Légion VI Ferrata - Mediolanum Santonum NOTICE SUR LE CALENDRIER

Le calendrier, chez les Grecs et chez les Romains, était la distribution du temps ajustée à leurs usages ; il contenait l'ordre des jours, des mois, des années et des fêtes qui se célébraient. Les Grecs comptaient les années par olympiades ; et chaque olympiade renfermait un espace de quatre années révolues.

Les Grecs et les Romains ont commencé par compter l'année lunaire composée de douze lunaisons, qui est plus courte que l'année solaire, de 11 jours 6 heures environ. Il en résultait qu'après trois années on se trouvait en retard de plus d'un mois, et, après 16 ans, le commencement de l'année, fixé d'abord à l'équinoxe du printemps, se trouvait reporté à l'équinoxe d'automne ; pour obvier à cet inconvénient et ramener le commencement de l'année à une époque à peu près fixe, on ajoutait des mois intercalaires, dont la durée n'était limitée que par la différence qu'on avait à racheter, ce qui produisait une très grande confusion.

Les Égyptiens comptaient l'année de 365 jours répartis en 12 mois de 30 jours, à la fin desquels ils intercalaient 5 jours, nommés épagomènes; mais, comme ils négligeaient les 5 heures 48 minutes 52 secondes que comporte l'année solaire, il en résultait encore une erreur très sensible.

Les Juifs adoptaient l'année lunaire de 12 mois, alternativement de 30 et de 29 jours, et chez eux chaque septième année était consacrée à des cérémonies religieuses et prenait le nom de sabbatique.

Les Turcs et les Arabes ont conservé l'année lunaire ; les Persans se servent de l'année solaire avec l'intercalation d'un jour de 4 ans en 4 ans.

Au dire de plusieurs auteurs, l'année, sous Romulus, se composait de 10 mois, commençant en mars et finissant en décembre. Ces mois avaient, selon les uns, 36 jours, ce qui donnait pour l'année entière 360 jours; suivant d'autres, les 10 mois formaient 304 jours.

Numa, deuxième roi de Rome, fixa la durée de l'année solaire à 365 jours et celle de l'année lunaire à 354. L'année fut donc composée de 12 mois lunaires, alternativement de 29 et 30 jours, et de 2 ans en 2 ans on ajoutait un mois pour l'accorder avec le mouvement du soleil.

Numa ajouta les deux mois de janvier et de février et fit commencer l'année au 1er janvier ; le législateur n'avait pas atteint son but, et, jusqu'à Jules César, le calendrier romain resta dans le plus grand désordre.

L'astronome Méton, qui vivait à Athènes dans le Ve siècle avant J.-C, découvrit le cycle qui porte son nom, lequel établit qu'après une période de 19 ans le soleil et la lune se retrouvent au même point du ciel, et il trouva que 235 lunaisons étaient l'équivalent de 19 années solaires. Ainsi, l'année solaire de 365 j. 5 h. 48 m. 52 s. équivaut, en nombres et fractions décimaux, à 365 j. 2422685 qui, multipliés par 19 ans, produisent 6939 j. 6027 ; et 235 lunaisons de 29 j. 12 h. 44 m. 3 s. en nombres décimaux équivalent à 29 j. 53,059 et produisent 6,939 j. 6,887, différence de 0,0860, et qui correspond à 2 h. 3 m. 50 s. ; c'est à cette combinaison qu'on a donné le nom de nombre d'or.

L'astronome Calippe, qui vécut un siècle après Méton, corrigea ce cycle et en inventa un nouveau composé de quatre cycles de Méton et embrassant une période de 76 ans, dont les trois premiers cycles étaient de 6,940 jours et le quatrième de 6,939.

Cette correction devait retarder l'anticipation des nouvelles lunes de plus de 300 ans, et faire mieux accorder la période avec la révolution solaire.

La période calippique commença l'an 331 avant J.-C. Sa concordance avec la révolution solaire n'était qu'apparente, puisqu'alors on ignorait la véritable durée de l'année, qu'on croyait être de 365 jours 1/4.

Jules César, maître de Rome et grand-pontife, entreprit la réforme du calendrier; il en chargea l'astronome grec Sosigènes, lequel commença par ajouter à l'année courante, qui était la 46e avant notre ère, un certain nombre de jours pour remettre d'accord avec la marche du soleil le commencement de l'année suivante ; l'année modifiée fut portée pour cette fois à 445 jours et prit le nom d'année de confusion; puis, pour pourvoir à la régularité future et complète du calendrier romain, on régla que l'année serait purement solaire ; qu'elle serait composée trois fois de suite de 365 jours, et que chaque quatrième année en compterait 366.

Cette intercalation quaternaire supposait encore que l'année se composait de 365 jours et un quart ; le jour intercalaire de chaque quatrième année fut placé à la fin du mois de février, qui fut porté de 28 à 29 jours, et l'année fut appelée bissextile.

Les mois romains, avant César, se nommaient : Januarius, Februarius, Martius, Aprilis, Maius, Junius, Quintilis, Sextilis, September, October, November, December ; il leur conserva ces noms; mais, après lui, on donna à Quintilis et à Sextilis, qui formaient le cinquième et le sixième mois de l'année de Romulus, laquelle se composait de 10 mois commençant à mars, les noms de Julius et d'Augustus, le premier en l'honneur de Jules César, le second en celui d'Auguste.

La division du temps en semaines de 7 jours est de la plus haute antiquité ; elle a été adoptée par les plus anciens peuples de l'Orient. Les Juifs la rapportaient à la Bible, qui indique les 7 jours de la création du monde ; d'autres peuples l'attribuaient aux phases de la lune, qui changent tous les 7 jours et dont la durée de 28 jours forme 4 semaines.

Les Grecs et les Romains sont les seuls peuples qui n'ont pas adopté cette division : les Grecs comptaient le temps par décades, formant par chaque mois 3 périodes de 10 jours.

Chez les Romains, le premier jour de chaque mois s'appelait Calendes ; les Nones arrivaient le 7 dans les mois de mars, de mai, de juillet et d'octobre, et le 5 dans les autres mois.

Les Ides tombaient le 15 dans les mois de mars, de mai, de juillet et d'octobre, et le 13 dans les autres mois. Les jours compris entre les calendes et les nones se nommaient : jours avant les nones ; ceux entre les nones et les ides : jours avant les ides ; enfin, ceux entre les ides et les calendes du mois suivant : jours avant les calendes. Le 1er jour de janvier se nommait calendes de janvier, les 2e et 3e prenaient le nom de 4e et de 3e jour avant les nones ; le 4e jour, celui de veille des nones ; il en était de même pour les ides et les calendes du mois suivant.

Les Grecs ne divisaient point leurs mois en calendes, en nones et en ides comme les Romains ; ces noms n'étaient point connus en Grèce. D'où est venu le proverbe : Renvoyer aux calendes grecques.

Les jours de la semaine ont reçu leurs noms des anciens, en l'honneur du soleil et des planètes. Dimanche fut le jour du Soleil; lundi, jour de la Lune; mardi, jour de Mars; mercredi, jour de Mercure; jeudi, jour de Jupiter; vendredi, jour de Vénus, et samedi, jour de Saturne.

Quand le christianisme se répandit dans l'Empire, l'année lunaire reparut dans le calendrier romain, dont César l'avait bannie ; la fête de Pâques fut célébrée, dans le principe, le premier dimanche après la pleine lune qui suit l'équinoxe de printemps ; on substitua la division par semaines à celle du calendrier romain, et l'on essaya de faire concorder l'année lunaire avec l'année solaire.

Mais ces essais eurent peu de succès, et, en 325, les Pères du Concile de Nicée établirent une règle suivant laquelle l'équinoxe établi au 25 mars par le calendrier Julius serait fixé au 21 mars, époque où il se trouvait réellement, et la fête de Pâques le dimanche après le 14e de la lune du 1er mois, c'est-à-dire de la lune dont le 14e arrive ou le jour même ou après le jour de l'équinoxe.

Comme il y avait déjà retard de plusieurs jours entre le retour des lunaisons et l'année solaire, on corrigea cette différence et on pensa qu'à l'avenir l'équinoxe arriverait toujours à la même date du 21 mars. Il n'en fut pas ainsi : l'année solaire étant plus courte de 11 minutes 8 secondes qu'on l'avait supposé, il en résulte que la date qu'on avait désignée pour la rencontre de l'équinoxe éprouva un retard d'un jour sur environ 133 ans.

Toutefois, on ne tarda pas à s'apercevoir que l'équinoxe n'arrivait plus au jour fixé par le Concile de Nicée, et, l'erreur s'accumulant toujours, en 1414, Pierre d'Ailly, chancelier de l'Université, et le cardinal Casa Regio Montana, sous le règne de Sixte IV, s'en occupèrent ; mais il appartenait au pape Grégoire XIII d'opérer cette grande réforme, à laquelle on a donné son nom.

Cette réforme était si nécessaire que, sous son pontificat, les équinoxes étaient indiqués à une date antérieure de 10 jours à celle où ils arrivaient réellement.

Aloysius Lilius, astronome et médecin Véronais, chargé par le Pape de ce travail, fit un plan qui réunit tous les suffrages, et, le 24 février 1581, parut un bref par lequel le pape Grégoire XIII ordonna l'observation des articles qui devaient remplir pour toujours l'intention attribuée aux Pères du Concile de Nicée et que voici. Il est dit :

 1° qu'après le 4 octobre 1582, on retrancherait 10 jours du mois, en sorte que le jour qui suivra la fête de saint François, qu'on a coutume de célébrer le 4 octobre, sera appelé non le 5 mais le 15 octobre, et que la lettre dominicale G serait changée en C ;

2° pour qu'à l'avenir l'équinoxe du printemps ne puisse plus s'éloigner du 21 mars, les années bissextiles, qui avaient lieu de quatre ans en quatre ans, n'auraient pas lieu dans les années séculaires 1700, 1800 et 1900, mais seulement en 2000, en retranchant à l'avenir 3 jours tous les 4 siècles.

On voit par là : que 400 années grégoriennes se composent de 97 années bissextiles et de 303 années communes qui forment un total de 146,097 jours, et que 400 années solaires de 365 j. 5 h. 48 m. 52 s. forment 146,096 j. 21 h. 46 m. 40 s. ; (ce qui forme, au bout de 400 ans, une erreur en plus de 2 h. 13 m. 20 s., et ne peut produire qu'une erreur d'un jour en 5,000 ans) ; enfin, que le calendrier grégorien, quant à la division de l'année civile, satisfait à tout ce que l'on peut demander.

Mais le calendrier a un autre but qui est aussi important, c'est celui de servir à déterminer chaque année la date de la fête de Pâques, laquelle, à son tour, établit la date des fêtes mobiles ; c'est donc dans ce but qu'on a mis d'accord l'année solaire avec l'année lunaire.

Nous avons vu que Méton avait atteint ce but au moyen du nombre d'or, mais ce cycle, comme nous l'avons dit, nécessitait une correction, et, avec la suite du temps, sa coïncidence n'était plus parfaite; aussi, à la réforme de 1582, Aloysius inventa l'épacte, qui remplace aujourd'hui le nombre d'or et qui permet de connaître à chaque instant l'âge de la lune.

L'épacte, comme le nombre d'or, comporte une période de 19 ans, après laquelle le soleil et la lune reviennent à peu près aux mêmes points du ciel. Le cycle de Méton ayant été mis en usage pour l'ère chrétienne l'année qui précéda cette ère, on obtient le nombre d'or d'une année en ajoutant 1 à son millésime et en divisant par 19 ; ainsi, pour trouver le nombre d'or de 1881, il faut poser 1881 + 1 = 1882/ 19 = 99, et il reste 1 qui est le nombre d'or de cette année.

Nous avons vu que, pendant une période de 19 ans, le cycle de Méton anticipait de 2 h. 3 m. 50 s. sur l'année solaire, ce qui produit une différence de 1 jour en 221 ans. C'est ainsi que, vers le milieu du XVIe siècle, les nouvelles lunes, quoique déjà modifiées auparavant, arrivaient quatre jours avant les véritables.

Le tableau suivant fait connaître le nombre d'or et l'épacte correspondants :

NOMBRE D'OR: 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10,11,12,13, 14,15,16, 17,18,19.

ÉPACTE : 0,11,22, 3,14,25, 6,17,28, 9,20, 1,12,23, 4,15,26, 7,18.

Connaissant le nombre d'or, on obtient l'épacte en retranchant 1, du nombre d'or obtenu, comme nous l'avons indiqué plus haut, et en multipliant ce chiffre par 11 ; si le nombre surpasse 30 ou son multiple, on le diminue de cette quantité.

Ainsi, connaissant le nombre d'or de 1825, qui est 2, on obtient l'épacte en diminuant ce chiffre de 1 et l'on a 1 X 11, soit 11 pour l'épacte cherchée ; de même, pour trouver l'épacte de 1878, dont le nombre d'or est 17, on a 17 — 1 = 16 x 11 = 176, 176/30 = 5, et il reste 26, qui est l'épacte de 1878.

Le nombre d'or et l'épacte étant connus, il reste à connaître la lettre dominicale pour trouver la fête de Pâques.

On appelle lettre dominicale celle qui, dans le calendrier, désigne le dimanche ; il y a sept lettres qui deviennent tour à tour dominicales ; ce sont A,B,C,D,E,F,G; on place une de ces lettres à côté de chaque jour du mois, en commençant par le 1er janvier, et en suivant l'ordre naturel. Ainsi, A se met toujours à côté du 1er janvier, B à côté du 2, et ainsi de suite jusqu'à G, qu'on place à côté du 7.

L'année commune étant composée de 52 semaines et 1 jour, la lettre dominicale varie tous les ans en suivant l'ordre rétrograde, et dans les années bissextiles il y a deux lettres dominicales : la première sert du 1er janvier au 24 février ; la deuxième sert du 24 février à la fin de l'année.

Si toutes les années étaient de 365 jours, les lettres dominicales reviendraient à la même date tous les 7 ans ; mais, comme les années bissextiles reviennent tous les quatre ans, ce n'est qu'après une période de 28 ans, connue sous le nom de cycle solaire, que ces lettres reviennent exactement à la même date.

On trouve facilement la lettre dominicale en plaçant les 7 premières lettres de l'alphabet sur une même ligne en suivant l'ordre naturel, et en plaçant au-dessous de chaque lettre les 7 premiers chiffres suivant l'ordre inverse et en remplaçant le nombre 7 par zéro.

Voici ce tableau :

A, B, C, D, E, F, G.

 0, 6, 5, 4, 3, 2, 1.

Ce tableau ne suffit pas : il nous faut connaître le chiffre formant la constante qu'on doit joindre à chaque calcul ; ce chiffre change avec chaque siècle, et le tableau suivant, dressé de l'an 1er à l'an 1999, le fait connaître, savoir :

canvas

Pour connaître la lettre dominicale d'une année quelconque, dont on connaît le millésime, il faut retrancher les deux chiffres de gauche pour opérer sur les unités et les dizaines ; ensuite prendre le quart de ce nombre et l'ajouter à l'entier, enfin ajouter au total le chiffre formant la constante affectée à chaque siècle, puis diviser la somme totale par 7; le reste de la division donne un chiffre qui correspond à la lettre dominicale dans le tableau ci-dessus. Si le reste est zéro, la lettre dominicale est A, et l'année commence par un dimanche.

Nous allons donner quelques exemples pour faire comprendre le calcul.

PREMIER EXEMPLE. — Soit à trouver la lettre dominicale de 1881 :

Du millésime 1881 je retranche les deux chiffres de gauche, il reste 81 dont le quart est 20 (on néglige les fractions), puis je cherche dans la table et je trouve 3 pour la constante du siècle, j'ajoute ensemble ces trois nombres et j'obtiens : 81 + 20 + 3/7 = 104/7 = 14; reste 6, qui, dans la petite table, correspond à B, qui est la deuxième lettre, et qui marque le dimanche, la lettre A marquant le 1er janvier ; l'année a donc commencé par un samedi.

DEUXIÈME EXEMPLE. — Soit à trouver la lettre dominicale de l'an 1er de notre ère :

Ici, il n'y a point de chiffre à retrancher sur le millésime, il faut seulement ajouter le nombre formant la constante du Ier siècle, qui est 5, à l'unité qui représente l'an Ier, diviser le total par 7; il reste 6 correspondant à B. Voici, du reste, l'opération : 1 + 1/4 + 5 = 6/7 = 0, reste 6 = B; la première année de l'ère vulgaire a commencé par un samedi.

TROISIÈME EXEMPLE. — Soit à trouver les lettres dominicales d'une année bissextile. Il faut opérer de la même manière, et le reste indique la deuxième lettre, celle qui commence au 24 février. Ainsi, pour 1880, j'ai : 80 + 80/4 + 3 = 103/7 = 14; reste 5, qui correspond à C ; les deux dominicales de 1880 sont donc D, C.

On peut trouver facilement par quel jour de la semaine commence une année quelconque dont on connaît la lettre dominicale, au moyen de la table suivante :

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Avec la table qui précède, connaissant le premier jour de janvier, on connaît le premier jour des autres mois de l'année; et du reste l'on sait que les mêmes jours se retrouvent les 1er, 8, 15, 22 et 29 : il n'y a donc aucune difficulté pour trouver les autres jours.

Pour déterminer la date de la fête de Pâques, qui est la clé des fêtes mobiles, il suffit de connaître l'épacte et la lettre dominicale de l'année ; nous avons indiqué le moyen de calculer ces deux nombres, il nous reste à dire comment on arrive à ce but.

La fête de Pâques doit être célébrée le dimanche après le 14e jour de la lune, compté pour la pleine lune qui suit l'équinoxe fixé par le Concile de Nicée au 21 mars.

Il faut donc déterminer l'âge de la lune au 21 mars, et, si elle a plus de 14 jours, il faut chercher ce nombre dans le mois suivant ; nous allons donner quelques exemples pour faire comprendre ce calcul; mais auparavant nous devons dire comment on détermine, à l'aide de l'épacte, l'âge de la lune.

 Voici le calcul, qui est très simple :

Au quantième du mois ajouter l'épacte, puis ajouter encore le nombre de mois écoulés depuis mars; la somme donne l'âge de la lune.

PREMIER EXEMPLE. — Soit à déterminer la fête de Pâques pour l'année 1881, dont l'épacte est zéro et la lettre dominicale B.

L'épacte marchant comme le mois de mars, elle a 21 jours le 21; il faut alors se reporter au mois d'avril pour trouver le 14e jour de la lune. Voici le calcul :

La lune suivant le mois a, le 13 avril, 13 jours, plus un jour depuis mars, soit 14 jours, c'est donc cette date qui détermine la fête de Pâques, qui doit être célébrée le dimanche suivant ; or, nous voyons par la lettre dominicale, qui est B, que le 1er avril est un vendredi, et que le 8 et le 15 sont le même jour, de sorte qu'on a samedi 16 et dimanche 17, qui se trouve le jour de Pâques.

DEUXIÈME EXEMPLE. — Soit à trouver la fête de Pâques pour l'année 1723.

Cherchons d'abord le nombre d'or, l'épacte et la lettre dominicale.

Le nombre d'or = 1723 + 1 = 1724/19 = 90, reste nombre d'or, 14.

L'épacte = 14 — 1 = 13 X 11 = 143 moins 4 fois 30 ou 120 = 23.

La lettre dominicale = 23 — 23/4 + 5 = 33/7 = 4, reste 5, qui correspond à C, ce qui indique que l'année a commencé par un vendredi.

Le 21 mars, l'âge de la lune était 21 + 23 = 44 — 30 = 14 jours.

La lettre dominicale C fait connaître que le 1er mars était un lundi.

Soit lundi 1er, 8, 15, 22; le dimanche suivant, qui était le 28, était le jour de Pâques.

Cette même année le mois de juin commençait par un mardi, et l'on avait mardi 1er, 8, 15 et 22 ; l'incendie qui dévora la ville eut donc lieu le dimanche 20 juin et non le 21, comme il est indiqué sur la plaque commémorative placée à la maison de la rue du Temple-Saint-Valérien.

 

Nous avons dit que l'épacte avait été inventée au moment de la réforme de 1582 ; on peut néanmoins s'en servir pour trouver la fête de Pâques d'une année quelconque avant cette date, mais, en faisant les mêmes calculs que ci-dessus, il faut retrancher 10 du résultat obtenu.

TROISIÈME EXEMPLE. — Chercher la fête de Pâques en 1282, jour où ont eu lieu les Vêpres siciliennes.

Nous chercherons, comme dans l'exemple précédent, le nombre d'or, l'épacte et la lettre dominicale.

Le nombre d'or = 1282 + 1 = 1283/19 = 67, et il reste 10.

L'épacte = 10 — 1 = 9 X 11 = 99 — 3 fois 30, soit 90, reste 9.

La lettre dominicale = 82 + 82/4 + 0 = 82 + 20 = 102/7 = 14, reste 4 = D.

Le 21 mars, l'âge de la lune était 21 + 9 = 30 — 10 = 20; 20 + 21 = 41 ; il s'en faut de trois jours que la lune ne soit à son 14e jour, j'ajoute ces trois jours et je trouve le 24 pour la pleine lune, je cherche la lettre dominicale D, et je trouve que mars a commencé par le dimanche, représenté par 1, 8, 15, 22 et 29; le 24 étant un mardi, la fête de Pâques tombait le 29 mars.

La date de l'équinoxe et la pleine lune fixée par l'Église au 14e jour sont des nombres invariables qui ont été adoptés afin que la Pâque chrétienne ne tombe pas le même jour que la Pâque des Juifs.

Le calendrier grégorien fut adopté immédiatement dans toute la catholicité.

Les États protestants refusèrent longtemps de s'y soumettre ; l'Angleterre ne l'accepta qu'en 1752.

Quant aux Grecs et aux Russes, ils ont conservé le vieux style, de sorte qu'ils sont maintenant en arrière de douze jours sur les autres États chrétiens, et dans nos rapports avec eux on fait usage de deux dates qu'on écrit l'une sous l'autre en forme de fraction. Notre 26 avril s'écrit 26 avril/ 8 mai ; à la fin du siècle, le calendrier Julien se trouvera en avance de treize jours.

 

CALENDRIER DES TURCS

L'ère dont se servent les Arabes et les Mahométans se nomme l'hégire, elle a pour époque le jour où Mahomet s'enfuit de La Mecque à Médine, lequel jour répond, suivant l'usage civil, au vendredi 16 juillet 622 de notre ère.

Les années qui composent l'hégire sont des années lunaires dont le commencement répond tantôt à un point tantôt à un autre de notre année solaire, plus longue comme on sait que l'année lunaire. Son cours se divise en cycles de 30 années, dont 19, appelées années communes, sont de 354 jours ; les 11 autres, nommées intercalaires, sont de 355 jours et remplissent le même but que nos années bissextiles ; celles-ci sont entremêlées avec les premières : ce sont les 2e, 5e, 7e, 10e, 13e, 16e, 18e, 21e, 24e, 26e et 29e ; chaque année est partagée en 12 mois, alternativement de 30 et de 29 jours, excepté le dernier qui, dans les années intercalaires, est de 30 jours.

12 mois lunaires de 29 jours 53,069, ou 29 j. 12 h. 44 m. 3 s., donnent 354 j. 8 h. 50 m. 26 s., et l'année recommence au bout de ce laps de temps ; la différence de 8 h. 50 m. 26 s. donne lieu aux intercalaires comptées de 11 sur 30 ans.

Les Mahométans, comme les Russes, n'ont point observé la réforme grégorienne; aussi, dans leurs rapports avec les autres États, ils ont deux dates. C'est ainsi que l'année courante, qui est la 1298e de l'hégire, a commencé le 22 novembre 1880, et porte pour date 22 novembre/4décembre et que l'année 1299 portera les dates 11/23 novembre 1881.

 

CALENDRIER RÉPUBLICAIN

La Convention nationale, par un décret du 5 octobre 1793, abolit l'ère vulgaire, pour les usages civils, et elle a décrété que l'ère des Français compterait de la fondation de la République, qui a eu lieu le 22 septembre 1792, jour où le soleil est arrivé à l'équinoxe vrai d'automne, en entrant dans le signe de la Balance, à 9 h. 18 m. 30 s. du matin, pour l'Observatoire de Paris.

La première année de la République a commencé à minuit, le 22 septembre 1792, et a fini à minuit, séparant le 21 du 22 septembre 1793.

Un décret qui fixait le commencement de la 2e année au 1er janvier 1793 a été rapporté.

L'année était divisée en 12 mois égaux de 30 jours chacun ; après les 12 mois, il y avait 5 jours complémentaires qui n'appartenaient à aucun mois.

Chaque mois était divisé en 3 parties égales, de 10 jours chacune et appelées décades.

Les jours de la décade se nommaient :

Primidi.  Sextidi. 
Duodi Septidi.
Tridi.  Octidi. 
Quartidi. Nonidi. 
Quintidi. Décadi. 

Le décadi était le jour férié. Les noms des mois étaient :

  Vendémiaire
Pour l'automne .  Brumaire. 
  Frimaire.   
     
  Nivôse.   
Pour l'hiver  Pluviôse.   
  Ventôse  
     
  Germinal. 
Pour le printemps  Floréal.   
  Prairial.   
     
  Messidor. 
Pour l'été  Thermidor. 
 

Fructidor.

Les 5 derniers jours s'appelaient les sans-culotides.

L'année bissextile avait 6 jours complémentaires.

La période de 4 ans, à laquelle l'addition d'un jour était nécessaire, était appelée la franciade, en mémoire de la Révolution, et la quatrième année de la franciade était appelée sectile.

Tous les quatre ans, ou toutes les franciades, au jour de la Révolution, il devait être célébré des jeux républicains en mémoire de la Révolution française.

La Convention, pour rendre complet le système décimal qui venait d'être adopté, décida que le jour serait divisé en 10 parties, chaque partie en 10 autres, et ainsi de suite, jusqu'à la plus petite portion commensurable de la durée.

Ainsi, le jour était divisé en 10 h. l'heure — en 100 m. la minute — en 100 s.

De cette manière, une heure nouvelle correspondait à 2 h. 24 m. anciennes ;

Une minute nouvelle correspondait à une minute 28 s. 4/10 anciennes ;

Une seconde nouvelle correspondait à 864 millièmes de seconde ancienne.

Une loi du 7 fructidor an III (24 août 1795) a rapporté le décret qui nomme sans-culotides les derniers jours de l'année républicaine et a décrété qu'ils porteraient à l'avenir le nom de jours complémentaires.

Un décret du 22 fructidor an XIII (9 septembre 1805) établit que la France reviendrait au calendrier grégorien, lequel fut rétabli à partir du 11 nivôse an XIV (1er janvier 1806).

10 années ordinaires ou communes de 365 jours  = 3,650 jours. 
2 années bissextiles de 366 jours,    732 —  
Et 100 jours comptés du 22 septembre 1792 au       
1er janvier 1793,          100 —  
             
          4,482 jours.

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L. CLÉMENT. Châteaudun, le 26 avril 1881.

Société dunoise d'archéologie, histoire, sciences et arts.

 

 

 

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