22 août 2025
22-24 août 1792 Bataille des Moulins de Cornet épisode clé des débuts de la guerre de Vendée, survenu près de Bressuire (Deux-Sèvres, France)
La bataille des Moulins de Cornet (22-24 août 1792) est un épisode clé des débuts de la guerre de Vendée, survenu près de Bressuire (Deux-Sèvres, France), dans le contexte de la Révolution française.
ContexteEn août 1792, la Révolution française traverse une phase critique :- Le 10 août, la monarchie est renversée lors de la prise des Tuileries, marquant la fin de la monarchie constitutionnelle.
- L’Assemblée législative décrète une levée en masse de 300 000 volontaires pour contrer les armées étrangères (Autriche, Prusse), déclarant la « patrie en danger » le 11 juillet.
- En Vendée, les mesures anticléricales (Constitution civile du clergé, serment des prêtres) et la levée de soldats suscitent une forte opposition parmi les paysans, majoritairement catholiques et royalistes.
- Origine : Le décret du 22 juillet 1792 ordonne aux municipalités des Deux-Sèvres de lister les volontaires et ceux qui refusent l’enrôlement, perçu comme un « acte patriotique ». Dans le district de Châtillon, environ 6 000 à 7 000 paysans de plus de 80 paroisses se soulèvent, refusant la conscription et dénonçant les atteintes à la religion.
- Organisation : Les insurgés, mal armés (fourches, faux, quelques fusils), sont menés par des figures locales comme Adrien-Joseph Delouche (ex-officier) et Gabriel Baudry d’Asson (noble). Leur manque d’expérience militaire et de coordination est un facteur clé de leur échec.
- Combats (22-24 août) :
- Les insurgés convergent vers Bressuire, bastion républicain, et se concentrent près des Moulins de Cornet à Terves. Leur objectif est d’attaquer la ville, notamment via la porte Saint-Jacques.
- Bressuire est défendue par sa garde nationale (environ 2 000 hommes), renforcée par des gendarmes de Thouars, Airvault et Argenton-Château, ainsi que 120 gardes nationaux d’Airvault.
- Le 24 août, Baudry d’Asson prépare une nouvelle offensive, mais l’arrivée de renforts républicains (deux compagnies de marine de Rochefort, quatre compagnies de gardes nationales de Niort, La Mothe-Saint-Héray, Saint-Maixent et Parthenay, avec deux canons) change la donne. Les paysans, pris à revers, sont massacrés.
- Bilan :
- Pertes : Les sources varient, estimant 200 à 600 morts parmi les insurgés et de nombreux blessés. Les républicains déplorent 4 à 15 tués et 20 à 50 blessés.
Environ 58 prisonniers sont envoyés à Niort, la plupart libérés en octobre 1792, mais certains sont exécutés en avril 1793.
- Anecdote : Un épisode légendaire concerne le sergent Davand (ou David) de la garde nationale de Bressuire, blessé par une balle, qui l’extrait avec son couteau, la recharge dans son fusil et blesse un insurgé. Des récits de « chapelets d’oreilles » ou de lambeaux humains brandis comme trophées, rapportés par l’historien Bélisaire Ledain, relèvent peut-être de la légende noire.
Signification
- Fracture ville-campagne : Cette bataille illustre la fracture entre les villes républicaines (comme Bressuire) et les campagnes conservatrices, un thème récurrent dans la Révolution française.
- Prélude à la guerre de Vendée : L’échec de cette révolte spontanée renforce le ressentiment vendéen, menant à une guerre civile plus organisée dès mars 1793, avec des chefs comme Charles de Royrand ou Henri de La Rochejaquelein.
- Retentissement : Malgré sa courte durée, la bataille devient mythique en Vendée, amplifiant l’opposition entre républicains et royalistes.
Carte Guerre de Vendée et Lieux de Mémoire (Maps et Dates) <==
Commentaires