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Richard de Montfort dit Richard de Bretagne ou Richard d'Étampes, né en 1395, quatrième fils de Jean IV, et de sa troisième épouse Jeanne de Navarre.

Il était le frère cadet du connétable de Richemont.

 

SERVICES.

Il combat les Anglais à Guerre de Guyenne 1419

En septembre 1420, le prince Richard assiégeait Clisson, réduisait la garnison à capituler, et devenait ainsi le maître de la forteresse et de la ville.

Il reçoit par partage les châteaux, ville, forteresse et châtellenies de Clisson et l'Epine-Gaudin, de Courtenay, de Houdan (78), le comté de Montfort l'Amaury et reçoit par donation les châteaux de Palluau, Châteaumur, les Essarts (85), Benon (17), Vertus (51), Thouarcé, Bourgomeaux-l'Evêque, Ligron

Ainsi Clisson sortit de la famille qui porta glorieusement son nom pour devenir un apanage d'un cadet de Bretagne. Celui-ci en fit sa demeure favorite, après avoir relevé ses ruines.

Les comtés d'Étampes (91) et de Mantes (78, Mantes-la-Jolie) furent donnés, le 8 mai 1421, à Richard, en récompense des services qu'il rendit au dauphin (Charles VII ), surtout en enlevant de Paris la dauphine qui y courait alors des dangers.

Charles, devenu roi, confirma ces donations en 1425. « Considérant, disent les lettres paternes, qu'il s'est employé en très grant péril et soy exposé de grant et bon courage à retraire de la ville de Paris notre très-chère et très-amée compagne la dauphine de Viennois, laquelle y étoit demeurée en grant double de sa personne depuis que nous en fumes parti, etc. »

 

Guerre contre le Jean II, duc d'Alençon. 1432

Siége de Pouance 1432

Il combattit en Guyenne les Anglais et fil une campagne contre le duc d'Alençon. Il mourut en 1438;

 

Mariée le 29 août 1423, Château de Blois, avec Marguerite d'Orléans 1406-1466 (Parents : Louis de France, duc d'Orléans 1372-1407 & Valentine Visconti, comtesse d'Asti 1370-1408)

 

 

Femme : MARGUERITE D'ORLÉANS, comtesse de Vertus, fille de Valentine de Milan et de Louis de France, duc d'Orléans, assassiné à Paris par le duc de Bourgogne

Il eut d'elle :

  1. FRANÇOIS II de Bretagne.

Comme ses neveux François Ier et Pierre II, de même que son frère Arthur III, ne laissèrent point de mâles, son fils François devint duc de Bretagne 1435-1488 marié le 16 novembre 1455 avec Marguerite de Bretagne marié le 27 juin 1471 avec Marguerite de Foix 1458-1486

2. N..., mort jeune, inhumé dans l'église des Carmes du Bondon près de Vannes

3. MARIE de Bretagne, abbesse de Longchamp, 1424 morte en 1477;

4. ISABELLE, morte jeune ;

5.  CATHERINE de Bretagne †1476 mariée le 19 août 1438 avec Guillaume VIII de Chalon prince d'Orange

6. MARGUERITE;

 7. MADELEINE, religieuse au monastère de Longchamp, morte en 1462. Fille naturelle : JEANNE, suivant D. Lobineau.

 

 

ARMES : D'hermines au lambel d'azur à trois pendants semé de fleurs de lis.

 

Richard, que le roi Charles VII avait fait comte d'Étampes, et Marguerite d'Orléans, sa femme, continuèrent à résider à Clisson, jusqu'à la mort du comte.

Richard de Bretagne, comte d'Étampes, conclut à Clisson, le 15 Février 1438, le mariage de sa fille Marguerite avec Guillaume de Châlons, fils de Louis, prince d'Orange, et mourut dans ce château le 3 Juin de la même année.

 Le lendemain, son corps fut transporté par eau jusqu'au port de la Fosse à Nantes, et le duc lui fit faire des obsèques magnifiques (1).

— La comtesse d'Étampes se retira, quelque temps après, au monastère de Longchamps avec ses deux dernières filles, Marguerite et Magdeleine.

La seigneurie de Clisson retourna à la couronne de BRETAGNE, jusqu'à l'avènement de François II, en 1458.

 

 

 

HOPITAUX de Saint-Antoine.

Le mal de Saint-Antoine est connu de tout le monde, au moins de nom ; mais on ignore en général comment le patriarche des solitaires est devenu le patron d'une classe de lépreux fort nombreuse. Le corps de ce saint n'est en France que depuis le XIe siècle.

 Jocelin, seigneur de Dauphiné, le rapporla d'Orient vers 1050 et le déposa dans l'église de la Motte-Saint-Didier, au diocèse de Vienne (2).

Il se présenta une telle affluence de pèlerins autour du tombeau de saint Antoine, que Jocelin se vit obligé d'élever une nouvelle église qui, en peu de temps, devint un sanctuaire célèbre. Les provinces du Midi étaient alors ravagées par une affreuse maladie assez semblable à la lèpre, plus aiguë pourtant, puisque les populations l'ont nommée d'abord le mal des ardents, puis le feu de Saint-Antoine. Quand un membre en était attaqué, il devenait noir et sec comme s'il avait été brûlé ; d'autres fois, il tombait en putréfaction.

La médecine étant incapable de procurer aucun remède contre ce fléau, les victimes abandonnées des hommes tournaient naturellement leurs yeux vers le ciel et allaient de chapelle en chapelle invoquer la protection des saints.

L'un des seigneurs de Dauphiné, nommé Gaston, dont le fils souffrait du mal des ardents, promit, en visitant le tombeau de Saint-Antoine, de se consacrer au soulagement des victimes de ce mal s'il obtenait sa guérison. La prière ayant été exaucée, le père et le fils, en reconnaissance de cette faveur, fondèrent près de l'église de la Moite-Saint-Didier un hôpital qui fut inauguré le 28 juin 1095, et où ils prirent la livrée des hospitaliers avec six autres personnes, Tels furent les commencements de l'ordre hospitalier de Saint-Antoine de Viennois, dont les bienfaits se sont propagés en Bretagne comme dans toute la France,

Les hôpitaux affiliés à cet ordre se nommaient des commanderies, comme ceux de l'ordre de Saint-Jean.

La commanderie de la Grande-Lande, en Poitou, voisine de notre frontière bretonne, semble avoir été la maison-mère des établissements qui furent fondés en Bretagne, car les archives attestent qu'elle étendait sa surintendance depuis Clisson jusqu'au fond du Finistère, sur la commanderie de Carhaix.

On croirait, d'après les fondations dont les titres ont survécu, que le diocèse de Nantes n'a été envahi par le mal des ardents qu'au XVe siècle.

 

 

L'hôpital que Richard de Bretagne, comte d'Etampes et seigneur de Clisson, fonda dans sa ville de Clisson sous l'invocation de saint Antoine, n'est pas antérieur à 1433, et il n'y a pas de raison pour croire que les autres hôpitaux placés sous le même vocable dans le comté nantais soient d'une époque plus ancienne.

Dès que le fléau s'est manifesté dans le pays, les seigneurs ont dû s'empresser partout de prendre des mesures pour arrêter la contagion, en renfermant tous ceux de leurs vassaux qui en étaient frappés. Richard se montre préoccupé d'une double pensée dans les lettres que je cite plus loin : il veut d'abord satisfaire sa propre dévotion à saint Antoine en attirant à Clisson des religieux qui prieront pour lui, et ensuite soulager les malades atteints du mal des ardents.

Le lien qu'il consacre à cet établissement est une prairie de la paroisse de Gérigné, sise au confluent de la Moine et de la Sèvre, au bas des coteaux boisés de la Garenne, c'est-à-dire l'emplacement même de l'hôpital actuel.

Le commandeur de l'hôpital de Saint-Antoine de la Lande, en Poitou, sera le gouverneur de la nouvelle maison, et pour toute redevance féodale il n'aura qu'un florin d'or à payer chaque année au châtelain de Clisson.

Les malades, comme les religieux, seront sous sa juridiction pour tous les délits qu'ils commettront. Leurs domaines seront francs de toute servitude, sauf celle de garenne, et pourront s'étendre jusqu'à la valeur de 100 livres de rente.

L'exécution suivit de près le projet. Il ne reste rien des bâtiments construits au XVe siècle ; mais on peut supposer que Richard déploya, particulièrement dans la chapelle, toutes les magnificences du style gothique flamboyant, quand on sait qu'elle fut choisie pour la célébration du mariage de François II, duc de Bretagne, avec Marguerite de Foix (24 juin 1471) (3).

Le pont Saint-Antoine conduisait de la ville à l’aumônerie, et a sans doute été construit peu après cette maison hospitalière, comme accessoire utile à son service

Au siècle suivant, nous retrouvons encore l'hôpital de Saint-Antoine de Clisson sous le gouvernement d'un religieux de Saint-Antoine, le frère Lefèvre.

La déclaration de temporel qu'il rendit en 1548, en sa qualité de commandeur, contient le dénombrement suivant :

Une maison avec aumônerie entourée de trois boisselées de terre.

Une pièce de terre de 15 septerées en bois, coteaux et rochers, en Géligné.

Un lieu appelé Pied-de-Maine, sujet à droit de garenne.
Une rente d'un setier de seigle.
Une rente de 3 sous.

Une rente de 25 sous, léguée par Catherine de SaintAignan.

Une rente de 50 sous.
Une rente de 4 livres.
Un quartier de vigne à la Brebionnière.
Un quartier et demi de vigne aux Boutinardières.
La moitié d'une maison.

La moitié de huit quartiers et demi de vigne, en Géligné (4).

Les soins de la direction intérieure de la maison étaient confiés à une femme que le registre de visites de 1554 nomme Marguerite Guerif la Doucelle, de Saint-Florent (5).

Au XVIIe siècle, l'aumônerie de Saint-Antoine de Clisson fut absorbée par les chevaliers de Saint-Lazare, auxquels elle rapportait en 1677, suivant un bail à ferme, la somme de 120 livres (6).

Les fermiers de cet ordre n'avaient d'autres soucis que de faire valoir les domaines dont ils étaient adjudicataires, et négligeaient la plupart des édifices et des fondations pieuses. Dans son procès-verbal de visite de 1683 (7), l'archidiacre se plaint que les chevaliers de Saint-Lazare ne font pas d'aumônes à Clisson et n'acquittent qu’une messe au lieu de deux par semaine.

Quand il entra dans la chapelle, dans celle construite au temps de Richard, il la trouva « belle et grande, composée d'un choeur et d'une nef au bas de laquelle, dit-il, est un fort grand et  vieil lutrin qui commence à tomber en ruine, et aurions remarqué qu'elle et ses autels sont consacrés, sans aucuns ornements qu'une vieille image en bosse d'un Saint-Antoine ; que la couverture menace de ruine entière, la charpente étant déjà beaucoup affaissée par le milieu et détachée des pignons de l'église, et partie d'icelle pourrie aussy bien que de la latte et du lambry, faute d'avoir esté et d'estre encore à présent entretenue d'ardoise, y ayant des trous en plusieurs endroits par lesquels il pleut en la dite chappelle.

» Avons aussi remarqué que la pluspart des vitres sont o cassées par où il fait un tel vent qu'on ne sçaurait y o dire la messe sans danger (8).

» Entrés en la maison et jardin de la dite aumosnerie qui joint la dite chappelle par le bas et costé du levant d'icelle les avons treuvés en passable estat aussy bien que la maison qui servoit autrefois d'hopital qui est de l'autre costé de la ditte chappelle rue entre deux. »

Les termes dont se sert l'archidiacre indiquent clairement que le mal des ardents avait disparu du pays, puisque l'aumônerie de Saint-Antoine était déserte depuis longtemps.

La fondation de Richard de Bretagne ne fut pourtant pas perdue pour les malheureux de Clisson.

 Quand la ville eût montré qu'elle savait s'imposer des sacrifices pour fonder un hôpital général, Louis XIV reprit à l'ordre de Saint-Lazare la dotation de l'aumônerie de Saint-Antoine, pour augmenter les revenus de cet établissement.

L'arrêt du Conseil qui consacre cette restitution est du mois de décembre 1695, et les lettres patentes conformes sont de juillet 1696 (9).

Dans la seigneurie de Clisson, je ne puis citer comme fondation analogue à la précédente que la chapellenie de la Ville-Ardent, en Saint-Lumine, dont le nom est resté à une métairie située à 3 kilomètres Ouest-Sud-Ouest du bourg. Le titulaire de ce bénéfice, en faisant la déclaration de son temporel, qui consistait dans ce seul et unique tenement de la Ville-aux-Ardents, affirme que, toutes charges déduites, il n'en retire que 10 livres de rente (10). Elle était à un carrefour, sur le bord d'un ruisseau.

Au-delà de la Maine, les religieux de l'abbaye de Geneston avaient fondé une chapelle de Saint-Antoine au village des Hautes-Granges , situé à 4 kilomètres et demi du bourg , qui n'aurait pas de raison d'être, si l'on ne suppose à côté d'elle une aumônerie semblable à celle de Clisson.

Je passe à la seigneurie des ducs de Retz, et je rencontre quatre hôpitaux bien certainement fondés pour le mal des ardenis : le premier, c'est le prieuré des Ardilliers, en Saint-Etienne-de-Corcoué, dont le nom est encore porté par une métairie de celle paroisse (11), située sur le bord de la forêt de Roche-Servière et près du ruisseau du Vrignaud.

Le second, fondé dans le bourg de la Bénâte par les sires de Retz, qui avaient retenu la présentation du titulaire, se composait encore au XVIIe siècle d'une maison appelée l'aumônerie, d'une chapelle sous le vocable de saint Antoine, de deux planches de jardin, de deux prés, d'une reple de 45 boisseaux de blé et d'une autre de 50 sous, assises toutes deux sur la châtellenie de la Benate (12).

 Outre ce patrimoine, qui était celui des pauvres malades, il y avait la prébende des chapelains, que Catherine de Retz avait constituée et dont Jean Morisson, prêtre desservant, fournit le dénombrement en 1554.

Quand l'aumônerie fut fermée, une partie de son temporel passa dans le patrimoine de la cure. Ce qui restait autour de la chapelle en ruines fut prisé 270 livres en 1791 (13).

Il est superflu de citer la déclaration fournie en 1463 à Apne de Sillé, dame de la Benâte, par Valentin Macé, chapelain de Saint-Antoine de la Benâte (14). Le nom de Catherine de Retz, qui figure dans l'acte de 1554, est une indication qui nous permet de reporter plus haut l'origine de la fondation de la Benate. Celle dame est la même que Catherine de Machecoul, fondatrice de l'aumônerie de Saint-Lazare du Loroux-Bottereau, dont Gilles de Retz rappelle les intentions pieuses dans ses leltres de confirmation de 1432. Catherine, épouse de Pierre de Craon, seigneur de la Suze et de la Benáte, vivait en 1360 et est morte vers 1410 (15).

Le troisième hôpital de Saint-Antoine connu dans cette région était au bourg de Touvois. Son temporel, en 1790, se composait d'une maison avec jardin, d'un pré el d'un taillis de trois journaux (16).

Le quatrième, situé au village de Passay, avait été fondé par les seigneurs de la Noë de Passay, présentateurs du bénéfice. La métairie de la Gaterie, qui en dépendait, fut aliénée par la nation, en 1792, pour 6,050 livres (17).

A Bouin, l'aumônerie de Saint-Antoine possédait, en 1690, 246 aires de marais, 2 hommées, 4 journaux de pré el une maison en ruines (18).

Au Pellerin, on voyait encore, il y a quelques années, dans la maison Gendron, grande rue de cette commune, la chapelle de Saint-Antoine annexée à l'hôpital du même nom. (19).

Sur la rive droite de la Loire, je suis obligé de remonter au Nord jusqu'à Châteaubriant, pour citer un autre établissement de ce genre. L'hôpital Saint-Antoine de celle ville était situé au pied des murs du château, dans la rue de Rigale, où les vieilles constructions abondent. Le titulaire du bénéfice, qui se composait en 1790 d'une maison avec jardin, de deux champs et de deux prés, affermait le tout 213 livres (20).

Le lecteur a dû remarquer, dans cette énumération, que les aumôneries de Saint-Antoine étaient toujours à la proximité des bourgs el des villes, et non pas rejetées au loin comme la plupart des léproseries. N'est-ce pas une preuve que le mal des ardents inspirait moins de terreur que la lèpre ? A côté de la collégiale de N.-D. de Nantes,

au coeur même de la ville, il existait une aumônerie de Saint-Julien pour huit pauvres qui, à une certaine époque, a porté le nom d'hôpital des ardents, indice certain d'une transformation sur laquelle les documents sont muels (21).

Pour ne rien omelire, je citerai aussi à Nantes une chapelle sous l'invocation de saint Antoine de Padoue, à l'entrée de Richebourg, celle qu'on nomme aujourd'hui l'église des Minimes, en sonvenir du séjour des religieux de Saint-François de Paule, qui, suivant les historiens de Nantes, aurait été un hôpital pour les maladies d'yeux (22). C'est une tradition que je consigne ici sans rien affirmer. Ce qui est seulement certain, c'est qu'en 1532 la chapelle de Saint- Antoine de Padoue élait classée parmi les hôpitaux de la ville de Nantes, et que les malheureux y abondaient plus que partout ailleurs (23).

Saint Antoine était honoré aussi à Escoublac. Le fondateur de la chapellenie qui portait son nom avait abandonné plusieurs terres qu'on trouve confondues avec celles de la Madeleine, dans les Déclarations de 1790 à 1792 (24).

La chapelle de Seul ou de Seurre, en Saint-Vincent-desLandes, sur la route d'Issé, est sous l'invocation de saint Antoine,

 

Clisson faubourg saint antoine

 

PIECES JUSTIFICATIVES.

FONDATION DE L'HOPITAL DE SAINT-ANTOINE

DE CLISSON.

Richard fils du duc de Bretaigne, comte d'Estampes et seigneur de Cliczon, à tous ceulx qui ces présentes lettres verront et orront, salut.

Sçavoir faisons que nous considérans ce qui des choses et facultez mondaynes est départy et distribué en l'honneur et révérence de N. S. Jesus-Christ, sa glorieuse mère et de ses saincts portet et impetret proffit et salut és ames de ceulx qui ainxi le font et aussi pour la tres grande et spéciale dévotion et affection que avons au glorieux sainct, Monseigneur sainct Anthoine, désidérans nous et nos successeurs estre participans à tousjours mais és bonnes priéres, oraisons et aultres bienfaicts des frères de la religion de Monseigneur sainct Anthoine, voulant ladite religion augmenter, avons aujourduy donné, cédé, quitté, octroié et délaissé et transporté et par ces présentes délaissons et transportons pour nous, nos hoers et cause ayans scavoir est ; tout et tel droit et action que nous avons et à nous compete et appartient en la terre [appellée] vulgairement le pré de Maine sise et confrontée entre le pont de Maine ainxi que le chemyn va dudit pont à Gectigné jusques és fossés et faulx de la Garaine devers le Temple de Cliczon se rend à la rivière de la Sayvre au bout de la chaussée des moulins Plassart en revenant joignant à ladite riviére de Sayvre audit pont de Maine exclusivement d'unes et aultres parties ; réservé le chemyn pour aler dudit pont ausdits moulins de Plassart.

Pour illèc estre faict et ediffié une chappelle et hospital en l'honneur et révérence dudit sainct glorieux, où le service divin puisse estre faict et célébré par les religieux d'icelle religion et les malades de la maladie dudit sainct glorieux y estre receuz, logez et herbergez à icelluy hospital et chapelle ; estre régis et gouvernez par nostre bien aymé et féal frère Guillaume de la Barre, à présent commandeur de la maison et hospital de saint Antoine de la Lande en Poictou et par ses successeurs, et icelluy lieu, comme dessus est déclairé et confronté, estre tenu de nous franchement et en franche aumosne soubz la souverainneté de nostre seigneurie dudit Cliczon, sans en fere à nous ne à nous successeurs auchun debvoir, servitude ou redevance fors seulement d'ung fleurin d'or de Bertaigne ou unce d'argent blanc à nous rendables et payables ou à nostre chastelain dudit Cliczon par mutation et changement de commandeur.

Et parce que à la religion de Monseigneur Sainct-Anthoine est bien chose convenable avoir pugnicion et correction sur les demourans oudit hospital, nous voulons et consentons, pour nous et nos successeurs, que ledit commandeur et les siens ayent seuls et pour le tout la pugnition et correction de leurs religieux, mallades et commansaulx et continuellement résidens et demourans oudit hospital et portans l'abit d'icelle religion et illèc délinquans ou faisent cas dont ils doybvent avoir pugnition et correction, laquelle pugnition et correction voulons estre faicte selon l'ordonnance de Saincte-Eglise et non aultrement.

Et réservé par exprés que si aultres que les religieux ou malades residens dessusdits vouloient édiffier ou fere demourance és lieux cy devant déclairés et confrontez nous et noz successeurs en auront la cognoissance et joïrons de tous nos aultres droicts comme faisions de par advent ces heures.

Et seront tenus respondre et obéyr en tous cas à nous et nostre juridiction, comme noz aultres subjets et aussi avons reservé et réservons par exprès à nous et nos successeurs le droit de garenne que avons en yceuls lieux.

Et de plus ample grace, pour acroissement desdites chapelle et hospital avons volu et consenti, volons et consentons par ces présentes que yceulx commandeur et religieux puissent acquérir en noz fiefs et seigneuries dudict Cliczon jusques à la somme de 100 livres de rente et au-dessoubz dont dès maintenant pour lors leur avons quicté et donné, quictons et donnons les ventes et honneurs et icelles 100 livres baillées et transportées auxdits commandeur et religieux nous sommes tenuz et avons promis et promettons garir et deffendre envers tous et contre tous.

En tesmoign de ce et affin que soit chose ferme et stable en perpetuel nous avons faict mettre nostre seel à ces présentes.

Donné en nostre chastel dudit Cliczon le XVIIIe jour de Febvrier l'an de grâce 1433.

Ainsi signé Richard. Scellé en cire rouge

 

 

 

Fondation de l’hôpital de Saint-Antoine de Clisson par Richard de Bretagne, comte d'Etampes et seigneur de Clisson

Classé Monument Historique depuis le 18 mars 1922 et datant du XVe siècle, ce pont en granit enjambant la Moine a sans doute succédé à une passerelle de bois.
Il doit son nom à la chapelle dite de St-Antoine, jointe à une aumônerie, placées sous le vocable de St-Antoine et fondées par la charte de Richard de Bretagne Comte d’Etampes, seigneur de Clisson et frère du Duc de Bretagne Jean V.
Cet ouvrage, original et unique en Bretagne fut, pendant des siècles, l’unique passage entre Clisson et Poitiers.

 

 

 

 

1420 Le complot de Margot la Boiteuse (Marguerite) de Clisson pour emprisonner Jean V, duc de Bretagne <==.... .... ==> Commanderie de L'Ordre hospitalier de Saint-Antoine-de-la-Lande en Poictou

 

 


 

(1)       Il fut enterré dans l'église cathédrale de Nantes, à côté du duc Jean IV son père — Richard de Bretagne et le château de Clisson ont fourni à Madame RICCOBONI le sujet d'un de ses plus jolis ouvrages; l'Histoire des amours de Gertrude, Dame de Châteaubrillant.

 Elle y désigne le château de Clisson sous le nom de la Roche-forte, nom qu'on lui donnait autrefois à cause du rocher sur lequel il est bâti. « Vers la fin, dit-elle, du règne de Charles VII,  vivait en Bretagne le sire de la Roche-forte. Il  était laid, vieux, goutteux, avare et fantasque.

(2) Histoire les ordres religieux du Pè maladrerie de Voley, par M. Chevalier, p. 33.

(3) Bulletin de la Société archéologique de Nantes, t. III, p. 109.

(4) Archives nationales, S, 4,857.

(5) Archives dép., série G.

(6) Arch. nat, ibidem.

(7) Archives départ, série G. Visites de 1683, fo 398.

(8) Ibidem, fo 413.

(9) Archives nationales. Ve 1166. Archives de la Loire-Inférieure, série H. Ancien inventaire de titres.

(10) Livre des déclarations du clergé de 1554, fo 45 et 46. (Archives départ, série B.)

(11) Acte de vente du 30 décembre 1790. (Arch. dép., série Q.)

(12) Livre de visites de 1689, climat de Retz, fo 123. (Arch. départ.)

(13) Arch. départ., Q.

(14) Inventaire des titres de Retz, p. 10. (Arch. départ., Trésor des Chartes, V. B. 2.)

(15) Dictionnaire des terres du Comté nantais, par M. de Cornulier. Voyez surtout les observations de M. Blanchard sur quelques dates du Cartulaire des sires de Retz (Bull. de la Soc. archeol. t. XVI, p. 14.)

(16) Acte de vente du 10 septembre 1792. (Archives dép., série Q.)

(17) Ibidem.

(18) Documents sur l'ile de Bouin, par MM. Luneau et Gallet, p. 211.

(19) Acte de venie de l'an VII.

(20) Soumission de la ville de Châteaubriant en 1790. (Ibidem.)

(21) Histoire de la collégiale de Nantes, par Stéph. de la Nicollière. 1 vol. in-80.

(22) Cette chapelle est une fondation du duc François II. (Trésor des Chartes, E, 85.) Les Minimes n'y sont venus qu'à la fin du XVIe siècle.

(23) Histoire de la ville de Nantes, Travers, t. II, p. 294.

(24) Tableau de biens non vendus. (Arch. dép., serie Q.) Le service religieux a été transféré à Guérande, pour la commodité d'un titulaire sans doute.