TALMONT-SUR-GIRONDE A TRAVERS LES SIECLES (1)

Le bourg de Talmont-sur-Gironde, une des douze communes de la Charente-Inférieure qui comptent moins de cent cinquante habitants, groupé à l'ombre d'une massive et belle église romane sur le bord d'un promontoire de la rive droite de la Gironde, possède l'original privilège de ne ressembler à aucun centre du département.

Un visiteur tant soit peu attentif le remarque en arrivant et s'en étonne.

L'histoire de cette pauvre petite ville explique tout. Une ceinture de murailles lui assigna, avant Brouage, un rôle unique sur les côtes saintongeaises, plus apparent qu'efficace, mais ses fortifications toujours négligées, mal ou pas du tout entretenues de bonne heure, méchamment renversées au XVIIe siècle, furent abandonnées par les habitants.

Le Temps, des terrassements, aussi inutiles qu'éphémères, firent leur oeuvre. Les ruines périrent à leur tour, le souvenir du Passé pâlit, s'estompa, s'effaça dans la mémoire des générations indifférentes, la Tradition se perdit, les modernes ne connaissent que des erreurs sans s'inquiéter le moins du monde de savoir s'il serait possible de pénétrer un peu l'épaisse obscurité qui enveloppe cette parcelle de la province.

Un axiome docilement accepté décourageait toute bonne volonté : on ne devait rencontrer que le vide. Où consulter des archives ? L'expérience a démenti le fâcheux pronostic.

Un certain nombre de fragments de fastes Talmonaises heureusement récupérées aux meilleures sources d'information historique, permet de présenter une étude qui, tout incomplète qu'elle est, réhabilitera la citadelle déchue dans l'opinion publique, et la replacera au rang honorable auquel elle a droit.

Nous distinguerons trois périodes : la phase romane, la phase médiévale, la phase moderne, qui aboutit à la destruction c'est-à-dire au silence.

 

I

Le nom de Talmon est lié à celui de Tamnum, station marquée sur l'itinéraire d'Antonin (IIe siècle) et sur la Table de Peutinger, à XVI lieues gauloises ou 35 kilomètres 556 mètres de Blaye.

Les fouilles pratiquées en 1925 ont définitivement situé une villa magnifique — ou centre religieux — à 1.800 mètres au nord de Talmon, dans la commune de Barzan, sur le coteau qui domine la Gironde.

Ce ne peut être que Tamnum (1). Géographes et historiens se sont longtemps appliqués, à identifier Talmon avec cette villa, et à se convaincre que le mot Tamnum avait évolué en Talmon.

L'abbé Lacurie défendit le premier l'opinion contraire ; personne ne doute aujourd'hui qu'il n'eut raison. Du reste, le toponyme a survécu.

 

La charte 452 (1060-1091) (2) du cartulaire de Saint-Jean-d'Angély apprend qu'un meunier, nommé Constant, a construit son moulin unam aedificationem id est molindinum ad Tamnum, à Tamnum, en terre appartenant à cet abbaye, qui en possédant déjà les deux tiers, acquiert le dernier.

Il est difficile de préciser la position de ce moulin, rien n'y aide, mais je penche à croire qu'il s'élevait sur le plateau vis-à-vis Talmon, c'est-à-dire vers le Caillaud. En tout cas, la survivance du vocable jusqu'au XIe siècle reste acquise, et nous savons ainsi que Talmon ne dérive pas de Tamnum.

A franchement parler, l'origine romaine de Talmon résulte plus d'un concept a priori que d'une démonstration.

Des tessons de poterie épars, affirmés par Cl. Masse et N. Moreau (3) sont des preuves très fragiles. Nous avons d'autres raisons de croire.

TALMONT-SUR-GIRONDE A TRAVERS LES SIECLES (2)

Le petit port s'appelait-il déjà Talmon au III° siècle? Le nom est romain, mais il est peut-être très antérieur. (4)

C'est celui d'un vieux port, au pied d'une presqu'île dans la mer Tyrhénienne, célèbre à plus d'un titre, notamment par le débarquement de Marins et l'escale du roi d'Angleterre, (5) Henri II, en 1190, mais il nous est interdit de chercher une parenté entre les deux vocables, parce qu'on ne connaît pas de nom topographique romain importé en Gaules.

Néanmoins, qu'une mansio, avec ses annexes, se soit établie au pied du coteau de Tamnum, si brillamment couronné par la belle villa, que des maisons de pêcheurs se soient groupées autour, c'est la vraisemblance même. Le Caillaud pourrait être la suite de cette installation (6).

Je vais plus loin. Je doute que dans l'organisation des milites garonnenses de Blaye, un poste, d'observation avancé n'ait pas été prévu sur ce bout de promontoire qui se prolongeait au IIIe siècle, certainement jusqu'au rocher dit chatelet, si curieusement baptisé sphinx, que les Américains ont fait sauter en 1918.

Du haut de cette plate-forme, le regard plonge eu face -sur la côte du Medoc (16 kilomètres) et à sept ou huit kilomètres vers l'Océan. En cas d'alerte, le signal pouvait être donné rapidement à l'aide d'un feu brillant ou d'un courrier, le passage pouvait être intercepté grâce au rocher émergeant au milieu du fleuve.

- C'est une hypothèse qui me semble en accord avec le rôle que le moyen âge et les temps subséquents ont assigné à telle partie de la Côte saintongeaise.

Les avantages de la position au point de vue militaire, ont été reconnus et utilisés pendant plusieurs siècles, comme nous allons le voir. Pourquoi les Gallo-romains ne les auraient-ils pas découverts? Burdigala avait besoin de se mettre en garde contre les Barbares.

Comme Tamnum, le nom de Talemont, Talmou, est rare. On ne connaît guère, en dehors de notre localité en France, que Talmont-en-Jard, un plus moderne dans la Vienne et le monastère de Saint-Ouen qui possédait mansellos qui sunt in Talamone (7).

Encore convient-il de faire d'expresses réserves sur l'exactitude de ce dernier mot. J'ai posé à M. P. Lecacheux, archiviste en chef de la Seine-Inférieure, la question : « Où est-ce Talamone, est-ce une presqu'île sur les côtes normandes? » Il m'a répondu : « Il n'y a pas de Talmon normand, pas plus sur le littoral, entre Dieppe et Le- Tréport, que dans l'intérieur des terres».

Et il est d'avis qu'il faut corriger (d'après une charte de Charles le Chauve, du 4 novembre 863) Talmon en Talon, parce que dans cette charte figure le pagus Talanus, dont le chef-lieu pourrait avoir été Eu.

Talamon, Tallemont, Talamum, Talamont est la forme usuelle, ainsi que les graphies latines le confirment d'après les cartulaires, au XIe siècle (8) : « Talemonio Castro, Thalemonensis castelli, Thalemontensis, Talemoni, l'auteur de Tôle l'histoire (xme siècle) écrit Talemont, Talemunt (9).

Le génois Petrus Vesconte a écrit Tatamo sur son excellent portulan de 1313. Nous n'hésiterons pas à lire Talamo [n] avec M. Passerat (10). Bianco (1436) omet ce nom sur le sien, d'ailleurs fautif à plusieurs égards.

Cependant, tandis que cette forme se modifie fort peu, notamment à Talmon-sur-Gironde, les scribes de Talmont-en-Jard en inventent, et en adoptent une toute nouvelle, sous l'influence d'un savant étymologiste du XIe siècle qui enseigna que Talemoni ne pouvait signifier que Talon du monde, d'où la graphie si commune dans le cartulaire de Sainte-Croix : Talemundum, Thalemondi castri (1098), Thalemondesium (1274) etc., sans bannir complètement la première forme.

On lit, en effet, dans la pancarte XXXIV (circa 1070), ces mots qui font preuve d'un certain désarroi des esprits : « ...decimam cajuscumque navis qui transita Thalamonsi regione ad Britanniam vel de Britania ad Thalemondum. »

Pourquoi deux mots, l'un pour la région, l'autre pour la ville ? Les scribes saintongeais n'ont pas échappé complètement à la mauvaise influence.

De bons esprits ont pris cette facétie au sérieux. L'abbé Suger (1081-1151) l'a répétée sans réserve.

M. Lair a publié (11) un fragment de la vie de Louis le Jeune où on lit : « Cum ergo civitatem... hilariter exissemus festinantes versus oceanum ad castrum quoddam nobile quod ex re nomen habeus, aut talus mundi aut talis mundus dicitur (12),

Michel Bégon n'a pas répudié cet enfantillage dans son Mémoire de 1698. Le bon sens de De Valois le réprouve, nugantur, mais il s'engage sur une piste bien faible, en cherchant l'auteur et maître de la tour de Talemon. Quid pour les deux autres Talmont ?

Il n'est pas rare de rencontrer chez de graves auteurs une confusion entre le Talmon saintongeais et le Talemont poitevin. Les observations précédentes peuvent aider à les éviter.

J'abandonne aux étymologistes professionnels le soin d'établir l'origine du mot. Le radical tal, tala, entre dans la formation d'une quantité de noms de localités placées sur un plateau, haut. , Tal signifierait donc hauteur, montagne (13).— Talamona en Lombardie, Lombardie, Talavetli —, mais Talas est un fleuve, Talanli  un bras de mer. En face de Talmon, en Medoc, Talais.

Pour cette raison, l'orthographe serait Talmon, Talamon, à l'exclusion du sens apparent de mone qui ne peut être mont.

Talamone a persisté à Bordeaux, qui appelle les habitants des Talamoners.

Talmondais, Thalemondesium (1274) est plus particulier â Talmom-en-Jard qu'à Talemon-sur-Gironde. Godefroy a recueilli un sens qui embrouille singulièrement la question. Thalamon, dit-il, table des dignitaires d'un couvent, d'une église (14).

 

La première mention du nom de Talmon date du premier tiers du XIe siècle.

Le document le plus explicite est la notice d'un don fait à l'abbaye de Saint-Jean-d'Angély, de la chapelle Sainte-Radégonde, par Guillaume Léger; archiprêtre, d'après le conseil de l'évêque de Saintes, Ranoul, et avec le consentement de Benoit et Josselin, les deux chapelains, de l'archidiacre Pierre, des fidèles, de Ranoul, le châtelain, lequel' ajoute tout le terrain nécessaire à la construction d'un bourg à l'usage des moines (15).

L'évêque et l'archidiacre de Saintonge sont présents. La date de cette notice est vague, mais elle ressort de la présence de Ranoul, évêque de Saintes, entre 1086 et 1109 et d'Amauguin, archidiacre de Saintonge au même temps : 1096.

Idcirco, ego, Vuillelmus Laierii, archipresbiter, capellam Sanctae Radegundis, quae est in Castro Talemonio, do et concedo Deo et beato Baptistae Joanni Angeriacensis, per manum et consilium Ramnulfi, Santonarum episcopi, Pétri quoque archidiaconi et caeterorum fidelium, faventibus mihi et devote annuentibus, Benedicto atque Josselino, ejusdem, capellae cappellanis.

Hoc donum annuit et corroboravit Ramnulfis, proefati castri dominus, insuper et, de alaudio suo tantum contulit Sancto Joanni, juxta ipsum castrum ad burgum monachis aedificandum, quantum bonnis certi termini ibidem mensuratum est; quem burgum ita immune et liberum ab omni servitio stabilivit ut juri sancti Joannis remota penitus omni inquietudine perpetuo subjaceat, excepto furto et rapto et incendio iu quibus tribus dominus castri justiciam suam exhibebit.

Hujus rei testes sunt hi quorum nomina subscripta sunt. S. Ramnulfi, episcopi, Amalvini archidiaconi. Signum Vuillelmi archipresbiteri (16).

Il faut rapprocher de cette donation le don du prieuré de l'Orivaux, tout voisin de Talmon, à l'abbaye de Charroux, par Bernard de Partellan pour le repos des âmes d'Elie et de Ranoul, frères, morts par sa faute, avec le consentement de Guibert, leur frère (17).

Bernardus de Partella, sciens me graviter Deum offendisse, sed de ejus misericordia non diffidens, pro peccatis meis et pro animabus Heliae absque Ramnulfi, mea culpa occisorum, trado Deo ejusque altari sancto quod est Carros senioribusque inibi Deo servientibus, ecclesiam Aurae Vallis, quae est sita prope castrum Talamum, in pago Sanctonico, atque omnia quae ad ipsam ecclesiam pertinent, concordante, in hoc Guitberto fratre ipsorum qui est princeps ipsius castri... Quod authoritate domni Arnulphi, Santonensis episcopi corroboratum est.

Ces deux chartes, de même date environ, fin du XIe siècle, nous apprennent donc l'existence de deux personnages d'ordre différent, un dominus ou châtelain, Ranoul (Ramnulfus), et un princeps, Guibert, ou capitaine du château.

Il se pourrait que le premier fut parent de l'évêque de Saintes, de même nom. L'assistance de celui-ci donne à la donation une solennité peu en rapport avec la faible importance de l'objet, ce qui s'expliquerait par un lien de famille.

Retenons ce mot princeps. Il ne peut s'agir que d'un capitaine. Pas de principauté à Talmon de Saintonge, il n'y eut qu'un Comté créé en faveur de l'amiral de France Louis d'Espagne de la Cerda (1340). Mais ce princeps dit assez le rôle militaire du Castrum du Talmon Saintongeais.

C'est un château-fort destiné à défendre la région à l'occasion, construction à plusieurs étages, en bois, entouré de fossés et de palissades, à l'usage du châtelain et de sa famille.

Des bâtiments de servitude y sont adjoints, car les terres environnantes sont cultivées.

Au XIe siècle, il n'y a pas de bourg, mais le XIIe en verra construire un.

La châtellenie appartient à une famille de Talmon qui semble avoir joui d'un certain prestige.

Geoffroy-Martel, en effet, désigne à l'agrément du Pape Jean XIX Guillaume de Talmon, en 1032, comme membre du Conseil de protection que le Souverain Pontife institue auprès de l'Abbaye de Saint-Jean-d'Angély (18), Courcelles (19) identifie ce Guillaume avec un Guillaume de Talmon-en-Jard, frère de Pépin, prince de Talmont première race.

 C'est douteux. Geoffroy-Martel, à la même époque, est obligé de faire appel à un homme nouveau, actif, entreprenant, Charles le Chauve, pour réorganiser la défense du pays de Jard «les comtes de Thouars, les seigneurs de Parthenay restant les bras croisés » ou dépensant leur activité à la chasse !

 Guillaume de Talmon est un des six défenseurs saintongeais : le vicomte d'Aunay, Aimont de Taillebourg, Guillaume de Surgères...

Plus tard, au XIIIe siècle, Hélie de Talmon fait partie des 32 garants et conservateurs des trêves désignés par le roi de France, en même temps que le comte de Toulouse, le sire de Pons, les seigneurs de Matha, de Mornac, d'Archiac...

Daguenardus, au milieu du XIe siècle, est conseiller de Constance, Abbesse de Saintes.

Ces hautes fonctions très, honorifiques n'empêchent pas la fortune des Talmon (20) de péricliter.

Ils n'avaient, il faut le dire, qu'un intérêt restreint à maintenir leur château fort en continuel bon état. « Dans le Poitou et la Saintonge, dit Boularic (21), les liens qui unissaient le comte à ses vassaux étaient très étroits et ces derniers avaient envers leur seigneur des devoirs fort onéreux : c'est ainsi que la plupart des châteaux forts de ces deux provinces étaient rendables, c'est-à-dire que le comte avait droit de les faire occuper quand il le jugeait à propos et les seigneurs devaient lui livrer leur château à la première réquisition, ou, comme on disait, à grande et à petite force. Telle était la condition des châteaux de Surgères, Talmon, Châtelaillon, Ré, Olonne.

 Je crois qu'il s'agit de notre Talmon. En tout cas l'observation étant générale, elle peut fort bien s'appliquer à ce château qui dépendait du domaine d'Alfonse de Poitiers.

 

Tour Blanche Edouard I roi d'Angleterre TALMON-SUR-GIRONDE A TRAVERS LES SIECLES (3)

Il

Le dernier des Talmon, Elias, meurt après 1262, la châtellenie tombe entre les mains d'une femme qui, elle-même, décède vers 1280, ses héritiers mettent le domaine en vente, un acquéreur riche se présente.

Edouard I, roi d'Angleterre, en effet, donne ordre d'acheter le manoir « manerium de Talamone in diocesi Xanctonensis » et la moitié du château de Villalata (Virelade) in diocesi Burdigale ( 1280) dépendant de la sucesssion de Gaschit, femme de Gâssion de Lamarque, au prix de 26.000 sous monnaie de Bordeaux, 22 livres tournois noirs et 12 boisseaux de froment (23). Des oppositions surgirent.

Le 20 octobre 1283, le roi, pourtant, ordonne de payer la somme aux exécuteurs testamentaires.

Mais l'affaire ne fut conclue qu'en 1284.

Le 5 août, le roi mande à son connétable de payer toutce qu'il doit « per viam pacis ».

 L'année suivante, Jean de Grailly, sénéchal de Gasgogne, est charge de régler définitivement avec les représentants de Gascia quondam domina Tolamonis Xanctonensis diocesis (24), et, de fait, le château est affermé à Osbert du Buggeston, contrôleur général au château de Bordeaux, au prix annuel de 350 livres tournois noires.

La propriété domaniale était en piteux état. Le roi ayant appris que Jehan de Rida a donné en « commende et en garde le château et la châtellenie à Robert de Chamberlain, sergent, et lui a ordonné de remettre en bon état les maisons, le marais, les vignes elles halles qui étaient presques détruites, prescrit au connétable, après avoir recules comptes, de payer sur les revenus (25) ».(20 mai 1290). Si Robert s'est bien acquitté de sa mission, qu'il soit maintenu en place sinon « faites comme il conviendra ».

On peut se demander quel intérêt personnel avait le roi d'Angleterre à se rendre acquéreur d'un fief déjà sous sa domination,

A une époque peu lointaine, Aliénor d'Aquitaine avait apporté à son mari la Saintonge.

En 1256, les scrupules de saint Louis avaient confirmé Henri III dans la maîtrise absolue de la côte girondine saintongeaise. Les quelques mots qui sont rapportés ici tendent moins à faire croire qu'il cherchait un profit, d'ailleurs assez mince, que la réalisation de calculs politiques en s'assurant, à proximité de Bordeaux, un port d'un accès plus facile que celui de Royan, une bonne rade pour sa flotte, un point d'appui et de ravitaillement pour son armée dans un pays riche.

Les habitants de Talmont et de la région ne pouvaient qu'aider à la réalisation de projets aussi favorables à leur sécurité et à leur prospérité.

Le mot manoir n'arrêtera pas notre attention. Il est familier, sans doute, à la Chancellerie anglaise. « Manoir, d'après Enlart (26) et Viollet le Duc (27), est une grande ferme, soit un bâtiment ramassé souvent garni de tours et placé au centre d'enclos rectangulaire, qui peut être sommairement fortifié, soit une suite de bâtiments encadrant la cour ».

Viollet le Duc accorde « les murs et fossés, mais non défendus par des tours hautes, courtines crénelées et réduit formidable ». Talmon apparaît comme une ferme, avec château, castrum, pour le seigneur, bâtiments de servitude etc. bien ruiné et en friches. Rien de tout cela n'existe, le bourg de Talmon est ouvert. Castrum et manoir c'est tout un.

Avec le nouveau maître, tout puissant, ce groupe de bâtisses misérables entre dans une ère nouvelle et revêt le harnachement des hommes d'armes, il se transforme en bastide, véritable place de guerre.

Les Talmon n'auraient eu que leur église pour repousser les attaques d'un ennemi venu de terre, dorénavant celui-ci se heurtera à d'épaisses murailles avec tours, encadrant la ville.

 Cl. Masse, à la fin du XVIIe siècle, a recueilli une tradition qui concorde très bien avec ce que nous apprenons. « La ville, dit-il, n'est pas ancienne, l'on dit son origine qu'au XIIIe siècle, l'on Croit qu'elle fut bâtie des débris d'une ville qui était à l'Est... elle fut close d'assés bonnes murailles de cinq à six pieds d'épaisseur... »

« C'est à la fin du XIIIe  siècle, en effet, et principalement sous le règne d'Edouard 1er (1272-1307) qu'il faut faire remonter la construction des bastides de Guienne... » dit Léo Drouyn dans son beau livre La Guyenne militaire (28). « De simples villages eurent leurs rues percées à angles droits et leur place au centre ».

La feuille 60 de Masse qui conserve le mieux l'aspect ancien, défalcation faite des terrassements alors en cours, donne bien l'impression d'un plan d'urbanisme régulier imposé ; plan carré, place centrale, rues parallèles reliées par des ruelles transversales, entrée unique.

En 1304, Guillaume Seguin, seigneur de Rions, est garde où fermier de la châtellenie, redevable de 1.000 livres, ce qui suppose un certain nombre d'années d'administration. Il pourrajt avoir dirigé les travaux. Ce sont les habitants qui assumaient les frais, encouragés probablement, comme ailleurs, par des concessions de matériaux ou autres.

 Le roi favorisait ces fortifications dont la protection attirait les habitants, Talmon fut assurément une des plus fortes bastides — la seule en Saintonge — bâties sous l'influence anglaise, en Aquitaine.

Nous ne pouvons calculer la durée des travaux, mais nous savons qu'en 1342, le sénéchal de Saintonge ordonne des réparations au mur de clôture (29).

 Cl. Masse, ingénieur militaire très habile, a dressé des plans avec légendes et des mémoires historiques et explicatifs dont plusieurs nous manquent. Le plan ci-joint donne une idée exacte cependant de « la ville telle qu'elle estoit en 1706 », et sans doute antérieurement.

 

L’Histoire de Talmont sur Gironde a commencé en 1284 seulement, lorsque Edouard Ier, roi d’Angleterre, achète la châtellenie de Talmont afin d’y faire construire une cité.

Seul vestige subsistant des remparts bâtis à Talmont par Edouard 1er d’Angleterre en 1284, elle était de forme rectangulaire, comme les autres 3 autres tours de l’enceinte aujourd’hui disparues.

 

 L'enceinte suit la crête des rochers (30), on ne voit que des demi-tours carrées, aucune ronde. La fameuse tour Blanche, sur l'angle sud est peu apparente. Masse donne au périmètre 300 toises, renforcé de tours dont plusieurs noms nous sont parvenus : Espanie (31) Montigue, Vigerie, enfin le « chasteau haut sur la rivière » dit Garcie.

Nous avons comme souvenirs de cette place forte une vue de Chastillon de pure fantaisie et un dessin de Van der Hem (32), excellent dessinateur du milieu du XVIIe siècle. Malheureusement, ce n'est qu'une silhouette parce que, placé loin, au milieu du fleuve, il n'a pris qu'un simple croquis.

Le monument le plus remarquable, après l'église, était cette tour qui reçut du peuple, des constructeurs mêmes, peut-être, le surnom de blanche, non pas à cause de sa couleur de pierre neuve, mais en raison de son élévation remarquable, par assimilation, par rapprochement, en plaisanterie, avec la Tour Blanche de Londres (1077) laquelle domine toutes les constructions ses voisines.

Certaines tours, en France (à Issoudun (33) notamment), ont suggéré la même comparaison avec la tour de Londres, comme on a répandu, à tort et à travers, les Châteaux-Gaillard.

Cette tour, le donjon, n'en doutons pas, signe extérieur de la souveraineté du roi, était l'avertissement aux navigateurs qu'ils aient à s'arrêter et à payer la Coutume grande ou petite.

Derrière l'église est la Porte « dans la fosse du Médoc, dit Masse, qui était un petit port pour recevoir du secours, en mer basse, ou avec des chaloupes qui peuvent aborder tout le long de la falaise ».

En somme Masse parle peu du vieux Talmon. Il s'intéresse bien davantage aux projets de fortifications que nous négligeons complètement.

En 1293, Philippe le Bel réclama au roi d’Angleterre réparation des dégâts commis par les marins anglo-bayonnais ou normands à La Rochelle, l'année précédente.

Les premiers pourparlers n'aboutirent pas. Edouard, cité en tant que duc d'Aquitaine, devant le roi de France, délégua son frère Edmond, comte de Lancastre, lequel consentit à livrer à Philippe vingt officiers anglais et six places fortes en Saintonge et en Agenais.

Saintes et Talmon furent désignés, mais dans ces places, comme dans les autres, le roi de France n'avait droit d'entretenir que deux hommes au plus. Philippe ne tint aucun compte de cette convention, introduisit une garnison par petits paquets et confisqua le duché de Guyenne parce qu'Edmond n'en avait pas rendu hommage, Edouard fit déclarer au roi de France qu'il n'était plus son homme, arma une flotte, battit celle de France, cingla vers l'île de Ré qu'il incendia, entra dans la Gironde et occupa les points stratégiques dont Talmon (1294,) sans doute.

Le XIVe siècle paraît creux dans la chronique de Talmon. Quelles furent les répercussions des graves événements qui accablèrent la France dans ce petit coin de Saintonge ? Aucune probablement.

Ville anglaise depuis le traité de Brétigny (8 mai 1360) elle n'avait qu'à voir venir. Une garnison paraît cependant y avoir été imposée. Il faudrait enquérir à Londres.

En 1362 (n. st.) Jean le Bon ordonna au sénéchal et au receveur de Saintonge de livrer aux gens du roi d'Angleterre tous les registres, chartes, comptes, en leur possession, concernant les domaines, terres et revenus de la province.

La délivrance fut faite à Chandos en 1362 des comptes de 1291 et de 1336 et 1353 (34).

  1. Bardonnet a publié le Procès-verbal de la délivrance des places françaises (35). Talmon est un des trois chastels de Saintonge nommément désignés : Denon, Benon, Frontenay l'Abattu, ce qui souligne l'importance que les chefs y attachaient.

 En 1371 (36), « le noble et puissant baron, le Soudan de la Trau, est présent dedans le chastel de Thalemon-sur-Gironde, en et dedans la maison de Pierre Robin».

C'est un très gros personnage, tout dévoué aux Anglais qui le choyaient fort. Il possède Didonne.

 En février 1369-70, le prince de Galles, Prince noir, lui accorde la petite Coutume du port de Talmon « nostre lieu » parce qu'il ne parvenait pas à percevoir celle du port de Royan (37).

En 1377, Edouard III lui cède Montandre.

 En 1376 (16 septembre) CharlesV, roi de France donne à Jean de La Personne, vicomte d'Aunay, les biens qui appartenaient au Soudan de la Trau, publiquement et notamment ennemi de nous, en particulier le chatel de Didonne (38).

Talamoners et anglo-bordelais vivaient en fort mauvaise intelligence. -Les délibérations de la Jurade mettent leurs rapports tendus en très nette évidence.

En 1406, au mois d'octobre, le duc d'Orléans mît le siège devant Blaye.

 

 

 Marie de Montaut, fille du dernier seigneur décédé, veillait à la garde du château. Elle réclama du secours à Bordeaux. Le maire de cette ville, qui avait déjà entendu parler de la fâcheuse position de la place, par des gens venus de Talmon, assembla huit jurats à Lombières, lesquels ordonnèrent l'envoi de nefs armées de « gens de la ville » (39).

 En 1406, une flotille est équipée pour venger les grandes injures infligées par les gens de Talmon. Une indemnité de six francs est accordée à Bernard de Corn qui a perdu son bateau coulé devant Talmon (1407)

 Martin Bardin, charpentier en gros bois, est payé d'une réparation qu'il fit à l'engin quand monssenhor de Clarenssa voulut mettre le siège (ceti) à Talamon (7 juillet 1414).

Le baleinier Lo Miqueu sera donné à Mgr de Grammont, mais on ne prendra aucune trêve avec Talemon (1415). Il a dû subir des avaries car le trésorier est chargé de faire des réparations, si possible, per causa dais Thalamoners. C'est pourquoi il faut pourvoir mosenhor de Castillon des moyens de tenir la rivière sûre (septembre 1414).

En juin 1420, ceux qui fréquenteront avec Talemon seront assignés et punis (40).

En 1410, les anglo-gascons font une tentative infructueuse contre Talmon.

Talmont devient un repaire de pirates qui écument la Gironde.

En 1418, un breton, Henri de Plusquelet (Plustallet), (41) capitaine du château, s'était déjà signalé par des actes d'autorité, quand Maurice, son neveu (1441), prend sa place, transforme le poste en base de guerre de course, pille, rançonne les bateaux qui se présentent, s'arroge des droits d'amirauté en exagérant la vieille Coutume, sans distinction de nationalité, avec si peu de ménagement qu'il fallut l'arrêter et le joindre aux autres Plusquelet qui opéraient à Taillebourg et sur la Charente.

C'est du reste l'époque des compagnies qui « réduisaient les domaines et les héritages en grands buissons » (42).

 

 

« Les gens effrayés fuyaient et s'enclouaient es bonnes villes et laissaient leurs maisons vagues», dit Froissard, propos que corrobore une déclaration de l'enquête relative à la Commanderie du Breuil du-Pas, ou l'on vit prendre des sangliers, « la guerre étoit lors si grande par le pays de Saintonge que les villes de Xaintes, de Pons, de Mornac ne de Thalmond on n'ousoit saillir, obstant que les anglois couroient tant de jour que de huit jusque devant les portes des dittes villes, tellement qu'il convenoit tous les matins, a porte ouvrant faire saillir gens à pied et à cheval pour aller faire la recherche s'il n'y avoit point d'embusche... » (43).

Les grandes frayeurs se calment, les écorcheurs sont pris.

Charles VII confisque Talmon aux ennemis et fait don de la Viguerie à Prégent de Coëtivy, 9 août 1440, déjà capitaine du château, seigneur de Taillebourg, amiral de France, avec les terres de Saint-Seurin jusqu'à concurrence de 200 livres de rente (44).

 En 1452, Talbot reparaît, s'empare de Jonzac. L'alarme est vive. La Rochelle réclame des canons, Bertrand Aisse, qui commande à Talmon, reçoit trois caisses de traits et deux barriques de poudre, il voudrait six arbalétriers et 6 francs pour assurer leur salaire (45). Tant de munitions étaient bien superflues, les remparts tombaient en ruines.

Par lettres patentes du 4 juillet 1492, Charles VIII affecte 200 livres tournois aux réparations des fortifications pendant 9 ans « de la ville et place forte très mal entretenues pour ce qu'il n'y a habitants en icelle qui le puissent faire ou à faulte d'y avoir autrement pourveu ainsi qu'il estoit nécessaire (46). »

 

 

Ces 200 livres proviennent de la perception des droits sur 400 tonneaux de blé.

La tranquillité paraît régner à Talmon pendant la première moitié du xvi" siècle. Le voisinage de Cozes, de Gemozac, de Saujon, de Saint-Seurin lui a-t-il procuré la visite de quelque pasteur? Masse affirme la négative. Nous ne constatons aucun temple, tandis qu'il s'en organise plusieurs dans les bourgs des environs. Saint Seurin est proche. Sa condition de place forte lui valut les convoitises de chaque parti et de changer de maître souvent.

A partir de 1560, une grande effervescence recommence à agiter le pays.

Les escarmouches entré les bandes des papistes et celles des parpaillots deviennent fréquentes « Les séditieux de Saintonge, écrit Burie au roi de Navarre (9 août 1562) sont les plus remuants de toute la Guyenne (47) ». Les coups succèdent aux injures.

C'est une année marquée par des massacres, des destructions à Saintes, à Cognac, à Saint-Jean-d'Angély. Talmon passe de main en main. Le capitaine Forteau, de Soubise s'en empare d'assaut (48), mais presque aussitôt les catholiques reprennent la ville. La Combaudière et Banchereau, très agressifs, s'apprêtent à soutenir un siège.

Le comte de La Rochefoucault s'y dispose, en effet. Trois vaisseaux, venus de Marennes, de l'île d'Oléron et d'Arvert tiennent la rivière, tandis qu'il bloque, par terre, l'entrée de la ville.

Noailles et Montpensier envisagent la possibilité d'envoyer un secours (49), mais c'est inutile, La Rochefoucault lève le siège faute d'artillerie (50) (septembre 1562-63).

A la suite de ce départ, un événement tragique se produit, Th; dé Bèze, Frère Jean le racontent, celui-ci avec plus de détails. Deux ou trois cents basques (51) recrutés par Burie, descendus à terre après avoir-dispersé la flotille des huguenots allèrent à Cozes « où il y avoit un grand nombre de mauvaise ganaille ». « Les seigneurs de la Combaudière et du Banchereau faisoient de grandes pilleries à ceux de la Religion, tellement que le jour de Saincte-Croy, quatorzième jour dudit mois de septembre 1562, s'estant joints avec quelques compaignies de Basques papistes, firent sortie de la dicte ville de Tallemont et s'en allèrent, enseigne déployée et en armes, au nombre de cinq cents personnes jusques au bourg de Cozes, lequel ils pillèrent et saccagèrent ; mais, en s'en retournant, emportans leurs pillages, furent suivis par le sieur de Combes (52), prévost des mareschaux. douze personnes de cheval et vingt hommes de pied, lesquels mirent en déroute la dite bande de Tallemont et en firent tomber à l'épée plus de six vingt personnes (53), sans qu'ils eussent puissance de se deffendre ; le résidu se sauva en la fuite (54). »

Tous les blessés transportés à Bordeaux furent soignés aux frais des protestants dont les biens furent vendus (55). Peu de temps après ce de Combes fut fait prisonnier avec Jean Vigier, seigneur de La Rigaudière. Celui-ci fut mis à la question, puis décapité, tandis que son coaccusé, grâce à l'intervention du duc de Montpensier, eut la vie sauve et, au bout de peu de mois, le roi le nomma gouverneur de Saint-Jean-d'Angély (56).

 En avril 1569, le Parlement de Bordeaux condamne à mort (pour la forme !) 579 protestants parmi lesquels se trouve René Vassal de La Cymandière, capitaine de Talmon.

En mai 1574, La Caze, assisté de plusieurs gentilshommes (Plassac, Montguyou, Usson, Saujon) s'empare de Pons par les armes, de Royan, sans garde, par une escalade difficile, de Tonnay-Charente, grâce à l'aide du receveur reformé ; de Talmon, en plein jour, avec des soldats déguisés en meuniers (57).

En 1575, les ligueurs, sous les ordres de Mayenne se montrent devant Talmon, à Meschers, à Royan. Le capitaine Cornet, de Bordeaux, entreprend de brûler leurs vaisseaux (58).

En mai 1577, Lansac entre en Gironde avec peine, empêché par le mauvais temps qui « met ses soldats et nobles bien malades (59) ».

 

 

En 1585, Talmon a un gouverneur catholique, Gilles du Breuil de Théon, mais de très pauvres moyens de défense. Le Parlement de Bordeaux écrit au roi, en 1588, que le sieur de Théry se plaint de n'avoir ni hommes, ni munitions.

Les ennemis sont très menaçants, on craint un siège. Talmon est pourvu (60) de piques, de goudron, de biscuits, de plomb, de cordes à mèche, de deux quintaux de poudre.

Jusqu'au milieu du XVIIe siècle nous n'avons rien de saillant à noter. Souvigny (61) prétend que le roi s'empara de Talmon, de Pons, de Taillebourg en 1621, d'où il résulte que les religionnaires l'auraient tenu, ce qui n'est confirmé ni par le Mercure, ni par Bernard, ni par le Cardinal de Richelieu.

On est d'autant plus enclin à en douter que pendant les années 1614, 1617, 1620 nous savons qu'une garnison de 100 ou 200 hommes fut logée à Talmon sur-Gironde (62).

Talmon-en-Jard, au contraire, était huguenot (63). Louis XIII a pu mettre une compagnie à Talmon sans avoir besoin d'en chasser personne. En tout cas, un capitaine des gendarmes de la compagnie d'Epernon, Saint-Léger, occupe Cozes, à deux lieues de Talmon, en 1622.

Pendant le siège de Royan s'il s'y est passé quelque chose nous l'ignorons.

En 1651, la Fronde lui fait jouer un rôle passif qui néanmoins le jette dans un trouble profond. Tout le monde connaît la campagne du prince de Condé, de la Rochefoucauld, de Tarente en Saintonge, leurs combats sans gloire, sans profit, finalement leur défaite.

Condé cherchait un secours efficace contre le roi et le cardinal de Mazarin, Du Daugnon, en Brouage, après lui avoir prêté chichement un peu d'aide, l'avait abandonné. II tourna alors ses regards du côté de l'Espagne et envoya Lenet négocier l'assistance de la flotte espagnole.

 Wateville amena en Gironde, non sans perte, une douzaine de vaisseaux, auxquels Condé assigna Talmon comme port d'attache et comme base, (novembre 1651) (64), « bon petit port environné de mer d'un côté et d'autre d'un marais, de sorte qu'on ne peut l'aborder que par une langue de terre (65). » « Leur soldatesque, au nombre de 1000 à 1200 hommes, mit pied à terre », « vivant avec grand'douceur payans fort bien toutes les denrées qu'ils prennent (66). »

 Bonne -aubaine pour le pays qui dura jusqu'en avril 1652.

Tout a une fin, les affaires des princes vont mal, Taillebourg a été pris, Saint Seurin s'est rendu (7 avril), l'armée royale investit Talmon.

Le 18, S. Robert écrit: « lundi dernier, avant jour, les Espagnols qui estoyent dans Talmont, ayant appris que le rendès-vous de toute l'armée du Roy y estoit au mercredy suivant, l'abandonnèrent et mirent en partant le feu dans la tour... (67). »

Du Plessis-Bellière avait épuisé presque complètement ses munitions (200 coups) à Saint-Seurin, si bien qu'il ne pouvait entreprendre ce siège (68), mais il ne doute pas que quand les vaissaux du roi apparaîtraient il n'entre dans la place, « cependant elle nuit à rien... » Il se plaindra seulement, le 26 avril, des destructions des Espagnols (69).

Ce maréchal avait grandement raison. Brûler la Tour Blanche, démolir les autres était un acte encore moins justifié qu'incendier le faubourg des Dames à Saintes, les fortifications de ce bourg ayant perdu toute valeur militaire.

Ce n'est pas la moindre calamité de la révolte de Condé. Malheureusement, de tout temps, les belligérants ont eu la triste habitude de commettre des violences stupides de ce genre sans excuse autre souvent que le dépit.

Ainsi la fortune de Talmon reçut le coup de grâce, dont elle ne se releva jamais.

Claude Masse, en 1717, dressera en vain un plan de réfection, la défiguration déjà accentuée de ce vieux petit camp emmuré s'accentuera, ne fera que croître d'année en année, le port conservera une certaine activité et puis la Révolution établira un ordre nouveau.

 

 

 

VlGUERIE ET CHATELLENIE.

Nous n'avons rien sur la date de l'érection de Talmon en viguerie, aucune présomption, sinon que Pépin le Bref a dû la comprendre dans sa division du pagus santonicus en châtellenies et vigueries.

Le fait tend à prouver que Talmon l'emportait en importance sur Arces et Barzan qui entrèrent dans l'étendue de cette circonscription administrative, limitée à l'ouest par «le chenau didonois qui départ la terre de Didonne de celle de Talmon ». Bresillas, Puyvieil, Libolas, Puy de la Garde, la Croix d'Arces Champdorat, l'Orivaux sont les points principaux (70).

Nous ne pouvons apprécier la densité de la population de Talmon que bien superficiellement par les taxes très incomplètes que nous possédons.

En 1590, Talmon châtellenie est compris dans un rôle de l'Election pour LIIII l Xs, alors que Corme-Ecluse ne paye que XX 1 XXS et Mornac XLV 1. (71). Cl.

Masse compte 200 feux à Talmon en 1706, 300 en 1680 et 400 précédemment.

Le viguier était un officier royal d'ordre financier et d'ordre judiciaire à compétence limitée aux affaires de police et aux contestations concernant les impôts. La connaissance des crimes étant réservée à plus haute juridiction. Nous en possédons un exemple. ,

En 1337, un meurtre est commis dans la chapelle de Talmon, le jour de la fête de Sainte Arregonde (sic) (13 août). Macé Gallier en est soupçonné. Arrêté, il est emmené à Paris. « Certaines criées publiquement faites pour savoir si aucuns le vouldroient accuser» restent, sans résultat. Un non-lieu est prononcé. Mais des protestations s'élèvent, parce que, disent les malveillants, les criées auraient dû être faites en la Sénéchaussée de Saintonge. Les proclamations sont reprises, personne ne se présente. Alors, Macé reçoit des lettres d'absolution (novembre 1338) (72).

La châtellenie, quoique d'un rapport assez faible (2.500 livres), fut assez recherchée, si nous en jugeons par les personnages marquants qui la possédèrent.

Un aveu et dénombrement de 1480 éveillé des suggestions sur la vie de ce fief, qui tendent à prouver qu'au XVe siècle cette petite ville connaissait des journées d'animation grâce à une grande affluence de marchands.

Une certaine organisation existe plus financière qu'administrative.

Jeanne Le Boursier, veuve de Léon de Sainte-Maure, seigneur de Montausier, avoue, le 31 septembre 1480, tenir la châtellenie de Talmon à hommage lige, au devoir d'une corde de chanvre (estache canabis). On a l'impression qu'il faut remonter au moins de deux siècles la nomenclature des impôts (73).

Le premier article concerne la viguerie avec tous ses droits et devoirs comme tous ses prédécesseurs en ont joui.

Les taxes diffèrent suivant que les objets qui les frappent sont débités hors ou à l'intérieur du château, ou du port.

 La châtelaine prend le tiers des amendes, deffauts et trespas dans la curie du roi à Talmon, exceptés ceux qui s'appliquent aux cens et rentes sur lesquels elle perçoit deux livres. Ces amendes, deffauts et trespas doivent être levés par le sergent du roi et celui qu'elle a permission de tenir sur sa viguerie.

Elle est tenue d'avoir, à ses frais, un bourreau (executorem), si le cas se présente d'exécuter un condamné, ou de lui infliger le supplice d'un .membre. Elle garde pour elle le tiers des meubles appartenant à ce condamné, au jour de son exécution.

Elle a droit d'avoir un crieur (preconem) public pour proclamer les bans' (benna) et édits de sou seigneur, suivant une très ancienne habitude.

Elle prélève une trique (astellam) sur chaque charge (salmata) de bois entrant dans le château pour être vendue ou vendue avant d'entrer.

Elle a deux parts sur les échinées (filet numbulis) et les lechis des boeufs dus à son seigneur pour vente de viande (74), et un jumarium sur les porcs ou truies salés pour vente à l'intérieur ou dans la paroisse de Talmon.

Il lui revient deux parts des droits et coutumes sur la vente du vin à la taverne, dans le château, ou dans la paroisse, mais sur le vin vendu en gros au droit d'un denier, elle touche le tiers.

Tous les objets entrant dans le port ou qui sortent de ville, ou qui sont vendus dans la ville ou dans la paroisse, sont soumis à une coutume (taxes) dont elle prend le tiers, sauf sur les poissons pêchés dans le port.

Sur chaque charge de pots (olarum) et pichets (picelsorum) à vendre (75), elle perçoit deux parts des droits dus au roi.

Elle a droit de cuire et de débiter (frangendi) le pain à vendre dans le château et la paroisse, et aussi le droit de cuire s'il est fait ajuste prix (legitimo foro) et non selon la valeur du blé (aut non secundum valorem bledi).

Sur tous les fours à cuire le pain du château et de la paroisse, elle perçoit l'onzain au fournage (in furnagio).

A sa première entrée en ville, le sergent réclame à une femme publique quatre deniers ou il< lui prend son capuchon (caputium).

Elle a droit de tenir assise ou des assises dans la paroisse et dé connaître de toute cause de cens et rente jusqu'à concurrence de 15 sous et un denier pour amende; les engagements (gagiata) (76), pour déffaut de paiement de ses propres cens et rentes dans lesquels le roi est preneur de deux livres.

Tout le reste de l'aveu concerne les maisons que la déclarante possède à l'intérieur du château et dans le pays.

Celles de l'intérieur présentent seules quelque intérêt. Elles sont près de la chapelle, près de l'église, voisines des tours Espanie et Montigué, près de la fontaine ou à la grave.

 Plusieurs immeubles ont seu solun, platea (place; ou maynile (77); ils acquittent la redevance eu argent. La plus forte rente est celle de la maison proche de la fontaine qui doit dix sous. Ces impôts se payent à la fête Saint Vivien, soit à celle de Sainte-Radegonde, soit à la fête de Saint Jean-Baptiste, beaucoup à la Saint Michel.

Je ne sais rien d'important sur le port. M. Harudel n'a rien trouvé non plus que cette affirmation contestable : « Talmont ne figure dans les textes que comme port de monastère (78).

Comme tant d'autres auteurs graves, il a confondu Talmon-sur-Gironde avec Talmont-en-Jard. (Talmont Saint Hilaire)

On pourrait faire remonter au Xe siècle l'existence de ce port si on ne savait pas que la charte qui stipule l'existence d'un droit d'ancrage et de lestage dans tous les ports entre La Rochelle et Blaye est totalement fausse (79).

La Martinière (80) attribue au port de Talmon une certaine activité d'expéditions de vins du pays très estimés, si estimés que, la fraude aidant, ils passaient au loin pour vin de Bordeaux.

Un arrêt du Parlement de Bordeaux de 1767 (81), rappelant un arrêt du 14 février 1597; ordonne de ne pas employer de futailles bordelaises afin d'éviter la confusion sur la provenance.

 

Talmon, comme Royan, Mortagne, exigeait grande et petite coutume sur les bateaux chargés passant devant sa tour Blanche.

Dans les recettes des comptes d'Alphonse de Poitiers, Talmon est inscrif pour 51 sous 6 deniers (82).

Les tableaux de Filongleye fournissent à l'avoir du roi d'Angleterre, de 1363 à 1370, des sommes qui varient de 317 livres à 405 (83).

Un article mentionne l'attribution à un hermite, R° Willelmo, les revenus de trois greffes, dont balliva de Talemon (84). Cet Hermitage est marqué sur la feuille 60, en dehors de l'enceinte, entre l'entrée de Talmon et le Caillaud, sur le bord du port.

 

 

L'EGLISE.

Tandis que de la citadelle dont le roi d'Angleterre et le Prince Noir devaient se montrer fiers, il ne reste à peu près pierre sur pierre, la masse de Sainte-Radégonde, au péril de la mer, solide, défie les séculaires et fâcheux pronostics exagérés d'effondrement et offre un des meilleurs types d'églises rurales du XIIe de Saintonge non remaniées.

Mlle Digard lui a consacré une monographie très étudiée, malheureusement trop abondante en «possibilités», en «à supposer», en hypothèses variées sur un même sujet qui rendent son jugement très difficile à dégager. Je ne veux reprendre ici que deux des principales questions qu'elle a examinées. Comme elle, j'aurai recours à des conjectures, puisque les documents manquent, que le lecteur me permettra de trouver moins inconsistantes que les siennes, si hardies qu'elles paraissent.

La chapelle Sainte-Radégonde, cédée à l'abbaye de Saint-Jean d'Angély, devait être une très antique construction. Elle appartenait au Clergé, ce qui permet de supposer qu'elle fût bâtie par quelque prêtre à une époque très reculée. Le don est simplement approuvé par le seigneur.

Elle a subsisté jusqu'au XVe siècle à côté de la grande église, puisque le dénombrement de 1480 en fait mention.

Sa dédicace à sainte Radégonde, patronage rare un peu partout, en Saintonge particulièrement, a intrigué bien des personnes.

Mlle Digard, se référant à l'ouvrage de l'abbé Ed. Briand (85), l'explique en lui empruntant une prétendue traversée de la Saintonge par la reine en rupture de domicile conjugal.

Lesson lui aurait soufflé une solution tout aussi invraisemblable en lui indiquant la « chambre de la reine », dans la commune de Sainte Radégonde-de-Valensay, grotte dans le rocher, réduit uniquement accessible aux têtes rebelles au vertige, car on n'y accède qu'en passant sur un rebord « de précipice large de six à sept centimètres » (86).

Mlle Digard voit Radégonde en d'autres parties de la façade ! il n'y a pas lieu à discussion.

Tout aussi chimérique par Tote l'istoire, l'attribution à Talmon d'un bras de la reine et son anneau qui fut caché devant l'autel « équi or ii prestres tent ses piez quant il chantet là messa »,.par crainte des Normands.

La découverte, en 1013, du corps de Radégonde a montré que la sainte n'avait perdu aucun de ses bras.

Je propose une explication plus raisonnable à mon sens !

Radégonde est « l'ancre très assurée de ceux qui sont en péril de la mer »(87). Les dames religieuses du couvent de Sainte-Croix de Poitiers faisaient commémoration, le 20 novembre, en la cinquième leçon de Matines, du sauvetage de Reculus, cet ambassadeur que la reine avait envoyé à l'empereur Justin pour le remercier du don qu'il lui avait fait d'un morceau du bois de la sainte Croix.

Au retour, la tempête le retint pendant des journées et des nuits. A bout de forces, se sentant en danger, Reculus invoqua sa mandante; le temps se rasséréna, le voyage s'acheya heureusement.

Le célèbre Livre de sainte Radégonde, manuscrit à peintures du XIe siècle (88), contient une page ou Floreius, assailli par l'ouragan, implore l'abbesse.

 A quel saint plus puissant, plus idoine, le constructeur pouvait-il dédier sa chapelle dominant la mer (89)? .

Le portail latéral de l'église nous offre un double problème. Très justement Mlle Digard a remarqué qu'en Saintonge les façades à trois baies sur un côté, sont inconnues, Il y aurait donc à Talmon une anomalie qu'elle a cherché à expliquer laborieusement.

En réalité cette façade n'a jamais été, transplantée : elle a été montée à la même place qu'elle occupe. Pas d'hésitation sur ce point, on ne constate aucune reprise dans les murs.

L'interprétation à donner à la scène représentée sur le bord extérieur de la voussure de ce portail est plus embarrassante.

La moitié gauche de l'archivolte est meublée par cinq hommes traînant, avec effort, un quadrupède attaché au bout d'une  corde, vers un personnage assis, posé en clé de la courbe.

Sur l'autre moitié, il ne reste que trois hommes en tout point pareils aux vis à-vis. «

Si l'on voulait, dit Mlle Digard, découvrir dans ce motif, l'illustration d'un thème religieux, on pourrait certainement voir ici l'interprétation d'un chapitre contenu dans le livre d'Ezéchiel, se rapportant à la captivité de Joachasen Egypte: on lit, en effet, au chapitre XIX, « le jeune lion ou Joachaz dévora les hommes. Les nations entendirent parler de lui et il fut pris dans leur fosse... Elles l'emmenèrent enchaîné dans le pays d'Egypte. »

Dans les trois personnages qui subsistent sur le côté droit de l'archivolte, il est possible de supposer (?) également que les sculpteurs avaient figuré une partie de la seconde captivité d'Israël,, autrement dit la capture d'un second lion. Joachim, emmené, « enchaîné auprès du roi de Babylone ».

 Cette explication très ingénieuse aurait demandé à être corroborée par quelque exemple analogue, et un peu d'exégèse pour en tirer le sens liturgique. Limitée à Joachaz, elle serait très séduisante au premier abord, mais elle perd toute sa valeur si on accepte sa liaison avec le second roi, autrement dit s'il y a deux scènes différentes sur cette archivolte, sous la, même apparence.

Mlle Digard n'a pas compris que le sujet de gauche est retourné sur la droite. C'est le même thème, les mêmes personnages, en même posture, le même animal féroce. Rectifions la faute, et alors plus de lions. Le texte d'Ezéchiel n'a plus son application !

 Par quoi le remplacer? par un conte local, une légende dont la grande affinité avec la malédiction d'Ezéchiel est curieuse.

Rô est un animal terrible à intelligence humaine (90), semant la désolation autour de lui, vivant dans les forêts ténébreuses de la côte aunisienne.

Sept étrangers abordent en ses parages ; il les regarde, les observe, mais recule jusqu'au Pont-de-la-Pierre. Les sept le poursuivent, l'atteignent, lui crèvent les yeux avec deux flèches, le rendent sourd avec deux autres dans les oreilles, bouchent ses narines avec les cinquième et sixième et de la dernière lui clouent les lèvres de la gueule. Poussé jusqu'au Chai (pointe du Chai) dans un cercle de sept hautes pierres, il est jugé et contraint à se réfugier dans un trou insondable. Maumusson retentit de ses hurlements !

L'imagier du XIIe siècle réduit les Argonautes à cinq, il les fait tirer et non pousser le monstre.

C'est licence que la courbe impose. Un juge unique occupe la clé, inévitable. 

Cette explication — je ne me fais aucune illusion à son égard — fera sursauter le lecteur. Elle rompt carrément avec les habitudes : elle n'a rien de biblique.

En quelques mots j'espère donner à réfléchir aux sceptiques qui ne sont pas de parti pris.

L'iconographie romane de Saintonge n'a pas répugné à mettre sous les yeux du peuple des contes populaires. Qu'est-ce, sinon une légende bien connue que cette anguille sculptée sur un chapiteau à la porte de la chapelle de l'Hôpital neuf à Pons? Qu'est-ce sinon le héros d'exploits légendaires, familier à toutes les populations entre Lescar et Valenciennes, que cet estropié à jambe de bois, représenté deux fois à Notre-Dame de Saintes, à Colombier dans le choeur, à Loupiac, à Melle ? Qu'est-ce sinon un sujet exclusivement profane que le carnaval de Nieul-les-Saintes ? Qu'est ce sinon des inventions ridicules que les bestiaires mis à la place même qui est réservée d'habitude aux saints, à l'Apocalypse, aux histoires des Evangiles apocryphes, aux manifestations d'enseignement religieux? Tout le monde sait que Mélusine figure sur quantité de chapiteaux !

Et sur les modillons quelles variétés de sujets non liturgiques !

 A Angoulême deux scènes de combat entre chevaliers — non expliquées — se réfèrent vraisemblablement à la lutte de hauts seigneurs du temps. A Saintes même scène. ,

L'étrangeté de ce conte, en une place où on l'attend si peu, est en harmonie avec des conceptions non moins singulières: position rare de l'église (91), en bordure de la falaise, son air guerrier, le portail insolite sur un bras du transept, une maigre porte du XVe. siècle, à l'ouest, avec auvent ouvert couvrant une fosse dont la destination ne semble autre qu'un ossuaire, disposition inusitée dans le pays... .

 

EXPLICIT

Puisse cet essai, composé d'après des notes trop éparses, inspirera quelqu'un le désir de rechercher à Paris et à Londres (92), s'il ne découvrira pas des matériaux propres à diminuer les lacunes.

En attendant, jamais plus à propos serait un écriteau placé à l'entrée de la bourgade, ainsi conçu : 

ICI FUT UNE PLACE FORTE

Ch. DANGIBEAUD.

 

 

TALMONT-SUR-GIRONDE LES SEIGNEURS ET VIGUIERS.

N. B. — Contrairement aux assertions des auteurs de Notices sur Talmont, aucun membre de la famille de La Trémoille n'a possédé Talmont-sur-Gironde.

1032-33. VUILELMUS de Talamunte (93).

1047-61. DAGUENARDUS de Talomonte (94).

1070. RAMNULFUS Talamunensis (95).

1074-1083. WITBERT, Guibert de Talemonte Castro (95).

1083-1107. RAMMULFUS castri dominus.

1087-1088. RAMNULFUS, dominus castri Talemoni (95) ; Aléaïde sa femme.

1170. RAMNULFUS Talamunensis (95).

1212. RAMNULFUS, dominus Talamundo et son fils HÉLIE (95).

1212. HÉLIE de Talemonti (96).

1242-1255. ELYAS de Talemunde, dominus de Talemonti (97), garant des trêves.

1270-1273. Feu ELTAS de Talemundi, dominus de Talomonti (98), frère d'Alaïde de Blanquefort.

Cette famille de Talmon est une des plus considérables du pays, puisque le pape Jean XIX enjoint à Guillaume de Talmon, en 1032-33, en même temps qu'à Geoffroi, comte d'Angoulême, Hélie, comte de Périgord, aux fils d'Hugues de Lusignan, au vicomte d'Aunay... de défendre les droits et les biens de l'abbaye de Saint-Jean-d'Angély (99).

En avril 1227, Ramnulfe de Talemon est arbitre des trêves avec Geoffroid Ridel de Blaye (100)

En 1243, Hélie de Talmon est un des délégués du roi Louis IX avec le comte de Toulouse, le comte de la Marche, le comte d'Auvergne, Renaud de Pons, Geoffroy de Taunay, Foucaud de Mastas... pour traiter des trêves en avril (?).

1314. FOUCAUD D'ARCHIAC, viguier de Mortagne et Talmon. (Arch. hist. de Saintonge, T. I, p. 353.)

1339. Janvier. Philippe VI donne à Louis D'ESPAGNE, ou de LA CERDA, amiral de France (1341), en récompense de ses services « le chastel, chastellenie et la ville de Thalemons, l'isle d'Oleron, etc., le tout sous le titre de comte de Talmont (1339) (101).

1340. RENAUD DE TRAVAILLES châtelain. (Revue de Saintonge, XV, p. 204.)

1362. Raymond de Monbadon châtelain, alias garde (102).

1432. 3 avril. Le roi donne à RODRIGUE DE VILLANDRENDO la châtellenie de Talmon-sur-Gironde (103).

1473. LÉON DE SAINTE-MAURE, seigneur de la Viguerie ; sa femme, Jehanne Le Bourcier, rend hommage au roi le 31 septembre 1480. (Arch. hist. de Saintonge, XV, p. 174.

1530. 9 août. JEAN DE RABAINE, seigneur d'Usson, rend hommage hommage Bresillas et de Talmon (104).

1543-45. MATHURIN DE SAINT-GELAIS, seigneur de Poltrot (Pontréau), fut « mys en possession de la tierce partie de l'hostel et fief noble de la ville de Talmon-sur-Gironde, en ce comprins le fief de La Touche de Javrezac, assis en la châtellenie de Cozes et fief es mestairie de la Grange, assis en la paroisse de Meschers », (Revue de Saintonge, tome XIII, p. 284.^)

1594. 24 mai. La seigneurie de Talmon est adjugée à JEAN DE VIVONNE, marquis de Pisany, pour la somme de 4.736 écus 33 sols 4 deniers.

Le 1er mars 1595, un arrêt du Conseil d'Etat lui donne assignation d'une somme de 14.333 écus entiers, avec remise de 2 sols par livre, par lui dus, « à cause de l'enchère qu'il a été obligé de mettre sur la terre de Talmont, à lui adjugée, en payement de ses créances.

Le 12 décembre 1595, un arrêt du même Conseil, maintient Jean de Vivonne en la possession de la terre et seigneurie de Talmont, en annulant une vente faite à Denis Bargnenon, procureur au présidial de Saintes (105.

Un arrêt du 16 février 1599 autorise le même à pourvoir aux offices ordinaires de la châtellenie (106. Un arrêt du 20 novembre 1597 avait autorisé Jean Angibaud à rendre, la justice au nom de Jean de Vivonne (107).

Ce Jean de Vivonne, Saintongeais, né à Pisany, vraisemblablement en 1530. connu sous le nom de Saint-Gouard, n'est pas un grand homme, mais il a été mêlé, comme ambassadeur en Espagne, à Rome, à quantité d'affaires d'Etat importantes.

Henri IV le nomma gouverneur du prince de Condé (celui qui naquit à Saint-Jean-d'Angély) et il fut père de Madame de Rambouillet.

Le vicomte Guy de Brémnnd d'Ars qui a écrit une remarquable biographie de Jean de Vivonne, a ignoré l’acquisition de Talmon (108).

1601. Septembre. Sa femme, JULIE SAVELLI, marquise de Pisani, veuve, dame de Talmon, est à Talmon pour recevoir les hommages du fief qu'elle détient (109).

1607. 31 mai. LOUISE DE PONS, dame d'Usson, douairière de La Touche et de Brezillas, rend aveu et dénombrement à Catherine de Vivonne, héritière de Jean de Vivonne, marquis de Pisany... etc., comme ayant les droits du roi à pacte de rachat perpétuel (110).

1621. 31 mai. CHARLES D'ANGENNE, marquis de Rambouillet et de Pisany, baron de Talmon, mari de Catherine de Vivonne, donne à ferme à Antoine Rivasseau, procureur au bailliage de Talmon, les rentes, sans autre réserve que les vantes et honneurs, à 1.750 livres par an, pour 3 ans (111).-

1656. CATHERINE DE VIVONNE, âgée| de 68 ans, femme de Charles d'Angenne, donna le 28 juin 1656, à ses filles, Angélique et Julie (Mme de Montausier), l'Hôtel de Rambouillet, le marquisat de Pisany et; le comté de Tallemont et des rentes sur les aides de Saintes, à charge d'une pension de 14.000 livres (112).

1637. CHARLES DE SAINTE-MAURE, duc de Montausier, marquis marquis Rambouillet et de Pisany, comte de Talmon (113). Sa fille, Julie, porta Tallemon à Emmanuel de Crussol d'Uzès.

1747 Jean-Pierre-Augnste de Narbonne-Pelet, chevalier de Saint-Louis, lieutenant en premier aux Gardes françaises, châtelain (114). Il avait acquis cette terre le 14 janvier 1741, de M. de Crussol, par acte passé à Paris.

 

 

GOUVERNEURS ET CAPITAINES

1092. PETRUS DE THALAMUNDIS (Arch. de Saint., T. XIX, P- 31).

1074. (exact). 1095-1109. GUIBERT princeps.

WITBERTUS de Talemone : RAMNULFUS et HÉLIAS ses fils, alias fratres (115).

 14.. JEAN DE CHAMBES, chevalier, seigneur de Monsoreau, gouverneur de La Rochelle et capitaine de Talmon, donne cette capitainerie à son neveu CHARDON LE FOURESTIER (116)

1405. YVON LE FOURESTIER, lieutenant ; inhumé à Pons.

1410 7 mai. Le dauphin nomme RENAUD DE PONS gouverneur La Rochelle et de Talmon pour succéder à MONDISSON DE LA CHASSAIGNE, capitaine. (Maudin de La Chassagne) (117).

1413 JACQUES, seigneur d'HEILLY, maréchal de Guyenne, capitaine (118)

1418. Henry de PLUSQUALLEG capitaine (119),

1425. THIBAUD DE LA GURBLAY capitaine (120).

1441. MAURICE DE PLUSQUALLEC.

1439. PRÉGENT DE GOETIVY, amiral de France, capitaine de Talembn.

En 1440, 1e roi lui fait don de Saint-Seurin et de la viguerie de Talmon confisqués sur les Anglais, jusqu'à concurrence de 200 livres de rente (Arch. histor. de la Saint., T. VI, p. 30).

Il jouira aussi du château du Chay. Confiscation nominale puisque les Anglais tiennent Talmon (Ibidem).

Charles VII lui donne Royan, Mornac, Broue en 1442 (ibidem, p. 36), puis Taillebourg confisqué sur les Plusquallec, 1442 (Massiou, Hist. de la Saintonge, T. III, p. 282), mais il dut céder cette seigneurie à Marie de Valois contre Rochefort.

Il acquit en 1447 les droits du Soudan de Latran sur Didonne et Mortagne (Archiv., ibidem, p. 41).

Son frère Olivier, qui épousa Marie de Valois (fille naturelle d'Agnès Sorel), lui succéda à Taillebourg et à Talmon (1458).

1452. BERTRAND AISSE (121).

1465-1470. JEAN BLOSSET, chevalier, seigneur de Saint-Pierre, bailli de Rouen, pour Charles de France, capitaine de Talmon. Louis XI le maintint dans cette charge par lettre du 18 avril 1475, et il lui donna une compagnie de 100 lances (122).

1569. RENÉ VASSAL, sieur de La Cymandiere, capitaine des rebelles.

1570. NICOLAS, bâtard de La Cymandiere, capitaine (123).

1570 (ou avant). JACQUES DE BUDOS, gouverneur (124).

1576. LALANNE, chevalier de Longchamp, tué à Talmon (125).

1585. GILLES DU BREUIL, seigneur de Théon, gouverneur (126).

1588. THÉON (127).

1588. DE THERY, commande pour le roi (128).

— CLAUDE DU BREUIL, seigneur de Théon, gouverneur (129).

16.. JACQUES DE MAZAN, gouverneur (130).

1602. PÉPIN DE BONNONNOIS, gouverneur (131).

1608. ; id.

1614. JACQUES LE TOURNEUR, sieur du Plessis.

1617. Une compagnie du régiment de Piémont à 50 hommes pendant deux mois et 200 pendant deux mois.

1620. En 1617, une compagnie de 110 hommes, puis une de 100 hommes du régiment de Picardie; un canonnier. En 1623, 20 hommes (132).

 

1657. GOMBAUD,, seigneur, de la Gombaudière et de Bauchereau, capitaine (133)

1513. JEAN DU GUI, prieur de Talmon (Rev., XL.II, 233).

 

GARDES

1304. GUILLAUME SEGUIN, seigneur de Rions. Il devait 1000 livres sur sa ferme (134).

1361. ; 11 octobre. RATMOND DE MONBADON, alias châtelain (135)

1683.. Charles Eutrope de Ceretamy, écuyer, sieur du Breuil d'Arces, viguier (136).

1754-55. ANDRÉ CONCHON de La …… religieux bénédictin et célerier de l'abbaye de Saint-Jean-d'Angély, seigneur (sic) du prieuré de Talmon et chapelle de l'Orivaux (137).

 

MÉMOIRE ABRÉGÉ SUR LA VILLE DÉ TALMOND... (138)

«C'est une petite ville sur la côte orientalle ou de l'est de la Garonne à 7.000 toises de son embouchure ou a 3 petites lieues de France. Elle est située sur un rocher à 25 ou 30 pieds de haut d'une figure tirant sur l'ovalle ou oeuf... Cette ville est traversée de plusieurs petites rues où il n'y a que des maisons basses habitées par de petits peuples, presque tous matelots, n'y ayant point de marchands, pas même les choses les plus nécessaires (139),

L'on y contoit en 1706, dans la ville et faubourg environ 200 feux et  300 dans la paroisse. En 1680 il y en avoit plus de 400. Son église, est située sur le bord de la falaise qui se sappe par dessous, ce qui la fera bientôt tomber si on n'y met ordre. Elle n'est pas autrement grande, mais solidement bâtie et voûtée avec un chemin de ronde... Les bénédictins de Saint-Jean-d'Angély en sont curés et ils tiennent un vicaire perpétuel qui a de la peine à vivre, ses paroissiens étant presque tous pauvres, et aussi est-elle bien mal ornée.

«Cette villette a changé diverses fois de seigneur. En 1684,-elle appartenoit à M. le duc de Montausier et, en 1706, à M. le duc d'Uzès. La terre est d'une petite étendue quoy que ce soit une châtellenie et un bailliage. Parties de trois paroisses en dépendéiit.et ne rapportent à son seigneur que 2.500'livtes. Elle est de l'élection de Marennes. Les habitants de cette ville sont tous anciens catholiques et n'y ont point souffert de protestants.

« Il n'y a qu'une porte ou les milices du pays viennent monter la garde en temps de guerre. Le port de l'Est (K.) qui est dans la conche entre cette ville et le faubourg Le Gaillaud a été autrefois plus profond ; il y tombait un chenal qui passoit sous un pont d'arceau (Y) et l'on dit qu'il y avoit un moulin qu'entretenoit un bon chenal qui rendoit les murs dé plus difficile accès de ce côté, parce qu'il y avoit toujours de l'eau.

Le port du nord est un fond de vase où se retirent à présent les barques qui sont bien en sureté; quand la mer est basse, il est couvert du vent d'ouest par la digue qui n'est que de pierre sèche.

« Cette ville n'est pas ancienne. L'on en dit son origine qu'au XIIIe siècle. L'on croît qu'elle est bâtie des débris d'une ville qui étoit à l'Est, distante d'environ 1.500 toises ou est aujourd'hui le logis de Castras (140) et le moulin du Fas.

 Elle fut close d'assez bonnes murailles (141) de 5 à 6 pieds d'épaisseur et les trois côtés isolés bâtis sur la falaise ou banche.

Le front du côté de terre (M. K. X. L.) étoit presque tout terrassé, mais sans talus et la chemise en partie de pierres de taille couronnée par un parapet percé de crénaux.

Les Espagnols la prirent par capitulation (142) ou trahison aux guerres des princes en 1651 et la gardèrent neuf mois. En l'abandonnant firent sauter les principales tours qui étoient aux endroits 13,10, 4, 5, 6, du grand plan, qui n'ont point été relevées depuis.

L'on a rebouché les brèches en quelques endroits qu'en pierres sèches et l'on fit, en 1688, de petits murs de même nature aux autres brèches surtout du côté de la mer. Les Espagnols avoient fait plusieurs ouvrages du côté accessible qui ne paraissoient plus qu'un peu en 1706..... (Masse les fit raccommoder légèrement),

« Tous ces ouvrages furent faits très légèrement parce que l'on manquait de tout ce qui est nécessaire pour en faire de bons. M. le comte de Chamilly, qui commandoit en Saintonge sous les ordres de M. le maréchal de Chamilly, son oncle, avoit assemblé un corps de 16 à 18000 hommes des milices d'une partie de la province qu'ils firent camper à l'extrémité de la forêt d'Alvert parce qu'ils craignoient la descente dans l'anse de la Courbe (sic) et les détachèrent 5 régiments des plus voisins de Talemont pour travailler aux fortiffications de cette place.

Ils y venoient par détachements et travailloient huit jours. Mais ils n'avoient pas d'outils que ceux qu'ils apportoient, la plus part peu propres aux ouvrages qu'il étoit nécessaire de faire. Je mis les maçons à réparer les brèches, mais souvent ils manquoient d'eau pour faire le mortier de terre que l'on alloit chercher avec des cruches. L'on destina les bessons et valladiers (143) à couper les gazons de la platine P. L'on transportoit les terres avec des boïards (144) ou civières... et l'on donnoit la moitié d'un paiu de munition pour toute paye aux ouvriers dont quelques-uns venoient de 8 ou 10 lieues, et sur la fin on ne fesoit plus travailler que les nouveaux convertis. »

FIN

 

 

 

Archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis

 

 

==> Talmont sur Gironde et son église Sainte-Radegonde du 12e siècle.

==> L’ancien hôpital des Pèlerins de Pons

==> Le Poitou pendant la Guerre de Cent Ans; période du Prince Noir Édouard Plantagenêt - Bertrand Duguesclin

==> Taillebourg, la Rochelle, avril 1442, Procès des frères Plusquellec

==>1596 Testament de Jean de Vivonne, marquis de Pisany, chevalier des ordres du roi, sénéchal de Saintonge

==> 1680 le Cardinal de Richelieu fait dresser des cartes des côtes de France pour le Dauphin

==> La géographie et la cartographie au service de nos Rois de France et des explorateurs - Claude Masse

 

 


(1) de Saintonge et d'Aunis. Bulletin de la Société des Archives de Saintonge et d'Aunis, tome XLI, p. 143. Tamnum, par M. L. Massiou. Congrès des Sociétés savantes de Dijon, 1924. Quelques débris de sculptures sont réunis chez le propriétaire du Fa. 

(2) Archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis, tome XXXIII, p. 114. L'éditeur G. Musset a traduit Taunum par Talmont.

(3) Mémoires de la Société des Antiquaires de l'Ouest, 1838, p. 305 ; Cl. Masse, Mémoires.

(4) Holder l'a admis dans son Alt-Celtischer Sprachschatz, avec la forme Talamun.

(5) Recueil des Historiens de France, tome XVII, p. 501, Tanemon.

(6) Ce nom de Caillaud est accepté comme indicateur de voie romaine ; cf. Clouet: Notes sur les voies romaines partant de Mediolanum Santonum.

(7) de 876 de Charles le Chauve, dans Recueil des Historiens..., tome VIII, p. 650.

(8) Cartulaire de l'Abbaye Sainte-Croix, publié par La Boutetière, dans le tome .36 des Mémoires de la Société des Antiquaires de l'Ouest.

Cartulaire de Saint-Cyprien. Archives historiques du Poitou, tome III. Cartulaire de Saint-Aubin, Ibidem

Cartulaire de Saint-Jean-d'Angély, Archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis, tomes XXX et XXXIII.

(9) Edition F. W. Bourdillon, 1897.

(10) Elude sur les cartes des côtes du Poitou et de Saintonge antérieures aux levés du XIXe siècle, p. 8, d'après les originaux conservés à la Bibliothèque Nationale. Réserve G' D D 687.

(11) Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, tome XXXIV, p. 589.

(12) La Martinière applique cette erreur à Talmont de Saintonge.

(13) Bourignon le savait.

(14) Dictionnaire de l'ancienne langue française.

(15) Ce bourg aurait été en dehors du château, ainsi qu'il résulte de la charte 294 « ... de alaudio suo juxta ipsum castrum. Guardrat, le moine qui avait reçu le don, achette toute la pièce de terre près Tommeil, assez loin de Talmon. Ramnulfe promet en outre de supprimer la Vigerie, au cas où les moines se détermineraient à construire le bourg. Cet encouragement aux bâtisseurs était assez répandu.

En 1202 Jean Sans-Terre avait exempté de droits les habitants des maisons construites autour du pont de La Rochelle, construit par Isambert, écolâtre de Saintes, à charge de payer cinq sous de rente pour l'entretien et éclairage du pont. Rôtuli litterarum palenlium, p. 9.

==> 1244 Transaction entre Alphonse comte de Poitiers et l'évêque de Saintes concernant les droits du comte de la marche sur le pont

(16) Cartulaire de l'abbaye de Saint-Jean d'Angély, tome I, Archives histor. de Saintonge, tome XXX, p. 349.

(17) Cartulaire de l'abbaye de Saint-Jean d'Angély, charte 282. La datation des trois chartes qui intéressent ce prieuré d'Orivaux est très arbitraire et fautive; l'acte de fondation (charte 281) serait de 1099, alors que le don de ce monastère à Charroux est daté de 1097 (charte 282) et que la confirmation de ce don serait de 1070 (charte 283). Or, Arnoul, évêque de Saintes, présent à la donation, assiste à la dédicace de l'abbaye de Vendôme le 31 mai 1040. Il paraît avoir cessé d'administrer le diocèse vers 1060, Le terme fondation peut prêter à discussion. De plus, il y a confusion dans une charte, le don d'Orivaux est consenti à Charroux, dans la suivante à Saint Jean.

(18) Cartulaire de Saint-Jean-d'Angély, tome I, charte XII. Richard, Histoire des Comtes du Poitou, tome 1, p. 228. Gallia Christiana, tome II, col. 416.

(19) Histoire des Pairs de France, tome VIII, p. 8, article La Rochefoucauld.

(20) D'autres personnes portèrent ce nom, dans le clergé et dans la population. En 1274, Raimond de Thalemon est chantre de Saint-Seurin de Bordeaux 

En 1202, Jean-Sans-Terre s'adressant à Benoît (Benedictus) de Talmund, ..juif, lui déclare qu'il a fait remise à Guillaume de Mauzé de 500 livres qu'il lui devait ainsi qu'aux juifs de La Rochelle (**).,. .

123... Eustache (nom de femme) de Tallemond (***). ... ...

A La Rochelle un habitant se nomme Jacque de. Talmont, 1362.

 En 1117, Guillelmus, abbas Talamonensis, témoin, dans une charte du cartulaire de Vaux, n'appartient pas à Talmon-sur-Gironde.

A Talmon même, en 1792, vivait un citoyen nommé Talmon. Il existe encore des familles de ce nom.

(21) Saint-Louis et Alfonse de Poitiers, p. 487. .'

(22)  Bemont. Recueil d'actes relatifs à l'administration des rois d'Angleterre en Guyenne au XIIIe  siècle, n° 612.

(23) Rymer, Rôles gascons, tome II, n° 399, monnaie noire qui contenait peu d'argent. Du Gassion ou Garsion de Lamarque. (Cf. Le Drouyn, loco citato, II p. 341), vivait en 1278.

(24) Archives hist. Gironde, tome VIII, p. 147, et Rôles gascons, 732-806 ; tome II, 857-933.

(25) Rymer. Rôles gascons, tome III, n° 1790, date de Westminster.

(26) Manuel d'archéologie, II, p. 189.

(27) Dictionnaire d'architecture, Ve manoir.

(28) Introduction, p, VI, VIL Revue tome XLV, 7 livraison 1935

(29) Archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis, tome I, p. 376. Si au XIVe siècle les maçons ne disposaient pas de meilleurs matériaux que du temps de Masse, il ne faut pas s'étonner de la prompte dégradation des murailles. Cf. plus loin son mémoire.

(30) M. Clanet a illustré son album d'un plan qu'il date de 1695. C'est une erreur, ce plan est daté de 1707 (feuille 64). II est relatif à des travaux considérables.

Lacroix (1354) a dressé un plan de Talmont qui montre la bastide complètement.

(31) C'est un nom de femme. Espanie de Arss dit le dénombrement de 1480.

(32) La Société des Archives historiques de la Gironde a publié, tome XXXIX, un album de dessins concernant Bordeaux et le pays d'alentour. Les originaux sont à Vienne (Autriche).

(33) a 27 mètres d'élévation.

Geoffroy-Martel construisit, en 1050 (avant Londres), en Anjou, à Durtal,  une tour qui passa longtemps pour la plus forte du pays et qui fut précisément baptisée tour Blanche.

Cf. A. Halphen. Le comte d'Anjou, au XIe siècle, p. 156. Le cartulaire de Saint Aubin, édition Broussillon, n° 306.

A Saintes, en 1852, on a appelé tour Malakoff un modeste bureau d'octroi aul bout du cours neuf nouvellement ouvert du pont à la route de Saint-Jean.

==> 1244 Transaction entre Alphonse comte de Poitiers et l'évêque de Saintes concernant les droits du comte de la marche sur le pont

 (34) Bibli. de l'Ecole des Charles, tome 58, p. 158.

(35) Mémoires de la Société de Statistique de Niort, tome VI, 2« partie.

(36) Archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis tome I, p. 121.

(37) Rymer, Foedera, vol. III, pars. II, p. 859 ; Archives historiques du Poitou, tome XIX, p. 417'

Sur ce personnage considérable, vaillant chevalier, bon homme d'armes Cf. Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, 4e série, tome IV, p. 80.

(38) Archives du Poitou, tome XIX, p. 417.

 (39) Registres, tome III, p. 34, 121-201 ; IV, p. 35, 106-254-386. Bellemer. Histoire de la ville de Blaye, p. 146.  Monstrelet. Chroniques, édition Buchon, p. 44.

(40) L'insécurité de la rivière de Bordeaux, en temps de guerre s'explique ; il en fut de même pendant bien des années. Le n° 38 des documents Delpit, 17 avril 1293, est le mandement d'Edouard 1er au gardien de Londres, pour accorder un délai, sous caution, aux marchands anglais accusés d'avoir pillé un navire gascon, dans les eaux de la Gironde en face de Tallemon.

(41) Archives historiques du Poitou, tome XXVI, p. 211.

(42) Archives historiques de la Gironde, tome III, p. 63: Massiou. Histoire de la Saintonge, tome 3, p. 270.

De Vaulx de Foletier. Histoire de l'Aunis et de la Saintonge, p. 56, Archives historiques du Poitou, tome II, p, 223 et s.

 (43) vers 1450. Recueil de la Commission des Arts et Monuments hist. de la Charente-Inférieure, tome III, p. 49.

(44) Archives hist. Saintonge, tome VI, p. 30. Prégent de Coëtivy reçut, en 1447 les châtellenies de Didonne et de Meschers. Ibidem, p. 41. Il fait l'aveu en 1452 de Didonne. Ibidem, tome III, p. 368.

(45) Archives de Saint-Jean-d'Angély. Délibération du Corps de ville, du 25 octobre. Bulletin Revue Saintonge, tome XIV, p. 394.

(46) « Laquelle, ajoute-t on, de toute ancienneté est de nostre vray et ancien domaine, convoitée par les Anglais qui plusieurs foys se sont efforcés de la vouloir prendre par emblée et autrement, ce qui seroit, que Dieu ne veuille, la destruction de tous nostre pays de Saintonge et Guyenne... »

 (47) Gaulieur, loco citato, p. 489. ;

(48) Th, de Béze, Histoire ecclésiastique, année 1563.

(49) De Ruble, Jeanne d'Albret et la guerre civile, I, p. 451-456.

(50) Th. de Béze, loco citato.

 (51) Quelques dit de Bèze, venus de Bordeaux dans trois grands vaisseaux.

 (52) Les sieurs d'Azais et de Combes, dit de Bèze, étant à une lieue de là en une place appelée les Epaux.

(53) De Bèze porte le nombre à 200.

(54) Cf. Patry. Chronique de l'établissement de la Réforme à Saint-Seurin d'Uni Bulletin de l'Histoire du Protestantisme fr., 15 mars 1901.

(55) E. Gaulieur, Histoire de la Réforme à Bordeaux, tome V, p. 487.

(56) De Ruble, Jeanne d'Albret et la guerre-civile, tome I. Babinet, La guerre civile en Poitou, Aunis et Saintonge, 1569-1570, dans Bulletins-Mémoires de la Société des Antiquaires de l'Ouest, tome XVI et XIX.

(57) D'Aubigné Histoire universelle, édit. Ruble, tome IV, p. 218. La Popelinière. Histoire, édition de 1531, livre 37, p. 212. Archives hist. Saintonge,lX, p. 391.

(58) Chronique bordelaise, p. 86.

(59) D'Aubigné, loco citato, tome V, p. 259. La Popelinière, livre 45, p. 372.

(60) Archives hist. Saintonge, tome VIII, p. 198. Archives hist. Gironde, XIII, p. 478.

(61) Mémoires, I, p. 68.

(62) Etal militaire de l'Angoumois, Saintonge et Brouage entre les années 1599 et 1623 dans Bulletin-Revue des Archives historiques de Saintonge et d'Aunis, tome XXXIV, p 133 et s. Voir, plus loin.

(63) Archives historiques du Poitou, tome V, p. 131.

(64) Journal de Jean Vallier, tome III, p. 50. Du Daugnon, sollicité de donner Brouage, avait refusé.

(65) Le Nouvelliste 23025, cité en note du Journal de J. Vallier.

(66) Samuel Robert, Lettres, Archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis, tome XXXVII, p. 348, Ils avaient de l'argent. Wattevilie envoie 300.000 livres à Condé en pièces de 4 pistoles, en janvier 1652 (Ibidem p. 375), et un joueur de guitare au duc de Richelieu malade. Condé, de son côté, recevait les officiers « avec grande ostentation ».

(67) Ibidem, p. 408.

«Les troupes espagnoles qui sont de présent à Bourg et à Tallemond, n'attendent que le Comte d'Harcourt pour se bien défendre et montrer l'affection •qu'ils ont pour le Roy et les Princes, particulièrement pour la Paix générale; -elles sont munies de poudre, vin, bled, et tout ce qui est nécessaire pour leur entretien». Mazarinade, Le courrier extraordinaire... Paris, Jacob Chevalier.

(68) Cf. sa lettre dans Archives historiques Saintonge, tome XLVI, p. 161.

(69) Ibidem, tome I, p. 106. Voir plus loin le mémoire de Cl. Masse.

(70) Cf. Jouan, Arces et Barzan dans Recueil de la Commission des Arts et Monuments de la Charente-Inférieure, tomes V et VI.

(71) Rôle très incomplet. Recueil... tome XIV, p. 290

(72) Archives historiques du Poitou, tome XIII, p. 141.

(73) L'original de cet aveu existe aux Archives nationales. M. H. Stein en a publié la copie dans le tome XV, p. 174 et 175 des Archives histor. de la Saintonge et de l'Aunis, avec la faute « terre de Montausier ».

 Léon de Sainte-Maure avait rendu hommage au roi de la viguerie de Tal. mon le 28 avril 1473. Cf. dans Boutaric, loco citalo, p. 519.

(74) Dans la coutume de Meschers, on trouve des droits sur chaque porc pelât vendu ; les noubles sur chaque porc brulàt ; la ganta sur chaque boeuf vendu ; la lécha sur chaque Vache.

Lécha est un mot inconnu à Du Gange. En Saintonge il signifie un petit morceau de viande ou de pain. En l'espèce il doit désigner quelque morceau plus important.

(75) Dans le dénombrement rendu, en 1308, par Emery Viel de la coutume de Meschers; qu'il tient de Guillaume Vivien de Cravans, on lit «... qualibet salma ollarum et pitalphorum, unam ollam, seu unum pitalphum, quod veniat pro vendendo in dicta parochia. » Revue des Sociétés savantes des départements, juin 1807, p. 501.

 (76) Aliénation, engagement. Du Cange v° gagiare, gagiala.

(77) Le plan montre, en effet, beaucoup de jardins et places devant les maisons.

(78) Les origines des ports de la Gironde, p. 73 et 97. 11 ne dit pas quels textes.

(79) La charte est dans Gallia Christiana, II, Diocesis Lucionensis instrumenta, p. 409.— Cf. Dom Fonteneau, tome X. p. 155.

(80) Grand dictionnaire- géographique, 1768.

(81) Archives de la Charente-Inférieure, B. 2039

(82) Recueil de la Commission des Arts, et Monuments de la Charente-Inférieure, tome Xlll, p. 424.  

 Le tarif était, je crois, de 2 deniers oboles par tonneau en certains cas. Nous avons vu qu'il y avait une douane sur le blé.

(83) Dans Delpit : Collection générale de Documents français conservés en Angleterre, N-223.

(84) Ibidem. n° 123,

(85) Histoire de sainte Radégonde, reine de France, et des sanctuaires et pèlerinage en son honneur.

(86) Lettres historiques, p. 275.

(87) La preuve historique des litanies de sainte Radégonde, dans Bouchet, Annales d'Aquitaine.

(88) La Société française de reproduction de manuscrits à peintures l'a fait imprimer. '

(89) Jurer par sainte Radégonde avait une valeur qui doit être exprimée dans les mots suivants que nous ne comprenons pas : hoc autem donum fecit isdem Ramnulfus… .. per hanc cartam supra textum Sanctae Radegundis. Textum veut sans doute remplacer altare, Cartulaire de Saint-Jean-d'Angély, charte 291

(90) G. Musset. La Charente-Inférieure avant l'histoire.

(91)J'admets que sa position risquée est le résultat de l'usure de la falaise.

(92) Sur la faible chance de repêchera Londres des documents-français de cette époque, notamment pour Talmon, voir Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, 1858, p. 158

(93) Cartulaire de Saint Jean-d'Angély. T. 1, p. 32 ; Gallia Christ. II, col. 466. Voir observation de Richard dans Histoire des Comtes de Poitou, I, p. 228.

(94) Cartulaire de Notre-Dame de Saintes, charte 20. Il est témoin d'un acte passé par Constance, abbesse de Saintes, qu'il a conseillée.

(95) Cartulaire de Vaux, XXIX, LU, LXIII ; Cartulaire de Saint-Jean-d'Angèly, charte 294.

(96) Râles gascons, T, I, p. 24.

(97) ibidem, T. I., n° 4438, 4497.

(98) Léo Drouyn, La Guieme militaire, T. II, p. 43. Archives historiques de la Gironde, T. V.

(99) Cartulaire, charte 12.

(100) Teulet, Layettes du Trésor des Chartes, T. II, p. 122, 505.

(101) Archives nat. Cité par M. Bémont, Le Coutumier d'Oléron, dans Bulletin philologique du Comité, 1917, p. 283.

(102) Mémoire de la Sté de Statistique de Niort. T: VI, p. 251.

(103) Lecoy de la Marche. Titres de la maison ducale de Bourbon, T. II, n° 5410. ;

(104) Catalogue des Actes de François 1er, VI, ; Archives hist. de Saintonge, T.IX, p. 49.

(105) Noël Valois. Arrêts du Conseil d'Etat du Règne de Henri IV, n° 838, 2210, 2786.

(106) Ibidem, n° 5242.

(107) Ibidem, n° 4084.

(108) Jean de Vivonne, sa vie et ses ambassades.

(109) Recueil de la Commission des Arts et Monuments de la Charente-Inférieure, T. VIII, p. 206.

(110) Ibidem, p. 207.

(111) Ibidem, p, 207.

(112) Ch. Sauge. Inventaires de l'Hôtel de Rambouillet à Paris, l652, 1666,1671, publiés dans Mémoires de la Société archéologique de Rambouillet, T. XX, 1894.

(113) Anselme, V, p. 19. — Arch. de Saint., IV, p. 238. — A. Maichin lui donne à tort Talmon en principauté. Hist. de Saintonge, p. 166.

(114) Jouan, Monographie. d'Arces. — Recueil t. V, p, 159,

(115) Cartulaire de Saint-Jean d'Angély, chartes 288 et 381.

En 1074, Witbert de Talmont restitue à l'abbaye de Saint-Jean d'Angély, de la moitié d'une terre qu'il avait usurpée dans la ville dite d’Orivaux et qui avait été donnée à cette abbaye par Guillaume, vicomte d'Aunay, et il fut stipulé en outre que si quelques hommes devant des coutumes à Witbert pour sa terre ou sa vigne, voulaient habiter dans cette villa de Saint-Jean ; en lui payant son dû, ils seraient affranchis de son pouvoir.
 S'ils refusaient de payer la coutume, Witbert et ses fils devaient adresser une réclamation au moine qui tenait l'obédience. Et s'ils ne pouvaient pas obtenir justice par le moine, il leur était formellement interdit de faire violence à ces consueludinarii sur la terre de Saint-Jean, mais s'ils les trouvaient hors des limites de la villa, ils pouvaient exiger leur droit, comme ils l'entendraient .

Carta Witberti de Talamone (2).
Notum sit omnibus tam presentibus quam tuturis sanctae ecdesiae fidelibus, quia terra quam Willelmus, vicecomes Auniacensis (3), pro animae suae remedio, dedit monasterio sancti Johannis Baptistae Angcriacensis (4), medietatem illius Witbertus de Talemone (5) castello, per multum tempus, contradixit.


Charte de Witbert de Talamone (2).

Qu'il soit connu de tous les fidèles présents et gardiens de la sainte ecdesia, car la terre que Guillaume, le vicomte d'Auniac (3), pour la réparation de son âme, donna au monastère de Saint-Jean-Baptiste d'Angély( 4), dont la moitié au château de Witbert de Talemon (5) depuis longtemps , contredit-il.

 Que videlicet terra est in villa que dicitur Aurea-vallis.
 Sed tantum resipiscens, in capitulum fratrum, coram domno abbate Oddone (6) venit, ipsamque donationem Ramnulfo et Helia, filiis suis, conseucientibus, dimisit.
C'est-à-dire que le terrain se trouve dans la ville appelée Golden Valley.

 Mais juste au moment où il revenait à ses sens, il est venu au chapitre des frères devant seigneur Abbaye Oddone (6), et a remis le cadeau lui-même à Ramnulf et Helias, leurs fils, qui ont emboîté le pas.

 Sed et omnes consuetudines quas, sive juste sive injuste, in ipsa villa idem Witbertus accipiebat, pro timore Dei sanctique Johannis, reliquit, annuentibus prefatis filiis suis.
 Terram vero aliam que pro emendatione mortis fratrum suorum in eadem villa data fuerat, quam similiter diu contradixerat, pari condicione dereliquit, et ne ulterius, a se vel heredibus suis, ibi quicquam reclamaretur, assensit.
Mais toutes les coutumes que, justement ou injustement, le même Witbertus avait acceptées dans la ville même, par crainte de Dieu et de saint Jean, il les abandonna, saluant ses fils comme susdit.

 Quant à un autre lopin de terre qui avait été donné en compensation de la mort de ses frères dans la même ville, qu'il avait pareillement longuement disputé, il le laissa sur un pied d'égalité, et convint que rien ne devait plus y être réclamé par lui-même ou ses héritiers. .

In eodem autem capitulo, presente predicto abbate, coram omnibus fratribus, deffinitum fuit ut, si in eadem villa sancti Johannis, aliqui hommes voluerint habitare, qui ipsi Witberto consuetudinem debeant de terra vel vinea sua, debitum suum persolventes ei, ab ejus potestate ibidem erunt liberi.
Et dans le même chapitre, en présence dudit abbé, en présence de tous les frères, il fut déterminé que si dans la même ville de Saint-Jean, des hommes voulaient habiter, qui eux-mêmes devaient coutume à Witbert de leur terre ou des vignes, et ayant payé leur dette envers lui, ils seraient là par sa puissance des enfants.

Si autem contradixerint ipsam consuetudinem, idem Witbertus vel filii ejus, ad monachum qui hanc obedientiam tenebit, de eis facient reclamationem.
Quod si per monachum non potuerint habere justiciam, intra terram tamen sancti Johannis nullam presument eisdem consuetudinariis inferre violentiam ; extra villam autem ubi eos invenerint, exigent rectitudinem suam quomodocumque voluerint.
Mais s'ils contredisent la coutume elle-même, le même Witbertus ou ses fils s'en plaindront au moine qui gardera cette obéissance.

Et s'ils ne pouvaient obtenir justice par l'intermédiaire d'un moine, dans le pays de Saint-Jean, ils présument de n'infliger aucune violence aux mêmes coutumes ; mais hors du pays où ils les ont trouvés, ils ont exigé leur justice comme ils l'ont voulu.

 Quod si ipsas terras aut vineas dimiserint, ab illorum violentia et potestate deinceps erunt liberi.
Monachi vero potestas erit, ne de eisdem consuetudinariis ullam amplius paciatur molestiam, extra ipsam villam eos expellere cum voluerit.
Mais s'ils abandonnent eux-mêmes les terres ou les vignes, ils seront libérés de leur violence et de leur pouvoir.

Mais le moine aura le pouvoir de ne plus souffrir des mêmes coutumes, de les chasser de la ville même quand il voudra.

 Actum est hoc anno incarnati Verbi millesimo septuagesimo quarto, indictione duodecima, regnante Philippo rege Francorum, Willelmo autem ducatum tenente Aquitanorum, sub testimonio Senioreti Sancionensis, Gireherti (7) Caronelli, et Geraldi, fratris ejus.
Ce fut fait en cette année du Verbe incarné mil soixante-quatorzième, au douzième acte d'accusation, sous le règne de Philippe, roi des Francs, et Guillaume conduit comme lieutenant des Aquitaines, sous le témoignage des Sages de Sancion. , Gireherti (7) Caronelli, et Gérald, son frère.

Huic dimissioni terre hujus, sive reddicioni pro LX solidis redempte; si quislibet calumniam imponere praesumpserit, non in curia de Thalamonis (8) judicetur, sed apud Santonas.
 Crux Ramnulfi filii. Crux Vuitberti (9) patris. Crux Helie filii.
Rachetez-le pour la libération de cette terre, ou pour le retour de 60 solidi ; si quelqu'un ose imposer la calomnie, il ne sera pas jugé dans la cour de Thalamon, (8) mais dans Saintes.

 La croix du fils de Ramnulf. Croix de Vuitbert (9) père. La croix des fils d'Hélia.

(1)    On avait mis à la marge : Orlac. La mention de dom Fontenau, 91 verso, doit être erronée ; il faut lire 92 verso. (2). C. Talmonte. (3). C. Oniacensis. (4). C Ingeriacensis. (5). C. Thalemone. (6). C. Odone. (7). C. Girberti. (8). C. Talamonis. (9). C. Witberti


(116) Revue de Saint , XIX, p. 387.

(117) Arch. histor. de Saint., T. XXVI, p. 274.

(118) Invent, des Sceaux de la Collection Clerambaut.

(119) Arch. histor. de la Gironde, III, p. 63.

(120 Arch, histor. du Poitou, II, p. 251.

(121) Arch. de Saint Jean-d'Angély. -- Revue de Saintonge, T. XIV, p. 394. -

(122) J. Vaësen. Lettres de Louis XI, T. X, p. 23. — Revue de Saint., T. XXXIV, ,99.

(123) Arrêt du Parlement de Bordeaux contre les Protestants.

(124) Léo Drouyn. Guyenne militaire, II, p. 151.

(125) A. d'Aubigné. ..Hist. univers. Liv. 111, chap. IV,

(126) Arch. histor. de Saintonge, VIII, p. 194.

(127) Arch. du Poitou. XXVII, p. 352.

(128) Arch. histor. de la Gironde, XIII, p. 478.

(129)Arch. histor. de Saintonge, VIII, p. 194.

(130) Bull, de la Rev. de Saintonge, VU.

(131) Ibid., XXXIV, p. 146.

(132) Ibid„ XXXIV, 151, 155, 159.

(133) Bulletin de la Société de l'histoire du Protestantisme fr., 1901.

(134) Rôles Gascons, n" 4665. Introduction, p. CII.

(135) Procès-verbal de délivrance à Chandos... dans T. VI, des Mémoires de la Société de statistique de Niort. ,

(136) Bull, de la Revue de Saint., VIII, p. 381.

(137) Archives départementales, B. 2035.

(138) Ce mémoire m'a été communiqué très aimablement par M. Sauvel, Maître des requêtes au Conseil d'Etat. Il est écourté. Tous les renseignements sont précieux: Claude Masse a habité Talmon, puisqu'il a fait travailler à la réfection des fortifications,. Mlle Page-Delaunay; bibliothécaire de La Rochelle a eu l'obligeance de me communiquer la copie qui appartient à cet établissement.

(l39) La Martinière en 1768— Grand dictionnaire géographique — affirme cependant que « quelques marchands n'ont pas laissé de s'y établir à Cause de la commodité de son petit port et de la bonté du pays qui est couvert d'un grand vignoble dont le vin est assez estimé. »

(140) Je peux assurer, dit Léo Drouyn, qu'une grande quantité de ruines dans la Gironde, surtout lorsqu'elles n'ont pas un nom particulier, reçoivent des paysans ceux de Castera, Casierasses, Casterot. La Guyenne militaire, p. XCI.

(141) «  Elle était fortifiée de grosses murailles et de fossés à fond de cuve défendue par plusieurs tours qui les environnent. » La Martinière, loeo citato. Revue Tome XLV, e° Livraison 1936

(142) « Cette ville ayant voulu tenir contre les ennemis depuis les dernières guerres de Bordeaux, ils démolirent presque toutes les murailles après qu'ils s'en furent rendus maîtres, aussi il ne reste qu'un petit nombre de tours qui portent les marques de son infortune. » Ibidem. Nous savons comment les Espagnols s'y établirent.

 (143) Bessons et valadiers sont synonymes : Ouvriers ou manoeuvres employés à curer les canaux ou les fossés. P, Jônain, Dict. ; G. Musset, Glossaire.

(144) Le mot est usuel en Saintonge,