Liste des seigneurs et barons de L'ILE-BOUCHARD - Maison du Temple

L'Ile-Bouchard, d'abord simple châtellenie (villa et castelliana de Insula), commença à porter le titre de baronnie au milieu du XIIIe siècle. Cette qualification lui est donnée, pour la première fois, dans une charte de 1256 (baronia de Insula Buchardi).

Son château, bâti dans une ile de la Vienne, datait du IX° siècle.

Il fut restauré et agrandi au XIIe. Aujourd'hui, il n'en reste aucune trace.

On y arrivait par un pont de pierres construit au XIe siècle et dont ou voit encore quelques débris.

 L'église Saint-Pierre se trouvait dans l'enceinte du vieux manoir. Son titre de paroisse lui ayant été enlevé en 1465, comme nous l'avons déjà dit, le bâtiment fut démoli, à l'exception d'une chapelle dédiée à saint Pidoux.

Le château fut plusieurs fois assiégé par les comtes d'Anjou, qui ne purent réussir à s'en emparer.

Sous le règne du roi Jean, les Anglais le prirent par ruse, mais ils furent contraints de la restituer, par suite d'une clause du traité de Bretigny.

En 1562, un corps de troupes protestant s'y établit et y resta assez longtemps, sans qu'il fut possible de le déloger.

En 1568, deux régiments de l'armée des Princes l'assiégèrent pendant trois semaines et furent contraints de se retirer après avoir subi de grandes pertes.

En 1615, le prince de Condé vint s'y installer avec cent hommes d'armes. Il la quitta, au mois de janvier de l'année suivante, pour se rendre à Loudun.

Par lettres patentes du mois d'août 1631, la baronnie de l'Ile-Bouchard fut comprise dans le duché-pairie de Richelieu.

Malgré cette union, sa justice particulière lui fut conservée par lettres de décembre 1632.

Par un édit du mois d'août 1671, le ressort des justices de Rivarennes et de Bréhémont fut distrait du siège de l'Ile-Bouchard pour être attribué au siège royal de Chinon.

Voici les noms de quelques personnages qui ont rempli les fonctions de capitaine-gouverneur du château de l'Ile-Bouchard :

François le Bascle, 1498; Charlot de la Touche, 1504; Henri de Craon de Coulaines, 1557 Charles du Rozel, 1650; Pierre-Joseph Laillault, 1775; Michel Mestayer, 1786.

L'extrait suivant d'un inventaire, dressé au milieu du XVe siècle, donne des détails sur l'état de la baronnie de l'Ile- Bouchard à celte époque, et nous fournit la liste des fiefs qui en relevaient

« C'est la valeur des terres de Monseigneur de la Trimoille et de Messeigneurs ses frères, estans icelles terres au pays et duchié de Touraine, rapportée par Bertand Potaire et Guillaume Galet, ce commis.

« Le chastel de l'Isle-Bouchard est une belle place telle que chacun scet, et est le dict lieu de l'Isle baronnie ancienne.

L'Ile-Bouchard villa et castelliana de Insula

Blason de la famille de L'Isle-Bouchard :  de gueules à deux léopards d'or l'un sur l'autre

 

 

Les Seigneurs et Barons de l’Ile Bouchard

I. Bouchard, vivant en 887, est le premier seigneur connu de l'Ile-Bouchard. Il possédait également les seigneuries do Rivarennes et de Bréhémont.

II. Vivien, fils du précédent, et Bouchard, son frère, tous deux seigneurs de l'Ile, donnèrent deux de leurs colliberts , Archambauld et Hubaud,  avec Constantin et Albert fils du dernier au Chapitre de Saint-Martin de Tours, vers 930.

III. Arderand, seigneur de l'Ile et de Villaines, vivait en 965. Il eut un fils, Bouchard, qui suit.

IV. Bouchard, deuxième du nom, seigneur de l'lle et de Rivière, figure dans une charte de 1020, concernant le prieuré de Tavant. Il épousa, en premières noces, Hermengarde de Villaines, et, en secondes noces, Aenor, qui eut en dot la terre de Rivière.

Du second mariage il eut Hugues, qui suit; Hubert; Aymery, religieux de Marmoutier; Geoffroy, dit Foucaud ou Fuel, et Mahotte, dame de Villaines.

V. Hugues, Huon, ou Ivon, seigneur de l'Ile, cité dans une charte de 1030, eut deux enfants Bouchard III, et Agnès, qui épousa Archambaud, dit Borel.

VI. Bouchard III, seigneur de l'Ile-Bouchard, donna la moitié du prieuré de la Rivière aux religieux de Marmoutier, pour les dédommager des pertes que leur avait causées Geoffroy Fuel, son oncle (1060).

Vers 1069.— Bouchard, chevalier, fils d'Huon , seigneur de l'Ile-Bouchard, donna à l'abbé et aux religieux de Noyers l'église de Saint-Gilles, construite dans le faubourg de l'Ile-Bouchard appelé Ismantia, dans une bûche qui avait appartenu à Guillaume, fils de Guicher.

Il leur donna également toutes les coutumes, droits, redevances, etc., la viguerie et le cens de la dite ouche et de sa terre située entre la route et deux autres chemins qui conduisent à l'He-Bouchard. (Sans date, — Archiv. de Noyers).

Ann. 1071. — Bouchard, seigneur de l'Ile-Bouchard, donne Rivière aux religieux de Marmoutier pour les dédommager des torts qu'il leur avait causés à Tavant, en défendant son fief contre Geoffroy Foulques, son oncle, qui voulait le lui ravir. (Archiv. de Marmoutier). Il mourut, sans laisser d'enfants, en 1071, et fut inhumé dans l'église de Tavant.

VII. Geoffroy Fuel, chev., seigneur de l'Ile Bouchard après la mort de son neveu, Geoffroy III, mourut en 1080. Ses biens passèrent à Archambaud, dit Borel, marié à Agnès de l'Ile.

Il est cité dans la charte de fondation de l'église de Saint-Gilles, avec Foulques, comte d'Anjou, et Jean de Chinon.  

Il donna au prieuré de Tavant six arpents de terre situés dans la paroisse de Lièze.

VIII. Archambaud, dit Borel, décédé avant 1083, eut quatre enfants : Peloquin, Hugues, Barthélemy et Thomas.

IX. Peloquin Ier, chev., seigneur de l'Ile Bouchard et de Rivière, est cité dans une charte relative à l'abbaye de Turpenay.

Peloquin, seigneur de l'Ile-Bouchard, accorde aux religieux de Turpenay l'autorisation d'élever un moulin sur la rivière qui lui appartenait à Rivarennes. Les religieux ayant choisi un emplacement, s'accordent avec le nommé Martin Chaînon, qui possédait sur cet emplacement slallum ad piscandum. Ils lui donnent cinq sols, moyennant lesquels le dit Chaînon renonce à tous ses droits. (Sans date, — Cartul. de Turpenay, fos 24 et 22).

 

Vers 1080. — Peloquin, seigneur de l'Ile-Bouchard, donne à l'abbé Gui et aux religieux à l'abbaye de Cormery tout ce qu'il possède à Dolus, à la condition que les dits religieux recevront son frère Thomas au nombre des leurs. Barthélémy, frère de Peloquin, confirme cette donation. (Sans date, Cart. de Cormery, ).

En 1137, Jacquelin de Ussé donne, du consentement de Peloquin, seigneur de l'Ile-Bouchard, aux religieux de Notre-Dame de Turpenay autant de terre qu'en peuvent labourer quatre boeufs eu deux saisons. Garnier, son fils, venant dans le chapitre de Turpenay, feria nia dominicx Resurrectionis, confirma la dite donation. Actum anno ab incarnatione Domini M° C° xxxvn". (Cartul. de Turpenay, f° 284).

Jacquelin d'Ussé, donne aux religieux de St-Léonard la dime et la terre que Peloquin, seigneur de l'Ile-Bouchard, lui avait concédées daus les bois de l'Ile Bouchard (in nemore Insulano).

Peloquin, seigneur de l'Ile-Bouchard, accorde aux religieux de Turpenay l'autorisation d'élever un moulin sur la rivière qui lui appartenait à Rivarennes. Les religieux ayant choisi un emplacement, s'accordent avec le nommé Martin Chaînon, qui possédait sur cet emplacement stallum ad piscandum. Ils lui donnent cinq sols, moyennant lesquels le dit Chaînon renonce à tous ses droits. (Sans date, — Cartul. de Turpenay, fos 24 et 22).

Il eut de son mariage avec Eustache, Peloquin II, Bouchard et Barthélémy.

Vers 1138, il restitua à l'église de Saint-Hilaire de Poitiers ce qu'il avait pris par violence dans le domaine de Nueil :

Universis deum veritatemque diligentibus hoc manifestum me Peloquinum, insuie Bucardi dominum, pro Deo et pro anima mea et pro meorum animabus parentum dimisisse ey exposuisse quecumq. cum violentia et injuste capiebam et auferrebam in terra et a terra Beatissimi Ylarii Pictaviensis que cognominatur Nuilliacum, exceptis antiquis consuetudinibus meorum parentum, custodia, muragio et charrugio et lomonitione communis exercitus et expeditionis; concedentibus uxore mea Eustochia filiis meis Bucardo et Bartholomeo, audientibusque Matheo Rucevaldis, Pagano Martini, Petro Toileti, Rotberto Martini, Reginaldo Cholardi, Picardo Nicasio, Guillelmo Vitali, Johanne judice de Malliaco, et magistro Rotberto qui seripsit hano cartam. Audieruntque hec canonici beali Ylarii Engolbert, Theobaldus Buzens, Hugo Radulfi.

X. Robert de Blo, chev., fut seigneur de l'Ile-Bouchard, du chef de sa femme, Eustache, veuve de Peloquin Ier. Après sa mort et celle de sa femme, cette terre revint à Poloquin II.

 XI. Peloquin II, chev., seigneur de l'Ile Bouchard, étant mort en 1150, sans laisser d'enfants d'Hersinde, sa femme, les biens composant sa succession échurent à Barthélémy, son frère.

XII. Barthélémy, premier du nom, chev., est cité dans un acte de 1160. Sa femme se nommait Gerberge. Il mourut vers 1170, laissant un fils unique, Bouchard, qui suit.

XIII. Bouchard IV, chev., baron de l'Ile Bouchard.

En 1185, Bouchard IV avait confirmé une rente faite aux religieux de Turpenay, par un chevalier nommé Hugues.

Voici le texte de la charte :

Nullus ignorat sapientiam quantum utilitalis conferat usus et scientia litterarum, qualibet enirn hominum gesta quae cicius a mente delere solet oblivio longuo tempore memoriter tenemus litterarum suffragiis, cujus rei consideratione premonitus, ego Buchardus, dominus Insulae, rem quedam quae in presentia mea meo que assensu facta est presente cartula et sigillo dignum duxi confirmare.

Res vera de qua agitur talis est : quidam miles Hugo Ginonis nomine vendidit domno Guillelmo abbali Turpiniaci ecclesia VIII solidos et IV census denarios quos idem abbas antea reddebat ci super domo sua et terris de Acrifeno. Iterum vendidit eidem abbali II solidos census quos habebat super terram Bosonis Mardelli, et totum jus ac dominium suum quod super eamdem terram habebat.

Praeterea vendidit ei XII denarios census quos habebat super terram Pontenarii. Rursum sciendum est quod ipse vendidit jam dicto abbali vi jugum terrae ut estimatur quae est inter domun de Acrifeno et viam quae ducit Liesiam, census quoque pariter et duas partes decimae quae ipse habebal super eamdem terram. Porro pro istorum omnium emplione tradidit ei prefalus abbas DCC solidos. Hanc autem venditionem ego Buchardus concedo, confirmo et testificor el hujus rei testificandae et conservandae sum fidejusson. Hoc etiam concessit Philippus Tafeth et Laurentia uxor Mathei Ganonis, Boso quoque filius ejus ac sorores illius. Hoc autem totum factum est presentia mea in domo Pelri Savari quae est in Gallereia, anno scilicet ab Incarnatione Domini MCLXXXV, Regante Henrico rege Angelorum, et Richardo comite Pictavorum, atque Batholomeo archiepiscopo presidente sedi Turonicae.

Ut autem sermo iste fidelis habeatur et acceptione dignus in omni deinceps generatione ventura plurimos testes qui supradictae rei présentes affuerunt in presenti cartula fecimus annotari. Testes igitur isti sunt : Philippus Savari, Petruset Àrchambaudus fratres ejus, Radulphus Roncevaux et alii plures.

Construction d'un premier pont en bois sur la Vienne pour relier Saint-Gilles au début du 12e siècle puis construction d'un pont en pierre au milieu du 12e siècle attribué à Henri II Plantagenêt.

Ann. 1189. — Bouchard, seigneur de l'Ile, renonce en faveur des religieux de Cormery, au droit de péage que depuis longtemps il voulait exiger d'eux, lorsqu'ils passaient à l'Ile-Bouchard. Cette renonciation fut faite à Tours dans la maison de Robert Belleame et du consentement de Barthélémy, frère de Bouchard. Actum est hoc anno ab incarnatione Domini millesimo centesimo octogesimo nono. (Cartul de Cormery, f° 72).

De Pétronille, sa femme, il eut cinq enfants : Bouchard V, Peloquin, Barthélemy, Regnaud, qui partit pour la croisade contre les Albigeois en 1219, et Béatrix.

Il était mort en 1189. Dans le courant de l'année précédente, il avait donné à l'abbaye de Turpenay, la moitié de ses moulins de l'lle et son droit de pêche sur la Vienne au prieuré de Tavant.

 

XIV. Bouchard V, dit le Jeune, baron de l'Ile-Bouchard (1220), mourut sans laisser d'enfants. En 1189, à Tavant, le jour de l'enterrement de son père, il avait confirmé, par la charte suivante, une donation faite par ce dernier et par un de ses aïeux nommé Peloquin :

Sciant omnes quod Buchardus de Insula laborans in infirmitale quâ et mortuus est dedit ecclesiae Turpiniaei in manu Guillelmi abbatis partis suae decimam, id est medietatem quae reddebatur ci de molendinis suis. Hoc autem donum fecit in domo suae apud lnsulam, testibus suis : Mantello, Radulpho de Baugentiaco, Aimerico de Brisaio. Hoc etiam concessit Barlholomeus filius ejus et uxor ejus Petronilla et filia ejus Beatrix coram prefatis testibus. Item concessit hoc Buchardus, filius ejus, in capitulo apud Taventum, ipsu die sepulturae ejus coram his teslibus : Henrico, abbate de Nucariis, Johanne, abbate de Lucezio, Aimerico filio Ivonis et aliis.

Herum Buchardus junior concessit tam hae supra dicta dona patris sui quam omnia dona Peloquini, avi sui, sicuti superius descripta sunt et insuper dimisit tres denarios de muragis domui de Acri Fame. Hoc autem concessit et proprio sigillo confirmavit apud lnsulam, in aula sua die illo quo cepit ire Jérusalem, concedente Bartholomeo patre suo et Petronilla maire sua. Huic concessioni affuit Stephanus de Calvo Monte, monachus Turpiniensis. Testes qui audierunt sunt isti : Johannes, abbas de Lucezio, et Johannes, prior ejusdem domus, Hugo de Mota, Guillelmus de Rajacia et Aimericus frater ejus, Bartholomeus de Boceia, Guilllelmus de Negrum. Actum ab Incarnalione Domini anno MCLXXXIX.

XV. Barthélemy II, chevalier-banneret, baron de l'Ile-Bouchard et de Rochefort, frère du précédent, épousa, vers 1200, Élisabeth, fille d'Olivier de Rochefort.

Il eut quatre enfants : Bouchard VI, qui suit; Pierre, seigneur de Fondon, en Anjou; Bouchard, seigneur de Rivarennes, et Eustache.

En 1205, il donna à l'abbaye de Beaumont un serf nommé Ascelin le Féron :

Nolum sit omnibus tam presentibus quam futuris quod ego, Bartholomeus, insula Bucitardi dominus, dedi et consessi in perpetuumj pro Dei misericordia et mei anima et pro animabus antecessorum meorum defunctorum, Ascelinum le Feron, immunem ab omni talecla et equitatione et exercitu, abbatissae ei sanctis monialibus Belli Monlis. Hoc donum autem concessit Elisabeth uxor mea et Buchardus filius meus et Eustachia filia mea. Testes hujus rei sunt Guillelmus de Negrum, Andréas de Vaireze, Ugo Guiberti, Philippus de Sauleta, Assailli de Cathena, Gaufridus, presbyter de Tennil Johannes Pasquier et plures alii. Et ut ratum haberetur presentem cartam sigilli mei munimine feci roborari. Actum est autem anno ab Incaratatione Domini M° CC° quinto, Philippo, rege Francorum régnante.

Ann. 1207. — Charte de Barthélémy, archevêque de Tours. Bouchard, seigneur de l'Ile, dont les prétentions injustes avaient longtemps molesté les religieux de Tavant, est condamné à s'en désister par jugement du roi d'Angleterre.

Barthélémy certifie qu'en conséquence de ce jugement, le dit Bouchard a déclaré en sa présence et en celle de Geoffroy de Lincoln qu'il n'avait aucun droit, soit sur les terres, soit sur les hommes du prieuré de Tavant, et que pour dédommager les religieux du tort que leur ont fait éprouver ses prétentions, il leur paiera la somme de 70 livres. (Sans date, — Archiv. de Marmoutier, — layette de Tavant).

Vers 1230, il donna à l'abbaye de la Merci-Dieu un serf nommé Pierre Limouzin et ses enfants nés et à naître.

Voici le texte de la charte de donation :

Notum sit omnibus tam presentibus quam futuris quod ego Burtholomeus, dominus Insulae Buchardi, cum assensu Buchardi filii mei et aliorum heredum meorum, abbatiae Misericordiae Dei dedi et in eleemosinam concessi Petrum Lemozicum et omnes heredes suos jam natos vel nascituros eternaliter liberos et ab omni consuetudine absolutos. Hujus rei testes sunt : Andréas de Vereze, Gaufridus de Turre, Hugo de Boceio, milites; Johannes Sarracenus, Guillelmus Frandrensis, Haimericus de Surmaises, Lucas de Lameriaco, tunc prepositus, et multi alii.

Le sceau de Barthélemy II représentait: Deux lions passants, avec cette légende  S. Bartholomaei de lnsula; au revers on voyait une aigle avec ces mots : Secretum domini de Insula.

XVI. Bouchard VI, chev., baron de l'Ile Bouchard et de Rochefort, épousa Anne de Craon, dont il eut : 1° Barthélemy III, qui suit; 2° Olivier, seigneur de Rivarennes; 3 Alice, femme de Pierre de Brion, seigneur de la Tour de Langeais, frère de Simon de Brion, pape sous le nom de Martin IV; 4 Almurine, abbesse du Ronceray d'Angers. Anne de Craon se fit religieuse à Moncé, après la mort de son mari, en 1276.

 ==> LANGEAIS (INDRE-ET-LOIRE) - Fouilles au donjon féodal de Foulques Nerra un des premiers de France

XVII. Barthélemy III, dit de Bueil, chev., baron de l'Ile-Bouchard, mourut avant 1288. Il avait épouse Eustache de Doué, dame de Gençay, fille de Jodon de Doué, dont il eut 1° Bouchard, qui suit; 2° Jean, seigneur de Saint-Mars, marié, en 1327, à Isabeau de Montbazon; 3° Barthélémy, seigneur de Gençay; 4° Agnès, abbesse de Beaumont-les-Tours; 5° Almuria, femme de Hugues de Beauçay V.

XVIII. Bouchard VII, chev., baron de l'Ile Bouchard, eut trois enfants de son mariage avec Agnès du Vendôme Barthélemy, qui suit; Olivier et Eustache, mariée à Renaud de Pressigny, seigneur de Laleu.

XIX. Barthélemy IV, chev., baron de l'Ile Bouchard (1290), mourut en 1335, laissant quatre enfants de son mariage avec Jeanne de Sainte Maure : 1° Bouchard, qui suit; 2° Barthélémy; y Jeanne; 4° Tiphaine, religieuse à Fontevrault.

XX. Bouchard VIII, chev., fit le voyage de la Terre-Sainte en 1362. D'Agathe de Beauçay, veuve de Jean de la Porte, il eut :  l° Jean, qui suit ; 2° Bouchard, décédé sans postérité ; 3° Jeanne, femme de Pierre d'Avoir (1360).

En 1365, il délivra un vidimus de deux chartes relatives à dos dons faits à l'abbaye de, Turpenay par son père et par Bouchard, un de ses ancêtres.

Voici le texte de ce document :

« Saichent tous presens et advenir que en la court du roy de Chinon, en droit estably par devant nous noble homme Monsieur Bouchar de l'Isle, chevalier seigneur de l'Isle Bouchar, premierement et avant tote œuvre, promettant le dit noble à faire avoir ferme et establi et agréable à sa femme ce fait cy dessous contenu déclairé et divisé et luy faire lier et obliger quand elle sera hors du peril où elle est soumettant le dit noble, soy, ses hoirs et ses biens quelconques à la jurisdiction, destroit et cohertion de la chastellenie et ressort de Chinon, sans autre juridiction ne requerir quant à ce qui s'en suit, lequel noble a confessé en la cour que il a heu une lettre saine et entière, sellée du scel de Monsieur Bouchard de l'Isle, jadis seigneur de l'Isle Bouchart, son prédécesseur, laquelle loue de mol à mot et esquelle estoit contenu que le dit feu Monsieur Bouchard, pour la grande amor et devotion qu'il avait aux religieux de Notre Dame de Turpenay et aux messes et oraisons et bienfaits de la dite abbaye, et pour le remède des ames de feu son père et de feu Poloquin son fils et de luy et de tous ses prédecesseurs et parents, qu'il a donné aux dits religieux vingt six sotiers de sel, de annuelle et perpetuelle rente à rendre et payer aux dits religieux par chacun an, lesquels XXVI septiers de sel il a assis et assigné sur sa châtellenie de l'Isle-Bouchar.

« Confesse le dit noble avoir veu une autre lettre scellée du scel estably à Chinon pour le roy de France nostre sire esquelle est contenu que feu Barthélémy de l'Isle, jadis seigneur de l'Isle Bouchard, pour la très grande dévotion qu'il avoit aux dicts religieux et aux messes et biensfaits en leur ditte abbaye, pour le remède des ames de son père et de sa mère et de feu Jehanne de Ste More jadis sa femme, de feu Olivier son frère, il donna aux dits religieux XIV livres cinq sols d'annuelle et perpetuelle rente, lesquels leur assist et assigna sur sou port de l'Isle Bouchard et sur tous ces cens et rentes de l'Isle Bonchard, à rendre et payer au jour de la St Michel, chacun an, lesquelles lettres furent faites le mardy après la St Martin d'hiver l'an de grâce mil deux cent quatre vingt et dix, lesquelles lettres, avec leur teneur et les choses dedans contenus, et aussi totes les grâces, dons et privileges quelconques, donné aux dits religieux par ses prédécesseurs en quelque manière que ce soit, le dit noble confirma et aprouva eu tous et pour tous aultres titres et encore a confessé le dit noble en la dite cour qu'il doit aux dits religieux, chacun an, à annuelle et perpétuelle rente, deux mines de bled ….

« Ce fust faict et jugé à tenir par le jugement de la dite cour royale. Scellé du sceau estably à Chinon, au premier jour d'aoust l'an de grace mil trois cent soixante et cinq. Signé J. DE SIENNES. »

XXI. Jean de l'Ile, baron de l’ile-Bouchard, seigneur de Doué et de Rochefort, donna à cens l'hôtel de la Mariette, situé à par acte du 15 novembre 1402

« A tous ceulx qui ces présentes lectres verront, nous, Jehan, seigneur de l'Isle-Bouchart et de Rochefort et de Doué, salut. Scavoir fesons à tous presens et advenir que nous avons baillé et accensé, pour nous, nos hoirs et successeurs, à tousjours mes perpetuellement par héritage à André Martin et à Jehanne sa femme, à leurs hoirs et à qui cause aura d'eulx une maison en tout son fonds et appartenances et le vergier qui y tient, séant en notre ville de l'Isle-Bouchart vulgairement appelé l'oustel de la Mariette, lequel nous est advenu par la succession de la feue Courarde, laquelle estoit nostre donnée, et est faicte ceste baille pour le pris et somme de vint sous de annuelle et perpétuelle rente, laquelle les dits preneurs leurs hoirs et successeurs paieront et rendront dores en avant à tous jours mes perpetuelment à nous nos hoirs et successeurs au fests de Nouel et de la saint Jehan Baptiste par moitié.

 Et lesquelles chouses ainsi par nous baillées et accensées, comme dit est nous promettons garantir et deffendre ausdits André et sa femme, à leurs hoirs et successeurs à tous jours mes perpetnellement en nous paiant la dicte rente aux termes dessusdis et en paeiant et rendant au prieur et curé de Saint Gile de l'Isle Bouchart autres vingt souls de renies tout seulement.

En tesmoing desquelles chouses nous avons fait mettre et appouser à ces présentes le scel douquel l'en use en nos contraulx de nostre ville et chastellenie de l'Isle Bouchart. Ce fut fait et donné le quinzième jour de novembre, l'an de grâce mil quatre cens et deux, signé Boischesne, du commandement de Monsieur. »

Jean de l'Ile fit une transaction avec les religieux de Marmoutier, au sujet du prieuré de Tavant, en 1407. Il fut tué à la bataille d'Azincourt, on 1415.

De Jeanne de Bueil, il eut deux filles : Catherine, dont on parlera plus loin, et Jeanne, dame de Gonnor.

XXII. Jean des Roches, chev., devint baron de l 'Ile-Bouchard par son mariage avec Catherine, fille de Jean, dont nous venons de parler. Il mourut en 1416.

XXIII. – Hugues de Châlons, comte du Tonnerre et de Cruzy, baron de l'Ile-Bouchard, par son mariage avec Catherine de l'Île-Bouchard, veuve de Jean des Roches, fut tué à la bataille de Verneuil, en 1424.

XXIV. – Pierre de Giac, chev., surintendant des finances, ministre d'État, fut seigneur de l'Ile-Bouchard, du chef de sa femme, Catherine de l'Ile-Bouchard, veuve de Hugues de Châlons et de Jean des Roches.

Il fut assassiné à Issoudun, en Berry, en 1426. Sa veuve contracta une quatrième alliance avec Georges de la Tremoille, qui suit.

XXV. Georges de la Tremoille, comte de Guines, de Boulogne et d'Auvergne, baron de Sully, du Craon, de Sainte-Hermine et de l'Ile Bouchard, lieutenant-général pour le roi en Bourgogne, ministre d'État, était fils de Guy VI de la Tremoille, garde de l'oriflamme de France, et de Marie de Sully. Il mourut le 6 mai 1442.

En première noces, il avait épousé, le 16 novembre 1416, Jeanne de Boulogne, comtesse de Boulogne et d’Auvergne, fille de Jean, comte du Boulogne et d'Auvergne, et d'Éléonor de Comminges. Il n'eut pas d'enfantes de ce mariage.

De Catherine de l'Ile-Bouchard, qu'il avait épousée lu 2 juillet 1427, il eut : 1° Louis, dont ou parlera après son frère; 2° Georges, qui suit; 3° Louise, dame de Bonnières, mariée, le 30 janvier 1444, à Bertrand de la Tour, comte de Boulogne et d'Auvergne et décédée en 1474. Elle fut inhumée dans l'église abbatiale de Vic-le-Comte.

Georges de la Tremoille eut trois enfants naturels Marguerite, dame de Saint-Fargeau, femme de Jean de Salazar (contrat du 31 octobre 1411); Jacques, seigneur de Civran, et Jean, seigneur de l'Herbergement-Ydreau, mort en 1490. Catherine de l'Ile-Bouchard mourut le 1er juillet 1472.

En elle s'éteignit l'antique maison de l'Ile.

 

Voici un document qui nous donne de curieux détails concernant ses obsèques qui eurent lieu à l'Ile-Bouchard

ESTAT DE LA DESPENCE FAICTE POUR L'ENTERREMENT DE FEUE TRES NOBLE ET PUISSANTE DAME MADAME DE LA TREMOILLE, DONT DIEU AIT Ll'AME, FAICTE  PAR MOY, CHARLOT BECDELIÈVRE, LE PENULTIÈME JOUR DE JUILLET L'AN MIL CCCC LXXII.

« Premierement pour 96 aulnes de bougrain fin de Paris, pour tendre la chapelle en laquelle repose le corps de la dicte dame, au prix de 6 sols 10 deniers obole l'aulne, vallent 33 livres.

« Item, pour 48 aulnes de satin noir double, pour faire une sainture eu la dite chappelle, au prix de 60 sols l'aune, vallent 144 livres.

« Item, pour 191 livres de cire, pour faire le luminaire pour le service de la dicte dame, tant en la dicte chapelle que ès paroisses voisines, au prix de 5 sols la livre, rendue ouvrée, vallent 47 livres 7 sols.

« Item, pour 32 aunes de drap noir, pour faire treize robes et treize chapperons à treize pouvres qui ont tinst les torches, au prix de 12 sols 6 deniers tournois l'aune, vallent 20 livres.

« Item, pour 11 aulnes de veloux noir à tiers poil, et 2 aunes de damas blanc pour faire une couverte a mettre sur la biére sur le corps de la dicte dame, à 30 livres l'aune, vallent 65 livres.

« Item, pour deux aunes et 1 quart de drap d'or pour mettre sur le corps de la dicte dame, à 30 livres l'aune valent 67 livres 10 sols.

 « Item, pour 112 aunes de bougrain pour doubler le dit drap, 4 livres 2 sols 6 deniers.

« Item, pour l'aumoulne, qui estoit de 10 deniers donnez à chascun qui le vouloit prendre, 300 livres.

« Item, pour 49 messes célébrées au jour de l'enterrement, 8 livres 7 sols.

« Item., pour 14 aunes de drap noir pour faire quatre robes et quatre chapperons à Monsieur de Monts. Monsieur le maistre d'oustel, le capitaine de Rochefort et le curé de Sr Morice, au prix de 60 sols l'aune; vallent 42 livres.

« Item, pour 34 aunes et demie de drap noir pour faire neuf robes et neuf chapperons à Messire Pierre Robinet, Messire Anthoine, prestres, Pierre Dufour, receveur, Charlot du Poirier, Gaultier, Jehan Baillou, François Herpin, le comte de Rouci, escuiers, et Huguet, tailleur de la dicte dame, au prix de 45 sols l'aune, vallent 73 livres, 2 sols 6 deniers,

« Item, pour 12 aunes de noir, pour faire robes à Jehanne de Salezart, Espérance, Charlotte, Mathurine, Brocine; Marie Bourcelle, au prix de 60 sols l'aulne, vallent 37 livres 10 sols.

« Item, pour 20 aunes de noir pour faire huit robes à Marie de Houceaux, Jehanne de Houceaux, Mathurine de cloux, Jehanne Richere, Marie Bassette, Jehannelon, Guillonne, Marion, au prix de 45 sols l'aune, vallent 45 livres.

« Item, pour 37 aunes de noir, pour faire 13 robes et 13 chaperons à Thomas Bry, Palu, Colin, Ernoul, Guillaume de la Cuysine, le Boulenger, Jehan, Macé, le petit Tapon, au prix de 30 sols l'aune, vallent 15 livres 10 sols.

« Item, pour 12 aunes de noir, pour faire 5 robes à Laurence, Jehanne Paniote, la Boulengère, Gervesole, la petite Seville, au prix de 30 sols l'aune, vallent 18 livres.

« ltem, pour 2 aunes et demie de noir, pour faire cinq chaperons, au prix de 45 sols l'aune, vallent 5 livres 12 sols 6 deniers.

« Item, 5 aunes et quart de noir pour faire trois robes aux gens de Monsieur de Monts, au prix de 30 sols l'aune, vallent 7 livres 12 sols 6 deniers.

« Item, pour 45 aunes de drap noir pour faire doubler partie des robes dessus dictes, à 12 sols 6 deniers l'aune, vallent 28 livres 12 sols 6 deniers.

« Hem, est deu au dict Becdelièvre par la dicte dame, pour parties a elle baillées par avant son trespas, la somme de 218 livres 2 sols 6 deniers.

 « Item, pour 4 aunes de drap noir pour faire robe à Monsieur le chantre, au prix de 4 escus l'aune vallent 22 livres.

« Item, pour trois trantaines qui seront celebrez après le trespas de la dicte dame, au prix de 75 sols vallent 11 livres 5 sols.

« Item, pour le service à l'uytiesme jour après son trespas, 10 livres.

« Item, pour le curé 20 livres.

« Item, en despence de bouche faicte depuis le mercredi jusques au samedi au soir 22 livres.

« Item, pour deux prostrés qui ont dit par cinq fois le Sautier 1 livre 10 sols.

« Item, pour huict curez, c'est assavoir : St Morice, St Lienort, Tavent, Parçay, St Gilles, Crousilles, Panzoult et Avon, pour dire par huit jours vigilles et une messe à mort 32 livres.

«  Item, pour trois aunes et demie de drap noir pour faire robe à frére…. religieux de l'ordre de St Benoit et serviteur de Monseigneur de Craon, à 45 sols l'aune, vallent livres 17 sols 6 deniers.

« Item, pour une aune et demie noir pour faire trois chapperons aux troys femmes de chambre de ma dicte dame, au prix de 60 sols l'aune, vallent 4 livres 10 sols.

«  Item, pour demie aune de damas blanc, pour parachever la croix du drap de veloux qui est sur le corps de la dite dame, pour ce 2 livres 10 sols.

« Item, a esté baillé à deux messaigers, l'un pour aller devers mondit seigneur de Craon et l'autre vers le recepveur do Rochefort, la somme de 1 livre 17 sols 6 deniers.

« Somme toute des dictes partyes : 1364 livres 17 sols 6 deniers.

«Ont signé P. DE BRISSAC, BRETE, J. MELON, P. DE SlLLEIGNAC, P. DUFOUR, AIMERY, C. BECDELIEVRE. »

XXVI. Georges de la Tremoille, baron de Craon et de l'Ile-Bouchard, comte de Ligny, gouverneur de Touraine, de Champagne et de Brie, lieutenant-général des armées du roi, assista aux États-généraux de Tours, en 1467.

 En 1473, il eut le commandement des troupes envoyées au secours de l'empereur Frédéric III. Il mourut eu 1481, sans laisser d'enfants de son mariage avec Marie de Montauban, veuve de Louis de Rohan de Guemené, et fille de Jean de Montbazon, amiral de France, et de Jeanne de Kerenrais.

XXVII. – Louis de la Tremoille, prince de Talmont, comte de Guines et de Benon, vicomte de Thouars, baron de l'Ile-Bouchard, après la mort de son frère, chambellan héréditaire de Bourgogne, mourut en 1483, laissant sept enfants de son mariage, contracté, le 22 août 1446, avec Marguerite d'Amboise, fille de Louis d'Amboise, vicomte de Thouars, et de Marie de Rieux :  1° Louis, qui suit; 2° Jean, archevêque d'Auch, évêque de Poitiers, cardinal du titre de Saint-Martin-aux-Monts en 1505, décédé en 1507; 3° Jacques, seigneur de Gençay et de Mauléon, capitaine de cinquante hommes d'armes, marié à Avoye de Chabannes, fille de Jean de Chabannes, comte de Dammartin, et veuve d'Aymar de Prie, baron de Buzançais; 4° Georges, seigneur de Jonvelle, lieutenant-général pour le roi en Bourgogne, marié à Madeleine d'Azay; 5° Anne, femme, on premières noces (contrat du 26 novembre 1464) de Louis d'Anjou, bâtard du Maine, et, en secondes noces (contrat du 16 janvier 1494), de Jacques de Rochechouart, seigneur de Charroux ; Antoinette, mariée, par contrat du 8 juillet 1473, à Charles de Husson, comte de Tonnerre; 7° Cathorino, abbesse du Ronceray d'Angers.

XXVIII: – Louis II de la Tremoille, prince de Talmont, comte de Guines, vicomte de Thouars, baron du l'Ile-Bouchard, de Sully, de Craon, de Marans, etc., amiral de Guienne et Bretagne, général des armées françaises en Italie, fut tué à la bataille de Pavie en 1524. Il fut inhumé dans la chapelle du château de Thouars.

En premières noces il avait épousé, le 9 juillet 1485, Gabrielle de Bourbon, fille de Louis de Bourbon, comte de Montpensier, et de Gabrielle de la Tour; en secondes noces, le 7 avril 1517, Louise Borgia, fille de César Borgia duc d'Urbin et de Valentinois, et de Charlotte d'Albret. Du premier mariage, il eut Charles, dont on parlera plus loin.

En 1529, un tombeau, construit et sculpté par Martin Claustre, tailleur d'images à Grenoble, fut élevé dans la chapelle de Thouars à la mémoire de Louis de la Tremoille et de Gabrielle de Bourbon, sa première femme.

Les défunts étaient représentés par deux statues, de grandeur naturelle, couchées sur la tombe, autour de laquelle on lisait cette inscription :

CY GISENT LE CORPS DE TRÈS HAULT ET ILLUSTRE PRINCE LOYS DE LA TREMOILLE II DU HO M QUI FUST TUÉ A LA BATAILLE DE PAVIE LE XXIII FEBV. MDXXIIII AGÉ DE LXIII ANS IIII MOIS,- ET DE TRÈS HAULTE ET ILLUSTRE PRINCESSE GABRIELLE DE BOURBON SON ESPOUSE QUI MOURUT LE XXX NOV. MDXV. – Priez Dieu pour le repas de leurs âmes.

XXIX. Charles de la Tremoille, prince de Talmont et de Mortagne, comte de Taillebourg, baron de l'Ile-Bouchard, du vivant de son père, gouverneur de Bourgogne, fut tué à Marignan le 13 septembre 1515.

II avait épousé, le 7 février 1501, Louise de Coétivy, fille de Charles de Coétivy, comte de Taillebourg, et de Jeanne d'Orléans-d'Angoulême. De ce mariage naquit un fils unique, François, qui suit.

1501(v. s.), 7 février. Château de L'Ile-Bouchard.

— Contrat de mariage de « hault et puyssant.seigneur Charles de La Trémoille, prince de Tallemond, et de haulte et puissante damoiselle Loyse de Coytivy, traité par hault et puyssant seigneur messire Loys de La Trémoille, chevalier de l'ordre, compte de Benon, vicomte de Thouars, père dudit Charles, et haulte et puyssante dame madame Gabrielle de Borbon, mère dudit Charles, d'une part, et hault et puyssant seigneur messire Charles de Coytivy, aussi chevalier de l'ordre, comte de Taillebourg, père de ladite damoiselle Loyse, et très haulte et très puyssante dame madame Jehanne d'Orléans, mère de ladite damoiselle Loyse.

 Présents audit contrat : Très révérend père en Dieu monsr Jehan de La Trémoille, archevesque d'Aulx ; très hault et très puyssant seigneur Loys de Bourbon, seigneur de Champeigne ; nobles et puyssans seigneurs messr Franczois de Pons, chevalier, seigneur de Montfort ; messe Loys de Bourbon, seigneur de Champeigne ; nobles et puyssans seigneurs messr Franczois de Pons, chevalier, seigneur de Montfort ; messe Loys de Maraffin, chevalier, seigneur de Nort, maistre d'ostel du roy, nostre sire, messe Phelipes de Menou, chevalier, maistre d'ostel de la royne ; Guyot Morinière, seigneur de Besnit, et plusieurs aultres. »  Chartrier de Thouars. Pièces pap. et parch.

 

XXX. François de la Tremoille, prince de Talmont, comte de Guines, vicomte de Thouars et baron de l'Ile-Bouchard, lieutenant-général du roi en Poitou, mourut à Thouars le 5 janvier 1541, laissant dix enfants de son mariage avec Anne de Laval, fille de Guy XVI, comte de Laval, et de Charlotte d'Arragon : 1° Louis, qui suit; 2° François, comte de Benon, baron de Montaigu, marié à Françoise du Bouchet, et décédé en 1555 ; 3° Charles, baron de Marans et de Mauleon, protonotaire du Saint Siège, abbé de Saint-Laon de Thouars et de Notre-Dame de Chambon; 4° Georges, baron de Royan et d'Olonne, grand-sénéchal du Poitou, marié à Madeleine de Luxembourg, et décédé en 1584; 5° Claude, baron de Noirmoutier et de Mornac, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, marié, le 23 février 1557, à Antoinette de la Tour-Landri, fille de Jean de la Tour-Landri, comte de Châteauroux, et de Jeanne Chabot. Il mourut en 1566; 6°, 7° Anne et Guy, morts en bas âge 8° Louise, dame de Rochefort, qui épousa, par contrat du 15 septembre 1588, Philippe de Lévis, seigneur de Mirepoix; 9° Jacqueline, baronne de Sainte-Hermine et de Marans, mariée en 1559, à Louis de Bueil, comte de Sancerre, et décédée en 1599; 10° Charlotte, religieuse à Fontevrault.

XXXI. Louis de la Tremoille, prince de Talmont, duc de Thouars, comte de Taillebourg et de Benon, baron de l’Ile-Bouchard, de Sully, de Craon, etc., capitaine de cent hommes d'armes, fut tué au siège de Melle le 25 mars 1577.

Par contrat du 29 juin 1549, il avait épousé Jeanne de Montmorency, fille d'Anne de Montmorency, grand-maitre et connétable de France, et de Madeleine de Savoie.

De ce mariage sont issus : 1° Claude, qui suit; 2°, 3° Anne et Louis, morts en bas âge; 4° Louise, 5° Charlotte-Catherine, comtesse de Taillebourg, mariée, le 15 mars 1586, à Henri de Bourbon, prince de Condé.

XXXII. – Claude de la Tremoille, prince de Talmont, duc de Thouars, baron de l'Ile-Bouchard, pair de France, général de la cavalerie française, mourut le 25 octobre 1604.

Par contrat du 11t mars 1598, il avait épousé Charlotte-Barbantine de Nassau, fille de Guillaume II de Nassau, prince d'Orange, et de Charlotte de Bourbon.

Il eut quatre enfants de ce mariage : 1° Henri, qui suit; 2° Frédéric, comte de Laval et de Benon, mort en février 1642; 3° Charlotte, femme de Jacques Stanley, comte de Derby, prince souverain de l'ile de Man; 4° Elisabeth, morte en bas âge.

XXXIII. – Henri de la Tremoille, prince de Talmont et duc de Thouars, baron de l'Ile-Bouchard, mestre de camp de la cavalerie légère de France, né en 1599, mourut le 21 janvier 1674, laissant cinq enfants de son mariage avec Marie de la Tour, fille de Henri de la Tour, duc de Bouillon, prince de Sedan, vicomte de Turenne, et d'Élisabeth de Nassau : 1° Henri-Charles, prince de Tarente, mort le 14 septembre 1672; 2° Louis-Maurice, abbé de Charroux et de Talmont, décédé le 25 janvier 1681 ; 3° Armand-Charles, comte de Montfort et de Taillebourg, mort le 13 novembre 1663; 4° Marie, femme de Bernard, duc de Saxe- Weymar décédée le 24 août 1682; 5° Élisabeth, morte en 1640.

En 1629, le cardinal de Richelieu racheta la baronnie de L'Ile-Bouchard à Henri de La Trémoille et interdit l'exercice du culte réformé qui avait lieu dans la chapelle du château.  

Par acte du 18 décembre 1629, Henri de la Tremoille et sa mère, duchesse de Nassau, vendirent la baronnie de l'Ile-Bouchard, pour 180,000 livres, à Armand-Jean du Plessis.

XXXIV. Armand-Jean du Plessis, cardinal, duc de Richelieu, baron de l'Ile-Bouchard, pair de France, mourut en 1642.

Par son testament du 13 mai 1642, il avait substitué son nom, ses armes et son duché-pairie à Armand-Jean Vignerot du Plessis, petit-fils de René Vignerot, et de Françoise du Plessis. Cette dernière était sœur du cardinal.

XXXV. – Armand-Jean Vignerot du Plessis, duc de Richelieu et de Fronsac, prince de Mortagne, baron de l'Ile-Bouchard, pair de France, né le 3 octobre 1629, mourut le 10 mai 1715. Il avait épousé: 1° le 26 décembre 1649, Aime Poussart, fille de François Poussart, marquis de Fors, et d'Anne de Neubourg, 2° le 30 juillet 1685, Anne-Marguerite d'Acigné, fille de Jean-Léonard d'Acigné, comte de Grandbois, et de Marie-Anne d'Acigné; 3° le 30 mars 1702, Marguerite-Thérèse Rouillé, fille de Jean Rouillé, baron de Meslay, conseiller d'Etat, et de Marie de Cornans d'Astrie.

De son second mariage sont issus : 1° Louis-François- Armand, qui suit; 2° Catherine-Armande, mariée, le 23 avril 1714, à Francois-Bernardin du Châlelet, comte de Clermont; 3° Élisabeth-Marguerite-Armande religieuse à Saint-Remy-des-Landes; 4° Marie-Gabrielle-Élisabeth, abbesse du Trésor.

XXXVI. Louis-Francois-Armand Vignerot du Plessis, duc de Richelieu et de Fronsac, baron de 1'lle-Bouchard, comte de Chinon, pair et maréchal de France, membre de l'Académie française, né le 13 mars 1696, mourut le 8 août 1788. U fut marié trois fois : 1° le 12 janvier 1711, avec Anne-Catherine de Noailles, fille de Jean-François de Noailles, maréchal de camp, lieutenant-général au gouvernement d'Auvergne, et de Marguerite-Thérèse Rouillé de Moslay; 2° par contrat du 7 avril 1734 avec Elisabeth-Sophie de Lorraine-Guise, fille d'Anne-Marie-Joseph de Lorraine, prince de Guise, et de Marie-Louise-Christine Jeannin de Castille; 3° en 1780, avec Jeanne-Catherine-Josèphe Lavaulx, fille de Gabriel-François, comle de Lavaulx, et de Charlotte de Lavaulx de Pompierre.

Du second lit il eut deux enfants : 1° Louis-Antoine-Sophie, qui suit; 2° Jeanne-Sophie Elisabeth Louise Armande-Septimanie, mariée, le 10 février 1756, à Casimir, comte d'Egmond-Pignatelli, duc de Bisache, grand d'Espagne. Elle mourut en 1769.

XXXVII. – Louis-Antoine-Sophie Vignerot du Plessis, duc de Richelieu, baron de l'Ile-Bouchard, pair et maréchal de France, gouverneur de Guienne, membre de l'Académie française, né le 4 février 1736, mourut en 1791.

En premières noces, il avait épousé, le 25 février 1764, Adélaïde-Gabrielle de Hautefort de Juillac, dont il eut Armand-Emmanuel-Sophie-Septimante, duc de Richelieu, pair de France, ministre, né le 25 septembre 1766, mort le 18 mai 1822.

D'un second mariage, contracté le 20 avril 1776, avec Marie-Anne de Galliffet, fille de Philippe-Christophe Amateur de Galliffet, baron de Dampierre, et de Marie de Lévis, Il eut : 1° Armande-Marie, femme de Hippolyte, marquis de Montcalm-Gozon ; 2° Armande-Simplicie-Gabrielle, mariée à Antoine-Pierre-Joseph du Chapelle, marquis de Jumilhac, lieutenant-général des armées du roi, dont les enfants furent substitués, par lettres patentes du 10 septembre 1822, aux noms et armes des Richelieu.

 

 

Maison du Temple de l'Ile-Bouchard

 

Au cours du second quart du 13e siècle, construction d'une commanderie de Templiers au lieu-dit "le Temple" aujourd'hui situé sur la commune de Brizay, elle se trouve sur une colline assez prononcée à laquelle on accède par un chemin qui part de la route de l'Ile-Bouchard à Tavant et passe le long du cimetière de l'Ile-Bouchard.

 

Domus militiae templi de insula, Domus militiae templi insulae bochardi , 1255

Après avoir appartenu à l'ordre du Temple, elle passa à l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Le commandeur résidait à Brizay, où se trouvait une chapelle, qui existait encore en 1787.

En 1569, les bâtiments furent incendiés par les Huguenots. On les reconstruisit deux ans après. Vers la même époque, on annexa à cette commanderie celles de Nouâtre, de Chinon et de la Rivière, qui avaient également appartenu à l'ordre du Temple.

En 1790, la commanderie de l'Ile-Bouchard possédait cinquante arpents de terre, des rentes s'élevant à cinq cents boisseaux de tous grains, la dîme des Courances, paroisse de Theneuil la dime de Migny, paroisse de Parçay; les dîmes de Cravant et de Razines, la maison du Temple, paroisse de Rivarennes; la métairie et le moulin du Temple, paroisse de Nouàtre; la métairie de Tantan, paroisse de Draché; le moulin du Temple et la métairie de l'Hopital, paroisse de Balesmes. En 1762, le revenu total du commandeur était évalué à 5,500 livres.

 

Commandeurs de l'Ile-Bouchard.

Guy Maloche, 1238. ·

Jehan de Saint-Benoit, 1273-83.

Philippe de Benon, 1351.

Jehan Arnault, 1403.

Jehan de Vivonne, 1413.

Jehan d'Aulnys, 1538, 1544.

Louis Darrot, 1569, décédé en 1573.

Antoine de Tranchelion, 1573-74.

Aimé du Chesne, 1594.

Toussaint de Terves de Boisgirault, 1616.

Gabriel de Chambes de Bois-Baudran, 1638.

François Petit de la Guerche, 1646.

François de la Rochefoucaud, 1664.

Claude de Brilhac de Nouzières, 1674.

André-Marie de Montécler, 1709.

Jacques de Bessay, 1745.

Jehan de Martel, 1756.

Hardouin de Maillé, 1761.

Joseph-Jacob de Tigné, 1768.

N. de Lejumeaux de Perriers, 1775.

Jean-Charles-François de Meaussé, 1781.

Léon-Hyacinthe Lingier de Saint-Sulpice, 1789, décédé le 3 novembre 1793.

 

 

Dictionnaire géographique, historique et biographique d'Indre-et-Loire et de l'ancienne province de Touraine : par J.-X. Carré de Busserolle

 

 

==> CATHERINE DE L'ILE-BOUCHARD, dame de la Trémoille 12 avril 1430