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PHystorique- Les Portes du Temps
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15 novembre 2025

Pour Noël 1201, le roi Jean sans Terre tint sa cour solennelle au château de Rouen, où l’assistait sa jeune épouse Isabelle d’Angoulême.

Jean sans Terre (John Lackland), roi d’Angleterre, règne depuis 1199, cherche à consolider ses alliances et son pouvoir face aux tensions avec la France (sous Philippe Auguste) et à l'intérieur de ses propres territoires.

 

Jean se trouve dans la région Cognac – Angoulême – La Rochelle.

 

Scandale féodal : Jean enlève littéralement (ou arrache légalement, selon la version anglaise) Isabelle d’Angoulême, héritière du comté d’Angoulême, est alors fiancée à Hugues IX de Lusignan, puissant seigneur poitevin.

 

 

24 août 1200 (fête de saint Barthélemy), mariage de Jean sans Terre et d’Isabelle d’Angoulême dans la chapelle castrale Saint George du château de Chinon.

 

Ce rapt matrimonial entraîne la colère des Lusignan, qui portent plainte auprès du roi de France Philippe Auguste ;

 

Isabelle est couronnée reine d’Angleterre à Westminster le 8 octobre 1200.

 

Conséquence :
→ Déclenche la rébellion des Lusignan
→ Philippe Auguste le cite à comparaître devant sa cour de vassal.

 

Septembre – Octobre 1201 : Chinon – Tours

  • Jean obtient l'appui du gouverneur Hubert de Burgh.
  • Il refuse de comparaître devant Philippe Auguste.

Novembre – Décembre 1201 : Normandie

  • Rouen, encore : il prépare sa défense juridique contre le roi de France.
  • Derniers actes de l’année datés Rouen et Caen.

 

Isabelle est à nouveau attestée dans la Maison de la Reine, à Caen.

Isabelle était une très jeune reine, entre 14 et 15 ans.

 

 

 

Noël 1201 à la cour de Jean sans Terre

Rouen, 25 décembre 1201

Palais ducal de Rouen (Normandie) – Jean y tient sa cour de Noël comme duc de Normandie.

Guerre imminente : Philippe Auguste a déjà confisqué les fiefs (avril 1202). Jean mobilise ses barons.

Présents : ~300 personnes : barons normands, chevaliers, clercs, ménestrels, serviteurs.

 

Déroulement de la fête (25–26 décembre)

5h Messe de l’Aube

Chapelle Saint-Étienne (palais). Jean et Isabelle assistés par l’archevêque de Rouen. Encens, chant grégorien.

 

7h Petit déjeuner royal

Pain blanc, vin chaud épicé, oie rôtie, fromage de Neufchâtel.

 

9h Conseil de guerre

Jean réunit 12 barons normands (ex. : Guillaume le Maréchal). Serments de fidélité renouvelés.

 

11h Grand banquet

Salle des Échiquiers (25 m x 10 m).

 

Menu

• Sanglier rôti aux pommes et miel

• Paon reconstitué (plumes remises)

• Tourtes au cygne

• Hypocras (vin + épices)

• Figues sèches, amandes

 

14h Chasse au cerf

Forêt de Roumare. Jean tire la première flèche. Cor de chasse, chiens.

 

17h Jeux & tournois

Cour du palais : joutes à la lance, tir à l’arc, lutte.

 

Récompenses

Bourses de 100 sous, fourrures d’hermine.

 

19h Souper de gala

Porc à la sauce cameline, pâtés de venaison, flans aux œufs.

 

21h Spectacle

Ménestrels normands : chansons de geste (Roland, Arthur).

 

Théâtre

Mystère de la Nativité (berger, rois mages).

 

23h Messe de minuit

Chapelle. Chœur de 12 moines. Jean offre un calice d’or à l’église.

 

Post-minuit Feu de joie

Cour intérieure : troncs de chêne, vin chaud distribué.

 

Décor & symbolique Plantagenêt

Léopards d’or sur fond rouge (armes d’Angleterre).

Tables Nappes blanches, sellettes d’argent, gobelets en vermeil.

Tenues Jean : manteau pourpre + hermine. Isabelle : robe verte brodée d’or.

Cadeaux

• Cheval de guerre à Guillaume le Maréchal

• Bijoux aux dames

• Pièces d’argent aux pauvres (tradition).

 

 

 

 

 

 

À la fin de 1201, Philippe Auguste (roi de France) cite Jean sans Terre à comparaître devant sa cour féodale à Paris, pour répondre aux plaintes de ses vassaux poitevins — Hugues IX et Hugues X de Lusignan, spoliés du mariage d’Isabelle d’Angoulême.

Jean refuse, arguant qu’il est roi souverain et non justiciable du roi de France.

Philippe prépare alors la confiscation du Poitou et de la Normandie.

 

En 1202, Hugues IX et son frère Hugues X se révoltent, soutenus par Philippe Auguste.

 

Le 4 janvier 1202 à Rouen, Jean sans Terre (John Lackland) est au cœur d’un moment capital de son règne : il agit en tant que roi d’Angleterre et duc de Normandie, et prépare la riposte à la rébellion poitevine déclenchée par le scandale de son mariage avec Isabelle d’Angoulême.

 

 

Château ducal de Rouen (Normandie) : D’après les Patents Rolls et Close Rolls, plusieurs actes datés de ce jour sont enregistrés :

 

1. Acte royal émis à Rouen

“Apud Rothomagum, quarto die Januarii, anno regni nostri tertio.”

(Rouen, le 4 janvier, troisième année de notre règne)

 

Plusieurs chartes concernent :

Des confirmations de tenures en Normandie et Anjou ;

 

Des ordres militaires en vue de renforcer les garnisons normandes (notamment à Falaise et Arques) ;

Une préparation diplomatique avant l’appel de Philippe Auguste.

 

4 Janvier 1202  Le Roi Jean sans Terre permet au prieur des Bénédictins de La Réole d'élever une forteresse et de fortifier leur fief de Cazes, sur les bords du Drot, et de rebàtir leur moulin d'Estournet.

 

 

Jean, roi d’Angleterre, duc d’Aquitaine et de Normandie, comte d’Anjou et de Chester, à tous ceux qui verront la présente charte, salut.

 Sachez que nous avons concédé et donné au prieur, aux religieux et au couvent du prieuré Saint-Pierre de La Réole, de l’ordre de Saint-Benoît,

— fief reçu de nos prédécesseurs, ducs d’Aquitaine, comme nous l’avons vérifié

—  l’autorisation de construire un château ou une forteresse sur leur fief, terre et domaine de Cazes, limité par le fleuve Dropt, les ruisseaux de l’Andouille et d’Estournet, et le fief d’Armeritil, où ils ont une maison et une grange, entourée de murs, tours, fossés, et de reconstruire leurs moulins sur le Dropt, appelés d’Estournet, et de les fortifier pour leur usage et leur défense. 

Nous interdisons à quiconque de leur causer du tort à ce sujet. 

Témoins : Guillaume le Maréchal (Pembroke), Guillaume comte de Salisbury, Henri comte de Bedford, Pierre et Jean de Pratelle, chevaliers.

Donné à Rouen, par la main de Simon, archidiacre.

 

Le 4 janvier, en la 3e année de notre règne (1202).

Scellé de cire rouge, sceau intact.

 

 

 2. Lettre à Guillaume des Roches (sénéchal d’Anjou)

Instruction d’assurer la fidélité des barons angevins et de se tenir prêt à défendre la frontière sud (Tours–Saumur–Poitiers).

 

3. Ordre de paiement à Rouen

À l’échiquier normand, paiement d’hommes d’armes et renforts “ad defensionem ducatus”.

 

 

Il s’agit de l’un des derniers actes royaux de Jean en Normandie avant la confiscation (1204).

 

 

 

 Le château de Rouen en 1202 : description historique fidèle

En janvier 1202, le château de Rouen (appelé Château Bouvreuil ou Tour de Rouen) est la résidence principale du duc de Normandie.

Il n’est pas encore le grand château philippien que Philippe Auguste fera reconstruire après 1204.

 

 

État du château en 1202 (sous Jean sans Terre)

Nom : Château ducal de Rouen ou Tour de Rouen

Origine : Construit vers 950–1000 par les ducs de Normandie (Richard Ier ou Richard II).

 

Une forteresse ducale antérieure (mot­te castrale + bâtiments en pierre)

Le château primitif des ducs de Normandie, longtemps appelé castellum Rothomagensis, est attesté dès le Xe siècle sous Richard Ier et Richard II.

 

Morphologie vers 1100–1200

  • Une grande motte (probablement haute de 10–15 m, aujourd’hui disparue) près du front nord de la ville.
  • Un palais ducal en pierre, plusieurs fois reconstruit.
  • Une enceinte castrale intégrée à l’enceinte urbaine, mais plus ancienne.

 

Éléments probables :

  • Une aula (grande salle) ducale en pierre — mentionnée dans plusieurs chartes. Grande salle (aula) chauffée par 3 foyers géants. 
  • Une chapelle castrale dédiée à la Sainte-Trinité.
  • Des bâtiments résidentiels (chambres, cuisine, celliers).
  • Une porte fortifiée tournée vers la ville.
  • Un fossé interne séparant le château du reste du bourg.

 

 Cette structure ressemble davantage à un palais carolingien fortifié qu’à une forteresse concentrique du XIIIe siècle.

 

 

 

 2. L’enceinte urbaine réutilisée comme rempart du château

Les ducs de Normandie n’ont pas construit un grand château isolé, mais ont adossé leur quartier résidentiel à la vieille enceinte tardo-antique.

 

Avant 1202, Rouen est donc protégée par :

  • Une enceinte gallo-romaine (IIIe–IVe s.), haute de 8–10 m.
  • Renforcée aux Xe–XIe s. avec :
    • ouvertures bouchées
    • tours semi-circulaires reprises
    • fossé extérieur élargi

Le château ducal se trouvait à l’angle nord-ouest de cette enceinte.

 

 3. Pas encore de donjon circulaire : le gros donjon est postérieur (vers 1204–1210)

La tour Jeanne d’Arc, énorme donjon circulaire de 35 m, est une construction de Philippe Auguste, édifiée après la prise de Rouen.
Elle n’existe pas en 1201–1202.

 

 Le château ducal avant 1202 avait probablement :

  • soit une tour maîtresse quadrangulaire, donjon carré en pierre, ~25 m de haut)
  • soit une tour en bois sur motte, remplacée partiellement par la suite.

 

 

4. Aspect en 1201–1202 (époque de Jean sans Terre)

Quand Jean sans Terre est à Rouen le 4 janvier 1202, le château ressemble à :

 Un palais-forteresse ducal, pas un château philippien :

  • Bâtiments en pierre organisés autour d’une cour.
  • Motte encore visible mais en déclin.
  • Tour(s) rectangulaire(s) de défense.
  • Chapelle castrale romane.
  • Remparts urbains intégrés à la défense du château.
  • Porte fortifiée donnant accès au quartier ducal.

 

Un ensemble proche de :

  • Caen vers 1150,
  • Falaise avant la reconstruction capétienne,
  • Lillebonne (palais ducal),
  • Rouen « le vieux château » (sources toponymiques).

 

Résumé schématique (avant 1202)

Éléments certains :
Motte castrale primitive
Bâtiments ducaux en pierre
Chapelle castrale
Enceinte tardo-antique renforcée
Fossés aux abords
Bâtiments résidentiels (aula, camera, cellier)

 

Éléments absents :
Pas de donjon circulaire

Pas d’enceinte philippienne


Pas de château séparé de la ville

 

 

 

 

 

Fin janvier 1202 : Jean est cité une nouvelle fois à Paris, mais ne se présente pas.

« Le roi des Francs avertit Jean, roi d’Angleterre, en tant que son homme lige, qu’il vienne à Paris quinze jours après la Pâques prochaine, pour le comté de Poitou, le comté d’Anjou et le duché d’Aquitaine, afin de répondre suffisamment aux griefs que le roi des Francs formulerait contre lui. »

 

« Rex Francorum Johannem, regem Anglie, submonuit sicut hominem suum ligium quod pro comitatu Pictavensi et Andegavensi et pro ducatu Aquitanie, .xv. diebus ab Pascha instanti revolutis, Parisius veniret, super his que rex Francorum adversus eum proponeret sufficienter responsurus » (§ 138, dans Delaborde, Œuvres de Rigord et de Guillaume le Breton, I, p. 151).

 

 

28 avril 1202 : Paris

Philippe Auguste convoque Jean sans Terre à sa cour pour répondre du rapt d’Isabelle d’Angoulême. Jean refuse.

Rigord, Gesta Philippi

« Comme le roi d’Angleterre n’avait nullement voulu acquiescer aux ordres ni aux prières du roi de France, il fut convoqué par les grands du royaume de France, en tant que comte d’Aquitaine et d’Anjou, afin qu’il vienne à la cour de son seigneur le roi de France et se soumette au jugement de sa cour, pour répondre à son seigneur des injures infligées et obéir au droit que ses pairs décréteraient. »

 

« Cum rex Anglie nullatenus mandatis aut precibus régis Francie adquie- scere vôluisset, summonitus est per proceres regni Francorum quasi comes Áquitanie et Andegavie quatinus ad curiara domini sui régis Francie veniret et judicium curie sue subiret, domino suo de illatis injuriis responsurus et juri quod pares sui decernebant pariturus » (Chronicon anglicanum, éd. Stevenson, p. 135-136).

 

Philippe Auguste déclare la commise de la Normandie et du Poitou.

 

 

28 avril 1202 Jean Sans Terre convoqué à la cour de France afin de répondre des charges portées contre lui.

 

 

Juin 1202 : Normandie

Philippe envahit la Normandie orientale avec ~3 000 hommes (chevaliers, sergents, arbalétriers).

Guillaume le Breton

 

Été 1202 : Boutavant, Argueil, Mortemer

Prise rapide de ces châteaux-frontière par surprise ou siège court.

Annales de Jumièges

 

Juillet 1202 : Gournay-sur-Epte

- Philippe inonde la ville en rompant les digues du lac de Gournay (technique de guerre courante).

- Il prend la ville, rase partiellement les défenses, puis les relève en pierre (murs crénelés, tours).

Rigord, Chronicon Normanniae

 

 

Août 1202 : Gournay

Philippe arme chevalier Arthur de Bretagne (15 ans) et lui promet sa fille Marie en mariage (alliance contre Jean).

Guillaume le Breton, Margam Annals

 

 

 

 

Décembre 1203 : Jean fuit la Normandie pour l’Angleterre.

1204 : Chute de Rouen → la Normandie passe à la France.

 

 

Après 1204 : Philippe Auguste détruit une partie du château en 1204.

Il fait construire le nouveau Château de Rouen (tour philippienne ronde, encore visible aujourd’hui : Tour Jeanne d’Arc).

 

 

Chinon 24 août 1200 - Chapelle Saint George du château de Chinon, mariage du roi d’Angleterre, Jean sans Terre et Isabelle d’Angoulême.<==

 

 

Historique du château de Caze

Le château de Caze est un ensemble médiéval situé à Saint-Sulpice-de-Guilleragues, dans le département de la Gironde.

 Il se trouve à l'ouest de la commune, le long d'une route vicinale reliant la route départementale D668 (La Réole–Monségur) au bourg.

 

Du XIe au XVIe siècle, le fief appartient au prieuré de La Réole.

L'édifice forme un rectangle dont les faces les plus larges sont orientées au nord et au sud.

Une tour de même largeur s'appuie à l'est, contre ce bâtiment principal.

L'ensemble est éclairé par de larges fenêtres à ogives ou à meneaux.

Deux fragments de tours rondes sont les seuls vestiges de l'enceinte médiévale et constituent aussi, selon les sources, les seuls éléments subsistants du château construit à l'origine au XIVe siècle.

L'intérieur du logis est divisé en trois parties reliées par de grandes arcatures.

Les vestiges des tours de l'enceinte sont inscrits au titre des monuments historiques par arrêté du 6 septembre 2007.

Des ressources documentaires et iconographiques existent, notamment la base Mérimée, la fiche de la DRAC Aquitaine (consultée le 3 octobre 2011) et des photographies datées (vue du nord, août 2010 ; vue sud‑est, novembre 2011).

 

Le fief de Cazes, appartenait en 1545 à Jean Dupuy et à Marguerite de Condomine, son épouse; ils en rendirent hommage, le 21 juin, même année, au prieur de Saint-Pierre de La Réole, Louis d'Albret.

 Les Bénédictins, d'après les actes capitulaires de ce monastère, l'aliénèrent en décembre 1557.

 Au moment de la Révolution, la seigneurie de Cazes était la propriété de la famille Pardailhan de Bacalan.

 Il n'existe plus du château que quelques ruines.

D'après le cadastre, le domaine de Cazes contenait 241 hectares.

 

 

 

Joannes  rex Angliæ, dux Aquitaniæ et Normaniæ, comes Cenonensis et Cestriæ omnibus ad quos prœsens rescriptum pervenerit salutem sciant nos concessisse et donasse priori, religiosis et conventui prioratus Sti Petri de Regula, ordinis Sti Benedicti a praedecessoribus nostris Aquitaniæ ducibus, pro ut comperimus feudati congedium castri seu propugnaculi oedificandi in eorum feuda, terra et dominio de Cazis, ab flumine de Drot, rivulis de l'Andouille et d'Estournet et feudo d'Armeritil, limitatum et confrontatum, ubi habent domum, trabeam, muro, turribus, vallo que vallari molendinaque sua in proedicto flumine de Drot vocata d'Estournet reedificari et ad usum suum et suorum tutamen fortificari, et prohibimus ne quis super his gravamen inferat. Præsentibus Guilhelmo Marescallo Penubrice, Guilhelmo comite Labilensi, Henrico comite de Bedfort, Petro et Joanne de Pratollis militibus. Datum Rothomaji, per manus Simonis archidiaconis, die quartâ introitus mensis Januarii, regni vero nostri tertio.

Sigillatum cera rubea non vitiato sigillo.

Archives de M. Dupin, à La Réole copie du XIIIe siècle, sur parchemin.

 

 

 

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