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PHystorique- Les Portes du Temps
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5 septembre 2025

Lien entre la Terreur française et le Bolchévisme

Le lien entre la Terreur (1793-1794) de la Révolution française et le bolchévisme (1917 et après) en Russie repose sur des parallèles historiques, idéologiques et pratiques, bien que les contextes diffèrent.

Les deux utilisent la propagande pour légitimer la violence.

La Terreur glorifie la République via des fêtes révolutionnaires.

Les bolchéviks exaltent le prolétariat via des affiches et slogans comme "Tout le pouvoir aux soviets"

Voici une analyse concise des similitudes et différences, centrée sur leurs dynamiques révolutionnaires, leurs méthodes et leurs objectifs.

Similitudes
  1. Contexte de crise et révolution :
    • Terreur : La France de 1793 fait face à des menaces internes (contre-révolution, révoltes vendéennes) et externes (guerres contre les monarchies européennes). La Convention, dominée par les Montagnards, instaure la Terreur pour sauver la République.
    • Bolchévisme : En 1917, la Russie est en crise (Première Guerre mondiale, effondrement du tsarisme, guerre civile). Les bolcheviks, menés par Lénine, s’emparent du pouvoir pour instaurer une révolution socialiste face à des ennemis internes (Blancs, mencheviks) et externes (interventions étrangères).
    • Parallèle : Les deux mouvements émergent dans des périodes de chaos, justifiant des mesures extrêmes pour protéger la révolution.
  2. Usage de la violence révolutionnaire :
    • Terreur : La guillotine et le Tribunal révolutionnaire servent à éliminer les "ennemis de la République" (nobles, Girondins, Hébertistes, etc.). Environ 17 000 exécutions officielles et des milliers de morts sans procès (ex. : massacres de Vendée).
    • Bolchévisme : La Tcheka (police secrète bolchevique) et la "Terreur rouge" (1918-1922) ciblent les contre-révolutionnaires, bourgeois, et opposants politiques. Des dizaines de milliers de personnes sont exécutées ou emprisonnées.
    • Parallèle : Les deux régimes utilisent une violence systématique comme outil politique pour consolider le pouvoir et éliminer l’opposition, souvent au nom de l’intérêt général ou de la "volonté populaire".
  3. Centralisation autoritaire :
    • Terreur : Le Comité de salut public, dirigé par Robespierre, Saint-Just et autres, concentre les pouvoirs, suspend les libertés et impose une dictature révolutionnaire temporaire.
    • Bolchévisme : Les bolcheviks instaurent la "dictature du prolétariat", dissolvant l’Assemblée constituante en 1918 et centralisant le pouvoir dans le Parti communiste, éliminant toute opposition (mencheviks, SR, anarchistes).
    • Parallèle : Dans les deux cas, l’idéal égalitaire initial cède la place à un pouvoir autoritaire pour maintenir l’ordre révolutionnaire.
  4. Idéologie égalitaire et universaliste :
    • Terreur : Les Jacobins, inspirés par Rousseau, prônent l’égalité politique et sociale, une "République vertueuse" où les privilèges sont abolis. Leur rhétorique universaliste vise à propager la révolution (ex. : guerres révolutionnaires).
    • Bolchévisme : Inspirés par Marx, les bolcheviks visent une société sans classes et la révolution mondiale. Leur discours universaliste promet l’émancipation des prolétaires partout dans le monde.
    • Parallèle : Les deux mouvements se revendiquent d’idéaux égalitaires et universalistes, mais leurs applications pratiques sont limitées par la répression et les réalités politiques.
  5. Mobilisation populaire :
    • Terreur : Les Sans-culottes, base populaire urbaine, soutiennent les Jacobins et exercent une pression pour des réformes sociales (ex. : loi du maximum).
    • Bolchévisme : Les bolcheviks s’appuient sur les ouvriers, soldats et paysans, mobilisés par des slogans comme "Paix, terre, pain".
    • Parallèle : Les deux s’appuient sur des mouvements populaires pour légitimer leur pouvoir, mais finissent par marginaliser ces bases (ex. : répression des Enragés pour la Terreur, dissolution des soviets indépendants pour les bolcheviks).
Différences
  1. Idéologie et objectifs :
    • Terreur : L’objectif est de fonder une république démocratique débarrassée des privilèges féodaux, avec une forte influence des idées des Lumières. L’égalité est surtout politique, avec des limites économiques (peu de redistribution réelle).
    • Bolchévisme : Le projet est explicitement socialiste, visant l’abolition du capitalisme et l’établissement d’une société sans classes via la nationalisation des moyens de production.
    • Distinction : La Terreur reste dans un cadre bourgeois et national, tandis que le bolchévisme a une ambition mondiale et anti-capitaliste.
  2. Échelle et durée :
    • Terreur : Dure environ un an (1793-1794), avec une répression intense mais limitée dans le temps, suivie par la réaction thermidorienne.
    • Bolchévisme : La Terreur rouge s’étend sur plusieurs années (1918-1922) et s’inscrit dans un projet à long terme (construction de l’URSS). La répression bolchevique est plus massive (centaines de milliers de victimes).

Distinction : La Terreur est un épisode bref et circonscrit, tandis que le bolchévisme institutionnalise la répression sur une plus longue période.

3. Contexte socio-économique :

  • Terreur : La France est encore majoritairement agraire, avec une bourgeoisie montante et une paysannerie divisée. Les réformes économiques (ex. : loi du maximum) sont temporaires et peu efficaces.
  • Bolchévisme : La Russie est en transition vers l’industrialisation, avec une classe ouvrière émergente. Les bolcheviks mènent des réformes radicales (nationalisations, collectivisations), bien que chaotiques pendant la guerre civile.
  • Distinction : Le bolchévisme s’attaque directement à la structure économique capitaliste, contrairement à la Terreur, qui reste dans un cadre pré-capitaliste.

4. Religion :

  • Terreur : La déchristianisation, portée par les Hébertistes, est un mouvement radical mais marginal, souvent rejeté par Robespierre (qui promeut le culte de l’Être suprême).
  • Bolchévisme : L’athéisme d’État est une composante centrale, avec une répression systématique de l’Église orthodoxe.
  • Distinction : La Terreur est ambivalente sur la religion, tandis que le bolchévisme est explicitement anti-religieux.

Influences Directes

Inspiration Explicite : Lénine et Trotsky admirent la Révolution française, qu'ils voient comme un précédent pour une révolution prolétarienne. Lénine cite Robespierre et la Terreur comme modèle pour la discipline révolutionnaire, mais critique les Jacobins pour leur échec à instaurer un changement social durable (limité à la bourgeoisie). Dans La Révolution prolétarienne et le renégat Kautsky (1918), Lénine défend la Terreur rouge en la comparant à la Terreur française, mais adaptée à la lutte des classes.

  • Tchéka et Tribunaux Révolutionnaires: La Tchéka (créée en 1917) s'inspire des tribunaux révolutionnaire français, avec des exécutions sommaires et peu de procès équitables. Felix Dzerjinski, chef de la Tchéka, est comparé à Fouquier-Tinville, procureur de la Terreur.
  • Vocabulaire:Les bolchevicks empruntent des termes comme "contre-révolutionnaire" ou "ennemi du peuple", popularisés par les Jacobins.

ConclusionLa Terreur et le bolchévisme partagent des traits communs : usage de la violence pour protéger la révolution, centralisation autoritaire, rhétorique égalitaire, et mobilisation populaire. Cependant, leurs objectifs diffèrent fondamentalement (république démocratique vs socialisme communiste), tout comme leurs contextes socio-économiques et leur échelle. La Terreur est un précédent historique pour le bolchévisme, mais ce dernier va plus loin dans la radicalité et la systématisation de la répression et des réformes.

 

La gauche radicale pendant la Terreur (1793-1794) en France, période clé de la Révolution française<== Origine du communisme : La Révolution française comme prémisse du communisme (Karl Marx et Friedrich Engels)<==

 

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