envoyé après Hastings soumettre le Nord de l'Angleterre, et reçut 94 manoirs dans les comtés d'York et de Durham.

 

Au nord du comté d'York, Skelton fut le chef-lieu de sa baronnie. Il mourut en 1094. C'est l'ancêtre des Bruce, rois d'Ecosse.

 

Son petit-fils Adam, au XIIe siècle, hérita de ses biens d'Angleterre et de Normandie, donna l'église de Brix à l'abbaye de Saint-Sauveur, fit bâtir le château considérable et admirablement situé.

 

Le 14 août 1189, c'est au château de Brix que Richard Cœur de Lion fait étape avant de s'embarquer à Barfleur et débarquer à Portsmouth le lendemain afin de se faire couronner roi d'Angleterre, le 3 septembre 1189 à Westminster.

 

Richard Cœur de Lion logera au château de Brix, après avoir débarqué à Barfleur le 12 mai 1194, avec une flotte de cent navires, afin de secourir Verneuil, assiégée par Philippe Auguste et empêcher le roi de France de conquérir la Normandie. (6)

Un historien contemporain rapporte qu'il vint coucher à Brix, sans doute au Château d'Adam, le 12 mai. (7)

Ce séjour est attesté par plusieurs sources locales et historiques normandes. Il s'agissait d'une étape rapide avant de poursuivre vers l'intérieur des terres pour organiser la contre-offensive contre les avancées françaises (notamment pour secourir Verneuil et reprendre des positions perdues). (8)

 

  Brix est alors une résidence ducale importante, sur l’axe menant aux ports du Nord-Cotentin.

 

Jean-Sans-Terre, le 24 septembre 1200 (9).

M. Renault, dans son article sur Brix, dit que Jean Sans Terre était à Brix le 21 décembre 1200.

Par un heureux hasard, nous venons de découvrir la date du voyage de Jean sans Terre à Brix (Brus).

 

Jean sans Terre y séjournera en 1203 avec son épouse Isabelle d'Angoulême.

 Le roi attendant des vents favorables pour traverser la Manche, afin de couronner la jeune reine, visite avec celle-ci le Cotentin.

Le 23 septembre, ils sont à Valognes, le 24 à Brix et le 25 à Gonneville.

Voy. Itinéraire du roi Jean sans Terre, copié des Rolles de la Tour de Londres, lu à la « Société des Antiquaires de Londres », le 24 mai 1827, par M. de Gerville, et inséré dans le XXIIe vol. de l’Archaelogia Londinensis, impr. 1828

 

 Le château est encore cité en 1203 dans l'Échiquier de Normandie et tombe dans l'oubli après la perte de la Normandie par Jean sans Terre, en 1204, et son rattachement au domaine royal par Philippe Auguste.

 

Le château d'Adam, devenu « fiefferme royale » sera rasé en 1215 sur ordre de Philippe Auguste.

Ses débris servirent plus tard à construire l'église actuelle.

Le château de Brix, que les vieilles chroniques appellent indifféremment Brucius, Bruce, Bruis et Brix, avait été construit au XIIe siècle par le père du baron Adam, et ce dernier l’avait terminé et fortifié avec soin.

 C’était une belle demeure, dont les tours, reliées entre elles par de solides courtines et appuyées sur des rochers, dominaient la vallée boisée où coule la rivière d’Ouve.

Du haut du donjon, quand le ciel était pur, on apercevait la mer, au- delà des forêts de Brix et d’Octeville.

 À l’est, sur un ressaut des fortifications, s’étendait une étroite et longue terrasse où la jeune châtelaine aimait à cultiver des fleurs.

C’était la promenade favorite du baron. Chaque jour après son dîner, il venait marcher le long du parapet crénelé de cette terrasse, et, lorsqu’il était las, s’asseyait dans une sorte de guérite de pierre ajourée, construite en encorbellement à l’angle de la muraille, et d’où l’on dominait toute la vallée.  

En suivant les traces de la maçonnerie de cette forteresse, on voit qu'elle était une des plus étendues du pays. Il ne reste plus que des fondements et quelques souterrains voûtés.

 Les barons de Brix avaient droit de séance à l'échiquier de Normandie.

 

Quant au château de la Luthumière, il fut bâti sur des biens concédés par les de Brix. Plusieurs des possesseurs de celte seconde baronnie eurent le titre de connétables.

 

Brix : d'argent au lion rampant de gueules.

 

 

Pendant la guerre de Cent Ans, en 1379, la place de Montebourg est tenue par Guillaume des Bordes, lieutenant du roi de France en Basse-Normandie.

 

Froissart raconte que ce dernier, cette année- là, à la Saint-Martin d'été (Saint-Martin le bouillant), le 4 juillet, part avec ses principaux lieutenants pour marcher sur Cherbourg, dont le commandant Anglais, John Harliston, par hasard sort lui aussi le même jour.

 

Les deux troupes se rencontrent dans la forêt de Brix en un lieu qui prête à controverse : soit au Pont-à-la-Vieille, au Pastoy és bois, ou encore au Pâtis-des-bœufs.

 

 Deux chevaliers, un français, Lancelot de Lorris, et un anglais, John Copeland s'affrontent en combat singulier au cours duquel le jeune Lancelot est tué, avant qu'une mêlée générale entraîne la mort de cent-vingt français, jetant la consternation dans le Cotentin.

 

La Bretagne et les guerres de succession

La Bretagne était en effet divisée pendant cette période :

Le duc Jean IV (futur duc Jean IV de Bretagne, surnommé Jean IV le Conquérant) avait été en conflit avec les Anglais et les Français, ce qui provoquait une forte instabilité politique.

Le duc Jean IV avait été contesté et même écarté du pouvoir en 1379 par Charles V, ce qui conduisit à une politique de confiscation des biens bretons par la France.

 

Froissart ne parle pas directement de cet acte précis de confiscation, car il se concentre sur des événements plus larges de la guerre de Cent Ans et des relations entre les royaumes de France et d'Angleterre, mais il évoque souvent les conflits et les tensions dans les duchés vassaux comme la Bretagne.

 

Contexte de l'arrêt de 1379

L'arrêt de confiscation de 1379 doit être compris dans une dynamique plus large :

Le duc Jean IV de Bretagne réussira à récupérer ses droits et à restaurer sa puissance en Bretagne en 1381, après des luttes internes et des alliances avec l'Angleterre.

Cette confiscation est donc temporaire, mais elle marque une perte importante pour les Bretons dans le cadre de la guerre de Cent Ans.

 

Froissart et les Bretons

Bien que Froissart ne mentionne pas spécifiquement l’arrêt de confiscation de la Bretagne en 1379, il décrit abondamment la situation en Bretagne, surtout dans son "Chronique de Jean Froissart", où il parle des guerres internes bretonnes, des conflits avec les Anglais et les Français et des luttes pour la succession du duché de Bretagne.

 

1379 COMBAT DE LA FORÊT DE BRIX (Bruce Castel)

Lors de la conquête d'Angleterre par le duc Guillaume en 1066, la Normandie se trouva comme incorporée au nouveau royaume du conquérant: en 1204, Philippe-Auguste la réunit à la France; mais les rois anglais, qui regrettaient cette grande et riche province, firent de longs et fréquents efforts pour y rentrer.

Durant la minorité de saint Louis, une puissante invasion ravagea le midi de la province.

 Les Anglais poussèrent jusqu'à Bélesme, dans l'arrondissement de Mortagne, et se retirèrent charges de butin.

Dans le siècle suivant, Édouard III descendit à la Hougue avec une armée formidable. Aucune force ne put lui être opposée.

Il traversa plus de cent lieues de pays, renversant tout sur son passage, et battit à Crécy l'armée française supérieure à la sienne, et commandée par le roi Philippe en sa personne.

 

Dix ans plus tard, par un traité conclu à Valognes, et qui se trouve en entier dans une collection de dom Martenne, le Cotentin fut cédé à Charles de Navarre par le fils de Philippe, Jean le Bon qui, l'année suivante fut défait et pris par les Anglais à la bataille de Poitiers en 1356.

 

 Cette cession soumit nos ancêtres à une domination étrangère; pendant longtemps leur pays fut occupé par des garnisons anglo-navarraises.

 

Sans nous arrêter aux différends qui s'élevèrent entre Charles le Sage et Charles le Mauvais, et qui, pendant les quinze années qui suivirent la bataille de Cocherel remplirent le Cotentin de ruines et de dévastations disons aussi brièvement que possible qu'en 1379, le connétable du Guesclin, chargé de mettre à exécution l'arrêt prononçant confiscation de tous les biens que le Navarrais possédait en Normandie, soumit en courant tout le pays, à l'exception de Gavray qui fit une belle résistance, et vint mettre le siège devant Cherbourg;

 

Mais que ce port, ouvert aux Anglais, leur donnant liberté de faire entrer chaque jour dans la place des vivres et des renforts le connétable se retira après quatre mois d'efforts inutiles laissant ses troupes en cantonnement à Montebourg, à Saint-Sauveur, à Carentan et aux Ponts-d'Ouve, afin de surveiller les opérations de la garnison de Cherbourg et d'empêcher ses excursions.

 

En Normandie se tenoient à Valognes en garnison messire Guillaume Desbordes, lequel en étoit capitaine, en la compagnie le Petit sénéchal d'Eu, messire Guillaume Martel, messire Braques de Braquemont, le sire de Tracy, messire Parceval d' Aineval, le Bègue d'Ivry, messire Lancelot de Lorris et plusieurs autres chevaliers et écuyers; et subtilloient (imaginoient) nuit et jour comment ils pussent porter dommage à ceux de Cherbourg dont messire Jean de Harleston étoit capitaine.

John Harleston, connu dans le pays sous le sobriquet de damoiseau ou châtelain roux (iderrothe Junker). Ce drôle s’était fait un véritable musée d’objets précieux, en pillant les castels, les couvents et les églises.

 

C'étaient journellement des bravades, des défis, des escarmouches et de petits combats.

 

Enfin, John Harleston, parti de Southampton avec 300 archers d'élite, étant venu débarquer à Cherbourg, les Anglais se mirent en campagne, et rencontrèrent Desbordes et les Français dans un lieu alors couvert de bois, que nos pères ont vu défricher il n'y a pas plus de 60 ans.

 

Laissons un écrivain contemporain raconter les circonstances de ce terrible combat.

« Tant chevauchèrent l'un sur l'autre que messire Guillaume Desbordes se partit une matinée de Montbourg, et toute sa garnison, en volonté de chevaucher devant Cherbourg et combattre messire Jean de Harleston s'il le pouvoit attirer aux champs.

 

s'en vint bien ordonné et appareillé avec toute sa puissance, tant de gens d'armes comme d'arbalétriers, et de gens à pied.

 

D'autre part messire Jean de Harleston qui rien ne savoit du fait des François, eut volonté aussi de chevaucher ce jour : se fit sonner ses trompettes et armer tous ses gens d'armes lant de cheval comme de pied, et tout aller aux champs, et ordonna qui demeurerait en la forteresse puis chevaucha eti grand arroy et bonne ordonnance, comme celui qui bien le savoit faire; et ordonna messire Jean Worsley avec les gens de pied pour eux mener et conduire après ce ordonna ses coureurs.

 

Ainsi avoir fait messire Guillaume Desbordes ; et tant chevauchèrent en cette manière de l'un et de l'autre que les coureurs se trouvèrent, et s'entrechevaucherent de si près, que les coureurs Anglois virent et avisèrent à plein les François, et aussi les coureurs François trouvèrent et avisèrent les Anglois, et se retira chacun à son côté rapportant la vérité des ennemis.

 

Lors furent les deux capitaines joyeux, car ils avoient trouvé ce qu'ils cherchoient car ils désiroient moult à trouver l'un l'autre.

 

Quand les deux capitaines eurent oui le rapport de leurs coureurs, chacun recueillit ses gens bien et sagement, et firent développer leurs pennons en approchant l'un de l'autre, et étaient les gens de pied Anglois avec les gens d'armes.

 

Sitôt qu'ils furent entrapprochés si près que à un trait d'arc, les François mirent pied à terre; et aussi firent les Anglois.

 

 Adonc commencèrent archers et arbalétriers à tirer fort et roulement, et gens d'armes à approcher les glaives au poing, abaissés, rangés et serrés si près que plus ne pouvoient.

 

 Lors attaquèrent-ils de tous côtés, et commencèrent à pousser, à bouter et férir de glaives et de haches et d'épées : là eut dure bataille, forte et bien combattue : là vit-on gens d'armes éprouver leurs prouesses.

 

Là étoit messire Guillaume Desbordes armé de toutes pièces, une hache en sa main et frappait à dextre et a sénextre : tout ce qu'il atteignait à plein coup, il ruait par terre : là fit-il tant d'armes et de prouesses de son corps que à toujours il en doit être loné et prisé ; et ne demeura mie en lui qu'il ne mit tous les Anglois à déconfiture.

 

 D'autre part messire Jean Harleston capitaine de Cherbourg, se combattait bien et vaillamment une hache en sa main, pied avant l'autre.

 

 Et bien y besognait, car il avait à dure partie à faire et durs combattants.

 

Là eut maintes vaillantises faites ce jour, maintes appertises d'armes, maintes prises et maintes rescousses qui étoit abattu, c'étoit sans relever.

 

 Là eut maint homme mort et navré et mis à grand meschef : là fut messire Jean Harleston porté par terre en très-grand'aventure de sa vie mais par force d'armes il fut délivré et relevé.

 

» La bataille dura longuement et moult fort fut combattue et bien continuée, tant d'un côté comme d'autre, et ne l'enrent mie les Anglois davantage ; car il y en eut plusieurs morts et navrés et blessés douloureusement; et aussi pareillement des François.

 

Finalement les Anglois se combattirent si longuement et de si grand cœur, qu'ils obtinrent la place et furent les François déconfits et morts ou pris.

 

Petit s'en sauva de gens d'honneur; car ils s'étoient si fort combattus et mis si hors d'haleine et de puissance qu'ils n'avoient nul pouvoir d'eux partir mais vouloient tous mourir ou vaincre leurs ennemis.

 

Là fut pris messire Guillaume Desbordes en bon ordre d'un écuyer de Hainault, appelé Guillaume de Beaulieu, appert homme d'armes et qui grand temps avoit été Anglois ès forteresses de Calais, et était arrivé de Crasignies.

 

A celui-ci se rendit dolent et courroucé de ce que la journée n'avoit été pour lui.

 

 Là vit-on Anglois mettre François à grand meschef, et plusieurs François prisonniers en la fin de la bataille, et maint gentilhomme mort, de quoi ce fut pitié.

 

Quand les Anglais eurent les morts dépouillés, messire Jean Harleston et les siens se partirent de la place et emmenèrent leurs prisonniers et leur gain arrière dedans Cherbourg.

 

Si pouvez bien croire que les Anglois menèrent grand'joie cette nuit de la bataille, aventure et journée que Dieu leur avoit donnée : si fut Le dit messire Guillaume Desbordes grandement fêté, conjoui et aise de ce qu'on put faire, car sa personne le valoit bien.

 

 Cette déconfiture fut entre Montbourg et Cherbourg, le jour Saint-Martin le Bouillant, l'an 1379.

 

» Quand le roy de Franco scut ces nouvelles que la garnison de Montbourg et son capitaine étoient morts et pris, et que le pays étoit moult effrayé de cette déconfiture, le roy, comme sage et bien avisé et pourvu en tous ses affaires, y pourvut tantôt de remède et envoya sans délai à Montbourg grands gens d'armes de rechef pour garder les frontières et les forteresses et le pays à rencontre de la garnison de Cherbourg.

 

Et furent chefs de ces gens d'armes de par le roy de France messire Jean de Vienne et messire Hutin de Bremelles ; et tinrent les marches à l'encontre des Anglois.

 

 Mais depuis par l'ordonnance du roy de France, ils abandonnèrent Montbourg et tout le pays et tout le clos de Cotentin qui étoit le plus gros du monde, et fit-on toutes les gens, hommes et femmes aller hors du pays dudit clos de Cotentin et abandonnèrent villes, maisons et possessions, et se retirèrent toutes ces gens par deça le clos que on dit de Cotentin et tinrent les François frontières au Pont Douve, à Carentan, à Saint-Lô et par toutes les marches sur le clos de Cotentin.

 

Une circonstance que nos lecteurs nous sauront gré de leur rappeler, d'autant plus qu'elle est encore un trait de l'antique esprit chevaleresque qui dès lors allait se perdant de jour en jour c'est que quand les combattants eurent mis pied à terre pour s'ôter tout espoir de retraite, un seul chevalier français nommé Lancelot de Lorris, se tint sur son coursier et demanda une jouxte en l'honneur de sa dame; un Anglais accepta le défi, et Lancelot fut tue.

 

Ce fut dommage, dit le chroniqueur, car il étoit apert chevalier, jeune, poli et moult fort amoureux.

 

Ce combat fut livré dans la forêt de Brix, le 4 juillet 1379

 Les deux corps de troupes avaient suivi la route de l'Arche de Chiffrevast à la glacerie de Tourlaville.

 

Cette route, la plus directe qui existe, était très-fréquentée dès le temps des Romains, qui avaient un camp considérable à Tourlaville.

 

Le lieu, théâtre de la mêlée, est appelé dans Froissard le Pastoy-des-Bois.

 Ce nom ne se trouve plus aujourd'hui mais l'ancien curé de Brix le vénérable M. Feret, qui avait passé une partie de sa vie au château de Rochemont avait reconnu ce lieu pour un point voisin de la Boissaye et de Rochemont, dans un reste de bois appelé le Pastry-ès-Bœufs nom très-analogue à celui qu'on trouve dans Froissard.

 

 Le nom de l' Ecocheux, que porte aujourd'hui cet endroit, indique dans le langage local le lieu d'un combat à outrance.

 

Peu de temps après, Charles V envoya, pour remplacer les vaincus, quelques troupes sous les ordres du seigneur de Bremailles, qui se fortifia dans Montebourg.

 

 Néanmoins les Anglais restèrent maîtres de la campagne.

D'ailleurs, la plupart des forces qui étaient dans le Cotentin furent rappelées pour faire partie d'une expédition bien plus considérable celle où mourut du Guesclin ; les seules garnisons de Saint-Lô et de Carentan furent conservées.

 

 Les habitants de la presqu'ile exposés à la merci des Anglais abandonnèrent leurs possessions et allèrent s'établir dans d'autres parties de la basse Normandie, de sorte que ce fertile territoire fut entièrement dépeuplé.

 

Revue anglo-française : destinée à recueillir toutes les données historiques et autres, se rattachant aux points de contact entre la France, l'Aquitaine et la Normandie, la Grande-Bretagne et l'Irlande

 

 

 

 

 

 

8 mai 1379. Quittance par Thomas Gryney, charretier, à Pierre Féron, receveur de monseigneur des Bordes (10), chevalier, chambellan du roi Charles V et capitaine général au pays de Cotentin, de la somme de 23 1.14 s. t. pour avoir servi avec deux charrettes à « l’enforchissement » de Montebourg (11).

A tous ceulz qui ces lettres verront ou orront Jehan Mabire, prestre, garde du seel des obligacions de la viconté de Saint-Sauveur-le-Viconte, salut. Sachent tous que par devant Raoul du Héquet (12), tabellion juré en la dicte viconté, fut présent Thomas Gryney, charetier, qui confessa avoir eu et receu de Pierrez Féron, receveur ordené par noble et puissant segnour monsegnour des Bordes, chevalier, cham- bellent du roy notre sire et cappitaine général eu païs de Costentin pour notre dit segnour, des amendes ordeneez à estre leveiez pour l’enforchisement de Montebourg, qui ont esté tauxées par monsegnour le bailli du Costentin (13) sur les défaillans de venir servir à la dite fortificacion, la somme de vint et trois livres quatorze souls tournoiz, pour le service de deus charetez qui ont servi à la dite fortificacion par quarante et ouit jours pour une charete, dont les six premiers jours pour une des dites charetez fut à ix soulz tournois pour jour et le surplus à dix soulz pour jour, yceulz commenchans le XI e jour de février desrenier passé. De laquelle somme de XXIII 1. XIIII s. tournez, le dit Thomas se tint pour bien contempt et paié et en quicta le dit receveur et touz autres a qui quitance en puet et doit apartenir. En tesmoing de ce, ces lettres sont seellées du dit seel, fetez le VIII jour de may, l’an de grâce mil CCCLXXIX.

R. Duhequet.

(Parchemin scellé sur simple queue, sceau manquant.)

 

 

Bas Moyen-Age 1377/ 1453 période Guerre de 100 ans<==

 

 

  (1). Voir le texte (incomplet et altéré) du Dotalitium Judith dans dom Martène, Thésaurus novus anecdotorum, t. I, p. 122 à 124.

(2). Le Dotalitium Adelae a été publié dans le Spicilège de Luc d'Achery ; Trigan l'a reproduit dans son Histoire ecclésiastique de Normandie. Le texte n'apprend pas quelle était cette Adèle ; mais les meilleurs historiens estiment qu'il s'agissait d'Adèle de France, promise seulement à Richard III. Celui-ci mourut avant qu'elle fût nubile. Elle épousa le comte de Flandre et devint mère de Mathilde, femme de Guillaume le Conquérant.

(3) Bernard BUHKE, Extinct baronage. — Sur la motte du château primitif de Bricquebec, le curieux donjon ondécagonal qui domine encore le bourg, semble dater du XIIIe siècle.

(4) Premier Mémoire de Gerville (loc. cit., p. 230). — Elle fournit aussi au diocèse de Coutances l'évêque Richard de Brix, de 1123 à 1134.

(5) Chronique de Fontenelle (dans le Spicilège de Luc d'Achery).

(6) Robertus de Bruis au Domesday ; Wace, Bromton, Delisle. (Bull, de la Soc. des Antiq. de Normandie, t. II, p. 273-279).

(7). « In festo sanctorum Nerei et Achillei (12 mai) apud Portesmuthe navem ascendens in Normanmam appulit et apud Bruis nocte illà quievit». Cf. Mathieu de Paris, à l'année 1194, p. 123.

Cette phrase latine médiévale décrit précisément un épisode bien documenté de la vie de Richard Cœur de Lion :

Traduction littérale :

« Le jour de la fête des saints Nérée et Achillée (le 12 mai), ayant embarqué à Portsmouth, il aborda en Normandie et passa la nuit à Bruis. »Traduction plus fluide :

« Le 12 mai, fête des saints Nérée et Achillée, il embarqua à Portsmouth, débarqua en Normandie et reposa cette nuit-là à Bruis. »

Contexte historique

Le 12 mai 1194, Richard Cœur de Lion, tout juste libéré de sa captivité en Allemagne (février 1194) et recouronné à Winchester en mars pour effacer le stigmate de sa détention, repart précipitamment pour le continent.

Il monte une importante flotte (plus de 100 navires selon certaines chroniques) depuis Portesmuthe (Portsmouth) pour rejoindre la Normandie menacée par Philippe Auguste.

Il débarque à Barfleur (ou dans ses environs immédiats, principal port du Cotentin à l'époque).

Le soir même, il gagne Bruis (forme ancienne de Brix, dans la Manche), où il passe la nuit au château d'Adam (ou château de Brix), forteresse stratégique du Cotentin appartenant alors à la famille de Bruis/Brix (liée aux futurs Bruce d'Écosse).

(8). Guillaume de Newbridge, auteur anglais, né en 1136, a écrit d'une histoire intitulée Rerum Anglicarum libri quinque qu'il a conduite jusqu'à l'année 1198.

 Il y parle incidemment, de l'incendie de l’abbaye de Chartres en 1194, et son témoignage est fort remarquable. En racontant les guerres de Richard-Cœur-de-Lion, roi d'Angleterre, et de Philippe-Auguste, il dit que celui-ci, ayant appris que la ville d'Evreux était tombée par trahison au pouvoir des Anglais, abandonna aussitôt le siège de Verneuil qu'il faisait alors, et se précipita sur Evreux dont il s'empara, qu'il spolia l'église de Saint-Taurin, y mit le feu et en transporta les reliques dans l'église de Chartres; mais que ce sacrilège porta malheur à la ville de Chartres, que les reliques spoliées y furent comme du feu qui ne tarda pas à l'embraser.

Voici le texte même de l'auteur : Porro rex eorum (Francorum) tanquam ad detergendum pudendae recessionis dedecus, urbem Ebroicensem, quam prius spoliarat, pervicaci furore evertit, nec celeberrimae in illis regionibus ecclesiae beati Gaurini (Taurini) pepercit. Cum enim eandem incendi jussisset, et nullus ex tanto exercitu divini timoris intuitu nefariœ jussionis executor existeret: ipse (ut dicitur) cum quibusdam perditis ex illo hominum, genere, quos Ribaldos vocant, ingressus sacris œdibus ignem immisit.

Denique (ut fertur) quod ex eâdem ecclesia sublatum Carnutensi civilati illatum, eidem clarissimœ civitali quasi ignis fuit, quœ nimirum consequenter pene usque ad consumptionem fuit in conbustionem et cibus ignis.

 

La date liturgique

L'expression « In festo sanctorum Nerei et Achillei » fait référence au 12 mai, jour où l'Église célébrait (et célèbre encore aujourd'hui, en option) les saints martyrs Nérée et Achillée (soldats romains convertis sous l'empereur Trajan ou Domitien, martyrs du Ier/IIe siècle).

Cette précision liturgique était courante dans les chroniques médiévales pour dater les événements avec exactitude, en l'absence de calendrier grégorien moderne.

Cette mention apparaît souvent dans les récits locaux du Cotentin et dans les descriptions historiques du château de Brix, qui soulignent que Richard y trouva refuge/asile cette nuit-là. »

(9) Itinéraire du roi Jean-Sans-Terre, cité par Gerville.

(10). Guillaume des Bordes, chevalier, est qualifié de chambellan du roi Charles V dans de nombreux mandements de ce prince, de 1364 à 1378 (L. Delisle, Mandements de Charles V, nos 126, 505, 600, 646, 703).

 Un peu avant la fête de Noël 1369, les Français se concentrent à Saumur, sous la conduite de Jean de Vienne, de Guillaume des Bordes, de Jean de Bueil et de Gui-le-Baveux, pour attaquer et battre le comte de Pembroke à Purnon (A. et E. Molinier, Chronique normande du xiv e siècle, Paris, 1882, in-8°, p. 347).

Le 31 décembre 1373, il était capitaine du château de « Moustereul en fault d’Yonne », aux gages de 750 francs d’or par an (L. Delisle, Mandements de Charles V, n° 1005).

Le 22 décembre 1377, Charles V ordonnait d’allouer aux comptes de François Chanteprime, une somme de 500 francs payée « à nostre amé et féal chevalier et chambellan, G. des Bordes, pour mettre et convertir en certaines réparacions neccessaires en la forteresce d’Ardre, laquelle forteresce a esté rendue nouvellement à nostre obéissance. » (Ibid., no 1457).

Dans la revue de la compagnie de G. des Bordes, qui fut reçue, à Saint-Sauveur-le- Vicomte, le 1er octobre 1378, par les maréchaux de France, il est qualifié de « chambellanc du roy ou pays de la Basse-Normandie » (L. Delisle, Le château et les sires de Saint-Sauveur-le-Vicomte, preuves, no 228, p. 316-317).

Guillaume des Bordes était capitaine de Valognes à la fin de l’année 1378, quand Olivier du Guesclin, frère du connétable, fut battu et fait prisonnier par Jean d’Arondel, capitaine de Cherbourg : « Et en y ot des autres pris dis ou douse ; li demorant se sauvèrent et se boutèrent ens ès bos et retournèrent à Valongne, quant il peurent, et recordèrent à monseigneur Guillaume des Bordes et as compaignons qui là estoient, comment ils avoient perdu et par embusche, et que messire Oliviers de Claiequin estoit demorés » (Chroniques de J. Froissart, édit. de la Société de l'histoire de France, ix, 98).

Il eut le sort d’Olivier du Guesclin quelques mois plus tard et fut lui-même battu et pris par Jean de Harleston et la garnison de Cherbourg :

« D’autre part en Normandie se tenoient à [Valongne] en garnisson messires Guillaume des Bordes, liquels en estoit cappitains, en sa compaignie li petis senescaus d’Eu, messires Guillaume Martiel, messires Bracques de [Braquemont], li sires de Troci, messires Perchevaulx d'Ainneval, li Bègues d’Iveri, messires Lancelos de [Lorris] et pluiseurs autres chevaliers et escuiers. Et soutilloient ces gens d’armes nuit et jour comment il peuissent adamagier et porter contraire à chiaulx de Chierebourch, dont messires Jehans de Harleston estoit cappitains. Chil de la garnisson de Chierebourch issoient souvent hors, quant bon leur sembloit, car il pooient, et pueent, toutes fois que il leur plaissoit, chevauchier à la couverte que on ne sot riens de leurs issues pour [les] grans bois où il marcissent, car il ont fait une voie et tailliet à leur vollenté, que il pueent issir hors et chevauchier sur le païs en Normandie sans le dangier des François. Et avint en celle saisson que li François chevauchoient, et euls ossi, et riens ne savoient li uns de l'autre, et tant que d’aventure il se trouvèrent ens ès bois en une plache que on dist Pestor. Lors que il se trouvèrent, enssi que chevalier et escuier qui se désirent à combatre, il [se] missent tout à piet à terre, excepté messires Lancelos de Loris. Cils demora sus son coursier le glave ou poing et la targe au col, et demanda une jouste pour l’amour de sa dame. Là estoit qui bien l’entendi : si fu tantos requelliés, car otant bien i avoit des chevaliers amoureus avoecques les Englès que il estoit; et me samble que messires Jehans Copelant, uns mout rades chevaliers, se mist à lui. Adonc esperonèrent il leurs deus chevaulx et se boutèrent l’un sus l’autre de plains eslais et se donnèrent sur les targes très grans horions. Là fu consieuwis messires Lancelos don chevalier englès par tel manière que il li perça le targe et toutes ses armeures et li passa tout oultre le corps, et fu navrés à mort, dont che fu damages, car il estoit mout appers chevaliers, jones, jolis et amoureus, et fu là et ailleurs depuis mout plains. Adonc se boutèrent François et Englès li uns dedens l’autre, et se combatirent longuement de leurs glaves et puis des haces, et vinrent tout [à] main. Là furent bon chevalier de la part des François messires Guillaume des Bordes, li petis senescaulx d’Eu, messires Guillaumes Martiel, Brakes de Brakemont et tout li autre, et se combatirent vaillanment; et ossi fissent li Englès, messires Jehans de Harleston, messires Phelippres Picourde, messires Jehans Burlé, messires Jehans de Copelant et tout li autre. Et avint finablement que par bien combattre la journée leur demora, et obstinrent la place ; et furent tout pris li François, chevaliers et escuiers, et prist uns escuiers du Haynnau, qui s’appelloit Guillaumes de Biaulieu, messire Guillaume des Bordes. Si furent chil prisonnier menet en Chierebourcq, et là trouvèrent messire Olivier de Claiekin qui estoit prisonniers ossi » (Ibid., 138-140). Guillaume des Bordes fut interné à la tour de Londres, par un mandement adressé au connétable Alain de Buxhull, en date du 12 mai 1380 (Ibid., lxviii, note 4). (2 de la page 78.)

 Arrondissement de Valognes (Manche). Il n’y avait pas à Montebourg de château fort, mais on avait mis cette place en état de défense. On trouve la note suivante à la page LXVII du tom. ix de l’édition citée de Froissart :

« Guillaume des Bordes, capitaine général du Cotentin, passe le printemps de 1379 à solder les travaux de fortification de Montebourg, (Mus. Brit., Addit. Charters 10701-10712; Cheltenham 8670). (3 de la page 7 8.) Nous avons trouvé R. du Héquet tabellion en la vicomté de Saint-Sauveur-le-vicomte en 1384 (Arch. de la Manche, H. Blanchelande, 243).

 

 (13) Le bailli du Cotentin était Audoin Chauveron, nommé le 3 octobre 1375 (L. Delisle, Mandements de Charles V, no 1170). Il remplit cette fonction jusqu’en 1379 (Ibid., n°s 1303, 1327, p. 690, n. 1, 1563, 1747, et L. Delisle, Mémoire sur les baillis du Cotentin, dans Mém. de la Soc. des Ant. De Norm., xix. p. 104). Le 23 décembre 1382, Audoin Chauveron, docteur en lois, conseiller du roi, était garde de la prévoté de Paris {Ibid., p. 104, n. 10). Il l’était également le 18 janvier 1384 (L. Delisle, Le château et les sires de Saint-Sauveur-le-Vicomte, preuves, no 233, p. 320). Et il l’était encore le 28 juillet 1385 (Mém. de la Soc. des Ant. de Norm., p. 104, n. 10). « Un procès criminel lui fut intenté pour beaucoup de malversations qu’on lui imputait, tant comme bailli que comme prévôt; mais le roi, en janvier 1390 (n. s.), lui accorda des lettres de rémission » (Ibid., p. 104 et 105). Ces lettres de rémission ont été analysées par Secousse (Mémoires de l’Académie des inscriptions, t. xx, p. 490).

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