1258 - 1259 - Le Traité de Paris entre Louis IX et Henri III Plantagenet

S. Louis s'estant rendu à Chartres, pour y recevoir le roi d'Angleterre, ils s'en allèrent Paris, après avoir fait leurs dévotions le Chapitre s'estoit plaint au roi des rigueurs que leurs tenoient les habitans de Chartres et les officiers du Comte, qui empeschoient la liberté .et closture de leur cloistre, et de ce qu'ils avuient fait mectre des contre-portes à celles, que le chapitre avoit fait faire.

Le roi, sans avoir égard aux allégations et deffenses proposées par lesdits habitans et officiers, ordonna au .mois d'avril de l'an 1258, que ledit cloistre seroit fermé, et pour en arrester la manière, il envoia à Chartres, Guillaume de Centignonville chevalier, et M Simon de Sepère, chanoine de Noyon. Le Chapitre, pendant ce, se retira à Estampes, par la permission du concile qui se tenoit à Sens, le mardi d'après la saint Luc 1257, à cause des grandes incommodités, qu'il avoit receues à Mantes et demeura audit Estampes, jusques à ce que tous les différeus qui estoient entre le Comte et eux, eussent esté terminés.

1258 - 1259 - Le Traité de Paris entre Louis IX et Henri III Plantagenet

Le roi de France tenait alors son Parlement à Paris, session de la Saint-Martin d'hiver) (2); saint Louis, sans doute, avait mis ses barons au courant du traité qui allait être bientôt solennellement proclamé (3).

Henri III marcha lentement vers Paris. Ce fut le 24 novembre seulement que saint Louis se porta à sa rencontre jusqu'à Saint-Denis, où il le reçut le 25, au milieu d'une nombreuse assistance.

 Le lendemain (26 novembre) Henri III fut également reçu avec honneur par les bourgeois de Paris, et il assista à la messe à Notre-Dame (4).

Saint Louis logea le roi d'Angleterre dans son propre palais, et pendant plusieurs jours, lui offrit de splendides festins avec plats et vins choisis, et le combla de magnifiques présents.

Ensuite Henri III quitta Paris, pour aller visiter l'abbaye de Saint-Denis. Reçu par les religieux avec de grands honneurs, il y resta plus d'un mois, pendant lequel il eut avec saint Louis plusieurs entrevues (5).

Une seule difficulté mettait encore obstacle à la ratification solennelle du traité (6), il manquait à Henri III la renonciation de Simon de Montfort et d'Aliénor.

Ceux-ci se refusaient à accomplir cette formalité tant que le roi n'aurait pas exécuté les conventions stipulées comme prix de cette ratification, moins qu'il ne préférât se résoudre au règlement définitif de la question du douaire d'Aliénor (7).

En présence de ces exigences et pour en finir avec le roi de France, Henri III dut donner une garantie à son beau-frère pour obtenir sa renonciation. Il consentit à laisser entre les mains du roi de France une somme de 15,000 marcs de sterlingue » imputable sur ce que le dit roi devait lui payer conformément au traité de Paris cette somme resterait en gage entre les mains de saint Louis jusqu'au complet règlement des contestations pendantes entre Henri III d'une part, et le comte et la comtesse de Leicester d'autre part (8).

C'est alors seulement que Simon de Montfort et sa femme consentirent à ratifier le traité passé entre Louis IX et Henri III.

 La lettre de ratification est datée du 4 décembre et scellée des sceaux de Simon de Montfort et d'Aliénor.

La comtesse renonçait à tout ce qu'elle pouvait revendiquer en Normandie, en Anjou, dans le Maine, en Touraine et en Poitou Simon de Montfort donnait son consentement à cette renonciation et jurait la paix en son propre nom (9)

Le 4 décembre (jeudi après la fête de saint André), le jour même de cette ratification du traité par le comte et la comtesse de Leicester, Henri III fit hommage-lige à saint Louis et prêta le serment de fidélité.

La cérémonie eut lieu à Paris dans le jardin du palais du roi, en présence du peuple et d'un grand nombre de prélats et de barons, tant d'Angleterre que de France.

L'archevêque de Tarentaise et Eudes Rigaud, archevêque de Rouen, qui avaient assisté à la conclusion du traité, les évêques de Lincoln et de Norwich, l'élu de Londres, Pierre de Montfort, Simon de Montfort, comte de Leicester, le comte de Gloucester et d'Aumale, Pierre de Savoie, Jean de Bailleul et Jean Mansel sont mentionnés expressément comme ayant assisté à cette cérémonie.

La prestation de l'hommage-lige fut précédée de la lecture solennelle du traité par Eudes Rigaud. (10).

Le séjour de Henri III en France ne fut pas seulement marqué par la signature du traité de 1259, il eut encore pour résultat la conclusion du mariage de sa fille, Béatrix, avec Jean, fils aîné du duc de Bretagne.

Cette alliance avait, aux yeux du roi d'Angleterre, quelque importance politique.

Les ducs de Bretagne élevaient en effet des prétentions sur le comté de Richmond en Angleterre, qu'ils avaient maintes fois réclamé à Henri III. (11)

 Ce mariage devait aider à résoudre cette question.

Au mois d'octobre 1259, Henri III avait, avant de venir en France, admis en principe le mariage, mais en ce qui concernait le comté de Richmond que le duc de Bretagne revendiquait, le roi avait répondu que Pierre de Savoie en était détenteur, et qu'il ne pouvait en disposer sans le consentement de son vassal.

L'affaire s'arrangea à Paris, Henri III promit de donner à Jean, fils du duc de Bretagne, sinon le comté de Richmond, au moins un équivalent pris parmi les terres qu'il allait recevoir du roi de France (12).

 Le mariage ayant été définitivement conclu, on stipula que, tant que Henri III n'aurait pas donné le comté de Richmond au fils du duc de Bretagne, le roi de France (qui y consentait) le recevrait à l'hommage pour la terre de l'Agenais (ou « l'équivalent d'icelle »), qui d'après le traité de Paris, devait être rendue au roi d'Angleterre (13).

Peu de temps après, du reste, saint Louis accepta de recevoir l'hommage de Henri III pour la dite terre, ce qui au fond était l'unique désir du roi d'Angleterre (14).

Le mariage, sur les instances du roi de France et de la reine, devait avoir lieu à Compiègne, au milieu du mois de janvier; mais par suite de la mort du fils aîné du roi de France, Louis, le mariage fut ajourné et célébré seulement un peu plus tard (22 janvier) (15).

Henri III resta encore longtemps en France: ce fut seulement le 23 avril qu'il rentra dans son royaume

 

 

 

 

Voici, du reste, le texte de quelques-uns de ces articles que nous relevons dans l'ouvrage de Thomas Rymer (Fœdera, Acta Publica, etc., tome I, Londres 1714):

 « Louis, par la grâce de Deu, Rois de France .... avec nostre chier cusin, le noble Henri roi de Angleterre, avons pais faicte .... c'est à savoir:

 

Que nos donons au devandit roi de Angleterre, e à ses heirs, e à ses successors, toute la droiture, que nos aviens, e teniens en tes trois Evesches, e es'cites. c'est à dire de Limoges, de Cahors, e de Perragort, en liez, e en demaines; sauf l'omage de noz frères, s'il aucune chose i tienent, dont il soient nostre home; e sauves les choses que nos ne poons mettre hors de nostre maine par lettres de nos, ou de nos ancessors; ....

Et encore, donons au devant dit roi d'Engleterre la value de la terre d'Agenois en deniers, chascun an, selonc ce qu'ele sera prisée à droite value de terre par prodes homes nomez d'une parte e d'autre; e sera la paie faite au Temple à Paris, chacun an, .... Et, s'il evenoit que cele terre eschaist de la contesse Johane de Poitiers a noz ou a noz heires, nos ou nostre heir, seriens tenu de rendre la au roy d'Angleterre ou a ses heires; e rendre la terre, seriens quite de la ferme;  . ....

Derechief il sera enquis de bonne foi e de plome, a la requeste le roi d'Engleterre, par prodes homes a ce eslus d'une part et d'autres, se la terre, que li cuens de Poitiers tient en Caorsin, de par sa fame, fu de l'Roi d'Angleterre donee, ou baillee, aveque la terre d'Agenois, par mariage ou par gagiere, ou toute ou partie a la suere qui fu mère le conte Remon de Tholos darreinement mort; E, s'il estoit trove que il eust ensi este, e cele terre eschroit a nos, ou a nos heires, del'deces la contesse de Poitiers, nos la donriens au roi d'Angleterre, ou a ses heires; ....

Derechief, après le deces la contesse de Poitiers, nos, ou nostre heir roi de France, donrons au roi d'Angleterre ou a ses heires, la terre, que le cuens de Poitiers tient ores en Xancton outre la rivière de Charente, en fiez e en demaines, qui soient outre la Charente, se ele ne nos eschaoit, nos purchaceriens en bone manere, par eschange, ou autrement, que li roi d'Angleterre, e si heir l'auront; .... E de ce, que nos au roi d'Angleterre et a ses heirs avonz donc en fiez e en demaines, li rois d'Angleterre, e si heir feront homage lige a nos, e a nos heirs rois de France; e ausi de Bordiaus, e de Baone, e de Gascoigne, e de tote la terre que il tient deca la mer d'Angleterre en liez, e en demaines, e des Isles (s'aucune en ja) que li rois d'Angleterre sieigne, qui soient de l'Roialme de France; e ternira de nos come Pers de France, e dux de Acquitaigne; ....

Et, par ceste pais faisant, a quite e quitie de tot en tot, li rois d'Englelerre, e si dui fils, a nos e a nos heirs, e a nos freres, e a lor successours, por soi, e por ses heires, e por ses successours, se ils roys d'Angleterre ou ses ancessors aucune droiture ont, ou orent onges en chose que nos teignens, ou teignissens onqes, ou nostre ancessor, ou nostre frère, c'est a savoir en la Duchie, e en tote la terre de Normandie: en la Conte e en tote la terre d'Anjou, de Toraine, e de l'Maine; e en la Conte e en tote la terre de Poitiers; ou aillors en aucune partie de l'Roiaume de France, ou des Isles (se aucunes ou tenoms nos, ou nostre frere, ou autres de par nos, ou de par els) et toz arrérages.

. ....

E, por ce que ceste pais firmement. . .... soit tenue a toz jours, li rois d'Angleterre a fait jurer, en s'ame, par ses procurours especials a ce establiz ....; e de ce donra seurte li rois d'Angleterre des chevaliers des terres devant dites (meisme que nos li avons donees) e des Villes, selonc ce que nos l'en requirrons.

E la forme de la seurte, des homes e des villes, por le roy d'Angleterre, si sera tele; ilz jurront qu'il ne donront ne conseil, ne force ne aide, par quoi li roi d'Angleterre, ne si heir venissent encontre la pais; . .... e sera renovelee ceste seurte, de dis ans a dis ans, a nostre request, ou de noz heirs rois de France »

 

 

 

Celui du roi d'Angleterre : La pais du roy de France et du roy d'Engleterre (16)

Le roy Henri d'Engleterre vint en France l'an de gràce mil CC LIX (17), et vint avoec lui le conte Rogier de Glocestre a grant compaignie de barons, de prelaz et de chevaliers.

Le roy le reçut moult liéement et volt qu'il demourast en son palais à Paris.

Grant feste et grant solaz Ii fu fete toute une semaine entière, et donna le roy granz dons au roy Henri et à ses barons.

Quant la teste fu departie, le roy Henri ala visiter Saint Denis où il avoit sa devocion..

 L'abbé et le couvent le reçurent moult honorablement, et furent tuit li moine revestuz en chapes de cuer. Iluec demoura le roy i mois et plus.

Au départir, il donna une coupe d'or et i grant hanap d'argent; et le jour qu'il s'en parti, il donna sa fille à Jehan (18) fiuz au duc de Bretaigne (19) et s'en revint devers le roy de France.

Lors pour tous les descors, debaz, discencions, demandes et actions qui estoient et avoient esté entre les II roys de France et d'Angleterre, fu ordené et délibéré par leur gré et volenté en la forme et maniere qui s'ensuit.

Ci après est la teneur de la chartre comment le roy Henry d'Angleterre renonça à toute la duchiée de Normandie (20).

A tous ceuls qui ces lettres verront ou orront, Nous, Boneface (21), arcevesque de Cantorbire, primaz de toute Angleterre; Wals (22), evesque de Wirecestre; Symon de Montfort, conte de Leicestre; Richart de Clare, comte de Glocestre et de Herefort; Rogier le Bigot, conte de Norfolcher (23) et mareschal de Angleterre; Humfroy de Bomi (24), comte de Herefort et de Essex. Guillaume de Forz, comte de Albemalle (25); Jehan de Plessiz (26), comte de Warewik; Hugue le Bigot, justice d'Angleterre; Pierres de Savoie; Rogier de Mortemer; Jehan Mansel, tresorier de Evervik (27); Phelippe Basset; Richart de Grey; James de Aldichel (28) et Pierres de Monfort, conseilliers nostre seigneur le roy d'Angleterre, saluz en Nostre Seigneur.

 Nous faisons assavoir que nous avons veue et entendue la forme de la paix qui est faite et jurée entre le noble roy de France Loys et le noble roy Henry de Angleterre, nostre seigneur, en telz paroles.

Henris, par la gràce de Dieu roys de Angleterre, sires d'Illande et dux de Aquitaine; nous faisons assavoir à touz ceuls qui sont et qui avenir sont, que nous, par la volenté de Dieu, avec nostre chier cousin, le noble roy Loys de France, avons paix faite et affermée en ceste maniere : C'est assavoir que il donne à nous et à noz hoirs et à noz successeurs toute la droiture que il avoit et tenoit en ces trois eveschiez et es citez; c'est à dire de Lymoges, de Caours, de Pierregort, en fiez et en demaines, sauf l'ommage de ses freres, se il, aucune chose y tiennent dont il soient si homme, et sauves les choses que il ne puet mettre hors de sa main par lettres de lui ou de ses ancesseurs; lesquelles choses il doit pourchacier en bonne foy vers ceuls qui ces choses tiennent, que nous les aions dedenz la Toussains en un an; ou faire nous eschange convenable à l'esgart de preudeshommes qui soient nommez d'une part et d'autre le plus convenable au proffit des deux parties.

Et encores le devant dit roy de France nous donra la value de la terre de Agenois en deniers chascun an, selon qu'elle sera prisée à droite value de terre, de preudeshommes nommez d'une partie et d'autre.

Et sera faite la paie à Paris, au Temple, chascun an à la quinzaine de l'Ascencion la moitié, et à la quinzaine de la Toussains l'autre.

Et s'il avenoit que celle terre eschaist de la contesse Jehanne de Poitiers (29) au roy de France ou à ses hoirs, il seroit tenus, ou ses hoirs de rendre la nous ou à noz hoirs, et rendue la terre il seroit quitte de la ferme.

Et se elle venoit à autres que au roy de France ou à ses hoirs, il nous donroit le fié de Agenois avec la ferme devant dite.

 Et s'elle venoit en demaine à nous, le roy de France ne seroit pas tenuz de rendre celle ferme.

Et se il estoit esgardé (30) par la court le roy de France que pour la terre de Agenois avoir, deussions mettre ou rendre aucuns deniers par raison de gagiere, li roys de France rendroit ces deniers, ou nous tendrions et aurions la ferme tant que nous eussions eu ce que nous aurions mis pour celle gagiere.

Derechief, il sera enquis en bonne foy et de plain, à nostre requeste, par preudeshommes d'une part et d'autre à ce esleuz, se la terre que li contes de Poitiers tient en Caorsin de par sa femme, fu du roy d'Angleterre donnée ou bailliée avec la terre de Agenois par mariage ou par gagiere, ou toute ou partie à sa suer (31) qui fu mere le conte Raymon de Thoulouse derrenierement mort.

Et s'il estoit trouvé qu'il eust ainsi esté, et celle terre si eschaioit ou à ses hoirs du decez la contesse de Poitiers, il la donroit à nous ou à noz hoirs.

Et se elle eschaioit à autre, et il ert trouvé par celle enqueste toutesvoies que elle eust ainsi esté donnée ou bailliée, si comme il est dit dessus, après le decez de la contesse de Poitiers, il donroit le fié à nous et à noz hoirs, sauf l'ommage de ses freres, se il aucune chose y tenoient tant comme il vivroient.

Derechief, après le decès le conte de Poitiers, Ii roys de France ou ses hoirs roys de France, donra à nous et à noz hoirs la terre que Ii contes de Poitiers tient ores en Xantonge, oultre la riviere de Charente, en fiez et en demaines qui soient oultre la Charente, s'elle li eschaioit ou à ses hoirs.

Et se elle ne Ii eschaioit, il pourchaceroit en bonne maniéré par eschange ou autrement, que nous ou noz hoirs l'aions, ou il nous feroit avenable eschange à l'esgart des preudeshommes qui seront nommez d'une part et d'autre.

Et de ce que il donra à nous et à noz hoirs en fiez et en demaines, nous et nos hoirs li ferons hommage lige et à ses hoirs roys de France, et aussi de Bordiaux, de Baionne et de Gascoingne, et de toute la terre que nous tenons delà la mer d'Angleterre en fiez et en demaines, et des isles, s'aucunes en y a que nous tiengnons qui soient du royaume de France, et tendrons de lui comme per de France et dux de Aquitaine.

Et de toutes ces choses devant dites, li ferons nous servises avenables jusques atant que il fust trouvé quiex servises les choses devroient, et lors nous serions tenuz de faire les telz comme il seroient trouvez.

De l'ommage de la conté de Bigorre, de Armeignac et de Foiensac, soit ce que droit en sera.

Et Ii roys de France nous claime quicte, se nous ou nostre ancesseur li feismes onques tort de tenir son fyé sanz li faire hommage et sanz li rendre son servise et tous arrerages.

Derechief, li roys de France nous donra ce que cinq cenz chevaliers devroient couster raisonnablement à tenir deux ans, à l'esgart de preudeshommes qui seront nommez d'une part et d'autre; et ces deniers sera tenuz à paier à Paris au Temple, à six paies, par deux ans.

 C'est assavoir : à la quinzaine de la Chandeleur qui vient prochainement, la premiere paie; c'est à dire, la sizieme partie.

Et à la quinzaine de l'Ascension ensivant, l'autre partie.

Et à la quinzaine de la Toussains, l'autre. Et ainsi des autres paies en l'an ensuyvant.

Et de ce, donra li roys de France, le Temple ou l'Ospital, ou ambedeux ensemble, en plege.

Et nous ne devons ces deniers despendre fors que ou servise Dieu et de l'Eglise, ou au proffit du royaume d'Angleterre.

 Et se, par la veue des preudeshommes de la terre esleus par le roy d'Angleterre et par les haulz hommes de la terre, et par ceste paix faisant, avons quicté et quictons du tout en tout, nous et nostre dui fil au roy de France et à ses ancesseurs et à ses hoirs et à ses successeurs et à ses freres et à leurs hoirs et à leurs successeurs, pour nous et pour noz hoirs et pour noz successeurs, se nous ou nostre ancesseur aucune droiture avons ou eusmes onques en choses que li roys de France tiengne ou tenist onques ou si ancesseur ou si frere : c'est assavoir, en la duchée et en toute la terre de Normandie, en la conté et en toute la terre d'Anjou, de Touraine et du Maine, et en la conté et en toute la terre de Poitiers ou aillieurs en aucune partie du royaume de France ou es isles, se aucunes en tient li roys de France ou si frere, ou autres de par euls et tous arrérages.

Et aussi avons quitté et quittons nous, et nostre duy fil, à tous ceulz qui de par le roy de France ou de par ses ancesseurs ou de ses freres tiennent aucune chose par don, ou par eschange, ou par vente, ou par achat, ou par ascensement ou en autre semblable maniere en la duchée et en toute la terre de Normandie, en la conté et en toute la terre d'Anjou, de Touraine et du Maine, et en la conté et en toute la terre de Poitiers ou aillieurs, en aucune partie du royaume de France ou es isles dessus dites, sauf à nous et à noz hoirs nostre droiture es terres dont nous devons faire hommage lige au roy de France par ceste paix, si comme il est dessus devisé, et sauf ce que nous puissions demander nostre droiture, se nous la cuidons avoir en Agenoiz et avoir là se la court le roy de France le juge, et aussi de Caoursin.

Et avons pardonné et quicté Ii uns à l'autre et pardonnons et quictons tous maltalenz de contanz et de guerres, et touz arrerages, et toutes issues qui ont esté eues ou qui porent estre eues en toutes les choses devant dites, et touz domages, et toutes mises qui ont esté fait ou faites de çà ou de là en guerres ou en autres maniérés.

Et pour ce que ceste paix, fermement et establement, sanz nulle enfraingnance, soit tenue a tousjours, li roys de France a fait jurer en s'àme par ses procureurs especiaulx à ce establiz, et si dui fil ont juré ces choses à tenir tant comme à chascun appartendra ; et à ce tenir ont obligié eulz et leurs hoirs par leurs lettres pendanz.

Et nous, de ces choses tenir, sommes tenuz de donner seurté au roy de France des chevaliers, des terres devant dites meismes que il nous donne et des villes selon ce que il nous requerra.

Et la forme de la seurté des hommes et des villes, pour nous sera tele. Ilz jureront qu'ilz ne donront ne conseil, ne force, ne ayde pour quoy nous ne nostre hoir venission encontre la paix.

Et s'il avenoit, que Dieu ne vueille ! que nous ou nostre hoir venissions encontre, et ne le vousission amender puis que li roys de France ou si hoir roy de France nous en auront fait requerre; cil qui la seurté auroient faite, dedenz les trois mois que il les en auroient fait requerre, seroient tenuz de estre aidanz au roy de France et à ses hoirs contre nous et noz hoirs, jusques atant que ceste chose fust amendée souffisamment à l'esgart de la court le roy de France.

 Et sera renouvelée ceste seurté de dix ans en dix ans à la requeste du roy de France ou de ses hoirs roys de France.

Et nous, ceste paix et ceste composicion entre nous et le devant dit roy de France affermée, à toutes les devant dites choses, et chascune, si comme elles sont dessus contenues, promettons en bonne foy pour nous et pour noz hoirs et pour noz successeurs, au devant dit roy de France et à ses hoirs et à ses successeurs loi alment et fermement à garder, et que nous encontre ne vendrons par nous ne par autre, en nulle maniéré ; et que riens n'avons fait ne ne ferons par quoy les devant dites choses, toutes ou aucune, en tout ou en partie aient mains de fermeté.

Et pour ce que ceste paix, fermement et establement, sanz nulle enfraingnance, soit tenue à tousjours, nous, à ce obligons nous et nos hoirs, et avons fait jurer en nostre àme par noz procureurs, en nostre présence, ceste paix si comme elle est dessus devisée et escripte, à tenir en bonne foy tant comme à nous appartendra, et que nous ne vendrons encontre ne par nous ne par autre.

Et en tesmoignage de toutes ces choses, nous avons fait au roy de France ces lettres pendanz seellées de nostre seel.

Et ceste paix et toutes les choses qui sont dessus contenues, par nostre commandement especial, ont juré Edduvard (32) et Eadmont (33) nostre fil, en nostre presence, à garder et à tenir fermement, et que ilz encontre ne vendront par eulz ne par autre.

Ce fu donné à Londres le lundy prochain devant la feste saint Luc l'evangeliste (34), l'an de l'incarnaciori Nostre Seigneur mil cc cinquante et nuevisme, el mois de octouvre.

Et nous, ceste paix et ceste composicion, si come elle est contenue par dessus, voulons et octroions et loons et conseillons, et en la presence au devant dit nostre seigneur le roy, et par son commandement especial, nous arcevesque et evesque, avons promis en parolles de prouvoires.

Et nous, contes et barons, avons juré sur saintes euvangiles que nous yceste paix, si comme elle est dessus contenue, et toutes les choses et chascune par soy qui sont en celle paix contenues, tant comme à nous appartient, fermement et establement tendrons et garderons, et que à bonne foy travaillerons et pourchacerons que nostre sires li roys d'Angleterre et si hoir, et toutes les choses et chascune par soy qui sont contenues en ceste paix, lealment acompliront et garderont fermement.

 Et cest sairement avons fait en la presence des messages le noble roy de France envoiez à ce de par lui et recevanz de par lui.

Et en tesmoing de ceste chose, nous avons mis noz seaulx en cestes présentes lettres.

Ce fu donné ou lieu et ou jour et en l'an devant diz.

Item, en celi temps, mourut l'ainsné filz du roy de France, avant ce que le dessus dit roy Henry d'Angleterre se partisist de France, ne que la chartre dessus escripte feust donnée. (35)

 Et trespassa à Paris, et après fu porté à Saint Denys en France, et fist l'en là le servise des mors devotement.

Et après le service, ledit roy Henry d'Angleterre et les plus nobles qui là furent, pristrent le corps et le portèrent parmy la ville de Saint Denys et plus avant, bien près de demie luye, et le soustenoient à leurs espaules.

Et pour ce que si noble prince ne fust trop lasse, autres gens le pristrent et le portèrent jusques en l'abbaye de Reaumont, et le dit roy Henry et pluseurs autres nobles li firent compaignie.

Et puis au retour de Reaumont, le roy Henry prist congié du noble roy de France et retourna en Angleterre.

(36) Item, en ce temps meismes, pape Alexandre Quint (37) de la nation de Champaigne prist le siege et y sist sept ans. Le siege fu vaquant m mois et mi jours.

(38) Item, ou temps de celui pape, Mainfroy filz bastart de Fedrich emperiere, portant soy comme hoir de Conradin (39) neveu de Fedrich dessus dit, lequel Conradin estoit faussement tenu pour mort, fu premièrement escommenié pour ce que ou prejudice de l'Eglise, il avoit pris et mis la coronne du royaume de Sezile (40) en sa dominacion et puissance sans juste cause et à tort, et puis après fu envoiez a grant ost contre lui ; mais il ne proffita en rien et s'en retourna.

Ou temps de ce pape, les princes d'Alemaigne électeurs de l'emperiere, se deviserent en II parties. Les uns eslurent à emperiere Alphons roy de Castelle (41) et les autres Richart conte de Cornubie (42) , frere du roy d'Angleterre; pour quoy il ot descort qui puis dura pluseurs ans.

(43) Ycelui pape, qui nommés estoit Alexandre, reprouva et dampna II faux livres, desquiex l'un disoit que tous religieux qui preschoient la parole Dieu ne povoient estre sauvez en vivant d'aumosnes ; et enseignoit pluseurs autres erreurs contre l'estat de povreté.

Et fu aucteur de celui livre un clerc nommé maistre Guillaume de Saint Amor qui fu condempné ensemble avec son œuvre et sa fausse doctrine (44).

Li autres livres affermoit, entre les autres erreurs qui y estoient contenues, que l'euvangile de Jhesu Crist et la doctrine du nouvel testament ne parmena onques homme à perfeccion, et que elle devoit estre mise au néent et condempnée après mil CCLX ans, et en l'an mil CC LX, devoit commencier la doctrine de Jehan, lequel livre l'aucteur appella l'euvangile pardurable en attribuant à ce livre toute la perfeccion de ceulz qui sont à sauver.

Item, il estoit dit en celui livre que les sacremens de la nouvelle loy devoient en yceli an mil CC LX estre évacués et anullez.

Lesquelles erreurs, toute l'experience du temps et l'auctorité du pape condempna et anoient y Il est affermé que l'aucteur de ce livre nommé l'Euvangile pardurable (45) fu un qui avoit nom Jehan de Parme, Jacobin. Et fu ce livre publiquement ars (46).

Item, en celui temps, le vi" jour du mois de septembre (47), fu quis et trouvé le corps de monseigneur saint Saturni, martir, qui fu premier evesque de Thoulouse, et fu trouvé en son moustier à Thoulouse, ouquel moustier, par la grâce et volenté de Dieu, il fait et a fait ou temps passé pluseurs et merveilleus miracles dignes de grant loenge.

Item, en celui temps commença grant turbacion de l'Université de Paris contre les povres religieus estudians en theologie, par l'entichement du devant dit Guillaume de Saint Amor.

Mais après, la turbacion cessa par le pape, et l'aucteur Guillaume fu banis du royaume de France (48)

(49) Item, en celui temps, le roy de Hongrie, pour certaines terres, assailli en bataille le roy de Boesme, et avoit en son ost de diverses nacions orientales de païens environ xi mile hommes de cheval, auquel le roy de Boesme vint encontre a cent mile hommes de cheval, entre lesquiex il en y avoit vu mile tous couvers de fer.

 Et comme la bataille fust commenciée es tins du royaume, à l'assembler des chevaux et des armes, si grant poudre s'esdreça de terre que en plain jour, à heure de midy, homme povoit à très grande paine cognoistre l'autre, pour l'obscurté de la poudriere qui sourdoit de dessus la terre.

Finablement, les Hongres, après ce que leur roy ot esté navrés, s'enfouyrent, et si comme ilz se hastoient de fouyr, il en chay en un flueve parfont par où ilz devoient passer vim hommes ou environ qui [furent] tous noiez et mors, sans ceuls qui furent occis en ladite bataille.

Mais comme le roy de Boesme ot eue victoire et feust entrez a grant force de genz d'armes ou royaume de Hongrie, le roy de Hongrie, par ses messages li requist que il vousist faire paix et accort à li, et il luy rendroit les terres qui estoient cause du descort.

Si acorderent ensemble et furent amis, et pour le temps avenir fu l'amistié con fermée par mariage (50).

(51) Item, ou temps de celui Mainfroy, dont dessus est faite mencion, lequel estoit chief et refuge de tous mauvais et desloiaus qui vouloient entrer en sa terre, pour vray, l'avision d'une commete ou estoille courut devant la mutacion et ordre des maulx dessus dis; laquelle commença environ my mois de juillet, à apparoir au commencement de la nuit vers occident.

Et après aucuns jours, vers la nuit apparoit en la partie d'orient, et estendoit pluseurs rays vers la partie d'occident.

Et fu son cours jusques à la fin du mois de septembre. (52) En autre cronique est ainsi escript que la semblance de celle commette estoit aussi comme d'une estoille obscure, et issoit de celle estoille aussi comme flambe, et estoit la fourme et la grandeur de li aussi comme le voile d'une nef.

Chascune nuit quant la flambe de li descendoit du lé, elle croissoit en lonc; et après, en la xe kalende d'octobre, environ l'aube du jour, fu veue en la partie de midy la flambe de la longueur d'un coûte; et s'estendoit à paines jusques à occident; et ainsi, petit à petit atenoiant ou diminuant, s'esvanouy.

Et ja soit ce que par aventure elle signifiast moult de choses en diverses parties du monde, toutesfoiz il fu trouvé pour certain que quant elle commença à appararoir, le pape mourut (53).

(54) Le roy de France ot conscience, pour la terre de Normendie que le roy Philippe Dieudonné avoit conquise et retenue par droit jugement des pers de France sus le roy Jehan d'Engleterre. Par pluseurs foiz en parlerent ensemble, et s'acorderent en la maniéré qui s'ensuit.

C'est asavoir que le roy Henri, de sa bonne vol enté et du consentement le roy Richart d'Alemaigne (55), et du conseil et de l'acort aus barons d'Engleterre, quita du tout en tout, pardurablement et à touz jourz au roy de France et à ses hers, tout le droit qu'il pooit avoir en la duchée de Normendie et en la terre d'Anjou et de Poitou et du Maine (56).

Pour laquelle quitance le roy li donna Gascongne et Agenois en tel maniere qu'il la tendroit en fié et en hommage du roy de France et de ses hoirs, et que il seroit apelez et entitulez es registres de France duc d'Aquitaine et per de France.

Lequel homage, le roy Henri fist en la presence de ses homes et des barons de France, et promist par son serement estre bons et leaus envers son seigneur le roy de France.

Quant la pès fu confermée, le roy Henri chevaucha parmi France et regarda le pais qui mout li sembla bel. Si a vint que li aisnez fiuz au roy de France morut à Paris (57) ; si fu portez à Saint Denis et fist l'en là le service des mors devotement.

 Après le service, le roy Henri d'Engleterre et les plus nobles qui là furent pristrent le cors et le portèrent parmi la ville Saint Denis et plus avant, la moitié d'une mille à leur propres espaules.

Et pour ce que si noble prince ne feust trop lasse, autres genz le portèrent desci à Reaumont. Et le roy Henri et pluseurs autres nobles hommes li firent compaignie.

Au retorner de Reaumont, le roy Henri prist congié et retorna en Engleterre.

 

 

 

Les grandes chroniques de France. Louis VIII et St Louis / publiées pour la Société de l'Histoire de France par Jules Viard

 

 

Réception de Henri III, roi d’Angleterre, à Paris, les 9, 10 et 11 décembre 1254 <==.... ....==> POURQUOI SAINT LOUIS A-T-IL FAIT LA PAIX AVEC HENRI III ?

 ==> INFORMATION Ordonnée en 1310 par le Roi d'Angleterre AU SUJET DES SURPRISES FAITES A SON PRÉJUDICE PAR LE ROI DE France EN PÉRIGORD, LIMOUSIN ET QUERCY

 


 

(1). Pub. Rec. Off., Pat. 43, H. 3, m. 1 verso liste des chevaliers qui étaient passés sur le continent et composaient sa suite. Sur cette liste figurent plus de quatre-vingts noms des personnes qui avaient le sauf-conduit du roi à la date du 28 octobre 1259 (quelques-uns seulement du 12 et 13 novembre). La liste n'est certainement pas complète. On y voit figurer entre autres le chirurgien et le cuisinier du roi. F. Devon, Issues of Exchequer, p. 75 : Dépenses de Henri III à Paris. On voit d'après ce compte que Henri III entretenait un nombre considérable de personnes religieuses et qu'il dépensait beaucoup de cire. Les chevaux de la reine et les valets étaient une des principales dépenses. Gervasii Cantuariensis, Gesta regum continata, p.209. Guillaume de Nangis, Gesta sancti Ludovici, (Rec. H. Fr., XX, 410). Flores Historiarum, lI, 438 « In cujus transitu narratum est quod nunquam, simul et semel. tanta virorum, equorum, aliorumque majorum nobilitas ab Anglia dicebatur exiisse, uqanta egrediebatur. »

(2). Eudes Rigaud, Visitationes (Rec. XXI, 581), « IV. Id. novembris, Parisius propter pallamentum. »

(3). On trouve dans les 0lim. t. I, p. 91-99, quelques enquêtes faites pendant cette session du parlement, mais on ne trouve aucune trace de cette affaire. V. Eudes Rigaud, Registrum visitationum, éd. Bonnin, p. 348, note 5.

(4). Eudes Rigaud, V(Rec. H. Fr., XXI, 582).

 (5). Guillaume de Nangis, Gesta sancti Ludovici (Rec. H. Fr., XX, 411-412). Chronique de Primat (Rec. H. Fr- XXIII, 16).

(6). Un chroniqueur nous donne un détail assez intéressant sur une mission dont Henri IIIt avait chargé ceux qu'il avait envoyés de France en Angleterre, mais dont nous ne savons pas grand'chose: « Ut quicumque in Anglia jus aut clamium in partibus ultramarinis se credehant habere. ad eum quamtocius festinarent accedere, quod et factum est. Sed quid exinde sit actum, nobis est ambiguum » Flores historiarum, II, 438.  

(7) Bémont, Simon de Monfort. Appendice, n° xxxvt, p. t83. Green, Princesses of England, II,  55, 456. « Suum noluerunt praebere consensum requisitum ab eis (par Saint Louis et Henri III) nisi prius satisfieret dictae comitissae de dotalicio seu doario primi mariti sui, et quod genitor vester (saint Louis) concessit quod ipse deponeret. etc. » Lettre de Philippe III à Edouard Ier (l'an 1273). /

(8). Layettes du Trésor des Chartes, n° 4564.

(9). Layettes du Trésor des Chartes, n" 4565.

(10) . Layettes du Trésor des Chartes, n° 4566, « in orto regis ». Eudes Rigaud. Visitationes,  « in pomerio domini regis Franciae. » Récit d’un ménestrel de Reims, « voiant tout le peuple », un autre manuscrit donne « en la sale à Paris »  (Rec. H. Fr., XXII. 325). Il est curieux d'observer qu'Eudes Rigaud se trompe de date en disant que cette cérémonie eut lieu le 3 décembre (Rec. H. Fr., XX I, 582). « III. non. decembris recitavimus et publicavimus compositionem factam inter dictos duos reges in pumerio, etc. » Dans les Layettes du Trésor des Chartes. N° 4566, le nom de Simon de Montfort ne se trouve pas par suite d'une erreur de copiste. V. la même pièce dans Brussel, Usage des fiefs, I, 34..

(11). Dom Morice, Histoire de Bretagne, I. p. 70, 156.

(12). Rymer, I, 982, 386, 391.

(12). Champollion-Figeac, Lettres, I, 182.

(13). Rymer, I, 1, 392.

(14). Shirley, Royal letters, II, 148. Cf. Bémont, Simon de Monfort, p. t87, en note.

(15). Gervasii Cantuariensis, Gesta regum continuata, 210. Th. Wykes, Chronicon, 224.

(16). Guillaume de Nangis, Vie de saint Louis, dans Rec. des Hist. des Gaules et de la France, t. XX, p. 410-413; Chronique latine, t. I, p. 220-221. Cf., sur la conclusion de cette paix avec l'Angleterre, Lenain de Tillemont, t. IV, p. 162-180.

(17). Henri III, roi d'Angleterre, s'embarqua à Douvres le 14 novembre 1259. Cf. Flores historiarum, éd. H.-R. Luard, t. H, p. 437-438.

(18). Jean II, duc de Bretagne, fils aîné de Jean Ier et de Blanche de Champagne, épousa Béatrix, fille de Henri III.

(19). Dans le ms. fr. 17270 de la Bibl. nat., on a le même texte que dans le ms. de la Bibliothèque Sainte-Geneviève, mais le ms. fr. 2813, fol. 290, de la Bibl. nat. ajoute : « Et s'en revint devers le roy de France », et toute la suite de ce chapitre jusqu'à : « Le roy de France ot conscience » (p. 221).

(20). Cf. Rymer, Fœdera, 1816, t. I, p. 390. Dans ses lettres, Henri III reproduit les termes des lettres de saint Louis publiées à la page 389. Voir, sur ce traité, Michel Gavrilovitch, Étude sur le traité de Paris de 1259, entre Louis IX, roi de France, et Henri III, roi d'Angleterre, 1899, in-8°, dans Bibl. de l'École des hautes études.

(21). Boniface de Savoie, archevêque de Cantorbéry de 1240 au 18 juillet 1270.

(22). Walter Cantilupe, évêque de Worcester de 1237 au 12 février 1266.

 (23). Norfolcher, Norfolk.

(24). Bomi, Bohun.

(25). Albemalle, Aumale. Willermus, comes Albe Marle

(26). Duplessis.

(27). Jean Mansel, trésorier d'York.

(28). De Aldichel, de Audelée.

(29). Jeanne, fille de Raymond VII, comte de Toulouse, qui, en 1237, avait épousé Alphonse, comte de Poitiers, frère de Louis IX.

(30). Esgardé, jugé.

(31). Jeanne d'Angleterre, sœur du roi Richard, mère de Raymond VII, comte de Toulouse, mort le 27 septembre 1249.

(32). Edouard, fils aîné de Henri III qui, en 1272, lui succéda et fut Édouard Ier.

(33). Edmond, second fils de Henri III, qui devint ensuite comte de Lancastre.

(34). 13 octobre 1259.

(35). Le ms. fr. 2813 reproduit dans la fin de ce paragraphe ce qui est donné plus loin p. 222 et 223 par le ms. de la Bibliothèque Sainte-Geneviève.

(36). Bernard Gui, Flores Chronicarum, dans Bec. des Hist. des Gaules et de la France, t. XXI, p. 698.

(37). C'est Alexandre IV qui occupa le siège pontifical du 20 décembre 1254 au 25 mai 1261. Avant l'élection d'Urbain IV, son successeur, le siège fut vacant du 25 mai au 29 août 1261 (cf. ci-dessus, chap. LXX).

(38). Bernard Gui, op. cit., ibid. Cf. Guillaume de Nangis, Vie de saint Louis, dans Rec. des Hist. des Gaules et de la France t. XX, p. 414-415; Chronique latine, t. I, p. 219-220.

(39). Conradin, petit-fils de Frédéric Il et neveu de Mainfroy, fut exécuté en 1268 par Charles d'Anjou.

(40). Manfred se fit couronner roi de Sicile le 11 août 1258.

(41). Alphonse X, roi de Castille, fils de saint Ferdinand III et de Béatrix de Souabe.

(42). Richard, comte de Cornouailles.

(43). Bernard Gui, op. cit., ibid.

(44). Le livre de Guillaume de Saint-Amour contre les ordres mendiants fut condamné par une bulle d'Alexandre IV du 5 octobre 1256 (Lenain de Tillemont, Vie de saint Louis, t. VI, p. 202).

 (45). Sur l'Évangile éternel de Joachim de Flore et sur Jean de Parme, voir Xavier Rousselot, Etude d'histoire religieuse aux XIIe et XIIIe siècles : Joachim de Flore, Jean de Parme et la doctrine de l'Evangile éternel. Paris, 1867, in-8°, et Hist. littéraire de la France, t. XX, p. 23-36.

(46). En 1255, d'après Bernard Gui. En marge du fol. 292 du ms. fr. 2813, une autre main ajouta : « Nota, la condempnation de l'euvaneile perdurable. »

(47). 1258. Cf. Bernard Gui, op. cit., ibid.

(48). Le 9 août 1257. Alexandre IV défendit à Guillaume de Saint-Amour, qui était en Italie, de rentrer en France (Lenain de Tillemont, t. VI, p. 211).

(49). Bernard Gui, op. cit., ibid. Cf. Guillaume de Nangis, Chronique latine, t. 1, p. 221. Il est sans doute fait allusion, dans ce paragraphe, à la victoire que Przemislas-Ottocare II, roi de Bohême, remporta, le 13 juillet 1260, sur Béla IV, roi de Hongrie.

(50). D'après l'Art de vérifier les dates, aux rois de Hongrie, Constance, fille de Béla IV, aurait épousé Przemislas-Ottocare II, roi de Bohême, mais aux rois de Bohême, on donne à ce dernier, comme seconde femme, Cunégonde, nièce de Béla IV, après la mort de sa première femme, Marguerite d'Autriche.

(51). Guillaume de Puylaurens, Historia Albigensium, dans Rec. des Hist. des Gaules et de la France, t. XX, p. 773.

(52). Bernard Gui, op. cit., ibid., t. XXI, p. 699.

(53). Bernard Gui, ibid., p. 699, nous donne le nom de ce pape : « Dicta cometa primo apparente, Urbanus papa obiit. » C'est donc Urbain IV, qui mourut le 2 octobre 1264.

(54). L'addition du ms. fr. 2813 se termine ici. La fin du chapitre, à partir de : « Le roy de France ot conscience », donne la leçon du ms. de la Bibliothèque Sainte-Geneviève qui fait suite à la phrase : « il donna sa fille à Jehan fiuz au duc de Bretaigne ». Cf. ci-dessus, p. 208.

(55). Richard, fils de Jean sans Terre, comte de Cornouailles, roi des Romains ou d'Allemagne.

(56). Cf. Joinville, 665, 678 et 679.

(57). Louis, troisième enfant de saint Louis, mais son fils aîné, naquit le 25 février 1244, fut accordé avec Bérengère de Castille au mois d'août 1255, mourut à Paris dans les premiers jours de l'année 1260 et fut enterré à Royaumont le 13 janvier suivant (Lenain de Tillemont, t. V, p. 241-242).