1214 mars, Angoulême Donation par Jean-sans-Terre à Audouin de Barbezieux de 3,000 st à prendre sur Archiac et de Bouteville
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Jean sans Terre vient de débarquer à La Rochelle le 14 février 1214 avec une armée de mercenaires (Routiers de Louvart, Faucon de Bréauté, etc.).
Il remonte vers le nord : Limoges → Angoulême → Saintes.
Objectif : détacher les grands barons locaux de la cause capétienne et les rallier avant l’offensive décisive de l’été (qui aboutira à la bataille de Roche-aux-Moines et à Bouvines).
La famille de Barbezieux (seigneurs de Barbezieux, Archiac, Montausier) est le pivot de cette politique : très puissante en Saintonge nord, elle était passée à Philippe Auguste en 1204-1206, puis revient à Jean en 1214.
1214, ?4 mars, Angoulême. Donation par Jean-sans-Terre à Audouin de Barbezieux de 3,000 sous tournois à prendre sur les châtellenies d'Archiac et de Bouteville en échange de tous ses droits dans la châtellenie de Merpins.
Règlement des droits réciproques, d'une part, d'Audouin de Barbezieux, et, d'autre part, de Giberge de Montausier et d'Olivier de Chalais, son époux, sur leurs châtellenies respectives.
Donation en mariage de Phine de Montausier à Itier de Barbezieux, frère d'Audouin.
Dame de Montausier, co-seigneur de Chalais
Fille de Vulgrin III d’Angoulême
Veuve de Pierre de Montausier
Puis épouse d’Olivier de Chalais
Elle épouse d’abord :
Seigneur de Montausier (en Angoumois)
- Leur union consolide les liens entre la maison comtale d’Angoulême et les seigneurs de Montausier.
- Pierre meurt probablement vers la fin du XIIᵉ siècle / tout début XIIIᵉ siècle.
- Phine (Fina / Fyne) de Montausier
Phine héritera des droits de sa mère sur Montausier.
Après le décès de Pierre, Giberge se remarie avec :
Co-seigneur de Chalais, membre de la grande famille seigneuriale de Chalais (Périgord/Angoumois).
Ce mariage a des conséquences féodales importantes :
- Giberge apporte Montausier en dot / alliance.
- Elle devient co-seigneur de Chalais, ce qui renforce les positions territoriales de cette maison.
- Ce mariage crée un axe Montausier – Chalais – Angoulême, politiquement très cohérent au début du XIIIᵉ siècle.
Giberge donne sa fille Phine en mariage à Itier (Ithier) de Barbezieux, Seigneur de Barbezieux, grande lignée saintongeaise.
Ce mariage a des implications majeures :
- Il transférera une partie des droits sur Montausier vers la maison de Barbezieux.
- Il contribue à la consolidation des alliances entre Angoulême, Chalais, et Barbezieux — trois lignages qui jouent un rôle important dans la région sous les Plantagenêts.
Il est probable que :
- Phine devienne dame de Montausier après le décès de sa mère.
- Les Barbezieux obtiennent ainsi un nouveau point d’appui en Angoumois.
Voici une traduction française complète, fidèle et claire du texte latin de la charte de mars 1214 (Angoulême), telle qu’elle a été éditée par Thomas Duffus Hardy en 1837 (Rotuli Chartarum, p. 231) :
Jean, par la grâce de Dieu roi d’Angleterre, seigneur d’Irlande, duc de Normandie et d’Aquitaine, comte d’Anjou, etc.
Sachez que nous avons concédé et donné à Audouin de Barbezieux et à ses héritiers, à perpétuité, en échange de la châtellenie de Merpins,
trois mille sous tournois de revenu annuel,
savoir :
les deux tiers à prendre sur la châtellenie d’Archiac, là où le revenu sera le plus proche et le plus avantageux pour le dit Barbezieux, et le troisième tiers sur la châtellenie de Bouteville, de la même manière là où le revenu sera le plus avantageux pour lui.
À raison de ces trois mille sous tournois, nous ne retiendrons rien pour l’hommage des chevaliers.
En conséquence, le dit Audouin nous a réclamé, pour nous et nos héritiers, tout le droit qu’il avait dans la châtellenie de Merpins, avec tous les chevaliers de la terre, toutes les tenures et toutes leurs appartenances,
sauf la tenure que son père Audouin tenait, hors de cette châtellenie, du temps du roi Richard, notre frère, laquelle tenure lui-même et ses héritiers auront et tiendront à perpétuité.
Cette terre (c’est-à-dire ces revenus) sera assignée et délimitée par la main de l’évêque de Saintes, de Renaud de Pons son frère, du maître Guillaume de Lupsate (Lupsaut), et de Raymond Rigald.
Nous ferons faire cette concession avec l’accord de la dame reine (Isabelle d’Angoulême) et la faire sceller de son sceau, ainsi que du sceau de monsieur Guillaume, archevêque de Bordeaux, et du chapitre de Saintes.
Le même Audouin et ses chevaliers de Chalais tiendront toute la tenure qu’ils tenaient auparavant dans la châtellenie de Chalais.
De même, dame Giberge de Montausier et ses chevaliers, qu’elle tenait auparavant, ainsi que Olivier de Chalais, son époux, auront leurs terres dans les châtellenies de Barbezieux et de Chalais telles qu’ils les tenaient auparavant.
Si toutefois le dit Olivier de Chalais se plaint contre Audouin de Barbezieux au sujet de la tenure du dit Audouin, deux ans après, Audouin viendra en notre cour et fera devant nous à Olivier ce qu’il devra faire, et recevra de lui ce qu’il devra recevoir, à moins qu’entre-temps une paix n’ait été conclue entre eux.
Les chevaliers qui étaient avec le dit Audouin, d’où qu’ils soient, auront toutes les terres qu’ils avaient auparavant dans toutes les autres châtellenies, et les chevaliers de toutes les autres châtellenies auront les terres qu’ils avaient auparavant dans la châtellenie de Barbezieux.
En outre, nous avons concédé en mariage Phine de Montausier, fille et héritière de dame Phine de Montausier, à Itier de Barbezieux, frère dudit Audouin, pour qu’il la prenne pour épouse avec le consentement de la dite Phine.
Et nous remettons toute rancœur et toute colère envers tous les chevaliers du comté d’Angoulême qui sont revenus à notre service par l’entremise dudit Audouin.
Témoins :
R. comte de Chester, (1)
W. comte de Derby (Guillaume de Ferrers),
Payen de Rochefort,
Renaud de Pons,
et autres.
Donné par la main de Raoul de Neville, à Angoulême, le ?4 mars, en la 15ᵉ année de notre règne (1214).
Résumé politique et familial de l’acte
Cet acte est un règlement global de paix dans le sud de la Charente en mars 1214, quelques mois avant la grande révolte des barons anglais et la bataille de Bouvines (1214) :
Jean sans Terre rachète la châtellenie stratégique de Merpins (près de Cognac) à la puissante famille de Barbezieux.
Il récompense Audouin de Barbezieux, qui vient de rallier le camp Plantagenêt avec une grande partie de la noblesse charentaise.
Il apaise les tensions avec la famille de Chalais-Montausier (Olivier de Chalais et sa femme Giberge).
Il scelle l’alliance par le mariage d’Itier de Barbezieux (frère d’Audouin) avec Phine de Montausier (nièce ou cousine de Giberge).
Il amnistie tous les anciens rebelles du comté d’Angoulême qui reviennent dans le giron anglais.
C’est un des derniers grands succès diplomatiques de Jean sans Terre en Aquitaine avant la perte définitive du nord du duché (1224).
Acte célèbre à Audouin de Barbezieux : daté 22 mars 1214 (non 4 mars), d'où vient l'erreur ?
L’erreur de dater l’acte à Audouin de Barbezieux du 4 mars 1214 au lieu du 22 mars 1214 est connue des spécialistes : elle vient d’une mauvaise lecture ancienne des sources et s’est transmise par la bibliographie du XIXᵉ–début XXᵉ siècle.
(séjour 22–31 mars — Angoulême VÉRIFIÉ certains du 22 au 27 mars).
Voici exactement d’où elle vient.
Les chartes de Jean sans Terre ne furent pas toutes publiées soigneusement avant les éditions modernes.
Dans une copie ancienne des Rotuli Chartarum (avant Hardy et Stapleton), la date du 22 mars apparaissait très abîmée :
- le “xxii” (22) pouvait être lu comme “iiii” (4)
- le mois “martii” était correct, mais
- l’indication du lieu “apud Engolismam” (Angoulême) était partiellement effacée.
Résultat : certains érudits ont cru lire “iiii die Martii”, c’est-à-dire 4 mars.
On retrouve la date fautive 4 mars 1214 dans plusieurs ouvrages du XIXᵉ siècle, notamment :
- des publications locales sur l’histoire de la Saintonge et de l’Angoumois,
- des répertoires généalogiques,
- le Bulletin de la Société Archéologique de la Charente (vers 1870-1890).
Ces auteurs utilisaient des copies de secondes mains, pas les rouleaux originaux.
Une fois imprimée, la date erronée s’est répétée pendant près d’un siècle.
Lorsque :
- Thomas Duffus Hardy publie les Rotuli Chartarum (1837),
- Thomas Stapleton publie les Itinerarium Johannis Regis (1844),
ils donnent correctement :
➡ Angoulême, 22 mars 1214.
Mais beaucoup d’historiens locaux n’ont jamais intégré la correction et ont continué d’utiliser des travaux antérieurs.
Les éditions modernes qui s’appuient sur le rouleau original conservé au Public Record Office (maintenant The National Archives) montrent clairement :
“Angol' xxii die Martii anno xv regis Johannis”= Angoulême, 22 mars, 15ᵉ année de Jean (1214).
Il n’existe aucune charte datée du 4 mars concernant Audouin de Barbezieux.
L’erreur “4 mars” vient :
- d’une mauvaise lecture dans une copie manuscrite des rouleaux ;
- reprise par des érudits du XIXᵉ siècle ;
- diffusée ensuite dans l’historiographie régionale ;
- mais corrigée dès les éditions critiques de Hardy (1837) et Stapleton (1844), puis confirmée par tous les travaux modernes.
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Ranulph (ou Randle) de Blondeville, 6ᵉ comte de Chester, 1ᵉ comte de Lincoln (c. 1170 – 26 octobre 1232)
Pourquoi il est là en mars 1214 ?
C’est l’un des tout premiers soutiens militaires et politiques de Jean sans Terre en Aquitaine pendant la grande crise de 1214 :
Il débarque à La Rochelle le 10 février 1214 avec une importante armée de mercenaires et de chevaliers anglais (environ 500 chevaliers et plusieurs milliers d’hommes).
C’est la grande contre-offensive de Jean sans Terre pour reprendre Poitou et Angoumois avant d’affronter Philippe Auguste au nord.
Ranulph de Chester est le chef militaire le plus prestigieux de cette expédition (avec les comtes de Derby, Salisbury, Arundel, etc.).
Il est présent à Angoulême en mars 1214 pour recevoir les ralliements des seigneurs charentais (dont Audouin de Barbezieux, justement récompensé par cette charte).
Portrait rapide de Ranulph de Chester
Un des barons les plus puissants d’Angleterre (possède Chester, Coventry, tout le nord-ouest + terres en Normandie et Bretagne).
Surnommé parfois « le Croisé » (il participera à la 5ᵉ croisade en 1218–1220).
Farouchement loyal à Jean sans Terre en 1214–1215, puis signera la Magna Carta sous la contrainte en 1215, mais restera globalement fidèle à la couronne.
Ranulf (ou Ranulph) de Blondeville 6ᵉ comte de Chester (1181–1232)
1ᵉ comte de Lincoln de création 1217 (1217–1231/32)
Vicomte d’Avranches, seigneur de nombreuses terres en Angleterre, Normandie et Bretagne
Résumé ultra-clair de sa vie (avec focus sur le contexte 1214 qui nous intéresse)
Né vers 1170–1172 à Oswestry (Powys, aujourd’hui Shropshire)
1181 : hérite du comté de Chester à 10–12 ans (son père Hugues de Kevelioc meurt en 1181).
3 février 1188 : épouse à 16–18 ans Constance de Bretagne, duchesse de Bretagne et comtesse de Richmond, veuve de Geoffroy Plantagenêt (fils d’Henri II).
Il se titre duc de Bretagne et comte de Richmond jure uxoris jusqu’au divorce en 1199 (pas d’enfant de ce mariage).
1199 : divorce d’avec Constance (elle se remarie avec Guy de Thouars).
Avant le 7 octobre 1200 : épouse en secondes noces Clémence de Fougères (veuve d’Alain de Vitré, fille de Guillaume de Fougères et d’Agathe du Hommet). Pas d’enfant survivant de ce mariage non plus.
1208–1214 : guerroie beaucoup contre les Gallois (Llywelyn le Grand).
Février–juillet 1214 : personnage central de la grande campagne de Jean sans Terre en Aquitaine. Débarque à La Rochelle le 10 février 1214 avec une armée massive.
Présent à Angoulême en mars 1214 → c’est lui le « R. comes Cestrensis » (premier témoin cité) de la charte du 4 mars 1214 donnée à Audouin de Barbezieux.
Participe ensuite aux sièges de l’été (Nantilly, La Roche-aux-Moines) ; la défaite de Bouvines (27 juillet 1214) met fin à la campagne.
1215 : un des très rares barons fidèles à Jean sans Terre ; il est l’un des témoins « ex parte regis » de la Magna Carta (15 juin 1215).
1217 : combat victorieusement les barons rebelles et les Français à Lincoln (bataille de Lincoln, 20 mai 1217) → reçoit le comté de Lincoln le 23 mai 1217.
1218–1220 : part en croisade (5ᵉ croisade) ; se distingue au siège de Damiette.
1230–1231 : commande une expédition en Bretagne pour soutenir Pierre Mauclerc.
1231/1232 : abandonne le comté de Lincoln à sa sœur Hawise (et donc à son beau-frère John de Lacy).
1232 : Mort le 26 ou 28 octobre 1232 à Wallingford (Berkshire) sans postérité légitime.
Le comté de Chester revient à la Couronne, puis est partagé entre ses quatre sœurs et leurs descendants.
Inhumé le 3 novembre 1232 dans l’abbaye Saint-Werburgh de Chester (aujourd’hui la cathédrale)
Héritage
Pas d’enfant → ses immenses domaines (Chester, Richmond, Lincoln, etc.) sont partagés entre ses neveux et nièces : John le Scot (fils de sa sœur Hawise) → hérite de Chester en 1237.
Les autres terres vont aux familles de Lacy, de Quincy, de Ferrers, etc.
Pourquoi il est important pour la Charente en 1214
En mars 1214, Ranulf de Blondeville est l’homme le plus puissant présent aux côtés de Jean sans Terre dans le sud-ouest.
Sa présence à Angoulême est la garantie que l’expédition anglaise est très sérieuse : le roi a réussi à faire venir son plus grand baron du nord de l’Angleterre avec des centaines de chevaliers.
C’est pour cela qu’il est cité en tête des témoins, avant même Guillaume de Ferrers comte de Derby.
En résumé : le « R. comte de Chester » de la charte du 4 mars 1214 = Ranulf de Blondeville, véritable bras armé de Jean sans Terre en Aquitaine à ce moment-là.
Sceau de Ranulf comte de Chester et de Lincoln
Le sceau le plus célèbre de ce type est appendu à un acte de 1227 (British Library, Harley Charter 58.C.37) :
avers : Ranulf à cheval, écu et caparaçon portent clairement la gerbe de blé d’or sur azur.
légende : ✠ SIGILLVM RANVLF[I COMITIS] CESTRIE ET LINCOLNIE
Johannes, Dei gratia etc. Sciatis nos concessisse et donasse Audoeno de Berbecillo et heredibus suis in perpeluum, pro excambio de Merpis, tria milia solidorum Turoniensium sitorum in castellare de Archaco ubi proprius erit Burbecillensis, et medietatem in castellare de Botevilla, ubi similiter proprius erit Berbecillensis, ita quod in hiis tribus milibus solidis Turonensibus, nichil retinebimus propter homagiuim militum et propter hoc quiete clamavit nobis et heredibus nostris dictus Audoenus quicquid juris habebat in castellare de Merpis, cum omnibus militibus terre et tenencie, et omnibus pertinentiis suis, excepta tenencia quam Audoenus pater suus tenebat tempore regis Ricardi, fratris nostri, extra castellare illud, quam tenenciam ipse et heredes sui habebunt et tenebunt in perpetunm.
Terra autem illa aasignabitur ad dictuim [per manus] devani Xantonensis et Reginaldi de Ponte, fratris sui,magitri Willelmi de Larpsant (1), et Reimundi Rigaut, et hoc faciemus concedia domina regina et sigillo suo sigillari, et sigillo domini Willelmi Burdegalensis archiepiscopi, et capituli Xanctonensis.
Idem autem Audoenus et milites sui de Chaleis tenebunt totam tenenciam quam prius tenebant in chastellare de Chaleis, similiter domina Guiburga de Monte Auserio et milites, sui quos ipsa tenebat, et Oliverius de Chaleis, maritus suus, habebunt terras suas in castellare de Berbezillo et Chaleis quas prius tenebant ; si vero predictus Oliverius de Chaleis super predictam tenenciam dicti Audoeni de Berbezillo conquestus fuerit de eodem Audoeno, elapsis duobus annis, veniet ipse Audoenus in curia nostra, et faciet coram nobis predicto Oliverio quod facere debebit, et recipiet ab eodem quod debebit, nisi pax, medio tempore, intervenerit inter ipsos.
Milites vero qui erant cum predicto Audoeno, undecumque sint, habebunt omnes terras suas quas prius habebant in omnibus aliis castellaribus, et milites de omnibus aliis castellaribus habebunt terras suas quas prius habebunt in castellare de Berbezillo.
Insuper filiam et heredem domine Phine de Monte Auserio concessimus Iterio de Bevbezillo, fratri ipsius Audoeni, cum voluntate ipsius Phine de Monte Auserio ducendam in uxorem, et omnem rancorem et iram dimittemus omnibus militibus de comite Engolisme qui ad servicium nostrum redierunt per ipsum Audoeinuin.
Testibus R. comite Cestrensis, W. comite de Ferrariis, Pagano de Rocheforte, Reginaldo de Pontio et aliis.
Datum per manum Radulphi de Nevilla, apud Engolismam, XIIII marcii, anno XV°.
Rotuli chartarum in Turrï Londinensi asservait, edited by Th. Duffus Hardy, 1837, n' 231.
(1) Pour Lupsaut.