Canalblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
PHystorique- Les Portes du Temps
TRADUCTION
Derniers commentaires
8 août 2024

Aout 1521 Jouviont, abbé de St-Martial - Mystère joué à Limoges place dite Dessous-les-Arbres, dans le cimetière du monastère de St-Martial

En Limousin, jusqu'au milieu du XVIe siècle, le goût des représentations scéniques fut extrêmement vif.

A Limoges les bourgeois, de concert avec le clergé, jouaient, chaque année, un ou plusieurs mystères, dont les sujets étaient toujours puisés dans l'ancien ou le nouveau Testament.

Pendant la durée de la représentation, qui, dans cette ville, avait lieu sur la place dite Dessous-les-Arbres, dans le cimetière du monastère de St-Martial, les religieux et les consuls s'accordaient pour que la justice fût exclusivement rendue par ceux-ci, car l'endroit occupé par le théâtre dépendait de la juridiction de l'abbaye.

Le document que nous donnons ici, extrait d'un des registres dans lesquels les consuls inscrivaient les actes de leur administration, fait connaître et les préparatifs faits pour une de ces représentations sacrées, et les règlements de juridiction qu'elles motivaient :

 Aussi est à noter que aucuns notables personnaiges, comme gens d'esglise, consuls, bourgeois, marchands et autres gens ayans bon zel au faict politique, et pour augmenter la foy catholique, delibererent en l'an dessoubs escript se former par représentation de personnaiges la aspre passion de nostre Saulveur Jesus-Christ, laquelle fut jouée auctentiquement et moult richement ; et commensa le segoud dimanche d'aoust l'an mil V cent XXI, et finit le segond jour du moys de septembre.

Lequel mistere fust joué en la place communément nommée Dessoubs-les-Arbres ; et les escheffaulx furent fais fort somptueusement et richement tous couverts de toilles , lesquels coustèreut environ troys mil livres tournoys ; et fust faict appoinctement entre nosdicts seigneurs les consuls et reverend pere en Dieu monsieur l'abbé de St-Martial, frère Albert Jouviont et les religieux touchant le différend que pourroist advenir de l'exercice de la justice durand ledict mistere, lequel fut passé par nostre greffier criminel maistre Mart. Baudin; et audict mistere joua Dieu M de Vittereal, et Nostre-Dame joua Estienne Baud.

S'ensuyt la teneur de l'appoinctement faict entre reverend pere en Dieu frère Albert Jouviont, abbé de St-Martial, et les religieux, touchant le mistere de la passion nostre Saulveur Jésus-Christ.

Saichent tous présents et advenir que, pardevant le notaire et greffier criminel et tesmoingts cy-ampres nommés, sont estés présents et personnellement constitués reverend pere en Dieu frere Albert Jouviont…... et honorables Mart. Martin, Pierre Lamothe, Guille Joye, Albert Baignol, Jehan de Batester, Math. Duboys, Hélias Duboys et François de Julien, consuls de cette présente année de la ville de Limoges, tant pour eulx que pour honnorables maistres François Durand, licencié es lois, Jacques Benoist, Pierre Romanet et Leonard Lagorce, consuls , leurs compaignons absens.

D'aultre part, les dictes parties, de leur bon gré et liberalle volunté , ont consenti que les actes de justice, mere, mixte, impere, et ce qui en deppend, requis de faire pour le bien de la justice sans contradiction procedant du droit pretendu desdicts abbés religieux, se feront au nom desdicts consuls, en la place appellée Dessous-les-Arbres dudict monastere de St-Martial, pendant le temps que le mistere de la passion nostre Seigneur Jesus-Christ ceste presente année se jouera ; en protestation expresse faicte entre lesdictes parties que, par quelque acte ou exercisse de justice ou juridiction soit en général et en particulier, et en quelque fasson ou mainiere que se puisse estre, contre quelconques personnes de quelque estat ou condition que soient, que soit ou puisse estre faict par lesdicts consuls ou leurs officiers, sergens et aultres commis et depputés ou aucun d'eulx, tant en général qu'en particulier, par eulx, leurs officiers ou par leur commandement en ladicte place ou cimetierre communement appellé, comme dict est , Dessoubs-les- Arbres, joignant à ladicte esglise et monastere de St-Martial, durant les jours susdicts; et que en ladicte place sera fait et joué la présente année le mistere la passion Jésus-Christ.

 Lesdicts consuls n'entendent que par ce soit aucunement prejudicié aux droits, prérogatives et proeminences appartenans , et que lesdicts abbé et religieux prétendant leur compéter et appartenir, et ce au dedans de ladicte place, soit par droit de justice soit aultrement ; ains veulent que ce nonobstant lesdicts droits, prerogatives et proeminences appartenant auxdicts abbé, religieux et couvent, qu'ils pretendent si aucuns en ont, leurs soyent et à leurs successeurs gardés et demeurent saulves et entiers, tout ainsi et par la forme qu'ils sont à present ; et que lesdicts consuls ne puissent, pour raison de ce, pretendre leur estre attribués de nouveau, par ce moyen, aucun droit contre, ne au prejudice desdicts abbé, religieux et convent ou de leurs successeurs ; chascun ont voulu et cousenty que , ledict mistere parachevé, iceux abbé , religieux et convent soyent et demeurent des à present comme des lors, et des lors comme à present, en leurs droits tout ainsi qu'ils sont à present; et que pareillement les consuls soient en tels droicts que sont à present, tellement que, quelque acte de justice qui soit fait durant lesdicts jours en ladicte place, il ne soit en rien prejudicié auxdicts abbé, religieux ; et ledict mistere parachevé, lesdicts abbé, religieux et consuls soyent aux mesures, droicts, prerogatives et proeminences qu'ils sont, nonobstant ce droit et raison qui dit que protestation ne profite aucunement quant l'acte que l'on exerce est contraire a icelle protestation. Donné et fait, etc.

  1. L. (2e registre consulaire.)

Caritas Christi urget nos Evêque de Limoges

Albert II de Jovion gouverna peut-être pendant 33ans. Il mourut et fut inhumé le 29 mai 1523.

Mathieu de Jovion, fit son entrée solennelle à Limoges en 1523.

En 1535, sous l'impulsion de l'abbé Matthieu de Jovion, l'abbaye bénédictine de Saint-Martial de Limoges est sécularisée et devient une collégiale de chanoines.

Elle décline tout au long de la période moderne, et ses bâtiments se dégradent, malgré quelques efforts ponctuels pour relever telle ou telle partie. Ainsi, la chapelle Saint-Benoît, confiée à la grande confrérie de saint Martial se voit restaurée par ses membres jusqu'à en faire « la plus élégante de toutes les constructions du monastère [...], une charmante construction toute à jour, en style gothique, qui reproduisait la forme et les dimensions de la Saint-Chapelle de Paris ».

Les chanoines manquent régulièrement d'argent ; en 1730, ils vendent une partie de la bibliothèque au roi de France Louis XV15.

Dès 1745, une partie des bâtiments conventuels est démolie.

L'abbatiale est à son tour démantelée à la suite de la sécularisation des biens du clergé à la Révolution française, après 1791.

Les vestiges archéologiques sont inscrits au titre des monuments historiques par arrêté du 12 mars 2019 (WIKI)

Commentaires
PHystorique- Les Portes du Temps