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PHystorique- Les Portes du Temps
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30 août 2023

Sainte Sévère en Berry sous Jean sans Terre- Hugues X de Lusignan

Plan CHâteau Sainte Sévère

L'héritière de Sainte-Sévère épousa vers 1170 ou 1180 au plus tard Roger Palestel ou Palesteau, seigneur de Dun-en-Marche (1).

Par suite de ce mariage, la châtellenie de Sainte-Sévère devait cesser d'appartenir à la famille qui lui avait emprunté son nom, pour passer dans la famille Palesteau (8), l'une des plus considérables de la Marche, où elle possédait, par suite de mariages, les importantes seigneuries de Châteauclop et de Dun (3).

 Roger Palesteau, le V du nom, d'après la chronologie établie par M. de Maussabré, est connu par diverses chartes du cartulaire de l'abbaye des Pierres, à laquelle il fit plusieurs donations.

Ainsi, au temps de l'abbé Etienne, qui gouverna l'abbaye de 1149 à 1192, il donna aux religieux, en perpétuelle aumône, la 4e partie du moulin d'Aignerais, situé non loin du château de la Motte-Feuilly, à la condition qu'ils prieraient spécialement pour lui, d'abord pendant sa vie à la messe célébrée chaque jour à l'intention des vivants dans l'église abbatiale, puis après sa mort à la messe des défunts.

 Il donna ensuite à l'abbé Aimery, qui siégea en 1197 et 1198, la moitié du bois de Folly pour l'usage de la métairie d'Aignerais.

Enfin par une charte datée du mois d'août 1198, du consentement de Guiburge sa femme, et de ses fils Roger et Hélie Palesteau, il permit aux religieux de jouir paisiblement de tout ce qu'ils avaient acquis ou pourraient acquérir dans ses fiefs, et reçut d'eux en récompense une somme de 100 livres (4).

« Par ces donations, dit M. de Maussabré, Roger Palestel coopéra efficacement à la fondation du prieuré d'Aignerais (paroisse de Montlevic), membre de l'abbaye des Pierres (8). »

 Roger Palesteau mourut quelques mois après, laissant, pour servir les fiefs de sa femme en son lieu et place, ses deux fils : Roger VI et Hélie.

Nous voici arrivés à l'année 1199, date importante dans l'histoire féodale de Sainte-Sévère, et du Berry aquitain tout entier.

C'est en effet l'année où la mort de Richard Coeur-de-Lion (6 avril) vient mettre fin pour un temps à cette longue lutte des rois de France et d'Angleterre, qui avait marqué les dernières années du XIIe siècle, et dont l'origine remontait au fatal divorce de Louis VII et d'Eléonore de Guyenne (1152).

 En 1187 et 1188, Philippe-Auguste était venu en Bas-Berry, et s'était emparé d'un grand nombre de places fortes, entre autres Issoudun, Châteauroux, le Châtelet, Culan, la Roche-Guillebaud, etc. (6).

 Peut-être assiégea-t-il aussi Sainte-Sévère, qui relevait du duché d'Aquitaine, ou, comme on disait déjà, du duché de Guyenne.

 En tous cas, en 1196 (n. st.), un traité conclu entre le roi de France et Richard avait reconnu à ce dernier la suzeraineté sur les fiefs mouvants du duché d'Aquitaine; Roger VI Palesteau avait continué par suite à être le vassal direct de la vieille reine Éléonore.

 Mais le 20 août 1199, Eléonore transporta tous ses droits de suzeraineté « sur le fief de Sainte-Sévère, et tous les hommages simples et liges dudit fief à son très cher ami et cousin André de Chauvigny lequel venait d'épouser l'héritière unique des princes de Déols, et de commencer la série des seigneurs de Châteauroux, successeurs de ces princes.

L'acte de donation fut passé à Vaudreuil, devant de nombreux témoins parmi lesquels se trouvait Hélie Palesteau, dit Hélie de Sainte-Sévère.

 Hélie s'avança aussitôt vers André de Chauvigny, et lui fit hommage en présence de tous (7).

Quant à Roger VI Palesteau, la reine Éléonore lui manda elle même de se mettre en règle, et de faire lui aussi hommage de Sainte-Sévère à son nouveau suzerain (8).

André de Chauvigny devait, bien entendu, reporter au duc de Guyenne, c'est-à-dire au roi d'Angleterre, les hommages qu'il recevait.

Mais sur ce dernier point, l'état de choses créé par l'acte de 1199 fut promptement modifié.

En l'an 1200, en effet, Jean-sans-Terre fit avec Philippe-Auguste un nouveau traité (23 mai), qui modifiait celui de 1196, et assurait tous les fiefs anglais du Berry au roi de France (9).

 Par suite de ce traité, André de Chauvigny devenait vassal du roi de France, mais restait suzerain de Sainte-Sévère.

Sainte-Sévère forma donc, en définitive, à partir de l'an 1200, et pour plus d'un siècle, une châtellenie mouvant en plein fief de la seigneurie de Châteauroux, et en arrière-fief du domaine royal.

Tant que vécut Guiburge, ses deux fils Roger et Hélie ne furent seigneurs de Sainte-Sévère que par représentation en quelque sorte, et tous deux au même titre; aussi les textes compris dans cette période de temps sont-ils en droit d'attribuer à Hélie comme à Roger la qualité de seigneur de Sainte-Sévère.

 Dans ces textes d'ailleurs, Hélie Palesteau est toujours appelé Hélie de Sainte-Sévère (Helias de Sancta-Severa), nom qu'il se faisait donner dans le but probable de perpétuer le souvenir de ses aïeux maternels (10).

Il apparaît ainsi désigné dans une donation faite aux religieux des Pierres par Guillaume de la Roche-Guillebaud vers l'an 1198 (11), dans l'acte de Vaudreuil de 1199, dans un acte du cartulaire de l'abbaye des Pierres de 1201, etc. (12).

 Après la mort de Guiburge, qui arriva antérieurement à 1206, vers 1204 probablement, les fiefs dont elle avait hérité passèrent définitivement à ses deux fils, qui les partagèrent.

 

 

 

 

ROLES NORMANDS DE LA TOUR DE LONDRES, SOUS LE ROI JEAN SANS TERRE

Terra. Rex, etc, Rogero de Palasteya salutem. Sciatis quod nos dedimus dilecto nostro Hugoni Brun, Comitis Marchiarum feudum et honorem de Sta. Severa. Et idéo vobis mandamis quatinus et faciatis homagium et alia que facer debuistis et consuevitis Comiti Pictaveniensi de feuso et ei tanquam domino de feuso illo sitis intendentes. Teste me ipso apud Rupem Andel . 18 di mai

Terre Roi, etc. Salut à Roger de Palasteya.

Sachez que nous avons donné à notre bien-aimé Hugues Brun, comte des Marches, les honoraires et l'honneur de Sainte Sévère. C'est pourquoi, comme on vous l'ordonne, vous rendrez hommage et autres choses que vous auriez dû faire, et vous serez dans l'habit du comte de Poitiers de la taxe, et pour lui en tant que seigneur de cette taxe. J'en suis témoin au Rocher d'Andel. 18 mai

 

Rex, etc. Elye de Sta Severa, salutem. Sciatis quod nos dedipus dilecto notreo Hugone Brun, Comitis Marchiarum feudum de Sta Severa. Et ideo vobis mandamus quod nos ratum et gratum habemus quod vos ei de honore et deudo illo hamagium fecisiti et ei de cetero faciatis quid de honore illo facere debetis.teste me ipso apud Rupem Andel. 18 di maii.

Roi, etc. Elye de Sainte Severe, salutations. Il faut savoir que nous avons donné à notre bien-aimé  Hugues Brun, Comte des Marches, le fief de Sainte Severe.

Et c'est pourquoi nous vous ordonnons d'être heureux et reconnaissants que vous lui ayez fait un hommage pour cet honneur et cette dévotion, et que vous fassiez pour lui ce que vous devez faire pour cet honneur. 18 mai

 

 

 

Les rochers abrupts dominant la vallée de l'Indre, non loin de sa source, constituaient un site propice à l'établissement d'une fortification, probablement destinée à surveiller un gué où passait une route venant du Limousin.

 Attesté dans les années 1050, le castellum de Sainte-Sévère, situé dans une contrée sauvage à la limite méridionale du Berry, appartient alors à une famille de seigneurs locaux, possessionnés entre Berry et Bourbonnais.

Parmi eux, Hélie de Sainte-Sévère provoque par ses exactions dans la région une expédition punitive du roi Louis VI le Gros, qui s'empare du château en 1108.

Vers 1230, la vaste seigneurie de Sainte-Sévère échut par mariage à Hugues, vicomte de Brosse.

Tombée aux mains des Anglais, la ville eut à subir un siège resté fameux sous la conduite de Du Guesclin, en 1372, puis un nouveau pillage en 1437.

 La famille de Brosse en conserva la propriété jusqu'au début du XVIe siècle.

C'est à elle qu'il faut attribuer l'édification de la "grosse tour", sur l'imposante motte du château primitif, laquelle a été élevée au point le plus vulnérable de l'enceinte castrale.

Cette tour circulaire haute de 18 mètres, dont des pans se sont successivement effondrés vers 1850 et 1900, était couronnée d'un chemin de ronde sur la moitié ouest de son pourtour, étant accolée à l'est au pignon d'un logis rectangulaire dont il ne subsiste que de rares vestiges.

 L'absence d'éléments défensifs véritables et l'aménagement confortable des pièces (octogonales) à chacun des quatre étages, avec cheminées et coussièges, font de cette tour une construction attribuable au XVe siècle.

Le tracé de l'enceinte du château, s'étendant à l'est de la motte sur environ un hectare, est encore nettement repérable; les seigneurs autorisèrent les habitants à s'y installer, à la fin du Moyen Âge.

Jean II de Brosse, abandonnant le logis sur la motte pour une maison seigneuriale édifiée en bordure de la place du Marché, fit élever une nouvelle porte fortifiée sur l'enceinte du château, dotée d'un chemin de ronde sur mâchicoulis et de deux portes charretière et piétonnière équipées de pont-levis à flèches.

Le château sur la motte se délabra rapidement, et la grosse tour, dotée d'une horloge au XVIe siècle, servit successivement de pigeonnier et de clocher.

Au XIXe siècle, ses vestiges pittoresques, intégrés au parc à l'anglaise aménagé par la famille de Villaines, ont été décrits par George Sand dans ses Promenades autour d'un village.


C'est Pierre-Michel de Brosse, nouveau baron de Sainte-Sévère en 1767, qui entreprit l'édification d'un nouveau château, après avoir patiemment acheté, entre 1767 et 1774, l'ensemble des terrains qui jouxtaient la motte féodale.

Le premier projet, celui de construire le château sur la motte, fut abandonné en raison de l'étroitesse de la terrasse sommitale. C'est donc à son pied que fut construit vers 1775 le modeste château, constitué d'un logis rectangulaire d'un étage, couvert d'une toiture achevée en croupes

. Vendu en 1784 à la marquise de Montazet, le château échut par héritage à la famille de Villaines, qui le posséda jusqu'en 1936.

On lui doit la surélévation du logis d'un étage, et l'ajout de deux ailes massives de même hauteur, originellement couronnées de balustrades, ainsi que d'un avant-corps à pans coupés sur la face sud. Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, le château prit son aspect actuel, l'ensemble étant couvert de hauts combles en ardoise agrémentés de quelques lucarnes.

Éléments protégés MH : la motte féodale, les vestiges du château qu'elle porte (tour et ruines attenantes), et le jardin anglais aménagé sur ses pentes au XIXe siècle : inscription par arrêté du 4 février 2013.

 

Histoire de Sainte-Sévère-en-Berry par Emile Chénon.

 

 

DE 1187 A 1199 LES GUERRES EN BAS-BERRY AU TEMPS DE PHILIPPE-AUGUSTE ET DE RICHARD COEUR-DE-LION. <==

Le Vaudreuil. 1199. Aliénor d’Aquitaine, reine d'Angleterre, fait don de la totalité des fiefs de Sainte Sévére à André de Chauvigny, son parent <==

Sceau d’Hugues X de Lusignan, dIsabelle d'Angoulême et famille <==

==> Jean I de BROSSE Maréchal de Boussac aux côtés de Charles VII et de Jeanne d'Arc par Marc MICHON

 


 

(1) Comte F. de Maussabré, Généalogie de la famille Palesteau, dans le Compte-rendu de la Soc. Du Berry à Paris, 6e année, Paris, sept. 1859, ln-8°, p. 234.

(2) Variantes : Palastel, Palestel, Palestels, Palasteu, Palasteau, Palesteaux, Paletau; en latin Palastellus, Patestellus, Palastellii (ibid. p. 228).

(3) Dun a même fini par prendre le nom de cette famille, et par s'appeler Dwt-<e.Pahs<MK<, aujourd'hui Dun-le-Paleteau (ibid., p. 232).

(4) Ibid., p. 234.

(5) Ibid.

(6) Cfr. De Raynal, op. cit., t. II, p. 73 et suiv.

(7) receuil des hist. Des Gaules, t. XVIII, p. 80 :  « Noveritis nos dedisse…. carissimo amico et consanguineo nostro Andreae de Calviniaco et haeredibus suis, totum feodam de S. Severa, et homagia et ligiamenta pradicti feodi et quicqnid ibidem habebamus….. His testibus…. Helia de Sancta Severa, qui praesens erat et coram omnibus homagium fecit praedicto Andreae » Cfr De Raynal, op. cite., t.IIn, p. 101.102, t. IV, p. 843 et comte F. de Maussabré, loc. cit., p. 236.

(8) La Thaumassière, op. cit t. II, p. 402 comte F. de Maussabré, ibid.

(9) Recueil des hist. De Gaules, t. XVIII, p. 88 : « Dédit Johannes…..feodum Exolduni, item feodum Grasceii et feoda Bituresii, sicut Andreas de Calviniaco ea tenebat de rege Anglia. » Cfr. De Raynal, ibid., t. II, p. 100-102.

(10) Comte F. de Maussabré, ibid p.235-236.

(11). Cfr. Ibid, p236.  La charte de donation, qui se trouve aux Arch. du Cher, fonds de l'abbaye des Pierres, liasse de Chaveroche, a été récemment publilée par M. B. de Kersers, Statist. Monum. Du dép. du Cher, canton de Châteaumeillant, t. III, p. 258.

 (12) Comte F. de Maussabré, ibid

 

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