LES Cartes de ce Livre ont esté dressées par l'ordre et sous le Ministère du grand Cardinal de Richelieu , par le sieur TASSIN Conseiller du Roy

LES Cartes de ce Livre ont esté dressées par l'ordre et sous le Ministère du grand Cardinal de Richelieu , par le sieur TASSIN Conseiller du Roy, Commissaire des Guerres & Geographe de sa Majesté, & l'un des plus habiles Hommes de son temps; son Livre estoit devenu fore rare , & quelques personnes habiles l'ayant demandé avec empressement, parce que ces Costes sont les plus exactes qui ayent encore paru gravées.

 On a jugé à propos d'en faire une nouvelle Edition, dans laquelle on a ajoûté un nouveau Titre , une Figure ou Boussole avec le nom des Vents en fix Langues, à l'usage de l'Ocean & de la Mer Mediterranée : on a augmenté les Cartes des divisions des Capitaineries Gardes-Costes, des Positions qui les composent, du nom des Rivieres & de beaucoup d'autres choses curieuses répandues dans le corps de l'Ouvrage.

Le Discours a esté changé & augmenté des Descriptions des Vents, des Mers & du nouveau Canal de Languedoc.

Cet Ouvrage est composé de trente Cartes particulieres  precedées d'une grande Carte generale de toutes les Costes de France , où est marqué l'étendue de chacune de ces Cartes qui sont sur un même pied, c'est à dire qu'elles sont d'une même proportion, & que l'Echelle d'une seule peut servir à toutes, qu'estant jointes ensemble elles composeront une grande Carte.

Dans ces Cartes sont marquées les Costes avec les Dunes, les Montagnes & les Caps ou Pointes, les Rivieres qui se déchargent dans la Mer, les Villes , Bourgs & Villages qui font dessus & aux environs , les Golphes, Havres ou Ports, les Rades ou Ancrages qui y sont representez par de petits ancres, les Bancs de sables par des amas de points, les Ecueils par des petites croix, les profondeurs de la Mer par , des chifres ; enfin les Isles détachées des Costes.

Le Discours qui accompagne ces Cartes est tres-utile, il explique exactement tout ce qui peut être avantageux à la Navigation des Costes & Mers de France, & vous donne la qualité de la Coste , du Havre ou Port, les Bancs de fable qui s'y rencontrent , par où on y entre, la qualité des Bastimens qui y peuvent demeurer , de quels Vents ils y sont à couvert, le détour qu'il faut prendre pour éviter les hazards, la facilité qu'il y a de les aborder, & ce qui est particulier à chaque Port & Hayre, &c.

Il est divisé en deux parties :

Dans la premiere il est traité de l'Introduction à la Description des Costes de France ; & dans la seconde des Mers & des Costes de France.

L'an 1676. le Roy fit un Reglement pour la division des Capitaineries Gardes-Costes de son Royaume , pour marquer l'étendue que chacune doit avoir ; & comme il n'est fait nul mention dans ce Reglement des Costes de Bretagne & de Provence , on ne doit pas estre surpris si ces Provinces se trouvent dans ce Livre sans division conforme au reste des autres Costes.

 

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PREMIERE PARTIE,
DE L'INTRODUCTION À LA DESCRIPTION des Costes de France.

 

DE toutes les choses les plus necessaires à sçavoir pour la Navigation, on ne peut disconvenir que la connoissance du Globe, du Firmament, de la Boussole, des Vents & des Cartes Geographiques ne soit la plus utile.

Puisque par la connoissance du Firmament on sçait en quelle Hemisphere on est, quelles Estoilles font leurs cours journalier au dessus de chaque parallele du Globe Terrestre, celles qui paroissent sur chaque Meridien , & de combien l'Aiguille aimantée s'éloigne du Pole Arctique.

La connoissance des Vents n'est pas moins importante, puisqu'elle enseigne ceux qui sont favorables ou contraires à la Route aller à un lieu proposé.

Celles des Cartes Geographiques fait prendre la situation à l'égard du lieu où on veut aller, la Route qu'il faut prendre , & l'éloignement qu'il y a du lieu de l'Embarquement à celuy où l'on va.

Le Firmament & les Vents ont cecy de singulier qu'ils servent de Guide , lorsque l'on a perdu la veuë des Terres, ou que l'on ne les connoist point ; mais la Boussole des Vents a l'avantage de conduire les Vaisseaux lors même que les nuées ont dérobé le Ciel à la veuë , & que l'on ne peut découvrir aucune Terres: c'est ce qui fera les sujets de cette Partie : le premier sera des Vents, & le second de la surface de la Mer sur le Globe Terrestre.

LA construction de la Boussole que nous mettons icy est ronde , afin de correspondre à toutes les parties des Horisons droits & obliques, tant du Globe Celeste que du Terrestre.

Elle est obliquement posée, afin de mieux correspondre à la situation de presque tous les Habitans du Globe Terrestre.

Elle est partagée en six Cercles, pour distinguer les differens noms que les principales Nations de l'Europe ont donné aux Vents.

Les deux Cercles interieurs renferment les noms que leur ont donné les Anciens. De ces deux le plus interieur a les noms Grecs, & l'autre les Latins.

 Les quatre autres Cercles sont remplis des noms methodiques que les Modernes ont donné aux Vents. Le plus interieur de ces quatre Cercles a ceux qui sont en usage sur la Mer Mediterranée que les Italiens ont inventé, les trois autres Cercles contiennent les noms qui sont en usage sur l'Ocean. Le plus interieur de ces trois Cercles a les noms Espagnols, le suivant les François, & le dernier les Flamands, d'où les deux precedents ont tiré leur origine.

La Boussole des. Vents faisant connoistre leur veritable situation à l'égard de quelqu'endroit que ce puisle ettre du Monde, on a remarqué aussi qu'en faisant la division de l'Horison de chaque lieu, cette division ne pouvoit s'accorder avec celle du Monde, parce que de tous les Vents il n'y en a jamais que deux qui correspondent aux deux premiers points Cardinaux du Monde, sçavoir l'un à celuy du Midy , & l'autre à celuy du Septentrion, tous les autres ny correspondent que quand on est sur la ligne de l'Equateur ; ainsi lors que d'un endroit , où un Meridien coupe l'Equateur on est venu au parallele , où à l'égard de cet endroit de l'Equateur estoit l'Est Nord-Est & l'Ouest Nord-Ouest , on y a pour lors l'Est & l'Ouest , parce que ces deux Vents Est & Ouest sont toujours sur le parallele du Zenit de l'Horison , & tous les autres se trouvent par proportion fur d'autres paralleles à l'extrémité de l'Horison, plus avancez vers l'un ou l'autre Pole du Monde qu'ils n'estoient lors qu'on estoit sur l'Equateur.

Ce changement de situation fait bien voir que les noms que l'on a donné aux Vents n'ont esté que pour distinguer les divisions des Horisons obliques d'avec celles des Hemispheres droits.

 

Il s'ensuit de là que l'Est n’est Orient qu'à ceux qui demeurent sur l'Equateur & non à tous les autres de la Terre : c'est donc mal à propos que plusieurs Ecrivains ignorants ces choses rapportent toujours l'Est à l'Orient, le Nord-Est à l’Orient d'Esté, &c. puisque cela n'est jamais vray qu'à ceux qui demeurent sous la ligne Equinoctiale. C'est pourquoy on a inventé les noms de Vents pour la Navigation par rapport aux Horisons.

Les Anciens n'ont connu d'abord que quatre Vents qui sont les quatre Cardinaux ; ensuite ils y en ajouterent huit, c'est à dire deux à costé de chacun de ces premiers ; car la plus grande partie des autres noms ont esté ajoutez & fabriquez de ces douze , comme on le peut remarquer en chacun des deux Cercles interieurs.

Mais les Modernes ne faisans aucun état de ces noms de Vents des Anciens , ils en ont inventé d'autres dont les uns fervent sur l'Ocean & les autres sur la Mediterranée comme nous l'avons dit ; ceux qui sont en usage sur l'Ocean sont au nombre de trente-deux que quelques-uns" ensuite ont multiplié jusqu'à soixante-quatre: pour ce qui est de la Mediterranée je ne sçache point de Boussole qui en marque plus de trente-deux.

Les uns & les autres les divisent en quatre premiers , quarre seconds, huic troisiémes & seize quatriémes , qui font en tout trente-deux principaux Vents, ceux qui augmentent d'une fois autant les Vents y ajoutent seize cinquiémes , & seize sixiémes, mais ceux cy sont tres-peu en usage , c'est pourquoy ils ne sont point marquez en  cette Boussole.

Quelques Auteurs nomment les premiers Cardinaux, les seconds demy Cardinaux, les troisiémes moyens, les quatriémes quarts , & les trente-deux demy quarts.

Ceux de l'Ocean en ont quatre simples, qui servent à composer tous les autres , & ceux de la Mediterranée en ont huit simples qui font le même effet à tous les autres de cette Mer ; les quatre premiers des uns & des autres sont appellez Cardinaux, & tous les autres sont collateraux.

Comme chaque Vent soufle en droite ligne vers la partie du Monde qui est opposée à celle d'où ils viennent, il s'ensuit de là immanquablement que celuy du Septentrion pousse droit au Midy, que celuy d'Orient à l'Occident & celuy d'Occident à l'Orient, il en est de même de tous les autres à proportion, comme on le peut remarquer en cette Boussole.

Pour connoistre donc les Vents favorables & les contraires à la Route que l'on doit tenir pour aller en un lieu proposé : il faut premierement sçavoir sur la Carte Geographique la situation de ce lieu à l'égard de celuy d'où l'on part, & ensuite poser le centre de la Boussole sur l'un des deux lieux proposez, en sorte que le costé du Septentrion de la Ligne ou Rhumbe de cette Boussole qui couvre le Meridien de l'un ou l'autre place se trouve sur la partie Septentrionale de ce Meridien.

 Un Exemple en fera connoiltre la pratique fort aisée : Je veux aller de la Rochelle à Bayonne, je trouve par la Carte que la situation de Bayonne est Meridionale par rapport à la Rochelle, mettant la Boussole sur l'une de ces deux places, en la maniere que je viens de dire, il se trouvera que les Vents les plus favorables à mon voyage sont ceux du Septentrion, les Meridionaux sont les plus contraires, ensuite les Orientaux & les Occidentaux,

 

DE LA SURFACE DE LA MER.

L'AMAS des eaux qui environnent la surface de la Terre sur le Globe Terrestre est nommée Mer ou Ocean.

Un Auteur moderne a remarqué que celuy de Mer s'est attribué à la partie de cet amas qui environne le Nouveau Monde, & que celuy d'Ocean ne luy a point esté donné, mais qu'il s'est toujours conservé aux environs de l'Ancien Monde, les autres Auteurs ne s'estans point avisez de cette distinction ont fait une division de la Mer bien differente.

L'Ocean pris dans le premier sens est divisé en quatre parties qui sont l'Oriental ou Indien qui baigne les Costes Orientales & Meridionales de l'Asie ; le Meridional ou Ethiopien est le long des Costes Orientales & Meridionales de l'Afrique ; l'Occidentale ou Atlantique bat les Costes Occidentales de l'Afrique & de l'Europe : enfin le Septentrional fait la même chose aux Costes Septentrionales de l'Europe & de l'Asie.

Mais sans nous arrester au détail des Mers que chaque partie de cet Ocean comprend que nous n'avons rapporté que pour faire mieux connoistre la situation des Mers de France ; nous ne parlerons que de celles de l'Occident, parce qu'elles en font partie.

L'Ocean Occidental s'étend le long des Costes Occidentales de l'Afrique & de l'Europe nous comme l'avons dit; Ainsi les Mers de Guinée, de Cap Vert & des Canaries baignent les Costes de l'Afrique, & entre l'Afrique & l'Europe il entre dans le Golphe que l'on appelle Mer Mediterranée, aprés cela il reçoit le nom de Mer d'Espagne, de Mer de France & de Mer Britannique , près des Regions de l'Europe qui ont ces noms.

Les Hollandois ne se servent point de cette division, quoy qu'elle ait l'avantage de s'acommoder mieux à l'égard à de chaque Region du Globe Terrestre, & qu'il y ait même quelque raison qui la doive rendre plus considerable, neanmoins comme il nous paroist qu'ils ont plus travaillé à rendre la Navigation plus assurée, & qu'elle est en quelque maniere autorisée par l'usage, à cause de la quantité des Livres & des Cartes Marines qu'ils ont mis au jour : on ne peut se dispenser de rapporter la maniere dont ils se servent pour la diviser, quoy qu'il se rencontre plusieurs contradictions dans ce qu'ils avancent, & que plusieurs qui les suivent en cela s'en soient quelquefois écartez.

 Voicy ce qui nous a semblé le mieux conceu, ils divisent toute la vaste étendue des Mers qui environnent la surface de la Terre en six grandes portions, qu'ils semblent avoir fait par rapport à nostre Ancien Monde.

 

La premiere et appellée Septentrionale , parce qu'elle est au Septentrion de l'Europe & de l'Asie, au Midy des Terres Arctiques, à l'Orient de l'Amerique Septentrionale , au Septentrion de l'Amerique Meridionale & de l'Equateur où elle aboutit.

La seconde qui fuit celle-cy est appellée Occidentale, elle coule le long des Costes Occidentales de l'Europe & de l'Afrique, jusqu'à l'Equateur.

La troisiéme portion est la Mer d'Ethiopie qui remplit toute la- vaste étendue qui se trouve premierement entre l'Amerique Meridionale & l'Afrique, & entre l'Equateur & les Terres Antarctiques.

La quatriéme est la Mer des Indes, qui est à l'Orient du Cap de Bonne Esperance, entre ces mêmes Terres Antarctiques & l'Asie , & entre l'Afrique & les Isles de l'Archipelague.

La cinquiéme qui est nommée Mer Orientale , a pour bornes celles qui ont terminé la Mer des Indes du costé de l'Orient, puis elle comprend tout ce qui est à l'Orient de l'Asie jusques aux Isles des Larrons.

La sixiéme & derniere qui est la Mer de Sud, est renfemée par ces Isles des Larrons, qui avec celles du Japon fervent de barrieres à l'Asie & les deux Ameriques , & entre les Terres Arctiques & Antarctiques , si la Terre de Jesso ne fait point partie de l'Amerique , comme il semble qu'il y ait de l'apparence.

De toutes ces parties de l'Ocean, l'Occidental est celle qui fait le plus à nostre sujet , parce qu'elle renferme celle  que nous décrivons : c'est pourquoy il nous est comme necessaire d'en rapporter les parties qui le composent.

L'Ocean Occidental suivant cette division est cette partie de la Mer qui est étendue depuis l'Equateur jusqu'aux extremitez de la grande Bretagne, dans cette continence sont la Mer Atlantique le long de l'Afrique, l'Ocean d'Espagne dont la Mer de Biscaye fait partie, l'Ocean de France, l'Ocean Britannique, l'Ocean d'Irlande, & l'Ocean Caledonien sont le long des Costes, des Regions ou Isles de l'Europe qu'ils circuisent.

 

SECONDE PARTIE, DES MERS ET COSTES DE FRANCE.

 

Des Mers de France en general.

 


LA FRANCE faisant une Region continue de la presqu'Isle de l'Europe, dont l'Espagne en fait l’extremité, il s'ensuit de là que la France se trouve comme entre deux Mers fort distinctes, c'est ce qui  fait la pluspart des Auteurs ne manquent pas de dire qu'elle est entre l'Ocean & la Mer Mediterranée, sans specifier ce qu'est cette Mer Mediterranée à l'égard de l'Ocean ; c'est ce qui nous a obligé de donner une division generale de toute la Mer ou Ocean, afin d'en faire connoistre la communication.

Avec cette précaution, nous disons que la France est baignée par l'Ocean Occidental & par la Mer Mediterranée, qui n'en est qu'un Golphe

 

 

DE LA MER OCEANE DE FRANCE.

PAR la premiere division que nous avons donnée de l'Ocean aux environs de l'ancien Monde, la Mer de France Oceane occupé le milieu de la partie Septentrionale de cet Ocean Occidental, le long de l'Europe celle d'Espagne luy est au Midy & la Mer Britannique au Septentrion.

 Elle a aussi vers cette Region là quelque communication avec la Mer d'Allemagne, qui est la partie la plus Occidentale de l’Ocean Septentrional, du costé de l'Occident elle est unie avec la Mer de Canada ou Nouvelle France, qui fait une des Regions de la Mer du Nort.

L'Ocean ou Mer de France selon la division Hollandoise a du costé du Septentrion l'Ocean Britannique & la Mer d'Irlande, du costé du Midy la Mer d'Espagne , du costé de l'Occident cette partie de la Mer de Nort qui baigne les Costes de la Nouvelle France, & les Costes de France qu'il baigne du costé de l'Orient.

La Mer de France Oceane n'a qu'une partie qui est le Golphe ou Mer de Gascogne selon cette derniere division, mais selon la premiere elle en a deux, qui sont la Mer ou Golphe de Gascogne , & partie de la Mer Britannique , il n'y a que l'extremité Occidentale de la presqu'Ille de Bretagne qui soit directement abreuvée de la Mer de France Oceane.

 

DE LA MER BRITANNIQUE.

CETTE partie de la Mer qui se trouve entre la grande Bretagne & la France est qualifiée de Canal, de Manche, de Mer, & est nommée Britannique, & est nommée, Canal pour trois raisons :

la premiere , parce que comme les Canaux sont faits pour faire la communication de deux Rivieres, ou pour affoiblir une Riviere trop remplie d'eau, de même cette Mer est appellée Canal parce que c'est par son lit que l'Ocean Occidental se communique au Septentrional & y fait une partie de la décharge de ses eaux : la deuxiéme est par rapport à son peu de largeur en la comparant avec les Mers qui separent l'Ile de la grande Bretagne de la presqu'Isle de l'Europe, qui est si petite en comparaison qu'elle ne peut passer que pour un Canal : la troisième, elle est nommée simplement Canal, parce que comme il y a des Canaux qui sont faits pour épargner la longueur & les détours des Rivieres, de même celuy-cy abrege la Navigation des Costes de l'Europe, puisque par son moyen on évite de faire le tour des Isles Britanniques.

Mais aussi elle a le nom de Manche pour faire entendre que comme une manche est plus large que le bras, de même sa largeur est trop vaste pour estre un Détroit.

 Enfin elle a la qualité de Mer pour faire connoistre qu'il n’y a point de Canal d'une largeur aussi ample.

En dernier lieu, elle a receu le nom de Britannique des anciens Peuples de la grande Bretagne descendus des Peuples Britannis, que Pline met sur la coste de la Gaule Belgique : comme le prouve un Auteur moderne, elle a conservé encore aujourd'huy ce nom peut eftre à cause des Anciens , ou parce qu'elle est entre-deux Bretagnes, dont l'une qui est Ille est nommée grande Bretagne, & l'autre qui est presqu'lsle, est appellée petite Bretagne.

L'endroit de cette Mer le plus estroit se nomme Pas de Calais, pour signifier qu'il y a tres-peu d'espace d'un costé à l'autre par rapport au reste qui est une Mer en comparaison de cet endroit, parce que quand on veut marquer le peu d'éloignement d'une place à une autre ont dit qu'il n'y a qu'un Pas.

Les Conquestes de nostre grand Monarque ont poussé les bornes de son Royaume du costé de cette Mer jusqu'à Nieuport.

La Mer dans cette étendue est estimée faire partie du Pas de Calais & ce qui est au delà de Nieuport, c'est à dire à l'Orient passe sous le nom de Mer d'Allemagne cette étendue de Mer est remplie de quantité de Bancs de sable, qui s'étendent la pluspart de l'Est Nord-Est à l'Ouest Sud Ouest, comme sont ceux de Steenbanck, Calbanck, Brodel, Cams & de Quabanck , sont à l'Est Nord-Est de Donquerque ; ceux de Ruisting, Dückpolder, Retelbanck, Brecbanck, Braké, Splinter & quelques autres , sont au Nord-Ouest.

La Coste qui s'étend entre les emboucheures des Rivieres d'Yperle & d'Aa est du plat Païs de Franconat, qui fait partie de la Flandre Teutone.

Toute cette Coste est pleine de petites Montagnes de sable, que l'on appelle Dunes.

Nieuport Ville & Port de Mer devroit estre de ce quartier du plat Païs de Franconat, mais les Espagnols l'en ont separé. Son Port est assez beau & commode , la Ville est toute entourée d'eau par les Rivieres qui y passent & par le Reflus de la Mer , les Rivieres de Colme & d'Yperle se joignent devant, & portent leurs eaux à la Mer par un Canal sur lequel les Vaisseaux qui ne prennent pas beaucoup d'eau peuvent aborder la Ville, le Port devient sec quand la Mer est retirée, & elle a quinze pieds à son retour. Donquerque a un fameux Port & fort commode, le Marquis de Spinola il y a quelques années luy a ouvert la Mer par une espece de Digue qui s'avance bien avant dans la Mer, conserve ses Vaisseaux, & les deffend contre l'impetuosité des vents.

Depuis qu'elle a esté réduite à l'obeissance du Roy on y a fait des Travaux admirables tant à la Ville qu'à la Citadelle & au Port , ausquels on a fait deux Jettée & un Risban d'une défpence prodigieuse , & qui rendent le Port capable de tenir une Armée navalle: Prés de ce Port font deux Tours qui servent de Fanal , dans lesquelles on allume des feux pour éclairer les Vaisseaux, à cause des Bancs dont nous avons parlé.

Gravelines est une des plus fortes Villes de l'Europe, & proche de la Mer , fur la droite de l'embouchure de la Riviere d'Aa qui la separe du Païs reconquis ; elle est entourée de Fossez fort larges , remplis d'eau de la Mer de haute & basse marée. Après cette Coste on vient au milieu & au plus étroit du Pas de Calais.

Ce Détroit est entre l'Angleterre qui est la presqu'Isle Meridionale de la grande Bretagne, & la Picardie, ou bien pour parler plus précisément entre le Territoire de Douyre, c'est à dire, le Comté de Kent, & celuy de Calais, c'est à dire le Païs reconquis.

Dans le milieu de ce Détroit de dix lieuës de largeur ou environ est un Banc de sable , qui a de profondeur six, sept & huit brasses, & s'étend en longueur trois lieues ou environ. Il est plus près de la Coste de France de trois lieuës que de celle d'Angleterre ; & à l'Est & l'Ouest de ce Banc, il y a bien vingt brasses d'eau ou de profondeur.

Le principal corps de cette Mer coule le long de la Picardie; depuis ce Détroit qui en fait partie de la Normandie & de la Bretagne jusqu'au Cap de Tremasan dans toute cette étenduë, il n'y a que la Riviere de Seine qui soit la plus considerable de celles qui tombent en cette Mer , ensuite la Somme, toutes les autres n'estant qu'à proprement parler des petites Rivieres.

Les Costes de Picardie sont bornées par les emboucheures des Rivieres d'Aa, qui la separe du Comté de Flandres & de celle d'Eu d'avec la Normandie : Les Costes Septentrionales sont celles du Boulonois dont celle du Païs reconquis qui est à l'endroit du Pas de Calais fait partie jusqu'à l'entrée de la Riviere de Canche en cette Mer-là ; le reste de la Coste, de Picardie est du Pais de Ponthieu , dont celle de Vimeu fait la partie, qui se trouve entre les emboucheures des Rivieres de Somme & d'Eu.

Le Havre de Calais est un des plus anciens Ports de l'Europe, il est situé vis-à-vis de Douvre.

De Calais tirant vers le Sud se trouve la Rade de saint Jean, à laquelle on peur Ancrer à quinze & seize brasses.

Entre cette Rade & la Tour d'Ordre est le Port & la Ville d'Ambleteuse ruiné, mais commencé à rétablir depuis peu par les ordres de fa Majesté.

 Il y a eu autrefois un Fort que l'on croit fort ancien, & qui a fait croire , sans fondement , qu'il pourroit estre le Port Itius, dont César fait mention, mais cela ne peut estre suivant les raisons qu'en rapporte Monsieur Antoine le Roy , Chanoine & Archidiacre de Boulogne en son Histoire de N. Dame de Boulogne.

En suivant cette Coste on apperçoit la Tour d'Ordre, au travers de laquelle il y a une belle Baye de sable, où l'on Ancre pour se mettre à l'abry du vent de Nort.

De la Tour d'Ordre en costoyant on vient à Boulogne, qui est un Havre à Marée assez considerable, il y faut entrer quand l'eau est haute, car quand elle est basse il est sec.

Aprés la Riviere de Boulogne on rencontre celle de Canche, sur laquelle sont assises du costé du Boulonois la ville d'Estaples, qui a un Havre peu remarquable , auquel on ne peut entrer que quand l'eau est haute, & du costé : du Ponthieu plus avant est celle de Montreuil.

La Riviere d'Authie suit, puis celle de Somme, à l'entrée de celle-cy font saint Valery du costé du Vimeu , & le Crotoy du costé du Ponthieu particulier , il y auroit un assez bon Havre sans un Banc de sable qui s'étend à travers cette Riviere & ce Havre, à l'entrée duquel il y a trois brasses d'eau & deux en dedans ; sur la même Riviere & plus ayant en terre est située la ville d'Abbeville.

La Riviere d'Eu separe la Normandie de la Picardie, & a sur la gauche de son emboucheure le Treport, où il y a un bon Havre, auquel on ne peut entrer que quand l'eau est haute, parce qu'il demeure sec quand l'eau est basse.

La Normandie a la Coste plus estendue sur la Mer Britannique que celle de Picardie & de la petite Bretagne , entre lesquelles elle est. Elle commence à la Riviere d'Eu par où elle avoisine la Picardie, & finit à celle de Couesnon qui la separe de la Bretagne.

Dans cet espace de la haute Normandie y a les Costes des Païs de Bray, Caux & Roumois, dans la moyenne y a celle du Lieuvin & d'Auge, & dans la basse celle du Beslin , du Contantin & de l'Avranchin.

La Coste du Païs de Bray est la premiere qui se presente après celle du Ponthieu & la plus Orientale de la haute Normandie ; elle a peu d'étenduë, puisqu'elle est entre l'em boucheure de la Riviere d’Eu & le Val d'Angerval.

Le Havre de Dieppe au Païs de Caux, est à l'emboucheure de la Riviere d'Arc; il y peur entrer de pleine Mer y d'assez grands Vaisseaux & de petits Navires à demy flux: la grandeur de la Rade de ce Havre est d'environ une lieuë en Mer au travers de la Ville. A saint Valery il у un Havre de Marée , où il faut entrer lors que l'eau est haute, car il n'y a que les petits Navires qui y peuvent entrer & en sortir.

Il y a un tres-beau Havre à Fecamp, qui a bien près de deux brasses lorsque l'eau est basse. Il y a un Banc au costé Oriental du Havre, entre lequel & la terre on peut passer à la Sonde avec de petits Navires, à huit ou neuf pieds d'eau : ce Havre est grand & spacieux, & a un bon Ancrage au dedans.

Estretail est un petit Havre à Marée , peu frequenté : près de l'entrée de ce Havre on apperçoit une haute Roche que la Mer a separé de la Falaise, on l'appelle Aiguille d'Estretail.

Cap de Caux ou Foyer de Guerre , est une tres-haute Falaise , au sommet de laquelle il y a un Foyer bâty autrefois pendant les Guerres, où l'on entretient du feu la nuit pour servir de Fanal aux Navires.

Entre ce Cap & le Havre de Grace est une Rade où l'on entre à six ou sept brasses d'eau.

Le Havre de Grace est situé sur le bord Septentrional de l'emboucheure de la Riviere de Seine , c'est un Hayre de Marée , toutes sortes de Vaisseaux y peuvent entrer aisément quand l'eau est haute, parce qu'a chaque Marée il demeure sec ; mais il y a dans la Ville à l'extremité du Havre une grande Fosse fort commode pour mettre les Navires en asseurance & à flot.

Le Ratier est un Banc de sable , au milieu de l'emboucheure de la Riviere de Seine , fort dangereux de basse eau.

La Riviere de Seine est fort grande & fort large en son entrée jusqu'à Quilbeuf, & pleine d'une grande quantité de Banes de Tables ; c'est pourquoy on n'y peut difficilement naviger, sans prendre des Sondeurs , elle est aussi sujete à un grand & impetueux flux , qu'on appelle Barre , qui monte avec une telle rapidité qu'à peine peut-on retenir un Navire avec tous ses Cables : elle porte des Navires jusqu'à Rouen. Elle separe en cet endroit le Païs de Caux d'avec le Roumois & le Lieuvin. Il est à remarquer qu'il y a un grand Banc de sable qui s'étend depuis le Havre de Grace jusqu'à Honfleur , & de Honfleur jusqu'à Quilbeuf. Cette derniere est du Roumois, & l'autre du Lieuvin.

Au sortir de ladite Riviere tirant vers le Sud on trouve le Havre de Touque où commence le Païs d'Auge , & la moyenne Normandie, puis le Golphe ou Fosse de Caën où il finit. Ce Golphe est fort large, le Rivage en est assez sabloneux & a bon Ancrage. À quelque quatre lieuës avant dans la Terre est situé Caen ville du Bessin & de la basse Normandie , qui donne son nom à cette Fosse.

En costoyant la Terre on vient au Sud des Isles de saint Marcou, proche desquelles il ne fait pas trop bon naviger, mais bien un peu à l'écart d'elles.

à La Hogue est un Golphe du Cautantin, dans lequel un nombre de grands Vaisseaux peuvent estre à bon abry.

De la Hogue on monte le Cap ou pointe de Barfleur, où il y a un beau Golphe fort frequenté, on y Ancre à six ou sept brasses avec bon abry , le Vent Nord-Est souffle droit dedans: au Nord Nord-Ouest de cette Pointe s'étend une Basse ou Banc de sable, en suivant la même Coste vous rencontrez l'Isle Pellée, puis la Riviere qui passe à Cherbourg.

Il y a à Cherbourg un petit Havre à Marée, qui est de quelque consideration, & l'entrée de cette Riviere a bon Ancrage. De Cherbourg on rencontre le Cap de la Hague, qui est fort remarquable à ceux qui navigent. Puis tournant vers le Sud se trouve le Cap de Voorha, la Basse de Morte- faim & la ville de Grandville, qui a un Havre passablement bon.

Au travers de Grandville & assez ayant en Mer font les Ecueils de Saussées , qui font tres-dangereux.

Depuis le Cap de la Hague jusqu'à Grandville l'on peut Ancrer à six & sept brasses.

De Grandville à Cancalle s'étend une grande Baye sabloneuse, au fond de laquelle est la Coste de l'Avranchin.

En la partie plus éminente de ce Golphe se leve un Rocher où est bâty la fameuse. Abbaye de saint Michel , si celebre pour les Pelerins. Il est distant de la Coste d'environ une lieuë au devant de la Riviere qui passe à Avranche; au lieu le plus haut de ce Rocher est bâtie une grosse Tour qu'on voit de fort loin.

Aprés la Coste de Normandie fuit celle de Bretagne, que l'on divise en haute , moyenne & basse. La ville de Cancalle est de la moyenne, elle a un petit Havre & une fort bonne Rade, où on peut Ancrer à sept ou huit brasses; ensuite on trouve les Isles des Landes & des Herpieres, puis la Pointe de la Varde, de là on arrive à S. Malo. La ville de S. Malo a un tres-bon Havre & fort frequenté : On Ancre devant la Ville sur cinq brasses, l'eau estant basse on y entre à demy Marée , mais lorsque l'eau est haute on est à quatorze brasses de profondeur, elle hausse & baisse de sept brasses à chaque Marée : On peut aussi ancrer à la Baye à cinq brasses quand l'eau est base.

Il faut remarquer qu'au milieu du Havre, il y a deux ou trois Sables dont le fond est pierreux mellé de Roches, dont il se faut bien garder.

De saint Malo tirant vers l'Ouest on rencontre les Isles de Sezambre, d'Agot, des Ebissins & de la Garde , les Isles & Pointes de Saincas, Port de Saincas, de Lat & le Cap de Fresle.

Le Cap de Frelle ou Cap de Lat a esté ainsi nommé, à cause du Chateau de Lat qui luy est à l'Est. Il y a prés de ce Chasteau une grande Baye & une bonne Rade, où l'on peut Ancrer à bon abry : vis à vis le Cap de Fresle est le Banc des Huistres , où l'on peut estre à la Rade sur six ou sept brasses.

Du Cap de Fresle tirant vers le Sud se trouve l'Isle appellée le Mas de Fresle, une Roche fort remarquable, nominée Roche plate , l'Ille de S. Michel, la Pointe d'Eguarennes & les Ports d'Herqui, d'Aoert & Morvan, ausquels il y a bon Ancrage, la Pointe d'Helyon & de S. Brieu. Puis tournant vers l'Isle de Brehaс on passe la Pointe du Roselier, les Ports de Quemerer, de Rouhand, de Bigny & de Tranquelet ; les Isles de Port - Rieu , de Goilan, des Maites , avec les Havres & Rades de Port Rieu, Poulafre & Pimpol.

 ll y a tres-bon Ancrage le long de la Coste qui s'estend depuis le Cap de Frelle jusqu'à l'Ille de Brehac.

On rencontre l'Isle de Brehac après la Rade de Pimpol, on peut cingler tout à l'entour de cette Ville & Rader où on veut, parce qu'il y a par tout un fond de bonne terre, quoy qu'il y ait autour quelques Ecueils.

Vis à vis l'Ile de Brehac est le Port de Languiey proche de la Riviere qui passe à Pont - Rieux, à l'entrée de cette Riviere est la Rade de Frenais.

La basse Bretagne est icy separée de la moyenne par cette Riviere.

Depuis la Riviere de Pont - Rieux jusqu'à Port Blanc sont les Isles Verde de saint Mandé, & un nombre d'autres petites Isles & Ecueils , la Riviere qui passe à Lentriquet, & l'Ile de faint Gueltas.

Port Blanc est un tres-bon Port assez favorable aux Vaisseaux , quoy que remply d'Ecueils qui se montrent mais que l'on peut éviter aisément , parce qu'on peut passer au travers à six ou sept brasses l'eau estant basse.

A l'Ouest de Port Blanc & de l'isle saint Gueltas sont les sept Isles, que l'on peut approcher sur quarante-cinq brasses.

A l'Occident de ces Isles se découvre quantité d'Ecueils quand l'eau est basse , plus encore à l'Occident sont les Triagosts, qui sont des Ecueils fort redoutables.

Au Sud-Est de ces mêmes Isles est l'Isle de Tanée, autour de laquelle on peut cingler. De Port Blanc à Morlais il se rencontre force Iles , grandes & petites, entre lesquelles sont l’Isle grande, Molene & Milliot, & les Ports de Penou, Guioder, Cheret & Primnet : il y a aussi une infinité d'Ecueils fort dangereux.

A l'entrée de la Rivieré qui passe à Morlais il y a une Rade commode & propre à faire bon Ancrage : de Morlais à la Pointe Occidentale du Port Sal, où la Mer Britannique perd son nom , se rencontrent les Isles de Callot & de Bas, & les Rades & Ports de saint Paul de Leon, Rosgot, Plougoulin, Portchrist , Poulbuzel , Plouneour, Aberache, le Bernit & Port Sal. Il y a quantité de petites Isles peu estimées, & beaucoup d'Ecueils.

 

DE LA MER DE FRANCE OCEANE ou Mer de Brest.

LA Mer de France Oceane se trouve naturellement divisée en deux parties, mais entre ces deux il en reste une qui ne peut faire partie des deux autres , parce qu'elle est au Sud-Ouest de l'une & au Nord - Ouest de l'autre; c'est aussi pour cette raison qu'on la peut appeller Mer de Brest, puisque la Ville & la Baye de Brest font ce qu'il y a de plus considerable en cet endroit : elle se coule depuis le Cap qui est à l'Ouest de Tremasan jusqu'à celuy de Pennemarch.

Dans cet espace se rencontre un corps d'Isles au Nord-Ouest de saint Mahé, dont la plus considerable est celle d'Ouessant , les autres sont celles de Beonée, Balanzenec, Molene, Breniquet, & Kousroé.

Puis les Ports d'Argenton, Melon , Quierain & Lampol avec quelques autres petites Isles peu considerables & plusieurs Écueils.

La Pointe du Conquest est tres - recommandable & tres remarquable, parce qu'elle est à l'extremité de la Bretagne, ayant un tres-bon Havre & une bonne Rade , propre à mettre les Vaisseaux en asseurance.

Proche du Conquest est saint Mahé, qui a aussi un bon Havre & une bonne Rade.

De saint Mahé on entre dans la Baye de Brest, qui est fort grande & spacieuse, ayant à divers endroits bon Ancrage & nombre de bons Havres, specialement Brest, Landernau , Daoulas , le Fou & Chasteaulin : au sortir de cette Baye est le Port de Cameret.

Entre la Baye de Brest & celle de Douvernenest sont les Isles de Tristan & Privilen , puis les Ports & Havres de Morgat , la Berte, Douvernenest, Portras, Pouldavid, Triboul & le Ras. Il y a deux grands Bancs de sable pleins d’Ecueils & de Rochers dangereux au travers du Ras.

A la sortie de cette double Baye sont les Isles de Temine & de Saint, ensuite le Port de Cabeltan. Audierne est un bon Havre , au Travers duquel il y un Banc de chaque costé, entre lesquels les Vaisseaux peuvent passer sur six brasses d'eau, il n'y a pas moins de trois brasses de profondeur lorsque l'eau est basse.

 Le bout Meridional de ce Havre est trop bas, c'est pourquoy on y entre par le bout Oriental.

D'Audierne on va à Pennemarch, où commende la Mer de Gascogne.

 

DU GOLPHE AU MER DE GASCOGNE.

LA Mer de Gascogne fait la partie Meridionale de la Mer de France Oceane, & la partie Orientale de celle d'Espagne est appellée Golphe, parce qu'on n'en peut sortir que par où on y est entré. Elle est aussi appellée Mer, à cause que la plupart des Golphes ne font point si larges; enfin elle a le nom de Gascogne, parce que la Gascogne est au fond ; elle s'enfonce entre le Cap de Pennemarch & celuy de San - Martin, le long des Costes Meridionales de la Bretagne, du Poitou, de l'Aunis, de la Guyenne & de la Gascogne du costé de France & de la Biscaye qui la retient du costé d'Espagne , les Mers des Basques & de Biscaye en font partie.

Pennemarch est le premier Havre qui se rencontre en entrant du costé gauche, son entrée a dix brasses de profondeur, les grands Naviles y peuvent entrer.

De Pennemarch à Quinperlay où finit la basse Bretagne se trouvent les Isles aux Moutons, les Pointes de Tudy, de Foenan & de Trevinon & les Ports & Havres de Tudy Benauder, la Forest de Conquerneau , Pont Davene, Moüelin, Deuelan & Quinperlay.

De Quinperlay jusqu'à la Vilaine s'étend la moyenne Bretagne, au devant de laquelle les Isles Grouois, des Chats, de Quiberon, Roley & du Mait sont plus proches ; celle de Belle-Isle, de Beugor, de Heydic, de Heüat & des Cardinaux sont plus avant en Mer, les Ports & Havres sont Blavet , Bels, Mitcrac, Querpegny, Auray, Vannes, Penerf & Penelen.

Blavet est un fort bon Havre, où on peut entrer facilement à sept brasses d'eau, il y a à l'entrée un dangereux Rocher, qu'on appelle la Jument , & nombre d'autres à l'emboucheure de la Riviere, qui a bon Ancrage en plusieurs endroits.

Morbian est un Golphe remply de plusieurs Isles, dont les principales sont l'Isle aux Moines, l'Isle d'Ars , Oyseaux, de Benedic & de Tascon il y a bon Ancrage en plusieurs endroits , Auray & Vannes en sont les principaux Havres.

La haute Bretagne commence à la Riviere nommée la Vilaine, & continue jusqu'à l'Isle de Chaumet , les Ports de cette Coste sont ou au Nort de la Riviere de Loire ou au Sud. Ceux de Mesquier , de Piriac , Poulgain & de saint Nazeir sont au Nord, avec les Pointes de Piriac & de Bas. Pour le Croisic passe pour Isle, quoy que la Carte Lemble n'en faire qu'une presqu'Isle.

La Riviere de Loire est fort pleine de Bancs de sable, par dessus lesquels on peut naviger à demy Marée. Ces Bancs sont fort inégaux & fort differents en hauteur : car quelquefois on trouve quinze brasses & incontinent après on n'en trouve que sept ou huit. Elle est navigable jusqu'à Nantes pour les Vaisseaux de Charge & à Voile.

Capitaineries Garde Costes de Poitou et partie de celle de la Rochelle

.

La Ville de Nantes est située à l'endroit de la Riviere de Loire que les plus petits Navires ne peuvent outrepasser, ils se reposent à un endroit appellé la Fosse , & ceux qui n'y peuvent monter demeurent au Pelerin, qui est à deux lieuës plus bas.

Au Sud de la Loire est l'Ile de Bouin, mais les Isles de Chamet, Nermonstier , Isle-Dieu & la Dive sont du bas Poitou, aussi bien que les Ports & Havres de Beauvoir, Nostre-Dame de Mons , Porreau , la Chaume ou Olone , les Sables d'Olone, Talemont, saint Benoist , Aiguillon & saint Michel.

 

La Coste du Païs d'Aunis se presente après, au devant de laquelle font l'isle de Rets & les petites Isles d'Oye, d'Aix, Ennet & Veuvre.

Les Ports & Havres de la Coste sont Marance, Enande, le Plom & Port-neuf au Nord de la Rochelle, celuy de la Roche au Sud.

Il y a un tres-bon Havre à Marée à la Rochelle, la Rade est entre les Pointes du Chef de Baye & de Coreille, mais quand il y a tempeste sur Mer les Navires se vont mettre en repos à la Palisse, qui est une Rade de l'Isle de Rets à l'Ouest Nord-Ouest de la Pointe du Chef de Baye.

Les Costes de la Guyenne occupent tout ce qui est depuis l'emboucheure de la Charente jusqu'à la pointe qui est au Sud du Port de Cantis , celle qui est au Midy de la Garonne est de la Guyenne particuliere ou Bourdelois , & celle qui est au Septentrion est de la Saintonge.

coste Aunis parties des capitaineries La Rochelle et Brouage

Près de la Saintonge font l'Isle d'Oléron , & la petite Ile d'Aire, & le long de la Coste les Ports de Luppin, de saint Nazaire , de Brouage , & du Chepus & le Havre d'Oleron en l'ile de même nom ; puis ceux de la Riviere de Garonne , Royan, Mechef, Talmont, saint Sorin, Mortaigne & Conac.

Les autres sont de la Guyenne ou Bourdelois ; sçavoir Blaye, Bourg, Bourdeaux & Soulac , sur ou prés la même Riviere le long de laquelle il ya bon Ancrage, l'entrée en est un peu difficile à cause du grand nombre d'Ecueils & Bancs qui portent le nom de Dangers de Cordouan : la Tour qui en a pris le nom est bâtie sur le plus haut de ces Bancs , elle sert de Fanal pour les éviter.

Entre la Riviere de Bourdeaux & le Havre d'Arcachon il y a à Anchises un bon Havre à Marée fort profond, dans lequel peut entrer un grand Navire quand la Marée est haute.

Arcachon est un tres-bon Port ; il y a des Roches sous l'eau qu'il faut éviter à son entrée , environ le milieu de ce Havre il y a encore un autre rang de Roches cachées. On peut ancrer dedans du costé du Sud à quatre brasses de basse, & de haute à douze brasses.

 

Coste Saintonges Parties des capitaineries Brouage à Bordeaux

La Coste du Medoc qui est depuis la Riviere de Bourdeaux jusqu'au Havre d'Arcachon est platte, & le reste de la Coste du Bourdelois est plein de Dunes.

En continuant de voguer prés la Coste on vient à celle qui donne son nom à la Mer ou Golphe de Gascogne, qui s'appelle en cet endroit Mer de Bayonne ou des Basques, & finit la Mer de France Oceane : elle baigne les Cortes des Landes & de Labour.

Les Dunes continuent depuis la Guyenne jusqu'à saint Jean de Luz le long de la Coste.

Entre Arcachon & Bayonne il y a le Cap Breton : il y avoit autrefois devant ce Cap un passage pour les Navires qui vouloient aller à Bayonne le long d'un grand Canal. Bayonne a un Port considerable devant lequel il y a une grande Baye.

Il y a trois brasses d'eau, & aux Marées ordinaires deux brasses & demy, mais l'eau estant basse il n'y a que trois pieds , on peut Ancrer devant la Ville à cinq brassès, cette Ville est du Païs de Labour qui s'étend jusqu'à la Biscaye.

Saint Jean de Luz est un Havre à Marée, où il faut entrer quand l'eau est haute, car quand elle est balle , le Havre demeure à sec , & on le peut passer à pied. A Fontarabie il y a un Golphe qui separe la France d'avec l'Espagne, & partant la Mer de France d'avec celle d'Espagne, ou pour parler avec plus de précision, il sert de bornes à la Biscaye & au Labour , à la Mer de Bayonne & à celle de Biscaye. On peut Ancrer à ce Golphe à huit & neuf brasses, mais il se faut garder des Rochers.le pays du Médoc

 

DU CANAL DE LANGUEDOC.

LE Canal de Languedoc ou des deux Mers est un Ouvrage à venir voir du bout du Monde , la pensée seule de joindre la Mediterranée à l'Ocean, & d'épargner par là mille lieues de chemin aux Marchands, qui seroient obligez d'aller passer le détroit de Gibraltar au danger de la Mer & des Corsaires , semble avoir déja quelque chose de fort grand. Mais ce qui est étonnant, c'est qu'on ait seulement osé proposer un tel dessein , tant la chose devoit paroistre imposible.

S'il n'avoit fallu creuser que dans un plat païs & dans des terres molles, comme en Flandre & en Hollande, on n'y trouveroit rien de trop extraordinaire. Il y en a de même en bien des endroits, en Egypte dans le Diarbec, & aux Indes Orientales dans le Royaume de Bengala. Mais de faire un Canal de plus de quarante lieuës de long, avec plus de quatre-vingt Ecluses entre des Montagnes ; & le soutenir toujours là à my-coste ou le continuer par des Plaines seches, dures & comme on dit en ce quartier là de pierre de Rokas, mais d’estre obligé de percer une Montagne comme un autre Posilipe de taille ou de faire sauter des Rochers à force de Leve de fer , de Mines, & de Petards, de faire passer des Rivieres & des Torrens, les uns par dessus, & les autres par dessous ; & pour remedier aux seicheresses extraordinaires de faire un Reservoir entre-deux Montagnes, avec une Chaussée assez haute & assez forte pour soutenir le

poids de plus de douze cens mille muids d'eau , sans compter qu'on la doit hausser pour en arrester & soutenir le double ; enfin de faire monter des Barques comme on a déja fait depuis quelques années , & peut-estre même un jour si l'on en croit les meilleurs Ingenieurs du Roïaume, des Galeres par dessus des Montagnes: il faut avouer que cela a quelque chose d'extraordinaire, & je ne sçay si en quelque partie du Monde on a jamais rien vu d'approchant.

 

Il est vray qu'on n'a pas encore pourvu à tous les inconveniens, qui , la pluspart viennent des orages, des pluies, des avalages, des éboulemens de terre , & des rivieres ou des torrens qui se rencontrent, mais dans un si grand Ouvrage & qui a tant de dépendance, le moyen de prevoir d'abord tous les accidens & d'y pourvoir tout d'un coup, il n'y a rien d'impossible, & avec le temps, la patience & la dépence pourra remedier à tout, si principalement on continue à faire quantité de nouveaux Aqueducs souterrains à double Voute qui recevront les Inondations & les Ravines des Montagnes , & les feront passer par dessous le Canal.

Il ne faut pas oublier icy une circonstance tres-considerable, en ce qu'elle regarde ceux qui s'occupent à la conduite des eaux, le fait est qu'entre un grand nombre de differents Canaux qui font le Canal entier , il y en a un de six à sept lieuës de long, dans lequel l'eau coule d'un bour à l'autre de pur niveau & sans aucune pente , ce qui est contraire au sentiment de plusieurs Sçavans : car ils ont toujours demandé une certaine pente sensible, comme par exemple un ou deux pieds tout au moins sur chaque lieuë, mais la Nature ne suit pas toujours nos raisonnemens & le raisonnement n'empesche pas que la chose ne soit.

Ce Canal est de trente pieds de large & de soixante & quatre lieuës de long. Il a esté conduit de la Riviere de Lers à celle de Fresquel, & par leur moyen a uny l'Aude qui tombe dans la Mer Mediterranée avec la Garonne qui sombe dans l'Ocean.

 Par ce Canal on peut aller en douze jours d'une Mer à l'autre : le Canal a cent quatre Ecluses, dont plusieurs sont accollées de forte qu'on les peut passer en trente heures. Il y en a vingt-sept du point de partage à la Garonne, & soixante & dix-sept du même point au Port de Cesse.

Il y a quantité de Chaussées de pierre de taille , & une entr'autre longue de cent douze toises, haute de cinq, épaisse de quatre & demy, & qui sert à arrester la Riviere de Cesse.

Le Reservoir de S. Frioul qui reçoit les eauës de la Montagne Noire a plus de deux mille toises de circonference, & quatre-vingt dix pieds de profondeur : pour le remplir on a détourné le cours de quantité de Ruisseaux qui ne tarissent jamais, ils retombent par des lieux escarpez dans le Bassin de Naurouse, qui est de figure octogone ovale. Il a deux cens toises de long & cent cinquante de large.

Ce Canal est porté sur un grand nombre de Ponts, celui du Torrent de Reoudre, bâti de pierres de taille à soixante & dix toises de long, & sept pieds de haut par tout. Ce qui est de plus surprenant c'est que d'assez grands Bâtimens navigent sur le Pont, & qu'au même temps dix ou douze pieds d'eau cube passent par dessus.

A l'endroit qu'on nomme le Malpas on a percé une Montagne dans l'étenduë de deux cent quatre-vingt toises ; & dans cet espace on a taillé une toute large de quatre toises, & haute de quatre & demi. Ces circonstances & plusieurs autres obmises font voir qu'il suffit à LOUIS LE GRAND de projetter les desseins les plus difficiles pour les voir executer avec succez, & ces prodiges de conduite & d'intelligence fera sans doute l'admiration de la posterité.

 

DE LA MER DE FRANCE MEDITERRANEE.

QUOY qu'à proprement parler la France ne soit baignée dit la Mer Medirerranée n'en est qu'un Golphe , cependant les anciens Romains & les Grecs n'ont point fait de difficulté de le mettre en paralelle avec l'Ocean, en donnant à celuicy le nom d'anterieur, c'est à dire de dehors , & à l'autre celuy d'interieur , qui veut dire du dedans, ce que plusieurs Modernes ont fait aprés eux sans y avoir assez pensé ; mais tout ce qu'il y a d'habiles Geographes ne l'ont pris que pour un Golphe : car si dans leurs Cartes ils l'appellent Mer, ils le prennent comme un nom de Metaphore, par rapport à la vaste étenduë , qui est des plus considerables de tout l'Univers : car lors qu'ils traitent de cette Mer , ils n'ont pas manqué à la faire connoistre telle dans les Tables Methodiques & Descriptions.

Le Golphe ou Mer Mediterranée est donc une avance de l'Ocean Occidental ou Atlantique par le Détroit de Gibraltar da colté de l'Afrique, & remplit toute la capacité qui se trouve entre l'Afrique, l'Europe & l'Asie.

Elle commence son Cours prés des Costes de l'Afrique, continuë en suite par celles de l'Asie, & retourne à l'Ocean par le même Détroit aprés avoir costoyé l'Europe.

Les Modernes l'ont divisée en deux parties, par rapport à son étenduë , qui est d'Occident en Orient, qu'ils appellent pour cet effet avec les Italiens Mer de Ponant , & Mer de Levant.

 Celle de Levant occupe le fond du Golphe , celle de Ponant l'entrée & la sortie ; elles sont separées l'une de l'autre par le Cap de Bone, les Isles de Malte du costé de l'Afrique , & l'Isle de Sicile & la presqu'Isle d'Italie du costé de l'Europe. Nous ne dirons rien davantage de la Mer de Levant, parce qu'elle ne regarde point nostre sujet.

La Mer de Ponant est entre la Barbarie qui est de l'Afrique, & l'Italie, la France & l'Espagne qui font du costé de l'Europe. Nostre Mer de France Mediterranée occupe la partie Occidentale de cet enfoncement, que l'on appelle Mer de Provence ou de Marseille le long de la Provence, c'est à dire de cette Coste qui est entre les emboucheures des Rivieres de Var & du Rhosne, le surplus qui se repand le long du Languedoc & du Roussillon est nommé Golphe de Lion.

DU GOLPHE DE LION.

 

COMME nous avons fini la Description de la Mer Oceane de France à l'Espagne nous commencerons celle-ci à l'endroit le plus remarquable, & le plus proche du même Royaume.

Leucate est en cet endroit, située sur une Montagne du as Languedoc, proche l'Estang ou Lac de ce nom , & du Cap de las Mattes : depuis ce Cap jusqu'au Grau de Paravas se trouvent les Caps de Franqui & de Romain, la Tour de la Nouvelle , l'Estang de Vendre, le Chasteau de Brecou; prés du Cap d'Agde & le Fort de Certe & Port Louis. L'Estang de Thau & celui de Perotz ne sont à proprement parler qu'un même Eftang , qui regne le long de la Coste jusqu'à Aiguemorte.

Le premier n'est separé de l'autre que par l'approche des deux qui retressit la communication de l'un à l'autre.

La Grau de Parayas en estoit comme le seul écoulement avant le Canal de Languedoc, ou la jonction des deux Mers. Frontignan est sur celui de Thau qui en reçoit aussi le nom.

Depuis Cette jusqu'à l'emboucheure du Rhosne qui fait la separation du Languedoc d'avec la Provence, on ne rencontre aucun Port ni Havre remarquable le long de la Coste; il y a seulement le Marais Salant d'Aiguemorte.

 

DE LA MER DE PROVENCE.

LA Mer de Provence ou de Marseille suit le Golphe de Lion où la Coste de Provence est separée de celle de Languedoc : Elle continuë jusqu'au Comtat de Nice, qui est de la dépendance du Duc de Savoie, entre lesquels est la Riviere de Var prés Nice.

La Tour Gontier ou Gautier est à l'emboucheure du Canal Oriental du bras, droit du Rhosne, &l'Ille de Camargue embrassée par la même Riviere.

 

 

De la Riviere du Rhosne à la ville de Marseille aprés avoir passé la Crau se trouve la Tour du Bouc , située à l'entrée du Canal de Martegue, Ferieres & Jonqueres font des deux costez ; l'emboucheure du Golphe ou Mer de Berre, l'Isle est au devant, & entre ces deux-ci, les Caps de Conne & de Carry & Magan sont du costé de Marseilles.

Marseille a un tres-bon Havre où entrent les plus grands Vaisseaux , y aïant bon Ancrage & un abri grandement spatieux, c'est le Magasin ordinaire des Galeres de France.

On rencontre de Marseille à Toulon les Isles de Pomegue, en l'une desquelles est le Chasteau d'If, ensuite celle da Plamier, d'Estoblen., de Maine, de Jarros, de Colle Sarene, de Sorinion, de Rieux, de Cassidene, de Sabolinette, de Bondort, de la Plumasse , & de celle des Fraires, le long de la Coste sont les Caps d’Aigle , de saint Gipiere & de Cerchiec avec les Ports de la Ciotat & d'Albian.

Toulon est situé à l'extremité d'un Golphe courbe , il y a un fort beau Havre, capable de contenir un nombre de Galeres , & de Vaisseaux ronds.

De Toulon à saint Tropez sont les Isles d'Hieres , qui font un corps , duquel sont Port-Queroles, Bagneux, PortCors, & Titan ; les autres qui sont plus prés de la Coste n'en sont point , sçavoir Ribaudan , Brigançon, Teste de Camp, & quelques autres.

Au long de la Coste on rencontrera la presqu'Ille de Gien, avec les Caps de Benat, de Jardier, de Taliat, le Promontoire Courbé, des Portes & de l'Elpe , puis le Port de Canenies. La Ville de saint Tropez est bâtie sur la Coste Meridionale du Golphe de Grimaut , elle a un fort beau Port, à l'entrée de ce Golphe sont les Isles Jardinieres : de ce Golphe à Antibes sont les Isles des Lions , les deux Isles de Lerins ; sçavoir , Saint Honorat & sainte Marguerite & la Grenille , les Caps de saint Vincent , Ravieles, de las Vieilles, de las Pinas, de Theoul & de Garaupe , avec le Port d'Agate.

Antibe est au fond d'un petit Golphe, ayant un Havre excellent & beau. Il n'y a plus d'Isles remarquables depuis ce Golphe jusqu'à Nice, qui n'est plus de Provence.

La Riviere de Var termine aujourd'huy en cet endroit la Provence de la Lombardie, comme autrefois, elle a presque toujours fait la Gaule Narbonnoise d'avec la Gaule Cisalpine.

A PARIS,

Chez le Sieur DE FER, dans l'Ille du Palais, sur le Quay de l'Orloge, à la Sphere Royale.

M. D C. L X X X X.
AVEC PRIVILEGE DU ROY.

 

Les costes de France sur l'ocean et sur la mer Mediterrenée corigées ... De Nicolas de Fer

 

 

 

 

 

 

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