1385 Prise de Taillebourg par Louis II duc de Bourbon

Les trêves entre la France et l’Angleterre, prolongées de deux mois lors de l’entrevue qui eut lieu, au commencement de l’année 1385, entre les ducs de Bourgogne et de Berry, d’une part, le duc de Lancastre et le comte de Buckingham, d’autre, expirèrent le 1er mai. C’est à partir de ce moment que le duc de Bourbon put agir.

Il réunit à Moulins les chevaliers de ses états et convoqua à Niort, pour le 1er juin, la noblesse de Poitou, de Berry, d’Auvergne, de Limousin, de Rouergue et de Saintonge.

Là vinrent Jean 1er de Bourbon, comte de la Marche, Renaud VI de Pons (3) et Guillaume VII de Parthenay, le vicomte de Tonnerre, le vicomte de Thouars, Aimery de Rochechouart, sénéchal de Limousin, les sires de Pouzauges, de Thors, Jean d’Harcourt, et nombre d'autres barons des marches de Guienne, de Saintonge et de Poitou.

Entrementes (pendant) que ces gens d'armes s'assembloient et que ces mandements se faisoient, se tenoit messire Guillaume de Lignac, un moult vaillant chevalier, sénéchal de Saintonge de par le roi de France et gouverneur de la Millau ens (dans) ès marches de par de là.

Ce seigneur , accompagné de deux cents gendarmes, prit le chemin de Niort par l'Angoumois où, chemin faisant , il s'empara du château de l'Aigle (4) que Anglois tenoient qui tout l'hiver et l'été ensuivant avoient moult hérié (harassé) le pays.

Quand messire Guillaume fut là venu il mit tantôt pied à terre et fit mettre ses gens en ordonnance et approcher ce châtel que ses gens assaillirent de grand' volonté. Et là ot (eut) dur assaut et fort et bien continué; car ceux qui dedans étoient se défendoient pour leurs vies. Là fut messire Guillaume bon chevalier et y fit moult d'armes; et quoiqu'il fut capitaine de tous il leur montroit bonne volonté et comment on devoit assaillir; car nullement ne s'épargnoit

Tant fut l'assaut fort et bien continué que le châtel fut conquis de force; et entrèrent ens (dedans) les François par échelles; et furent morts et pris ceux qui dedans étoient. Ce premier conquêt en cette saison fit messire Guillaume de Lignac, en attendant le duc de Bourbon et sa route (troupe).

Le duc consulta, ses capitaines sur la marche qu'il convenait de prendre. Il fut décidé qu'on irait d'abord mettre le siège devant le château de Montlieu , dans la Haute - Saintonge. Cette place, occupée par une faible garnison anglo-gasconne, fut promptement emportée d'assaut.

Toutes ces forces réunies s'élevèrent, sans compter les Génevois et gros varlets , à deux mille combattans parmi lesquels sept cents lances (5) 2,000 combattants, au dire de Froissart, plus 200 hommes d’armes sous les ordres de Guillaume de Lignac, sénéchal de Saintonge, que l’armée s’adjoignit quand elle fut en campagne.

 Les seigneurs de France descendirent alors vers la Charente , et, traversant ce fleuve sur le pont de Saintes , allèrent planter leurs tentes sous les murs de Taillebourg.

Cette forteresse était occupée par une bonne garnison sous le commandement d'un Gascon, appelé Dinandon de la Pérate , appert homme-d'armes, lequel ne fit pas grand compte des Français quand ils vinrent devant Taillebourg. (6)

Avant d'attaquer cette place, le duc de Bourbon alla , avec sa route (son armée), s'emparer des châteaux d'Archiac et de la Troncette, deux forts de peu d'importance, mais dont les garnisons avaient, durant toute la saison , moult arrié (beaucoup ravagé ) la contrée et répandu l'alarme jusqu'aux confins du Poitou et du Limousin.

 Les Anglo-Gascons qui occupaient ces deux postes furent tous passés par les armes,
en punition des brigandages qu'ils avaient exercés dans le pays , et les deux manoirs livrés aux gens de la banlieue qui les ruinèrent. (7)

Après cette expédition les Français revinrent devant Taillebourg. Le duc son armée en quatre bastides ( quartiers ) commença le siège de la place.

1385

Le pont bâti sur la Charente, au pied du château , avait été fortifié par les Anglo-Gascons et confié à la garde d'un nombreux détachement.

Durant toute l'année, aucun navire descendant du haut-pays ou remontant de l'Océan n'avait pu passer devant la ville, sinon en grand danger et par truage (en payant un impôt ).

Les seigneurs de France résolurent d'attaquer d'abord le pont, afin qu'une fois maitres de ce poste, ils fussent plus à l'aise dans leurs bastides pour battre le château. (8)

Le duc de Bourbon fit venir de la Rochelle, par la Charente, des galères tout armées et appareillées sur lesquelles il mit grand foison d'arbalétriers.

Le pont fut alors attaqué en même temps, de la rivière, par des galères , et du rivage, par les archers du prince qui y firent pleuvoir une grêle de traits.

 Il y eut là dur assaut, car les Anglo -Gascons, retranchés derrière leurs barricades, se défendaient aigrement contre l'ennemi qui les assaillait de grand volonté par terre et par rivière. (9)

 Au milieu de l'action, Jean, fils aîné du comte d'Harcourt , fut armé chevalier par le duc de Bourbon, son oncle, et arbora aussitôt sa bannière, brûlant de l'inaugurer par quelque action d'éclat.

Le siège du pont de Taillebourg fut moult beau, et de part et d'autre on s'y signala par mainte appertise d'armes.

Les arbalêtriers des nefs et ceux du pont tiraient si roide et si uniment, qu'à peine nul osait se montrer à défense. Mais enfin le pont fut conquis par bel assaut , et tous ceux qui dedans étaient furent occis ou noyés : nul n'échappa.(10)

Dinandon et ceux qui étaient avec lui dans le château , témoins de la défaite et du massacre de leurs gens, en furent tout ébahis et courroucés : bien y avait cause, car ils avaient perdu le passage de la rivière.

 Mais quoique la prise du pont leur ôtât tout espoir de retraite, ils ne parlaient point de se rendre, se sentant en forte place et attendant du confort de Bordeaux. Le bruit courait, en effet , que le duc de Lancastre et le comte de Buckingham , partis de Bordeaux avec deux mille hommes d'armes et quatre mille archers, venaient attaquer les Français devant Taillebourg.

Mais les choses se taillèrent autrement. (11)

 

Jean Froissart, à qui sont empruntés les détails qu'on vient de lire , interrompt ici son récit pour transporter le lecteur à la cour de France où l'on célébrait le mariage de Charles VI avec Isabeau de Bavière (17 juillet 1385.)

 C'est au milieu de cette grande solennité qu'un héraut d'armes, envoyé par le duc de Bourbon, vient raconter comment Taillebourg, pont et chátel , s'est rendu Français.(12)

 Un biographe contemporain, qui parle aussi du siège de Taillebourg, ne nous apprend rien autre chose sinon que ce fort chátel fut prins par force. (13)

La chute de Taillebourg fut une cause de joie pour la cour. La nouvelle en fut apportée au roi pendant les fêtes qui suivirent son mariage avec Isabeau de Bavière. « On y reçut avec des transports d'allégresse l'envoyé du duc de Bourbon venant annoncer au roi « comment Taillebourg, pont et châtel s'est rendu français (14). »

C'est pendant ce siège que le Prieur de Saint-Eutrope de Saintes lit don à Louis de Bourbon d'une côte de l'apôtre de la Saintonge.

Cette relique insigne fut déposée dans la collégiale de Moulins qu'il venait de fonder, ce qui lui permit d'y ériger une confrérie en l'honneur de ce grand saint (15).

Ce fait doit être noté, ne serait-ce que pour montrer la vénération dont Saint Eutrope était l'objet à cette époque et la piété du commandant des troupes françaises.

De Taillebourg, le duc de Bourbon se dirigea sur Montlieu et s'empara successivement de Jarnac, d'Archiac, de Bourg-Charente et même de Verteuil, après un siège de trois semaines. Puis, il se retira à Charroux où il prit ses quartiers d'hiver.

 

Taillebourg et ses seigneurs / L'abbé C. Fouché

Histoire politique, civile et religieuse de la Saintonge et de l'Aunis De D. Massiou

 

 

 

 

 LA TOUR DE BROUE 1115-1789 ; En 1372, le château est assiégé par Bertrand Du Guesclin <==

 

 


 

Cette chevauchée dura environ six mois et fit honneur à celui qui la dirigeait. Cinq places importantes et plusieurs petits forts furent enlevés aux Anglais.

Suivant Froissart, l’armée du duc de Bourbon se dirigea de suite sur Montlieu, « dans les landes de Bordeaux », le point le plus éloigné de l’expédition. Le château, après avoir soutenu un siège, fut pris d’assaut. On s’empara ensuite d’Archiac, de Taillebourg, dont le siège dura plus de neuf semaines, de Bourg-Charente, et enfin de Verteuil.

D’après Cabaret d’Orville, l’itinéraire aurait été différent. Il marque les victoires de Louis de Bourbon dans l’ordre suivant : Taillebourg, Bourg-Charente, le Faon, Montlieu et Verteuil, et entre dans des détails circonstanciés sur chacune de ces opérations. (Froissart, édit. Kervyn de Lettenhove, t. X, p. 316-317, 328-333, 375-376. — La Chronique du bon duc Loys de Bourbon, édition Chazaud, p. 136-154.)

 

 (1) Villaret. Hist. de France. tom. XI. p. 368. De Barante. Hist. des ducs de Bourg. tom. I. p. 325.

(2) Chronique de Jehan Froissart. om. II. chap. 155.

(3) Renaud VI de Pons est vicomte de Carlat (qu'il vend en 1392) et en partie de Turenne, comte de Blaye, seigneur de Ribérac, de Montfort, d’Aillac, de Carlux, de Plassac, de Royan, des îles de Marennes, d'Oléron, de Saint-Mégrin, de Viroul (Virouil), de Château-Renaud, conservateur des trêves de Guyenne, chevalier banneret, titré « cousin du roi ». Il fut un des guerriers diplomates les plus célèbres du XIVe siècle. Il conquit sur les Anglais , Cognac, Saint Maixent, Marans, Royan et autres places : ce qui lui fit mériter de la propre bouche du roi, l’éloge de Père, Protecteur et conservateur de la Guyenne. Il épousa Marguerite de la Tremouille, fille de Guy VI du nom, et de Marie de Sully.

(4) Soumissions d’Aigre château situé au lieu-dit Saint-Méxan (Charente)  et la Tour de Fa (Broue Cabaret d’Orville)

(5)Chroniq. de Jehan Froissart, tom. II. chap. 159. ·

(6) Adonc jettérent-ils leur advis quelle part ils tireroyent premiérement ou devant Taillebourg ou devant Monlieu. Tout considéré ils dirent qu'ils iroyent devant Montlieu. Si cheminėrent celle part , et là meirent le siège. Quant les seigneurs de France curent la possession de Montlieu , s'enyindrent le chemin de Taillebourg sur la Charente, de laquelle forteresce Dinandon de la Pérate , un Gascon , estoit capitaine, appert homme d'armes, et ne feit pas grand compte des Francois quand ils vindrent devant Taillebourg. (Chronique de Jehan Froissart. tom. II. chap. 159.)

(7) Le duc de Bourbon et sa route prindrent deux petits forts d'Anglois , les quels, toute la saison, avoyent moult harié les frontières de Poictou et de Limousin, la Troncette et Archac, et furent morts tous ceux qui dedans estoyent et les châteaus rendus à ceux du pays d'environs qui les abattirent tous deux. (Chron, de Jehan Frois. tom. II, ch. 159.)

(8) Or fut le siège mis devant le chasteau de Taillebourg et fut assis par quatre bastides. Parmi Taillebourg a un pont qui siet sur la Charente, et l'avoyent, les Anglois et les Gascons qui le tenoyent, fortifié, et toute la saison nuls navires en la Rochelle et en Xaintonge n'avoyent pu passer, sinon en grand danger et par truage. Lors s'advisèrent les seigneurs qu'ils prendroyent le pont pour avoir moins à faire, et se logeroyent plus seurement en leurs bastides. (Chronique de Jehan Froissart. tom. II. chap. 159.)

(9) Si feirent venir de la Rochelle galères toutes armées et appareillées contremont la Charente et dedans meirent grand' foison d'arbalestriers et de Genevois , et envoyérent ces gens escarmoucher à ceux du pont. Là eut dur assaut, car les Anglois et les Gascons avoyent moult bien fortifié le pont. Si se defendoyent aigrement et aussi estoyent assaillis de grand' voulenté par terre et par rivière. (Ibid).

 

(10) Il fut là fait chevalier à celuy assaut l'aisné fils au comte de Harcourt, Jeban, et bouta bannière hors, et le feit chevalier son oncle le duc de Bourbon. Cet assaut du pont de Taillebourg fut moult beau et y eut faite mainte appertise d'armes, et tiroyent ces Genevois et ces arbalestriers, qui estoyent és nefs, à ceux du pont si roide et si uniment, qu'à peine osoit nul se monstrer à deffense. A quoy vous ferois-je long compte ? Par bel assaut le pont de la rivière fut conquis et tous ceux qui dedans furent trouvés furent occis et noyés : nul n'en eschapa. (Chronique de Jehan Froissart. tom. II. chap. 159.)

(11) De la prise du pont de Taillebourg furent ceux de dedans, Dinandon et les autres, tous esbahis et courroucés, et bien y avoit cause, car ils avoyent perdu le passage de la rivière. Non obstant ils ne se vouloyent pas rendre , car ils se sentoyent en forte place et si attendoyent confort de Bourdeaux, car on disoit adonc que le duc de Lanclastre et le comte de Bouquinguam , à tout deux mille hommes d'armes et quatre mille archers, viendroyent de Bourdeaux pour combattre les François. Mais les choses se taillèrent autrement. (Chronique de Jehan Froissart. tom. Iļ. chap 159.)

 

(12)Ibid. chap. 164.

(13) Quand le duc de Bourbon fut en Guyenne, il meit le siège devant Taillebourg , qui moult estoit fort chastel, et fut prins par force. (Théod. Godefroy, Le livre des faits de Jehan le Maingre, dit Boucicaut. 2e partie, chap. XII. ap. Petitot. Coll. tom. VI. p. 407.)

(14). Joinville.

(15). L.Audiat. — Saint Eutrope dans l'histoire, la légende et l'archéologie. 165.

 

Ebreuil, canton de Gannat (Allier), a une chapelle et une relique de saint Eutrope. Une chapelle, dans la cathédrale de Moulins, lui était dédiée, et contenait la moitié d'une de ses côtes donnée, l'an 1385, en présence d'Arnaud Gavin, chanoine de Saintes, et de Théobald de Neuilly, secrétaire du duc, par Guillaume de « Bernuchia », prieur de Saint-Eutrope, « de sarcofago assumptam », à Louis II, duc de Bourbon, comte de Clermont, lorsqu'il assiégeait Taillebourg, occupé par les Anglais;

30 juillet 1385.

Lettre de la moitié de la coste de Monst Saint Ytroppe).

Universis presentes litteras inspecturis, prior et conventus monasterii Sancti Eutropii extra muros Xancton[um], in Domino salutem, et presentibus dare fidem.

Noveritis quod nos, ad instanciam illustris et magnifici viri et domini, domini Ludovici, Dei gracia ducis Borbonii, et locum tenentis domini nostri Francie regis, tenentis obsidionem ante castrum Tailhaburgi, Xanctonensis diocesis, gerentis specialem devocionem ad reliquias et notoria miracula jam dicti gloriosi sancti Eutropii martiris, filii Soldani Babilonie, qui a beato Petro, apostolorum principe, tanquam unus de LXXII discipulis, Xanctones ad convertendum populum ad fidem chatholicam (sic) destinatus, primo in episcopum ibidem fuit assumptus, et post modum ibidem martirio consecratus, eidem domino duci tanquam bene merito dedimus mediam costam corporis dicti martiris, et de sarcofago eamdem veraciter assumptam, presentibus ad hec venerabilibus viris dominis Arnaldo Garini, canonico Xanctonensi et vicario domini Xanctonensis episcopi, et magistro Theobaldo de Nulhiaco, secretario predicti' domini ducis, testibus ad premissa vocatis. In quorum premissorum testimonium, sigillum vicariatus episcopatus Xanctonensis, et sigillum nostri predicti conventus, presentibus litteris duximus apponendum.

Datum Xancton[is] die penultima mensis Julii, anno Domini millesimo ccco octuagesimo quinto. Signé : GUILLELMUS DE BERNUCHIA.

Original sur parchemin, aux archives de l'Allier, fonds du chapitre Notre-Dame de Moulins, carton 1, liasse 2, pièce 1er

 

Ce fait, mis en lumière, fournit une preuve irréfutable de l'authenticité des reliques, puisqu'à l'ouverture du tombeau on n'y constata que vingt-trois côtes.

 Cette moitié de côte, enlevée au reliquaire de l'église haute, qui, outre le chef, contenait encore la mâchoire inférieure et le bras, était destinée à la collégiale de Moulins, que Louis de Bourbon fonda cette année même.

Le duc la partagea en deux; l'une de ces parties fut enchâssée dans un riche reliquaire, et resta là ; l'autre, il la donna à Jean Baudreuil, son secrétaire et maître de ses comptes à Moulins, qui probablement en fit quelques largesses : car on trouve une mention de cette côte en 1470, à Châteaudun ; et, suivant l'usage de prendre une partie pour le tout, chacun prétendait avoir la côte de saint Eutrope.

Ce fragment fut conservé longtemps avec respect dans la famille Baudreuil, à Saint-Pierre le Moutier.

Plus tard, Durand Baudreuil le divisa encore et le partagea avec les frères prêcheurs de Nevers, y mettant cette condition qu'ils prieraient le saint pour sa famille et ses amis. L'acte est du 30 avril 1469.

Une confrérie de Saint-Eutrope s'établit aussitôt dans la collégiale de Moulins, l'année même où Louis le Bon y apporta le précieux ossement.

Le 24 avril 1410, elle reçut la donation d'une maison en la place de Montaigu, laissée par Guillaume du Val à l'œuvre de la confrérie et aux confrères de « monsieur saint Eutrope ».

Le 9 décembre 1724, le chapitre de la collégiale, attendu que la chapelle de saint Eutrope est en mauvais état et abandonnée par les anciens propriétaires qui n'en réclament pas l'usage, concéda à perpétuité à Griffet de La Baume, trésorier de France, demeurant à Moulins, paroisse d'Iseure, la chapelle pour y être inhumé lui et sa femme et leurs descendants en ligne directe.

Le 22 juin 1769, la veuve de Philibert Griflet de La Baume l'abandonne de nouveau au doyen du chapitre.

Par acte du 26 octobre 1621, elle avait été vendue à Jean Delorme de Beauregard, médecin du roi et de la reine-mère. C'est aujourd'hui la chapelle où sont placées les reliques de Benoît Labre.

A Sens, la cathédrale possède une magnifique verrière (1530) attribuée à Cousin, le créateur de l'école française, qui représente en huit tableaux les scènes principales de la vie du saint, comme nous l'avons vu plus haut.

Une chapelle y avait été fondée en 1316 par un chanoine, Guillaume du Plessis, et restaurée en 1530 par deux autres chanoines Sénonais, Nicolas Richer et Nicolas Fritard, son neveu, qui certainement firent les frais de la verrière. Quand on a, en 1872, modifié cette chapelle, il a été impossible d'y remettre en place cette verrière, qui a été transférée dans une autre fenêtre. Et dans cette chapelle ainsi arrangée on a placé trois petites verrières de M. E. Didron : au milieu saint Eutrope en pied, avec les attributs d'évêque-martyr, crosse, mitre, hache, flagrum et palme ; et de chaque côté des médaillons : Eutrope, en faisant le signe de la croix, guérit un possédé ; Eutrope tend au Christ un pain et un poisson ; Eutrope, accablé de coups de pierres, à la tête fendue par un soldat ; Eutrope montre sa blessure à des religieux.

 CIVITAS SANTONUM. Ecclesia Sti Eutropii – Basilique Saint Eutrope de Saintes <==