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PHystorique- Les Portes du Temps
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19 septembre 2025

Vente du château de Surgères le 2 juin 1795 - Ambroise-Polycarpe de La Rochefoucauld (1765-1841)

Le 2 juin 1795 (13 floréal an III) fut mis en vente, par les administrateurs du district de Rochefort, le château de Surgères et ses dépendances dont le propriétaire avait émigré, Ambroise de la Rochefoucault.

Sa mère, Anne de Chauve- lieu, veuve de Jean de la Rochefoucault, comte de Surgères, se rendit adjudicataire du château pour la somme de 386.000 francs par l'intermédiaire de Philippe Levallois. La comtesse se libéra de cette somme suivant trois quittances que lui délivra Dubois, le receveur des domaines de Rochefort le 9 messidor an III, 5 brumaire et 19 germinal an IV.

 

Ambroise-Polycarpe de La Rochefoucauld (1765-1841), Duc de Doudeauville, Duc de Bisaccia, Duc d'Estrées, 7e marquis de Surgères, est le membre de la famille La Rochefoucauld lié au château de Surgères dont il hérite en tant que propriétaire avant la Révolution française.

Fils de Jean-François de La Rochefoucauld (1735-1789), 5e marquis de Surgères (et non comte, comme indiqué dans certains documents administratifs simplifiés de l'époque), et d'Anne-Sabine-Rosalie de Chauvelin (souvent appelée Anne de Chauvelieu dans les sources locales), il est également connu comme 1er duc de Doudeauville et grand d'Espagne.

 

 

Biographie succincte

Naissance et jeunesse : Né le 2 avril 1765 à Paris, il entre jeune au service militaire comme sous-lieutenant de dragons en 1781, servant dans l'armée royale jusqu'en 1792 où il atteint le grade de major en second de cavalerie.

 

Mariage : Épouse en 1779 (à 14 ans) Bénigne Augustine Françoise Le Tellier de Louvois de Montmirail (1764-1849), descendante de Louvois, ce qui lui apporte le titre de duc de Doudeauville (créé en Espagne en 1782 et reconnu en France plus tard).

 

Pendant la Révolution : Fidèle à la monarchie, il émigre en 1792 pour éviter la guillotine, voyageant à travers l'Europe pour "s'instruire" tout en fuyant les persécutions contre la noblesse.

Cela entraîne la confiscation de ses biens, dont le château de Surgères et ses dépendances, vendus comme biens nationaux le 2 juin 1795 (13 floréal an III) par les administrateurs du district de Rochefort.

 

Retour et carrière : Il rentre en France sous le Consulat (vers 1800), mais reste discret en politique jusqu'à la Restauration bourbonienne. Nommé pair de France en 1814, il devient ministre de la Maison du Roi (1821-1827) sous Charles X, s'engageant dans des œuvres philanthropiques (hôpitaux, distributions aux pauvres). Opposé à la Révolution de 1830, il démissionne et se retire de la vie publique, mourant le 2 juin 1841 à Montmirail des suites d'une maladie (calculs rénaux).

 

 

 

Héritage et famille : Père de plusieurs enfants, dont Louis-François-Sosthène (1785-1864), 2e duc de Doudeauville. La branche de Surgères reste liée au château, symbole du pouvoir des La Rochefoucauld en Aunis (Charente-Maritime). Son grand-père paternel, Alexandre-Nicolas, était déjà marquis de Surgères et loué par Voltaire.

 

 

 

 

Vente du château de Surgères le 2 juin 1795 (13 floréal an III)

Vente du château de Surgères et de ses dépendances, mise en œuvre le 2 juin 1795 (13 floréal an III) par les administrateurs du district de Rochefort, dans le contexte de la Révolution française.

 Voici une analyse détaillée et concise avec un éclairage historique et des précisions sur les acteurs et le processus.

 

Contexte historique

Période révolutionnaire : En 1795, sous la Convention thermidorienne (après la chute de Robespierre en juillet 1794), la France est en pleine réorganisation.

Les biens des émigrés, considérés comme traîtres à la République, sont confisqués et vendus comme biens nationaux pour renflouer les caisses de l’État.

 

Surgères et Rochefort : Surgères, petite ville en Aunis (actuelle Charente-Maritime), possède un château médiéval, propriété de la famille noble des La Rochefoucauld.

Rochefort, siège du district administratif, gère ces ventes dans la région.

 

Ambroise de La Rochefoucauld : Propriétaire émigré, probablement Ambroise-Henri de La Rochefoucauld, fils de Jean de La Rochefoucauld, comte de Surgères. Son émigration, courante parmi les nobles pendant la Révolution, entraîne la saisie de ses biens.

Il est possible qu’il ait rejoint les armées contre-révolutionnaires (ex. : armée des émigrés à Coblence) ou trouvé refuge à l’étranger (Angleterre ou Allemagne). Son retour après la Révolution aurait pu bénéficier du rachat par sa mère.

 

Anne de Chauvelieu : Mère d’Ambroise, veuve de Jean de La Rochefoucauld, comtesse de Surgères.

Son rôle actif suggère qu’elle est restée en France, peut-être à Surgères ou Rochefort, et a su naviguer dans le climat politique instable pour protéger les intérêts familiaux. Elle intervient pour racheter le château, une pratique fréquente où des proches restés en France tentaient de récupérer les biens familiaux via des intermédiaires.

Elle rachète le château pour 386 000 francs via l'intermédiaire Philippe Levallois, en trois versements confirmés par le receveur Dubois.

 

Détails de la vente

Date : 2 juin 1795 (13 floréal an III, selon le calendrier républicain).

Objet : Le château de Surgères et ses dépendances, confisqués en raison de l’émigration d’Ambroise de La Rochefoucauld.

Adjudicataire : Anne de Chauvelieu, veuve de Jean de La Rochefoucauld, agit via un intermédiaire, Philippe Levallois, pour racheter le bien. L’utilisation d’un prête-nom était courante pour éviter les soupçons, les nobles étant souvent surveillés par les autorités républicaines.

Montant : 386 000 francs, une somme importante reflétant la valeur du château et de ses terres, bien que la monnaie (assignats) soit dévaluée en 1795 en raison de l’inflation révolutionnaire.

Paiement : La comtesse s’acquitte de la somme en trois versements, confirmés par des quittances délivrées par Dubois, receveur des domaines de Rochefort :

  • 9 messidor an III (27 juin 1795).
  • 5 brumaire an IV (27 octobre 1795).
  • 19 germinal an IV (8 avril 1796).

 

 

 

Analyse et implications

Stratégie familiale : Anne de Chauvelieu rachète le château pour préserver le patrimoine familial, probablement dans l’espoir de le transmettre à son fils Ambroise ou à d’autres héritiers une fois l’émigration levée. Ce type d’achat par des proches était risqué mais fréquent, car les autorités pouvaient suspecter une fraude (les émigrés n’avaient pas le droit de récupérer leurs biens directement).

Rôle de Philippe Levallois : Cet intermédiaire, peut-être un homme de confiance ou un agent local, agit comme prête-nom pour masquer l’implication directe de la comtesse, une pratique courante pour contourner les restrictions légales.

Contexte économique : Les 386 000 francs sont payés en assignats, dont la valeur réelle est bien inférieure à cause de l’inflation galopante. Cela rend l’achat relativement avantageux pour les acheteurs disposant de liquidités, mais lourd pour l’État, qui reçoit une monnaie dépréciée.

 

Le château de Surgères : Ce château médiéval, datant du XIIe siècle et remanié au fil des siècles, était un symbole du pouvoir des La Rochefoucauld dans la région. Sa vente reflète la redistribution des propriétés nobles pendant la Révolution, bien que son rachat par la comtesse montre la résilience de certaines familles aristocratiques.

 

 

État du château : En 1795, le château est encore un bien de valeur, mais il a pu subir des dégradations pendant les troubles révolutionnaires (pillages, occupations). Son rachat garantit sa préservation pour la famille.

 

 

Après 1796, les La Rochefoucauld récupèrent probablement le château officiellement sous le Consulat ou la Restauration, lorsque les lois sur les émigrés sont assouplies.

 

Période Contemporaine - La Révolution 1789 / 1795<==....

Les seigneurs de Surgères, une commune historique de l'Aunis en Charente-Maritime (France), forment une lignée noble remontant au Moyen Âge, principalement issue de la maison de Maingot (ou Mangot).

Cette famille puissante contrôla la seigneurie dès le XIe siècle, jouant un rôle clé dans les conflits locaux, les croisades et l'administration poitevine.

La baronnie de Surgères, fortifiée contre les invasions normandes, fut un fief stratégique sous les comtes de Poitiers, puis passa par alliances et successions à d'autres familles jusqu'au XVIIIe siècle.

 

Origines et lignée principale (Maingot de Surgères)

  • Hugues Maingot (XIe siècle) : Attribué comme fondateur de l'église Notre-Dame de Surgères (style roman saintongeais) vers le second quart du XIe siècle, sous l'autorité des abbés de Vendôme et au nom du comte de Poitiers. Il est considéré comme l'un des premiers seigneurs, avec son épouse Pétronille.

 

 

  • Guillaume Ier Maingot (vers 1000-1060) : Qualifié d'"homme illustre" (vir clarissimus), seigneur de Surgères dès 1060.

 ==> L'AUMONERIE DE SAINT-GILLES DE SURGÊRES (1105-1447)

 

  • Guillaume III Maingot (vers 1120-1177) : Chevalier, seigneur de Surgères et de Dampierre-sur-Boutonne, sénéchal du Poitou. Il épousa Berthe de Rancon (fille de Geoffroy de Rancon, seigneur de Taillebourg). Fondateur d'un hôpital à Surgères en 1171. Père de plusieurs fils, dont Hugues de Surgères (vicomte de Châtellerault).

==> Les Seigneurs de Surgères, Aliénor et Richard d’Aquitaine - la porte Renaissance du château et la tour d’Hélène de Fonséque

 

  • Guillaume IV Maingot : Successeur, chevalier, seigneur de Surgères. 
  • Guillaume Maingot (début XIIIe siècle) : Chevalier, seigneur de Surgères, Dompierre-sur-Boutonne et Azay-sur-Cher. Combat à la bataille de Bouvines (1214) sous Philippe Auguste.

 

 

  • Guillaume VI Maingot (XIIIe siècle) : Père de branches cadettes, comme Hugues de Surgères (seigneur de la Bougueraine, du Breuil, etc., vivant en 1296).

 

 

La maison Maingot se divisa en branches : Surgères principale, Granges de Surgères, et La Flocelière (qui reprit le nom de Surgères). Geoffroy de Surgères, un fils de Guillaume III, fonda la branche des seigneurs de Granges. 

 

Les Maingot perdirent la seigneurie au milieu du XIVe siècle.

 

 

Branches et successions ultérieures

  • Antoine de Clermont (mort en 1461) : Seigneur de Surgères, marié à Catherine de Lévis-Mirepoix et Jeanne d'Amboise.

 

 

  • Famille de Fonsèque (XVIe siècle) : Charles de Fonsèque rebâtit le château en 1576 après les guerres de religion. Sa fille Hélène de Fonsèque (1546-1618), muse de Pierre de Ronsard (célèbrée dans le "Sonnet pour Hélène"), fut dame de Surgères et fonda un hospice.

 

 

  • Maison de La Rochefoucauld (XVIIe-XVIIIe siècles) : Isaac de La Rochefoucauld épousa Hélène de Fonsèque en 1600, apportant la seigneurie à cette branche. Parmi les figures notables : François de La Rochefoucauld (construit le logis du XVIIIe siècle) ; Alexandre-Nicolas (1709-1760), 4e marquis de Surgères, lieutenant général ; Ambroise-Polycarpe (1765-1841), 6e marquis et 1er duc de Doudeauville.

 

  • La dynastie vendit le château en 1832 au baron Coupé, puis à la ville en 1856.

 

Généalogie des seigneurs de SURGERES, de la FLOCELIERE, GRANGES et du PUYCHENIN.<==...

 

Héritage

Les seigneurs de Surgères laissèrent un patrimoine majeur : le château (enceinte médiévale, Tour Hélène, porte Renaissance), l'église Notre-Dame (XIe siècle, avec crypte-sépulture des Maingot, profanée à la Révolution), et une histoire liée aux Plantagenêts, aux croisades et aux guerres de Cent Ans.

 

 

Des généalogies détaillées existent dans des ouvrages comme Histoire généalogique de la maison de Surgères de Louis Vialart (1717).

 

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