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19 mars 2018

La reconstitution de la «bataille de Castillon 1453», devrait bien avoir lieu en 2018

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La bataille de Castillon, livrée le 17 juillet 1453 près de Castillon-sur-Dordogne (en Guyenne, actuelle Nouvelle-Aquitaine), marque la fin effective de la guerre de Cent Ans (1337-1453).

 

 Elle oppose les forces anglaises du roi Henri VI, commandées par John Talbot, 1er comte de Shrewsbury, aux troupes françaises du roi Charles VII, dirigées sur le terrain par les frères Bureau (artilleurs en chef).

 

Les Anglais, retranchés en Guyenne depuis des siècles, tentent de contrer l'offensive française pour reconquérir la région.

 

Charles VII, après avoir repris la Normandie en 1450, lance en 1453 une campagne massive avec trois armées convergant vers Bordeaux, la capitale gasconne.

 

Les Français assiègent Castillon le 8 juillet avec environ 7 000 à 10 000 hommes, bien fortifiés et dotés d'une artillerie révolutionnaire.

 

Talbot, âgé de 66 ans et renforcé par 3 000 hommes, décide de porter secours à la ville pour briser l'encerclement.

Déroulé chronologique du 17 juillet 1453

La journée est marquée par une charge impulsive des Anglais, trompés par de faux renseignements, face à une position française imprenable.

 

Voici le déroulement heure par heure, reconstitué à partir des sources historiques :

 

  • Aube (vers 5-6 heures du matin) : Talbot quitte Libourne au lever du jour avec une avant-garde de 500 hommes d'armes et 800 archers montés, distançant le gros de son armée (4 000 à 6 000 fantassins anglo-gascons). Il émerge de la forêt au nord-ouest du prieuré Saint-Laurent, près de Castillon. Ses hommes surprennent et mettent en déroute un détachement français de 500 archers posté au prieuré, capturant du matériel et renforçant leur moral.

 

  • Matin (vers 7-8 heures) : Talbot observe un nuage de poussière en direction du camp français, à l'est de Castillon. Ses éclaireurs, mal informés, rapportent que les Français lèvent le siège et fuient (en réalité, ce sont les non-combattants et bagages qui se retirent, sur ordre de Jean Bureau pour alléger le camp). Talbot, impatient et craignant une jonction française, ordonne une charge immédiate sans attendre ses renforts. Il descend la colline vers le camp retranché français, situé sur une hauteur dominant la Dordogne, protégé par des fossés, des barricades de chariots (wagenburg) et une quarantaine de canons.

 

  • Vers 8-9 heures : Les cavaliers anglais, environ 1 000 hommes, attaquent à pied (démontés pour l'assaut) le camp français. Ils franchissent les fossés sous un feu nourri d'arbalètes et de mousquets. Les Français, commandés par Jean et Gaspard Bureau, ripostent avec leur artillerie : salves de boulets de pierre et de fer fauchent les rangs anglais. Talbot, en première ligne, est touché par une arquebuse à la cuisse, mais refuse de se replier malgré ses blessures. Son fils, John Talbot de Lisle, est tué à ses côtés.

 

  • Midi (environ 1 heure de combat) : Le gros des renforts anglais (infanterie) arrive enfin sur le champ de bataille, mais trop tard pour renverser la situation. Les Anglais percent partiellement les défenses extérieures, mais l'artillerie française, positionnée en batteries sur les remparts du camp, décime les assaillants. Environ 4 000 Anglais sont tués, blessés ou capturés. Talbot, alourdi par son armure et ses blessures, tombe de cheval et est piétiné par sa propre cavalerie en déroute. Il meurt sur le champ, jurant de ne pas être fait prisonnier.

 

  • Après-midi : Les survivants anglais fuient vers Bordeaux. Les Français, forts de leur position défensive, ne poursuivent pas immédiatement. La ville de Castillon capitule le soir même, épargnée par les assiégeants. Les pertes françaises sont minimes : une centaine d'hommes.

 

 

C'est en 1977 que quelques passionnés ont lancé cette «aventure humaine», rappelle Jean-Claude Bidon, le président de l'association. Depuis quarante ans, ce sont plus de 700.000 personnes qui ont assisté au spectacle. 40.000 sont attendus cette année lors de ses quinze représentations qui s'étendent en juillet et en août.

 

 

La bataille de Castillon devrait bien avoir lieu cet été

La Bataille de Castillon devrait bien avoir lieu cette année !  On pensait la reconstitution historique menacée par un décret du ministère de la culture. Le texte, signé le 25 janvier dernier, stipule que les spectacles à but lucratif ne doivent plus faire appel indéfiniment à des bénévoles. Mais le spectacle girondin ne rentre pas dans ce cadre là car il est organisé par une association de type Loi 1901.
https://www.francebleu.fr

 

 

La Bataille de Castillon
 
Vivez une experience unique de mi-juillet à fin août
Sur 7 Ha d’aire scénique, à une portée de canon du lieu même de la bataille, 600 bénévoles dont 400 comédiens et près de 50 cavaliers participent à cette immense évocation historique.

Au-delà des faits d’armes, ces 90 minutes intenses, relevées de cascades et d’effets pyrotechniques, nous replongent dans la vie quotidienne au Moyen-Âge, entre fermes et auberges, femmes au puits, scènes de vendanges, parties de chasse, arracheurs de dents et marchands ambulants.



https://www.batailledecastillon.com

 ==>Loi sur le spectacle vivant: le Puy du Fou épargné

Bataille de Castillon. 17 Juillet 1453.

 

Mathieu de Coucy raconte qu'après la prise de Chalais, de Gensac et de Montravel, les généraux qui formaient le premier corps de l'armée française tinrent conseil pour savoir « là où on irait » .

 

Quelques-uns voulaient marcher droit sur Bordeaux et en faire le siège. Mais cet avis parut téméraire à la majorité des seigneurs qui firent observer, non sans raison, qu'avant de songer à prendre Bordeaux, il fallait s'assurer de quelques forteresses où l'on pût se ravitailler.

 

C'était le conseil que donnait Jean Bureau, et comme on lui demandait quelle ville à son sens devait être la première occupée, il désigna la ville de Castillon. « Castillon, dit-il, est la clé de la Dordogne, c'est le chemin qui conduit à Bordeaux; on ne saurait faire chose plus profitable que de la prendre. » (1)

 

L'événement prouva que l'avis était bon, et Bureau devint à partir de ce jour le chef véritable de la guerre.

Au commencement de juillet, dix mille hommes, commandés par Lohéac, Culant, Chabannes, Penthièvre, Beauvau et Rouhault, arrivèrent par la route de Sainte-Foy, devant les murs de Castillon.

 

Jean Bureau fit arrêter l'artillerie à une certaine distance de la place, et, le compas à la main, se mit à tracer lui-même ses premières lignes.

 

Bureau alors ne dormoit pas,

 

dit en sa chronique rimée Martial d'Auvergne,

Car avoit sept cens manouvriers,

Qui faisoient fossez par compas,

En ung champ clos audit d'ouvriers.

Dans ledit camp si fut enclose,

Toute la dicte droguerie,

Et besongnoient ouvriers sans pose,

A asseoir l'artillerie. (2)

 

Des messagers partis en toute hâte vinrent apporter cette nouvelle à Bordeaux.

 

Selon l'antique usage, quand ils sentaient la patrie menacée, les Bordelais s'assemblèrent pour chercher en commun comment on pourrait conjurer le péril.

 

Dans cette réunion, à laquelle assistaient les Trois-Etats, les barons aquitains et les principaux habitants de la ville, les Gascons remontrèrent à Talbot « commentée roy Charles et son armée estoient déjà bien avant dans le pays de Guyenne et de Bordelois. »

 

— Ils sont entrés « à grande puissance de gens d'armes, Il dirent-ils, il faut aviser.

 

Et comme le vieux capitaine ne se pressait point de répondre, les Gascons, se méprenant sur la cause de son silence, se mirent à rappeler à quelles conditions ils avaient ouvert leurs portes aux Anglais, et pourquoi Talbot était venu en Guyenne.

 

— Si le comte de Shrewsbury veut, selon qu'on en est convenu, combattre la puissance des Français, « s'il veut entretenir ce qu'il a promis, » quand les Bordelais lui ont livré la ville, « il est heure et temps qu'il accomplisse sa promesse, et qu'il aille faire lever le siège qui est déjà mis par les Français devant la ville de Chastillon en Puregot. » (3)

 

« Ces paroles ouyës et entenduës par iceluy de Talbot, reconnaissant bien qu'ils disoient vérité, sans paroistre s'esmouvoir aucunement de cette plainte, il leur fit response assez froidement ; car il estoit rempli de bon sens naturel, et estoit vaillant en armes autant que chevalier fut, qui en ce temps put porter les armes ; et leur dit ainsi :

 

« — On les peut bien encore laisser approcher de plus » près, et soyez seurs, qu'au plaisir de Dieu, j'accompliray » ma promesse quand je verray que le temps et l'heure y » sera propre. » (4)

 

» Sur laquelle réponse ceux d'icelle ville de Bordeaux monstrèrent semblant qu'ils n'estoient pas contens, et se doutèrent qu'iceluy de Talbot n'eut pas grande intention et volonté de faire ce qu'il disoit ; mesme ils commencèrent sur cette réponse fort à murmurer par ensemble, ce qui fut rapporté audit Talbot; de quoy il se troubla à part soy et conclut incontinent de mander tous ceux qui estoient dispersez ès garnisons, tant ès villes et forteresses de l'obéissance des Anglois estans ès environs de Bordeaux, comme encore ceux qui estoient en icelle ville, et fit tant qu'en peu de jours, il eut de huit à dix mille combattans ramassez ensemble; puis un jour de la feste de la Magdelaine (5), qui écheoit un lundy de cet an 1453, il partit d'icelle ville de Bordeaux avec sa compagnie, et alla gister ce mesme jour en une place nommée Liborne, à cinq lieues dudit Bordeaux et à trois lieues de la susdite ville de Chastillon.

 

Mais pour sçavoir et descouvrir mieux la conduite des François ses adversaires, qui estoient logez devant cette place de Chastillon, il envoya secrettement ses espions autour de leurs logements.

 

Il fit mesme sçavoir à ceux de dedans icelle ville qu'ils prissent courage et qu'il venoit, à force et puissance, en intention de les secourir, et qu'ils se préparassent le lendemain, quand ils le verroient approcher, afin que chacun d'eux fut en armes et prest de sortir au dehors de leurs -murailles pour donner sur leurs adversaires; car son dessein, comme il disoit, estoit de ne jamais retourner qu'il n'eût fait retirer ceux qui estoient devant leur ville, ou qu'il y mourroit à la peine. » (6)

 

Le lendemain, comme il l'avait promis, Talbot se trouva devant Castillon. Il avait cheminé toute la nuit avec ses hommes d'armes, laissant en arrière ses gens de pied et son artillerie. Grâce à cette marche forcée, il arriva vers le point du jour, dans un petit bois, sur une des hauteurs qui avoisinent la ville. La tradition rapporte qu'il y fit halte pour reposer ses troupes et reconnaître un peu le pays.

 

L'armée française était campée, partie devant la place dans une abbaye qui la dominait (7), partie dans un parc retranché, adossé à la Lidoire, petit affluent de la Dordogne. Vers le nord, sur les plateaux du mont Horable, à peu de distance, dit-on, du petit village de Capitourlan, était établi un corps de Bretons auxiliaires qui formaient une sorte d'arrière-garde.

 

Le parc retranché servait de dépôt à l'artillerie et de campement au gros de l'armée. Il était aussi destiné, en cas de défaite, à servir de refuge aux archers de l'abbaye et aux divers détachements campés au-dehors. Aussi n'avait-on rien négligé pour en défendre l'accès contre les attaques de l'ennemi.

 

Pendant trois jours, sept cents manouvriers employés au service de l'artillerie furent occupés par Jean Bureau à creuser des fossés et à faire des parapets au moyen de la terre rejetée en talus. Un entrelacement de charrettes, d'épieux et de fortes pièces de bois renforçait cette ligne de fortifications qui présentaient, malgré des contours un peu irréguliers, la forme d'un carré long avec une ouverture au milieu et deux bastions sur les ailes. (8)

 

Dans le camp retranché se trouvaient, avec Jean Bureau et les maréchaux Lohéac et Jalognes, Jacques de Chabanes, le comte de Penthièvre, le sire de Bueil, amiral de France ; Loys de Beaumont, sénéchal de Poitou ; messire Ferry de Grancy, capitaine des gens du comte de Nevers; Louis du Puis, capitaine des gens du comte de la Marche; Guillaume de Lussac et Jean de Messignac, un parent, selon toute apparence, du prisonnier qu'Arnaud Bec avait traité si vilainement l'année précédente, lors de la descente de Talbot en Guyenne.

 

Le parc était situé à l'est de Castillon, à une demi- lieue de la place, parallèlement à la route qui se dirige vers Sainte-Foy, mais au-dessous de cette route, à une profondeur de cinq à six mètres. La position, mauvaise en réalité, puisqu'elle était dominée, présentait cependant quelques avantages. La Lidoire, qui se replie en cet endroit sur elle-même et va rejoindre la Dordogne un peu avant d'atteindre Castillon, protégeait le camp, alimentait les fossés et fournissait en même temps à l'armée l'eau dont elle avait besoin. (9)

 

Talbot, comme l'état des lieux et les dispositions prises par l'ennemi le lui indiquaient, dirigea ses premiers efforts contre l'abbaye qui, par sa position élevée (10), était à la fois une protection pour le camp, une gêne et une menace incessante pour la ville.

 

L'abbaye assez bien fortifiée pour qu'un historien du XVe siècle lui ait donné le nom de Tour (11), avait une garnison de huit cents archers que commandaient Joachim  Rouhault et Pierre de Beauvau.

 

Talbot se jeta sur l'abbaye ! « avec toute sa compaignie » et en poussant son cri de guerre. L'impétuosité et l'imprévu de l'attaque produisij rent dans la garnison un désordre qui ne permit pas de résistance sérieuse.

 

Rouhault essaya pourtant,de défendre la position; mais les francs-archers fuyaient déjà de toutes parts.

 

« — Voulez-vous donc m'abandonner, leur criait Joachim. » (12)

 

A la voix de leur chef, les francs-archers se rallièrent.

 

Une courte mêlée eut lieu, sans pouvoir arrêter l'élan de Talbot; il fallut se replier sur le camp. Rouhault fit de ; vains efforts pour maintenir le combat; il y avait déjà du côté des Français plus d'une centaine de morts et dans le nombre cinq ou six chevaliers.

 

Renversé plusieurs fois de cheval, Rouhault lui-même serait tombé au pouvoir des Anglais, si ses archers ne l'eussent promptement relevé. (13)

 

Talbot poursuivit les fuyards jusqu'aux abords du camp; mais n'osant les forcer dans leur parc, il revint sur ses pas. Comme il faisait déjà grand chaud, il fit mettre en perce quelques pièces, de vin qu'on avait trouvées dans l'abbaye, et, pendant que ses hommes se rafraîchissaient, il se prépara à entendre la messe.

 

 L'autel et les-ornements étaient à peine disposés, et le chapelain n'avait pas encore commencé le service, qu'arriva, de Castillon, un homme d'assez petite mine, mais fort empressé et très ému, qui demandait à parler à Talbot.

 

« — Monseigneur, lui dit-il, les Français abandonnent leur parc et s'enfuient, il est heure ou jamais si vous voulez accomplir votre promesse. »

 

Talbot était encore sous l'impression de la séance orageuse qui avait précédé son départ de Bordeaux. On l'avait accusé de lenteur. Les Bordelais avaient paru douter de son zèle pour la cause commune. Achille avait été comparé à Ulysse (14). Rappeler en ce moment au comte de Shrewsbury sa promesse, et lui montrer les Français échappant à ses coups, c'était rouvrir une plaie à peine fermée.

 

Du côté de la Lidoire, un nuage de poussière, comme ceux que forment les cavaliers en marche, et produit par des pages qui emmenaient les chevaux hors du camp (15), ne donnait que trop de vraisemblance au rapport du messager de Castillon.

 

Talbot, sans en demander davantage, avec l'impatience d'un homme qui tient à détruire un soupçon injurieux, laissa la chapelle et chapelain.

 

« — Jamais, dit-il, je n'oyrai messe, ou j'aurai aujourd'hui rué jus (jeté à terre) la compagnie de Français qui est là-bas dans ce parc devant moi. » Et il donna aussitôt à ses gens le signal du départ, (16)

 

Talbot avait avec lui quatre à cinq mille hommes « casqués de fer » et environ huit cents archers (17). Une partie des gens de pied laissés en arrière l'avaient déjà rejoint, ce qui annonçait la prochaine arrivée des autres. (18)

 

L'armée anglo-gasconne se mit en marche au son des trompettes et des clairons. Elle avait, au dire des chroniqueurs (19), « huit bannières desployées, tant du roy d'Angleterre que de Saint-Georges, de la Trinité et de Talbot » (20). Nombre d'étendards, « malicieusement pourpensés et inventés, » ornés de peintures ou de devises injurieuses pour les Français (21), se détachaient de la foule des pennons et des banderolles.

 

 Les épées elles-mêmes étaient chargées d 'inscriptions. Celle de Talbot, « beau ganivet de trois pieds de long et de quatre doigts de large » (22), portait « escrits » ces mots :

 

SUM TALBOTI PRO VINCERE INIMICO MEO,

 

« Qui gravés sur cette épée, dit un savant du XVIe siècle, sembloient porter vertu pour deffaire, détailler et briser la force de ses ennemis. » (23)

 

Les grands barons du Bordelais, le sire de Lesparre, le sire de Montferrant, le comte de Candale, les sires d'Anglade, de Lalande et de Lansac, le sire de Puy-Guilhem, Bernard Angevin, seigneur de Rozan, Durfort-Duras, seigneur de Blanquefort, et à leur suite beaucoup d'hommes d'armes réputés pour leur bravoure, s'avançaient en belle ordonnance ; à leur côté étaient les plus renommés capitaines de l'Angleterre, le bâtard de Sommerset, Roger de Camois, Hungerford de Moleyn, Edouard Hull, connétable de Bordeaux (24) ; enfin les deux fils de Talbot, le vicomte de Lisle, et un fils naturel (25).

 

Talbot lui-même, monté sur une petite haquenée se distinguait au milieu d'eux à sa casaque de velours rouge. Il était impatient de combattre et hâtait la marche des siens.

 

Au milieu de l'émotion générale, un gentilhomme âgé, nommé Thomas Evringham (26), « lequel avait veu et expérimenté en sa vie beaucoup de faits de guerre » (27), avait remarqué que les Français qu'on disait en fuite se tenaient, au contraire, fort tranquilles, derrière leurs palissades, nullement troublés et très disposés, à en juger par l'apparence, à bien vendre leur vie.

 

Thomas Evringham suivait depuis longtemps la fortune de Talbot; il portait ce jour-là sa bannière (28). Il se crut autorisé à montrer à son maître les mauvaises conditions de l'attaque.

 

« — Monseigneur, lui dit-il, mon avis serait que vous retournassiez, car vous pouvez bien découvrir que le rapport qui vous a été fait n'est pas véritable ; vous voyez leur camp et leur conduite, vous n'y gagnerez rien cette fois (29)... Vous devriez attendre vos gens de pied et vos machines de | guerre, ajouta le porte-étendard, et, une fois vos forces f réunies, établir votre camp auprès de l'ennemi. Le pays est  pour nous, les vivres ne nous manqueront pas, et, avec un peu de patience, nous affamerons les ennemis. » (30)

 

L'avis déplut à Talbot. « Une espérance aveugle s'était mise au cœur de ce vaillant homme ; il comptait sur la terreur que son glorieux nom jetterait parmi les ennemis, et son premier succès le rendait présomptueux (31). » Il répondit durement à Thomas Evringham. (32) « Mesme il m'a esté rapporté, dit Mathieu de Coucy, qu'après ce discours, il lui donna d'une espée au travers du visage. »

 

Talbot, que son grand courage (33) poussait en avant, continua sa marche, donnant à peine à ses archers le temps de le suivre.

 

Thomas Evringham ne s'était pas trompé : les Français étaient en armes derrière leurs remparts de terre et d'épieux, prêts à recevoir l'ennemi. A travers les jours de la barrière, on pouvait distinguer les canonniers « assortissant leurs ribaudequins et leurs couleuvrines » (34), et près d'eux Jean Bureau, qui attendait paisiblement l'heure d'agir.

 

Talbot, selon l'usage, fit mettre pied à terre à sa cavalerie, et, resté seul sur sa petite haquenée, « pour ce qu'il estoit homme desjà vieil et usé » (35), il donna l'ordre d'enlever les retranchements.

 

L’ attaque commença, dit Rapin de Thoiras, avec une ardeur comparable à celle que les Anglais avaient fait paraître à Azincourt. (36)

 

Les Anglo-Gascons s'ébranlèrent au cri de Saint-Georges ! Talbot ! et se précipitèrent en furieux (37) sur les palissades.

 

Une formidable détonation répondit à leurs clameurs..

 

Environ trois cents pièces d'artillerie, bombardes ou autres machines de guerre, s'il faut .en croire un contemporain (38), étaient rangées dans le parc : Jean Bureau venait d'envoyer à l'ennemi sa première volée de boulets.

 

Un grand nombre d'Anglo-Gascons furent atteints par cette décharge faite presque à bout portant (39), et le désordre commença à se mettre dans l'armée.

 

Thomas Evringham atteignit presque seul la barrière, et sur l’ordre de Talbot y planta l'enseigne de son maître.

Thomas paya de sa vie cet acte de bravoure. Le porte-étendard, encore sous l'influence de l'affront le plus injuste, eut la mort qu'il devait désirer (40) ; il fut frappé, en touchant la palissade, et tomba avec la bannière qu'il avait arborée.

 

Devant les corps mutilés des siens, qui lui disaient avec une amère éloquence le rôle qu'allait jouer Bureau dans la bataille, Talbot eut peur pour son fils. Le vicomte de Lisle était aux côtés de son père. Le vieux guerrier voulut sauver ce jeune homme, qu'il préférait, ce semble, à ses autres enfants. « — Retire-toi, lui dit-il, il y a assez de moi ici. Il faut te réserver pour des temps meilleurs. » Et comme le jeune vicomte se récriait, disant avec raison que ce n'était pas à lui à abandonner un champ de bataille où la vie de son père était en danger. a—Moi, dit le vieillard, mon passé m'oblige ; je ne puis fuir la mort sans déshonneur. Toi, mon fils, ta vie de soldat commence; ta mort serait sans éclat, ta fuite sera sans honte » (41). Mais le vicomte de Lisle, sourd à la voix de son père, et, plus tendre fils que fils docile, resta à ses côtés.

 

Renonçant à combattre une résolution que rien ne pouvait vaincre, le comte de Shrewsbury avait reporté tous ses efforts sur le champ de bataille. Talbot n'eut que peu de mots à dire à ses hommes pour les ramener au combat.

 

Le vieux capitaine, qui s'était mesuré jadis avec Jeanne Darc, Saintrailles et La Hire, mit en usage toutes les ressources que la tactique du temps pouvait lui-fournir. Pour protéger, autant que possible, ses soldats contre le tir des bombardes françaises, il leur fit former la tortue (42). Les hommes d'armes, familiarisés avec cette manœuvre que leurs chefs avaient étudiée dans Végèce, se groupèrent par détachements, ajustèrent leurs boucliers, et, derrière ce rempart qui les abritait assez bien contre les moins gros projectiles, ils marchèrent vers les palissades.

 

Sept à huit mille hommes s'élancèrent ainsi, à la fois, pour envahir le camp par tous les points. L'élan fut si vigoureux que plusieurs soldats entrèrent dans le camp. (43).

 

Une lutte corps à corps commença devant la barrière, sur les parapets et dans les fossés (44). Un moment les Anglo-Gascons furent maîtres de l'entrée du parc (45), et ce ne-fut pas sans peine que les Français les empêchèrent de pénétrer plus avant.

 

Les succès étaient à ce point balancés que longtemps, dit un auteur italien, il fut impossible de prévoir de quel côté inclinerait la victoire. (46)

 

Il y avait plus d'une heure que la mêlée durait (47). On avait combattu avec le javelot, le dard, la lance, la guisarme et la hache ; les Anglo-Gascons s'étaient plusieurs fois jetés sur les retranchements, essayant d'y replacer leurs enseignes. Mais « les François ne s'espargnoient à les bien recevoir ; » ils travaillèrent si bien à la garde de leurs barrières, « qu'ils n'en pouvaient plits, » au dire d'un vieux narrateur (48).

 

Que les Anglais tentassent un assaut vigoureux, et ces lignes défendues avec tant de courage tombaient dans leurs mains. Heureusement pour les troupes du roi Charles, les Gascons donnaient avec toutes leurs forces. Les Français, au contraire, avaient leur réserve campée, comme on l'a dit, sur les hauteurs du mont Horable, à demi-lieue du camp.

 

 Ce fut cette réserve qui décida du sort de la journée. Huit cents hommes environ, appartenant au duc de Bretagne, tous soldats d'élite, et parmi lesquels près de la moitié étaient à cheval (49), attendaient, sous les ordres des sires de Montauban et de la Hunaudaye, le moment d'intervenir dans le combat. Soit qu'on les eût envoyé quérir (50), soit qu'ils eussent été avertis par le bruit de la canonnade, Montauban et la Hunaudaye tombèrent à propos sur le flanc des Anglo-Gascons.

 

Les soldats de Talbot, fatigués par des assauts incessants, «très forts matiez, » disent les chroniqueurs; de plus, obligés de faire face aux nouveaux assaillants, cessèrent l'attaque des lignes (51), et, dans ce mouvement de recul, laissèrent plusieurs drapeaux dans les mains des Bretons. (52)

 

L'artillerie de Jean Bureau acheva la victoire. Une grêle de traits, de boulets de pierre et de balles de plomb (53) s'abattit sur l'armée anglo-gasconne.

 

« Il y avoit lors, dit Jehan Chartier, et on entendoit dedans ledit champ une si terrible tempeste et un tel cliquetis de couleuvrines et de ribaudequins que c'estoit une merveilleuse chose à ouyr. »

 

Un artilleur renommé de ce temps, dont Philippe de Commines cite le nom dans ses Mémoires (54), Girault le canonnier, se fit remarquer par l'habileté de son tir; aidé de ses servants, il pointait les pièces contre « les Anglois » et « à chacun cop, » raconte une lettre écrite le surlendemain de la bataille, « en ruoit cinq ou six par terre, tous morts. » (55)

 

Les chroniqueurs français, si sobres d'ordinaire, se complaisent dans ces détails favorables à leurs compatriotes.

 

« Quand la voie fut destournée » , dit Martial d'Auvergne :

Si tirèrent canons vulgaires,

Qu'on ne veoyt ciel ne nuée,

Dont Angloys eurent moult d'affaires.

 

 Enserrez se tenoient ensemble ;

Mais les engins et couleuvrines

Leur faisoient voler braz et jambes,

 Et les mettoient en piteux signes. (56)

 

Entre la Lidoire et la Dordogne, s'étend une plaine que ferment du côté du Bordelais les hauteurs de Castillon, du côté du Périgord les collines de Lamothe-Montravel ; c'est la plaine de Colly.

 

La Dordogne, fleuve très rapide sur la presque totalité de son parcours, possédait une sorte de gué situé à peu de distance du parc et désigné encore sous le nom de Pas de Rozan.

 

Ce fut dans la plaine, à deux cents mètres du Pas de Rozan, que s'accomplit le dernier acte de la journée. –

 

 Talbot, toujours à cheval, était blessé. Dans l'assaut du camp, il avait reçu un coup d'épée qui avait inondé de sang son visage; cependant, l'Achille de l'Angleterre n'avait pas perdu tout espoir. Affaibli par ses blessures, mais dissimulant ses douleurs, il encourageait les siens au combat. Son artillerie, si imprudemment laissée en arrière, se rapprochait, et son arrivée sur le champ de bataille pouvait encore lui rendre l'avantage.

 

Un dernier coup de couleuvrine vint en ce moment atteindre le comte de Shrewsbury à la jambe (57); la haquenée tomba et Talbot avec elle. Les hommes restés dans le parc aperçurent de loin les Anglo-Gascons atterrés, se pressant autour de leur chef. Bien qu'ignorant ce qui s'était passé, les Français comprirent que le désordre était dans l'armée ennemie; ils sortirent en masse de leur bastille et se jetèrent avec impétuosité sur ce groupe, renversant et tuant tout sur leur passage. Le vicomte de Lisle essaya de dégager son père; il fut tué lui-même, et sa mort acheva la déroute.

 

D'après un récit, peut-être exagéré, cinq ou six cents combattants, Gascons ou Anglais, tombèrent dans ce moment sous le glaive des Français (58).

 

Edouard Hull, le bâtard de Talbot, le sire de Puy-Guilhem, périrent dans la mêlée. Hungerford de Moleyn fut fait prisonnier, et le bruit se répandit que le fils du captal de Buch était au nombre des morts (59).

 

Les soldats, privés de leurs chefs, cherchèrent leur salut dans la fuite. Les hommes d'armes coururent à leurs chevaux : les uns se dirigèrent vers le gué de Rozan pour passer la Dordogne, les autres prirent le chemin de Saint-Emilion ; une partie des troupes, environ deux mille hommes (60), qui avaient mieux résisté à la panique, se replièrent en assez bon ordre sur Castillon.

 

Bertrand de Montferrant, Bernard Angevin, le sire d'Anglade et quelques autres chevaliers gascons entrèrent dans la ville avec eux.

 

Enfin, l'artillerie et la queue des gens de pied, qui arrivaient de Libourne, apprenant la défaite de la gendarmerie, rebroussèrent chemin (61).

 

Beaucoup d'Anglo-Gascons furent tués dans la déroute; mais beaucoup aussi se sauvèrent. Les Français étaient tellement las, « lassez, travaillez et hors d'haleine, » dit Jehan Chartier (62), que la plupart durent renoncer à poursuivre l'ennemi. Penthièvre et les siens montèrent seuls à cheval et donnèrent la chasse aux fuyards jusqu'aux portes de Saint-Emilion, où les Gascons ne purent se rallier qu'au soleil couchant (63).

 

Les Français dans la poursuite avaient tué quatre cents soldats et fait deux cents prisonniers. Il y avait dans le nombre plus d'un chevalier Gascon ; mais parmi eux ne se trouva point celui que les Français tenaient surtout à avoir, comme ayant été l'âme du complot fomenté en Guyenne.

 

« Quant au susdit sire de Lesparre, il en eschappa et s'enfuit à Bordeaux, dont ce fut dommage, car c'estoit le plus criminel de tous, et celuy qui estoit le principal auteur et la cause de toute cette trahison. » (64)

 

Pierre de Montferrant, comme s'il eût deviné qu'on en voulait à lui plus qu'à tout autre, prit au plus court, sans doute, en traversant la Dordogne au Pas de Rozan.

 

Il arriva ainsi le premier à Bordeaux, où il porta la nouvelle du désastre.

 

Les pertes des Aquitains étaient grandes. Une moitié de leur armée était anéantie : trente chevaliers d'Angleterre avaient trouvé la mort aux portes du camp, et s'il fallait en croire Mathieu de Coucy, tant dans le combat qu'au passage de la Dordogne, tant dans la retraite vers Castillon que dans la fuite vers Bordeaux, plus de quatre mille soldats auraient péri.

 

La plaine de Colly, qui s'étend de la Dordogne à la Lidoire, sur une longueur de plusieurs kilomètres, était jonchée de morts.

 

Sur le champ de bataille cinq cents cadavres furent relevés et ensevelis.

 

Il y a cent ans, trois siècles après la bataille, il n'était pas rare pour peu qu'on fouillât profond la terre d'en faire sortir des ossements humains. On en trouve encore aujourd'hui : Un jour que je visitais cette plaine où tant de braves tombèrent des deux côtés, un laboureur me dit avoir lui-même, dans sa jeunesse, rencontré de ces débris sous sa charrue.

 

Les Français, dans cette hécatombe, eurent certainement leur contingent de morts. Leurs chroniqueurs se taisent sur ce point. Cependant, nous savons, par eux, que Chabannes et Pierre de Beauvau furent blessés mortellement (65).

 

L'amiral de France, Jean de Bueil, fut blessé en deux endroits, « mais Dieu merchi, ajoute la Lettre écrite le surlendemain du combat, il n'a point de dangier de mort. » (66)

 

Les Français, restés maîtres du champ de bataille, ignoraient cependant encore toute l'importance de leur victoire.

 

Talbot était vaincu ; mais Talbot était-il mort ou en fuite ? Jean Bureau, Lohéac, Jalognes, Penthièvre et les autres chefs discutaient entre eux sur l'événement.

 

« Aucuns soustenoient qu'il estoit tué, d'autres y avoit qui disoient le contraire. Or, après que tout fut un peu appaisé, furent envoyez plusieurs officiers d'armes et hérauts pour chercher entre les morts iceluy de Tallebot; et, en faisant cette recherche, fut trouvé entre les autres un homme mort, qui paroissoit d'assez bon âge, lequel leur sembloit avoir esté ledit sieur de Tallebot, qu'ils mirent sur un pavois et remportèrent audit parc; auquel lieu et en ce poinct il demeura toute la nuit, durant laquelle, en la compagnie des seigneurs et de plusieurs autres qui disoient avoir connu et veu ledit sieur de Tallebot en son viyant, il y eut plusieurs questions et grande difficulté et incertitude sur la vérité de sa mort; car si ceux qui disoient l'avoir bien connu et veu affirmoient que c'estoit luy, il y en avoit plusieurs autres qui disoient au contraire.

 

» Toutesfois, le lendemain furent audit champ plusieurs hérauts et officiers d'armes du party des Anglois, entre lesquels estoit le héraut dudit sieur de Tallebot, qui avoit vestu sa cotte d'armes, lesquels requirent qu'on leur lit ' grâce d'avoir licence et permission de chercher leur maistre; auquel héraut de Tallebot il fut demandé s'il voyoit son maistre, s'il le reconnoistroit bien ?

 

A quoy il respondit joyeusement, croyant qu'il fût encore vivant ou prisonnier, que volontiers il le verroit; et sur ce, il fut mené au lieu où Tallebot estoit mort, gisant sur le susdit pavois, et quand il le vit là, on lui dit :

 

« — Regardez si c'est là rostre maistre. »

 

» Lors il changea tout à coup de couleur, sans de prime face donner encore son jugement, ny dire son sentiment là-dessus, car il le voyoit fort deffait et deffiguré par la tranche qu'il avoit au visage ; et de plus il avoit esté depuis sa mort toute la nuict et le lendemain jusques à cette heure, parquoy il estoit beaucoup changé ; néantmoins il se mit à genoux, et dit qu'incontinent on en sauroit la vérité; et lors il luy fourra l'un des doigts de sa main dextre dans sa bouche pour chercher au costé gauche l'endroit d'une dent maceler (67), qu'il sçavoit de certain qu'il avoit perdue, lequel il trouva ainsi comme il l'entendoit ; et incontinent qu'il l'eut trouvé, luy estant à genoux, comme dit est, il le baisa en la bouche, en disant ces mots :

 

« — Monseigneur, mon maistre, Monseigneur, mon » maistre, ce estes vous ; je prie à Dieu qu'il vous pardonne » vos meffaits ; j'ai esté vostre officier d'armes pendant qua» rante ans, ou plus, il est temps que je le vous rende. » (68) Ce faisant il poussait de « piteux crys et lamentations, rendant eau par les yeux très piteusement. »

 

Le héraut, dit le même narrateur, « dévestit sa cotte d'armes et la mit sur son dit maistre, et par cette reconnaissance cessa la question et le desbat qui estoit pour le sujet d'icelle mort. » (69)

 

Talbot, entouré des siens au moment de sa chute et défendu d'abord par son fils, s'était bientôt trouvé presque seul au milieu des ennemis : Perdu dans le pêle-mêle affreux de la déroute, il avait fait de vains efforts pour se relever. Un archer français se jeta sur lui en passant et l'acheva sans le reconnaître ; il « lui bailla, dit la Lettre déjà citée, d'une épée parmi le fondement, tellement qu'elle vida parmi la gorge. »

 

Thomas Basin prétend que Talbot essaya de sauver ses jours par des offres et des supplications peu dignes d'un héros (70).

 

 La vie du capitaine anglais répond à cette calomnie : Quand on visita son corps, on le trouva percé de coups. On eut aussi l'explication de ces blessures; Talbot sous sa cote de velours n'avait ni cuirasse, ni cotte de maille (71). Il avait, on s'en souvient, juré au roi Charles VII de ne plus s'armer contre lui ; chargé de reconquérir la Guyenne, il marcha au combat sans armure, et tint sa parole aux dépens de sa vie.

 

A deux kilomètres de Castillon, à quelques pas de la Dordogne, on voit un petit tertre de quatorze mètres de long, de huit mètres de large, que son état d'abandon et les ronces qui le couvrent distinguent des champs cultivés d'alentour. C'est là, disent les paysans, qu'est enterré le roi Talbot.

 

Les paysans se trompent: le corps de Talbot fut transporté à Withchurch, en Angleterre; mais l'erreur des paysans s'explique, il y eut plusieurs Talbot à la bataille, et il ne serait pas impossible que l'un d'eux eût trouvé la sépulture dans la plaine où le comte de Shrewsbury, le vicomte de Lisle et celui que l'on appelait le bâtard de Talbot trouvèrent la mort.

 

Le tertre, dont les légendes du Périgord ont fait une tombe, servait autrefois d'assise à une petite chapelle consacrée à Notre-Dame-de-Colly que le temps et la Révolution ont détruite.

 

On lui a donné, dans la contrée, le nom de « Chapelle de Talbot. »

 

La bataille de Castillon, qui fut le Waterloo de la nationalité gasconne, et, ce qui vaut mieux, le Waterloo de l'Angleterre, se livra le dix-septième jour du mois de juillet 1453.

 

Dix-huit à vingt mille hommes (72) et les meilleurs capitaines des deux nations s'y trouvèrent en présence.

 

Talbot pouvait remporter la victoire : sa fougue naturelle, son imprudence, une obstination aveugle, firent sa perte. Pour la France, ce fut une journée féconde, et à coup sûr une des actions les plus considérables du siècle (73).

 

En ruinant sur le continent les dernières espérances de l'Angleterre, elle mit fin à la lutte des deux couronnes; elle assura à la France l'intégrité de son territoire et termina par une revanche glorieuse la terrible guerre de Cent-Ans.

 

Histoire de la conquête de la Guyenne par les Français, de ses antécédents et de ses suites par Henry Ribadieu

 

Bas Moyen-Age 1377/ 1453 période Guerre de 100 ans<==

1451 après la conquête de Castillon, Dunois entra en vainqueur au Palais de l’Ombrière de Bordeaux<==.... ....==> Juillet 1453 Charles VII à la Rochefoucauld apprend la fin de la guerre de Cent ans

John Talbot, 1ᵉʳ comte de Shrewsbury et de Waterford

Titres : 1ᵉʳ comte de Shrewsbury (créé en 1442), 1ᵉʳ comte de Waterford (1446), baron Talbot

Dates : c. 1387 – 17 juillet 1453

Nationalité : Anglaise

Rôle : Militaire et noble anglais, figure majeure de la guerre de Cent Ans 

 

Biographie

Naissance : Vers 1387, probablement à Blakemere, Shropshire, Angleterre. 

Famille : Fils de Richard Talbot, 4ᵉ baron Talbot, et d’Ankaret le Strange. Il épousa Maud Neville en 1412, puis Margaret Beauchamp en 1421, avec qui il eut plusieurs enfants, dont John Talbot, 2ᵉ comte de Shrewsbury. 

 

Carrière militaire :  Surnommé le « fléau des Français » pour sa férocité au combat, Talbot fut l’un des plus grands commandants anglais de la guerre de Cent Ans (1337-1453). 

Il se distingua dans de nombreuses batailles, notamment en Normandie et en Guyenne, où il mena des campagnes pour maintenir le contrôle anglais sur les territoires français. 

Nommé lieutenant d’Irlande (1414-1419) et gouverneur de Normandie (1434), il joua un rôle clé dans la défense des possessions anglaises. 

En 1442, il fut créé comte de Shrewsbury par Henri VI d’Angleterre, puis comte de Waterford en 1446.

 

Mort : Tué le 17 juillet 1453 à la bataille de Castillon (Guyenne), marquant la fin de la guerre de Cent Ans et la perte des territoires anglais en France (hormis Calais).

 

Faits marquants

Batailles notables :  Siège de Harfleur (1415) : Participa à la campagne d’Henri V. 

Bataille de Patay (1429) : Capturé par les Français menés par Jeanne d’Arc, il fut emprisonné pendant quatre ans avant d’être libéré. 

Bataille de Castillon (1453) : Mort héroïquement lors de cette défaite décisive face aux forces françaises, équipées de canons modernes.

 

Réputation : Connu pour son courage, sa ténacité et son dévouement à la couronne anglaise, mais aussi pour sa brutalité envers les ennemis. 

Héritage : Symbole de la résistance anglaise face à la reconquête française. 

Inspirateur de la figure du « Old Talbot » dans Henry VI, Partie 1 de Shakespeare.

 

Distinctions

Membre de l’Ordre de la Jarretière (KG), l’une des plus hautes distinctions anglaises. 

Titres multiples : baron Strange de Blackmere, baron Furnivall, comte de Shrewsbury et de Waterford.

 

Anecdote

John Talbot est souvent dépeint comme un héros tragique, dernier grand défenseur des ambitions anglaises en France. Sa mort à Castillon symbolise la fin d’une époque pour l’Angleterre médiévale..

Sources : Informations historiques tirées de chroniques médiévales et d’études sur la guerre de Cent Ans. Pour une analyse plus approfondie, consulter des ouvrages comme The Hundred Years War de Jonathan Sumption.

 

Pierre de Beauvau du Rivau

Titres : Seigneur du Rivau, seigneur de La Bessière (à Deux-Évailles), seigneur de Saint-Cassien (à Angliers), premier chambellan et conseiller de Charles VII

Dates : Vers 1410 – 1453 (mort des blessures reçues à la bataille de Castillon)

Nationalité : Française

Rôle : Noble et militaire français, figure de la cour de Charles VII pendant la fin de la guerre de Cent Ans 

 

Biographie

Naissance : Date incertaine (vers 1410), issu de la branche cadette de la famille de Beauvau, une ancienne lignée noble angevine. Fils de Mathieu de Beauvau et de Jeanne Bessoneau, dame de Béchere et de La Besselière. 

 

Famille : 

Jeanne de Craon, première épouse de Pierre de Beauvau du Rivau

Dates : Naissance approximative : vers 1410-1415 ; Décès : avant 1438 en donnant naissance à leur enfant par césarienne.

Épousa Pierre de Beauvau du Rivau, seigneur du Rivau et premier chambellan de Charles VII, dans les années 1430. Ce mariage renforça les liens entre les Beauvau et les Craon, deux familles influentes dans l’Anjou. 

Le blason de la famille Beauvau représente quatre lions couronnés d’or, symboles de force et de courage. Cette puissante image reflète leur proximité avec les rois de France et illustre leur devise : Beauvau sans départir, autrement dit ne jamais fuir face au danger.

​ À ces lions s’ajoutent des losanges, hérités des armoiries de la famille de Craon

 

Second mariage : Le 23 août 1438 avec Anne de Fontenay, fille aînée d'Amboise de Fontenay (chevalier, seigneur de Saint-Cassien) et de Marguerite du Puy. Ce mariage lui apporte en dot les seigneuries du Rivau, du Coudray et des terres à L'Île-Bouchard et Champigny-sur-Veude. 

Enfants : Deux fils, René de Beauvau (seigneur de La Bessière et du Rivau) et Jacques de Beauvau (entré dans les ordres). 

Ancêtre commun : Macé de Beauvau, chevalier et sénéchal d'Anjou.

 

Carrière :

 Attaché à la cour de Charles VII, il devient conseiller-chambellan et premier chambellan du roi, rôle de confiance impliquant la gestion de la chambre royale et des affaires diplomatiques. 

En 1442, autorisé par Charles VII à reconstruire et fortifier le château du Rivau (près de Chinon), qui passe sous la suzeraineté directe du roi – un privilège royal en reconnaissance de ses services loyaux. 

Impliqué dans les campagnes militaires de la reconquête française contre les Anglais en Guyenne.

 

Mort : Blessé mortellement le 17 juillet 1453 lors de la bataille de Castillon. Il décède peu après de ses blessures.

 

Faits marquants

Le château du Rivau : Initialement une maison-forte médiévale du XIIIe siècle, Pierre de Beauvau en fait un château-fort emblématique avec tours en poivrière, douves, mâchicoulis, pont-levis et chemin de ronde. Symbole de la Renaissance militaire angevine, il reste dans la famille jusqu'au XVIIe siècle. Jeanne d'Arc y séjourna en 1429 pour choisir des chevaux avant le siège d'Orléans. 

Loyauté à Charles VII : Comme d'autres Beauvau (ex. : son parent Pierre Ier de Beauvau, compagnon de Jeanne d'Arc), il incarne la fidélité à la couronne face aux Bourguignons et aux Anglais. 

Héritage familial : Sa descendance perpétue la branche Beauvau du Rivau, érigée en marquisat en 1664 par Louis XIV. Des descendants notables incluent des évêques comme Pierre-François de Beauvau du Rivau (évêque de Sarlat, 1692-1701).

 

Distinctions

Premier chambellan de Charles VII, charge prestigieuse à la cour royale. 

Seigneuries multiples : Rivau, La Bessière, Saint-Cassien, intégrées à la maison de Beauvau.

 

Anecdote

Pierre de Beauvau du Rivau est souvent confondu avec son parent Pierre Ier de Beauvau (1380-1435), sénéchal d'Anjou et diplomate.

Le Rivau, fortifié sous son règne, échappa à la destruction ordonnée par Richelieu en 1620 grâce aux alliances familiales. Aujourd'hui, le château est un site touristique célèbre pour ses jardins féériques et son histoire médiévale.

 

Joachim ROUAULT, seigneur de Boisménard, Gamaches, Fronzac

Joachim ROUAULT, seigneur de Boisménard, Gamaches, Fronzac, etc., était sénéchal de Poitou en 1440, et premier écuyer du corps du Dauphin en 1441; il se distingua la même année aux prises de Creil, de Saint-Denis et au siège de Pontoise sur les Anglais; se signala en 1442 au siège d'Acqs ; suivit le Dauphin en 1444 en Allemagne ; fut laissé pour défendre la ville de Montbêliard avec 500 hommes en 1445, et commis à la défense du Barrois en 1446, 1447 et 1448. Il acquit beaucoup de gloire en 1449 à la conquête de la Normandie, à différents sièges, à la bataille de Formigny et fut nommé gouverneur de Carentan. Il coopéra, sous les ordres du duc de Penthièvre, à la soumission de la Guienne, servit aux sièges de Bergerac, Blaye, Fronzac, etc., et fut nommé gouverneur de cette ville en 1451.

 

Nommé sénéchal de Bordeaux, il se trouva à la prise de Bayonne, au siège de Castillon et à la défaite des Anglais devant cette place (1453) ; il fut employé ensuite à la seconde capitulation de Bordeaux et à la conquête de l'Armagnac (1455).

 

Au retour de l'expédition, il fut envoyé au secours du roi d'Ecosse et de Marguerite, reine d'Angleterre, et le roi lui fit don, sa vie durant, de la terre de Fronzac, par lettres patentes du 25 juillet 1458. Louis XI le nomma maréchal de France le 3 août 1461.

 

ROUAULT commanda l'armée française en Catalogne et Roussillon, puis défendit en 1465 la ville de Paris contre la Ligue du bien public. Ses services le firent nommer gouverneur de la capitale.

 

Le roi lui donna, le 3 août 1472, les biens qui avaient été confisqués au seigneur de Rambures qui suivait le parti du duc de Bourgogne et ceux du vicomte de Neuchâtel. Mais la faveur du maréchal était arrivée à son apogée; l'esprit défiant de Louis XI, excité par les dépositions du comte de Saint-Pol qui l'avait accusé d'avoir eu des liaisons trop étroites avec la Maison d'Anjou, oublia les services qu'il avait rendus à la couronne ; ROUAULT fut arrêté ; mais les commissaires qui le jugèrent à Tours ne font aucune mention de ces liaisons dans l'arrêt qu'ils rendirent le 16 mai 1476 ; cet arrêt porte seulement « que le maréchal a fait tenir de faux rôles à des gens de guerre » et a commis plusieurs exactions pour lesquelles il est condamné à 20,000 livres, privé » de ses charges et banni du royaume ».

 

Le bannissement n'eut point lieu et ROUAULT mourut, le 7 août 1478, en possession de ses biens dont il disposa en faveur de ses enfants.

 

Joachim ROUAULT avait épousé dame Françoise DE VOLVIRE, fille du baron de Ruffec, qui lui donna un fils unique.

Louis II de Beaumont-Bressuire (également appelé Louis de Beaumont-la-Forêt)

Titres : Seigneur de Bressuire, de La Forêt-sur-Sèvre, du Plessis-Macé, de Missé et de Commequiers ; sénéchal du Poitou, chambellan de Louis XI, lieutenant du roi en Poitou

Dates : c. 1407 – 1477

Nationalité : Française

Rôle : Noble et militaire poitevin, figure clé de la fin de la guerre de Cent Ans et de la cour de Charles VII et Louis XI

 

Biographie

Naissance : Vers 1407, issu de la puissante famille de Beaumont-Bressuire, lignée seigneuriale du Poitou vassale de la vicomté de Thouars. Arrière-petit-fils de Louis Ier de Beaumont-Bressuire (1355-1388), ancien allié des Anglais. Fils de Charles de Beaumont et d’Anne de Curton. 

 

Famille : 

Mariage : En 1440 avec Jeanne Jousseaume (fille de Jean Jousseaume et de Jeanne de L’Isle-Bouchard, dame de Gonnor et Thouarcé), qui lui apporte en dot les seigneuries de La Forêt et de Commequiers. 

Enfants : Trois descendants notables – Thibaut de Beaumont (sans postérité), Catherine de Beaumont (mariée en 1461 à Eustache du Bellay, seigneur du Bellay), et Louis III de Beaumont (évêque de Paris de 1473 à 1492). 

Alliances : La famille Beaumont s’allie aux Rochechouart de Mortemart, Turpin de Crissé, Laval, Saint-Gelais de Lusignan, Chasteigner, La Rochefoucauld et Appelvoisin.

 

Carrière militaire et politique

Sous Charles VII, il s’illustre dans la reconquête de la Guyenne pendant la guerre de Cent Ans : il assiège et prend Gensac (Dordogne), participe à la bataille de Castillon (1453, victoire décisive contre les Anglais) et à la capture de Bordeaux la même année. 

Nommé sénéchal du Poitou, conseiller puis chambellan de Louis XI, il devient l’un des 12 confidents du roi lors de l’entrevue de Coulonges-les-Royal (septembre 1469) avec le duc de Guyenne. 

Gouverneur et lieutenant du roi à La Rochelle ; membre fondateur de l’Ordre de Saint-Michel (créé en 1469 par Louis XI). 

Bâtisseur : En 1441, il transforme le château de Bressuire en résidence princière ; en 1472, il édifie un pavillon de chasse à Missé, souvent visité par Louis XI.

 

Mort : En 1477, probablement à Bressuire ou dans ses domaines poitevins.

 

Faits marquants

Prise de Bordeaux (1453) : Participation à la reconquête des derniers bastions anglais en Guyenne.

 

Réputation : Loyal serviteur des Valois, il incarne la transition de la noblesse féodale vers une élite royale plus centralisée sous Louis XI. Oncle de Jacques de Beaumont, qui lui succède comme sénéchal du Poitou et chambellan. 

Héritage :  Ses domaines intègrent plus tard la maison du Bellay via sa fille Catherine. La branche Beaumont-Bressuire s’éteint au début du XVIe siècle, mais laisse un legs architectural (châteaux de Bressuire et Commequiers) et ecclésiastique (son fils évêque).

 

DistinctionsOrdre de Saint-Michel (chevalier fondateur en 1469). 

Sénéchal du Poitou (charge judiciaire et administrative majeure). 

Chambellan et lieutenant général du roi en Poitou, Saintonge et Aunis.

 

Anecdote

Louis II de Beaumont-Bressuire, proche de Louis XI (surnommé le « Spider King » pour ses intrigues), l’accompagne dans des négociations sensibles et bénéficie de sa protection royale. Son pavillon de chasse à Missé symbolise les liens privilégiés avec le roi chasseur, qui y séjourne à plusieurs reprises. Contrairement à son ancêtre Louis Ier (allié des Anglais), il est un pilier de la reconquête française.

Sources : Informations tirées de chroniques historiques et généalogies (Wikipédia, Wikidata, Gallica). Pour plus de détails, consulter Histoire de la ville et baronnie de Bressuire de Bélisaire Ledain ou des études sur la noblesse poitevine au XVe siècle.

Jean Bureau, Maître de l’artillerie du roi de France, conseiller et chambellan de Charles VII

Dates : c. 1390 – c. 1463

Nationalité : Française

Rôle : Artisan clé de la victoire française à la fin de la guerre de Cent Ans, notamment à Castillon (1453), grâce à son innovation dans l’emploi de l’artillerie.

 

Biographie

Origines : Né vers 1390, probablement à Paris ou dans une famille bourgeoise de la région, Jean Bureau est le frère aîné de Gaspard Bureau, également maître de l’artillerie. Issu d’un milieu modeste, il gravit les échelons grâce à ses compétences techniques.

 

Carrière :

Vers 1430 : Entre au service de Charles VII comme ingénieur et artilleur, modernisant l’artillerie française.

1439 : Nommé maître de l’artillerie, il supervise la fabrication et le déploiement de canons (serpentines, couleuvrines, bombardes).

1450 : Participe à la reconquête de la Normandie, utilisant l’artillerie avec succès contre les places fortes anglaises.

1453 : Dirige l’artillerie à la bataille de Castillon (17 juillet 1453), où son emploi stratégique de canons retranchés décime l’armée de John Talbot, marquant la fin effective de la guerre de Cent Ans.

1453 : Supervise le siège de Bordeaux, avec des positions à Lormont, contribuant à la capitulation du 19 octobre.

 

Mort : Vers 1463, probablement à Paris, après une carrière distinguée sous Charles VII et Louis XI.

 

Faits marquants

Bataille de Castillon : Avec son frère Gaspard, il déploie 300 canons dans des retranchements, infligeant une défaite humiliante aux Anglais (4 000 morts). Cette victoire illustre la supériorité de l’artillerie sur la chevalerie médiévale.

Innovation : Introduit des canons mobiles et des boulets en fonte, améliorant la précision et la portée. Il standardise aussi la production d’armes à feu.

Récompenses : Élevé au rang de chambellan et enrichi par des dons royaux, il incarne la montée en puissance de la bourgeoisie technique sous les Valois.

 

Distinctions

Maître de l’artillerie (1439-1463).

Conseiller et chambellan de Charles VII.

 

Anecdote

Jean Bureau, surnommé le « père des canons français », transforma l’artillerie d’un art rudimentaire en une force décisive. Lors de Castillon, Talbot chargea imprudemment sous une pluie de boulets, criant « Une Talbot ! » – un acte héroïque mais fatal, immortalisé par l’armure offerte à Charles VII comme trophée.

Conclusion

Jean Bureau, maître de l’artillerie, fut un pilier de la reconquête française, notamment à Castillon et Bordeaux en 1453. Pour plus de détails, consulter La Guerre de Cent Ans de Jonathan Sumption ou les archives militaires françaises.

Sources : Chroniques de l’époque et études historiques.

 

(1) Mathieu de Coucy, p. 643.

(2) Martial d'Auvergne, Vigiles de Charles VII, t. II, p. 143 et 144.

(3) Puregot pour Périgord, Chastillon pour Castillon.

(4) Mathieu de Coucy, p. 644.

(5) Il y a là une erreur. L'armée anglo-gasconne partit de Bordeaux non le 23, jour de la Magdeleine, mais le 16 juillet, peut-être même dans la nuit du 15 au 16, une semaine avant l'époque fixée par le chroniqueur.

(6) Mathieu de Coucy, p. 644.  

(7) Aujourd'hui le prieuré Saint-Florent.

(8) Léo Drouyn, Guienne anglaise, t. II, p. 99. Voyez, les plans qui accompagnent la notice sur Castillon. C'est à M. Léo Drouyn que la science archéologique doit le vrai champ de bataille de Castillon, et surtout l'emplacement du pair, d'artillerie. J'ai déjà cité plusieurs fois la Guienne anglaise ; je ne saurais trop recommander ce beau livre, monument élevé par M. Drouyn à la gloire de son pays, et qui montre ce que peut en province le talent uni au patriotisme.

(9) Léo Drouyn, Guienne anglaise, p. 100.

(10) Ibid., p. 101.

(11) Turri quidam..., occupati ac sagittariorum praesidio muniti. (.Encas Sylvius Piecolomini. Historia de Europù. cap. XLIII, p. 441).

(12) Dorsy, Gamaches et ses seigneurs, p. 134.

(13) Mathieu de Coucy, p. 644 et 645.

(14) « L'Achille de l'Angleterre, » surnom donné par plusieurs de ses I biographes au comte de Shrewsbury. 

(15) Lors les Françoys si se serrèrent

Dans le champ à leur avantaige,

Et les Paiges si renvoièrent

Avec leurs chevaulx et bagaige.

Adoncques quand les Angloys virent

Les pouldres qui ès champs voloient,

Pour les chevaulx, entre eulx dirent

Que les Françoys si s'enfuyoient.

(Martial d'Auvergne, t. 11, p. 144).

Voyez également Thomas Basin, éd. Quicherat, t. I, p. 265.

(16) Mathieu de Coucy, p. 644.

(17) Cum quingentis galeatis militibus, octingentis sag-ittariis. (/Eneas Sylvius Piccolomini, Historia de Europâ, p. 441). rEneas Sylvius entend parler, sans doute, du nombre des soldats au moment où eut lieu l'attaque de l'abbaye; mais lorsque Talbot se mit en marche pour le camp, le général. de l'armée anglaise ne devait pas avoir moins de 4 à 5,000 hommes d'armes.

(18) Le chiffre total, des forces que Talbot mit en ligne dans le courant de la journée est assez difficile à fixer ; les historiens varient beaucoup sur ce point. Je crois cependant qu'on peut, sans s'écarter beaucoup de la vérité, porter l'effectif de ses troupes à 8 ou 9,000 hommes.

(19) Berry, p. 469.

(20) Jehan Chartier, p. 264.

(21) «  Chargés, dit Jehan Chartier, d'inscriptions et devises injurieuses, au mespris et desdain des bons François qui soustenoient le parti de leur roi légitime. » (Hist. de Charles VII, éd. Godefroy, p. 164)

(22). Sur la lame, à côté de l'inscription, se trouvait la date de l'année M. IIIIe XLIII. Voyez, en tête de ce volume, la gravure qui représente le portrait de Talbot d'après une estampe copiée par André Thevet sur un manuscrit appartenant à Louise de Savoie, mère de François Ier. Le graveur du XVIe siècle y a fait figurer l'épée, de Talbot.

Cette épée a elle-même son histoire. Elle fut retirée, parait-il, de la Dordogne, longtemps après la bataille, par un villageois, et apportée un jour de foire à Bordeaux, où un armurier de cette ville l'acheta. (1575 ?)

(23) André Thevet, Les vrais Pourtraits et Vies des hommes illustres. Paris, 1584, in-fo, p. 284.

(24) Edouard Hull, que l'on a vu arriver au mois d'octobre 1442, avec les navires anglais, était resté en Guyenne. Le 9 janvier 1443, pour reconnaître ses services, sans doute, il fut nommé connétable de Bordeaux. Il exerçait les mêmes fonctions en 1448. Il est à penser qu'il occupa cette charge jusqu'à la première conquête, et qu'il fut remplacé seulement au mois de juin 1451 par Joachim Rouhault, connétable, au nom du roi de France. (Harris Nicolas, A journal by one of tlie suite of Thomas Beckington. — Champollion-Figeac, Lettres .des Rois et Reines des cours de France et d'Angleterre, t. II, p. 480). -

 (25) AEneas Sylvius Piccolomini, Historia de Europâ, cap. XLIII, . 442.

(26) Thomas Basin, De rébus, a Carolo septimo gestis, t. I, p. 265.

(27) Mathieu de Coucy, p. 645.

(28) « Primipilarius seu signifer. »

(29) Mathieu de Coucy, Histoire de Charles VII, éd. Godefroy, p. 645.

(30) Thomas Basin, p. 266.

(31) M. de Barante, Histoire des ducs de Bourgogne t. VII, p. 484. 

(32) Desquelles paroles iceluy de Tallebot, fut mal content et luy fit une rude réponse en parlant à luy très injurieusement. (Mathieu de Coucy, p. 645.) 

(33) Néanmoins iceluy de Tallebot en suivant sou grand courage marcha toujours en approchant d'iceluv parc. (lbid.) 

(34) Jehan Chartier, Histoire de Charles VII, éd. Godefroy, p. 264. 

(35) Ibid

(36) Rapin de Thoiras, Hist. d'Angleterre, t IV p. 338.

(37)  Furentes Talboti milites... (AEneas Sylvius, Historia de Europâ, p. 441)

(38) Erant eis trecenta circiter tormenta senea, id est bombardae mise curribus aduxerant, ea via, per quam Talbotus adventurus erat opposuerunt, multas praeterea machinas hinc atque inde collocaverunt quibus ignari hostes confici possent. (Æneas Sylvius. ibid.)

(39) Ut... nescii machinarum procurrunt, dato tormentis igue, primo Congressu trecenti ferme milites ietu lapidum ex Anglis periere. (AEneas Sylvius, ibid.)

(40) Thomas Basin, t. I, p. 267.

(41) Ubi Talbotus animadvertit filium qui se sequebatur ut abiret, et ad meliora tempora se reservaret admonuit. At cum ûlius diceret non esse sibi ex eo praelio fugiendum, in quo pater periclaturus esset :

« — Ego, inquit, fili, multis rebus clarissime gestis, nec non mori sine dedecore possum, te nunc militare incipientem, nec fuga hifamem, nec mors clarum faciet. » (Æneas Sylvius Piccolomini, Historia de Europâ, p. 441.)

(42) Sed cum filius plus pietas qua commonitio paterna moveret, coortatis sociis ut forti animo pugnâ redintegraret, testudine suorun facta in hostes qui nunquam munitiones castrorum exire prasumpserant, audacibus invectus animis, haud parvam illorum stragem edidit. (AEneas Sylvius, p. 441).

(43) Instructa acie hostem qui se vallo continebat invadit. (Polydore Virgile, Anglicae historiae, lib. XXIII, Henrieus sextus. p. 637).

(44) Cominus pugnam cum hoste. (Thomas Basin, t. I, p. 267).

(45) AEneas Sylvius, ibid.

(46) Adeoque anceps, ut multi diu constaret utro se Victoria inclinaret. (Polydore Virgile, p. 637).

(47) Adonc commença un grand et terrible assaut : où il y eut et se passèrent de grandes vaillances de part et d'autre, main à main, et y fut merveilleusement combattu à coups de haches, guisarmes, lances et de traits très vaillamment. Ce chaplis dura l'espace d'une grosse heure. (Jehan Chartier, Histoire de Charles VII P. 264 et 265).

(48) Jehan Chartier. D. 265.

(49) Lecti Juvenes D. équites CCC exBritonia. (Æneas Sylvius, p. 441).

(50) Jehan Chartier, p. 265.

(51) Rapin de Thoiras, t. IV, p. 338.  

(52) Bibliothèque Ste-Geneviève, Ms. n° 1,155. « Et y eurent les seigneurs de Hunaudaye et Montauban et ceulx de leur compaignie, très grant honneur et plus que nulz autres des trois batailles. Et y gaigna messire Olivier Giffart la bannière de Talebot ; et en général les Bretons y gaignèrent cinq bannières qu'ils emportèrent en Bretaigne »

(53) Thomas Basin, t. I, p. 267.

(54) Philippe de Commines, Mémoires, 1. IV c. VI.

(55) Bibloth. de l’Ecole des Chartes, Lettre sur la bataille de Castillon, en Périgord, t. III (2e série, année 1846), p. 246. - Le texte de cette lettre se trouve à la suite de la relation de la conquête de Normandie, par Berry. (Ms. de la Biblioth. imp., no 8346). La lettre elle-même « est annoncée, dit la revue intitulée Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, par une rubrique disant qu'elle « fut envoyée par une » honnourable homme, qui fut à la dicte journée, au comte d'Angouesme; » mais c'est une erreur du copiste; l'épitre, quoique sans adresse, est destinée à plusieurs personnes qui sont traitées de Chiers amis; et celui qui écrit, loin de se donner comme ayant pris part au combat, ne parle que d'après les nouvelles arrivées à Angoulême le surlendemain de la bataille. »

(56) Martial d'Auvergne, Vigiles de Charles VII, t. II, p. 447. - I

(57) Thomas Basin, t. 1, p. 267- t.

(58) A l'abouter en ruèrent jus de V à VI cents. (Biblioth. de l'Ecole des Chartes, 2e série, t. III, Lettre sur la bataille, D. 247).

(59) Ibid.

(60) Ibid.

(61) Thomas Basin, t. I, p. 248.

(62) Or, pour ce que les François estans à pied, estoient fort lassez et travaillez et tous hors d'haleine, ils ne peurent pas bien suffire et fournir, ny pourvoir partout ; de sorte que plusieurs Anglois et Gascons échappèrent de cette bataille, qui se sauvèrent en ladite ville de Castillon, où plusieurs d'iceux fuyants se retirèrent jusqu'au nombre de cinq mille. (Jehan Chantier, chantre de Saint-Denys, chroniqueur du royaume de France, p. 265.)

(63) Multi tamen in vestigio intertecti, ac pedites ipsi alli alio dilapsi sunt, qui precipitante sole conferti ad suos aegrè se retulerunt. (Polyd. Virer., p. 637.)

(64) Jehan Chartier, p. 266.

(65) Le P. Anselme, t. II, chap. VIII, p. H90. — Jehan Chartier, p. 270.

(66) Biblioth. de l'Ec. des Chartres, 2c série, l. 111, Lettre sur la bataille, etc., p. 247.

(67) Al. machelière ou d'une des mâchoires. (Godefroy).

(68) Mathieu de Coucy.

(69) Mathieu de Coucy, p. 646.

(70) Thomas Basin, t. 1, p. 267. — notices des Manusc., p.435.

(71) Il n'estoit point armé, pour ce que quand le roy Charles lui quitta sa rançon, quand il fut prins à Rouen et lui donna grande somme de deniers, il promit de sa franche volonté, sans contrainte, de soy jamais armer contre luy ny les siens. (Jacques du Clercq, Mémoires. éd. Buchon, p. 77).

(72) Les Anglo-Gascons, d'après la Lettre sur la bataille, étaient au nombre de sept mille; selon Mathieu de Coucy, Talbot avait réuni huit il i ix mille combattants. Les Français de l'abbaye et du parc, joints aux Bretons campés à Capitourlan, formaient environ dix mille homme.

(73) « La Journée de Castillon, dit un auteur, fut une petite bataille suivie d'un grand effet. » (Biblioth. de l'Ec. des Chart., t. III, 2e série, p. 245). Peut-être le mot petite manque-t-il un peu de justesse, c'est moins le nombre des combattants que la grandeur de l'effort, et l'acharnement de la lutte qu'il faut envisager dans cette sanglante affaire.

 

 

 

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