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PHystorique- Les Portes du Temps
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22 février 2025

Vihiers, la bataille de Coron 15-16 mars 1793 : les premiers succès vendéens dans la guerre de Vendée

Vihiers les 15 et 16 mars 1793 s'inscrit dans les tout premiers jours de la guerre de Vendée, une insurrection paysanne contre-révolutionnaire qui éclate dans l'ouest de la France suite au décret de la Convention nationale du 24 février 1793 imposant la levée en masse de 300 000 hommes. Ce décret, perçu comme une atteinte intolérable à la liberté locale, à la religion catholique (via la Constitution civile du clergé de 1790) et à la monarchie, provoque un soulèvement spontané dans les campagnes de l'Anjou, du Poitou et de la Vendée.

Vihiers, petite ville du district de Chalonnes-sur-Loire (actuel Maine-et-Loire), située entre Cholet et Saumur, devient un point stratégique précoce de cette rébellion.

Ces dates correspondent à la prise de la ville par les insurgés vendéens, marquant l'un de leurs premiers triomphes militaires et l'élargissement rapide de l'insurrection. Voici un récit détaillé, basé sur des sources historiques contemporaines et analyses.

Contexte : l'étincelle de la révolte (début mars 1793)

  • Déclenchement : Le 11 mars 1793, à Saint-Florent-le-Vieil, des paysans et artisans, menés par des figures locales comme Jacques Cathelineau (colporteur et "Saint de l'Anjou"), attaquent les gardes nationaux républicains accusés de préparer la conscription.

 Ce soulèvement, qualifié de "jacquerie" par les républicains, se propage comme une traînée de poudre dans les Mauges et le bocage vendéen. Les insurgés, armés de faux, de fourches et de quelques fusils saisis, visent à rouvrir les églises, chasser les prêtres "jureurs" (ayant prêté serment à la République) et empêcher la levée.

  • Organisation naissante : Sans armée structurée, les rebelles forment des bandes locales. À Jallais (13 mars), ils s'emparent d'un canon surnommé "Missionnaire".

 Le 14 mars, 15 000 paysans prennent d'assaut Cholet, défendue par seulement 500 gardes nationaux républicains, tous tués ou prisonniers.

Cathelineau est élu chef provisoire. Les nobles et officiers royalistes, comme Jean-Nicolas Stofflet (un régisseur de château) ou Maurice d'Elbée, rejoignent bientôt les rangs pour encadrer ces "soldats-paysans".

  • Réaction républicaine : À Paris, la Convention est informée le 17 mars.

Les districts d'Angers et de Saumur mobilisent des gardes nationaux, mais la surprise et le manque de coordination jouent en faveur des Vendéens. Plus de 2 000 gardes nationaux sortent de Saumur pour reprendre Cholet, mais ils sont interceptés en route.

 

Les événements à Vihiers les 15-16 mars 1793

Vihiers, bastion administratif républicain (siège du district avec un prieuré servant de centre), est un objectif symbolique pour les insurgés cherchant à contrôler les routes vers l'Anjou et la Loire. Les dates précises indiquent une phase de reconnaissance et de prise rapide :

  • 15 mars 1793 : Les Vendéens, renforcés par les succès à Cholet et Jallais, avancent vers l'ouest. Une avant-garde sous Cathelineau et Stofflet (environ 5 000 à 7 000 hommes, paysans et volontaires locaux) approche Vihiers.

La garnison républicaine, composée de gardes nationaux du district (moins de 500 hommes, mal équipés), est prise au dépourvu. Des escarmouches éclatent aux abords de la ville, où les insurgés coupent les communications avec Saumur.

Les Vendéens, motivés par la ferveur religieuse et la haine de la conscription, investissent les faubourgs sans résistance majeure. L'église Notre-Dame est rouverte, et les prêtres réfractaires (non assermentés) reprennent les offices. Des archives locales sont pillées ou brûlées pour effacer les traces administratives républicaines.

  • 16 mars 1793 : Le cœur de l'action. Les gardes nationaux de Saumur (environ 2 000 hommes sous un commandant local, peut-être lié au général Marcé) tentent une contre-attaque pour reprendre Vihiers et secourir Cholet.

Ils se heurtent aux Vendéens à Coron (commune voisine de Vihiers), où les insurgés, aidés par des renforts paysans (totalisant 6 000 à 8 000), tendent une embuscade.

La bataille de Coron est décisive : les républicains, inférieurs en nombre et en motivation, sont taillés en pièces.  Les Vendéens capturent des fusils, munitions et un canon de 12 livres venu de Richelieu qu'ils baptisent la Marie-Jeanne, renforçant leur arsenal.

Vihiers tombe définitivement aux mains des rebelles, qui y établissent un poste avancé. Les prisonniers républicains sont pour la plupart exécutés sommairement ou utilisés comme boucliers humains dans les jours suivants (pratique abandonnée par la suite).

Cette "victoire de Vihiers-Coron" (souvent fusionnée dans les chronologies) est l'une des premières confrontations d'ampleur, avec des pertes républicaines estimées à plusieurs centaines (tués, blessés et prisonniers). Les Vendéens perdent peu (moins de 100), grâce à leur connaissance du terrain boisé et à l'enthousiasme populaire.

 

Conséquences immédiates

  • Élargissement de l'insurrection : Le 21 mars, les bandes de l'Anjou se réunissent à Chemillé (20 000 hommes), formant l'embryon de l'Armée catholique et royale. Ils marchent sur Chalonnes-sur-Loire pour tenter de franchir la Loire, mais échouent. Vihiers devient une base pour des raids vers Thouars et Bressuire (prises en avril-mai).
  • Répression républicaine naissante : La Convention déclare les Vendéens hors la loi le 19 mars. Des renforts affluent d'Angers et de Saumur, mais les premières colonnes (sous le général Marcé) subissent des défaites. Cela force Paris à mobiliser l'armée de Mayence (août 1793) et à instaurer la Terreur en Vendée.
  • Bilan humain et matériel : À Vihiers, la ville est pillée mais pas détruite (contrairement à la bataille plus tardive du 18 juillet 1793, où les Vendéens infligent une déroute totale aux républicains, anéantissant l'église et le prieuré). Les familles locales sont divisées : certains habitants soutiennent les Bleus (républicains), d'autres rejoignent les Blancs (royalistes). Ces événements posent les bases de la guerre civile, avec 110 000 Vendéens sous les armes sur 130 000 habitants mobilisables.

 

Lien avec la guerre plus large

Ces journées de mars illustrent la phase initiale de la Vendée : une révolte paysanne spontanée, victorieuse grâce à la surprise et à la supériorité numérique locale, mais vite confrontée à l'appareil militaire républicain. Elles préfigurent les succès vendéens jusqu'à l'été 1793 (prises de Saumur le 9 juin, Angers le 18 juin), suivis de la contre-offensive républicaine et de la Virée de Galerne (octobre-décembre 1793).

Vihiers, "zone frontière", souffrira particulièrement : ravagée en juillet 1793 et théâtre de fusillades massives en 1794 (Avrillé, Ponts-de-Cé).

Les sources, comme les mémoires de la comtesse de La Bouëre ou les archives départementales de Maine-et-Loire, soulignent la brutalité dès ces premiers jours : massacres de gardes nationaux et exécutions de suspects. Historiens comme Roger Dupuy ou Anne Rolland-Boulestreau y voient une "insurrection analysée" : non un complot royaliste, mais une réaction paysanne à la centralisation jacobine.

Pour approfondir, consultez les travaux de Jean-Clément Martin (La Vendée et la Révolution, 2007) ou les archives en ligne des Archives départementales de Maine-et-Loire, qui documentent ces événements à partir de rapports municipaux et militaires contemporains. 

 

Carte Guerre de Vendée et Lieux de Mémoire (Maps et Dates)<==
A saint Florent le VIEIL le 12 mars 1793 commença l'épopée vendéenne, la guerre de géants <==

La « Marie-Jeanne» HISTOIRE D'UN CANON DE LA GUERRE DE VENDEE <==

Le 9 juin 1793, la ville de Saumur est prise d'assaut par les Vendéens. (Guerre de Vendée)<==

 

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