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PHystorique- Les Portes du Temps
16 août 2022

16-17 aout 1789 L’émeute dans la Région de Fontenay le Comte, attaque contre le Château de Chassenon

16-17 aout 1789 L’émeute dans la Région de Fontenay le Comte, attaque contre le Château de Chassenon

Le 22 juillet 1789, les habitants du Poitou se levèrent ex masse pour combattre. La postérité recherchera sans doute avec soin ce qui mit à cette époque la France en mouvement.

On répandit partout, au même moment, qu'une armée de brigands allait égorger les habitants des campagnes partout on courut aux armes et, ce qu'il y a de singulier, c'est que cette nouvelle était annoncée par les intendants des provinces.

On a dit que ces prétendus brigands étaient annoncés par ceux qui voulaient enrayer le peuple, lui faire attribuer ses malheurs à l'Assemblée nationale, et lui faire rappeler en province les députés.

Ce qui est sûr, c'est que Guillaume V avait eu recours au pillage pour détruire la liberté de la Hollande et y établir le despotisme. Peut-être que la cour voulait suivre son exemple.

Paris était plein d'hommes de cette espèce, lorsque la Garde nationale se forma.

D'autres ont pensé que ces bruits de brigands venaient de l'Assemblée nationale, qui voulait savoir si le peuple était disposé à se défendre en prenant les armes comme avait fait Paris (1)

 

Cependant l'émotion générale ne tourna pas, dans le Bas-Poitou, comme en Bretagne, en attaques contre les châteaux.

Aucun ne fut brûlé sur le territoire de la future Vendée. L'abolition des droits féodaux et des privilèges provoqua le plus vif enthousiasme dans la Plaine et particulièrement aux environs des abbayes.

La municipalité de Luçon, rendue populaire, fut des premières à féliciter l'Assemblée nationale de ses décrets de la nuit du 4 août, avec le corps des officiers des gardes-côtes du Marais.

Furent ensuite expédiées les adresses de la ville de Montaigu, du Tiers Ordre de Bressuire, de l'île de Bouin, de Châtillon-sur-Sèvre, des deux Pouzauges, de Mouchamp, de la Garnache, etc. (2)

 

L'ÉMEUTE DE FONTENAY-LE-COMTE

Les seuls troubles qui alors se produisirent et furent, d'ailleurs, étouffés par la levée spontanée des gardes nationales eurent pour cause la crainte de la famine.

Déjà, au moment des élections, la population des Sables-d'Olonne s'était soulevée contre un embarquement de blé fait par un négociant de Saint-Gilles à destination de Bordeaux.

Le 24 mars, la mairie avait été obligée « afin d'empêcher des difficultés plus grandes », de demander aux autorités supérieures « l'autorisation d'acheter ce chargement » (3)

A Fontenay-le-Comte, dans la nuit du 9 au 10 août, une foule d'hommes, de femmes et d'enfants se précipita dans la rue Fontaine, et saccagea la maison du sénéchal Savary de Beauregard, accusé d'accaparement.

Le magistrat s'échappa par les toits.

Ensuite fut attaquée la boulangerie de Reverseau, réputé son complice (4). Le boulanger essaya de résister; il tira un coup de fusil, dont un enfant fut tué.

 Le peuple exaspéré allait mettre le feu aux halles quand intervinrent une compagnie du régiment de Lorraine et la maréchaussée.

Les jeunes bourgeois, parmi lesquels se fit remarquer le futur général Belliard (5), se réunirent en garde urbaine. Ils se mirent à la disposition du « Comité de pacification » qui s'était substitué provisoirement au Corps de ville.

Sur le bruit qu'une troupe de brigands parcourait les campagnes voisines et que le comte d'Artois, fugitif de Paris, se trouvait dans le château d'Antoine-Anthime de Walsh (6) une expédition fut faite à Chassenon.

16-17 aout 1789 L’émeute dans la Région de Fontenay le Comte, attaque contre le Château de Chassenon

On n'y trouva rien « qu'un bon repas et s’en retournent vers les dix heures du soir (7)

 

 

Au combat de La Fougereuse, le 1 er juin 1793, le gendarme Derudder est frappé

 

 Saumur, le dimanche 2 juin 1793, an II de la République française.

Aux citoyens administrateurs du Département de Paris.

Citoyens collègues, Nous allons vous donner les détails que nous vous avons promis dans notre dernière lettre, relativement à l'affaire qui a eu lieu à La Fougereuse, dont l'expédition a été commandée par le général Salomon.

Me trouvant à la commission centrale des députés au moment où l'on interrogeait les corps administratifs de Thouars sur la reddition de cette place, le général Menou, qui y était aussi, me communiqua la lettre qu'il venait de recevoir du général Ligonier, ainsi que copie de celle du général Salomon audit sieur Ligonier.

Salomon écrivait à ce dernier que s'étant transporté à La Fougereuse, au-delà de Thouars, il était entré dans le château, avait tué cent rebelles et fait quatre prisonniers, et n'avait eu que sept des siens blessés.

 Qu'il leur avait pris en outre une très grande quantité de bœufs et d'autres objets très utiles; enfin qu'il était content de sa prise; que néanmoins il avait pris ses mesures, en cas qu'il ne réussît pas dans son expédition; qu'il avait fait placer une partie de l'armée hors de Thouars, et avait consigné, dans la ville, la garnison, et qu'en cas d'évènemens, il s'était ménagé les moyens de se reployer sur Montreuil; mais qu'heureusement il n'avait eu besoin de toutes ces dispositions; ainsi, encore une fois, nous avons frotté ces brigands.

Il passe continuellement des troupes par Saumur qui garnissent Doué, Montreuil, Thouars, le Puy-Notre-Dame; mais nous n'avons vu encore aucun bataillon de Paris, on les fait passer du côté de Niort; c'était bien là vraiment le poste important pour couper aux rebelles toute communication avec la mer; il ne manque plus de nos côtés que quelques bataillons dont nous avons grand besoin.

Nous avons vu interroger, à la commission centrale, le président du district de Thouars, ainsi que le procureur-syndic ; nous vous avouerons que leurs réponses sont celles d'hommes lâches, si on ne veut pas dire traîtres; car si ces magistrats eussent fait leur devoir; cette ville n'aurait pas été livrée aux brigands, qui n'avaient pas même assez de monde pour la garder, puisqu'ils l'ont évacuée quelques jours après.

Deux fois le drapeau blanc avait été arboré; la première fois trois braves Marseillais l'arrachèrent et le déchirèrent: c'était le juge de paix qui l'avait placé; la seconde fois on l'arbora au-dessus de la prison.

Afin qu'on ne pût l'arracher, Quetineau, ce général détenu dans la citadelle de Saumur, disait aux corps administratifs de Thouars que, sur quatre mille hommes qu'il avait, il ne pouvait compter que sur sept cents, qu'ainsi il fallait se rendre ou se voir égorger.

Le président du district a déclara qu'ils avaient été obligés de se rendre parce que les Marseillais avaient refusé de se battre, tandis que ces braves républicains se sont tous fait hacher plutôt que de céder.

Le procureur-syndic a déclaré, dans son interrogatoire, que lorsque le général Quetineau se présenta la seconde fois à l'administration pour presser la reddition de la place, le présidera du district, désespéré d'être réduit à cette extrémité, demanda au général un pistolet, qu'aussitôt le général le lui donna, mais qu'il ne s'en brûla point la cervelle, attendu qu'un de ses collègues l'en empêcha.

Si dans la reddition de cette place il n'y a pas eu de trahison, ce qu'on ne croira pas aisément, il y a eu du moins bien de la lâcheté, et de la part du général et de la part des autorités constituées ; la commission départementale qui y était avait quitté aussi son poste.

La république est bien gérée par de pareils agens ! pour avoir des places ils jurent de mourir à leur poste; quand ils y sont, et que l'occasion se présente de montrer de la fermeté, du courage, et de périr plutôt que de trahir la cause de la liberté, il n'y a plus de sermens.

A Cela ne tienne, la liberté ne dépend pas tout-à-fait de ces êtres pusillanimes; elle dépend du peuple, et le peuple, qui est partout le même, la veut efficacement.

On nous communique à l'instant une lettre adressée au citoyen Minier, commissaire du Conseil exécutif, par laquelle on nous annonce que le tocsin a sonné à Paris et que le canon d'alarme a été tiré; nous attendons là-dessus votre lettre qui nous instruira de tout.

Nous partageons vos veilles, vos travaux, vos peines et vos sollicitudes.

Je vous prie de faire remettre très promptement à leur adresse la lettre ci-incluse, car j'attends, par le même courrier, des réponses; s'il est possible, donnez-nous la vôtre par le courrier.

MOMORO, commissaire national.

DAMESME, commissaire national.

 

P. S. Lachevardière et Minier vont sans doute vous écrire.

 

 

 

 

Saumur, le mardi 4 juin 1793, l’an II de la République française.

 

Aux citoyens administrateurs du Département de Paris.

Citoyens collègues,

 En attendant les nouvelles que nous vous avons demandées par le courrier extraordinaire qui a été envoyé dimanche à Paris par la commission centrale, nous allons vous donner quelques détails nouveaux sur l'affaire de La Fougereuse, du Ier juin.

Dans le moment de l'action, un jeune tambour, âgé de douze ans, eut son père, gendarme de la trente-cinquième division, tué près de lui : sans s'émouvoir il s'en approche, lui ôte ses pistolets, sa montre et ses assignats, et ensuite bat la charge.

 Le général Salomon, Instruit de ce fait, a appelé le lendemain à sa table ce jeune tambour, et lui a témoigné toute l'estime qu'il faisait de lui et de ce qu'il promettait.

Un jeune homme, aide-de-camp du général Salomon, eut sous lui deux chevaux de tués, reçut un coup de sabre au corps, une balle au visage, et malgré l'état où il devait être, il ne voulut pas permettre qu'un autre que lui apportât la nouvelle de cette victoire aux députés de la Convention composant la commission-centrale à Saumur, lesquels, en reconnaissance de ce que lui devait la patrie, s'occupèrent sur-le-champ de lui faire donner un autre cheval au nom de la république.

Le lieutenant-colonel de la légion germanique, nommé Hébert, s'est aussi beaucoup distingué; il a été grièvement blessé.

Les rebelles étaient au nombre de six cents, retranchés dans le château; mais leur armée, composée de près de huit mille hommes, était près de là.

Nous n'étions que douze cents; après une vigoureuse résistance, les brigands prirent la fuite ; nous en tuâmes près de cent, délivrâmes deux patriotes prisonniers, en fimes quelques autres, entre autres trois particuliers qui étaient dans le château, en robe de chambre, et qui s'y faisaient soigner des blessures qu'ils avaient reçues; ils nous parurent être des ci-devant, à en juger par leur peau blanche et leur beau linge; il y en avait un quatrième qui fut tué.

Nous eûmes un gendarme et un dragon de tués, huit hommes de blessés; la troupe, composée de gendarmes, soldats de ligne et gardes nationaux, venant de l'armée du Nord, ainsi que la cavalerie, se montrèrent tous d'un accord si parfait, qu'on eût cru que c'était un seul bataillon.

On évalue la prise à deux cent cinquante mille francs, tant en fourrage, vivres, que bestiaux, sans compter ce que les soldats eurent de leur côté; on prit de la porcelaine, ainsi que beaucoup de linge d'homme et de femme.

Aujourd'hui mercredi, 5 juin, il a été envoyé, à l’administration de Saumur, une lettre adressée à l'armée patriote de Thouars, par les chefs des rebelles, pour lui enjoindre de mettre bas les armes, et se réunir à eux à l'effet de soutenir sur le trône Louis XVII, ce tendre rejeton de Henri IV et des Bourbons, et en se disculpant du titre de brigands que nous leur avons déféré.

A cette lettre était jointe une proclamation, imprimée en grand papier, à deux colonnes, et sans nom d'imprimeur, au nom du roi Louis XVII et des chefs de l'armée catholique, au peuple français; la lettre et la proclamation signées des chefs de l'armée catholique, savoir :

Lescure, Larochejacquelin, Langrenière, Bonvolliers, le chevalier de Bonvolliers et autres.

Ces pièces ont été remises à la commission centrale.

Le 17 juin 1793, à la Convention, un adolescent de 14 ans, Derudder, se présente à la barre avec sa mère et relate comment il vengea son père assassiné par un rebelle vendéen « dans l’affaire de la Fougereuse », en réussissant à abattre le meurtrier.

 Sur proposition de Legendre, la Convention adopta le jeune homme orphelin de père. « Robespierre demande une récompense pour la mère et pour l’enfant qui est embrassé par le président ».

 Suite à l’intervention de Robespierre un secours provisoire à la famille de mille livres est votée. (Convention, 27 juin 1793. Archives Parlementaires, LXVII-67, 603.)

 

LE RETOUR AU PAYS En 1789 Par le vicomte WALSH

Depuis mon départ de Septfonts j'avais pris la douce habitude de recevoir des lettres de M. et madame de Fougereuse, et c’était devenu pour moi un bonheur que de leur écrire.

Ma position de fortune m’avait forcé de chercher un emploi rétribué. Ne voulant pas le tenir du gouvernement, moi, qui avais rêvé la vie de campagne, je fus obligé de quitter le Poitou et de me rendre à Paris pour y vivre d’une triste et prosaïque existence.

Il y avait près d’un an que je n’étais plus dans ma province et que j'étais devenu cependant de volontés supérieures, quand, un matin, en me rendant à mon bureau, je lus dans un café ou je déjeunais d’habitude, les lignes suivantes dans un journal fort accrédité alors.

« Un gentilhomme de la Vendée, émigré rentré, le marquis de Fougereuse, a été arrêté la semaine dernière avec deux autres partisans des Bourbons.

Tous les trois viennent d’être jugés, condamnés à mort et exécutés à Saint-Brieuc.

La justice a dû être rapide et sévère car un soulèvement de paysans allait éclater. Ces partisans d'un ordre de choses dont la France ne veut plus ont été pris les armes à la main et faisant un appel aux populations bretonnes et vendéennes si longtemps égarées.

 Je ne chercherai point à redire ce que j’éprouvai à la lecture de ce journal. Quitte à perdre la chétive position que des parents et des amis m’avaient procurée, mon premier mouvement fut de vouloir partir pour le Poitou, et de me rendre auprès de madame de Fougereuse que j’aimais Comme une mère.

Je courus à la police demander un passeport : là on me dit que j’étais un émigré rentré, que les notes que la police avait sur moi, sur ma famille, sur mes amis, me rendaient suspect et que si je sortais des barrières de Paris je serais arrêté...

 Je ne tins compte de cette menace, et résolu à me rendre n’importe comment au château de Septfonts je m’étais mis en route.

 Ce que l’homme de la police m’avait promis se réalisa. A Chartres je fus arrêté et ramené à Paris où je passai deux mois au Temple.

 Compromis par des lettres que j’avais écrites au marquis de Fougereuse, et qui furent saisies dans une visite domiciliaire faite à Septfonts, je fus mis au secret, et pendant tout le temps que durèrent sur mon compte les soupçons de la police, je ne reçus aucune nouvelle de la veuve du noble émigré qui venait de périr, victime de son courageux dévoûment.

Parmi toutes les tortures de la vie, il n’en existe pas une plus cruelle que celle du secret.

 Madame de Fougereuse ne recevant pas un mot de moi, ne me voyant pas accourir près d’elle pour partager sa douleur et peut-être les persécutions qu’on allait lui faire souffrir, qu'allait-elle penser de moi.

 Perdre sa liberté, oh ! c’est beaucoup sans doute ; mais perdre l’amitié, l’estime de ceux qui nous aimaient et que nous chérissons, oh ! c'est plus encore….

 Jamais, jamais, je ne pourrai redire ce que j’endurai dans le complet isolement ou me tinrent mes geôliers pendant plus de six semaines... et quand je pus savoir quelque chose de la femme que j’aimais presque autant que ma mère, voici ce que j’appris

ici je cesse de raconter

Ce qui suit a été écrit par cette fidele Marianne, femme de chambre de la marquise de Fougereuse, que j’avais connue à Londres, et que j’avais retrouvée à mon arrivée au château de Septfonts

 « Juillet 1800

« Quelque temps après ma visite au château de Septfonts, les deux etrangers qui étaient venus voir M. le marquis pendant son séjour au château, sont revenus. Ils y ont passé trois ou quatre jours. Les gendarmes les ont beaucoup interrogés et tracassés pour leurs passeports. Mes maîtres ont soupçonné quel acquéreur Rancoche, qui rode bien souvent autour de l’ancien parc, espionne tout ce qui se fait chez eux, et que c’est lui qui est allé prévenir les gendarmes, qui aiment monsieur le marquis et madame la marquise comme tous les autres habitants du pays. Toutes ces vexations irritent M. le marquis. Il dit que si elles devaient continuer il aimerait mieux quitter une seconde fois la France. »

 « 25 Août 1800

Mon excellent maître est parti hier. En montant à cheval il a bien promis d’être de retour avant six semaines. Madame et mademoiselle ont beaucoup pleuré, et il a eu bien de la peine à s’arracher de leurs bras. Avant de partir il est allé voir Jacques, dont la paralysie n’a fait qu’augmenter, et en lui serrant la main, lui a dit : « Si tu était dispos et agile comme autrefois, je t'aurais emmené avec moi... » «Je ne sais si Monsieur le marquis a dit à Madame l’endroit où il se rend... Mais M. le curé ne le sait pas plus que moi. Madame ne fait que prier et pleurer. »

« 16 Septembre 1800

« Nous n’avons reçu qu’une lettre de Monsieur, celle qui est arrivée cinq jours après son départ. Depuis celle-là, aucune n’est venue. Madame est d’une inquiétude extrême. Sa santé ne pourra résister. »

« 3 novembre 1800

« Quel jour des trépassés. Oh ! mon Dieu que les morts sont heureux dans leurs tombes ! Hier, nous devions aller à l’office à l’église, et puis au cimetière prier pour les devanciers de mes maîtres dont les restes y ont été portés en 1793 ; nous avions encore les yeux tout rouges des larmes que nous y avons versées, quand nous vîmes beaucoup de monde rassemblé dans la cour du château ; par dessus les têtes des paysans nous aperçûmes des gendarmes montés sur leurs chevaux, et un officier, qui parlait avec le citoyen Rancoche, s’avanca au devant de madame la marquise et lui dit :

« Voici un ordre du gouvernement qui vous concerne.

« — Quel ordre. Monsieur ? demanda ma pauvre et tremblante maîtresse

« — Vous allez le savoir... Venez avec moi. et je vous dirai tout.

« Alors, Madame, tenant sa fille par la main, monta sur les marches du perron et entra dans le vestibule avec l’officier.

Je les avais suivies. Très émue, madame la marquise s'était assise sur un des sièges et avait fait signe au gendarme de s’asseoir : mais celui-ci se tenant debout devant elle, lui dit :

 « — Vous savez la condamnation de ….

« — De qui ? s’écria ma maîtresse.

« — De votre mari.

« —De mon mari ! et condamné comme quoi ?

« — Comme traître à la patrie,

« — Expliquez-vous ; je ne vous comprends pas.

« —Vous comprendrez mieux ceci, dit l'officier ; et, disant ces mots, il donna à Madame le numéro du Moniteur qui contenait la nouvelle de l’arrestation, du jugement et de la condamnation du marquis de Fougereuse...

Après avoir, avec une inexprimable angoisse, parcouru des yeux le passage du journal que le gendarme lui avait indiqué, ma maîtresse poussa un grand cri et tomba à la renverse, dans d’affreuses convulsions.

« Pendant que, penchée sur elle, je cherchais à la faire reprendre ses sens, M . Rancoche s’approcha de moi, et me dit :

« Dépêchez-vous de la faire revenir à elle, car il faut que dès aujourd’hui elle, sa fille, vous, et le vieux paralytique, vous déguerpissiez tous d’ici.»

Si, a cet instant, Madame n’avait pas rouvert les yeux, j’aurais accablé d’injures et de malédictions le barbare qui avait si inhumainemens appris à une faible femme la mort de son mari.

« Mais, au lieu de me mettre à maudire le révolutionnaire, je ne pensai qu’à con- soler et à soigner ma maîtresse... Elle avait tout lu, elle savait tout, je n’avais plus rien à lui apprendre... Je me trompe ; il me restait encore à lui révéler l’ordre de quitter le seul asile qui lui restait au monde.

« Avec une sorte de tranquillité, elle se rassit sur le siège d’où elle était tombée, et, les mains jointes, posées sur les genoux, la tête levée, ses longs cheveux rejetés en arrière, les yeux gonflés de pleurs et fixés sur l’officier qui était resté en face d’elle, elle lui dit : « Monsieur, je suis calme ; maintenant remplissez votre mission tout entière. Vous m’avez appris l’arrestation, le jugement, la condamnation, l’exécution de M. de Fougereuse... Avez-vous quelque chose de plus à me dire ?

« L’officier hésitait... Rancoche s’écria : « Allez-vous avoir de la pitié pour cette brigande? Apprenez-lui donc tout. »

« Eh bien ! Madame, ajouta l’homme, qui aurait peut-être été compatissant s’il n’avait pas en peur, vous le savez, c’était par tolérance que le gouvernement, à la sollicitation du directeur Barras, avait laissé M. de Fougeureuse et sa famille habiter ce château, séquestré par la nation... Mais votre mari s’étant montre indigne de la protection de l’ex-directeur de la république, à partir d’aujourd’hui, il vous est interdit de demeurer davantage dans une propriété nationale.

Faites donc, Madame, tous vos préparatifs pour obéir à l’ordre que voici ; » et l’officier, en prononçant ces mots, lui remit un papier. Elle en lut le contenu, et dit : « Mais c’est une horrible injustice ! Ce château n’est pas vendu, la nation n’a pas prononcé s’il doit être enlevé à la famille de M. de Fougereuse. Ce domaine n’est que sous le séquestre... Ma fille et moi nous n’avons pas un autre abri en France... »

 «— En conspirant contre la patrie, votre mari a prouvé qu’il était indigné d’en avoir un sur le sol français... »

« Depuis quelques instents mademoiselle Louise n’était plus auprès de sa mère ; sans qu’elle l’eût vu sortir, elle était descendue tout en larmes dans la cour, et avait dit aux fermiers et ouvriers rassemblés devant le château, que les patauds étaient venus annoncer la mort de son père et que maintenant ils voulaient chasser sa mère et elle de Septfonts, le seul asile qu’il leur restait maintenant.

« Il n’en fallut pas plus pour monter la tête aux paysans; déjà ils se promettaient bien entre eux de ne pas laisser partir celles qu’ils appelaient peur providence. Quelques-uns brandissent déjà leurs longs bâtons ferrés...Madame parut, tout à coup sur le balcon ; j’étais auprès d’elle.

Amène-moi Louise, me dit-elle. Et quand son enfant fut à ses côtés, elle prononça à haute voix, de manière à être entendue de tous, ces paroles :

« Mes amis, mon mari vient d’être mis à mort par les hommes du gouvernement actuel... Il n’a pas cru pouvoir détacher son cœur de la cause du bon droit, et ceux qui ont la force ont fait couler son sang ……….Vous connaissiez tous sa loyauté, sa bonté,.. Priez tous pour lui... c’est aujourd’hui que l'on prie pour les morts...

« A ces mots, tous les paysans ôtèrent leurs chapeaux, et avec les femmes et les enfants qui étaient là rassemblés, firent le signe de croix et dirent un Pater et un Ave pour le repos de l’âme de leur ancien seigneur...

« Quand cette courte prière fut achevée, Giraud, l’ancien chef de paroisse, monta sur le perron et, de là, s'écria : « A présent que nous avons prié pour notre bon maître, laisserons-nous chasser de ce château la mère des pauvres et des malheureux ? »

 « Non, non, répondirent plus de soixante voix d’hommes. L’officier de gendarmerie s’avança alors et voulut parler. Mais madame la marquise, tenant sa fille par la main, éleva la voix et dit :

«Merci, merci, mes amis; merci pour les prières que vous venez de dire pour mon mari ; merci de l’intérêt que vous prenez à nous... Mais je ne veux pas devoir un instant de plus un asile au gouvernement qui vient de répandre le noble sang’ du marquis de Fougereuse. »

 « — Si les patauds vous chassent, nous vous logerons, notre bonne maîtresse, crièrent ensemble plusieurs paysans, dont les enfants et les femmes entouraient madame la marquise, la suppliant de venir chez eux.

« Giraud était le plus riche, le plus respecté d'entre tous ces braves gens ; ce fut chez lui que ma maîtresse, mademoiselle Louise, Jacques et moi nous nous rendîmes, pleurant à la fuis la mort du marquis et le château d’où l’on nous bannissait si cruellement.»

16 Septembre 1801

« Toute sa vie, Madame m’avait répété : « Marianne, la source de toute force vient de la soumisson à la volonté de Dieu... Celui qui se résigne ne se laisse point abattre ; il a mis sa confiance dans le Seigneur, et le Seigneur lui reste, comme un ami dans son adversité. »

 Ce que ma pieuse maîtresse m’avait d’abord enseigné de parole, depuis un an elle me l’enseigne par ses exemples. Elle, si riche autrefois, si accoutumée aux aisances de la vie, s’est accoutumée du pauvre abri que ses anciens fermiers lui ont arrangé en se cotisant entre eux.

Sous le chaume comme sous les lambris de son château, elle est douce et avenante ; pleurant son mari, élevant chrétiennement sa fille et se livrant au travail de l’aiguille avec moi, elle se soumet aux décrets de la Providence et ne murmure pas.»

« 25 Septembre 1801.

« Le gouvernement vient de prendre le château de Septfonts ; il doit désormais faire partie des domaines de l’Etat ; les agents des finances viennent de signifier à ma maîtresse qu'elle doit rapporter à la caisse du receveur général de Poitiers, 2,000 fr, la république ne voulant pas avoir logé gratuitement, pendant plus de deux ans, la famille du brigand Fougereuse. »

 « Où allons-nous trouver cette somme ? Ma maîtresse a déjà vendu le peu de bijoux qu’elle avait rapportés de l’émigration.

« 2 Octobre 1801

« Giraud a dit dans le pays ce que les percepteurs demandent à madame la marquise... Entre eux, ils ont boursillé et viennent d’apporter 900 fr. a Madame... Oh! mon Dieu, je vous rends grâces de lui avoir donne tant d’amis !... Giraud m’assure que Madame et Mademoiselle ne manqueront jamais tant qu’elles resteront dans le pays... »

« 11 Octobre 1801

« Madame est fort mal... Le médecin a peu d’espoir... Elle a voulu connaître son état... Avec un grande bonté, avec beaucoup de ménagements, cet habile et brave homme lui a répondu que, sans doute, son état n’était pas sans gravité, mais qu’avec de la confiance en Dieu et en lui, elle serait bientôt guérie...

« La double confiance que vous m’ordonnez, docteur, a t-elle répondu avec un aimable sourire, je l’ai ; j’espère en la bonté de Dieu et j’ai foi dans votre savoir. »

— Nous vous tirerons de là, a repris le médecin.

— Je vous obéirai en tout, a ajouté Madame, car elle a besoin de moi. Parlant ainsi, elle avait étendu sa main sur la tête de mademoiselle Louise la pauvre enfant, tombée à genoux, fondait en larmes. »

 « 13 Octobre 1801

« La journée d’hier a été une des plus mauvaises ; les spasmes au coeur redoublent et se prolongent.

Le médecin a l’air plus triste; Madame lui a dit : «Il est temps, n’est-ce pas, d’appeler Dieu ici ?

 — Madame, a répondu le docteur, il n’est jamais trop tôt de l’appeler auprès de soi, surtout quand on souffre, »

— « C’est bien. je vous entends, demain je ferai demander au curé les secours qui soutienne et consolent. »

« Ce soir, elle a fait approcher mademoiselle Louise, elle lui a dit: « Mon enfant, je t’ai vue faire un reposoir pour la Fête-Dieu : demain, il faudra que tu me fasses un autel dans cette chambre.

Tâche d’avoir des fleurs: toi, Marianne et la mère Giraud, vous arrangerez tout aussi bien que vous le pourrez, car c’est le Dieu qui guérit et qui ressuscite qui daignera venir me visiter. »

« 14. Octobre.

«Comme elle est tranquille aujourd’hui! Dieu lui adonné une beauté de calme, de résignation et de céleste espérance. Elle avait voulu nous rassembler tous dans la pauvre chambre qu’elle habite depuis qu’elle a été chassée de son château.

Le crucifix, une petite statue de la Sainte Vierge, une image de Sainte- Marie-Madeleine ont été placés, mademoiselle Louise et moi, sur une  table en face de son lit ; nous avons mêlé à ces pieuses images, de la verdure, quelques pâles fleurs d’automne et des cierges.

 A leur lueur, elle, la malade, douce, recueillie et priant avec ferveur, un chapelet passé autour du cou, une croix sur la poitrine, nous semblait une sainte.

 

«Quand tout ce que la religion a de plus solennel, de plus imposant, et de plus sacré eut été donné à la moribonde, il y avait une paix si profonde, si pleine de calme que l’on se croyait vraiment sur chemin du ciel. Elle nous a parlé à tous, nous avons tous baisé sa main amaigrie. Elle est douce envers la douleur comme envers tout le monde. »

« Quelques lueurs d’espoir, de longues craintes nous agitent tour à tour. Nous nous tourmentons tous, excepté Madame. C’est elle qui nous console. Elle me disait, ce matin :

« Marianne, te souviens-tu de madame de Gérance, cette émigrée qui était devenue si pauvre, que lorsque son médecin lui avait fait une ordonnance, elle disait à sa fille :

— « Mon enfant, va porter cette prescription au pharmacien ; mais avant de lui commander ce que le médecin a ordonné, sache le prix ; car si c’est trop cher.il faudra bien que je m’en passe.»

« Oh ! c’était là une grande preuve de misère. En pareil circonstance, moi, ajoutait ma maîtresse, regarde je suis bien plus heureuse que la pauvre dame émigrée. Je suis chassée de chez moi, recueilli chez un fermier, et cependant on n’a rien marchandé pour moi... vois comme cette table est couverte de fioles, de potions et de liniments !..... Oh ! mes amis, bénissez Dieu avec moi de sa bonté à mon égard ! »

 

« 28 Octobre

« N’y a-t-il pas dans ces paroles de Madame toute la sublimité de la résignation chrétienne ?

 « La journée d’hier a été cruelle; elle a fait le sacrifice de sa vie, elle a béni sa fille et serré la main de tous ceux qui viennent prier, le matin et le soir, auprès de son lit. « Quand je ne prie pas, disait-elle au médecin, je me sens plus oppressée ; la prière, c’est la respiration de l'âme. » Je ne sais comment, en lui parlant hier, Giraud a prononcé le mot de la Toussaint. « Ah ! c’est vrai, a-t-elle dit, nous en approchons. » Puis regardant si sa fille était dans la chambre et voyant qu’elle n’y était pas, elle ajouta : « Mes amis, demandez à Dieu que je meure le jour des Morts. Ce jour-là on prie tant pour les trépassés que les chrétiens qui passent du monde à l’éternité, le lendemain de la Toussaint, ne restent qu’un instant dans le purgatoire. Notre sainte religion catholique, apostolique et romaine, à force de prières a fait comme un jour de pardon du jour des Morts.

« 2 Novembre 1801

« Hier, à six heures du soir, au moment où de la ferme de Giraud, nous entendions les tintements du glas des trépassés, Madame, se réveillant d’un long assoupissement, baisa la croix et la relique qu’elle porte sur sa poitrine et nous demanda des prières. On récita les plus sollennelles, les plus saisissantes de toutes celles des agonissants.

« Pas si vite ! pas si vite ! dit-elle à celui qui les récitait, » et elle demandait qu’on priât plus lentement, parce que, pour son âme pieuse et croyante, la prière était comme un baume, comme une trêve à ses souffrances... Enfin, à minuit, quand l’horloge du village eut frappé le douzième coup, au moment même où le jour des morts commençait, elle rendit son âme à Dieu : la terre avait une chrétienne de moins et le ciel une sainte déplus.»

Ici finit le journal de Marianne.

Après la mort de sa maîtresse elle devint comme la mère de mademoiselle de Fougereuse. A force de travail, en réunissant tout ce qu’elle avait gagné, elle eut assez d’argent pour l’amener à Paris ; là, des anciens amis de sa famille la firent entrer dans un couvent où je suis allé la voir bien souvent et où elle vit encore.

FIN

Vicomte Walsh.

 

 

VIENT DE PARAITRE : Une Famille de Brigands en 1793 (récit d’une aïeule), par Jean Charruau, In-12. Prix ; 3 fr. 50. (Libraire Ch. Douniol, 29, rue de Tournou, Paris.)

 Nous venons de lire tout d’un trait ce beau et bon livre, dont bous n’hésitons pas à augurer le succès.

Nous sommes en 1793, aux bords de la Loire, en plein Bocage vendéen. Mme Rambure, qui a vécu aux plus mauvais jours de la Terreur, raconte à ses petits-enfants sa propre histoire et celle de sa famille, dont tous les membres ont péri sur les champs de bataille ou sur l’échafaud.

La vénérable aïeule a vu et touché ce qu’elle écrit, et ces lugubres scènes revivent sous sa plume avec une si intence énergie que le lecteur ne les oublie plus. Ceux qui ouvriront ce livre ne nous reprocheront pas d’avoir exagéré, l’éloge. Ils admireront avec nous ces caractères aussi vivants que variés cette psychologie profonde et fine, qui commande et fixe l’attention, ces gracieux tableaux de genre qui reposent des journées sanglantes, ces narrations rapides et si bien menées, ce style alerte et chaud, plein de relief et de couleur. Cet excellent livra a été publié en feuilleton dans l’Union catholique plein de nobles pensées et de généreux sentiments il est de nature à faire un grand bien.

 

Une journée de 1793

Le 17 septembre 1793, l'infâme Carrier, proconsul de Nantes, ordonne d'exécuter sans jugement cinquante prisonniers bretons dont sept femmes.

Les plus jeunes sont quatre sœurs, Mesdemoiselles Mello de la Métairie : Gabrielle, Marguerite, Claire et Olympe; Leur père, André Alexandre Vaz de Mello, était monté sur l’échafaud, ainsi que leur mère, Marguerite Charette.

Elles vivaient au lieu qui les avait vues naître, à leur château de la Métairie, situé paroisse du Poiré-sur-Vie (Vendée).

Ces nobles jeunes filles ne savaient pas que secourir les pauvres, soigner les malades, consoler les affligés, c’était se rendre suspect ; que c’était chercher à reconquérir une funeste influence surfes gens de la campagne ; que c’était en un mot, renouveler les torts des seigneurs d’autrefois.

 Sans expérience, elles faisaient le bien ; aussi furent elles bientôt dénoncées, obligées de fuir, de se cacher.

 Les bleus les arrêtèrent dans une ferme et les amenèrent devant le tribunal révolutionnaire.

Ces quatre femmes, dont l’aînée n'avait pas 24 ans et la plus jeune 18, furent donc, le 17 septembre 1793, condamnées à mort et l'exécution fixée au lendemain.

Les vierges innocentes furent aussitôt conduites au cachot de l’Horloge (c’était là qu’on renfermait les condamnés qui n'avaient plus que quelques heures à vivre).

Placées sous l’horloge, elles pouvaient compter non seulement les heures, mais les minutes qui leur restaient ; la vie leur échappait ainsi goutte à goutte ; et les malheureuses, seconde par seconde, se sentaient poussées par la main du temps vers l'éternité.

 Descendues dans celte espèce de tombe, Mlles Mello de la Métairie entendirent la porte se refermer sur elles ; cette porte les séparait à jamais de tout ami, de tout défenseur, de toute espérance d'être sauvées sur la terre et cependant elles ne font point entendre les cris du désespoir !

 Elles tombent à genoux ; elles savent qu’il n’y a point de cachot où Dieu ne descende pour soutenir ceux qui espèrent en Lui : elles prient leur mère qui les a précédées dans le ciel, de leur obtenir la force de mourir...

Pendant leur prière, leurs larmes et leurs embrassements, les heures coulent, la nuit passe, le jour vient, le moment de l’exécution arrive.

Les exécuteurs entrent, les bras nus et tâchés de sang.

Les martyres s’avancent, pâles, mais résignées, à la suite des quarante six autres victimes.

Une foule cruellement curieuse couvrait la place depuis plusieurs heures. Quand les quatre jeunes filles parurent sur le perron dit Bouffay, un murmure sourd se fit entendre parmi le peuple : c’était la pitié qui le faisait naître.

Au murmure succéda bientôt un morne silence.

Tout à coup un chant doux et grave interrompt ce silence.

Est ce le chœur des anges du ciel, qui viennent au devant des anges de la terre ? Non, ce sont les quatre sœurs qui, d'une seule voix, entonnent un cantique à Dieu. On dirait quatre pieux enfants allant à la première communion.

Elles s’avancent ainsi jusqu’au pied de l’échafaud. Le bourreau les aperçoit, les entend, et, comme la foule, succombe à son émotion.

D’un œil égaré, d’une main tremblante, il fait tomber trente six fois le triangle d’acier ; d’abord sur dix-huit laboureurs, puis sur dix-huit autres personnes de tout âge et de toute condition.

Dix fois encore, ii remet en mouvement l’horrible couteau.

A chaque tête qu’il abattait, il voyait avec horreur le sang jaillir sur les robes de ces quatre vierges immobiles.

Enfin, leur tour étant venu, il allait défaillir en les regardant, lorsque la voix de Carrier frappe sou oreille.

 Le proconsul le surveillait d’une fenêtre du Bouffay.

Le malheureux reprend courage, et s’approche des quatre sœurs. « Elles sont trop belles pour mourir !  crie la foule. »

 « Il n’y a rien de trop beau pour le ciel !» répond la plus jeune.

Et toutes les quatre s’offrent d’elles- mêmes au supplice. Elles ne pensent plus qu’à Dieu. La même extase les ravit et leurs chants continuent en redoublant.

L'aînée des demoiselles de la Métairie monte la première sur l'échafaud, en indiquant le ciel à ses jeunes sœurs, qui prient en se tenant embrassées. Elle est délivrée de la vie.

 La seconde, la troisième lui succèdent.

La plus jeune reste seule. Le moment suprême est arrivé. Elle se relève de la terre où elle avait prié : elle monte aussi les marches ensanglantées.

Le bourreau veut l’attacher ; il lui ôte les mains qu’elle tenait sur son visage pour ne pas voir les corps mutilés de ses sœurs.

Alors la vierge apparaît dans toute sa beauté : sa pâleur, ses larmes, n’avaient pu effacer sa jeunesse. Elle venait d’avoir quinze ans !...

«  Elle regardait le ciel ; un enthousiasme divin éclatait dans ses yeux ; elle semblait un ange prêt à s'envoler loin du séjour du crime et de la douleur.

Le bourreau la regarde et lui-même sent un mouvement de pitié : il laisse retomber le bras qu’il étendait déjà vers elle, il la montre au peuple en disant: «|Elle est trop jeune : elle n’a pas quinze ans ! »

 « Grâce ! grâce ! s’écrie-t-on de toutes parts. La République lui pardonne ; elle n'a pas l'âge de mourir !»

 Du haut de l'échafaud, la jeune fille dit à la foule :

« J'ai plus de quinze ans. Vous avez tué mes sœurs ; je suis aussi coupable qu’elles. »

« Non ! non ! répond la multitude, descendez de l’échafaud ; votre grâce est accordée !

« - Je ne veux point de grâce, je veux mourir ! s’écrie l'Innocente créature. Je vois mes sœurs, elles montent au ciel, elles m’appellent, elles m’entendent !... Oh ! par pitié ! monsieur le bourreau, faites-moi mourir ! Je suis coupable, coupable comme mes sœurs ; je hai3 la République, je la déteste... Vive le Roi ! »

 — « Eh bien ! qu'elle meure donc ! répliquèrent quelques voix, qu’elle meure donc ! » ajouta la foule.

A regret, l'exécuteur se saisit de sa victime, et bientôt l’ange avait rejoint les anges.

L'homme de sang dont le métier est de tuer et qui d'une main indifférente avait fait tomber tant de têtes, ne put effacer de sa mémoire la mort de cette jeune victime ; le lendemain il ne reparut pas, et peu de jours après, il mourut. Une fièvre délirante le consuma, il voyait les quatre martyres et se jetait à genoux en triant : « Grâce ! »

— L’imbécile, dit en riant Carrier, il s’est laissé mourir de peur ! Quel monstre !

En écoutant ce récit, dit le vicomte Walsh, j’ai cru entendre raconter une des histoires des premiers jours du christianisme, alors que les Agathe, les Agnès, les Théodosie mouraient pour la foi et s’offraient à l'Etemel comme des colombes sans tache.

==> Le synode du Poiré-sur-Vie, 4 août 1795 – 26 mars 1796 Quartier général Travot, général Charette capturé

 

Espace Loisirs Lac de Chassenon  —Avant d'arriver à Xanton, à droite, sur le sommet d'une butte que couronne un bouquet d'ormes, s'élèvent les restes d'une ancienne gentilhommière construite au XVIIe siècle.

 C'est le logis du vieux Chassenon dont le fief fut possédé par la famille de Mauras au XVIIe et au XVIIIe siècle.

Dans une des chambres du rez- de-chaussée, on remarque une curieuse cheminée dont le manteau est encore recouvert de peintures champêtres (fleurs et arabesques) qui rappellent le système décoratif de la cheminée peinte par Pierre de Nivelle, évêque de Luçon, dans sa maison du Sableau.

 Aux quatre coins du manteau sont représentées les armes des Mauras (d'argent au chevron de sable) et celles des familles alliées (Amproux, de simple à trois larmes dargent 2 et 1 ; Marchand, de gueules à trois roses d'argent et Masson de la Noue, d'argent à cinq losanges de gueules posées 3 et 2).

CHASSENON-LE-JEUNE. — C'est dans une carrière voisine de ce village, naguère chef-lieu de la paroisse de Saint-Martin, que furent découverts en 1834 de gigantesques ossements d'animaux antédiluviens.

 

Chassenon appartint longtemps à l'ancienne et puissante famille de Volvire.

De 1389 à 1470, Hervé, Nicolas, Jeanne et Régnault de Volvire se succédèrent dans la possession de cette jolie terre; puis elle passa aux mains des Tusseau (1484), des Dubreuil (aveux de 1542 et de 1634), des Boullin (1730) et des Walsh (3).

 C'est par cette dernière famille, dont l'un des membres s'est fait avec tant de succès l'historien et le romancier de nos grandes luttes vendéennes, qu'était habité le château de Chassenon, au moment où éclata la Révolution.

On voyait naguère près de ce château une curieuse petite chapelle octogonale du XIIe siècle, qui a malheureusement été détruite par le propriétaire actuel de ce beau domaine.

 

 

 

LA FONTAINE DE LA FOSSE

Château de Chassenon Fontaine du manoir de La Basse-Fosse

Fontaine de l'ancien logis seigneurial de la Fosse, près Mouilleron-en-Pareds

La Fontaine de la Fosse dépendant du château de Chassenon, ouvrage du XVIe siècle, classée Monuments historiques en qualité d'immeuble par arrêté du 14 novembre 1956.

M. Ernest Moller a été mieux inspiré en faisant transporter en 1834 dans son parc la charmante fontaine édifiée en 1550 au manoir de La Basse-Fosse, commune de Mouilleron-en-Pareds.

La date et l'écusson (trois cors de chasse) qui s'y voient, donnent à penser qu'elle fut construite par Jacques Le Vénier, alors seigneur de la Raymondière et de la Fosse.

« Cette famille Le Vénier, des environs de La Châtaigneraie, avait, dit Léon Audé, commencé sa fortune dans le commerce, à la fin du XVe siècle; elle l'avait complétée dans les tailles.

 Une fois enrichie, elle s'allia à toutes les familles de la noblesse du pays.

Pierre, un des fils de Jacques, d'abord receveur des tailles à Fontenay, parvint même à la haute position de président de la Chambre des comptes à Paris. »

 

De plan carré, l'édicule est à deux étages : un rez-de-chaussée, ouvert par quatre arcades en plein-cintre, est cantonné de colonnes doriques ; une partie haute, en retrait, est rythmée par des arcatures doubles et couronnée d'un dôme à imbrications.

Cette gracieuse fantaisie architecturale, que l'on croirait enlevée aux jardins d'Académus, et à la restauration de laquelle le ciseau de M. O. de Rochebrune n'est pas étranger, est primitivement sortie, sans doute, des mains de Liénard de la Réau, l'habile architecte de la fontaine fontenaisienne des Quatre Tias.

 

Restauration de la Fontaine De La Fosse

Elle a été pulvérisée par la chute d'un arbre au cours de la tempête de 1999.

L'ensemble disposé sur 33 palettes a été stocké dans l'orangerie du château jusqu'en 2003.

Suite au changement de propriétaire, une convention avec le Conseil général de Vendée a permis de faire transporter les palettes dans un local départemental géré par la Conservation des antiquités et objets d'art de Vendée.

https://anabf.org/pierredangle/dossiers/combler-la-lacune/l-anastylose-de-la-fontaine-du-chateau-de-chassenon

 

 

.

 

 

La préparation de la guerre de Vendée, 1789-1793. Tome 1 / par Ch.-L. Chassin

Bulletin de la Société des antiquaires de l'Ouest et des musées de Poitiers

La Croix de l'Aveyron 1902

La Gazette du Centre : journal quotidien [du soir] : organe de la défense sociale et des libertés publiques

 

Paysages et monuments du Poitou / photographiés par Jules Robuchon.... Tome X, [Vendée] Fontenay-le-Comte, Coulonges et Terre-Neuve / par MM. René Valllette et O. de Rochebrune. La Chataigneraie, Saint-Hilaire des-Loges, Vouvent et la forêt / par M. René Vallette. Nieul-sur-l'Autise, Oulmes et Bouillé-Courdault / par MM. Jos. Berthelé et l'abbé Drochon. Maillezais et Benet / par MM. Edgar Bourloton et René Vallette

 

 

 

==> Révolution

==> Guerre de Vendée

==> L’insurrection vendéenne 1793 (plan- dates)

 

 


 

(1). Les 23 et 24 juillet 1789, cette même panique se produisit dans le Maine, et le souvenir en a été gardé sous le nom de « jeudi et vendredi fous (p. 15 des Premiers troubles de la Révolution dans la Mayenne in-8°, 1880, Mamers).

Les auteurs, J.-V. Duchemin et M.-R. Triger, disent L'esprit d'épouvante passa sur toute la surface du pays. Ce fut un véritable complot préparé d'avance avec soin et dans le secret pour ameuter le peuple et lui mettre les armes à la main sous un prétexte plausible, celui de sa défense personnelle

(2). Procès-verbaux imp. de l'Assemblée nationale, du 7 août au 22 septembre 1789.

(3). 5e registre des délibérations de la mairie des Sables

(4). P. 77 du curieux Récit d’une partie des troubles de la France pendant les années1789-1790, in-8' de 152 p., Paris, 1790, Archives nationales AD'92.

(5). V. plus loin ch. XXI.

(6)   Walsh, Antoine Anthime, marié le 16 septembre 1763 à Walsh, Marie-Anne-Agnès, domicilié à Nantes, avait acheté la terre de Chassenon le 22 janvier 1777, de M. Duval, pour 270, 000 livres

 

Cette famille Duval paraît originaire de l’île de France et venue en Vendée, au commencement du XVIIe siècle, avec Guillaume Duval, sieur de la Vergne, par son mariage avec Alix Gendron; sa postérité qui a donné des officiers en l’élection de Fontenay-le-Comte et un maître des comptes de Bretagne, a possédé les terres de la Vergne, Chassenon, la Blanchetière, Curzay, etc.

 

 

 III. Gabriel Duval, sgr de la Vergne, président en l'élection de Fontenay-le- Comte (1722), petit-fils de Guillaume ci-dessus; épousa vers 1690 Marie Besselin, dont :

1° François-Gabriel, qui suivra :

2° François-Alexandre, sieur de la Vergne, trésorier de France au bureau des finances de Poitiers (mai 1743); marié, vers 1750, à Marie-Jeanne Doubler, dont postérité;

3° Aimée-Gabrielle, mariée à André Auger, conseiller au siège royal de Fontenay.

 

IV. François-Gabriel Duval, seigneur de Chassenon, Bioçais, etc., président en l’élection de Fontenay, maître des comptes, puis président en la Chambre des comptes de Bretagne (8 septembre 1759); né à Saint-Florent du-Bois le 25 mars 1692, mort audit lieu le 11 septembre 1762 ; épousa, le 17 janvier 1724, Modeste Contin de Vaucluse, dont un fils, qui suit, et deux filles religieuses.

 

V. François-Gabriel-Joseph-Henri Duval, chevalier, seigneur de Chassenon, Curzay, etc.,

Gabriel Duval, Comte de Chassenon, Chevalier et Seigneur de Chassenon, naquit le 17 mars 1733, à Fontenay-le-Comte.

Ce magnifique domaine échut à Gabriel-Joseph-Henry Duval de Chassenon, qui s'en rendit acquéreur le 2 juillet 1783, moyennant la somme de 550.000 livres. Il s'en acquitta en été 1785, moins une somme de 64.000 livres qu'il conserva moyennant paiement de rentes viagères à la veuve de M. de Curzay, à Boisdin, le régisseur, et à trois domestiques.

Conseiller maître des comptes, puis président en la chambre des comptes de Bretagne (17 janvier 1763), après son père ; né à Fontenay le 17 mars 1732, mort à Poitiers le 15 janvier 1810;

En 1758, il passe ses examens devant la Faculté de Poitiers;

Conseiller à la Cour des Comptes de Bretagne, il fut nommé Président de la même Cour en 1763, par dispense d'âge (29 ans au lieu de 40).

En 1782, il est nommé Président d'honneur de la même Cour avec dispense de temps et temps de service accordée par le Roy « en considération des services personnels de M. de Chassenon, de son père, et de ses ancêtres qui se sont distingués dans l'Eglise, la magistrature et les emplois militaires, et voulant donner un témoignage authentique de notre satisfaction » (26 juin 1782).

M. de Chassenon, outre Curzav, habitait à Nantes, rue des Pénitents, où il épousa, le 25 avril 1771, Prudence-Adélaïde-Renée de Vaucouleurs de Lanjamet (fille du Comte de Laujamet, Maréchal des Camps du Roy, et dame Anne-Renée de Claye), qui mourut en 1795.

Quand il acheta la terre de Curzay, M. de Chassenon vendit celle de Chassenon avec le droit d'en porter le nom la vie durant.

A Poitiers, où il habita 25, rue Saint-Pierre-l'Hospitalier, on le connut sous le nom de Président de Chassenon, ou le Comte de Chassenon, titre avec lequel il parait sur certains actes.

De son mariage, il eut six enfants qui naquirent à Chassenon ou à Nantes :

- 1° Marie - Georgette - Henriette - Prudence, Comtesse du Blau (1772-1847), mariée à Marie-Alexandre Corneille de Blau (?) ;

-          2° Françoise-Adélaïde-Albertine, née le 11 janvier 1774, mort le 13 octobre 1778;

-          3° François -Marie-Charles Duval de Chassenon (1775-1778);

-          4° Françoise (1777-1779);

-          5° François-Borcelas- Casimir, Préfet de Bordeaux (1780-1842);

-          6° Charles-Augustin-Bon-Esprit Duval, Comte de Chassenon, Lieutenant général (1782-1854).

 

Le Baron de Frémilly, Pair de France (1768-1824), donc 35 ans plus jeune que le Président de Chassenon, a donné dans ses Souvenirs un portrait de celui-ci assez, mettons, « pittoresque » pour être plus indulgent que son auteur.

« Le gros président de Chassenon était président honoraire de la Chambre des Comptes de Nantes; fort épais, fort riche et fort avare, mais de cette avarice honteuse et fastueuse à la fois où Molière aurait trouvé cent choses à prendre. Il faisait ses peignoirs avec les vieilles jupes de sa fille en attachant à son col ce qu'elle attachait à sa ceinture. Cette fille était jeune, point jolie, bonne musicienne, un peu triste et dévote à l'excès. Un beau jour elle émigra pour se faire religieuse et revint mariée. M. de Chassenon avait, en outre, deux fils encore enfants dont l'un est devenu jacobin et l'autre, cet intrépide Curzay, si franc de loyauté, si noble de conscience, préfet de Bordeaux en 1830, et que je m'honore d'avoir conservé pour ami. »

Quoiqu'il en soit, le Président Chassenon venait habiter régulièrement ses terres de Curzay l'été; il améliorait le parc, créait des charmilles, un cabinet chinois avec labyrinthe, des bosquets, des pelouses sur lesquelles se dressaient des statues de héros de l'antiquité. Aucune de celles-ci n'est d'ailleurs parvenue jusqu'à nous.

Par contre, les plus beaux et les plus vieux arbres datent de la fin du XVIIIe siècle. Parmi les travaux faits, nous notons : 1785 : peinture des boîtes du trésor (il s'agit vraisemblablement des boîtes en zinc contenant les archives);

 

1810 : démolitions au Petit Château, plafonds de bois et membrures.

M. de Chassenon mourut en son hôtel, à Poitiers, le 12 février 1810.

Il fut inhumé au cimetière de Chilvert, sous un monument portant cette épitaphe :

« A François-Gabriel-Joseph-Henry Duval de Chassenon, ancien Président de la Cour des Comptes de Bretagne, né à Fontenay, le 17 mars 1733, mort à Poitiers, le 12 février 1810; ses enfants, Casimir Duval de Curzay, Esprit Duval de Chassenon, Prudence Duval de Blau. Il fit l'honneur de la magistrature, il mérita l'estime de ses concitoyens et les regrets d'un grand nombre d'amis. La mort longtemps respecta sa carrière pour ne point arrêter le cours de ses bienfaits. Vous qui connûtes qui gît en ce tombeau, vous pleurez un ami, un père et l'étranger, visitant ce séjour, qui lira cette inscription d'un homme de bien avec respect recueillera son nom. »

La juste appréciation est vraisemblablement entre la satyre du Baron de Frémilly et le style dithyrambique de l'épitaphe.

Les Chassenon portaient les armes qui sont restées celles de la famille de Curzay, « d'azur au sautoir d'or accompagné de trois coquilles, en pointe d'un cor garni de son cordon le tout du même ».

A la mort du Président de Chassenon, celui-ci laissait certainement avec une Seigneurie importante des terres bien mises en valeur auxquelles il avait apporté tous ses soins, et une belle fortune. Un inventaire de 1793 mentionnait 140 pièces d'argent plus un nécessaire de toilette.

Peu avant sa mort, M. de Chassenon avait testé, partageant ainsi ses biens entre ses trois enfants.

Le château de Curzay et ses dépendances à Bocelas Casimir, futur Préfet, alors auditeur au Conseil d'Etat dont il est parlé plus bas.

Le fief de Forzon à Bon-Esprit Duval, Comte de Chassenon.

Celui-ci nommé auditeur au Conseil d'Etat en 1809, fut envoyé à Grodeno, puis à Fiume, comme Gouverneur. D'idées assez avancées, de nature généreuse, il se laisse entraîner dans des entreprises aventureuses.

 Bien que nulle part on ne trouve trace de sa carrière militaire, il signe sous le nom de général Comte de Chassenon, en 1846, habitant alors à Paris. De très bonne heure, il abandonna les terres que lui avait léguées son père contre une rente viagère de vingt-quatre mille livres. Il prit une part active à la Révolution de 1848, vint en Poitou; mais à cause de ses idées révolutionnaires et socialistes, il ne put s'entendre avec son frère. Il alla alors à Dieppe, où il mourut sans alliance, le 18 juin 1854.

 

Le fief du Bois-Métais avec le château du Portail et ses dépendances échurent à Prudence. Née au château de Chassenon, elle émigra et épousa, en 1801, à l'armée de Condé, Marie-Alexandre Corneille, Comte de Blau (1753-1812).

Elle mourut au château du Portail, le 14 septembre 1847, et fut inhumée à Jazeneuil. Elle ne laissa qu'une fille, Euphémie (1802-1876), qui épousa le Comte de Brunville et laissa toute sa fortune et ses terres à son régisseur qui les revendit aussitôt.

 

(7). B. Fillon, Rech. sur Fontenay, p. 337-338.

 

 

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