Arrivée de la dauphine Marguerite d'Ecosse Tours 1436

Marguerite, fille aînée de Jacques I Stuart (1), roi d’Écosse, avait été fiancée par traité conclu à Chinon, le 30 octobre 1428

Le mariage n'est célébré que le 24 juin 1436 au château de Tours par l'archevêque de Reims, Renault de Chartres, avec dispense de l’archevêque de Tours, parce que le dauphin Louis n’était pas encore entré dans sa quatorzième année et que la jeune épouse avait à peine douze ans accomplis.

C'est le jour de la fête de ce grand saint que la princesse fait son entrée dans cette grande et belle ville de Tours, qui fut la résidence favorite de Charles VII en attendant d'être encore davantage la résidence préférée de Louis XI.

Marguerite Stuart, coiffée d'un bonnet à la mode, à la pointe démesurée, est montée sur une haquenée au riche parement (2).

Le relèvement progressif de la France a son retentissement sur la tenue de la Cour, en dépit de la lourde charge des dépenses militaires. Un rutilant cortège accompagne celle que l'on appelle déjà « madame la dauphine ».

La reine de Sicile, que nous retrouverons ailleurs, se charge de présenter la jeune fille à la reine-mère.

Alors, Marie d'Anjou s'avance gracieusement au- devant de sa future belle-fille et l'embrasse.

C'est à ce moment, mais à ce moment seulement, qu'on fait venir monseigneur le dauphin. Il s'est tenu en attente jusque-là, sagement, dans la salle basse. Il monte au premier étage et pénètre dans la grande salle, — on dirait de nos jours le grand salon, — et là a lieu la présentation.

Marguerite et Louis sont deux enfants. Ils se prennent par le cou, ils s'embrassent et ils font connaissance l'instant d'après en jouant ensemble, tandis que les parents et les personnalités officielles s'entretiennent de sujets sérieux, tandis aussi qu'autour du château, la population célèbre à sa manière ces fiançailles princières au milieu de réjouissances, au son des musiques, parmi les chants religieux dans les églises, les distributions de friandises aux enfants.

Le lendemain, c'est le jour des noces.

Le roi de France arrive un peu avant l'heure de la bénédiction nuptiale. A vrai dire, il s'est mis en retard. Il va voir en hâte la dauphine qu'il ne connaît pas encore et qui va devenir pourtant sa bru dans quelques instants; il se montre charmé de sa gentillesse.

Aussitôt après, la voici qui bien stylée, revêt, en conscience, le costume d'apparat, le long manteau royal, tout de velours et de drap d'or; sa tête enfantine se pare d'un précieux diadème. Louis, également a endossé la tenue royale, qui est de velours bleu aux broderies de feuilles d'or.

Le roi Jacques d'Ecosse lui a fait présent d'une épée qui, paraît-il, a appartenu à Robert Bruce, vieux roi héroïque et quasi légendaire de l'Ecosse. Le fourreau de cuir blanc où repose cette épée s'agrémente de figures de la Vierge et de l'archange militaire saint Michel, symbole de victoire.

Détail curieux : Charles VII n'a pas changé de costume. Faute de temps ou par effet d'une préférence, il a gardé son vêtement de voyage en grisaille ; il a gardé aussi ses bottes et ses éperons; mais la reine Marie a revêtu une robe toute neuve; elle est de velours pers relevé d'orfrois.

On admire les parures, les bijoux, surtout ceux de la jeune dauphine. Les deux enfants reçoivent la bénédiction qui leur est donnée par l'archevêque Regnault.

Et la cérémonie religieuse, qui consacre l'union des deux époux, est suivie d'un banquet servi selon les règles où l'on voit le roi de France la reine et Madame la dauphine siéger à la grande table, aux places d'honneur, tandis que Monseigneur le dauphin traite, à une table annexe, les seigneurs écossais qui ont accompagné la fille de leur souverain.

Les villes de Tours et de Chinon ont payé la riche vaisselle à laquelle un don gracieux du clergé a ajouté des pots d'argent.

Comme il est d'usage, des divertissements agrémentent le repas. Le plus curieux en fut la morisque exécutée par trois danseurs revêtus d'habits étranges, faits de vieux draps de lit bizarrement peinturés et qui portaient en tête des chapeaux en fleurs naturelles, aux mains et aux jambes quantités de sonnettes bruissantes. De quoi faire rire, et surtout les jeunes héros de la fête.

Mariage d'enfants, et qui, jusqu'à nouvel ordre, restera un mariage blanc, car ni Louis ni Marguerite n'a encore l'âge requis (3).

La dauphine aura pour le moment une maison à elle; des serviteurs français lui apprendront mieux qu'elle ne la sait encore la langue du pays où elle est appelée à vivre et un jour sans doute à régner...

Regnault Girard qui l'a amenée par mer, s'occupe de la gestion de cet hôtel ; son fils Joachim y aura la charge d'écuyer (4).

Marie d'Anjou s'est prise d'affection immédiate pour cette douce enfant qu'est sa belle-fille. Mais il semble bien déjà que Louis a été peu sensible au charme trop délicat de celle qu'on lui réserve pour femme.

Le dauphin vit dans son hôtel aussi, car il en a un à lui. Bernard d'Armagnac est maintenant son gouverneur : ce personnage, qui s'intitule comte de la Marche, est d'une sévère dévotion en même temps que d'une chevalerie exemplaire (5). C'est surtout à ce mentor à l'esprit strict que le futur Louis XI a dû vraisemblablement ses pratiques dévotieuses, sa religiosité étroite et formaliste, car s'il n'a pas pénétré le fond du catholicisme, il en a retenu et exagéré les gestes.

Le personnel de la maison est composé essentiellement de Gabriel de Bernes, premier maître de l'hôtel, — vieux serviteur de Charles VII, — de trois maîtres, — Jean Sanglier, Jean Havard, Rogerin Blosset, — d'un écuyer Joachim Rouault, futur maréchal, d'un premier écuyer tranchant, Jean Trousseau. Simon Verjus tient les comptes, Jean Bochetel est contrôleur et secrétaire.

Ces comparses sauront se pousser aux bonnes places quand celui qu'ils servent portera couronne royale.

 

 La dauphine, après huit ans d’une union qui ne lui apporta qu’une profonde tristesse

Elle meurt Châlons-sur-Marne, le 16 août 1445 à l'âge de 20 ans, de tuberculose ou de pneumonie, sans postérité.  (2)

M. de Beaucourt entre dans quelques détails au sujet d’une enquête ordonnée sur les causes de ce décès, qui parut mystérieux. (Hist. de Charles VII, t. IV, p. 106-111, 181.)

Le corps de Marguerite d’Écosse fut déposé dans un cercueil de plomb dans la crypte qui est sous le sanctuaire de la cathédrale de Saint-Étienne de Châlons, mais il n'existe plus de preuves matérielles à l'appui de ce fait.

Letur, 77e évêque Châlons, présida aux funérailles de la Dauphine.

 

Je rappellerai que Marguerite d'Ecosse, qui fut vivement regrettée du Dauphin, est connue par son amour pour les lettres et son admiration pour le savoir de Alain Chartier, appelé par ses contemporains le père de l'éloquence française.

 

Ce fut encore à Thouars que se fit, le 31 octobre 1479, la translation des cendres de Marguerite Marguerite Stuart  d'Écosse, première femme de Louis XI.

 

 Cette princesse avait fait ajouter à l'église de Saint-Laon de cette ville, une chapelle qu'elle avait destinée à sa sépulture.

Janvier 1447 Lettres d’amortissement, en faveur de l’abbaye de Saint-Laon de Thouars, d’une rente annuelle de 200 livres donnée par feu Marguerite d’Ecosse, femme du dauphin Louis, pour la fondation d’une chapelle dans ledit monastère.

  • B AN JJ. 178, n° 111, fol. 72
  • a P. Guérin, Archives historiques du Poitou, 29, p. 404-408

D'après a.

Karolus, etc. Ad perpetuam rei memoriam. Preclari meriti opus haud dubium agere credimus, si his que divini cultus augmentum concernunt et Christi fidelium pia vota exequntur, regie liberalitatis gratiam impartimur.

Sane pro parte dilectorum nostrorum Nicolai, abbatis moderni, atque conventus monasterii Sancti Launi de Thoarcio (6), ordinis Sancti Augustini, Pictavensis dyocesis, nobis extitit nuper expositum quod deffuncta carissima filia nostra, carissima Margareta, quondam serenissimi principis fratris, consanguinei et confederati nostri Jacobi, Scotorum regis, primogenita, uxorque, dum ageret in humanis, precarissimi primogeniti nostri Ludovici, delphini Viennensis, pio laudabilique ducta proposito ac de salute sua cogitans, ad omnipotentis Dei gloriam et laudem, ac in honorem gloriose virginis Marie, cappellaniam seu cappellam quamdam in monasterio predicto extrui et edificari atque vocabulo Dominici Sepulcri ordinavit appellari, instituitque preterea ut qualibet die dominica missa de ipsa Virgine beatissima alta voce decentique ritu per religiosos antedictos, vita sua durante, et post ejus obitum, cessante illa missa, alia pro deffunctis per generalem ecclesie institucionem dici consueta, cum ministerio dyaconi atque subdyaconi, qualibet die lune, pro remedio ac salute anime sue suorumque predecessorum perpetuo haberet celebrari.

Ordinavit insuper quod eisdem anno et die quibus genitor suus ab hac luce subtractus est, anniversarium solenne cum tedis et cereis atque campanarum assueto sonitu perpetuis ibidem fieret temporibus.

Pro cujus quidem cappelle structura perfectiorique debito et missarum atque anniversarie commemoracionis prefatis fundacione dotacioneque perneccessariis, quarum admortizationem  oportunam eadem filia procurare promiserat, iidem abbas et conventus à prenominata filia certum pignus valoris seu extimacionis sexcentorum aureorum (7) usualium tunc temporis receperunt.

Quorum pars una in explemento ipsius edifficii, reliqua vero in fundacione dotacioneque predictis deberet converti. Postmodum vero ipsa filia morte immatura prerepta, ejus pia intencio, prout superius declaratum est, nequivit adimpleri, quamquam iidem exponentes divini cultus obsequium modo pretacto actenus continuaverint, supplicantes humiliter per nos super his provisione oportuna graciosaque sibi provideri.

Hinc est quod nos, premissis consideratis, desiderantes divinum cultum semper adaugeri, ac ipsius filie salubrem intencionem effectum plenarium sortiri, contemplacione eciam inite pridem affinitatis ac regie prosapie, utque preterea nos ac successores nostri hujus modi spiritualium bonorum participes imposterum efficiamur, habita quoque consilii nostri deliberacione matura, eisdem abbati et conventui ut ducentas libras Turonensium annui et perpetui redditus per eosdem acquisitas aut acquirendas, simul vel successive, ad fundacionem et dotacionem sepedictas et missarum anniversariique solennium atque ceterorum predeclaratorum debitum complementum, possint et valeant habere ac retinere, et perpetuo, tanquam rem suam propriam ecclesiasticam, possidere, absque eo quod eas extra manus suas ponere teneantur, nec quod ad hoc de cetero cogi possint quoquomodo, ex nostra certa scientia, auctoritate regia, potestatis plenitudine et gratia speciali concessimus atque concedimus per presentes, solvendo tamen semel per eosdem abbatem et conventum, nobis aut successoribus nostris, moderatam propter hoc financiam.

Quocirca tenore presentium damus in mandatis dilectis et fidelibus gentibus camere compotorum nostrorum atque thesaurariis, senescallo Pictavie, ceterisque justiciariis et officiariis nostris, aut eorum loca tenentibus, presentibus et futuris, et eorum cuilibet, prout ad eum pertinuerit, quatinus prenominatos abbatem et conventum, ac eorum successores, nostris presentibus gratia atque concessione uti et gaudere plene, libere atque pacifice faciant et permittant, nullum impedimentum, vexacionem aut disturbium super his sibi prestando, faciendo, aut a quoquam prestari vel fieri deinceps permittendo.

 Quoniam sic fieri volumus, statutis ac editis in contrarium non obstantibus quibuscumque. Quod ut firmum et stabile perpetuo perseveret, nostrum litteris presentibus fecimus apponi sigillum.

Nostros in aliis et alieno in omnibus jure semper salvo.

Datum in Montiliis prope Turonis, mense januarii anno Domini millesimo ccccmo xlvito, regni vero nostri xxvto.

Sic signatas : Per regem, vobis, comite Ebroicensi (8), domino de Precigniaco (9), magistro Johanne Burelli (10) et aliis presentibus. Giraudeau. — Visa. Contentor. P. Le Picart.

Trente-quatre ans après, Nicolas Gadart, abbé de Saint-Laon, fut chargé de mettre à exécution les dernières volontés de la dauphine.

Il partit de Thouars, le 19 octobre 1479, accompagné de ses chanoines, et de vingt gentilshommes.

Le corbillard qui transporta le cercueil, était revêtu de drap d'or - il fut traîné par six chevaux couverts de velours noir.

Il fut alors transporté à l’abbaye de Saint-Laon de Thouars, et y fut inhumé le dimanche 14 novembre suivant, dans un tombeau, à droite de la chapelle de la Vierge.

 

Ce fait était rappelé dans l’épitaphe de l’abbé Nicolas Lecocq :

« Hic jacet Nicolaus, miseratione divina abbas hujus regalis monasterii, qui dum vixit, anno scilicet 1479, Margaritam, Jacobi regis Scotorum filiam, Ludovici XI, dum esset delphinus Viennensis, uxorem, sepelivit in capella Sepulcri Domini nostri J.-C. à se ædificata, ultimus regularium abbas. » (Gall. christ., loc. cit.)

 

Quelques mois après cette translation, Louis XI éprouva une première attaque d'apoplexie auprès de Chinon.

Dès que la connaissance lui revint, il - fit signe que l'on me mandât, dit Comines, car j'étais allé à Argenton, qui est à quelques dix lieues de là.

Cette maladie ne dura qu'environ quinze jours.

Histoire de la ville de Niort, depuis son origine jusqu'au règne de Louis-Philippe Ier... : avec une biographie des notabilités de cette portion de la France. Tome 1 / par Hilaire-Alexandre Briquet,...

Autour de Louis XI / par Joseph Calmette

 

Le seigneur de Bazoges-en-Pareds ambassadeur auprès de Jacques Ier Stuart d'Écosse pour le mariage de Marguerite et de Louis XI <==

 1478 Philippe de Commynes, seigneur d'Argenton, reçoit Louis XI dans son château d'Argenton. (chapelle Saint-Georges) <==

==> REVENDICATION DE LA SAINTONGE PAR JACQUES II, ROI D'ÉCOSSE, BEAU-FRÈRE DE LOUIS XI.


 

  1. Jean Stuart, comte d’Aubigny, connétable d’Écosse, à qui Charles VII avait fait don du comté d’Evreux, par lettres de janvier 1427, était mort au service du roi, le 12 février 1429. Le comté avait alors fait retour au domaine.

 (2) Une miniature, reproduite par CHAMPION, I, pl. V (d'après Bibliothèque Nationale, Fonds français, 2691, fol. 93) représente l'entrée de Marguerite à Tours.

«Entrée de Madame la Dauphine Marguerite Stuart femme de Louis Dauphin de France, depuis le Roy Louis XI a Tours en Juin 1436. Suivie de Madame de la Roche & de plusieurs autrs Dames. Les Sgrs de Maillé & de Gamache estant a pied prirent sa haquenée des deux costez à l'entrée de la Ville & la conduisirent jusqu'au Chasteau ou estant descendue Mr de Vendosme & un Comte d'Escosse...» [BnF, Est. RESERVE Oa-14-Fol., Fol. 8. Bouchot, 531] -- Copie de Chroniques du roi Charles VII Ms Fr 2691 f°103

Les dames qui suivent la princesse portent la même coiffure à haute pointe. (Sur cette mode persistante autant qu'absurde malgré ses variations, voir Chute et relèvement de la France, p. 36).

Le manteau de la princesse lui descend plus bas que les pieds et couvre en partie la monture.

(3) Les lettres délivrées par l'archevêque de Tours à ce sujet ont été enregistrées par le Parlement de Poitiers (DUCLOS, Hist. de Louis XI, III, 3-7).

(4) Les seigneurs écossais, venus avec leur princesse, furent renvoyés dans leur pays avec des cadeaux. Il ne resta auprès de Marguerite, pour lui rappeler le royaume paternel, que quelques rares compatriotes : Jean Othart, sa femme Isabeau d'Abrenate, Jeanne Veynis et deux autres personnes de service.

Joachim Girard, Chevalier, seigneur de Bazoges et de Mairé, fut reçu écuyer d’écurie de Mme la Dauphine le 4 août 1436, sur la résignation de son père, et partageait avec sa sœur Marie, le 29 nov. 1437, les biens de Bernard Girard, leur frère, décédé sans enfants.

 Joachim fut, conjointement avec son père, gouverneur de Saint- Michel-en-l’Herm par commission du 30 nov. 1446, bailli du grand fief d’Aunis à la place de son père par lettres du 31 juil. de la même année, écuyer d’écurie de la reine par lettres du 11 avril 1449, panetier, conseiller et maître d'hôtel du roi, en considération de ses services.

Il reçut le 3 août 1464 les foi et hommage lige que Louis Martineau, Chev., sgr de la Roche-du-Maine, lui devait à cause de la seigneurie de Mairé, et racheta en partie la rente de 100 livres que Regnaud, son père, avait constituée en faveur de Marie sa fille, sœur dudit Joachim, lors de son mariage avec François Chenin.

 Il avait épousé Catherine de Montberon, fille de François, Baron de Montberon, et de Louise de Clermont, et était décédé vers 1474, ayant eu :

 

-          1° Jean II, Chevalier, seigneur de Bazoges, passa revue comme homme d’armes a lance garnie de 2 cuteliers et de 2 archers, le 12 mars 1469. Il reçut ordre de Jean de Brosse, Comte de Penthièvre, lieutenant général du roi en Poitou, de fortifier et garder ses châteaux de Bazôges et de Moric par lettres du 12 mai 1472. Il fut fait panetier du roi par lettres du 4 janv. 1470, maître d’hôtel du roi par lettres du 14 sept. 1472. Il était décédé dès le 24 janv. 1479, sans enfants de Jeanne de MARAFIN. Commanditaire de la chapelle de l’église Notre-Dame de l’Assomption de Bazoges-en-Pareds, laisse un écu visible sur la clé de voûte.

-          2° Joachim, qui suit ;

-          3° Louis, Ec., sgr de Chevenon, fut compris avec Jacques, son frère, dans le rôle des nobles qui comparurent le 12 janv. 1503 devant Erard de Digoine, Chev , sgr de St Gratian, et Jean Bardin, Chev., sgr de Herry, commissaires députés par le roi pour la levée des ban et arrière-ban du pays de Nivernais. Il épousa Marie de la Platière, dont il eut postérité qui s’éteignit dans son arrière-petit-fils Paul ;

-          4° Catherine, filleule de Madame de Bretagne;

-          5° Louise, femme de Antoine de Rochefort, Chev., sgr de Chastillon ;

-           6° Jacques, Ec., sgr de Pacy, Chesaut, Bossa ? chambellan du duc de Nevers, épousa : 1° le 4 oct. 1483 Marie Barbin, de la Rochelle, veuve de Jean de la Folye ; 2° le 18 déc. 1493, Claude de Ferrières, veuve de Jean Pioche, Ec., sgr d’Aunay, et fille de Jean, Chev., sgr de Presle, et de Marguerite, bâtarde et légitimée de Bourbon ; 3° le 24 sept. 1498, Françoise de Blanchefort, veuve de Jean, bâtard du Maine, et fille de Jean, sgr de St -Janvrain, maire de Bordeaux, et de Andrée de Noroy. De ce Jacques sont sorties plusieurs branches établies dans le Midi, dont les Comtes de Villetaneuse.

 

(5) C'était un fils de ce Bernard VII d'Armagnac, connétable de France, qui avait joué un rôle capital dans les guerres civiles du règne de Charles VI et avait été tué par les Bourguignons à Paris en 1418 (Chute et relèvement de la France, p. 103).

(6)   L’abbé de Saint-Laon de Thouars, Nicolas Lecocq (quelquefois nommé Leroy), avait succédé depuis peu de temps à Nicolas Gadart (et non Gadieu ou Godier, comme l’appelle la Gallia christ., t. II, col. 1345), ce dernier mentionné dans des actes de 1430, 1436 et 1444, dans ces deux derniers absque cognomine.

Nicolas II gouvernait l’abbaye en 1446 et est assez fréquemment cité dans les textes entre cette date et le 14 janvier 1481.

L’abbaye de Saint-Laon était en procès, le 3 juillet 1380, contre l’abbé de la Trinité de Mauléon, au sujet du prieuré de Beaulieu. (Permission de conclure un accord. X1a 29, fol. 76.)

A la date du 27 mai 1419, les registres du Parlement de Poitiers contiennent un long arrêt rendu entre les Frères prêcheurs de Thouars et Saint-Laon. (X1a 9190, fol. 59.) L’abbé Nicolas Lecocq poursuivit au criminel un nommé Nicolas Morin, praticien en cour laie. (Actes des 10 décembre 1467, 22 avril et 11 août 1468, X2a 35.)

Rappelons aussi que le 17 juillet 1447, Louis d’Amboise, vicomte de Thouars, fit élection de sépulture dans l’église de cette abbaye et y fonda un service et des messes. (Coll. dom Fonteneau, d’après le chartrier de Thouars, t. XXVI, p. 399.)

(7)   Ce gage consistait en un Livre d’heures de Notre-Dame richement enluminé, que Marguerite avait mis en dépôt entre les mains de l’abbé, et qui fut rendu au roi Charles VII, l’an 1459.

Nicolas Gadart, le prédécesseur immédiat de l’abbé Nicolas Lecocq, avait fait commencer les travaux de la chapelle, avant d’avoir reçu la somme promise, mais ils restèrent longtemps en suspens.

Par lettres données en chapitre le 25 septembre 1459, l’abbé et les religieux de Saint-Laon prirent l’engagement de continuer et d’achever cet édifice, qui, suivant l’intention de la fondatrice, devait être sous le vocable du Saint-Sépulcre et reproduire le tombeau de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et de célébrer le service anniversaire de la dauphine et les messes tous les lundis de l’année. Dans cet acte sont rappelées les présentes lettres d’amortissement. (Original scellé de deux sceaux, celui de l’abbé et celui du monastère, Arch. nat., J. 467, n° 104.)

A cet engagement est annexée une quittance de l’abbé Nicolas II, en date du 18 novembre 1459. Il reconnaît avoir reçu, ce jour, de Mathieu Beauvarlet, notaire et secrétaire du roi, commis à la recette générale des finances, la somme de 825 livres tournois, pour 600 écus d’or que feu Mme la dauphine nous donna en son vivant pour fonder en notre église, pour le salut de son âme, une messe chaque lundi de l’année, un Ne recorderis à l’issue de ladite messe, et un anniversaire perpétuel pour le roi d’Écosse son père, « pour seurté de laquelle somme elle nous bailla en depost certaines heures bien riches qu’elle avoit, lesquelles nous avons rendues au roy. » (Original scellé, id., n° 104 bis.)

(8) Quand la ville d’Evreux fut reprise sur les Anglais, le 15 septembre 1441, Pierre de Brézé reçut de Charles VII le titre de comte d’Evreux, suivant M. de Beaucourt (Hist. de Charles VII, t. III, p. 292.) C’est donc lui qui est désigné ainsi en cet endroit.

(9) Bertrand de Beauvau, sr de Pressigny (ci-dessus, p. 273, note 3).

(10) Jean Bureau (ci-dessus, p. 172, note 3).