Découverte du Germundum castrum des Mottes de Germond

AQUITANIA Sites défensifs et sites fortifiés au Moyen-Age entre la Loire et Pyrénées

Actes du premier colloque Aquitania, Limoges, 20-22 mai 1987

Fig 11.  Champdenier : Germond et Saint Ouenne 1/25 000 de Coulonges sur l’Autize, eone 7-8.

En M : la Motte ;

En V : le plateau ou se situait la « Ville au Beurre »

En C : le Castrum

En T : le Tumulus

— Terra Germundi donnée à l’abbaye de Saint-Cyprien de Poitiers, par Guillaume-le-Grand, comte du Poitou, ad villam construendam, 1003 (Arch. du département de la Vienne).

 — Germundum castrum, 1037.

— Germeondum castrum destructum, 1094 (chronique de Maillezais).

— Ecclesia de Germundo, 1648 (Pouillé de la Rocheposay).

— Le fief de Germond proprement dit était vassal de la châtellenie de Châteauneuf en Gâtine et avait droit d’exercer haute, moyenne et basse justice sur de nombreux fiefs.

 

Découverte du Germundum castrum des Mottes de Germond

Germond, un des points de stratégie militaire du moyen âge, était sur le chemin chevaleret.  

 La Motte de Germond, sur laquelle avait été bâti le vieux château, semble être construite de mains d’hommes et remonter à l’époque gauloise.  

Guillaume le Gros, comte de Poitou, vaincu à la Bataille de Moncoué, près Saint-Jouin-de-Marnes par Geoffroy Martel, mourut plus tard, au sortir d'une longue captivité.

Othon, ou Eudes de Gascogne, frère de Guillaume, réclama son héritage ; mais Agnès et Geoffroy-Martel, enhardis par un premier triomphe, refusèrent de s'en dessaisir et n'oublièrent rien pour gagner à leur injuste cause la plus grande partie des seigneurs et barons.

 Le gouverneur de Mauzé se rangea dans le parti d'Agnès.

Obligé de conquérir par la force des armes une propriété légitime, Othon était venu en Poitou avec une armée peu imposante sans doute.

 Il assiégea d'abord le château de Germond, en Gâtine, défendu par Guillaume l'Archevêque, seigneur de Parthenay, et ne put s'en rendre maître.

 

Découverte du Germundum castrum des Mottes de Germond

Le site est complexe. Le confluent de deux vallées profondes, rapprochées et presque parallèles, celle de l'Egray et celle du ruisseau de Pimpeau forme un éperon aux parois très raides dont l'extrémité est précédée, à environ 400 m, par un rétrécissement.

Sur ce promontoire, on trouve successivement (voir figure) de l'amont vers l'aval, c'est-à-dire du nord vers le sud :

1°) une motte circulaire (I) en 387,1 - 166,9. Elle est à cheval sur le rétrécissement et ferme complètement le passage. Haute d'une dizaine de mètres, au sommet plat et relativement étroit, avec des flancs rapides, abimés en deux endroits, au nord, par les tranchées d'archéologues maladroits.

Cette motte était renforcée face à l'arrivée par un fossé et un rempart. Ceux-ci disparaissent sur les côtés, absorbés par la pente des ravins ; en arrière de la motte, c'est-à-dire du côté du territoire protégé, leur existence est incertaine et même peu probable.

2°) un plateau cultivé (II) entouré et divisé par des murs en pierres sèches peu élevés mais très épais et dont la construction a pu avoir trois causes : l'épierrement, la clôture et la défense.

 

 

Sur ce plateau, on a recueilli de l'outillage de l'âge du Bronze, mais aussi des débris plus modernes. On y a vu une fuie, et une tradition du siècle dernier, oubliée aujourd'hui, conservait le souvenir d'un village disparu, celui de la « Ville au Beurre ».

3°) Une enceinte quadrangulaire (IV) en 387,2 - 166,5 fermant l'entrée du plateau par le sud.

Ses côtés, constitués par une levée de pierres, enserrent une cour transformée en jardin pourvue d'un puits et où L. Desaivre avait vu des restes de murs gothiques (L. DESAIVRE, « Château des Mottes de Germond », dans Bull. Soc. Stat. Départ. Deux-Sèvres, t. VII, 1888/90, p. 231, 236).

Au nord le rempart est bordé par une douve (III), interrompue à un bout par la vallée de l'Egray et à l'autre bout par la route qui a également entamé une partie du talus. Au sud a été construite la ferme actuelle (V).

4°) Un tumulus à incinération de l'âge du Fer (VI) (Voir : G. GERMOND, « Le Chalcolithique et le Bronze ancien aux Mottes, commune de Germond », dans Bull. Soc. hist. scient. Deux-Sèvres, t. VIII, 1975, p. 231-243).

En raison de sa situation, il a pu être utilisé pour protéger le château au sud comme la motte faisait au nord, hypothèses que viendrait confirmer un fossé circulaire aujourd'hui disparu, mais signalé lors d'une fouille en 1879 (Bull. Soc. Stat. Départ. Deux-Sèvres, t. IV, 1879/81, p. 139).

Avant G. Germond, le site avait déjà retenu l'attention des historiens, notamment de M. GARAUD dans ses recherches sur Les châtelains., et de B. LEDAIN dans La Gâtine historique et monumentale, 2" éd., Parthenay, 1897, p. 35 et 53.

 De leur documentation, il résulte que le château de Germond appartenait aux seigneurs de Parthenay, qu'il fut construit en 1037, assiégé en 1039 et reconstruit en 1093.

Mais les vestiges observés par L. Desaivre indiquent qu'entre le chalcolithique et la ferme d'aujourd'hui, l'histoire de l'éperon fortifié ne se réduit pas à une phase de la lutte entre le comte de Poitou et le comte d'Anjou.

 

 

Société des antiquaires de l'Ouest.

Note sur la motte de Germond, in Actes de la Société, extrait du p.v de la séance du 6 mai 1879, Bulletin de la Société de Statistique des Deux Sèvres 1879-1881, pp 137-140

 

 

 

Sept. 1033 Par le GR36 - Bataille de Moncoué, près Saint-Jouin-de-Marnes - Geoffroy Martel et Guillaume duc D’Aquitaine <==.... ....==> An Mil, siège du château de Mauzé de Guillaume le Bâtard, protégé par la Bretagne, avec des fossés et des pont-levis

 

 

Antiquité d’Ardin sur la Voie Romaine de Saintes à Angers <==.... ....==>Les Origines de l'Absie et de son Abbaye. (L'ABSIE détruite par les Normands)