Le château et la ville de Mauléon pendant les Guerres de Religion

Les guerres de religion, commencées vers 1560, couvrirent le Poitou et les environs de Mauléon de ruines matérielles et morales; la plupart des églises, cures, édifices religieux, furent incendiés.

Bon nombre de prêtres du diocèse de Maillezais, dont beaucoup de curés des environs de Mauléon rassemblés à Poitiers en 1593 et 1594, prient le roi d'avoir égard « aux grandes callamitez infinies, pertes, saccagements, pilleries et brusleryes qu'ils ont soufferts, puis 1569 jusques à présent, leurs églises et maisons pillées, saccagées, brullées et ruynées, leurs biens enlevez, les rebelles se souillant au sang d'un bon nombre d'ecclésiastiques (1) ».

 

La guerre déchaînée dans le Poitou finit par atteindre Mauléon.

 Le 12 juin, Henri IV, alors roi de Navarre, à la tête d'une armée protestante, s'emparait de la ville. « La bonne humeur des soldats réformés fut telle, dit d'Aubigné, que le prince vit emporter la ville par les échelles trouvées dans les villages voisins, et aux lieux où elles furent trop courtes, les soldats, empoignant les branches de lierre, et par elles ayant gagné le haut des murailles, se jetèrent en bas dans les jardins. »

Les quelques gentilshommes et soldats qui défendaient le château, capitulèrent.

C'est alors qu'eut lieu le pillage de l'abbaye. Mauléon, abandonné par les protestants, fut occupé bientôt après par le capitaine catholique Mercure Albanais, « avec grand nombre de gens de guerre ».

 Au mois d'août 1588, le seigneur de la Boulaie, protestant, la reprit de nouveau par surprise et y établit une garnison de trois ou quatre compagnies commandées par Joachim du Bouchet.

Le 16 septembre 1588, par une simple lettre missive, le roi Henri III avait donné à Louis de Gonzague, duc de Nevers, le commandement de l'armée dirigée contre le roi de Navarre (Mém. de Nevers, 1.1, Ire part., p. 857).

L’Armée, dite royale, s'achemina au bas Poitou, avec de grands préparatifs, tant pour reconquérir les Places occupées par ceux de la Religion, que pour combattre, comme ils disaient , le Roi de Navarre ; et devait cette Armée, selon le projet et discours vulgaire de ceux de la Ligue, non-seu­lement mettre de ce côté de la France, fin à la guerre, en ex­terminant tous ceux qui y font de la Religion, mais aussi ven­ger et recouvrer la perte et l'honneur de l'Armée, qui quelques mois auparavant avait été défaite par le Roi de Navarre à Contras.

Cette Armée était grande et forte, composée de Français, Suisses et Italiens, avec grand nombre de Gendarmerie, Che­vaux-légers et Noblesse volontaire; s'y rangeaient aussi hommes de toutes parts, des Villes, Communautés et Provinces circon­voisines, tant de delà que de deçà la Loire.

Entre les autres Seigneurs du Pays du bas Poitou y étaient les sieurs des Roches Bariraut (2), de Bourneveau, de la Bou­cherie et Saint-André, avec leurs Compagnies.

De cette Armée était Général M. de Nevers, assisté des sieurs de la Chastre, Sagonne (3), Laverdin (4) et plusieurs autres Seigneurs, Chefs et Colonels, l'artillerie et munitions ensemble, tout autre appareil de guerre y était grand.

La plus grande partie de cette Armée, tant des Chefs et de la Noblesse, que de ceux qui obéissaient, étaient de la Ligue.

Il n'est croyable les maux, foule et oppression que cette Armée faisait partout où elle passait, notamment à ceux de la Religion, qui se trouvèrent à leur rencontre, soit ès mai­sons ou en la campagne.

Le peuple, les femmes, les enfants, et en divers lieux jusqu'au bétail, fuyaient devant cette Armée comme devant un foudroyant orage. .

La Rochelle et autres Villes circonvoisines et de retraire, furent incontinent remplies de nouveaux Réfugiés, qui y abordaient du haut et du bas Poitou, Bretagne, Loudunois, Touraine, et autres lieux plus prochains des séjours de cette Armée.

Le premier lieu où elle s'arrêta à bon escient fut à Mauléon.

Mauléon en Poictou nous demande; car le duc de Nevers (5), ayant formé son armée auprès de Thouars (6), s'y avança (7), assisté, outre ses bandes payées (8), de force noblesse de Touraine, Anjou, Bretaigne et Poictou (9).

L'armée donc, fraîche et forte, trouva à cent pas (10) de Mauléon le gouverneur du lieu, Viliers, Charlemaigne (11), avec vingt chevaux et six-vingts arquebusiers.

Il fit une charge aux chevaux-légers, la démesla par son harquebuserie et de là ne perdit ni petit buisson ni fossé sans y faire feu.

Mais les régimens, qui poussoyent devant soi chacun cent cinquante hommes débandez, donnant à la teste et aux vallées tout à la fois, eurent bien tost investi et commencé le siège.

 

 

Au mois de novembre 1588, le duc de Nevers parut devant Mauléon avec l’armée catholique.

Les soldats catholiques, ne voyans que des ruines, espéroyent emporter la place avant que le canon (12) fust arrivé.

La Ville de Mauléon est une petite Ville du bas Poitou, faible, nullement munie, en laquelle néanmoins il y a un Château, mais qui n'est de guères meilleure défense que la Ville.

Le duc de Nevers mit ses canons en batterie sur la route de Bressuire.

La Garnison ne voulut déloger pour des coureurs, et fit mine de vouloir tenir ferme; mais lui survenant des forces inopiné­ment sur les bras, le sieur de Villiers voyant le canon, se réso­lut à capituler, par l'entremise du sieur de Laverdin; les Ca­pitaines Marigni et la Croix furent députés pour l'effet de cette capitulation.

Le sieur de Miraumont, Sergent Major de la bataille de l’Armée, fut envoyé en otage à Mauléon pour sûreté; de Mauléon forcir aussi pour otage le Capitaine Landebrix.  

Les protestants, effrayés, demandèrent à capituler; il fut convenu qu’ils auraient la vie sauve et sortiraient sans armes.

La capitulation faite et conclue, peu avantageuse pour ceux de dedans , et les armes rendues audit sieur de Miraumont (13), les Régiments de Brigneux et de la Chataigneraie (14)  s'approchèrent des murailles de la ville, déjà abandonnées par la Garnison et non défendues, et après en avoir démoli et ruiné quelques pierres, par surprise et contre la capitulation, entrèrent dans la Ville, tuèrent ou blessèrent tous ceux qu'ils y trouvèrent de ladite Garnison, et de ce parti, quelque résistance et remontrance que fit ledit lieur de Miraumont pour empêcher une si lâche perfidie, et indigne de gens de guerre.

Une partie des troupes assiégeantes refusa de tenir compte de la capitulation, pénétra dans la ville et massacra beaucoup de soldats désarmés jusqu'à ce que les chefs catholiques, avertis, fissent cesser le désordre (15).

La passion de ces déréglés Soldats se montra si désordonnée et barbare, qu'ils contraignirent ledit sieur de Miraumont de se retirer et sauver dans le Château, avec le reste de la garnison qui était échappé et demeuré dans la Ville, car beaucoup avaient été perfidement tués, après avoir quitté leurs armes, et de sang- froid ; aucuns se sauvèrent par la fuite, se jetant par-dessus les murailles, les autres furent blessés, pris, dévalisés et mis nus, contre la capitulation.

Les sieurs de la Chaslre et de Laverdin avertis de ce désordre, s'y acheminèrent, firent (mais bien tard) cesser la tuerie ·

Le duc de Nevers laissa à Mauléon une garnison de huit ou neuf cents hommes sous le commandement de Lavardin, qui fut assiégée à son tour, au mois d'avril suivant, mais sans succès, par le duc de Châtillon.

Au mois de mai, Mauléon, toujours occupé par les catholiques, envoya son adhésion à l'assemblée de la Ligue réunie à Poitiers.

 

 Le 8 d'octobre 1590, un chef protestant, le seigneur du Puy du Fou (16), s'empara de la ville par surprise, et il fallut que le prince de Conti, en mars 1591, vint l'attaquer de nouveau avec une grande armée et six canons.

Les protestants se rendirent et eurent la vie sauve.

Toutes ces allées et venues d'armées plus ou moins nombreuses, ces sièges successifs avaient ruiné le pays.

Les habitants demandèrent une exemption d'impôts et dans l'enquête faite à ce propos par ordre de Henri IV, au château de la Guierche, commune de Saint-Amand-sur-Sèvre, plusieurs témoins déclarent que pendant ces guerres, toutes les paroisses voisines de Mauléon avaient été totalement ravagées « toutes lesquelles armées ont logé ès dictes paroisses lesquelles ont été exposées au pillage dix à douze foys, au moyen de quoi, joint les impositions, pilleries et exactions, elles sont demeurées sans habitants, les terres des mesteries demeurées en friche par faulte de hommes, bœufs et charrettes ».

En 1595, l'ordre n'était pas encore rétabli : « On ne peut aller et séjourner sûrement au dit lieu de Mauléon, étant la ville démantelée ».

En 1597, le seigneur de la Guierche, d'après les ordres du duc de Mercœur, chef de la Ligue, s'emparait du château de la Flocellière occupé par les protestants.

 

Il fallut que Henri IV vînt lui-même en Poitou en 1605 pour calmer le pays.

Lorsqu'en 1621 les protestants se révoltèrent de nouveau, le château de Mauléon était commandé par un catholique, le sieur de Rulles, pendant que Louis XIII traversait le Poitou à la tête de son armée pour aller assiéger la Rochelle.

C'est sans doute vers cette époque, ou un peu plus tard, pendant les guerres de la Fronde, que le château de Mauléon, comme beaucoup d'autres, fut presque totalement rasé par ordre du roi, pour empêcher les seigneurs révoltés d'y chercher un refuge, comme le château de Talmond, appartenant aussi aux La Trémouille, rasé en 1628,  par ordre de Richelieu.

 

 

 

7 et 8 juin 1591 Enquête sur le contenu en la requête ci-dessus des habitants de Mauléon et des paroisses voisines, à l'effet d'être exemptés d'impôts.

 

 

Du vendredy septiesme jour de juing mil cinq cens quatre vingtz onze, au lieu noble de la Guerche, paroisse de Sainct Amand.

Premièrement, Françoys Petit, escuyer, segneur du Cou­lombyer, démurant audict lieu noble de la Guerche, aagé de trente cinq ans ou envyron, après serment par luy faict de dire et déposer verité, sur ce enquis, nous a dict que lesdictes paroisses de Sainct Jouyn, le Temple, la Cha­pelle Largeau, Moulyns, la Tessoualle, Sainct Aulbin de Baubigné, Rorthais et la Petite Boissière sont proches et joignantes la ville de Mauleon, laquelle, depuys le mois de juing mil cinq cens quatre vingtz sept, a tousjours conti­nuellement esté occupée par les gens de guerre, tant d'un party que d'aultre, après avoyr esté assiegée de quatre armées, la première conduicte par le roy, lors roy de Navarre, oudit moys de juing mil cinq cens quatre vingtz sept, la segonde par monsegneur de Nevers, au moys de novembre mil cinq cens quatre vingtz huict, la troisiesme par monsegneur de Chatillon, au moys d'apvril mil cinq cens quatre vingtz neul, et la quatriesme conduicte par monsegneur le prince de Conty, au moys de mars dernyer, mil cinq cens quatre vingt onze ; et, oultre, que la dicte ville de Mauleon a esté surprinze d'un party sur l'autre par deux foy, lune par le sieur de la Boullaye, au moys d'aougst mil cinq cens quatre vingtz huict, et l'autre par le sieur du Piedufou, au moys d'octobre dernier passé, mil cinq cens quatre vingtz dix ; touttes lesquelles armées ont logé esdictes paroisses, lesquelles ont estées exposées au pillage par les occupateurs de la dicte ville pendant lesdictes années dix ou douze foys; au moyen de quoy, joinct les imposi­tions, pilleries et exactions que lesdicts gens de guerre ont exercées continuellement sur lesdictes paroisses, elles sont demeurées sans habitans, estants la pluspart d'iceux mors de faim, tristesse et ennuy, et les aultres errants çà et là pour mendier leur vie, les terres des mesteries de chacune desdictes paroisses demourées en friche par faulte de hommes, beufs et charrettes.

 Tout ce que dessus ledict deposant nous a dict bien scavoyr, pour avoyr tonsjours faict sa residence en ladicte maison de la Guerche, scituée à une lieue près dudict Mauleon, ensemble pour s'estre transporté en chacune desdictes paroisses par plusieurs foys, mesme despuys un mois en çà, allant voyr des gen­tilhommes, ses parens et amys, demourans esdictes paroisses.

 Et est tout ce qu'il nous a dict savoir, sur ce par nous bien el dhuement enquis. François PETIT.

 

Messire Pierre Boessinot, prebstre, curé de Sainct Amand et y démurant, aagé de trente cinq ans ou envyron , après serment par lui faict de dire et déposer verité, a dict, sur ce enquis, que, despuys quatre ans en çà, la ville de Mauleon a esté prinze, tant d'assault que par surprinze, six foys par les gens de guerre, tant d'un party que d'aultre, scavoir, par le roy, lors roy de Navarre, au moys de juing mil cinq cens quatre vingtz sept, par le sieur de la Boullaye, au moys d'aougst mil cinq cens quatre vingtz huict, par mon­segneur de Nevers, au moys de novembre ou dict an, par monsegneur de Chatillon, au moys d'apvril mil cinq cens quatre vingtz neuf, par le sieur du Piedufou, au moys d'octobre dernyer mil cinq cens quatrte vingtz dix, et par monsegneur le prince de Conty, au mois de mars dernyer passé mil cinq cens quatre vingtz onze, ayans, à ceste fin, Sa Majesté, ensemble lesdicts segneurs de Nevers, Chatil­lon, et prince de Conty, amené el couduict chacun une grand armée avecque canon, lesquelles armées ont logé ès paroisses de Sainct Jouyn , le Temple, la Chapelle Lar­geau, Moulyns, la Tessoualle, Sainct Aulbin de Baubegné, Rorthais et la Petite Boisseere, comme estans les plus proches et distentes dudict Mauléon de demye lieue seule­ment.

 Lesquels gens de guerre, tant d'un party que d'aultre, ont tousjours continuellement, despuys ladicte année mil cinq cens quatre vingts sept, contrainct les habitants des­dictes paroisses leur administrer vivres, meubles et aultres choses à eux necesseres, tant pour eux que leurs chevaux, et iceux faict travailler assiduellement aux réparations et fortifications dudict chasteau, et, oultre, pillé et ravy tous les moyens qui leur restoient dix ou douze foys, lors qu'ils voyoient aprocher les armées pour les assieger, afin d'ester à leur ennemy toutes commodités de vivres et aultres choses; et, non contens de ce, lesdicts gens de guerre, tant assiegens qu'assiegés, ont desmoly et ruyné presque toutes les maysons desdictes paroisses, les uns pour se chauler, et les autres de certaine malice, dont s'est ensuivy que la pluspart des habitans desdictes paroisses sont decedés, et les aultres absentés pour mandier leur vie, les terres et heri­tages demeurés sans culture, fors quelques uns, que les gentilhommes demourans esdictes paroisses ont faict labourer et ensemencer à leur despans.

 Ce que dessus ledict déposant a dict bien scavoyr, pour avoyr tousjours residé au bourg dudict Sainct Amand, distant d'une lieue dudict Mauleon, et bien congnoistre touttes les mesteries enclavées esdictes paroisses, lesquelles il a veues par plusieures foys despuys un an, allant à ses affaires.

Et est tout ce qu'il nous a dict scavoir, sur ce par nous bien et dhuement enquis. PIERRE BESSINOT.

 

Messire René Gaudin, prebstre, demurant à Sainct Amand, aagé de vingt sept ans ou envyron, après serment par luy faict de dire et deposer vérité, et sur ce enquis, a dict avoyr bonne souvenance, que, en l'année mil cinq cens quatre vingtz sept, le roy à present regnant, lors roy de Navarre, assiegea et print par force la ville de Mauleon, laquelle, despuys, a encore estée assiégée et prinse, tant d'assault que par surprinze, cinq diverses foys, par les segneurs de Nevers, la Boullaye, Chatillon, Piedufou et prince de Conty, ayans, à cest effect, amené des armées et canons, qui ont logé ès paroisses de Sainct Jouyn, le Temple, la Chapelle Largeau, Moulyns, la Tessoualle, Sainct Aulbin de Baubigné, Rorthais et la Petite Boessiere, les plus proches et voisines de ladicte ville de Mauleon, laquelle, despuys ladicte année mil cinq cens quatre vingtz sept, a tousjours esté occupée par grand nombre de gens de guerre, tant d'un party que d'aultre, lesquels ont dis­traict les habitans desdictes paroisses de leurs labeurs, · agriculture et vaquations ordineres, pour travailler aux reparations et fortifications de ladicte ville et chasteau, et prins et exigé sur eux, oultre les tailles par chascun moys, despuys ladicte année quatre vingt sept, grand nombre de denyers, fruicts, meubles et aultres choses dont lesdicts gens de guerre avoyent besoing, lesquels, à chescune foys qu'ils aprehendoient d'estre assiegés, seroient allés par les maisons et villages desdictes paroisses prendre et ravyr entre les mayns des habitans d'icelles tout ce quil leur restoit de meubles, bestial et fruicts, pour munyr ladicte ville et incomoder leurs ennemys ; ce qui seroit advenu huict ou dix foys, mesme auroyent faict brusler grand nombre desdictes maisons et villages, pour mectre à descouvert leur dicts ennemys ; esquelles paroisses, ledict deposant nous a dict avoyr veu loger plusieurs compaignies de gens de guerre despuys six ans en çà, tellement que la continuation de telles et insurportables pertes a faict mourir d’ennuy et tristesse la plus grand part des habitans dictes paroisses, et, au regard de ceux qui restent vivons, ils sont contraincts aller mandier leur vie au loing, occasion pourquoi les terres des mesteries desdictes paroisses ne sont à present labourées ni ensemencées, fors quelques unes que les gentilbommes desdictes paroisses ont faict labourer à leurs fraicts et despans.

 Ce que dessus ledict déposant dit bien scavoyr, pour estre demurant , ainsy que dict est, à Sainct Amand, voisin desdictes paroisses d'une lieue, avoyr veu lesdictes armées et sieges, et les­dictes paroisses desertes et inhabitées.

 Et est tout ce qu'il nous a dict scavoyr, sur ce par nous bien et dhuement enquis. RENE GODIN.

 

Maistre Loys Yzembert, sergent royal, demeurant au bourg de Sainct Amand, aagé de trente ans ou envyron, après que de luy avons prins le serment en tel cas recquis et accoustumé, nous a dict, sur ce enquis, estre memo­ratif que la ville de Mauléon fut assiegée et prinse par force par le roy à presant regnant en l'année mil cinq cens quatre vingtz sept, lequel la quicta sans y laisser aulcune garnyson, et, peu après, y vint le cappitaine Mercure Albanoys, avec grand nombre de gens de guerre, sur lequel le sieur de la Boullaye reprint la dicte ville par sur­prinze, et y establist en garnyson le sieur de Villiers Char­lemaigne, avec troys ou quatre compagnées, tant de cheval que de pied, lesquels turent assiegés et prins par mon­segneur de Nevers, lequel, à ceste fin, a voit amené une grand armée et six pièces de canon, et y establit pour gou­verneur monsegneur de Lavardin, auquel il delayssa huict cens on mil houmes de guerre, qui furent peu de temps après assiegés par monsegneur de Chatillon, lequel ne print la dicte ville, qui est tousjours démurée en l'obeissanee du roy jusques au moys d'octobre dernyer qu'elle fut surprinze par le sieur du Piedufou, qui eu a esté chassé, quoyque­soit les siens, au moy de mars dernyer, que la dicte ville fut assiegée et prinze par monsegneur le prince de Conty, lequel aussi a amené une grande armée avec six canons.

 Touttes lesquelles armées, et aultres gens de guerre qui ont vagué sur ce pays de Poictou, ont logé ès paroisses de Sainct Jouyn, le Temple, la Chapelle Largeau, Moulyns, la Tessoualle, Sainct Aulbin de Baubegné, Rorthais et la Petite Boessiere, parcequ'elles sont les plus proches de la dicte ville de Mauleon.

Tous lesquels gens de guerre, qui ont, aynsi que dict est, occupé ladicte ville de Mauleon despuys ladicte année mil cinq cens quatre vingtz sept, ont contrainct; par force et viollance, les habitans desdictes paroisses d'aller travailler aux reparations de la dicte ville et chasteau par chescun jour, sans leur donner loysir de vaguer à leurs labourages, ont imposé sur eux et contrainct payer de grandes et excessives contributions de denyers, vin, bleds, chair, foing, paille, avoyne, boys, fillet et aultres choses, qui excedoient les facultés desdicts habitans , lesquels, enfin, ne pouvant plus surporter telles pertes et rnollestations, sont mors d'ennuy, à tout le moyns la plus­part d'iceux, et les aultres, qui sont restés vivans, vont mandier leur vie ; au moyen de quoy les mesteries, terres et héritages des dictes paroisses sont demurées sans habi­tans, collons et exploicteurs, infructueuses et desertes, fors quelques unes, que les gentilbommes ont faict labourer à leurs despans ; le decès desquels habitans, et ruyne de ceux qui restent advenus pour les causes susdictes, et mesmernent parcequ'ils ont estés exposés au pillage huict on dix foys par les dicts gens de guerre, afin de munyr la dicte ville de meubles et vivres, et incomoder les ennemys, lorsque les armées s'aprochoient pour assiéger la dicte ville.

 Tout ce que dessus le dict deposant dict bien scavoyr, pour avoyr veu les dictes armées et sièges, faire les dicts pillages et ruynes, d'aultant qu'il démure à une lieue près les dictes paroisses, lesquelles il a visité allant à ses affaires, et veu les maisons d'icelles touttes ruynées et desmollyes, tant par le feu que aultrement.

Et est tout ce qu'il nous a dict sca­voyr, sur ce par nous bien et dhuemant enquis. IZEMBERT.

 

François Rambault, sieur de la Doutiere, marchant, demurant en la paroisse de Sainct Amand, agé de cin­quente ans ou envyron, après serment par luy faict de dire et deposer vérité, nous a dict, sur ce enquis, que la pluspart des habitans des paroisses de Sainct Jouyn, le Temple, la Chapelle Largeau, Monlyns, la Tessoualle, Sainct Aulbin de Baubegné, Rorthais et la Petite Boessiere sont decedés, et les aultres mandians leurs vies çà et là, et que les maisons des dictes paroisses et villages sont du tout desmollyes et ruvnées, les terres d'icelles non cultivées, labourées, ny ensemencées par faulte d'hommes et bestial, fors quelques mesteries qui appartiennent aux genlil­hommes, lesquelles ils ont faict faire à leurs mayns, frais et despans.

 Lesquels decès, ruynes et desolations susdictes sont advenues d'aultant que la ville de Mauleon, de la­quelle les dictes paroisses sont proches et voisines d'une demye lieue, a esté assiégée et prinze par force et sur­prinzes, despuys l'année mil cinq cens quatre vingtz sept, six foys, scavoir, par le roy à présent regnant, par le sieur de la Boullaye, par monsegneur de Nevers, par mense­gneur de Chatillon, par le sieur du Piedufou et par mon­segneur le prince de Conty, au moys de mars dernyer, ayant Sa Majesté et chescun des dicts segneurs de Nevers, de Chatillon, et prince de Conty amené du canon et une grande armée, qui ont logé esdictes paroisses, comme aussi plusieurs compagnées de gens de guerre, qui ont vagué en ce pays de Poictou des puys six ans en çà ; lesquels gens de guerre, qui ont; despuys le dict temps, occupé la dicte ville de Mauleon, ont continuellement par chascun jour faict travailler aux réparations de la dicte ville les dicts habilans, prinz et exigés sur eux, oultre les tailles, de grandes et excessives contributions de denyers, cher, bled, vin, foing, paille, boys et aultres contributions exce­dans leurs ponvoyr et faculté, et, oultre, exposé au pillage et mercy des soldats, aynsi qu'en une ville prinze d'assault, tous les moyens qui restoient aux dicts habitans, jusques à huict on dix loys, pour munyr la dicte ville et incommo­der les ennemys des assiégés auparavant la venue des dictes armées, et le pluns souvant sur les opinyons et aprehantions d'icelles, encore qu'elles ne vinssent assieger la dicte ville.

Et est tout ce qu'il nous a dict scavoyr, sur ce par nous bien et dhuemant enquis. FRANÇOYS RAIMBAULT.

 

Du vendredy huictiesme jour de juing 1591, au lieu noble de Nouzillac.

René de Nouzillac, escuyer, sieur du dict lieu et y demurant, paroisse de Sainct Michel de Montmalcus, aagé de quarente ans ou envyron, après serment par luy faict de dire et déposer vérité, nous a dict, sur ce enquis, estre memoratif que la ville de Mauléon fut assiegée et prinze par le roy à present regnant au moys de juing mil cinq cens quatre vingtz sept, et, despuys, par le sieur de la Boullaye, au moys d'aougst mil cinq cens quatre vingtz huict, par monsegneur de Nevers, au moys de novembre ou dict an, par rnonsegneur de Chatillon, au moys d’apvril mil cinq cens quatre vingtz neuf, par le sieur du Puydufou, au moys d'octobre mil cinq cens quatre vingtz dix, et par monsegneur le prince de Conty, au moys de mars dernyer passé.

 Pour faire lesquels sièges et prinzes de la dicte ville, Sa Majesté et lesdicts segneurs de Nevers, de Chatil­lon et prince de Conty auraient amené et conduict du canon et une grand armée, lesquelles armées auroient logé ès paroisses de Sainct Jouvn, le Temple, la Chapelle Lar­geau, Moulyns, la Tessoualle, Sainct Aulbin de Baubigné, Rorthais et la Petite Boissiere, comme estans les plus proches et voisines de la dicte ville de Mauleon, laquelle ville a toujours, despuys ladicte année mil cinq cens quatre vingtz sept, esté occupée par grand nombre de gens de guerre, tant d'un party que d'aultre, lesquels ont continuel­lement faict travailler aux reparations de la dicte ville et chasteau les habitans desdictes paroisses, et contrainct leur payer de grandes contributions de denyers, farine, bleds, vin, cher, meubles, boys, foing, paille et aultres choses, oultre et par dessus les tailles; et, sur les advertis­semens ou aprehantions qu'ils avoient d'estre assiegés, ont pillé et sacagé, neuf ou dix fois, ce qui restait de meubles, fruicts et commodités ès mayns des dicts pauvres habitans, lesquels, en oultre, ont esté travaillés de payer semblables contributions à aultres garnysons, establies tant à Pousauges, la Fourest sur Soipvre, la Seguiniere, Chollet, que aultres endroicts ; en chascun desquels lieux ils ont estés detenuz prisonnyers, battus et oultragés en leurs personnes, la pluspart du temps à fautle d'avoyr payé de terme en terme les dictes contributions.

De toutes lesquelles pertes, ruynes et excès, s'est ensuyvie la mort de la pluspart des dicts habitans et l'extreme pauvreté des aultres, qui vont mandier leur vie, sans avoyr moyen de labourer et cultiver les terres desdictes paroisses, lesquelles sont à present en friche et infructueuses, fors quelques mesteries apartenans à aulcuns gentilhommes des dictes paroisses, lesquelles ils ont faict labourer et ensemencer à leurs despans.

Tout ce que dessus le dict deposant dict bien scavoyr, pour avoyr veu touttes les dictes armées, désola­tion et totale ruyne des dictes paroisses, esquelles il a passé despuys un an, mesme despuys huict jours, allant à ses affaires.

 Et est ce qu'il nous a dict scavoyr sur ce par nous bien et dhuemunt enquis. RENE NOUZILLAC.

 

Messire Honoré Gaudin, prebstre, démurant à présent au lieu noble de Nouzillac, paroisse de Sainct Michel de Montmalcus, aagé de vingt cinq ans ou envyron, après serment par luy faict de dire et déposer vérité, nous a dict, sur ce enquis, avoyr bonne souvenence, que, despuys quatre ans en ça, la ville de Mauleon a esté prinze et reprinze d'un party et d'aultres plusieurs foys, entre aultres, en l'annee mil cinq cens quatre vingtz sept par le roy à present regnant, et, despuys, par chacun an, une et deux foys, jusques au moys de mars dernyer, qu'elle fut prinze sur le sieur du Piedufou par monsegneur le prinze de Conty.

 Pour faire lesquelles prinzes et reprinzes, Sa Majesté et messegneurs de Nevers, de Chatillon, et prince de Conty auroient amené du canon et des armées, qui auroyent logé ès paroisses de Sainct Jouyn, le Temple, la Chapelle Largeau, Moulyns, la Tessoualle, Sainct Aulbin de Baubigné, Rorthais et la Petite Boissière, les plus proches de la dicte ville de Mauléon, laquelle lesdicts gens de guerre ont continuellement occupée, et prins leurs vivres, et aultres commodités à eux nécessaires, sur les dictes paroisses, d'aultant que la dicte ville, chacune foys qu'elle a esté prinze, a esté pillée, et qu'en icelle n'y avoir meu­bles ne vivres pour subvenyr aux nécessités des dicts gens de guerre, lesquels ont esté en si grand nombre, que les fruicts et esmolumens produicts par les terres et heritages des dictes paroisses durant les dictes années, despuys quatre vingtz sept jusques à presant, n'ont estés suffisans pour leur nouriture et entretenement et des pauvres habitans des dictes paroisses, d'aultant rnesmes qu'ils ont estés con­traincts travailler aux fortifications de la dicte ville, au mesme tamps et saison qu'ils debvoient vacquer à leurs labourages et agriculture, et que leurs beufs et aultres bestial, mesme fruicts et commodités, leurs ont estés ravies et spolyées des mayns neuf ou dix foys, pour munyr la dicte ville de vivres et meubles, incommoder et fatiguer les ennemys des assiegés, lorsqu'ils voyoient aprocher les armées pour les investir ; et, durant ces mesmes années, les dicts pauvres habitons ont estés contraincts payer, tant à la dicte garnyson de Mauleon, celles de Pousauges, la Forestz sur Soipvre, la Seguiniere, le Censif, et Chollet, grandes et excessives contributions de denyers, vivres et munitions, après avoyr estés detenuz prisonniers, battus et oultragés en leurs personnes, et exécutés en leurs beufs, vaches et aultres animaux la pluspart du temps.

Au moyen de quoy, les pauvres habitans des dictes paroisses seroyent presque tous decedés, et les aultres mandians leur vie çà et là, les maisons et villages desmolyes et ruynées, les terres sans agriculture el sans esperance d'estre labourées et ensemencées, à foulte qu'il n'y a homme ny bestiaux pour ce faire.

 Ce que le dict deposant dict bien scavoyr, pour avoyr veu les dictes armées, et avoyr passé esdictes paroisses pour ses affaires despuys un an plusieurs foys.

 Et est tout ce que il nous a dict bien scavoyr, sur ce par nous bien et dhuemant enquis. H. GODIN, prebtre.

 

Messire Roch Arnaud, prebstre, demurant à Treze­vens, aagé de vingt sept ans ou environ, après serment par luy faict de dire et déposer vérité, nous a dict, sur ce enquis, que la ville de Mauleon, despuys l'année mil cinq cens quatre vingtz sept, a esté prinze et reprinze d'un party et d'aultre cinq et six foys : par le roy à presant regnant, par monsegneur de Nevers, monsieur de la Boullaye, monsegneur de Chastillon, monsieur du Puydu­fou et monsegneur le prince de Conty, ayans chacun d'eux, à ceste fin, amené une armée et du canon, fors les dicts sieur de la Boullaye et Piedufou, qui ont prins la dicte ville de Mauléon pur surprinze ; touttes lesquelles armées ont logé ès paroisses de Sainct Jouyn , le Temple, la Chapelle Largeau, Moulyns, la Tessouale, Sainct Aulbin de Baubigné, Rorthais et la Petite Boissière, les plus proches de la dicte ville; auparavant l'arivée desquelles, les assiégés, par neuf ou dix foys, pillerent, ravirent et saccagèrent les meubles, fruicts et bestiaux restans aux pauvres habitans des dictes paroisses, lesquels, oultre le payement des tailles, ont estés contraincts travailler, par chascun jour, aux fortifications de la dicte ville de Mauleon, de la Forest sur Soipvre, de Pousauges, Chollet, la Seguiniere, le Censif, et, en chascun des dicts lieux, payer grandes contri­butions de denyers, vivres et fourrages, après avoyr estés détenus prisonnyers et leurs beufs exécutés, de telle fas­son que la pluspart des dicts habitans sont decedés, à cause des excès et oultrages commis en leurs personnes, et les aultres sont restés mandians leurs vies, sans avoyr moyen de labourer et ensemencer leurs terres, lesquelles, à presant, sont du tout habandonnées, et leurs maisons desmolyes et ruynées, sans pouvoyr s'y rehabituer.

 Ce que le dict déposant dit bien scavoyr, pour avoyr veu les dictes armées et passé par les dictes paroisses, allant à ses alfaires, despuys un an et demy en ça, mesme despuys huict jours.

Et est tout ce qu'il nous a dict scavoyr, sur ce par nous bien et dhuemnnt enquis. ROCH ARNAUD.

 

Maistre Jehan Sourisseau, nottaire en cour laye, demu­rant à presant au lieu et maison noble de Nouzillac, paroisse de Sainct Michel de Montmalcus, aagé de quarante cinq ans ou envyron, après serment par luy faict de dire et deposer vérité, nous a dict, sur ce enquis, que, despuys quatre ans en ça, la ville de Mauleon et pays circonvoisin ont estés grandemant affligés de la guerre qui à presant a cours, tant par les armées qui sont venues pour prendre la dicte ville, que par les compagnées qui ont passés an dict pays, dont seroit advenu que les paroisses proches du dict Mauleon, entre aultres celles de Sainct Jouyn, le Tem­ple, la Chapelle Largeau, Moulyns, la Tessoualle, Sainct Aulbin de Baubigné, Rorthais, et la Petite Boissière sont demurées désertes, sans habitans et agriculture, estans la pluspart des dicts habitans decedés, au moyen des empri­sonnemens de leurs personnes, excès et oultrages, pillages et ravissemens de tous leurs biens et commodittés, et les aultres mandyans leurs vies miserablemant, sans avoyr moyen de se pouvoyr rehabituer, d'aultant que leurs maisons et villages sont du tout desmolies et ruynées par la violance de la dicte guerre.

Ce qu'il dict bien scavoyr, pour avoir veu quatre sieges devant la dicte ville, l'un faict par le roy à present regnant, le second par monse­gneur de Nevers, le tiers par monsegneir de Chastillon , et le quatriesme par monsegner le prince de Conty, par chascun an, despuys l'année mil cinq cens quatre vingtz sept, et aussi pour avoyr veu prendre et ravyr tous les fruicts, bestiaux et aultres commodittés des pauvres habitans des dictes paroisses, à la venue de chascune des dictes armées, afin de les incommoder, et munyr la dicte ville, et aussi pour les avoyr veu grever d'une infinittés d'impositions et contributions extraordinaires, mises sus par les dicts gens de guerre, pour leur nourriture et entretenement ; pour le payemant desquelles contributions, les dicts pauvres habitans ont estés inhumenement oultragés en leurs per­sonnes, et détenus captifs et prisonnyers, tant au dict Mauleon, que aultres lieux où y avoyt garnysons establies d'un party et d'aultre.

 Et est tout ce qu'il nous a dict bien scavoyr, sur ce par nous bien et dhuemant enquis. J. SOURICEAU.

 

Maistre Guillaume Rapin, sieur de la Bretresche, not­taire en court laye, démurant en la ville de Chasteaumeur, aagé de trente ans ou envyron, après serment par luy faict de dire et déposer vérité, nous a dict, sur ce enquis,  avoyr souvenence que la ville de Mauleon a esté assiégée et prinze par force despuys quatre ans quatre foys, et surprinze deux foys, tant d'un party que daultre ; au moyen de quoy, les paroisses les plus proches et voisines de la dicte ville sont du tout ruynées, entre aultres Sainct Jouyn, le Temple, la Chapelle Largeau, Moulyns, la Tessoualle, Sainct Aulbin, de Baubigné, Rorthais et la Petite Boissiere, parce que les armées qui ont assiegé, prins et reprins la dicte ville ont logé en icelle, et les assiegés mis sus de grandes et excessives contributions oultre les tailles, et exposé au pillage neuf ou dix foys tous les meubles, fruicts et commodittés des dictes paroisses, aynsi que l'on a acoustumé à une ville prinze d'assault, et, oultre, ont con­tribué à la nouriture et entretenement de plusieurs aultres garnisons de contraire party, establies à Pousauges, la Fourest sur Soipvre, Chollet, la Seguiniere, l'Herbergement, Vermette et le Censif, le tout continuellement despuys l'année mil cinq cens quatre vingtz sept jusques à presant ; pour le payemant desquelles contributions, les dicts pauvres habitans ont estés emprisonnés, et inhumenement excedés et oultragés en leurs personnes, et exccutés en leurs biens meubles, beufs et aultres animaux, occasion pourquoy la pluspart des dicts habitans sont decedés, et les aultres mandians miserablernent leurs vies çà et là, n'ayans moyen de faire le labourage de leurs terres, les­quelles à presant sont inutiles et couvertes de herbe à faulte de labourage et semence, fors quelques mesteries apartenant à aulcuns gentilhommes, lesquelles ils ont faict labourer et ensemencer à leurs fraicts et despans, tout ce que dessus le dict déposant a dict bien scavoyr, pour estre allé retirer plusieurs prisonnyers des dictes prisons, moyennant le payement actuel qu'il a faict aux dicts gens de guerre des dictes contributions, pour avoyr veu les dictes armées devant la dicte ville, et visité les dictes paroisses despuys dix huict moys en çà plusieures foys, et mesme despuys cinq jours en çà.

Et est tout ce qu'il nous dict scavoyr, sur ce par nous bien et dhuemant enquis. G. RAPIN, BAUDRY, NOYRAUD.

 

 

 

 

Paysages et monuments du Poitou / photographiés par Jules Robuchon .... [Tome VIII], [Deux-Sèvres]

Mémoires de la Ligue. Tome 2

 

Les Guerres de Religions en dates <==.... .... ==> CAMPAGNE DU DUC DE NEVERS EN BAS-POITOU 1588, reddition de Montaigu et Mauléon.

 


 

les sièges de Ré et La Rochelle, digue de Richelieu
De 1625 à 1627, des troupes françaises résistèrent dans la citadelle de Saint-Martin aux assauts des Anglais débarqués sur l'île de Ré pour venir en aide aux protestants retranchés dans La Rochelle. En 1628, Louis XIII fit venir de Lorraine Jacques Callot pour faire connaître ces faits d'armes par la gravure.

 

(1) Arch. hist. du Poitou, t. XX, p. 361.

(2) Philippe de Châteaubriand, seigneur des Roches-Baritaud.

(3) Jean Babou, Comte de Sagonne,

(4) Jean de Beaumauoir, sieur de Lavardin

(5) Les lettres patentes officielles sont datées du 18 octobre 1588 et conservées en copie dans les vol. 3316 (f. 7), 3366 (f. 97) et 3409 (f. 58) du fonds français. Partie de la correspondance de ce seigneur pendant cette campagne est conservée dans les volumes 3407, 3409, 3629 et 4405 du même fonds.

(6). Thouars (Deux-Sèvres), seigneurie, plus tard duché, appartenant à la maison de La Trémoille.

(7). Le duc de Nevers fit la revue de ses troupes le 6 novembre 1588 et marcha sur Mauléon (De Thou, liv. XCIII).

(8). Les pièces de comptabilité de l'armée confiée au duc de Nevers, dressées en partie par Scipion Sardini, Germain le Charron, Jehan du Tremblay et autres trésoriers, d'août à novembre 1588, sont en partie conservées dans les volumes 3363, 4555, 4556 et 4558 du fonds français.

(9). L'état des compagnies de gens d'armes mises par le roi sous le commandement du duc de Nevers et envoyées en Poitou, daté de Chartres, d'août 1588, et signé par le roi, est conservé dans le vol. 4558 du fonds français, f. 153.

(10). L'édition de 1620 porte mille pas.

(11). Joachim du Bouchet, seigneur de Villiers-Charlemagne, gentilhomme poitevin.

(12). Les pièces relatives à la formation, à l'équipement, aux fournitures de l'artillerie de l'armée du Poitou sont conservées en partie dans le vol. 4558 du fonds français.

(13)   Pierre de Miraulmont, né en 1552, grand prévôt de France sous Henri IV, plus tard gouverneur de Nogent, mort le 8 juin 1612. A cette date, il est qualifié, dans une instruction du roi, de maréchal général des armées (Instruction du 20 décembre 1588; f. fr., vol. 3339, f. 93).

(14) Charles II de Vivonne, baron de la Chasteigneraye, neveu de Brantôme.

(15)  Arch.hist. du Poitou, t. XX, p. 413.

(16) Eusèbe Ier  du Puy du Fou seigneur de la Sévrie (fils de François)

Il adhère de bonne heure à la ligue Catholique et le Duc de Mercoeur lui confie les fonctions de Lieutenant-Général pour la ligue du Poitou, puis le gouvernement de la ville et du château de La Garnache, en Vendée.

Eusèbe Ier, du Puy du Fou, seigneur de la Sévrie, épousa Catherine Prévost, dame de La Mortayère.

Le 3 octobre 1569, on le trouve à Moncontour sous les ordres du Duc d’Anjou.

A la fin des guerres de Religion, les Puy du Fou étant ligueurs, le Capitaine Baudouin, tenant le château de Vezins et agissant sous les ordres du Roi huguenot Henri IV, s’empare de la Sévrie et la pille le 31 janvier 1596,  le château de la Sévrie fut brûlé.

Il mourut en 1610 et fut enterré dans l’église des Cerqueux.