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PHystorique- Les Portes du Temps
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9 septembre 2025

3-4 décembre 1793 Le siège d'Angers lors de la guerre de Vendée - Louis Michel Auguste Thévenet, dit Danican

Le siège d'Angers s'est bien déroulé les 3 et 4 décembre 1793 (13 et 14 frimaire an II), dans le cadre de la Virée de Galerne, une phase critique de la guerre de Vendée. Cet épisode marque un échec majeur pour l'Armée catholique et royale vendéenne, qui tentait de repasser la Loire pour regagner son territoire d'origine après des revers en Normandie.

Voici un aperçu détaillé de cet événement, replacé dans son contexte historique.

 

Contexte : la Virée de Galerne et le retour raté en Vendée

Après la défaite de Cholet (17 octobre 1793), les Vendéens, commandés par des chefs comme Henri de La Rochejaquelein, Jean-Nicolas Stofflet et le prince de Talmont, traversent la Loire pour mener une expédition vers le nord (la "Virée de Galerne"), espérant obtenir des secours anglais à un port normand comme Granville.

L'échec devant Granville (14 novembre 1793) et la victoire à Dol (20 novembre) les forcent à rebrousser chemin. Ravagés par la faim, le froid hivernal et les épidémies (dysenterie, typhus, choléra), les Vendéens – environ 30 000 à 40 000 hommes, femmes et enfants – se dirigent vers le sud pour franchir la Loire et rentrer en Vendée.

 

Déroulement du siège

  • 3 décembre 1793 : Les Vendéens arrivent et lancent l'assaut sans préparation, comme à Granville. Ils occupent facilement les faubourgs abandonnés, mais sans échelles ni machines de siège, ils échouent à escalader les remparts. L'artillerie vendéenne, dirigée par Bernard de Marigny (frère du général républicain Boüin de Marigny), bombarde les portes toute la journée, mais sans effet notable. Les républicains ripostent efficacement, et les assaillants subissent des pertes dues à leur désorganisation.
  • 4 décembre 1793 : Nouvel assaut, focalisé sur la porte Cupif (ou Cupidon). Les Vendéens sont sur le point de la franchir quand arrive l'avant-garde de l'Armée de l'Ouest républicaine, commandée par le général Jean Fortuné Boüin de Marigny (environ 2 000 hommes). Cette intervention provoque la panique chez les Vendéens, à court de munitions (surtout de boulets) et moralement brisés. Ils lèvent le siège et fuient vers le nord-est, en direction du Mans, poursuivis par les républicains. Boüin de Marigny est tué par un boulet en fin de bataille.

Les pertes vendéennes sont estimées à plusieurs centaines (non précises, mais significatives en raison de la fatigue et des maladies). Côté républicain, la victoire est célébrée, mais coûteuse avec la mort de Boüin de Marigny.

 

Conséquences et répression

Cet échec scelle la fin de la Virée de Galerne. Les Vendéens, en déroute, se replient sur Le Mans (où ils entrent le 10 décembre, mais sont écrasés les 12-13 décembre) puis Savenay (défaite finale le 23 décembre). La Rochejaquelein et d'autres chefs périssent peu après, et l'insurrection vendéenne passe à la guérilla.

 

À Angers, le représentant en mission Marie-Pierre-Adrien Francastel ordonne une répression féroce : les têtes des Vendéens et Chouans tués sont coupées et exposées sur les remparts pour terroriser les suspects.

Des registres municipaux du 6 décembre (16 frimaire) mentionnent l'enterrement des têtes "qui sentent très mauvais", après que les officiers de santé ont refusé de les disséquer.

 Cela inaugure une vague d'exécutions : entre décembre 1793 et avril 1794, environ 2 500 à 3 000 personnes (hommes, femmes, enfants) sont fusillées à Avrillé, Sainte-Gemmes-sur-Loire ou aux Ponts-de-Cé, et noyées dans la Loire. Les prisons angevines (couvents, cathédrale) sont surpeuplées, favorisant les épidémies.

Cet épisode illustre la brutalité de la guerre de Vendée, qualifiée de "guerre civile totale" par les historiens. Il lie directement à des figures comme Danican (défenseur d'Angers), et préfigure les "colonnes infernales" de Turreau en janvier 1794.

 

Louis Michel Auguste Thévenet, dit Danican, né le 28 mars 1764 à Paris et mort le 17 décembre 1848 à Itzehoe (Holstein), est une figure complexe de la Révolution française, connu pour son rôle militaire et ses prises de position controversées.

 

Voici un résumé de sa vie et de son implication dans la Vendée :

Parcours militaire et Vendée

Engagé dès 1779 dans la marine, puis dans divers régiments (Barrois-Infanterie, Quercy-Cavalerie) et les gendarmes de la reine en 1787, Danican rejoint la Garde nationale parisienne le 14 juillet 1789. Promu rapidement lors de la Révolution, il devient lieutenant-colonel en 1792 dans les éclaireurs de l’armée du Centre, puis général de brigade en septembre 1793 à l’armée de l’Ouest, où il est envoyé pour combattre l’insurrection vendéenne.

En Vendée, son action est marquée par des revers militaires : il participe à la défaite républicaine à la bataille de Vihiers (18 juillet 1793) et à la déroute d’Entrammes (26 octobre 1793), suivi d’un repli sur Angers.

Ces échecs le rendent suspect aux yeux des autorités, et il est suspendu en novembre 1793. Réintégré en avril 1794 grâce à l’intervention d’Edmond Dubois-Crancé, il sert ensuite en Bretagne, Basse-Normandie et Maine, mais son commandement reste entaché de soupçons.

 

Dénonciation des atrocités

En août 1795, après sa démission de l’armée, Danican publie un réquisitoire virulent dans Le Moniteur, dénonçant les généraux républicains (comme Turreau ou Rossignol) pour les atrocités commises en Vendée, notamment les massacres de civils et les pillages. Il affirme avoir agi avec humanité au milieu des « égorgeurs » et sauvé des victimes, une position qui tranche avec la répression brutale des colonnes infernales. Ces accusations, bien que basées sur des témoignages locaux, reflètent aussi un virage politique.

 

Engagement royaliste et exil

En octobre 1795 (13 vendémiaire an IV), Danican se rallie aux sections royalistes de Paris pour s’opposer à la Convention. Après leur défaite face à Bonaparte, il fuit en Allemagne, devenant agent des princes exilés. Revenu clandestinement en France, il échappe à la police lors du coup d’État du 18 fructidor an V (1797) et mène ensuite des intrigues en Suisse, Piémont et Angleterre. Nommé maréchal de camp par les royalistes en 1800, il finit sa vie en exil au Holstein, publiant des pamphlets comme Les Brigands démasqués (1796), où il critique la Terreur.

 

Analyse critique

Danican incarne une trajectoire ambiguë : républicain initialement, il se retourne contre ses anciens camarades, dénonçant les excès tout en rejoignant les royalistes. Ses écrits sur la Vendée soulignent des crimes réels (massacres, exécutions sommaires), confirmés par d’autres sources, mais son rôle humanitaire reste sujet à caution, peut-être exagéré pour se justifier. Son surnom de « général Vendémiaire » reflète son échec lors de l’insurrection de 1795, tandis que ses démêlés avec la justice républicaine et ses exils suggèrent une figure opportuniste autant que contestataire.

 

Séance du 5 Brumaire. Une lettre du général Danican, qui a fait la guerre dans la Vendée, achève de dévoiler les excès commis dans cette malheureuse contrée. Il peint les vieillards massacrés dans leur lit, les enfants égorgés sur le sein de leur mère, les femmes enceintes traînées à l’échafaud, les magasins livrés aux flammes, les noyades de Nantes renouvelées dans l’espace de 30 lieues en remontant la Loire. Il termine en parlant de ses services, de ses blessures, et des calomnies qui en ont été, dit-il, la récompense.

 

En résumé, Louis Michel Auguste Thévenet, dit Danican, est un acteur secondaire mais révélateur des divisions de la Révolution, oscillant entre service républicain, dénonciation des violences en Vendée et ralliement royaliste, avant une vie d’exil marquée par des écrits polémiques.

 

Carte Guerre de Vendée et Lieux de Mémoire (Maps et Dates)<==

 

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