Décembre 1382 Rémission en faveur de Pierre Rataut, homme d’armes, coupable de vols à Vouvant et à Pouillé, mis dans la prison de Guillaume VII Parthenay-Larchevêque

Au moment où Guillaume VII recueillait l'héritage de son père, d'affreuses calamités, triste résultat de la journée de Maupertuis et de la captivité du roi, désolaient la France. ==> Le SOUPER, Tel fut le dernier épisode de la bataille de Poitiers 1356 - Où sont les morts ?

 La faction sanguinaire de Charles le Mauvais triomphait à Paris, les compagnies de mercenaires, faute de paye, répandaient la terreur et la désolation dans les provinces, la jacquerie ensanglantait les campagnes, et, comme suite nécessaire de ces désastres, la famine se faisait sentir.

 Au milieu de tous ces maux, le dauphin Charles avait mis courageusement la main à l'œuvre pour y remédier, et déployait déjà cette merveilleuse habileté qui devait lui valoir plus tard le surnom de Sage.

D'un caractère peu belliqueux, mais doué d'un jugement remarquable pour le choix de ses officiers, le dauphin reconnut promptement dans la personne du nouveau seigneur de Parthenay un homme capable de concourir utilement au salut général et au bien de l'État.

En effet, Guillaume VII Larchevêque n'était pas seulement un vaillant guerrier, ainsi qu'il le prouva toute sa vie ; c'était en même temps un homme éclairé, d'une énergie rare, esclave de sa parole, et rempli d'aptitude pour occuper de hautes fonctions.

Il fut, sans contredit, l'homme le plus distingué de sa race depuis Josselin II, et l'un des barons les plus influents du Poitou au XIVe siècle.

Par lettres données à Meaux, le 22 mai 1358, le dauphin, appréciant les éminentes qualités du sire de Parthenay, l'éleva à la dignité de lieutenant général en Poitou, Touraine et Saintonge, conjointement avec Jean le Meingre dit Boucicaut, maréchal de France.

1358, 22 mai. Lettres de Charles, dauphin et régent du royaume, par lesquelles il nomme Jean Lemaugre dit Boussicaut et Guillaume Larchevêque, sire de Parthenay, lieutenants généraux des pays de Touraine au- delà de la Loire, de Poitou et de Saintonge en deçà de la Charente, en les autorisant à prendre, pour le soutien de leur charge et la solde de leurs gens d'armes, le subside qui se levait en ces provinces (sauf le dixième réservé au prince) et les deux tiers du profit de la monnaie de Poitiers données à Meaux.

Copie donnée sous le scel établi aux contrats à Poitiers, le 13 juillet. Parchemin, jauni et altéré par l'humidité. C 11.

 

3 juin 1358 Lettres du roi Jean chargeant Jean Le Maingre dit Boucicau, maréchal de France, le sénéchal de Poitou, Guillaume Larchevêque et l'abbé de Saint Cyprien d'inviter tous les prélats et gens d'église, nobles, communes et habitants de la province à se cotiser pour aider à payer sa rançon.

Copie contemporaine sous le sceau « dou contraiz establi à Poitiers » du 17 juillet 1358, Arch. mun. 16. — EDITION. Delachenal, Histoire de Charles V, t. II, p. 412

Le pouvoir que leur conférait cette charge importante était très étendu. Il leur était spécialement recommandé de visiter les forteresses des pays dont ils avaient l'administration, de les pourvoir de vivres et d'artillerie, et d'y placer de fortes garnisons de gens d'armes et de pied.

Quant aux châteaux forts nuisibles ou inutiles, il leur était enjoint de les raser.

 Pour subvenir à toutes ces dépenses d'utilité publique, les lettres du dauphin autorisaient les deux lieutenants généraux à lever les subsides des trois provinces confiées à leurs soins, et à prendre en outre la moitié du profit du monnayage de la monnaie de Poitiers (1).

Cependant l'infortuné roi Jean , prisonnier en Angleterre , faisait savoir par ses lettres données à Londres , le 3 juin 1358, qu'il avait fait un traité de paix avec Edouard III, et négocié sa mise en liberté moyennant une grosse somme d'argent qu'il déclarait ne pouvoir payer sans l'aide de ses bons et loyaux sujets.

Il mandait donc au sire de Parthenay, au maréchal de Boucicaut et au sénéchal de Poitou, de requérir tous les nobles, ecclésiastiques et bourgeois de la province, d'avoir à payer des aides convenables, chacun selon son état et son pouvoir (2).

Entre 1346 et 1356, la forteresse de Bazoges était menacée par les Anglais. Guillaume Larchevêque précise que le château de Bazoges a été démoli sous son commandement et « par grant deliberacon et conseil des noblez et autres de pais » avec «  le conscentement et volunte de monseigneur Jehan Luneau chevalier seigneur de Bazoges ». Jehan Luneau a donné son autorisation pour faire « desmolir casser et abatre….son lieu et forteresse de Bazoges » car  « les ennemis du roy notre sire avoient en proupoux et volunte demparer et enforter (cette forteresse) pour teni la guerre au pais »

Permission de fortifier le château de Bazoges accordée à Jean Lunea, seigneur de Bazoges et transaction sur la haute justice de Bazoges (1356-1380)

On sait que le dauphin et les États refusèrent de ratifier le traité conclu à Londres entre les deux rois, parce que les clauses en étaient trop onéreuses pour la France.

 Le traité définitif, signé à Brétigny le 8 mai 1360, rendit la liberté au roi Jean, mais céda à l'Angleterre le Poitou et l'Aquitaine tout entière.

 Les Poitevins éprouvèrent la plus vive répugnance quand il fallut subir la domination étrangère. Ils auraient bien désiré qu'on n'exécutât pas ce funeste traité qui les séparait de leur patrie naturelle. « Nous cédons à la force, disaient-ils aux officiers du nouveau gouvernement, nous vous obéirons ; mais les cœurs ne s'en mouveront (3). »

En octobre 1360 Jean Chandos reçoit l'hommage de Aimeri d'Argenton, chevalier, seigneur d'Hérisson et de Cremille qui agit pour le compte de Guillaume VII de Parthenay. Celui-ci est alors en pèlerinage à Jérusalem.

Le roi d'Angleterre confirme les coutumes, franchises et libertés antérieures.

Aprés son retour de Terre Sainte, Guillaume VII se rend à La Rochelle pour rendre hommage au Prince Noir, duc d'Aquitaine.

7 Août 1363. La Rochelle, dans l'église des frères Mineurs, Guillaume L'Archevêque lui fit hommage pour ses fiefs de l'Aunis, c'est-à-dire Châtellaillon. ==> En 1363, le prince de Galles parcourt sa nouvelle principauté d'Aquitaine pour recevoir les hommages féodaux.

Le roi d'Angleterre nomma Jean Chandos lieutenant général en Aquitaine.

Le chapitre de Saint- Hilaire de Poitiers se plaignit auprès de lui de ce que  le sire de Parthenay voulait contraindre les habitants de Saint-Hilaire-sur-l'Autize à faire le guet au château de Mervent.

 Ce droit n'appartenait point à Guillaume, car la terre de Saint-Hilaire-sur-l'Autize, dans laquelle le chapitre exerçait la haute, moyenne et basse justice, était du ressort de la châtellenie royale de Fontenay-le-Comte.

Jean Chandos, faisant droit à la plainte des chanoines, enjoignit, le 23 avril 1363, au sénéchal de Poitou, Guillaume Felton, de juger promptement le débat.

 Conformément à cet ordre, le sénéchal ajourna le sire de Parthenay à ses prochaines assises de Fontenay. ==> Châtellenie royale de Fontenay-le-Comte pendant la guerre de Cent Ans - Sir James Audley - Jean Chandos

Nous ignorons le résultat du procès ; mais il y a lieu de croire qu'il ne fut pas favorable à Guillaume.

Le 12 juillet 1363, Guillaume L'Archevêque nomma capitaine de son château de Parthenay Jean Cossin, seigneur de Mauregaine, dont la famille fournit plus tard divers officiers de la baronnie (4).

Le 24 novembre 1366, par acte daté de Parthenay, il concéda à l'abbaye de la Clarté-Dieu un délai de neuf ans pour exploiter les bois qu'il lui avait donnés dans sa forêt de Semblancay en Touraine (5).

Devenu vassal du roi d'Angleterre, par suite des circonstances malheureuses où se trouvait la France, le sire de Parthenay servit son nouveau suzerain avec le même courage et la même fidélité dont il eût certainement fait preuve s'il fût resté sous la domination des Valois.

 Ainsi le voulaient les mœurs et les lois féodales : du moment qu'un chevalier avait prêté le serment d'obéissance, il était lié irrévocablement et ne pouvait, sans forfaire à l'honneur, abandonner celui qu'il avait juré de servir.

Guillaume VII Larchevêque conçut une affection particulière pour le prince Noir qui gouvernait la Guienne.

Il se met à son service et, à partir de 1367, le suit dans ses expéditions militaires en Castille.

Il s'empressa de venir à Bordeaux se ranger sous les étendards du fils d'Edouard III, dès que fut résolue l'expédition d'Espagne qui avait pour but de replacer Pierre le Cruel sur le trône de Castille.

Le prince anglais, parti de Bordeaux le 1er février 1368, traversa la Navarre, franchit l'Ebre et prit position à Navarette le 28 mars.

Là se livra une furieuse bataille dans laquelle fut vaincu Henri de Transtamare, rival de Pierre le Cruel, et où fut fait prisonnier le célèbre Duguesclin qui était venu défendre les intérêts de Transtamare à la tête des grandes compagnies.

Le sire de Parthenay, sous les ordres duquel marchaient deux cents chevaliers, combattait à l’aile droite entièrement composée d'Aquitains et commandée par le comte d'Armagnac.

 Il se fit remarquer par sa valeur, et contribua au succès de la bataille (3 avril 1368) (6).

A son retour d'Espagne, le prince Noir donna à Bordeaux un banquet splendide aux grands vassaux de la Guienne et du Poitou. Le sire de Parthenay y figurait à côté des comtes d'Armagnac et d'Albret, du vicomte de Rochechouart, des sires de Pons, de Mucident, etc.

C'est à la suite de ce repas et en présence de tous ses nobles convives que le vainqueur de Poitiers, piqué de ce qu'on disait qu'il ne voulait pas relâcher Bertrand Duguesclin parce qu'il en avait peur, fit amener immédiatement devant lui son illustre prisonnier et le pria de fixer lui-même sa rançon.

Je la mets à cent mille francs s'écria le fier Breton ; et il fut mis en liberté (7).

La guerre ayant éclaté de nouveau entre la France et l'Angleterre en 1369, le prince de Galles fit venir de Montauban le sire de Parthenay, Guichard d'Angle, Louis d'Harcourt, vicomte de Châtellerault, et le sire de Poyanne, et les envoya à Poitiers avec mission de défendre cette ville et la province contre les attaques des Français (8).

Il existait alors sur les marches d'Anjou un château fort assez important appelé la Roche-sur-Yon, que les Français avaient fort bien pourvu de vivres et d'artillerie.

Les généraux anglais, qui se trouvaient en ce moment à Angoulême auprès du prince de Galles, résolurent d'en aller faire le siège. Aussitôt Chandos, le comte de Cambridge, le comte de Pembroke et leurs gens se mettent en route ; ils sont bientôt rejoints par James d'Audley, sénéchal du Poitou, et par beaucoup de feudataires de cette province, le sire de Parthenay, Guichard d'Angle, Geoffroy d'Argenton, Louis d'Harcourt, Maubrun de Linières et Thomas Percy, sénéchal de la Rochelle.

 L'armée anglo-poitevine formait en tout trois mille lances lorsqu'elle arriva devant la Roche-sur-Yon. Déjà les assiégeants avaient dressé leurs canons et leurs machines, lorsque, contre toute prévision, un traité suspendit les opérations du siège.

C'était le résultat des conférences qui avaient eu lieu avec Jean Blondeau, commandant de la place pour le duc d'Anjou. Ce capitaine promit aux Anglais de sortir du château, s'il n'était pas secouru au bout d'un mois, à la condition qu'on lui payât 6,000 livres, valeur des provisions qu'il laisserait. Il instruisit de ce traité le roi de France, le duc d'Anjou et le duc de Berry ; mais, n'ayant reçu aucun secours à l'expiration du mois, il remit le château entre les mains des Anglais, reçut les six mille livres et se retira à Angers avec ses soldats.

 Blondeau aurait pu opposer à l'ennemi une résistance sérieuse : sa lâcheté fut sévèrement punie. Sur l'ordre du duc d'Anjou, il fut mis dans un sac et jeté à l'eau.

Maîtres de la Roche-sur- Y on, les Anglais y mirent garnison et revinrent à Angoulême (1369) (9).

Peu de mois après, le sire de Parthenay accompagna le comte de Pembroke dans l'expédition qu'il entreprit en Anjou pour se venger d'un échec récent que lui avaient fait subir les Français au village de Puirenon en Poitou.

Le comte ravagea l'Anjou, mais il échoua devant Saumur défendu par Robert de Sancerre ; en revanche, il s'empara du Pont-de-Cé et de l'abbaye de Saint-Maur-sur-Loire où les Anglais se fortifièrent (1369) (10).

A peine le sire de Parthenay était-il de retour de cette expédition, que Jean Chandos, sénéchal du Poitou depuis la mort de James d'Audley, convoqua secrètement à Poitiers tous les barons et chevaliers de la province.

Guillaume VII Larchevêque et tous les Poitevins, qui portaient beaucoup d'affection à la personne du sénéchal, s'empressèrent de lui obéir.

Chandos voulait tenter un coup de main sur Saint- Savin dont les Français venaient de se rendre maîtres.

Quand il se vit à la tête de trois cents lances environ, il sortit de Poitiers, avec le plus grand mystère, dans la soirée du 30 décembre 1369, et arriva à minuit devant Saint-Savin.

L'entreprise des Anglais échoua par une circonstance singulière. Ayant entendu retentir subitement le cor de la sentinelle au moment où ils s'apprêtaient à escalader les murailles, ils crurent qu'on s'était aperçu de leur arrivée et rebroussèrent chemin précipitamment jusqu'à Chauvigny.

Arrivés là, les barons poitevins, parmi lesquels se trouvait le sire de Parthenay, demandèrent à Chandos la permission de se retirer. Le sénéchal, considérant qu'il n'avait plus besoin de leurs services pour le moment, les congédia.

(En 1369, le Prince Noir nomme le chevalier John Chandos sénéchal du Poitou, il meurt le 31 Décembre d’un coup de lance)

Aussitôt Les Poitevins et quelques chevaliers anglais formant en tout un corps de deux cents lances se mirent en route pour Poitiers par le pont de Lussac.

Thomas de Percy, sénéchal de la Rochelle, ne tarda pas à les suivre à la tête de trente lances, en sorte que Chandos resta à Chauvigny avec très peu de monde.

Vers la pointe du jour, on vint lui annoncer que les Français étaient sortis de Saint-Savin sous la conduite de Louis de Saint-Julien et de Keranlouet le Breton, et qu'ils se dirigeaient sur Poitiers.

Chandos, qui n'avait que quarante lances, quitte aussitôt Chauvigny pour arriver au pont de Lussac avant l'ennemi; mais les Français l'avaient devancé. Déjà même ils avaient eu un engagement avec Thomas de Percy, près du pont, sans pouvoir l'empêcher de le franchir et de continuer sa route vers Poitiers.

 A peine le combat était-il terminé que Chandos arriva à son tour pour franchir le pont.

Le voyant occupé par les Français, il voulut le forcer, mais durant la lutte il fut blessé mortellement d'un coup d'épée par Jacques de Saint-Martin, écuyer français.

Les Anglais, en voyant tomber leur capitaine, perdirent courage et mirent bas les armes.

Sur ces entrefaites un corps de deux cents lances, bannières déployées, paraît dans la plaine : c'étaient Guillaume de Parthenay, Guichard d'Angle, Louis d'Harcourt, Geoffroy d'Argenton, et tous les autres chevaliers partis les premiers de Chauvigny.

Ils avaient appris en route le départ de Chandos, sa rencontre avec les Français, et revenaient en toute hâte pour le soutenir. Malheureusement il était trop tard.

 Les Français se voyant en présence de forces bien supérieures usèrent d'un expédient singulier pour sauver leur vie. Ils se rendirent aux Anglais qui venaient eux-mêmes de tomber en leur pouvoir, il n'y avait qu'un instant.

De cette manière, ils échappèrent au courroux des chevaliers qui accouraient la lance baissée au secours de Chandos.

Grande fut l'affliction des Anglais et des Poitevins lorsqu'ils virent l'état désespéré du sénéchal. On le porta au château de Mortemer où il expira le lendemain, 2 janvier 1370.

Quant aux Français faits prisonniers, ils furent conduits à Poitiers, et ne tardèrent pas à payer leurs rançons (11),

Après la mort de Jean Chandos, le Prince Noir nomme Guillaume VII Gouverneur du Poitou

Le prince de Galles avait vu à l'œuvre le sire de Parthenay; il savait qu'on pouvait compter, non-seulement sur son courage dans les combats, mais encore sur son habileté et son dévouement dans l'administration des provinces soumises à l'Angleterre.

La preuve la moins équivoque de la confiance qu'il mettait en lui, c'est la haute fonction de gouverneur du Poitou qu'il lui conféra conjointement avec d'autres barons du pays.

Ce fait nous est attesté par les lettres du prince Anglais données à Angoulême le 13 mars 1370, dans lesquelles il charge ses ames et féaulx les gouverneurs de Poitou, Guillaume Larchevêque, seigneur de Parthenay, Louis d'Harcourt , vicomte de Châtellerault, et Guichard d'Angle , de faire démolir les maisons et constructions diverses qui se trouvaient près du fort de l'abbaye de Charroux « par tele manere que le dit fort et pays d'environ en peust être et demorer plus fort et sceur. »

Il leur enjoignait également de faire abattre la tour de Saint-Sulpice dans la même ville, de peur qu'elle ne fût occupée par les Français.

Les trois barons gouverneurs, retenus en ce moment par d'autres occupations de leur charge, transmirent les ordres du prince au châtelain de Civray et au capitaine de Charroux, en leur mandant de les exécuter ( 20 mars 1370) (12).

La guerre ne laissait aucun repos au sire de Parthenay; elle l'obligeait à se tenir continuellement sous les armes et à s'absenter presque constamment de ses domaines de Gâtine pour prendre part à des expéditions lointaines.

C'est ainsi qu'il lui fallut encore une fois revêtir son armure et aller se ranger sous les étendards du prince de Galles à Cognac, où se concentrait une nombreuse armée destinée à reconquérir Limoges que le duc de Berry venait d'enlever aux Anglais.

La prise de cette ville est restée tristement célèbre par les horreurs qui l'accompagnèrent. Les vainqueurs furent impitoyables ; ils massacrèrent tout ce qui se rencontra sur leur passage, sans distinction d'âge ni de sexe.

Le prince Noir ternit en un seul jour tout l'éclat de sa gloire (1370) (13).

Après avoir assisté et peut-être pris part au sac de Limoges, le sire de Parthenay revint à Cognac avec le prince de Galles ; puis il le suivit à Bordeaux.

Le prince ne séjourna pas longtemps dans cette ville. Consumé par une maladie de langueur dont il avait pris le germe en Espagne, il fut contraint de retourner en Angleterre.

Il laissa le gouvernement de l'Aquitaine à son frère le duc de Lancastre.

Celui-ci reçut le serment d'obéissance des barons de la Guienne et du Poitou présents à Bordeaux, et, voulant signaler son entrée en fonctions par quelque fait d'armes, il réunit un corps de sept cents lances et cinq cents archers pour aller faire le siège du château de Montpaon, dont les Français de la garnison de Périgueux venaient de se rendre maîtres.

 Le sire de Parthenay et ses compagnons d'armes ordinaires, Louis d'Harcourt, Guichard d'Angle, Geoffroy d'Argenton, Maubrun de Linières, se distinguèrent à l'assaut de Montpaon.

Après la prise de la forteresse, le duc de Lancastre congédia son armée, et les chevaliers poitevins revinrent en toute hâte dans leur pays sérieusement menacé par les armées de Charles V ( 1371 ) (14).

En effet, pendant que Guillaume VII Larchevêque servait avec tant d'abnégation dans le midi les intérêts de l'Angleterre, le terrible Duguesclin, connétable de France, anéantissait une armée anglaise à Pontvallain (fin de novembre 1370 ), et arrivait en Poitou comme un torrent chassant devant lui la division de Cressonval.

 Il atteignit ce capitaine sous les murs de Bressuire, lui fit éprouver une défaite complète, et s'empara de la ville après un assaut des plus meurtriers, où périrent cinq mille Anglais (commencement de 1371 ).

 Tous ceux qui survécurent cherchèrent un refuge dans les bocages et dans les places de la Gâtine (15).

Au bruit de ces désastres, Robert Knolles, l'un des premiers généraux d'Édouard III, accourut de Bordeaux, recueillit les débris de la division de Cressonval, et forma un camp sous les murs de Parthenay.

Cette ville devint ainsi le point de ralliement des divisions anglaises dispersées par l'impétuosité du connétable. Mais tous les efforts de Knolles furent inutiles; le découragement se mit dans les rangs des soldats qu'il parvint à réunir dans le camp de Parthenay.

Il n'eut plus d'autre ressource pour les sauver que de les diriger sur les Sables-d'Olonne, afin de les faire embarquer. Mais il eut la douleur de les voir en partie tomber sous les coups d'Olivier de Clisson qui le poursuivait dans son mouvement de retraite, et lui-même n'échappa qu'avec peine au frère d'armes du connétable (16).

 

 

Lorsque le sire de Parthenay et les autres barons poitevins furent revenus de la Guienne, Thomas de Percy, sénéchal de Poitou, voulant profiter de l'éloignement momentané de Duguesclin, résolut de tenter le siège de Moncontour.

La garnison de cette forteresse, commandée par deux braves capitaines, Jourdain de Cologne et Pierre de la Grésille, causait des maux infinis aux Anglais et à leurs partisans.

Le sire de Parthenay, Louis d'Harcourt, Guichard d'Angle, Geoffroy d'Argenton, Hugues de Vivône, Maubrun de Linières, et beaucoup d'autres chevaliers de la province, se joignirent aux Anglais à Poitiers.

Leurs forces pouvaient s'élever à trois mille hommes.

Ils investirent Moncontour vers la fin du mois d'août 1371, et, après dix jours de siège, cette place succomba sous leurs efforts au commencement du mois de septembre (17).

Le duc de Lancastre, effrayé des revers essuyés par les armes anglaises depuis quelque temps et craignant de se mesurer avec Duguesclin, s'embarqua pour l'Angleterre à la fin de septembre 1371.

Avant de quitter Bordeaux, il laissa le gouvernement du Poitou au sire de Parthenay et à Louis d'Harcourt, ou plutôt il les maintint dans cette charge, car nous avens déjà vu ces deux barons dans l'exercice de leurs fonctions en 1370.

Geoffroy d'Argenton et Guillaume de Montendre furent nommés gouverneurs de la Saintonge.

Quant à la Guienne, le duc de Lancastre en abandonna la défense à Grailli, captal de Buch (18).

Le connétable Duguesclin avait ouvert la célèbre campagne de 1372 par la prise de Montmorillon, Chauvigny, Lussac et Moncontour.

Après ces premiers succès, il rejoignit le duc de Berry en Limousin, et tous deux poussèrent vigoureusement le siège de Saint-Sever.

Le captal de Buch se mit en mesure de secourir la place. Il envoya à tous les chevaliers du Poitou et de la Saintonge l'invitation pressante de venir se joindre à lui.

Ceux-ci arrivèrent en foule, et parmi les plus ardents on remarquait le sire de Parthenay, Louis d'Harcourt, Geoffroy d'Argenton, Hugues de Vivône. Thomas de Percy vint également les rejoindre avec la garnison de Poitiers.

L'armée anglo-poitevine se concentra à Charroux sur les marches du Limousin : on l'évaluait à neuf cents lances et cinq cents archers. Mais elle n'était pas encore ébranlée que Saint-Sever s'était déjà rendu aux Français (19).

Bientôt on apprit que Duguesclin s'était porté sur Poitiers par une marche rapide et qu'il avait pénétré dans cette ville avant le retour des Anglais.

Cette nouvelle jeta un profond découragement parmi les capitaines anglais; ils ne savaient quel parti prendre.

Les barons poitevins essayèrent de les rassurer : « Certes, seigneurs, s'écrièrent-ils, ce nous déplait grandement que amender ne pouvons que les choses se portent ainsi en ce pays; et soyez certains que tant comme nous pourrons durer et qu'il aura maison ni fort en Poitou où nous puissions retraire, nous serons toujours bons et loyaux envers notre naturel seigneur le roi d'Angleterre et envers vous. »

 A quoi les chevaliers anglais répondirent : « Nous nous y affions bien et aussi jusques au mourir vous nous trouverez compagnons et amis. »

Là-dessus, après avoir délibéré sur ce qu'il y avait à faire, on se sépara. Tous les barons poitevins, parmi lesquels le sire de Parthenay, Louis d'Harcourt, vicomte de Châtellerault, Jean d'Angle et le sire de Thouars tenaient le premier rang, allèrent se renfermer dans Thouars, place extrêmement forte, bien décidés à se défendre jusqu'à la dernière extrémité.

 Quant aux Anglais, ils se dirigèrent vers Niort sous la conduite de Thomas de Percy, Jean d'Evreux, Gauthier Huet et Jean Cressuelle.

Cette ville, où ils pensaient trouver un refuge assuré, refusa de leur ouvrir ses portes ; mais, animés par le desespoir, ils y entrèrent de force après un furieux assaut et s'y établirent (20).

Duguesclin, de concert avec le vaillant Olivier de Clisson, son frère d'armes, poursuivit rapidement le cours de ses avantages en Poitou, en Aunis et en Saintonge.

Saint-Maixent, Melle, Aulnay, la Rochelle et généralement toutes les places fortes de ces provinces furent emportées d'assaut par le connétable, ou se rendirent volontairement à lui.

Mais il regardait avec raison la conquête du Poitou comme incomplète tant que Thouars ne serait pas tombé en son pouvoir.

Le sire de Parthenay et toute la chevalerie poitevine, ainsi que nous l'avons déjà dit, s'étaient jetés dans cette importante forteresse, bien déterminés à opposer une vigoureuse résistance.

Duguesclin investit Thouars et fit amener des canons et des machines, annonçant la ferme résolution de réduire la ville.

Effrayés de l'opiniâtreté des Français, les assiégés proposèrent une suspension d'armes au mois de juin 1372. Il fut convenu qu'ils se rendraient et se soumettraient au roi de France, si le roi d'Angleterre ou l'un de ses enfants ne venait pas à leur secours avant le 29 septembre suivant.

Édouard III, instruit du mauvais état de ses affaires sur le continent, se hâta de mettre à la voile avec une armée nombreuse pour aller en personne au secours de Thouars et réparer, s'il était possible, les défaites de ses généraux (août 1372).

Mais, durant six semaines, des tempêtes assaillirent sa flotte et en détruisirent la moitié. Obligé de renoncer à son entreprise, il retourna en Angleterre en proférant avec fureur ces paroles célèbres : « Il n'y eut oncques mais roi de France qui moins s'armât et si n'y eut oncques roi qui tant me donnât à faire. »

Pendant qu'Edouard luttait en vain contre les flots pour aborder en France, la Guienne, qui restait toujours au pouvoir de l'Angleterre, envoyait des secours en Poitou.

Ces nouvelles troupes rejoignirent à Niort les divisions anglaises qui s'y étaient réfugiées récemment.

Alors on fit demander aux défenseurs de Thouars s'il fallait marcher à leur secours. Ceux-ci se réunirent immédiatement pour délibérer, « Adonc se mirent les chevaliers du Poitou ensemble et ne furent mie à ce premier jour d'accord ; car le sire de Parthenay, qui était un des grands de la compagnie, voulait qu'ils tinssent leurs journées devant Thouars en représentant le roi d'Angleterre. Et autres disaient que ils avaient scellé que le roi d'Angleterre ou l'un de ses enfants y serait et si ils n'y étaient ou l'un d'eux, ils devaient être à l'obéissance du roi de France. Si retourna le sire de Parthenay en son hôtel par maltalent; mais depuis fut-il tant prêché qu'il fut de l'accord des autres. »

Ce passage du chroniqueur nous prouve suffisamment que l'opiniâtre sire de Parthenay voulait soutenir la lutte jusqu'au bout, sans tenir compte de la convention du mois de juin qu'il interprétait à sa manière.

Ce fut donc, en réalité, contre son gré qu'on refusa le secours des Anglais, et qu'on résolut d'observer rigoureusement les termes du traité.

Le 19 septembre 1372, Du Guesclin prend Surgères.

 Le 29 septembre 1372, jour convenu, Duguesclin se présenta devant Thouars à la tête d'une nombreuse armée. Conformément à leur promesse, les seigneurs poitevins capitulèrent.

Peu de temps après, le 12 décembre 1372, le sire de Parthenay, imitant l'exemple général, rendit hommage à Charles V et à Jean, duc de Berry, que le roi, son frère, avait fait comte de Poitou (21).

La soumission de Guillaume VII-Larchevêque irrita au dernier point les Anglais, car ils perdaient en lui un partisan dévoué.

Aussi s'en vengèrent-ils à leur manière : ils ravagèrent la seigneurie de Parthenay, brûlant et détruisant tout ce qu'ils ne pouvaient emporter. Puis, après avoir accompli cet exploit digne de brigands, ils concentrèrent leurs forces à Niort et dans les environs (22).

Duguesclin leur porta le dernier coup par la victoire de Chizé (21 mars 1373) et par la prise de Niort.

Le sire de Parthenay, désormais enchaîné aux Valois par le serment féodal, contribua lui-même à l'expulsion définitive des Anglais.

Il alla les combattre sous les ordres d'Olivier de Clisson au siège de la Roche-sur-Yon, et concourut ainsi à leur enlever la dernière des places qu'ils occupaient dans nos contrées (1373) (23).

Le Poitou était rendu à la France; il ne devait plus en être séparé.

 

 

 

15 septembre 1374 Mandement de Charles V pour le prêt de 6.000 francs d'or à Guillaume Larchevêque, seigneur de Parthenay et à Jean Regnaut, maire de Poitiers.

Original, Arch Nat J 382 n° 6 ter.

De par le roy.

Maistres Hue de Roche, Bertran du Clos et toy, Jehannin de Vaudetar (24). Nous voulons et vous mandons que, des deniers de noz coffres, vous bailliez et délivrez par manière de prest à nostre amé et féal Guillaume Larcevesque, sire de Partenay (25) et Jehan Regnaut, maire de Poitiers, la somme de six mille frans d'or, en prenant d'iceulx lettres obligatoires de nous rendre et restituer la dicte somme.

Et gardez que en ce n'ait aucun deffaut. Donné à Meleun le XVe jour de septembre l'an mil CCC LXXIIII.

Par le roy. (Signé :) Tabari.

5 novembre 1374Jean duc de Berry ayant reçu du seigneur de Parthenay et du maire de Poitiers la somme de 5.600 de francs, destinée à hâter la reddition du château de Lusignan, remet en gage à Denis Gillîer deux couronnes d'or garnies de pierreries.

Registre de Barthélemi de Noces, Arch mun. de Germont-Ferrand, fol. 28 v°. — EDITION. Teilhard de Chardin, Bibl. de l'Ecole des Chartes, 1891, p. 251.

Le Ve jour de novembre, l'an mil CCC LXXIIII, en la ville de Poictiers, presens messeigneurs de Sanceurre, de Chastellerault, le chancellier de monseigneur le duc de Berri et d'Auvergne (26), conte de Poitou, le trésorier monseigneur Golas Mengin (27) et plusieurs autres, mon dit seigneur bailla à Denis Gilier, bourgois de Poitiers, deux grans chapeaux (28) d'or, garnis de grans rubis, esmeraudes, saffirs et perles, lesquielx le dit trésorier, maistre Ascelin de Masches, secrétaire de mon dit seigneur, et Harpin, son varlet de chambre, avoient apourtés de Avignon, où monseigneur les avoit, et tesmoigne le dit trésorier que qui eust voulu vendre les diz chapeaux au dit lieu d'Avignon, que l'en en eust eu XIIm frans.

Touteffoiz mon dit seigneur les a bailliés au dit Denis, comme prédit est, pour la cause qui s'ensuit.

C'est assavoir que monseigneur de Partenay et le maire de Poictiers avoient emprunsté à Paris du roy nostre sire la somme de VIm frans d'or, de laquelle somme les diz monseigneur de Partenay et le maire de Poictiers presterent à mon dit seigneur le duc la somme de cinq mille six cens frans d'or, pour convertir à la délivrance de Lesignen (29).

 Et pour ycelle somme paier et rendre aus diz créanciers furent pièges les diz monseigneur de Chastelleraut, monseigneur le chancellier, le trésorier, le dit Denis et Barthelomi de Noces (30) dedens le terme de la Saint André prouchain venant.

 Et pour ce que les diz pièges soient seurs de eulx acquitter pour mon dit seigneur, mon dit seigneur leur a baillié, c'est assavoir au dit Denis pour eulx touz ensemble, les chappeaux dessusdiz en gaige pour la dite somme de Vm Vic frans d'or, senz ce que en ne les puisse engaiger à aucune usure, fors tant seulement pour la dite somme, et touteffoiz mon dit seigneur a ordenné comment la finance sera paiée en France avant le dit terme, se faire se puet en aucune manière, senz y convertir les diz chapeaulx.

17 février 1375, la prise de Gencay par les Français achève la conquête du Poitou.

La trêve de Bruges (27 juin 1375) permit à Guillaume VII Larchevêque de se livrer enfin au repos et de réparer les désastres de la guerre.

 Juin 1375, le seigneur de Parthenay Guillaume Larchevêque ordonne de bruler le château de Pierre De Montfaucon à Saint-Mesmin.

 

 

Décembre 1382 Rémission en faveur de Pierre Rataut, homme d’armes, coupable de vols à Vouvant et à Pouillé, mis dans la prison de Guillaume VII Parthenay-Larchevêque.

 

Charles, par la grace de Dieu roy de France.

Savoir faisons à tous, presens et avenir, à nous avoir esté signifié de la partie des amis charnelz de Pierre Rataut (31), comme nagueires icellui Pierre qui avoit esté par aucun temps à gaiges en la ville de la Rochelle, pour la dicte ville et le païs d’environ aidier à garder et deffendre de noz ennemis, après son retour du dit lieu de la Rochelle, pour le desir qu’il avoit de avoir harnoys et armeures pour nous venir servir en la compaignie des gens d’armes qui venoient à nostre mandement, du quel harnoys il ne povoit bonnement finer, parce qu’il avoit esté malvaisement paié de ses gaiges de service au dit lieu de la Rochelle, il eust prins et osté à deux hommes de Vouvent quatre livres iiii. solz ii. deniers moins, et à deux hommes de Poillé autres iiii. livres ou environ, pour lesquelx fais, il fu pris et emprisonné au dit lieu de Vouvent, ès prisons de nostre amé et feal le sire de Partenay, ès quelles prisons par force de questions et gehine, il confessa les choses dessus dictes.

Et depuis le dit Pierre, doubtant à la cause dessus dicte estre mis à son derrenier tourment, rompy les dictes prisons et s’en party sanz congié ; et pour ce s’est absenté du pays ne jamaiz n’y osera retourner, se par nous ne lui est sur ce pourveu, si comme dient ses diz amis, en nous humblement suppliant que, comme en tous ses autres faiz il ait  tousjours esté de bonne vie et honneste conversacion, et que de toutes les choses ainsi par lui confessées les parties se tiennent pour contemptes et bien sattisfiées, nous luy vueillons sur ce eslargir nostre grace et misericorde.

Pour quoi nous, voulans pitié et misericorde estre preferée à rigueur de justice, à icellui Pierre, ou dit cas, avons quictié et pardonné les faiz dessus dis et chascun d’iceulx, et par ces presentes lui quictons ; remettons et pardonnons de nostre grace especial, plaine puissance et auctorité royal, avec toute peine et amende corporelle, criminelle et civile, que pour ce il puet avoir encouru envers nous, et le restituons à sa bonne fame et renommée, au pays et à ses biens non confisquiez, sattisfacion faicte à partie premierement et avant toute euvre, et parmi ce que, se doresenavant il rencheoit en tels ou semblables malefices, ceste presente grace lui soit nulle et de nulle valeur.

Si donnons en mandement au gouverneur de la Rochelle et à tous noz autres justiciers, ou à leurs lieux tenans, presens et avenir, et à chascun d’eulx, si comme à lui appartendra, que le dit Pierre Rataut facent et sueffrent joir et user paisiblement de nostre presente grace et remission, et contre la teneur d’icelle ne le molestent ou seufrent estre molesté ou empeschié en aucune maniere.

Et pour ce que ce soit ferme chose et estable à tousjours, nous avons fait mettre nostre seel ordené en l’absence du grant à ces presentes. Sauf en autres choses nostre droit et l’autrui en toutes.

 Donné à Paris, ou mois de decembre l’an de grace mil ccc.iiiixx et deux, et de nostre regne le tiers.

Par le conseil. P. Briet. — Dormans.

 

 

 

 

 

Après la conclusion d'une nouvelle trêve entre la France et l'Angleterre, le 14 septembre 1384, Charles VI, ou plutôt son conseil de régence, connaissant la capacité du sire de Parthenay et son influence dans les provinces de l'ouest, lui confia le soin délicat de veiller à l'exécution de la trêve en Poitou, concurremment avec le sire de Thors.

Les lettres du roi qui établissent ces deux chevaliers gardiens et conservateurs de la paix sont du 19 octobre 1384 (32).

Elles contiennent des instructions très détaillées qu'il est inutile de reproduire ici, d'autant mieux que leur application dut-être bien plus rare en Poitou qu'ailleurs, parce que cette province n'était plus le théâtre de la guerre depuis que Duguesclin l'avait arrachée aux Anglais.

Le 17 novembre 1384, furent criées, publiées à Niort en plein marché les trêves conclues avec l'Angleterre observer en Poitou

La mission pacifique de Guillaume Larchevêque fut de courte durée, car les hostilités recommencèrent dès les premiers mois de l'année 1385.

Les Anglais de la Guienne, prenant pour auxiliaires une foule de brigands, envahirent encore une fois la Saintonge et l'Angoumois, et s'emparèrent de toutes les places fortes.

 Ils pénétrèrent de nouveau en Poitou sans pouvoir, il est vrai, s'y établir, mais en signalant leur passage par les plus affreux ravages.

Le roi de France chargea Louis II de Clermont, duc de Bourbon, son oncle maternel, d'aller chasser l'ennemi des provinces de l'ouest.

 Les États du Poitou, à l'exemple de l'Auvergne, du Limousin et de la Saintonge, levèrent une contribution de soixante mille livres qu'ils mirent à la disposition du duc de Bourbon pour les frais de la guerre. Non contents de fournir des subsides à cet illustre guerrier, les Poitevins voulurent combattre sous sa bannière. Exaspérés par les ravages des Anglais, ils brûlaient de se venger eux-mêmes.

Toute la chevalerie poitevine formant un corps de quinze cents hommes se rendit à Niort, désigné comme point de concentration pour toute l'armée.

Le sire de Parthenay figurait au premier rang. Il accompagna le duc de Bourbon dans tout le cours de cette brillante campagne de 1385, à la suite de laquelle les Anglais furent refoulés dans le Bordelais après avoir éprouvé des pertes sensibles, et assista successivement à la prise de Montlieu, de Taillebourg, de Tonnay-Charente, d'Archiac, de la Tourette, du Faon , de Montbron et de Verteuil (33).

 

1387 Médiation de Jean, duc de Berri entre l'évêque de Poitiers, et Louis d'Harcourt, vicomte de Châtellerault

Guillaume l'Arcevesque, est temoin

La gloire et l'influence que Guillaume VII Larchevêque acquérait chaque jour par son courage et ses capacités, jetaient un nouveau lustre sur l'antique maison des Parthenay.

De puissants barons recherchaient son alliance. Déjà nous avons vu le comte de Tonnerre devenir l'époux de Marie, sa fille aînée.

Un autre baron, non moins illustre, Guillaume d'Harcourt, vicomte de Melun, comte de Tancarville, seigneur de Montreuil-Bellay et chambellan du roi Charles VI, demanda la main de Jeanne, la plus jeune.

Les conventions matrimoniales furent signées par les parties contractantes le 4 septembre 1389 en présence des ducs de Berry et de Bourbon.

Une des clauses du contrat portait que Jeanne et Marie de Parthenay seraient héritières universelles de leur père et de leur frère Jean, dans le cas où ceux-ci viendraient à décéder sans enfants mâles.

Par ce moyen, le sire de Parthenay, qui voyait avec inquiétude son fils aîné Jean privé de postérité, quoiqu'il fut marié depuis dix ans, croyait assurer à ses filles et à leurs descendants la possession des nombreux domaines de sa famille, et empêcher ainsi son successeur d'en disposer en faveur d'un étranger.

Le mariage de Jeanne avec le vicomte de Melun fut célébré le 21 janvier 1390 (34).

Par contrat passé devant Nicaise le Meusnier et « Jean de la Croix, notaires au Chàtelet de Paris, le samedi 21 janvier 1390, en présence de Guillaume l'Archevèque, de Jean, son fils, et de Louis de Chalons, comte de Tonnerre, son gendre, le dit Guillaume l'Archevêque dota sa fille Jeanne de la chàtellenie de St-Blancey, en Touraine, de 500 livres de rente proche du dit château, et de 13,000 livres.

Au mois de novembre de la même année, une aide de dix mille livres ayant été octroyée par la province à Jean de Berry, comte de Poitou, les commissaires répartiteurs taxèrent la ville, châtellenie et ressort de Parthenay à la somme de sept cent soixante-dix livres, et les villes, châtellenies et ressorts de Vouvent et Mervent à la somme de sept cent trente livres.

Mais quand le receveur arriva à Parthenay, au mois de mai 1391, pour percevoir le nouvel impôt, Guillaume Larchevêque ne voulut point lui permettre d'en opérer le recouvrement. Pour lui, cette contribution était inutile et vexatoire : il s'y opposa de toutes ses forces; ce fut seulement après s'être assuré que le vicomte de Thouars avait donné son assentiment à la mesure qu'il consentit également à laisser agir le receveur dans ses domaines (35).

Malgré son âge avancé et les fatigues qu'il avait éprouvées à la guerre, le sire de Parthenay ne craignit pas d'affronter les dangers de cette expédition lointaine que la chevalerie de toutes les nations chrétiennes entreprit sur les bords du Danube, en 1396, pour arrêter les progrès menaçants du farouche Bajazet (36).

Il fut assez heureux pour échapper au désastre de Nicopolis, et eut la consolation de terminer ses jours dans son château de Parthenay au milieu de sa famille.

 

 

Église Sainte-Croix de Parthenay Gisant de Guillaume VII Larchevêque, seigneur de Parthenay 2

 

Guillaume VII épouse, en 6 mars 1346, Jeanne de Mathefelon fille et héritière de Thibault seigneur de Mathefelon et de Béatrix de Dreux.

Guillaume et Jeanne ont trois enfants:

- Jean II Larchevèque  succède   à son père Guillaume VII Larchevèque comme seigneur de Parthenay.

-  En 1376, sa fille aînée, Marie de Parthenay, épousa Louis Ier de Châlons dit le Chevalier vert, comte de Tonnerre et d'Auxerre, union brillante qui nous atteste que la puissante famille Larchevêque jouissait au loin d'une grande considération (39).

- Jeanne Dame de Semblançay épouse, le 21 janvier 1390, Guillaume IV de Harcourt vicomte de Melun, seigneur de Montreuil-Bellay et comte de Tancarville et Grand-Bouteiller de France (mort à Azincourt en 1415).

Dixmes en la parroisse de Neuviz

- La dîme de la paroisse de Neuvy était un fief qui relevait de la baronnie de Semblançay, à foi et hommage simple et trois sols tournois de devoir.

De plus, le propriétaire de cette dîme était homme-lige de l'archevêque de Tours et lui devait cinq sols à chaque muance de seigneur.

« Monseigneur Guillaume Larcevesque, seigneur de Partenay, pour feu monseigneur Rotrou de Montfort, home lige pour les dismes seans en la parroisse de Neuviz, lesquelles valurent un an, comme on trouve par escript, quarente et trois muis et demi de blez, excepté deux muis deuz a chapitre de Tours par reson de novables. »

Guillaume VII  représentait Rotrou de Montfort (Eschequete, § 14) comme héritier de son grand-père également appelé Guillaume VI de Parthenay (1251 - 1315), qui avait épousé Jeanne de Montfort, fille de Rotrou II de Montfort, seigneur de Semblançay, et de Marguerite d'Aluys, dame de Châteaux et de Saint-Christophe.

Ce mariage eut lieu, selon Chalmel (op. cit., t. III, p. 267) et Filleau(op. cil., t. II, p. 495), en 1275, mais doit être antérieur à cette date, car dans un acte de mai 1271, Guillaume est déjà dit seigneur de Châteaux et de Saint-Christophe (Bibl. nat., Hous., t. VII, n" 3246)

.Guillaume IV de Melun, comte de Tancarville, seigneur de Montreuil-Bellay - Jeanne de Parthenay Larchevêque dame de Semblançay

 

Ils ont pour fille Marguerite de Harcourt Dame de Melun qui épouse en 1417 Jacques II de Harcourt Baron de Montgommery, comte de Saint-Paul et Connétable de France. Celui-ci meurt en essayant de s'emparer du château de Parthenay au début des années 1420.

Jacques de Harcourt et Marguerite ont un fils, Guillaume d'Harcourt et une fille Marie d'Harcourt qui épouse Jean Batard d'Orléans, comte de Dunois qui devient seigneur de Parthenay après Arthur de Richemont.

 

Église Sainte-Croix de Parthenay Gisant de Guillaume VII Larchevêque, seigneur de Parthenay

 

 

 ==> La légendaire fée Mélusine poème Couldrette - La maison DE PARTHENAY, branche cadette des Lusignan. Gisants Eglise Ste-Croix

 

 


 

(1) Archives de l'hôtel de ville de Poitiers, liasse 6, C.11  (Bibl. de Poitiers).

(2) Archives de l'hôtel de ville de Poitiers, liasse 23. 1. 6.

(3) Histoire du Poitou, par Thibaudeau, t. Ir, p. 378.

(4). Dict. hist. des fam. de l'anc. Poitou, t. I.

(5). Catalogue de dom Housseau, p. 453, n° 3657 dans les Mém. de la Soc. arch. de Touraine.

(6) La chronique de Bertrand Duguesclin, t. 1er, p. 377 et 416 , vers 10740 et 41883. — Chroniques de Froissart. — Marchegay. —

Le sire d'Argenton et d'autres barons poitevins assistaient aussi à cette bataille dans l'armée du prince de Galles.

(7) Vies des grands cap. , par Mazas, t. II, p. 227.

(8) Thibaudeau, t. 1«, p. 380 , éd. 1839.

(9) Chroniques de Jean Froissart, t. 5 , p. 102, éd. Buchon. I

(10) Idem, t. 5. p. 135-138.

(11) Chroniques de Jean Froissart, t. 5, p. l6-158, éd. Bucbon.

(12) Dom Fonteneau, l. 4 p. 439

(13) Chroniques de Froissai t, t. 5 , p. 208 et suiv.

(14) Chroniques de Jean Froissart, t. 5 , p. 238-245, éd. Buchon.

(15) Chronique de Duguesclin, par Cuvelier Trouvère, t. II J vers 18517, dans les Documents inédits sur l'Histoire de France.

(16) Vies des grands capitaines français du moyen âge, par Mazas, t. 2, p. 299 , vie de Duguesclin.

(17) Chroniques de Froissart, t. 5, p. 248, éd. Buclion.

(18) Chroniques de Froissart, t. 5, p. 268.

(19) Chroniques Je Froissart, L 5 p. 300.

(20) Chroniques de Froissart, t. 6, éd. Buchon.

(21) Chroniques de Froissart, t. 6. — Guerres et traités entre les mis de France et d'Angleterre, par Jean du Tillet, p. 287, éd. 1606.

(22) Chroniques de Froissart, t. 6.

(23) Ibid

(24). Cf. ci-dessous n» CCCCLXVIII. —

(25). Guillaume VII Larchevêque, seigneur de Parthenay (1358-1401) avait été lieutenant général du roi en Poitou du 22 mai 1358 à sept. 1361. Cf. n» CCCCXVII.

(26). Pierre de Giac, chancelier du duc de Berry depuis 1371, devint chancelier de France le 19 juillet 1383 et mourut en 1407. Voy. P. Anselme, Hist. généal., ,t. VI, p. 343, et Guérin, Arch. hist. du Poitou, t. XXI, p. 309 note. —

(27). Colas Mengin est inscrit sur l'avis des finances du duc de Berry dressé le 3 février 1374 pour des gages annuels de 150 fr. (Bibl. êe l'Ecole des Chartes, 1891, p. 242). En 1392, il était trésorier général du duc (Arch. mun. H 9). —

(28). Couronnes. Cf. Douet d'Arcq, Comptes de l'argenterie des rois de France au XIV" siècle, p. 168, 359. —

(29). Le château de Lusignan capitula le 1er octobre 1374, moyennant la mise en liberté de deux chefs anglais faits prisonniers par les Français, Thomas de Percy, ancien sénéchal de Poitou, pris devant Soubise le 23 août 1372, et Jean Cresvel, capitaine de Lusignan. Cette somme servit à payer leur rançon. —

(30). Barthélemi de Noces, l'auteur du registre conservé aux Archives de Clermont-Ferrand, se qualifie de « clerc et lieutenant de sire Raymon Coustave, trésorier gênerai du duc de Rerri » sur l'attestation qu'il donne le 15 nov. 1372 à Jean Regnaut de ce que lui doit le duc de Berri (ibid., p. 543).

Le 10 mai 1375, il s'intitule « secrétaire et clerc de la chambre sur le fait des finances du duc de Berri » (ibid., p. 547).

(32) Dom Fonteneau, t. 20, P. 199.

(33) Vies des grands capitaines français, par Mazas, t. IV , p. 85 , et s. ; vie de Louis Il de Clermont, éd. 1845. — Thibaudeau, Hist. du Poitou, t. Ier, p. 59't-, éd. 1839.

  (34) Dom Fonteneau, t. 38, p. 223. — Extrait des Généalogies de Sainte-Marthe, dans dom Fonteneau, t. 86.

(35) Compte de Guillaume de Bis, imp. A Fontenay en 1848, d'après un man. de la bibl. nat., par les soins de M. B. Fillon.

(36) Dom Fonteneau, t. 17, p. 677. — Un chevalier nommé Jean Boislève l'accompagnait.

 

(38) Mellusine, poème relatif à cette fée poitevine, compose dans le xive siècle, par Couldrrtte, puhIié pour la premirre fois par Francisque Michel, 1854.

(39) Extrait des Généalogies de Sainte-Marthe, dans dom Fonteneau, t. 86.