Charles Rouault, seigneurs du Landreau (Les Herbiers) vice amirale de Guienne pendant la 3ème guerre de Religion

La Vendée militaire et la portion du Bas-Poitou où se propagea le protestantisme ne doivent pas être confondus, leur terrain fut en partie commun, mais il ne le fut qu'en partie et les centres furent tout à fait différents. Là même où l'hérésie fut le plus contagieuse, elle ne gagna pas sans exception toute la noblesse, les exceptions se multiplièrent, nous le soupçonnons, à mesure que l'on entre dans le Bocage, dans les meilleures parties du Bocage ; et lorsqu'on arrive à ce qui fut le coeur de l'insurrection vendéenne et que l'on avance encore, soit du côté de l'Anjou, soit du côté du Haut-Poitou, au- delà de la Châteigneraye, de Saint-Michel-Mont-Mercure et des Herbiers, la majorité des gentilshommes nous semble manifestement être restée catholique.

 

En deçà de ces limites habitaient deux des principaux chefs catholiques, Philippe de Chateaubriand, seigneur des Roches Bariteaux, qui, toujours ardent dans la même voie, se jeta dans la Ligue, et Charles Rouault du Landreau, seigneur de Bournezeau, qui, un instant protestant, fut ramené au catholicisme par Nicolas Rapin, vice-sénéchal de Fontenay.

 

Charles ROUAULT, dit du Landreau, né vers 1530,

 

Charles Rouault, Seigneur du Landreau, Seigneur de Bournezeau, chevalier de l'ordre du Roi, suivi d'abord le parti protestant, dont il était un des premiers chefs; mais ayant embrassé le parti du roi, il se distingua dans les guerres qui désolaient notre province à cette époque.

Charles Rouault épousa, le 18 octobre 1559, Louise-Charlotte de la TREMOILLE, baronne de Bournezeau, fille naturelle de François, Vicomte de Thouars, et veuve de Jean d'Angliers, Ec., Sgr de Montron.

Les baronnies de Bournezeau, de Puymaulray et des Pineaux lui furent apportées en mariage. Il en eut Louis, baron de Bournezeau, tué dans les guerres de religion.

 

BOURNEZEAU, qui eut son martyr le 12 juillet 1550, dans la personne du clerc Jean Clémanceau, condamné à mort pour hérésie par le prévôt de Poitou, et son église constituée à partir de 1562, sous les auspices de Charles Rouault du Landreau, seigneur de l'endroit, plus tard aussi zélé catholique qu'il était alors fervent huguenot (1).

En 1563, alors chef de troupes protestantes lors des guerres de religion en Vendée, il participa à la prise de Pouzauges et à la chasse des gens d'Église aux alentours de la Châtaigneraie.

 

 En 1565, la ville des Herbiers tomba aux mains des protestants, puis fut reprise par les catholiques, avant d'être assiégée par du Landreau vers 1567.

Mais en février 1568, Charles ROUAULT se convertit au catholicisme, peut-être poussé en ce sens par Nicolas RAPIN

Devenu un ardent défenseur du parti catholique et capitaine de 50 hommes d'armes, il parcourut les paroisses en février 1569 en faisant défense aux habitants de donner quoi que ce soit au parti protestant, mais seulement au Roi, y ajoutant fortes menaces.

Le 3 mars 1568, les huguenots prirent Tiffauges et y établirent une garnison.

 

Aussi, pour y mettre bon ordre, les gouverneurs de Nantes et d’Angers décidèrent d’envoyer une armée qui, sous le commandement de Charles Rouault du Landreau, prit Montaigu les 23 et 24 mars 1569, malgré les secours envoyés par les villes de la Rochelle, Niort et Fontenay, qui se vengèrent sur sa maison de Bournezeau, où ils délivrèrent plusieurs prisonnier.

Du Landreau fit de Montaigu sa place de sureté et de refuge, et il y tenanit nombreuse garnison qui lui servait à battre le pays environnant ; il assistait en 1569 à la tentative que fit le Comte du Lude pour s’emparer de Niort, et qui fut rendue inutile par le secours que Claveau, Seigneur de Puyviaud, introduisit dans la place.

Le 24 juillet suivant, il s'empara de la Rocheservière par surprise, se trouva à la prise de Marans par René de Sanzay (20 novembre).

Il s'était également distingué dans les expéditions maritimes qu’il avait dirigées contre les protestants, depuis que le roi l’avait, nommé vice-amiral de Guienne ; aussi ces derniers, apprenant qu'il était aux Sables-d'Olonne, vinrent assiéger cette ville et en poussèrent les attaques avec tant d'acharnement sous la conduite de la Noue.

En mars 1570, les Sables-d'Olonne pris par les protestants, Jard, Talmont, Saint Gilles furent évacués par les catholiques sans être attaqués.

Du Landreau s'était échappé dans le Marais; mais fait prisonnier, et bien qu’il eut donné aux soldats qui l’avaient arrêtés 200 doubles ducats pour avoir la vie sauve, ils l'eussent massacré si la Cressonnière ( René Bastard de la Cressonnière) ne l'eut arraché de leurs mains.

 

De Landreau, amené prisonnier à La Rochelle, fut enfermé au haut de la tour de la Chaîne; sa vie était en danger, les protestants ne lui pardonnant pas d'avoir embrassé le parti du roi on le jugea et l'issue ne pouvait être que fatale, mais Charles IX fit savoir que le baron de Renty fait prisonnier à Bourges et plusieurs autres prisonniers des catholiques auraient le même sort que de Landreau.

On se contenta alors de le mettre à rançon.

 

La Saint-Barthélémy et le premier siège de La Rochelle (1572-1573)


Dans la nuit du dimanche 24 août 1572, a lieu le massacre de la Saint-Barthélemy, qui met un terme à la paix et plonge le royaume de France dans l’horreur du fanatisme religieux, que le roi Charles IX ne parvient pas à endiguer. De nombreux huguenots s'enfuient alors vers La Rochelle, place forte protestante.

Charles IX charge alors François de La Noue, qui a échappé au massacre, d'une délicate mission de conciliation entre les habitants de La Rochelle et le pouvoir royal. Les Rochelais, ulcérés par la tragédie qui vient de se jouer, refusent toute négociation. N'oubliant pas ses convictions huguenotes et sentant que la guerre est proche, François de la Noue démissionne de ses engagements royaux et organise la défense de la ville.

En novembre 1572, La Rochelle refuse de recevoir le gouverneur royal Armand de Gontaut-Biron et sa garnison.

Le 2 février 1573, le duc d'Anjou, frère du roi et futur Henri III, incite François de La Noue à se rendre en proposant des conditions favorables, mais en exigeant une reddition sous trois jours. Faisant face au refus de ses coreligionnaires extrémistes, dont certains l'accusent de traîtrise, François de la Noue quitte la ville et rejoint le camp royal, sans prendre part aux combats.

Le roi Charles IX ordonne alors au duc d’Anjou de mettre le siège devant La Rochelle, ce qu'il entreprend dès le 11 février 1573, à la tête d'une armée de 28 000 hommes.

27 avril 1573, Montre et revue faite au camp devant La Rochelle, de la compagnie du capitaine Landreau.

Roolle de monstre et reveue faicte au camp devant La Rochelle, [le 27 avril de l'an mil cinq cent] soixante-treize, de six vingtz quinze hommes de guerre à pied françois, soubz la charge du cappitaine Landreau, sa personne et celle de ses officiers y comprins, par nous Valentin de Lamorlière, commissaire ordinaire des guerres, commis et ordonné en ladicte monstre, servant à l'acquict de maistre Françoys de Lagorsse, conseiller du roy et trésorier de l'extraordinaire desdictes guerres, pour un moys entier, commencé le premier jour dudict moys d'avril et finissant le dernier d'icelluy audict an, auquel nombre fust, oultre ledict cappitaine, un lieutenant, un porteur d'enseigne, deux sergens, un fourrier, deux tabourins et un phiffre, deux capporaul, armez de corcelletz, trois lanspessades armez de corcelletz, trois autres, deux autres, deux autres encores armez comme les précédans, trante-quatre picquiers armez de corcelletz, six autres portans halbarde et corcelletz, et vingt-six autres armez de corcelletz, et six autres aussi armez de corcelletz, deux capporauls harquebuziers, morionnez, trois lanspessades aussi morionnez, seize harquebuziers morionnez, quinze autres aussi morionnez, six autres aussi morionnez, desquelz les noms et surnoms s'ensuivent :

Premièrement.

Le cappitaine Landereau.

 Françoys de Labarre, lieutenant.

Annet de Sainct-Autay, enseigne.

Guillaume Gillet, sergent.

Denys de Longueville, sergent.

Claude de Breilbaudet, tabourin.

Pierre Baulay, tabourin.

Jean Dupuis, phiffre.

Absalon Joyeux, fourrier.

Nicolas Rapin (2)

…..

Nombre total : VIXXXV hommes.

Nous, Françoys de Labarre, lieutenant du cappitaine Landereau, cappitaine d'une compagnie de gens de [guerre] à pied françoys, du nombre de deux cens hommes de guerre à pied françoys, estans pour le service du roy, en son camp et armée estant devant La Rochelle, Valentin de Lamorlièrre, commissaire ordinaire des guerres, et Nicolas Morand, controlleur desdictes guerres, certiffions à nosseigneurs les gens des comptes du roy, nostre sire, à Paris, et autres qu'il appartiendra, ce qui sensuict: sçavoir est, nous Françoys de Labarre, lieutenant susdict, avoir présenté à la monstre et reveue qui faicte a esté ce jourd'huy de nostre dicte compagnie pour le le moys d'avril M.VC soixante-treize, le nombre de six vingtz quinze hommes de guerre à pied, la personne dudict cappitaine Landereau, la nostre et officiers y comprins, en l'equippage cy-dessus déclairé, nous de La Morlière, commissaire, avoir veu et visité par forme de monstre et reveue tous. dessusdicts six vingtz quinze hommes de guerre à pied, estans soubz la charge dudict cappitaine Landereau, sa personne et officiers comprins, ausquelz, amprès les avoir trouvez en bon et suffizant estat, équipage et habillement de guerre, cappables de faire service à Sa Majesté, et avoir d'eux prins et receu le serment en tel cas requis et accoustumez, leur avons faict bailler, paier et délivrer comptant par Me Françoys de Lagorsse, conseiller dudict sieur et trésorier de l'extraordinaire de ses guerres, la somme de quatorce cens soixantesept livres tournoys à eux ordonné pour leur solde, estat et appoinctement dudict moys d'avril ondict an, assçavoir: au cappitaine, CVI livres; au lieutenant, LVI livres; à l'enseigne, XXXI livres; à deux sergens, chascun XX livres; à un fourrier, deux tabourins et un phiffre, chascun XII livres, XLVIII livres; à deux capporaulx armez de corcelletz, chascun XX livres, XL livres; à trois lanspessades armez de corcelletz, chascun XVI livres, XLVIII livres; à trois autres, chascun XV livres, XLV livres; à deux autres lanspessades armez comme dessus, chascun xm livres, xxvi livres; à deux autres armez comme les précédantz, chascun XII livres, XXIIII livres; à trente-quatre picquiers armez de corcelletz, chascun [neuf] livres, IIIeVI livres; à six autres portans halbardes et corcelletz, chascun ix livres, LIIII livres; à vingt-six autres armez de corcelletz, chacung VIII livres, IIeVIII livres; à six autres armez comme dessus, chacun VII livres, XLII livres; à deux capporaux harquebuziers morionnez, chascun XX livres, XL livres; à trois lanspessades aussi morionnez, chascun VIII livres, XLII livres; à seize harquebuziers morionnez, chascun IX livres, VIIxx IIII livres; à quinze aussi morionnez, chascun VIII livres, VIxx  livres; à six autres armez comme les précédantz, chascunVII livres, XLII livres.

Et moy, Nicolas [Morand], controlleur susdict, certiffie ladicte somme de quatorze cens soixante-sept livres tournoys avoir esté fournye et [payée] comptant en ma présence par ledict Delagorsse, trésorier susdict, ses cl ers et commis au-dessus nommez, six vingts quinze hommes de guerre à pied françoys, laquelle somme de quatorze cens soixante-sept livres tournoys ilz et chascun deux pour leur regard sont tenuz pour contens et bien payés, et en ont quicté ledict Delagorsse, trésorier susdict, et tous autres, en tesmoing de ce nous avons signé ce présent roole, à Nyeul, le vingt-septiesme jour davril mil cinq cens soixante-treize.

LABARRE. LAMORLIÉRE. MORAND.

 

 Après huit assauts infructueux et des pertes énormes, Henri III, duc d'Anjou ayant entre temps  été élu roi de Pologne, il signe la paix de La Rochelle le 24 juin 1573 et abandonne le siège.

 Le 11 juillet 1573, la paix de Boulogne met fin à la quatrième guerre de religion en remettant en vigueur les clauses de l'édit d'Amboise. Elle donne aux protestants la liberté de conscience, mais ils perdent Cognac et La Charité-sur-Loire et n’obtiennent la liberté de culte que dans trois villes : La Rochelle, Montauban et Nîmes.

François de La Noue, occupe ensuite la fonction de général de La Rochelle de 1574 à 1578.

 

En 1574 épouse en secondes noces, Catherine de la Rochefoucauld, veuve de René du PUY-DU-FOU.

Lors du siège de Fontenay, en 1574, il fut chargé d'amener de Nantes de l'artillerie, ce qu'il effectua heureusement accompagné de 300 arquebusiers et 100 cavaliers, il apporta son aide au siège de Fontenay-le-Comte par les troupes catholiques.

les troupes catholiques assiègent (7 mai-18 septembre 1574) et prennent la ville

Ledit jour, nous sçumes que les compagnies du royaume de Pologne, du Prince de Condé, le sieur de Montsoreau et ses gens, le sieur des Roches-Bariteaux et ses gens, le sieur du Landreau  et ses gens, et leurs compagnies, jusqu'à 800 ou 1,000 chevaux, avoient environné la ville de Fontenay-le-Comte, et qu'ils avoient défait trois compagnies de gens de pied des Huguenots, qui vouloient entrer en ladite ville, et qu'il ne s'en étoit échappé que trois , qui s'étoient sauvés audit Fontenay.==> Prise et Siège de Fontenay-le-Comte durant la cinquième guerre de Religion (1574)

Après la prise de cette ville par le duc de Montpensier, ce prince lui confia la garde du Sgr de Bassay, qu'il conduisit à Montaigu.

Quelque temps avant le siège de Fontenay, du Landreau, qui avait fortifié sa maison de Bournezeaux, s'y renferma lui-même, espérant que les ennemis, qui tenaient singulièrement à le faire prisonnier, s'aventureraient à tenter un coup de main pour s'emparer de sa personne.

En effet, Touvoy sortit de Fontenay à la tête de 200 arquebusiers pour lever l'impôt; du Landreau en donne avis à Châteaubriand, qui tombe avec 600 chevaux sur trois compagnies huguenotes et les met en pièces ; trois hommes seulement s'échappèrent, nous dit le Journal de Michel Le Riche.

En 1575, il fut chargé par le gouverneur et lieutenant-général du Poitou, Gui de Baillon, comte du Lude, d'enlever l'Ile de Ré aux Rochelais.

Du Landreau s'embarqua précipitamment aux Sables, le 1er septembre, au soir, accompagné de 40 gentilshommes, et de trois à quatre cents soldats du régiment de Sarrieu, distribués sur deux vaisseaux et sur une vingtaine de chaloupes.

Le lendemain, avant le lever de l'aurore, il opéra sa descente vers la pointe des Portes et l'Ile de Loix, près le fief d'Ars.

Quelques sentinelles dispersées sur la côte donnèrent l'alarme ; mais les catholiques, qu'on n'attendait pas, étaient déjà en marche sur Saint-Martin, qu'ils attaquèrent vers midi.

Les habitants, surpris et consternés, prirent la fuite, abandonnant la place à l'ennemi.

Plusieurs insulaire gagnèrent des barques qu’ils avaient tenues prêtes à tout évènement. Le vent favorisa leur fuite, et ils allèrent porter à la Rochelle la nouvelle de leur disgrace.

La nouvelle de cette invasion s'était répandue le jour même dans la ville de La Rochelle.

Pour venger cette défaite, le duc de Rohan et le maire de la ville, Jacques Guilon, seigneur de la Vallade, demandèrent au peuple du secours pour les insulaires de Ré.

Des chaloupes furent armées à la hâte, et la petite troupe huguenote, commandée par Fromentinière et La Popelinière, seigneur de Sainte-Gemme, se dirigea vers le bourg de la Flotte, où elle débarqua dans la soirée du 2 septembre.

Les calvinistes forcèrent un corps de garde que du Landreau venait d'y établir, et résolurent d'attaquer les catholiques pendant la nuit, en ayant soin de s'attacher un linge blanc au bras ou au chapeau. Ils avaient pris le mot victoire pour signe de ralliement.

Un ministre fit la prière publique, et la troupe se mit en marche vers minuit.

Elle attaqua Saint-Martin par deux côtés à la fois, enleva les barricades qui barraient les rues, et chassa les catholiques hors de la place.

Du Landreau, sur le point de tomber aux mains des Réformés, se jeta nu-tête et sans soutiers dans une chaloupe, qui le conduisit à la Tranche, ayant perdu près de 300 hommes tués ou faits prisonniers.

Les catholiques perdirent 300 hommes dans celle expédition malheureuse.

Si l'on en croit un document de l'époque, d'origine protestante, les Rochelais n'auraient eu que sept ou huit blessés et sept morts, parmi lesquels se trouvaient le capitaine Bonneau et l'enseigne Gargouillaud.

 

Nous le trouvons nommé en 1576 lieutenant pour le roi en bas Poitou,

Le Siège de 1580, et le huguenot Agrippa d’Aubigné à Montaigu

En 1580, le brave du Landreau effaçait la honte de cette défaite par de brillants faits d'armes contre les huguenots, sous les murs de Montaigu.

Il ne put s'emparer de cette place qu'après six assauts, livrés dans l'espace de six mois.

D'Aubigné convient que la garnison huguenote qui occupait cette importante citadelle était plus disposée à détrousser les voyageurs qu'à faire bon guet aux portes et aux remparts (3).

Des renforts arrivés aux calvinistes assurèrent, pendant quelque temps, leur conquête, «et Landreau, les Roches-Baritaud (4), ajoute d'Aubigné, ne se vinrent plus promener devant Montaigu, pour montrer des cordeaux (5) aux gens de garnison. »

L'histoire ne dit pas si ces menaces de pendaison furent exécutées ; mais il est certain que du Landreau « revint se promener devant Montaigu», ni finit par conquérir cette place à la cause catholique.

 

Il adressait à la veuve du duc de la Trémoille une lettre datée du 28 avril 1580, et que nous avons encore tout entière en original.

« Madame,

» Monsieur de la Dousinière vous dira comme j'ai pensé reprendre voire ville et château de Montaigu, et sans un laquais, j'eusse eu ma revanche à plein fond. Mes conspirateurs fussent à cette heure payés... Je les tiens en belle crainte, qui sont fort étonnés et ne sortent guère loin à la campagne : que s'ils le font, je vous en enverrai des oreilles et têtes.

» J'ai donné un des traîtres entre les mains de Rapin, vice-sénéchal de Fontenay, pour en faire justice.

J'attendais toujours des nouvelles du Roi et de Monsieur, et de Monsieur de Montpensier, dont je suis en grand'peine, parce que plusieurs de mes amis craignent do faire la guerre sans commandement.

» Cependant, Madame, je vous envoie vos lévriers, qui sont bons, et je m'en assure. Le rouge est fils de la bonne levrette rouge que vous vîtes céans, et les autres, d'un lévrier, le meilleur du monde.

» Je voudrais qu'ils vous puissent donner du plaisir, autant que je prie Dieu de bon coeur de me faire la grâce qu'en mourant, je puisse rétablir votre place, et vous faire les services très fidèles que je vous ai voués et consacrés..., qui est tout ce que je désire aujourd'hui, no m'étant tout lo reste au monde rien au prix de celte volonté qui mourra avec moi.

» Qui me fera faire fin, pour très humblement et en toute humilité vous baiser les mains; priant le Créateur, Madame, vous maintenir et augmenter vos grandeurs, et en très parfaite santé, très heureuse et longue vie.

» Du Landreau, ce 28 d'avril.

» Votre très humble, très obéissant, fort fidèle serviteur et sujet.

 

 

 

18 octobre 1581 du Landreau vice amiral de Poitou, A M. de Rouet, avocat au parlement de Paris.

Prochain départ pour l'expédition du Portugal. Instruments de marine à commander de suite. Désir de faire parler de lui. Assurances très amicales. Le P. Anselme le qualifie de capitaine de 50 hommes d'armes, et dit qu'il servit comme vice-amiral au voyage que fit en Portugal le maréchal de Strozzi.

Le vice-amiral Charles Rouault de Landreau, qui amenait en mai 1582 huit cents arquebusiers de renfort, de la poudre et cinquante pièces de canon, faillit détruire une autre escadre espagnole à l'île San-Miguel (6).

Avec deux de ses capitaines, il enveloppait l'amiral Pedro Peijoto; son lieutenant, Crené, se faisait tuer en attaquant le vice-amiral ennemi; au moment le plus critique de l'action, cinq autres de nos bâtiments, cachés derrière une pointe, se démasquaient soudain... C'en était fait de Peijoto, si le vent les avait portés sur le théâtre du combat. Une accalmie fut au contraire le salut des Espagnols, qui finirent par se dégager et gagnèrent l'abri de la terre (7) ; à Terceire, Landreau porta ombrage à l'amiral gouverneur Manuel de Silva, qui refusa de lui confier les bâtiments portugais restés fidèles à Don Antonio, quatorze nefs et deux galères, sous prétexte que nous n'avions d'autre but que de piller l'île (8).

Il vivait encore en 1590, époque où il assistait au mariage son frère René, sieur du Buignon, et de Jeanne Gaultron, fille de Roland, sieur de Landebaudière, et de Bonaventure de Condé.

De son vivant Chevalier de l'Ordre du Roi, Vice-Amiral de France, Gouverneur de Mortagne et de Talmont, Baron de Bournezeau et Seigneur du Landreau

Charles ROUAULT mourut vers 1592, peut-être condamné à mort.

 

 

 

Dictionnaire historique, biographique et généalogique des familles de l'ancien Poitou. Tome 2 / par feu M. Henri Filleau,... ; publié par son petit-fils H. Beauchet-Filleau et Ch. de Chergé

Archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis

La Vendée avant 1793 : légendes et récits Pierre-L. Prunier

Société d'histoire générale et d'histoire diplomatique (France)

 

 

 

 

 ==> Les Guerres de Religions en dates

==>Ephémérides de la troisième guerre civile en Poitou, Aunis et Saintonge (du 3 octobre 1569 jusqu’au 26 aout 1570)

 ==> Le château du Landreau sert d’hebergement à Catherine du Puy du Fou, pendant la restauration du château du Puy du Fou

 

 

 


 

(1) Mémoire du sr Voyneau du Plessis contre le sr du Chaigneau, dans le procès survenu entre eux en 1771, pour certains droits sur le four banal et la mouture à Bournezeau.

Jean Clémenceau était sans doute de la famille de Jean Clémenceau, imprimeur et libraire aux Moutiers-sur-le-Lay, en 1508.  Poitou et Vendée : études historiques et artistiques / par B. Fillon et O. de Rochebrune

2. Ce doit être Nicolas Rapin, le poète fontenaisien, l'un des auteurs

(3) D'Aubigné: HISTOIRES, t. II, liv. IV, chap. VI et XVI.

(4) Philippe de Chateaubriant, seigneur des Roches Baritaud, comte de Grassay, chevalier de l'Ordre du Roi, et gouverneur de Fontenay-le-Comte. Il appartenait à la famille des Chateaubriand de Bretagne.

(5) Des cordes à pendre.

(6) Landreau, qui avait jadis couru la mer des Antilles et failli capturer la belle Madeleine de Giron, femme du vice-roi espagnol (BRANTÔME, t. VII, p. 161), avait eu promesse de Strozzi d'arborer le pavillon vice-amiral. (B. N., Cinq-Cents Colbert 39, fol. 576.)

(7) DE THOU, livre LXXV. — Duro, p. 253, 268. — B. N., Italien 416, fol. 2.

(8) Lettre de Luys de Païva, San-Miguel, 20 juin 1582. (B. N., Franç. 16.108, fol. 275.)