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8 février 2022

Bonaparte, général de brigade, Note sur les opérations militaires exécutées à Paris, pendant le mois d'Octobre 1795

Bonaparte, général de brigade, Note sur les opérations militaires exécutées à Paris, pendant les journées des 13 et 14 vendémiaire an IV (Octobre 1795)

Le 13 vendémiaire (5 octobre) à 5 heures du matin, le Représentant du peuple Baras fut nommé commendant en chef de l'armée de l'intérieur.

Le général Bonaparte fut nommé pour commender en second. -

L'artillerie de position étoit encore au camp des Sablons gardée seulement par 150 hommes; le reste étoit à Marly avec 200 hommes. Le dépôt de Meudon étoit sans aucune garde. Il n'y avoit aux Feuillans que quelques pièces de 4 sans canoniers et seulement 80 mille cartouches.

Les magasins des vivres étoient disséminés dans Paris.

Dans plusieurs sections l'on battoit la générale, celle du Théâtre-François avoit des avant-postes jusqu'au Pont- Neuf qu elle avoit barricadé.

Le général Baras ordonna à l'artillerie de se porter sur-le-champ du camp des Sablons aux Thuilleries, fit chercher des canoniers dans les bataillons de 89 et dans la gendarmerie et les plaça aux pièces, envoya à Meudon 200 hommes de la légion de police qu'il tira de Versailles, 50 cavaliers des 4 armes et 2 compagnies de vétérans, ordonna l'évacuation des effets qui étoient a Marly sur Meudon, fit venir des cartouches, et fit établir un attelier pour en faire à Meudon.

 Il assura la subsistance de l'armée et de la Convention pour plusieurs jours, indépendamment des magasins qui étoient dans les sections.

Cependant il arrivoit de tout côté des rapports que les sections se réunissoient en armes et formoient leurs colonnes. Il disposa ses troupes pour défendre la Convention et prépara son artillerie pour punir les rebelles.

Il plaça du canon aux Feuillans pour battre la rue Honoré, il en mit à tous les débouchés, et, en cas de malheur, il plaça des pièces de réserve pour faire un feu de flanc sur la colonne qui auroit forcé un débouché.

 Il laissa dans le Carrousel 2 obusiers et 2 pièces de 8, pour pouvoir foudroyer les maisons d'où l'on tireroit sur la Convention.

A 4 heures les colonnes des rebelles débouchèrent par toutes les rues pour se former. Il eût dit profiter de cet instant si critique, même pour les troupes les mieux agiteries, pour les foudroyer ; mais le sang qui devoit couler étoit franc ois, mais il falloit laisser ces malheureux, couverts déjà du crime de la révolte, se souiller encor de celui de fraternicide. Aux révoltés devoit apartenir l'horreur des premiers coups.

A 4 heures 3/4 les rebelles se trouvèrent formés. Ils commencèrent P attaque de tous les côtés; ils furent partout mis en déroute; le sang françois coula.

 Le crime comme la honte de cette terrible journée tomba sur les sectionnaires.

Parmi les morts, l'on reconnut partout des émigrés, des prêtres et des nobles ; parmi ceux qui furent faits prisonniers, ton trouva que la plupart étoient des chouans de Charette.

Cependant les sections ne se tenoient pas pour battues.

Elles s'étoient réfugiées dans l’église S. Roch, dans le théâtre de la République et le palais Egalité, et partout on les entendoit faire susciter les habitans aux armes.

Pour épargner le sang qui eût coulé le lendemain, il falloit ne pas leur donner le temps de se reconnoître et les poursuivre avec vivacité.

Le général ordonna au général Montchoisi, qui étoit à la place de la Révolution avec une réserve, de former une colonne qui, avant 2 pièces de 12, se portel'oit par les boulevards pour tourner la place Vendôme, opérer sa jonction avec le piquet qui étoit à l'état-major et réunir la division en bataille.

Le général Brune avec 2 obusiers déboucha par la rue S. Nie aise et Rohan.

Le général Carteaux envoya 200 hommes et 1 pièce de 4 de sa division par la rue S. Thomas du Louvre pour déboucher dans la place du palais Égalité.

Le général Brune qui avoit eu un cheval tué sous lui, se porta aux Feuillans.

Ces colonnes se mirent en mouvement. S. Roch, le théâtre de la République furent forcés. Les rebelles les évacuèrent.

Les rebelles se retirèrent alors dans le haut de la rue de la Loi et se barricadèrent de tout côté.

L'on envoya des patrouilles et Ion tira pendant la nuit plusieurs coups de canon pour s'y opposer, ce qui effectivement réussit.

A la pointe du jour, le général apprit que des individus de la commune de S. Germain avec 2 pièces de canon étoient en marche pour secourir les rebelles; il envoya un détachement de dragons qui leur enleva les pièces et les ramena aux Thuilleries.

Cependant les sectionnaires expirants faisaient encore contenance. Ils avoient barricadé les issues de la section Lepelletier et placé leurs canons aux principales rues.

A 9 heures le général Berruyer se rangea en bataille avec sa division dans la place Vendôme. Il se porta avec 2 pièces de 8 à la rue des Vieux-Augustins et il les braqua sur le chef-lieu de la section Lepelletier.

Le général Brune se porta au perron et plaça 2 obusiers au bout de la rue Vivienne.

Le général Vachot avec un corps de tirailleurs se porta sur la droite prêt à se porter à la place Victoire.

Le général Duvignau avec la colonne des boulevards et 2 pièces de 12 se porta à la rue Richelieu et Montmartre.

Mais le courage avoit manqué aux sectionnaires avec la crainte de voir la retraite coupée. Ils évacuent le poste, et oublient à la vue de nos soldats l'honneur des chevaliers françois qu'ils avoient à soutenir.

La section de Brutus donnoit encore quelques inquiétudes. La femme d'un représentant y avoit été arrêtée.

L'on ordonna au général Duvignau de longer le boulevard jusqu'à la rue Poissonnière.

Le général Berruyer vint se ranger à la place Victoire.

Le général Brune alla occuper le pont au Change.

L'on ferma la section Brutus, et l'on se porta sur les places de Grève, d'où l'on fouilla l'île S. Louis, du Théâtre-François, du Panthéon, partout les patriotes avoient repris courage, partout les provocateurs de la guerre civile étoient disparus, partout le peuple convenoit de leur folie et de son égarement.

Le lendemain l'on désarma les 2 sections de Lepelletier et du Théâtre-François, et les chasseurs et grenadiers de la garde nationale.

Arch. de l'Emp., AE. 15. (Armoire de fer.)

 

 

 

 

Comité de salut public.

— 1795, 26 octobre. — Arrêté nommant le général Bonaparte au commandement de l'armée de l'intérieur.

Paris, le 4 brumaire fan 4 de la République Le Comité de salut public arrête que le général de division Buonaparte est nommé général en chef de l’armée de l'intérieur.

Charge la 9° Commission de lui expédier des lettres de service en exécution du présent Arrêté.

Signé: LE TOURNEUR (de la Manche), GOURDAN, MERLIN (d. D.), A. C. THIRAUDEAU, LESAGE, BOISSY, T. BERLIER, L. M. REVELLIÈRE-LÉPEAUX.

 

 Par arrêté du Comité de salut public, en date du 24 vendémiaire an IV (16 octobre), Bonaparte avait été nommé général de division dans l'arme de l'artillerie.

Arch. de l'Emp., AF II. 202. (Com. de salut public ; Guerre.)

 

 

 

Documents originaux de l'histoire de France exposés dans l'hôtel Soubise / Musée des archives nationales ; ouvrage ...publié par la direction générale des Archives Nationales

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