Fortifications de la Garnache

Le château et la ville de la Garnache étaient situés à quatre ou cinq lieues de la mer. Le géographe Nicolas Tassin les a dessinés dans ses Plans et profils des villes et lieux considérables de France.

On y voit que l'un et l'autre étaient entourés d'une même enceinte.

Le château avait, de plus, son enceinte particulière inscrite dans la première, et était fortifié de tours et de courtines. Du côté de l'ouest, ses murs étaient baignés par un fossé qui faisait aussi le tour de la ville ; du côté opposé, l'enceinte plongeait dans un vaste étang.

La ville, placée au nord-est, n'était guère plus grande que l'enceinte du château et de ses jardins. On pénétrait dans la ville par une porte au nord, et dans le château par une porte à l'angle de l'étang. Réparé et rajeuni à plusieurs époques, ce manoir fut incendié pendant, les guerres de la Vendée. Il conserva cependant jusque sous le premier empire ses murs et la plupart de ses toits à pyramides et à cônes élevés.

 Il ne reste plus aujourd'hui que les débris du donjon et quelques tours ; une route départementale traverse l'enceinte démolie.

Les murs du donjon, qui paraît dater du treizième siècle, sont sans ornements; les fragments des tours rondes sont, au contraire, ornés de sculptures à lignes flamboyantes ; de vastes croisées, légèrement cintrées, éclairaient de grandes salles carrées à chaque étage.

La tour qui commandait la chaussée de l'étang et défendait la porte d'entrée, est couverte de lierre. Ces ruines ont servies de carrière à tous les habitants des villages voisins sous leur marteau pour se transformer en maisonnettes, en granges et en étables.

 

Plan château de la Garnache

 

MAISON DE ROHAN (branche aînée).

Alain VIII, vicomte de Rohan.

Le connétable, Olivier IV de Clisson, avait eu, de sa première femme, Catherine de Laval, deux filles : Béatrix et Marguerite (1). L'aînée, Béatrix, épousa, en 1380, Alain VIII, vicomte de Rohan et de Léon. Elle lui apporta en dot, avec d'autres biens considérables, la seigneurie de la Garnache et le titre de comte de Porrhoët (le plus ancien fief des Rohan), qui se trouvait parmi les titres de la famille de Clisson.

La seconde fille. Marguerite, épousa, en 1387, Jean de Châtillon, dit de Bretagne, comte de Penthièvre.

 Elle fit assiéger le château de la Garnache par le sire d'Aigle, son fils, qui s'en empara en 1419 (2).

 

Alain IX de Rohan.

Fils d'Alain VIII et de Béatrix de Clisson. Cette dernière mourut en 1443. Alain IX épousa, en deuxièmes noces, Marie de Lorraine.

 

Jean II de Rohan.

Fils d'Alain IX et de Marie de Lorraine. Il épousa Marie de Bretagne, fille de François I, duc de Bretagne, et en eut : 1° Jacques, mort sans postérité en 1527 ; 2° Claude, évêque de Cornouailles ; 3° Anne de Rohan.

 

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E. — MAISON DE ROHAN DE GIÉ (branche cadette).

Pierre de Rohan de Gié.

Anne de Rohan, fille de Jean II, épousa, en 1514, Pierre de Rohan, seigneur de Fontenay, troisième fils de Pierre de Royan, seigneur de Gié, maréchal de France, et de Françoise de Porrhoët.

Anne de Rohan apporta en dot à son mari les terres de la Garnache, de Beauvoir, de l'Ile-d'Yeu. Celui-ci fut tué à la bataille de Pavie, en 1524. Anne de Rohan mourut en 1530.

 

René Ier de Rohan.

Dans son testament, daté du château de Blain, Anne de Rohan recommanda ses enfants, encore jeunes, à la reine de Navarre. Celle-ci, en effet, maria la soeur de son mari, Isabeau d'Albret, avec René, fils d'Anne de Rohan.

Isabeau d'Albret était fille de Jean d'Albret, roi de Navarre, et de Catherine de Foix (3). René de Rohan fut tué auprès de Metz, en 1552.

 

De Isabeau d'Albret, il eut cinq enfants (b) :

    Françoise de Rohan (1535-1591), qui eut une promesse de mariage de Jacques de Savoie-Nemours, non tenue en dépit de la naissance d'un fils, le prétendu duc Henri de Genevois — après 20 ans de procès, le roi Henri III de Navarre ordonna qu'on ne médise plus d'elle et l'éleva au rang de duchesse ;

    Louis de Rohan, seigneur de Gié ;

    Henri Ier de Rohan, vicomte de Rohan après son père ;

    Jean de Rohan ;

    René II de Rohan, vicomte de Rohan après son frère.

Françoise de Rohan, duchesse de Loudun.

Fille de René de Rohan et d'Isabeau d'Albret, grand' tante de Henri IV ; avait épousé Jacques de Savoie, duc de Nemours.

Françoise de Rohan appartenait à la religion réformée. Jacques de Savoie obtint du pape et du parlement l'annulation de son mariage avec elle (4). Il se remaria alors, le 26 avril 1566, avec Anne d'Este, petite-fille de Louis XII et veuve de François de Lorraine, duc de Guise.

Cependant, Françoise de Rohan ne cessait de protester contre l'annulation de son mariage, dont un fils était né. La nouvelle femme de son mari, dans l'espérance de mettre fin à ses récriminations, lui procura, dit le Père Anselme (5), l'érection de la seigneurie de Loudun en duché pour elle et pour son fils.

Ce dernier mourut sans postérité légitime, et les enfants de Henri de Rohan, frère de Françoise, recueillirent sa succession vers 1604.

 Après avoir échappé à la Saint-Barthélemy, elle abjura le protestantisme en 1588.

Françoise de Rohan, dame de la Garnache, a été la protectrice du célèbre mathématicien Viète.

 

Time Travel Foussais Payré : L'auberge de Sainte Catherine de François Viète, l'inventeur de l'algèbre moderne
L'auberge de Sainte Catherine était tenue par la famille Viète au XVIe siècle. Célèbre mathématicien, considéré aujourd'hui comme l'inventeur de l'algèbre moderne, François Viète (1540-1603) fut une figure exemplaire de l'humanisme de la Renaissance. Il était également juriste et conseiller privé des rois Henri III, puis Henri IV.

Vers 1574, l’illustre mathématicien François Viète, originaire de Fontenay en bas Poitou, qui menait de perdre la charge de conseiller et maître des requêtes ordinaires de l'hôtel, se retirait au château de la Garnache, près de Françoise de Rohan, sa protectrice.

Il avait habité précédemment, à Beauvoir sur Mer, une maison appelée l'Ardouinière, située dans la rue qui conduisait des halles an château, où l'avait attiré l'amitié de cette dame.

Quelles raisons le ramenèrent dans ces parages? Elles se rattachent sans doute à certains dangers qu'il avait courus à Paris, et auxquels il était échappé grâce à la protection des deux belles-sœurs de Rohan; et ces dangers eux-mêmes venaient probablement des différences et querelles de religion.

De nouvelles investigations éclairciront peut-être l'endroit assez obscur de la dédicace de son Isagoge in artem analyticem à Mme de Rohan, la célèbre Catherine de Parthenay, où Viete y fait allusion.

Quoi qu'il en soit, il composa ce traité dans la retraite paisible que lui avait officieusement ménagée la dame de la Garnache; la dédicace en est même datée « des marais de Saint-Jean-de-Mont, l'an second du règne de notre roi très-chrétien et très-auguste Henri IV, exterminateur juste et inflexible des rebelles et des meurtriers de l'oint du Seigneur. »

 It y habitait, en effet, une maison qui appartenait à Françoise de Rohan; et c'est dans cette obscure et studieuse résidence qu'il composa presque tous ses immortels ouvrages (6).

 

Françoise de Rohan, sœur de René II de Rohan et belle-soeur de Catherine de Parthenay, sa femme, était par conséquent tante du célèbre duc Henri de Rohan et de son frère, Benjamin de Rohan-Soubise, qui soutinrent la cause du calvinisme en Languedoc et en bas Poitou, et dont le dernier fut vaincu par Louis XIII dans l'île de Rié, au mois d'avril 1622.

Elle-même avait d'abord embrassé le parti de la religion réformée; cependant, pour obéir à l'édit du roi Henri III, sur le changement de religion, elle s'était retirée à Nantes, et se trouvait en cette ville lorsque, aux derniers jours de 1588, les tours et les courtines de son château de la Garnache devinrent le théâtre d'un siège mémorable et d'acharnés combats.

Dès l'année précédente, le Sis de la dame de la Garnache, Henri de Loudunois, fit, contre les châteaux de la Garnache et de Beauvoir, une entreprise qui tourna contre lui.

Voici comment d'Aubigné la raconte « Encore pour vous montrer par quelles voies les réformés partageoient le Poitou, il faut ajouter que la dame de la Garnache, sœur du duc de Rohan, tenoit la ville de la Garnache et le château de Beauvoir-sur-Mer en neutralité, se garantissant avec les soumissions et artifices qui ne peuvent être blâmés à son sexe et à sa condition.

 Son fils (nommé le prince de Genevois, pour la prétention du mariage de sa mère avec le duc de Nemours) s'étant saisi de la Garnache par l'intelligence de domestiques qui espéroient de lui, voulait en faire la guerre pour son parti et ses nécessités il entrepôt aussi sur Beauvoir, par' intelligence, mais il échoua et se trouva prisonnier de sa mère.

 Le roi de Navarre, se mêlant de sa liberté, l'obtint, et, par ce moyen, la place. »

 

Le château de la Garnache était ainsi occupé par une garnison de l'armée du roi de Navarre, qui venait d'obtenir de nombreux succès sur le littoral de la Saintonge et du Poitou.

Mathurin de la Brunetière, seigneur du Plessis-Gesté, commandait la place; il avait sous lui une compagnie de chevau-tégers et deux compagnies d'infanterie. A l'approche de l'armée catholique, le roi de Navarre, retenu en Saintonge, dépêcha vers la Garnache le baron de Vignole, avec un renfort de troupes.

En même temps, d'Aubigné et Robiniere, capitaines chacun d'une compagnie du régiment des gardes, entrèrent à la tête de 100 arquebusiers à cheval. Des munitions furent embarquées à la Rochelle, et, malgré quelque retard, arrivèrent à temps.

L'armée catholique, qui s'avançait, était commandée par Louis de Gonzague, prince de Mantoue, connu en France sous le nom de duc de Nevers, titre qu'il devait à son mariage avec Henriette de Clèves, héritière de Nevers son nom est le premier inscrit sur la liste des chevaliers du Saint-Esprit, lors de la fondation de l'ordre par Henri III, le 31 décembre 1578; il était gouverneur de Champagne, âgé de cinquante ans, au moment qui nous occupe, et il s'était fait une renommée militaire dans les guerres de religion qui depuis tant d'années désolaient la France.

En entrant en Poitou, il avait investi la place de Montaigu. Du Plessis-Gesté se douta bien qu'après Montaigu la Garnache serait attaquée, aussi employa-t-il activement son temps à multiplier les moyens de défense il occupa ses hommes à fortifier les approches du château par une ligne de retranchements en dehors des fossés, et traversée d'éperons saillants à tous les angles.

Une seule porte existait auprès de la chaussée de l'étang elle fut garantie par un éperon qui devint fort utile.

Les maisons des faubourgs furent rasées, ainsi que la chapelle Saint-Thomas.

Les deux compagnies des gardes, commandées par d'Aubigné et Robinière, prirent la garde de l'éperon du fer-à-cheval; la compagnie Rufigny fut placée à l'éperon du faubourg Saint-Nicolas, qui était le meilleur, ses fossés ayant huit ou neuf pied d'eau à cause de leur position à la queue de l'étang.

Le capitaine Beauregard, avec sa compagnie d'arquebusiers à cheval, qui faisaient partie de la garnison de la Garnache, avait projeté de construire un fort au coude que faisait la contrescarpe du fossé de la ville, près l'éperon de Saint-Léonard.

 Cet ouvrage, qui aurait demandé deux mois, ne fut entrepris que parce qu'on espérait une résistance prolongée de Montaigu.

Les capitaines des deux compagnies d'infanterie de la garnison tirèrent au sort à qui serait confiée la garde de l'éperon de la porte; il échut à La Ferrière, qui y fit si bien travailler, qu'en moins de douze jours et pendant le siège même il fut mis en bonne défense.

Le capitaine La Forestière, gentilhomme breton, resta avec l'autre compagnie pour la garde du château, de la ville et du colombier.

Les postes de chacun ayant été ainsi marques, on travailla respectivement à les rendre tenables; on chercha dans la campagne des hommes pour aider aux travaux.

Mais la place de Montaigu ne rendit pas la résistance qu'on avait espérée : ses murailles, bâties sans ciment, s'écroulèrent au premier choc, et il fallut capituler.

Les éclaireurs de l'armée royale s'avancèrent, le 15 décembre 1588, sur la hauteur des Poirieres, pour reconnaitre la Garnache.

Le lendemain, 16, un gros de cavalerie se présenta au même endroit;

La Perrine, lieutenant de Du Plessis Gesté, chercha à le retarder par une escarmouche, ce qui n'empêcha pas l'ennemi de pénétrer dans les ruines de Saint-Léonard et de s'y loger.

Le capitaine Ruffigny se porta au-devant, l'épée à la main mais il reçut un coup d'arquebuse dans l'estomac, et, ramené au château, y mourut deux heures après.

Le combat dura le reste du jour; les assaillants, repoussés, revinrent cependant occuper pendant la nuit les maisons de Saint-Léonard; mais ils ne purent s'y fortifier, à cause du feu continuel qui partait des remparts.

Les jours suivants se passèrent en escarmouches, dont la plus vive eut lieu au quartier des Planches, quand le régiment de Beaupré y arriva. Les assiégés gardèrent les haies à quatre ou cinq cents pas des forts; ils démolirent ou brûlèrent les maisons en vue de l'ennemi.

. La cavalerie de la garnison fit de fréquentes sorties, et revint souvent avec des prisonniers, dont les uns furent employés aux fortifications, les autres rançonnés; d'autres même durent être renvoyés sur parole, tant on en fit.

Cependant, le 30 décembre, l'artillerie, amenée avec des peines infinies par la route de Machecoul, qui semblait la moins mauvaise, arriva devant la place; elle consistait en six canons de batterie, quatre couleuvrines royales et deux moyennes.

 Ces pièces furent aussitôt pointées, et saluèrent la ville. Mais ce n'était là qu'une fausse attaque elles furent bientôt transportées du côté des Justices.

Le duc de Nevers dépêcha un héraut vers la place, pour la sommer de se rendre; mais le gouverneur, de l'avis des capitaines, refusa, déclarant qu'il ne reconnaissait d'autre lieutenant général pour le roi que le roi de Navarre.

Pendant le siège, l'hiver fut si rude que les glaces portaient partout; cela incommoda fort les assiégés, qui ne purent continuer avec efficacité leurs travaux de défense.

L'excès du travail et le froid occasionnèrent bientôt des maladies.

Le premier jour de l'an 1589, jour de dimanche, chaque parti sembla plus occupé des fêtes qui ont tien ordinairement en cette occasion, que d'agir contre l'ennemi. Mais le lendemain, dans la soirée, les ligueurs déplacèrent leurs canons, et le mardi les assiégés virent qu'une batterie, appuyée de gabions à la chapelle Saint-Nicolas, était pointée à deux cents pas de la courtine ils aperçurent encore une autre batterie que l'en établissait dans un champ de l'autre côté de l'étang, vers Guinefolle; à midi, cette dernière tira quelques-coups contre une porte du château ouvrant sur le jardin.

Le mercredi 4 janvier, les deux batteries firent, un feu terrible la muraille, quoique très-vieille, résista bien plus longtemps qu'on ne l'aurait cru. Depuis une demi-heure après le lever du soleil jusqu'à un quart d'heure âpres son coucher, on foudroya, continuellement, et il y eut plus de huit cents coups de canon tirés; ce ne fut qu'au dernier moment que deux brèches se firent à droite et à gauche de la porte d'entrée.

Mais le jour était trop avancé pour que l'assaut fût livré les assiégés employèrent la nuit à préparer une vigoureuse résistance.

Les malades et les blessés furent placés dans les cinq forts du dehors; les hommes valides, qui ne montaient plus qu'à 260, furent répartis sur les points menacés.

 Le gouverneur se chargea de la brèche de gauche et d'un trou 'qu'on avait fait à l'un des forts; le baron de Vignole devait garder l'autre brèche.

Le lendemain matin, les assiégeants, rangés en bataille, s'avancèrent rapidement contre les brèches, qui étaient larges de seize pas; ils franchirent les premiers ouyrages démolis, essuyèrent la décharge des deux forts qui flanquaient les brèches, et perdirent quelques hommes.

Ils attaquèrent les deux forts et s'en rendirent maîtres, malgré une vive résistance. Ils se jetèrent aussitôt dans un corridor de la contrescarpe qui conduisait au pavillon de la porte.

 La Ferrières en étant aperçu, et voyant que dans le fossé, qui était plein d'épines, la glace portait, rallia, les siens, et rappela ceux qui se retiraient: le combat dura plus d'une heure; la résistance des assiégés fut telle, que les ligueurs furent obligés de rétrograder.

Beaucoup furent tués ou noyés dans les fossés, la glace s'étant rompue sous leurs pieds.

 Les cinquante hommes qui gardaient les deux brèches, avaient ainsi battu un nombre infini d'assiégeants, particulièrement les corps suisses; La perte des ligueurs fut d'environ 300 tués ou noyés.

Pendant la nuit qui suivit, les fossés furent éclairés par des flambeaux, les assiégés dépouillèrent leurs morts; quelques-uns s'avancèrent même jusqu'au ruisseau qui sépare la ville du faubourg, pour recueillir des armes.

Les blessés ennemis, restés sur les brèches, furent humainement conduits en ville, bien pansés et bien traités. La nuit fut particulièrement employée à réparer les brèches, et à continuer des retranchements dont la terre se jetait dans ces mêmes brèches, avec des fascines.

Le lendemain, le gouverneur convoqua les officiers pour rendre grâce à Dieu de la victoire qu'on venait de remporter, et l'armée royale enterra ses morts.

Vers le soir, le gouverneur reçut une lettre de M. de Palluau, officier de l'armée catholique, qui demandait une entrevue. Du Plessis-Gesté l'accepta, de l'avis de ses officiers.

Palluau exposa que l'obstination des assiégés était contraire aux intérêts mêmes du roi de Navarre car ce prince était devenu l'allié du roi de France, qui avait rompu avec la Ligue; qu'il n'y avait pas lieu de tenir davantage une place où l'on avait acquis assez d'honneur, avec si peu de ressources.

Il finit par offrir au gouverneur une capitulation honorable, en vertu de laquelle la garnison conserverait ses armes, ses chevaux, ses bagages, et se retirerait en sûreté où elle voudrait.

Enfin, on donnait huit jours pour avertir le roi de Navarre de la capitulation.

Robinière, envoyé à cet effet vers Henri, revint au bout de quelques jours, annonçant que ce prince, retenu, par une maladie grave, au château de la Mothe-Freslon, près Luçon, était hors d'état de secourir la place.

 Le samedi 14, les assiégés sortirent. M. de Nevers agit envers eux avec une parfaite loyauté; il se chargea de quelques blessés, dont il eut le plus grand soin.

La garnison fut conduite à l'abbaye de Breuil-Herbaut, d'où elle rejoignit facilement l'armée du roi de Navarre.

Le comte de Grand-Pré resta en garnison au château de la Garnache (7).

Pendant ce terrible siège, la châtelaine inoffensive, Françoise de Rohan, était, comme nous l'avons dit, retirée à Nantes.

 Combien de temps vécut-elle encore? Il y a preuve seulement qu'en 1603, elle reçut, en son château de la Garnache, aveu de la terre de Fontordine, qui lui fut rendu par Jean de la Touche, seigneur de Coëx et Laudardière, au nom de Louis-Charles d'Aiguillon de la Juliennaye, son pupille.

 Quant à son fils, Henri de Nemours, que l'on nommait aussi prince de Genevois, titre de la maison de Savoie, et qui paraît avoir pris le titre de duc de Loudun, il était mort sans alliance en 1596, laissant lui-même un fils naturel appelé Samuel de Nemours, seigneur de Villeman (8).

Au château de la Garnache et au temps de Françoise de Rohan se rattache une anecdote piquante, racontée par Agrippa d'Aubigné, deux fois avec quelques variantes, en ses Mémoires et en son Histoire universelle.

Cet auteur, voulant prouver que le roi avait.la vue très-perçante et l'ouïe très-fine, deux facultés qui le servaient merveilleusement en guerre et en politique, dit, à propos de la vue, que Henri avait le don de démêler au loin, la force, la marche et jusqu'à la disposition morale des bataillons ennemis, longtemps avant que les officiers placés près de lui y comprissent rien; puis, à propos de l'ouïe, il cite l'exercice d'acoustique que voici :

"Au mois de septembre 1588, comme le roi se rendait au siège de Beauvoir, il était couché en une grande chambre royale du château de la Garnache, et son lit, outre les, rideaux ordinaires, était bordé d'un tour de lict de grosse bure, Frontenac et moi à l'autre coin de la chambre en un lict qui estoit faict de mesme; comme nous drapions notre maistre, moi ayant les lèvres sur l'oreille de Frontenac, et ménageant ma voix, de peur d'être entendu; et Frontenac me disoit souvent:

« Que dis-tu » « Eh! sourd que tu es, lui cria le roi, il te dit que je suis un prince ingrat et un ladre vert. Nous en fûmes quittes pour dire qu'il dormit, que nous en avions bien d'autres à dire à ses dépens. »

Ainsi, ce prince aux yeux si pénétrants, à l'ouïe si sensible, savait au besoin fermer les yeux et se boucher les oreilles.

 

 

René II de Rohan.

D'après la notice ci-dessus, empruntée à M. Marchegay, il semble que René II dut être le fils d'Henri de Rohan, frère de Françoise, et fût, par conséquent, neveu de celle-ci. Cependant, d'après un article de M. d'Asis-Gallissans (3), René II, serait le frère et non le neveu de Françoise, c'est aussi l'avis de M. de Sourdeval, dans son ouvrage publié à Nantes et mentionné plus haut : La Garnache, Beauvoir et le Perrier (p. 17 et suiv.).

M. d'Asis-Gallissans dit que René II, duc de Rohan, chef de huguenots, n'habita pas personnellement la Garnache, mais que les gens de guerre, placés par lui dans cette forteresse, firent la guerre à leur manière, et que les actes qu'ils se permirent donnèrent lieu à des plaintes adressées à Louis XIII et au duc de Vendôme, le 16 mai 1621.

Cependant, le Père Arcère (9) dit que René II, « du nom de vicomte de Rohan, » mourut, âgé de 36 ans, à la Rochelle, en 1586.

Henriette de Rohan.

Nièce de Françoise de Rohan, soeur du duc Henri II de Rohan, d'après M. de Sourdeval (10) et de Benjamin de Rohan-Soubise, deux célèbres chefs du parti calviniste dans les guerres de 1620 à 1629.

Morte en 1624. Henri II de Rohan, dont il est encore question, n'est pas le célèbre duc de Rohan qui, après une vie des plus aventureuses, mourut en 1638, des blessures qu'il venait de recevoir au combat de Rheinfeld et qui était fils de René II et de Catherine de Parthenay (11). Il ne laissa qu'une fille, Marguerite, mariée à Henri Chabot, lequel prit le nom de Rohan-Chabot (12).

 

En mai 1621, la Garnache était retombée au pouvoir des protestants, qui guerroyaient dans le bas Poitou sous la conduite de Benjamin de Rohan, sieur de Soubise. (13)

Il s'agissait de leur reprendre cette conquête.

A cette occasion, le roi Louis XIII, qui était venu pour s'opposer en personne aux réformés, écrivit de Fontenay, le jour même de son arrivée dans ce lieu, au duc de Montbazon à Nantes, la lettre suivante :

«  Mon cousin, ayant commandé à mon frère naturel le duc de Vendosmes d'assiéger la Garnache avec des gens de guerre que je fais lever exprès pour ce subjet dans le bas Poitou, et jugeant qu'il y aura besoin de canons et n'en peut avoir d'autres que ceux qui sont à Nantes, je désire qu'il y prenne ceux qui lui seront nécessaires pour cet effet, et que vous les lui fassiez bailler quand il le vous ordonnera.

A quoi vous ne manquerez, puisque c'est pour le bien de mon service.

 Je prie Dieu qu'il vous ait, mon cousin, en sa sainte garde.

Écrit à Fontenay, le 23 may 1621.

» LOTS.     PILECT (14).

 

On n'eut pas besoin de former le siège de la place.

Un mois après la date de cette lettre « Mlle de Rohan avait chassé ceux qui s'étaient saisis de la Garnache et en faisaient une retraite de brigands (15). »

Nonobstant cette circonstance, qui semblait témoigner en faveur de Françoise de Rohan la déconfiture de son neveu Soubise dans l'ile de Riez, au printemps de l'année suivante, eut pour son château les conséquences les plus désastreuses.

 

ROHAN-SOUBISE perd l'ile de Ré le 15 septembre 1625

Le second fils de Catherine de Parthenay a laissé une triste renommée dans notre province du Bas-Poitou . A l'audace de son frère il joignait la dissimulation, parfois la cruauté ! On peut dire de Soubise qu'il fut " plus reitre que gentilhomme ".

On crut sans doute qu'entre ses mains, c'était une forteresse facile à prendre, et on voulut y obvier désormais.

« Le samedi 16 avril1622, le roi victorieux prit son chemin pour aller à Apremont, où il coucha la nuit venant  au dimanche, et audit lieu d'Apremont fut arrêté au conseil, par S. M., le rasement de la Garnache.

» Le jour de M. Saint-Marc, 25 avril 1622, commandement fut M fait à trente des environs et proches paroisses circonvoisines de la Garnache de, par le roi, venir raser et démolir ladite Garnache, lesquelles furent l'espace de deux mois pour la démolir, et, le 10 juillet audit an la grande tour ronde du château fut fait tomber par terre.

 Ce fut Henri de Gramont, comte de Toulongeon, premier capitaine du régiment d'Estissac, qui fut charge de démolir le château de la Garnache. (Extrait des registres d’état civil de l’église de Challans, pour l’année 1622)

 

 

Catherine de Parthenay.

Catherine de Parthenay, fille de Jean de Parthenay-Larchevêque, seigneur de Soubise

Catherine de Parthenay, fille de Jean de Parthenay-Larchevêque, seigneur de Soubise, et d'Antoinette d'Aubeterre, naquit au château du Parc-Soubise, près Mouchamp en Bas-Poitou, le 22 mars 1554. Dans son enfance, on l'avait fiancée avec Gaspard de Châtillon, fils de l'amiral Colligny ; mais le futur mourut de la peste à Orléans, en 1568, avant la conclusion du mariage.

Née en 1554. Elle avait épousé en premières noces le baron de Pont-Kuellevé ou Kuélonec, puis le vicomte René de Rohan, dont elle eut le célèbre duc de Rohan.

Elle était au siège de la Rochelle où elle déploya un grand courage, bien qu'elle fut alors âgée de 74 ans.

Prise par les catholiques, elle mourut prisonnière. Elle était très lettrée, avait traduit une partie des oeuvres de l'orateur grec Isocrate, et fait représenter une tragédie. — Elle était dame de la Garnache, du chef de son défunt mari, René II de Rohan. Le partage de la succession de ce dernier fit passer la baronnie de la Garnache à leur plus jeune fille Anne.

Celle-ci resta fille, ne voulant ni se mésallier ni épouser un catholique.

Après elle, la Garnache et les autres domaines de cette famille, tombée en quenouilles (16), échurent à sa nièce, Marguerite, dont le mari, Henri Chabot, seigneur de Sainte-Aulaye, prit le nom et les armes de sa femme.

Ainsi, Catherine de Parthenay avait eu trois enfants de son mariage avec René II de Rohan : Henri II (17), qui devint le célèbre duc de Rohan et fut le gendre de Sully ; Catherine, surnommée la belle Catherine, qui épousa, en 1604, le duc des Deux-Ponts, et enfin Anne, dont nous venons de parler. Marguerite, fille du duc Henri de Rohan, était donc bien, en effet, la nièce d'Anne et la petite-fille de Catherine de Parthenay.

 

Tour carée du château de la Garnache

Marguerite de Rohan.

Marguerite de Rohan, dont il a déjà été question dans la notice précédente, vendit, le 5 août 1644, à Henri de Guénegaud, moyennant une renie de 15,803 livres 6 sols 4 deniers (18), constituée sur diverses personnes, les terres, seigneuries et baronnies de la Garnache, Beauvoir-sur-Mer, les îles de Mont, Sallertaine, Saint-Urbain et Marches-Communes d'entre Poitou et Bretagne. Marguerite de Rohan n'épousa Henri Chabot, seigneur de Sainte-Aulaye, que l'année suivante, le 6 juin 1645.

 

 

Nous extrayons des savantes recherches historiques sur Fontenay-Vendée, par M. Benj. Fillon, quelques détails complémentaires sur la destruction de la Garnache comme place forte.

 On peut en inférer que sa vieille châtelaine, Françoise de Rohan, existait encore à l'époque, et qu'on frappait aussi en elle la tante d'un chef de rebelles

« La cour profita de la déconfiture de Soubise pour envoyer en Poitou deux commissaires, Denis Amelot et Jean de Chalas le premier catholique, le second protestant, chargés de l'exécution des édits de pacification.

Ces deux délégués avaient aussi la mission secrète de faire raser quelques places, qui pouvaient servir en cas de guerre aux réformés.

 Le 4 septembre 1623, ils donnèrent commission à François Brisson, sénéchal de Fontenay, et à Samuel Mauclerc, seigneur de Marconnays, de faire démanteler la Garnache, propriété de Mlle de Rohan.

Cette opération se fit sous la direction de Nicolas Durand., lieutenant du prévôt provincial de Poitou Honoré Prévir et Gilles Bullet, bourgeois; Estienne Geay, architecte de Nantes; Estienne Loqueteau, maçon à Saint-Christophe-du-Ligneron René Voyer; F. Thomas; R. Redoys; Jutard et autres magistrats de la Garnache (19). »

En 1661, Henry Chesneau, natif de la Garnache en bas Poitou, publiait à Paris les Trophées médallique d’extrême piété, martial, splendide, curieux et poétique, autrement la pièce de Janus et de Pallas, à la mémoire perpétuelle de Charles de Rostaing.

De chaque côté sont deux petits médaillons représentant, l’un, l'auteur; et l'autre, le principal héros de ces trophées, en costume de guerrier à l'antique, avec casque et bouclier, ayant à droite le même Chesneau, qu'il regarde, et à gauche une Muse qui lui tient une branche de chêne au-dessus de la tête.

Autour on lit cet exergue : Grand Rostaing, ma muse et moy + parlerons toujours de toy.

Dans la chevelure de Chesneau, qui est de profil, on remarque un lion, un dauphin et un aigle.

Il existe deux autres portraits de cet Henry Chesneau, qui était avocat et conseil de la famille de Rostaing: l'un, vu de face, a été également dessiné et gravé par Le Potre ; il est dans un médaillon, orné d'une guirlande en feuillage de chêne et d'une banderole soutenue par deux petits génies, sur laquelle est inscrit le nom du personnage au-dessous sont ses armes parlantes semées de glands, avec des volumes épars de chaque côté et une écritoire dans laquelle trempe une plume. L'autre, signé Jaspard Isac, qui a aussi gravé le portrait de l'historien Jean Resly de Fontenay, doit être antérieur au premier.

Il nous a été impossible de découvrir en vertu de quel titre la seigneurie de la Garnache et Beauvoir passa de la maison de Rohan à celles de Guénegaud et de Gondi l'histoire de cette dernière elle-même, publiée par Corbinelli, est muette sur ce point.

 On lit dans le proces-verbal d'une assemblée du présidial de Poitiers, en date du ler septembre 1632, rapporté par Thibeaudeau, que le lieutenant particulier de ce siège « était obligé d'aller le lendemain à la Garnache, pour l'inventaire de M. de Rohan (20). »

Au lieu de M., il faut sans doute lire Mlle ce qui ferait supposer que Françoise de Rohan aurait prolongé sa carrière jusque vers ce temps-là.

Quoi qu'il en soit, il existe un beau portrait de Henry de Guénegaud, vicomte de Semoine et baron de la Garnache, gravé par Moncornet.

Pierre de Gondi, duc de Retz, ajouta à ses nombreux titres celui de marquis de la Garnache, qui apparaît alors pour la première fois. La baronnie de Beauvoir fut réunie à ce marquisat presque aussitôt, par lettres patentes de 1649.

La fille de Pierre de Gondi, Paule-Françoise, duchesse de Retz, épousa François-Emmanuel de Blanchefort de Bonne de Créquy, duc de Lesdiguières, et garda le titre de marquise de la Garnache jusqu'à sa mort, survenue en 1715.

Après elle, le marquisat passa, avec le reste de sa riche succession, à son parent Louis-François-Anne de Neufville, duc de Villeroi, pair de France, etc.

Le 29 mars 1754, aveu de la terre dés Bouchauds était rendu par messire Thomas de Montaudouin, chevalier de l'ordre militaire de Saint-Louis, capitaine-dragon, seigneur de la Bonnetière, des Bouchauds et autres lieux, à haut et puissant seigneur François-Louis de Neufville, duc de Villeroi et de Retz, marquis de la Garnache, de Beauvoir-sur-Mer.

Quelques années avant la Révolution, le marquisat de la Garnache et la baronnie de Beauvoir-sur-Mer furent vendus à la famille Du Pas ; et c'est entre les mains de cette dernière qu'ils ont fini comme féodalité. Son chef mourut aussi lui-même dans les premières années de la Révolution, laissant un fils encore jeune qui ne lui survécut pas longtemps et décéda, dit-on, à Bordeaux (21).

En 1789. le marquis Du Pas présentait aux membres de son ordre réunis à Poitiers, pour la convocation des États généraux, deux Mémoires dirigés à la fois contre les pouvoirs temporel et spirituel, qui ne répondaient pas précisément aux vrais besoins du temps; mais qui sont un monument des sentiments et de la valeur morale de la noblesse à l'époque.

À ce titre, nous les publions textuellement, sans autres changements que de simples modifications de style et surtout d'orthographe, qui étaient nécessaires :

Le marquisat de la Garnache, en bas Poitou, est composé, entre autres paroisses, de celles de Saint-Jean et Notre-Dame de Mont, sur les bords de la mer océane.

La baronnie de Beauvoir, qui avoisine ces paroisses, y tient pareillement, à cause du fief de Malchaussée.

De là elle a pris le nom de Beauvoir-sur-Mer. Vis-à-vis la côte de Beauvoir sont les îles de Cronière de Bouin et de Noirmoutier.

La première touche à la terre de Beauvoir, a marée basse; elle n'en est séparée, en pleine mer, que par un canal nommé l'étier de la Lasse, qui alors n'a pas plus de trois toises de largeur.

L'île de Bouin n'est séparée de la terre de Beauvoir que par un canal creusé de mains d'hommes, qui, dans sa plus grande largeur, n'a pas actuellement plus de trente pieds.

Noirmoutier est éloigné d'environ trois lieues de Beauvoir.

Plus loin, en avançant dans la mer, vis-à-vis la pointe occidentale de Notre-Dame-de-Mont, se trouve l'Ile-Dieu, éloignée de ce dernier endroit d'environ quatre lieues.

Dans l'origine, ces îles de Bouin; Noirmoutier et Ile-Dieu, étaient unies et incorporées à la terre de la Garnache et de Beauvoir.

Ces deux terres, qui appartiennent à M. Du Pas, relèvent du duché de Thouars, qui les reporte au roi à cause de son comté de Poitou.

En usant du privilège qu'accorde la coutume de Poitou, les seigneurs de la Garnacbe se sont joués de leurs fiefs; ils ont aliéné ces trois terres de Bouin, Noirmoutier et l'IIe-Dieu mais ils s'en sont conservé la mouvance. Elles relevaient prochement de la Garnache lorsqu'elles ont été acquises par le roi. Ce point assuré par les certes a été reconnu même par les actes d'aliénation (22).

Cette partie de côte du Poitou se divise en côte vaseuse et sablonneuse.

La cote vaseuse se fait remarquer dans la face septentrionale et occidentale de la terre de Beauvoir jusqu'au hameau appelé la Barre-de-Mont; là, commence la côte sablonneuse, qui continue les rivages des paroisses de Notre-Dame et Saint-Jean de Mont.

Sur cette côte sablonneuse on éprouve une perte fréquente des meilleurs terrains, par les sables que les vents portent au loin dans les terres; par les irruptions de la mer, qui détruit souvent les chaussées et barrières qu'on lui oppose.

Sur la côte vaseuse les flux et reflux forment chaque jour insensiblement des accroissements au domaine de Beauvoir, par les vases et limons repoussés à la côte.

Ces envasements devenus fermes forment de nouvelles possessions ainsi on a vu naître l’ile de la Cronière. Ainsi s'est élevé un espace de 5 à 600 arpents, renfermé entre les anciennes chaussées du domaine de la baronnie de Beauvoir et la mer.

En vain les seigneurs de la Garnache ont concédé ces terrains à des particuliers, en vain ceux-ci les ont fait renclore à grands frais; d'autres particuliers les ont assencés du roi et ont réussi, sous un ministère trop fiscal, à expulser les premiers, sous prétexte que ces terrains faisaient partie d'un fond jadis couvert par la mer, que de là il appartenait au roi comme un droit de sa souveraineté.

Ce système était étrange, il aurait pu s'opposer avec autant de fondement contre ta totalité des paroisses de Beauvoir, Notre-Dame et Saint-Jean de Mont, Saint-Urbain, Sallertaine et autres de la terre de la Garnache.

La majeure partie des terrains des premières paroisses n'a pas une existence beaucoup ancienne. La mer venait ci-devant jusqu'auprès de la ville de Beauvoir; de là jusqu'où l’on voit aujourd'hui la mer reculée, tout le pays en était inondé. Sorti du sein des eaux, il pourrait donc subir le même sort aucune loi du royaume n'autorise un pareil système.

L'ordonnance de marine ne concerne que la police à observer sur les bords et rivages de la mer.

L'édit bursal de 1710 ne fait point loi du royaume; il n'est enregistré qu'en quelques parlements, ses dispositions n'ont jamais été suivies témoin les droits dont jouissent journellement en Normandie les seigneurs voisins de la mer; témoin l'arrêt rendu en 1769, au parlement de Paris, entre le marquis de Champagne et le chapitre de Luçon; témoin surtout le retrait, accordé par S. M. aux vœux du parlement de Bordeaux, de l'arrêt du conseil porté sous le ministère de M. de Galonné, qui renouvelait les dispositions de l'édit de 1710.

Mais de ce qu'un terrain a été anciennement couvert des eaux de la mer, comment pourrait-il s'ensuivre qu'il fût devenu domanial, au préjudice du voisin propriétaire ou seigneur féodal? N'est-ce pas, au contraire, une alluvion qu'aucun étranger ne peut réclamer ?

 L'alluvion se caractérise, en effet, un accroissement insensible et peu à peu sur les rivages de la mer, fleuves et rivières, par les terres que l'eau y porte.

Or, en principe, les créments et atterrissements de la mer ou des fleuves, toute espèce d'alluvion aurait au profit du propriétaire et du seigneur féodal, tellement que celui dont l'héritage est diminué par cette voie, ne peut pas revendiquer ce qui s'en manque, c'est le droit universel du royaume.

D'un autre côté, en principe des fiefs, le droit du seigneur de la Garnache sur les domaines de cette nature est incontestable. Ils sont situés dans la mouvance de sa terre et en font partie; l'inspection des lieux le démontre.

En face de ces terrains et a quatre lieues au- delà, est placée l’ile-Dieu; à trois lieues est celle de Noirmoutier celle de Bouin n'en est séparée des mêmes terrains que par un canal aujourd'hui presque toujours à sec. Ces trois îles, avant leur acquisition au domaine du roi, relevaient de la Garnache, et faisaient partie de son domaine ancien. Le privilège de l'enclave s'opposait donc ici avec le plus grand avantage.

Le roi est le premier seigneur féodal de son royaume à cause de son comté de Poitou, il doit la garantie à M le duc de Thouars de tout ce qui est porté dans ses aveux; et M. le duc de Thouars la doit au seigneur de la Garnache de ce qui se trouve dans ceux qu'il lui rend.

 Or, les aveux de la Garnache comprenant, dans l'étendue de la terre, les domaines en question, S. M. elle-même en devrait donc la garantie au seigneur de la Garnache, déjà prive des droits de bris et naufrages, droits assurés par une longue possession, par l'expression formelle de ses aveux. Exposé à perdre à tout moment des parties de sa mouvance par les sables emportés par les vents, par les irruptions de la mer qui en couvre souvent de grands espaces; l'accroissement que l'alluvion pourrait lui procurer, ne serait qu'un bien faible dédommagement de ces pertes.

L'on voit, par ce simple aperçu, que la question n'intéresse pas seulement le seigneur de la Garnache; mais tous les seigneurs du royaume qui ont des terres et fiefs sur les bords et rivages de la mer, fleuves et rivières.

Ce motif, l'importance de l'objet, engagent le seigneur de la Garnache à supplier Messieurs les députés aux États généraux de demander qu'il soit pris en considération,

 

Du PAS, marquis de la Garnache.

 

II

Le marquisat de la Garnache et la baronnie de Beauvoir-sur-Mer, diocèse de Luçon en bas Poitou, deux terres qui appartiennent à M. Du Pas et relèvent du duché de Thouars, comprennent plusieurs paroisses qui renferment dans leur enceinte, outre les cures, plusieurs prieurés, abbayes et communautés, de la fondation des anciens seigneurs de la Garnache.

La preuve en existe dans les titres mêmes de fondation, échappés à la nuit des temps, pour les abbayes de l'Ile-Chauvet en Bois-de-Cené, d'Orouet à Saint-Jean-de-Mont, communauté des Dominicains de Beauvoir, prieurés de Saint-Thomas de la Garnacbe, de Saint-Biaise et autres, et, pour les cures et autres prieurés, abbayes et communautés, dans des aveux en bonne forme multipliés depuis près de cinq siècles.

Tous ces titres prouvent que les seigneurs de la Garnache, en fondant ces bénéfices, s'en sont réservé le droit de patronage il est exprimé dans tous les aveux pour les bénéfices ci-dessus désignés, et pour les cures et prieurés de la Garnache, Sallertaine, Châteauneuf, Saint-Urbain, Saint-Jean-de-Mont, Notre-Dame-de-Mont, Bois-de-Cené. Pautx, prieuré de Saint-Gervais, Beauvoir, la Barre et autres bénéfices.

Avant rétablissement du calvinisme en France, les seigneurs de la Garnache jouissaient sans difficulté du droit de présentation; mais, dès qu’ils eurent embrassé la religion protestante, ce droit reçut atteinte, soit .qu'ils négligeassent de présenter, soit que les évêques refusassent ceux qui étaient nommés.

 Pendant les guerres de la Ligue, ce droit n'eut aucun exercice.

 Sous le cardinal de Richelieu, évêque de Luçon, les seigneurs de la Garnache entreprirent vainement de le faire revivre en présentant, regardés alors comme des rebelles (MM.de Rohan et de Soubise faisaient la guerre pour le parti protestant), n'ayant aucun accès dans les tribunaux, comment leurs réclamations auraient-elles été écoutées?

 

Armand Jean du Plessis de Richelieu, de la Sorbonne à l'évêché de Luçon (Time Travel 1606)

Destiné à une carrière militaire, Richelieu se trouve dans l'obligation en 1605 de se tourner vers une carrière religieuse : son frère Alphonse-Louis du Plessis refuse l'évêché de Luçon (gardé depuis 20 ans dans la famille) pour devenir moine en entrant à la Grande Chartreuse, et la famille refuse de perdre ce qu'elle considère comme une importante source de revenus.

 

Depuis cette époque, les évêques de Luçon se sont maintenus dans la possession de pourvoir à ces bénéfices, que le cardinal avait commencée. Mais cette possession n'est qu'abusive; née dans des temps de désordre et de trouble, elle ne doit pas l'emporter sur le droit bien établi du seigneur de la Garnache. Le patronage qu'il prétend est réel de sa nature attaché à la glèbe, il la suit partout; il est imprescriptible.

Sans doute le seigneur de la Garnache n'est pas le seul dans les terres duquel les droits de cette nature se sont éclipsés. Partout le but des évêques a été d'étendre leur juridiction et prérogative; ils ont pu commettre ailleurs les mêmes innovations, s'attribuer comme un droit la présentation des bénéfices, lorsqu'ils ne peuvent les conférer que sur la négligence des patrons laïques.

Puisque la prescription ne doit pas avoir lieu ici, il est juste que les choses rentrent dans leur état primitif. Le marquis de la Garnache supplie messieurs les députés de son ordre d'insérer dans leur cahier sa réclamation.

Du PAS, marquis de la Garnache.

M. Robert de Lézardiëre, père de l'illustre demoiselle à qui l'on doit la Théorie des lois politiques de la France, et qui était lui - même un homme distingué, auquel avait été renvoyé l'examen des deux mémoires du marquis de la Garnache, fit sur eux le rapport suivant aux membres de son ordre :

Le premier mémoire, écrit avec beaucoup de précision, rapporte les motifs des réclamations que le seigneur de la Garnache croit pouvoir former sur les alluvions qui avoisinent ses domaines. C'est une question entre le roi  et le seigneur de la Garnache, et les possesseurs actuels des alluvions et cette question est du ressort des tribunaux ordinaires. Si, les députés de la province se chargent de ce mémoire ce ne pourra être pour faire prononcer aux États généraux sur les prétentions du seigneur de la Garnache, mais seulement pour renvoyer ledit seigneur aux juges ordinaires, en recommandant spécialement à ceux-ci de faire justice.

C'est de cette manière que les États généraux de Tours, de l'an 1484, statuèrent sur la foule de demandes particulières du ressort des tribunaux, qui furent portées à cette assemblée.

Le second mémoire réclame pour le seigneur de la Garnache le droit de patronage de diverses églises paroissiales et autres bénéfices, dont les seigneurs de la Garnache ont été dépouillés sous Louis XIII, durant les guerres de religion.

Le seigneur actuel prétend que ce droit est imprescriptible; que la violence seule l'a enlevé au marquisat de la Garnache. Cette question est encore du ressort des tribunaux ordinaires, et semble que les députés de la province devraient faire le même usage de ce mémoire que du mémoire précédent (23).

La seigneurie de la Garnache et Beauvoir étendait sa juridiction sur les paroisses de Châteauneuf, Sallertaine, Saint-Urbain, Saint-Jean-de-Monts. Notre-Dame-de-Monts, Bois-de-Cené, la Trinité de Machecoul et Paulx en entier.

Ces trois dernières paroisses et une partie de celle de la Garnache étaient dans les marches communes du Poitou et de la Bretagne.

La juridiction s'étendait, en outre, sur nombre de fiefs détachés en diverses paroisses; ainsi, sur ceux de Bois-du-Breuil, la Jarriette, la Routière, Matescot, Gachard, à Challans; le fief Trébiot, à Saint-Christophe les fiefs de l'Islatte et de la Boucherie, au Perrier; la Gilletière, la Venasserie, les Vignes Gâtes, le Châtenay, la Jollanderie, les Salines, la Boissellerie, la Joucalière, les Aymonds, la Parenterie, Fontordine, le Bois-Béranger, le Bois-,Cathus les Prés-Vaines, à Saint-Gervais; le fief du prieuré, dans cette même paroisse, était indivis avec le seigneur de Saint-Gervais; le fief d'Ampan, à Beauvoir.

Les paroisses et justices qui relevaient par appel de la Garnache, étaient la châtellenie du Fief-Thaveau à Soullans ; tout ce qui composait la châtellenie poitevine dans la paroisse du Coutumier, formant la moitié du grand et du petit marais de Bois-de-Cené en marches communes, l'autre moitié étant sous la direction de Bretagne presque toute la paroisse de Saint-Gervais en y comprenant Chaveil et les Salines.

Une particularité digne de remarque pour cette justice, est qu'elle était régie simultanément par les coutumes de Poitou et de Bretagne.

La justice s'y exerçait suivant ces deux coutumes, par les juges de Poitou ou de Bretagne par prévention entre eux; de sorte que, lorsqu'un justiciable en avait traduit un autre devant un juge l'intimé ne pouvait demander son renvoi devant le juge d'autre coutume et le magistrat primitivement choisi devait se décider d'après la coutume qui lui compétait.

Autrefois, l’ile-Dieu et l'île de Noirmoutier relevaient de la Garnache; celle de Bouin était en marches communes et relevait de la Garnache pour la juridiction poitevine.

Les audiences se tenaient le lundi de chaque semaine. Les officiers étaient un juge, un procureur fiscal, seize notaires (dont treize étaient procureurs), et huit sergents, lesquels exerçaient également dans la baronnie de Beauvoir (24).

Avant la Révolution, l'abbé de Saint-Léger, ordre de Saint-Benoît, dans le diocèse de Saintes, présentait à la cure de Notre-Dame de la Garnache, ainsi qu'à la chapelle de Sainte-Catherine et à une stipendie qui y étaient desservies.

L'évêque de Luçon avait seulement le patronage d'une autre chapelle, dite de Saint-Jean l'Évangéliste, et de la stipendie de la Maisonneuve, desservies dans la même église.

 Enfin l'abbé de Saint-Michel-en-l'Herm présentait au prieuré de la Garnache (25).

La foret de la Garnache, aujourd'hui pauvre taillis d'une centaine d'hectares, couvrait jadis une grande partie de la plaine comprise entre la Garnache, Bois-de-Cené et Sallertaine. Il y existait aussi des landes ou bruyères.

Nous avons vu que le plus ancien seigneur du nom de Pierre, y avait, au commencement du XII° siècle. fondé et doté un monastère, qui en prit le nom de la Lande-en-Beauchêne, pour y loger des religieuses de l'institution de Robert d'Arbrissel.

C'était encore, à la Révolution, un prieuré conventuel dépendant de l'ordre de Fontevraud.

La commune de la Garnache renferme le territoire de l'ancienne commanderie de Coudrie, qui appartenait à l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

Ce chevaleresque manoir fut pillé pendant la guerre; son fermier, Joseph Thomaseau, périt sur l'échafaud, et depuis ses bâtiments ont été démolies, ses futaies abattues.

Monument classé Monument Historique datant du XIIe siècle et remanié au XVe siècle, cette ancienne église se situe non loin du village de la Flocellière, près de la route qui mène à Saint-Christophe-du Ligneron.

 

 

Dans la même commune est le modeste château de Fonteclose, auquel le souvenir de Charette qui en avait épousé l'héritière et l'habitait au moment où il prit parti dans l'armée vendéenne, assure un nom historique.

le 14 mars 1793 Manoir dit La Vieille Fonteclose (Maison de Charette)

Manoir de la Vieille-Fonteclose du XVIII siècle, Monument historique par arrêté du 5 décembre 1975 1793, Louis XVI vient d'être guillotiné, la colère gronde dans certaines provinces. Aux frontières, l'étranger menace, la convention s'énerve, la République est en danger, elle décide la levée en masse de 300000 hommes.

 

Le 25 mai 1790, à vingt-sept ans, il épouse à Nantes, dans la paroisse de Saint-Denis, Marie-Angélique Josnet de La Doussetière, veuve de son cousin Louis Charette, âgée de quarante et un ans, et s'établit au manoir de Fonteclose, à La Garnache, près de Challans en Vendée.

 L'acte de mariage du célèbre général offre trop d'intérêt, en raison des nouvelles données qu'il fournit sur lui et des erreurs même qu'il rectifie, pour que nous ne le rapportions pas ici :

Le 25 mai 1790, après une publication de bans canoniquement faite et sans opposition venue à notre connaissance, tant en cette église qu'en celles de Saint-Louis de Brest et de Notre-Dame de cette ville, comme il conste par les certificats de MM. les recteurs d'icelles, vu les dispenses des deux autres bans accordées, pour le diocèse de Saint-Paul-de-Léon, par Monseigneur l'évêque d'icelui, etc., et pour celui de Nantes, par M. l'abbé de Chevigné, vicaire général, etc., vu la permission au futur époux de contracter mariage accordée le 14 de ce mois par M. Hector, commandant la marine au port et département de Brest, nous soussigné, prêtre docteur en théologie, syndic du diocèse, recteur de cette paroisse, avons reçu les fiançailles et donné la bénédiction nuptiale a messire François-Athanase Charette de la Conterie, chevalier, lieutenant des vaisseaux du roi au département dudit Brest, fils âgé de vingt-sept ans de défunts messire Louis Charette, chevalier, seigneur de la Conterie, et de dame Marie-Anne de la Garde, ses père et mère, originaire de la paroisse de CouHé en ce diocèse, domicilié de celle de Saint-Louis de Brest et actuellement de Notre-Dame, d'une part; et à, dame Angélique Josnet de la Doussetière veuve de messire Louis-Joseph Charette, chevalier, seigneur du Moulin-Henriette (26), fille âgée d'environ quarante-un ans de défunts noble homme Pierre Josnet de la Doussetière, et de dame Marie Gazeau, ses père et mère, originaire de la paroisse de Notre-Dame de la Garnache, diocèse de Lucon, domiciliée depuis plusieurs années de celle-ci, d'autre part ont assisté comme témoins dudit mariage, messire Louis-Marin Charette, seigneur de la Contrie, ancien lieutenant au régiment de Viennois-infanterie, frère de l'époux, domicilié de la paroisse de Saint-Clément de cette ville; noble homme Jean-Louis Gaspard Josnet de la Violais, ancien capitaine d'infanterie, parent du troisième [degré] à l'épouse, domicilié de la paroisse de Sainte-Croix de Machecoul ; noble maître François-Joseph Boursier de la Robinière avocat, parent au quatrième degré de l'épouse, domicilié et maire de la Garnache, messire Jacques-Alexandre de Chambellé de la Boissière chevalier, domicilié de la paroisse de Saint-Laurent. JOSNET CHARETTE, LE CHr CHARETTE,

CHARETTE DE LA CONTRIE, CHARETTE, CHARETTE DE LA GACHERIE, CHARRETTE DE TREVENEUC, ANNE LYROT DU CHATELLIER, LYROT, JOSNET DE LA VIOLAIS BOURSIER DE LA ROBINIÈRE, CH' DE CHAMBELLE DE LA BOISSIÈRE, PETIT DES ROCHETTES, recteur de Saint-Denis, (Registre d'état civil de la paroisse Saint-Denis de Nantes, année 1790, fol. 7)

 Près de Fontectose, entre ce manoir et la Garnacbe, est le château du Puy-Rousseau, qui, depuis nombre de générations, appartient à la famille de la Rochefoucautd-Bayers.

 Nous renvoyons aux Deux Heroïnes vendéennes, curieuse petite brochure de M. Benj. Fillon pour les détails sur la vie et la mort de l'amie et voisine de Charette, Marie-Adëlaïde de la Touche-Limousinière, dame de la Rochefoucauld, qui le possédait la Révolution.

Ch de SOURDEVAL

 

 

 

 

Revue des provinces de l'Ouest : Bretagne et Poitou : histoire, littérature, sciences et arts / [directeur Armand Guéraud]

L'Ile d'Yeu d'autrefois et l'île d'Yeu d'aujourd'hui, par O.-J. Richard.

Échos du bocage vendéen : fragments d'histoire, de science, d'art et de littérature

 

 

 

Patrimoine, à visiter en Vendée- Carte des Châteaux <==

 


 

(1) M. de Sourdeval, La Garnache, Beauvoir et le Perrier, p. 17 et suiv. Dans ce livre, M. de Sourdeval donne à la fille aînée du connétable le nom de Béatrix, qui est le nom véritable ; mais, dans l'article publié dans l'Ann. de la Soc. d'Émul. (1re série, XIV, p. 289), il lui donne le nom d'Alix.

(2) M. de Sourdeval, La Garnache, etc., loc. cit.

(3) M. de Sourdeval, La Garnache, Beauvoir-sur-Mer et le Perrier, loc. cit.

(4) « Jacques, duc de Nemours, l'avait épousée, dit le Père Anselme (III, p. 513), par paroles de présent ; mais le mariage fut déclaré nul par le pape et cassé, par arrêt du Parlement, en 1566, et leur fils déclaré illégitime. »

Les mariages par paroles de présent, usités quelquefois à cette époque, étaient, en réalité, des mariages purement civils. Les parties contractantes qui savaient que, pour un motif quelconque, la bénédiction nuptiale leur serait refusée, se rendaient à l'église en compagnie de témoins et d'un notaire. Après avoir reçu du prêtre le refus de procéder à la célébration de leur mariage, elles requéraient le notaire de prendre acte de ce refus sous l'attestation des témoins et, en outre, de consigner dans l'acte qu'elles se prenaient pour mari et femme. Un arrêt du 4 février 1576 a déclaré valable une union contractée dans ces conditions. Cependant, une ordonnance, datée de Blois, en 1579, défendit aux notaires, sous peine de punitions corporelles, de recevoir des promesses de mariages par paroles de présent.

(5) Ann. de la Soc. d'Émul., 1re série, X, p. 155, article de M. Marchegay.

(6)   Biographies des hommes illustres de Fontenay, etc., p. 132-34. Celle-ci a été tirée à part sous le titre de Notice sur la vie et les écrits du mathématicien François Viète, par M. Fillon et Ritter ; Fontenay-Vendée, Nairière-Fontaine, 1846, brochure in-8°, avec portrait.

 (7) Ces détails si curieux du siège de la Garnache sont empruntés à la Chronique de la guerre des trois Henri, publiée par M. de la Fontenelle de Vaudoré.

(8) Ibid., M. d'Asis-Gallissans, 1re série, VII, p. 173.

(9) Le Père Arcère, Hist. de la Rochelle, II, p. 59.

(10) Ann, de la Soc. d'Émul., M. de Sourdeval, 1re série, XIV, p. 289.

(11) Le Père Arcère, Hist. de la Rochelle, II, p. 132.

(12) Bouillé, Diction. d'Hist., au mot Rohan.

(13)Le père Anselme, Hist. Général. Et chron. De la Maison de France et des grands officiers de la couronne, tom.III,p.513, édit. De 1728.

 (14). La suscription de cette lettre, que nous reproduisons d'après une copie du temps conservée aux archives de la mairie de Nantes est: « A mon cousin le duc de Monbazon, pair de France, gouverneur et mon lieutenant général en l'Isle-de-France, capitaine et gouverneur de mes ville et chasteau de Nantes, mon lieutenant général au gouvernement de l'évesché dudit Nantes.

Cette pièce et les suivantes nous ont été communiquées par M. Dugast-Matifeux.

 (15) La Défaite des troupes de Monsieur de Favas, La Noue et Bessay, au bour de Saint-Benoist en Bas-Poitou,  etc., Paris, chez Abraham Saugrain, 1621 plaquette in-8" de 5 pag.

(16) Ann. de la Soc. d'Émul., 1re série, V, p. 17 (Art. de M. Marchegay).

(17) Le Père Arcère, Hist. de la Rochelle, II, p. 132.

(18) Ann. de la Soc d'Émul., 1re série, X, p. 193 (Art. de M. Marchegay).

(19) Recherches historique et archéologiques sur Fontenay-Vendée, etc, pag.269-70 ; Fontenay, Nairière-Fontaine, 1846, in 8°.- M. Fillon a dans sa précieuse collection poitevine le procès-verbal original de visite et de démolition de la Garnache

 (20) Histoire du Poitou, tom. VI, pag. 118

(21)Dans une lettre écrite de la Garnache par un volontaire de Nantes, à sa femme, le 28 avril 1793, on lit ce qui suit "Je te dirai que nous avons bien marché et vu du pays; de Machecoul nous avons été à la Garnache, de là à Challans, à Sallertaine, puis à Châteauneuf, et nous sommes revenus à la Garnache. Je crois que nous amènerons la bonne femme nourrice de M. Du Pas. Son château est à nous nous sommes dedans, sans savoir quand nous retournerons.» Signé MARCHAIS. (Collection révolutionnaire de MM. Dugast-Matifeux et Benj. Fillon)

 (22) Le marquis de la Garnache entendait sans doute par certes, chartes, du latin carta.

(23) Ces trois derniers documents proviennent du cabinet de M. Beauchet-Filleau, vol. comprenant l'Assemblée provinciale du Poitou, ordre de la noblesse, 1789, et m'ont été communiqués par M. Benj. Fillon

 (24) Tout ce passage sur la juridiction de la seigneurie de la Garnache est emprunté au travail de M. Beauchet-Filleau inséré dans les Mémoires de la Société des Antiquaires de l'Ouest. Poitiers, 1844.

(25) Bénéfices de l'évesché de Luçon, pag. t7, 19, 27 et 28, dans le Pouillé général contenant les bénéfices de l'archevesché de Bordeaux, imprimé à Pans, chez Gervais Alliot, en 1648, in-4". La cure et le prieuré de la Garnache y sont désignés sous le nom de Gaspaigne; mais c'est une incorrection provenant sans doute des anciens mss. qui servirent de copie, ou du peu de soin avec lequel il fut imprimé, car on ne disait plus alors que la Garnache et d'ailleurs, plus loin dans le même volume, à l'art. des autres petits bénéfices, ce nom est parfaitement orthographié.

(26) Le fief ou terre du Moulin-Henriette, qu’on prononce vulgairement Moulinriet, est situé dans la paroisse de Sainte-Pazanne..

Fontenay-Vendée, Robuchon, 1847

 

 

 

(b) 19 juin 1571. Transaction sur le partage des biens escheus ou à eschoir de la succession du seigneur René I, viconte de Rohan, et de celle de dame Ysabeau de Navarre, son espouse.

 

Comme ainsi soit haults et puissants René de Rohan, seigneur de Pontivy, et Loys, Monsieur de Rohan, frères puisnez de très hault et puissant prince Henry, viconte de Rohan, leur frère aisné, eussent dès pieez a proposé de convenir en justice leurdict frère ainsé en demande de partaige de la succession longtemps escheue de feu, de bon memoyre, très hault et très puissant prince, René de Rohan, leur père commun, pour estre icelluy partaige faict et executé selon la coustume des pays où le biens sont situez et assis, comme Bretaigne, Poictou, Xanitonge et Normandye.

Et de ce qui est en Bretainge, encore que la succession soit de gouvernement noble et advantaigeux selon l’assise du comte Geoffroy, si est ce quilz prétendoint au moïen de la Constitution du duc Jan, père du duc Arthur, faicte deux cens ans ou environ après icelle assise, et de l’article de la coustume reformée dudict païs, cinq cens soixante spetiesme, estre fondéz en droict de quotte partye de l’hérédité, pour d’icelle jouyr par héritaige et non à tiltre de simple bienfait, considéré que le tout ou la plupart d’icelle succession consite en principaultez, contez, viscontés, baronnyes, et chastellenyez, touz tiltres grands, illustres et excellantes dignitez ; et à plus fortes raisons estre fondez à pandre par héritaige leurs contingentes portions de ce qui est situé ès provinces de Poictou et Xainction, mesmement d’avoir par ès portions, ès successions collatéralles, suyvant les coustumes desdicts païs ; et en conséquance de ce, prétendoint avoir part en la succession du feu sieur de Frontenay-la-Baptu, situé audict païs de Xaintonge, frère commun (1) ; Et que telle estoit l’usance et l’observation inviolable dudict pays de Bretaigne, que ès grandes et illustres familles, les filz puisez prenoint par heritaige ; a laquelle raison ilz auroint humblement suplié et requis a leurdict ainsé de leur voulloir bailler et asseoir leursdictz droictz et portions contingentes,mesmement de ce que leur pouroit apartenir en

(1)    Messire Jean de Rohan, seigneur de Frontenay.

 

 

La succession future de très haulte et illustre princesse dame Ysabeau de Navarre, leur mère commune.

Lequel sieur de Rohan, defendant à ce, entendoit consentir et acorder u sesdictz frères pourveance sur les biens et partaige desdictes deux successions, selon l’assise du comte Geoffroy, par laquelle les puisnez des grandes et antiennes familles, comm ceste cy, ne sont fondéz en aucune quotte de l’hérédité et de tant moins à prendre par heritaige, ainsi en simples demandes de nouritures et entretenemens à la volonté et discrétion de l’aisné et des parens et communs amys ; que telle est l’expresse disposition de ladicte assise, à laquelle tant s’en fault qu’il y ait esté desrogé par les constitutions des ducs, ou par les coustumes dudict païs, tant antiennes que nouvelles ; que au contraire elle a esté et est par exprès confirmée par icelles, et quant à la prétendue constitution du duc Jan, icelle n’estre escripte nulle part pour en pouvoir tirer aucun sens ou disposition, et n’en estre faict mention qu’en l’article de l’ancienne coustume : deux cens neuf, ou il est dit : que par icelle constitution a esté desrogé en partie à la dicte assise, sans dire en quoy, ny commant ; Ayant néantmoins la postérité receue dela mains des antiens, comme par le droit de caballe jusques en l’an mil cinq cens trente neuf, que feust la Réformation de la coustume dudict païs de Bretaigne, que en ceste desrogation, s’ entendoit en ce que combien que l’assise disposait indistinctement de toutes successions nobles et antiennes, en privant les puisnez d’icelles, d’avoir aucune quotte partie ;  touteffois par icelle constitutions, ladicte quotte auroit esté de nouveau introduicte et réduicte à la tierce partie des successions des simples nobles qui auroint juré ladicte assise, sans toucher ny aucunement desroger à icelle pour le regard des grandes et illustres familles ; qu’en bien ce démonstrant la coustume réformée audict an, mil cinq cens trente neuf, introduisant comme de nouveau ladicte quotte és successions nobles et de gouvernement noble, auroit par exprés excepté lesdictes antiennes maisons et familles de princes, comtes, et barons, lesquelles sont délaissées en leur gouvernement entier, qui est selon l’assise, sans distinction de quotte aux puisnez, que tellea esté et est l’intelligence, us et observation dudict païs, prenant grandement à son adventaige que tout ou la plus grande partie desdictes successions, consite en tiltres de principaultez, comtez, vicomtez et baronnyes ; car de tant moins se peuvent-ils diviser et encore asseoir par heritaige aux puisnez, suyvant mesme la disposition des droictz des femmes ; que le gouvernement de cette maison et famille a esté tel, que de tout temps et non aultre, dont font foy les partaiges des deux puisnez d’icelle, scavoir : de Claude, Monsieur, oncle commun, qui combien qu’il fust seul puisné, si est ce que par meure délibération de conseil et avec si grande cognoissance de cause, on luy adjgea pour tout, quatre mil livres de rente pour en jouyr en nature d’usufruit ; et dudict feu sieur de Fronteay, frère commun des parties, qui se seroit contenté et tenu pour bien satisfaict de ladicte baronnye de Frontenay et de la Haye de Lavau, revenantes les deulx, à deux mil livres de rente ou envyrons ; et en nature de bienfaict seulement, que s’il est advenu quelques foix qu’en telles et si grandes maisons les puisnez ayent eu part heritaige, cela c’est faict de la pure et simple libéralité de l’aisné dont on ne peult tirer consequence de desrogation a l’estat ancien, quant les asin,ez recoyvent en celuy cas leurs puisnez, à homme de foy, à la charge de tenir d’eulx, comme juveigneurs d’aisné ; que par lesdictes coustumes tant antiennes que reformées, conformes en ce regard à la dicte assise, est ex pressément dit que non seulement la pocession et saisine, mais aussi toute la seigneurie directe et utile doibt aller à l’aisné des enfens des barons et des chevaliers. (Article cinq cens cinquanteiesme en la coustume reformée.)

Si doncques toute la seigneurie solide et entière appartient à l’aisné desdictz contes et barons, que les puisnez d’iceulx ne se peuvent dire seigneurs et moins pocesseurs d’aucune partie, soit divisée ou indivise de la succession, commant peuvent-ilz prétendre avoir droict de quotte partie ; et encore d’avoir icelle quotte par heritaige ; - Et entendoit par ses moyens offrir de les entretenir de toutes choses nécessaires à l’estat de leurs personnes, selon la grandeur de leur maison, comme il avoit faict par le passé : lesdictz puisnez auroint alors humblement suplié et requis de n’entrer plus avant en contention, desbat, n’y dispute touchant le gouvernement antien de leur maison, lesquelz après s’estre bien informez, tant par le raport des anxiens que par le tesmoignaige desdictes lettres de partaige, cy-devant mentionnées, ont recongneu et confessé, cognoissent et donfessent estre tel qu’il est contenu par ladicte assie du comte Geoffroy ; Conséquemment n’estre fondéz, ny en quotte, ny à jouyr par héritaige pour le regard des choses situées audict païs de Bretaigne, si ce n’est de tant qu’il plaist à l’aisné leur en despartir ; mais estre fondéz à prendre part hors ledict païs ; Pour sur tout quoy moyenner ung bon et sainct acord entre eulx, ont suplié à leur diict aisné de voulloir convenir de personnes notables, saiges et prudentes, tant en l’administration de la justice que de la noblesse ; ce que ledict sieur de Rohaan, pour leur gratifier, auroit acordé. Au de quoy auroit faict et passé le compromis duquel la teneur ensuilt :

Nous, Henry, viconte de Rohan, prince de Léon et conte de porhouët, etc.., d’une part ; - Et Nous, René de Rohan, seigneur de Pontivy, tant en nostre propre et privé nom que comme faisnat le faict vallable de Loys, Monsieur de Rohan, nostre frère, auquel  promettons faire ratiffier le contenu en ces presantes, d’aultre part ; - Recognoissons et confessons avoir ce jour convenu pour arbitres arbitrateurs et amyables compositeurs des differans qui sont entre nous, pour nos partaige, scavoir : Nous, viconte de Rohan, les seigneurs de Bordaige et de Cargroys ; Et Nous, seigneur de Pontivy, esdicts noms, des sieurs du Combeut, chevalier de l’Ordre, et de la Musse ; Et pour présider en ladicte compaignye, Avons, Monsieur de Rohan et de Pontivy nommé et esleu, Noble homme Messire Pierre Bruston, sieur de la Musse et de Beaumont, président en la court de Parlement de ce païs et duché de Bretaigne.

Au dire, jugement et arbitraige desquelz ou de troys des cinq, comprenant ledict sieur président pour tiers, nous nous sommes submis et submettons et icelluy promettons tenir sans ressort, ne appel, à peine de mi escuz d’or soleil payable sans déport et avant toute entrée de plaist par celuy qui ny vouldra obeir suivant l’edict et ordonnance du Roy, sur le faict des arbitres pour lesdictz differans estre par lesdictz arbitres arbitrateurs et amyables compositeurs, composez, décidez et terminez dedans le quinziesme jour de juing prochain venant et aultres jours subsequans, esquelz sans discontinuation, ilz vacqueront audict négoce et affaire.- en tesmoing de quoy, nous avons signé ces présantes, à Blaing, le quiziesme jour de may, l’an mil cinq cens soixante unse.

Ainsy signé : Henry de Rohan, René de Rohan et Loys de Rohan.

Le jugement et advis desquelz ilz auroint déclaré voulloir suivyr sans aucune contravention.

Au traicté duquel compromis seroit intervenue Haultes et Puissante Dame Francoyse de Rohan, dame de Nemours, de la Garnache et de Beauvoir-sur-Mer, sœur unicque desdictes parties, qui auroit prétendu d’estre fondée à prendre part en la succession dudict feu sieur de Frontenay pour le regard de ce que est, hors le duché de Bretaigne et à raquicter de sondict frère aisné, le nombre de cent cinquante livres de rente acquis sur lesdictz lieux de la Garnache et Beauvoir-sur-Mer, aultreffoix venduz par ledict fue sieur de Frontenay, lequel sieur de Rohan, auroit au contraire dit avoir obtenu lettres rescindantes du partaige cy-devant baillé à ladicte Francoyse, sa sœur, par l’issue et evénement desquelles il entendoit reprendre lesdictes baronnyes de la Garnache et Beauvoir-sur-Mer, comme estant ledict partaige immense et trop excessif, offrant de luy bailler et asseoir selon droit de coustume, ce que ladicte Françoise entendroit empescher et debattre par justice.

Sur quoy les parties ouyes, et après que lesdicts sieur de Rohan et Francoyse, sa sœur, ont consenty et accordé l’ampliation du compromis pour raison de leurs personnes droitz et actions, tant réelles que personnelles, rescindantes et recessoires que aultres quelconques, ont esté faict et passez par le bon, saige et prudent advis desdictz sieurs arbitres, les conventions, transactions et accords qui ensuyvent.

Premierement que ledict seigneur de Rohan baillera à Messieurs de Poutivy et Loys, Monsieur de Rohan, ses frères pour leurs droictz, partye et portions héréditaires tant en la succession escheue de feu hault et puissant seigneur René, vicomte de Rohan que en celle à escheoir de haulte et puissante princesse Madame Ysabeau de Navarre, leurs père et mère, pour le regard des choses contenues en son contract de mariage et aultres que ledict fue sieur de Rohan peult avoir receues ensemble et celles de Claude, Monsieur, et du feu sieur de Frontenay, leur oncle et frère, et généralement et toultes aultres successions collatéralles jà escheues escepté celles qui pourront escheoir hors païs et duché de Bretaigne, les baronnyes, terres et seigneuries qui en suyvent.

Scavoir est : Audict sieur de Pontivy, la baronnye, terre et seigneurie de Frontenay-Labatue, et la dorest d’Estampes, assise tant en Poictou que Xainctonge et la chastellenie, terre et seigneurie de la Haye de Lavau, assise en Bretaigne, evesché de Nantes, leur appartenances et deppendances, telles quelles sont à presant et que ledicte deffunct seigneur de Frontenay en jouissoit lors de son trépas.

Et audict Loys, Monsieur, les baronnyes de Gyé et vicmoté de Carantan et leurs appartenances, situées au païs de Normandie, ainsy quelles se poursuyvent et comportent et que ledict sieur de Rohan a droict d’en jouyr par le trépas dudict feu seigneur de Rohan, père desdictes parties ; à la charge touttefois que si ladicte vicomté de Carantan estoit par cy-après évincée par le Roy, suiyvant la faculté de racquit par luy prétendue, ledict seigneur de Rohan prendre et receuvra les deniers du rembourcement tant en principal que loyaux coutz, frais et mises. Et en rescompance sera ledict seigneur tenu bailler audict Loys, Monsieur, une terre de douze cents livres de rente et de revenu annuel, qui sera prisée et estimée selon baux à ferme des dix années dernières passées………

Le tout faict en présance et du consentement de très hault et puissante princesse dame Ysabeau de Navarre, mère commune desdictes parties

A Blaing, le dix neufviesme jour de juing mil cinq cens soixante unze

Ainsy signée : Ysabeau de Navarre, Henry de Rohan, René de Rohan, Louis de Rohan, Françoise de Rohan, P. Brusion, René d’Avaugour, Du Camhout, Bonnadventure Chauvyn, De Montbourcher

 

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