1047 Guillaume 1er seigneur de Parthenay vend l'île de Vix située dans le golfe des Pictons à Agnès Comtesse de Poitou et d'Anjou, Duchesse d'Aquitaine

 La tutelle gênante, exercée par le duc d'Aquitaine à Parthenay, avait cessé avant l'année 1021.

Guillaume, libre de toute entrave, administrait ses domaines, saisissant avec avidité, comme tous les seigneurs de cette époque, toutes les occasions d'augmenter son indépendance et d'étendre les limites de sa baronnie.

La considération personnelle dont il jouissait et l'influence croissante de sa famille nous sont attestées par une bulle du pape Jean XIX du 1er mai 1031. L'intérêt, que ce souverain pontife portait au monastère de Saint-Jean-d'Angély, lui avait suggéré la pensée de s'adresser aux barons qu'il croyait susceptibles, par leurs richesses, leur puissance et leur voisinage, d'accorder aide et protection à l'abbaye.

C'est pourquoi son bref est adressé d'abord au duc d'Aquitaine, puis à Geoffroy, comte d'Angoulême, à Hélie, comte de Périgord, aux fils de Hugues de Lusignan et à Guillaume, seigneur de Parthenay.

Le pape met, pour ainsi dire, l'abbaye de Saint-Jean-d'Angély sous leur protection, les invitant à prendre en mains la défense de ses droits et de ses biens (2).

Ce fait seul suffit pour nous montrer quelle place distinguée tenait le seigneur de Parthenay parmi les feudataires poitevins.

La guerre, qui éclata à cette époque entre le comte d'Anjou et le duc d'Aquitaine, lui offrait une trop belle occasion de jouer un rôle pour ne pas la saisir avec empressement.

Guillaume le Grand était mort en 1030, laissant Guillaume le Gros, son fils aîné, pour successeur dans le duché.

Agnès de Bourgogne, sa troisième femme et belle-mère du nouveau duc, épousa en secondes noces l'ambitieux Geoffroy Martel, comte d'Anjou.

Ce mariage fut funeste au Poitou;

 il engendra des discordes sanglantes entre les deux princes. Geoffroy Martel chercha des alliés parmi les vassaux de son ennemi : il en trouva sans peine.

A son appel, le vicomte de Thouars et Guillaume de Parthenay répondirent par un soulèvement contre leur suzerain.

Après bien des ravages exercés par les deux partis, Guillaume le Gros perdit la décisive bataille de Saint-Jouin-les-Marnes contre le comte d'Anjou (9 septembre 1034). Blessé et fait prisonnier dans cette néfaste journée, il ne recouvra la liberté que trois ans après, moyennant une rançon considérable.

Le duc d'Aquitaine humilié allait nécessairement reprendre les armes pour punir ses vassaux infidèles: dans cette crainte, Guillaume de Parthenay se prépara à la résistance, et, de concert avec Geoffroy Martel, construisit le château de Germon destiné à couvrir la frontière méridionale de la Gâtine (1037).

Cette précaution fut loin de lui être inutile, malgré la mort de Guillaume le Gros arrivée l'année suivante (1038).

Eudes, déjà duc de Gascogne du chef de sa mère, ayant été appelé par une partie des barons du Poitou à la succession du dernier duc d'Aquitaine, son frère consanguin, reprit hardiment les armes et résolut de le venger.

Tout l'effort de la guerre retomba sur le seigneur de Parthenay. Plein d'espérance dans la victoire, le nouveau comte de Poitou commença par mettre le siège devant le château de Germon.

Mais Guillaume de Parthenay, qui dirigeait en personne la défense, ne se laissa point intimider. Sa vigoureuse résistance fut couronnée de succès et contraignit les assaillants à une honteuse retraite.

Eudes vaincu, mais non découragé, se retira pour aller se faire tuer à l'attaque du château de Mauzé (mars 1039) (3).

Le sire de Parthenay sortait donc triomphant de la lutte, et son puissant allié le comte d'Anjou devenait, par suite de ces événements, arbitre souverain des destinées de l'Aquitaine. Satisfait d'un résultat qui, en abaissant momentanément la famille des comtes de Poitiers, augmentait l'influence morale de sa propre maison, Guillaume de Parthenay se rattacha de plus en plus à la fortune de l'heureux Geoffroy Martel.

Aussi libéral envers l'Église que brave et puissant, le comte d'Anjou avait fondé à Vendôme, conjointement avec sa femme Agnès, le monastère de la Trinité.-

La dédicace eut lieu en 1040. Ce fut une fête brillante et solennelle à laquelle le comte d'Anjou convia une multitude de prélats, d'abbés et de barons.

Guillaume de Parthenay ne pouvait manquer d'y assister. Beaucoup de seigneurs du Poitou s'y trouvèrent avec lui, notamment Hélie, sire de Vouvent, le vicomte d'Aunay, Guillaume Chabot, et d'autres encore (4).

 

Marais de Vix

Quelques années plus tard, en 1047, le sire de Parthenay assistait également à la dédicace de l'abbaye de Notre-Dame de Saintes, fondée par Geoffroy Martel et la comtesse Agnès.

C'est pendant son séjour dans cette ville, à l'occasion de cette solennité, que Guillaume de Parthenay vendit à la comtesse d'Anjou, l'île de Vix située dans les marais de la Sèvre du golfe des Pictons, non loin du château de Fontenay et de l'abbaye de Maillezais.

 Agnès ne faisait cette acquisition que pour en faire don à la nouvelle abbaye.

La charte rapportée au Gall. Crist. eccl. Santon. atteste qu'à cette époque, les marais, à prendre de Vix, en remontant la Sèvre, étaient en pleine culture.

Il paraît par cette charte, qu'Agnès, comtesse de Poitou, avait acheté de Guillaume, seigneur de Partenay, et ce, du consentement de son fils Guillaume, comte de Poitou et duc d'Aquitaine, l'île de Vix, insulam quæ vocatur vicus ( Vic , en celtique ou gaulois, veut dire habitation terre habitée) in pago pictavensi sitam in maritimis aquae Sevriae , ( les marais de l'eau de la Sèvre) habentem sinistro haud multum castellum Fonteniaci , ad orientem monasierium sancti Petri Malleacensis perspicientem quam de illo supra dicto Wuilelmo sic integram emi , ut nihil penitùs in eâ remaneret quod pro rectum debitum quivis reclamare posset , totam scilicei ecclsium tum appenditiis , terram et œdificia et quae, indè exire debent consuetudines piscirias per omne maritimum (c'est-à-dire par tout le marais) circumquaque dedi Wuilelmo pro hâc insulâ mille et quinquaginta nummorum ….

La comtesse Agnès donna l'île de Vix à l'abbaye des Nonnains de Notre-Dame de Saintes, qu'elle avait fondée; et cette charte, datée de Saintes, 1047 , ind. 15 , sous le règne d'Henri, roi de France, est souscrite par Guillaume, comte de Poitou , duc d'Aquitaine; Agnès, comtesse, sa mère ; Isembert , évêque de Poitiers ; Arnulphe, évêque de Saintes; Guillaume de Partenay, Guillaume son fils, Josselin son frère , trésorier de St. -Hilaire ; Gelduin son frère, Simon son frère, Ebles son frère, Beatrix leur sœur , Hugues et Guillaume, neveux de Guillaume de Partenay ; Hugues, vicomte de Châtelleraud , Etienne Rufin , de Châtelleraud ; Jean de Chinon, Gelduin de Preuilli , Guillaume Bastard et Bouchard de Mortagne.

Et comme le sire de Parthenay voulait donner des preuves de générosité et de zèle religieux envers le monastère de Notre-Dame, il lui abandonna tout le prix de vente de l'île de Vix, et consacra au service de Dieu sa fille Béatrix encore enfant (5).

 

INCIPIUNT CARTE DE TERRA DE VIS. (1047.)

Notum sit omnibus sancte Dei ecclesie fidelibus (6), quod ego Agnes comitissa comparavi de Willelmo de Parteniaco, jussu et auctoritate filii mei Aquitanorum ducis Willelmi, insulam que vocatur Vicus, in pago Pictavensi sitam, in maritimis aque Sevrie, habentem sinistro latere haut (sic) multum longe castellum Fonteniaci, ad orientem vero monasterium Sancti Petri Malleacensis prospicientem, quam de illo supradicto Willelmo Parteniacensi sic integram emi, ut nichil penitus in ea remaneret, quod post rectum debitum quivis unquam reclamare posset, totam scilicet ecclesiam, cum suis appendiciis, terram totam et hedificia, et que inde exire debent consuetudines, piscarias per omne maritimum circumquaque.

Dedi quoque supranominato Willelmo pro hac insula mille et quingentos nummorum solidos, cum plurimis auxiliis que sibi alias feci.

Hanc meam emptionem annuit meus filius Pictavinus comes Willelmus. Similiter annuerunt uxor hujus Willelmi Parteniacencis, Arengarda nomine, et filius ejus prior natu Willelmus, et frater ejus Goscelinus Sancti Hylarii thesaurarius (7), et Symon, et Geldoinus.

Horum pater, cum istis nominatis filiis, jurej urando fidutiam mihi dederunt, ne unquam in futurum hec mea emptio et eorum venditio per aliquem de suis heredibus reclamaretur.

 Et si quispiam sibi vendicare parentela, vel vi, vel alio quolibet modo vellet, se adjutores ad deliberandum fore, quibus modis possent, polliciti sunt.

Hanc insulam, sicut emeram, per supranominatorum auctoritatem concessi ecclesie quam apud Xanctonas civitatem in honore sancte Dei genitricis virginis Marie et omnium sanctorum Dei, humilis ejus ancilla, a novo fundavi, et sanctimonialibus in eadem omnipotenti Deo sub sancti Benedicti regula servientibus, pro redemptione anime mee et salvatione filiorum, et honoris, ut peccatorum veniam merear consequi.

Tali autem tenore supradicte ecclesie contuli ecclesiam cum appendiciis et omnia ejus exenia, ut sit illi et suis sanctimonialibus cella in perpetuum.

Et si forte (quod absit) locus ille, qui est apud Xanctonas, omnino destrueretur, sic destine anime mee, ut ubicumque aufugeret abbatissa cum monachabus, ibi velatis et Deo dicatis, vel deveniret, vel hospitaretur, hujus emptionis mee redditionem vel expletum sibi et suis accipiat in vivendi usum.

Quod factum, ut stabile pocius videretur, domnus Willelmus et uxor ejus Arengarda filiam quam habebant parvulam, Deo et matri sue, et omnibus sanctis, ad sibi inibi serviendum obtulerunt, et de hac venditione donum super altare matris Domini miserunt. Nos quoque donum nostrum, ut decebat, confirmavimus, et fidelibus testibus hanc cartulam roborandam tradidimus.

S. + Willelmi ducis Aquitanorum. S. + comitisse Agnetis. S. + Isemberti Pictavensis episcopi. S. + Arnulfi Sanctonensis episcopi S. + W. Parteniacencis. + S. filii ejus W. S. + Joscelini fratris ejus thesaurari Sancti Hylarii. S. + Symonis fratris ejus. S. + Geldoini fratris ejus. S. + Ebonelli fratris ejus. S. + Beatricis sororis eorum. S. + Hugonis et W. ne- potum eorum. S. Hugonis vicecomitis de Castro Airaldi. S. + Stephani de Castro Airaldi. S. + Johannis de Chinone. S. + Guidonis de Pruliaco. S. + W. Bastardi. S. + Bucardi de Mauritania.

His et aliis multis videntibus, actum est civitate Xanctonis, anno ab Incarnatione dominica M° XL°.

VII°. Indictione XV. Henrico rege Francorum, in Dei nomine feliciter. Amen. Et sciendum est, quod omnes episcopi, qui ad ecclesiam Beate Marie adfuerunt dedicare, excommunicaverunt illos qui donationes factas illi ecclesie dextruxerint, et eas qui postea date fuerint.

Isti episcopi fuerunt, Archembaudus sancte Burdegalensis ecclesie archiepiscopus, Hugo sancte Bisonticencis ecclesie indignus archiepiscopus, Aimo sancte sedis Bituricencis archipresul, Arnulfus sancte Sanctonice ecclesie novus episcopus, Hugo Nivernensis ecclesie humilis episcopus, Willelmus Engolimensis ecclesie humilis sessor, Geraldus Petragoricorum episcopus, Pudicus sancte Nanmetice ecclesie episcopus , Jordanus sancte Lemovicensis ecclesie episcopus.

Durant tout le cours du onzième siècle, la prospérité du pays de Gâtine s'accroît d'une manière notable : des défrichements s'opèrent par les mains des moines ; l'agriculture se développe, des bourgades nouvelles s'élèvent de tous côtés; l'industrie naissante des draps de Parthenay, source précieuse de richesse pour cette ville, prend une extension considérable ; les fabriques se multiplient et, dès cette époque reculée, leurs produits commencent à jouir au loin de cette réputation méritée qu'ils ont conservée pendant si longtemps dans les contrées, de l'ouest (8).

Les seigneurs de Parthenay encouragent ce mouvement de tous leurs efforts ; les églises qu'ils fondent partout deviennent autant de centres autour desquels ils attirent et réunissent des habitants auxquels ils accordent des franchises et des exemptions d'impôts.

Les petits vassaux de la Gâtine suivent cet exemple dans leurs domaines. C'est ainsi que, du vivant de Guillaume de Parthenay, nous voyons un petit seigneur, nommé Simon, fonder l'église et le bourg de Saint-Lin. Peu de temps après l'achèvement des travaux, vers l'an 1044, ce même Simon et sa femme Marguerite, poussés par un de ces sentiments de piété si communs au moyen âge, donnent à l'abbaye de Saint-Maixent la moitié du nouveau bourg et de la nouvelle église.

La donation comprenait en outre des vignes situées près du château d'Hérisson, et deux viviers, l'un à Mazières, l'autre à Verruie (9).

Guillaume de Parthenay mourut vers l'an 1058.

Il avait épousé depuis fort longtemps Aremgarde, dont on ne pourrait préciser l'origine, mais qu'on a supposé avoir appartenu à la famille de Talmont.

Cette union fut féconde et donna six enfants au sire de Parthenay. Guillaume l'aîné précéda son père dans la tombe; les autres fils, Josselin ou Gosselin, Simon, Gelduin et Ebbon, furent successivement seigneurs de Parthenay.

Une fille, nommée Béatrix, était religieuse au couvent de Notre-Dame de Saintes.

 

1065, 14 août. « Et unum clusellum in villa que dicitur Vix. » Don de Daervert et d'Ermengarde aux abbayes de Maillezais et de Notre-Dame de Saintes. D. Fonteneau, t. XXV, fol. 391.

 

(1100 - 1107).CARTA DE QUADAM GRANDI QUERELA, QUE FUIT INTER ABBATISSAM LETHBURGIM ET THEBBAUDUM.
LETTRE CONCERNANT UNE CERTAINE GRANDE PLAINTE QUI EXISTAIT ENTRE L'ABBESSE DE LETHBOURG ET THEBBAUD.

 


Lethburge, seconde abbesse, siégeait de 1066 à 1079.
L’abbesse Lethburge étoit déjà sur le siège abbatial de Saintes l'an 1066, comme il paroît par un titre du cartulaire, dans lequel il est dit qu'un nommé Dagbert, du consentement de sa femme, se consacra au service du monastère pour le reste de ses jours; ce titre est daté du tems du comte Guillaume qui prit la ville de Balbastro sur les Sarazins, indiction 4e, du concours 5c, épacte Ile, ce qui revient à l'an 1066, sous le règne du comte Guy Geoffroy, nommé autrement Guillaume VIII, duc d'Aquitaine et comte de Poitou, second fils de la comtesse Agnès. On ne sçait point le tems de la mort de cette abbesse.

Temporibus Agnetis comitisse, in villa que Vis dicitur, quam ipsa dedit Sancte Marie Xanctonensis cenobii, quidam habebatur prepositus, nomine Thebbaudus, qui, post mortem ejus, quedam injuste oçcupavit in proprios usus cujusdam ansterii, scilicet medietatem.
Sous le règne d'Agnès, dans la ville appelée Vis, qu'elle donna au couvent de Sainte-Marie de Saintes, il y avait un certain prêtre, nommé Thebbaudus, qui, après sa mort, s'appropria injustement quelque chose pour son propre usage, c'est-à-dire c'est-à-dire la moitié de la succession d'un certain ancêtre.


Quod audiens Lethburgis, que tunc temporis erat abbatissa ejusdem cenobii, pluribus audientibus testibus, Guibberto preposito scilicet, et Thebbaudo Doroso, et Arnaudo Infante, et Giraudo Pictore, illi calumpniata fuit.
A l'audience de Lethburgis, qui était alors l'abbesse du même couvent, elle fut accusée par plusieurs témoins d'audience, à savoir le supérieur Guibert, et Thebbaud Doroso, et Arnaud l'Infant, et Giraud le Pictor.


Hoc autem mortuo, successit filius ejus, nomine Radulfus, qui et eandem injusticiam patris tenuit, et huic injusticie plures per se alias addidit. Post-hec vero quidam homo ejusdem Radulfi, nomine Josbertus Goinus, post mortem abbatisse Lethburgis, venit ad successorem suam abbatissam, nomine Hersendem cognomen to Brunam, fingens se suum proprium villicum, et petens fraudulenter habere ab ipsa, quod mentitus fuerit se habuisse a predecessors sua, scilicet quartum vinearum suarum : et dixit, quod solummodo propter hoc nullum sibifaceret servitium, nisi daret additamentum.
Et quand il mourut, son fils, nommé Ralphus, lui succéda, et il maintint la même injustice de son père, et à cette injustice il en ajouta bien d'autres par lui-même. Après cela, un certain homme du même Ralph, nommé Josbertus Goinus, après la mort de l'abbesse Lethburg, est venu à son successeur, l'abbesse, dont le nom était Hersend, surnommé Brun, prétendant être son propre vicaire, et prétendant frauduleusement de l'avoir d'elle, parce qu'il avait menti qu'il l'avait de ses prédécesseurs, le sien propre, c'est-à-dire le quart de ses vignes : et il dit que pour cette seule raison il ne se rendrait aucun service, s'il ne donnait une addition.


Ipsa vero sibi dedit ad presens unum caballum, et per singulos annos duo sexteria mestive constituit. Post hec audiens abbatissa, quod ipse sibi furabatur, mandavit eum, ut veniret ante se ad jus.
Elle, cependant, s'est donné un cheval à l'heure actuelle, et pour chaque année, elle a établi deux sexters. Après cela, l'abbesse, apprenant qu'il la volait, lui ordonna de venir devant elle à la cour.


Quod audiens Radulfus prepositus, quod ille homo suus, per abbatissam scilicet, proprie mandaretur in jus, contradixit abbatisse ipsum ante se venire; quia proprius erat suus homo ille. Videns autem illa, quoniam per se justiciam habere de eo non posset, mandavit Radulfo, quod ipse sibi faceret.
Lorsque Ralphus, le préfet, apprit que cette personne à lui, à savoir, par l'abbesse, avait été dûment envoyée en justice, il contredit que l'abbé lui-même était venu avant lui; parce que cet homme était le sien. Mais elle, voyant qu'elle ne pouvait pas par elle-même avoir justice à son égard, ordonna à Ralph qu'il devait faire pour lui-même.


 Veniens itaque Radulfus Xanctonas ante abbatissam, secum ad judicium illum adduxit. Ad cujus judicium fuerunt judices Focaldus Airaldi et alii complures, secundum judicium quorum, pro forisfacto suo, dedit ipse magnitudinem vadimoniorum.
Puis Ralphus Xanctonas, venant devant l'abbesse, l'amena avec lui au jugement.

Au jugement de qui Focaldus Airaldi et plusieurs autres étaient les juges, selon le jugement desquels il a lui-même donné une grande caution pour ce qu'il avait perdu.


Quorum omnium Radulfus pre magnitudine vix fidejussor fuit. His ita factis, ambo discesserunt in respectu. In quo respectu contigit, quod quidam homo alius ejusdem Radulfi, nomine Goinus, arans extra terram Sancte Marie, in terra vicecomitis Savarici, bannum despexit quod Savaricus edixerat omnibus hominibus terre sue : quoniam si quis horum esset qui non in suo quodam exercitu iret; sexaginta solidos persolveret.
De tout cela, Ralphus n'était guère un garant devant sa grandeur. Après que ces choses eurent été faites, ils partirent tous les deux avec respect. A cet égard, il arriva qu'un certain autre homme du même Ralph, nommé Goinus, labourant hors du pays de Sainte-Marie, dans le pays du vicomte de Savaricus, ne tint pas compte de l'interdiction que Savaricus avait émise à tous les hommes de son pays. : car s'il y en avait parmi eux qui n'iraient pas dans sa propre armée; il paierait soixante solidi.


 Qua causa fecit predari boves istius, quos in sua terra invenit. Hic autem volens defendere suos boves, venit ad homines illius terre Sancte Marie, ut se adjuvarent. Qui secum obviam procedentes armati, abstulerunt boves non sine multo sanguine ex utraque parte, ita quod multi homines Sancte Marie plagati essent, et unus miles occisus ex vicecomitis hominibus. Istud audiens vicecomes, predatus est terram Sancte Marie.
Pour cette raison, il fit paître les bœufs de ceux qu'il trouva dans son pays. Maintenant, voulant défendre son bétail, il vint vers les gens de cette terre de Sainte-Marie, afin qu'ils puissent l'aider. Ceux qui, venant armés à sa rencontre, chassèrent les bœufs non sans beaucoup de sang des deux côtés, de sorte que beaucoup d'hommes de Sainte-Marie furent assiégés, et un soldat fut tué parmi les hommes du vicomte. Le vicomte entendant cela, a été dépouillé de la terre de Sainte-Marie.


Tunc Radulfus prepositus supradictus, senior Goini, volens paccare culpam ejus, satisfecit ex hac re vicecomiti, ita quod et sibi predam Sancte Marie, pro forisfacto banni, sexaginta solidorum condonaret, et pro morte militis, de eadem terra centum solidos emendaret.
Alors le susdit Ralphus, l'aîné de Goini, voulant expier sa culpabilité, satisfait le vicomte de cette affaire, afin qu'il pardonne aussi soixante solidi pour la déchéance de l'interdiction de Sainte-Marie, et pour la mort du chevalier, il ferait amende honorable pour la même terre avec cent solidi.


 Hujus rei cognitio postquam venit ad aures abbatisse, ilico transmisit illuc legatos monentes Radulfum, quod sibi faceret rectum de presenti forisfacto et de fidejussione Josberti Goini, et de aliis que ipse faciebat per se forisfactis. Qui dolis differens rectum, in hac dilatione fecit se monachum, ante tamen filiam suam cuidam Andree de Traenz tradens in conjugium, cum his omnibus possessionibus, quas possidebat sive juste sive injuste.
Lorsque la connaissance de cette affaire parvint aux oreilles de l'abbé, il y envoya immédiatement des ambassadeurs, exhortant Ralph de faire ce qu'il fallait pour lui concernant le cadeau confisqué et la caution de Josbert Goini, et d'autres confiscations qu'il avait faites par lui-même.
Lui, qui, par tromperie, s'est distingué du droit, s'est fait moine pendant ce délai, ayant auparavant donné sa fille en mariage à un certain Andrea de Traenz, ainsi que tous ces biens, qu'il possédait, soit à juste titre, soit à tort.


Tunc iterum legatos, videlicet Gonstanciam monacham, et Hugonem Robelinum, et Auduinum Francigenam, abbatissa illuc misit, qui interdicerent ipsum esse monachum. Ille vero propter hoc non dimisit. Postea autem abbatissa, non derelinquens forisfacti calumpniam, ipsamet illuc ivit, et Andream qui filiam habebat Radulfi ad jus mandavit.
Puis l'abbesse envoya encore des ambassadeurs, c'est-à-dire Gonstancia la nonne, Hugues Robelinus et Auduinus la Francigena, pour lui interdire d'être moine. Mais il ne l'a pas laissé partir à cause de cela. Plus tard, cependant, l'abbesse, n'abandonnant pas la plainte du forfait, s'y rendit elle-même et envoya Andrea, qui avait une fille, à la cour de Ralph.


Ad hoc judicium judices fuerunt Savaricus vicecomes, et Willelmus filius Petri, et Hugo filius Amelii, ceterique multi, qui judicaverunt nullo modo ilium habere posse preposituram Sancte Marie, nisi idem rectum faceret, quod Radulfus abbatisse fecisse debuerat, Ille vero, propter gravitatem judicii, nullo recto facto, discessit. Abbatissa itaque Sanctonas reversa est. Andreas autem penitens se non fecisse rectum abbatisse, Sanctonas perrexit, et venit ante eam, cum Ebone de Parteniaco et Girardo filio Seebrandi, et fecit placitum cum ea, ita quod ipse sibi convenit dare quingentos solidos ; et ipsa dedit feodum suum illi, sicut rectius habuerat Thebbaudus prepositus in vita comitisse Agnetis et abbatisse Constancie.
A ce jugement, les juges étaient Savaricus, le shérif, et Guillaume, fils de Pierre, et Hugues, fils d'Amelius, et beaucoup d'autres, qui ont jugé qu'il ne pouvait en aucune façon avoir le préfet de Sainte-Marie, à moins qu'il ne fasse de même bonne chose que Radulfus l'abbé aurait dû faire, sans rien faire de bien, il est parti.

L'abbesse retourna donc à Saintes. Mais Andrew, se repentant de n'avoir pas fait ce qu'il fallait pour l'abbé, se rendit à Saintes et se présenta devant elle, avec Eble de Partenay et Girard, fils de Seebrand, et passa un accord avec elle, de sorte qu'il accepta lui-même de donner ses cinq cents solides ; et elle lui donna ses honoraires, comme Thébbaude, le préfet, avait été de son vivant la comtesse d'Agnès et abbé de Constance.


Postea fecit sacramentum fidelitatis, Guibberto de Taleburgo eum per manum tenente, audientibus Helia sacerdote, et Hugone Robelino, et Richelde, et Aremburge, et Amelia monachabus, aliisque compluribus. Tunc revertens, fidelitate infracta, omnia que dimiserat, recuperavit.
Ensuite, il fit le sacrement de fidélité, Guibert de Taillebourg le tenant par la main, devant l'audience d'Hélie le prêtre, et d'Hugues de Robelin, et de Richelde, et d'Arembourg, et d'Amélie les religieuses, et plusieurs autres. Puis revenant, ininterrompu par sa fidélité, il récupéra tout ce qu'il avait abandonné.


 Iterum autem hoc audiens abbatissa, illuc ivit, et ut sibi faceret rectum Andream mandavit. Qui tunc veniens ad rectum, vVillelmo filio Petri, et Hugone filio Amelii, et David de Bagenis et Guibberto de Taleburgo, et Arnaldo de Broa, et Velone de Benao, judicantibus, quod omnia forisfacta que per se et fidejussors que Radulfus fecerat, emendare debebat, et feodum suum amittere, eo quod post fidelitatem recuperavit que dimiserat.
Et l'abbesse, entendant cela de nouveau, s'y rendit et envoya André pour faire ce qu'il fallait pour elle.

Qui donc venant à droite, Guillaume, fils de Pierre, et Hugues, fils d'Amelius, et David de Bagenis, et Guibert de Taillebourg, et Arnald de Broue, et Velone de Benon, jugeant que tous les forfaits qu'il avait faits par lui-même et par le fidéjusseur qu'avait fait Radulphe, et de perdre ses honoraires, parce qu'il s'était remis de la fidélité à laquelle il avait renoncé.


 Tunc non potuit rectum adimplere, dedit vadimonium suum in misericordia sua de omnibus que sibi placerent.
Puis il ne pouvait pas remplir le droit, il a donné sa caution dans sa miséricorde pour tout ce qui lui plaisait.
Abbatissa autem omnia ei condonavit, eo quod dimisit ipsi furnum, burgum, et medietaturam ansterii, et receptum et decimam novellarum vinearum : et postea idem Andreas dedit ei caballum, et tredecim modios vini. Istud placitum tali pacto frrmatum fuit, quod, si ampliusrecuperaret que dimittebat, quod abbatissa omnes j usticias suas quas ei condonabat, iterum acciperet.
Mais l'abbesse lui pardonna tout, puisqu'il lui remit le four, le bourg, et la moitié de la vigne, et la quittance et le dixième des jeunes vignes : et ensuite le même André lui donna un cheval et treize mesures de vin. Cet accord fut rompu par un accord tel, que s'il ne recouvrait plus ce qu'il avait lâché, que l'abbesse recevrait à nouveau toutes ses justices qu'elle lui avait pardonné.


Firmamentum autem istius placiti audierunt Amelia, et Hylaria, et Dia, et Girbergis de Pontelabio, monache; Guillelmus filius Petri, et Hugo filius Amelii, et David de Bagenis, et Aimericus de Maloleone, et Guibbertus de Taleburgo, et Arnaldus de Broa, et Velo de Benao. Ex parte vero Andree fuerunt testes, ipsius frater Petrus, et Amelius de Benaiz, et alii plures.


Amelia, et Hylaria, et Dia, et Girbergis de Pontelabio, une religieuse, ont entendu le soutien de ce plaidoyer; Guillaume, fils de Pierre, et Hugues, fils d'Amelius, et David de Bagenis, et Aimeri de Mauléon, et Guibertus de Taillebourg, et Arnald de Broue, et Velo de Benon.
De la part d'André, son frère Pierre, et Amelius de Benet, et bien d'autres, étaient témoins.

 


Société des archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis.

 

 

 

 

 

 ==> An Mil, siège du château de Mauzé de Guillaume le Bâtard, protégé par la Bretagne, avec des fossés et des pont-levis

 


 

Lacurie (abbé). Carte du Golfe des Santons, Pictons sous les Romains
Lacurie (abbé). " Carte du pays des Santons sous les Romains, dressée pour l'intelligence des Mémoires de la Société archéologique de Saintes, dressée par M. l'abbé Lacurie, secrétaire de la Société. " (S. d.) XIX e siècle Un savant ecclésiastique, M. l' abbé Lacurie, a envoyé au concours un mémoire manuscrit sur les Antiquités de Saintes.

 

(l) Hist. de la maison des Chasteigners, par André Duchêne, p. 8 et 9, éd. 1634.

(2) Dom Fonteneau, t. 62, p. 549.

(3) Chronique de Maillezais. — Hist. des comtes de Poitou , par Besly, p. 140, éd. 18l10. - Thibaudeau commet donc une erreur lorsqu'il prétend que le sire de Parthenay resta fidèle à Eudes (tome 1er, page T24).

(4) Dom Fonteneau, t. 80.

(5) Annales bénédictines, par dom Mabillon ,

(6) Evêque de Saintes en 1083.

(7) Archevêque de Bordeaux en 1059.

(8) Charte de 1076, dans laquelle un abbé de Saint-Jean-d'Augély donne pour l'amortissement d'un fief, quinque ulnas de panno , qui dicitar de Parteniaco. (Nol. SUT les Larch., par Marchegay.)

(9) Histoire de l'abbaye de Saint Maixent., par dom Chazal dans dom Fonteneau, t.36, 244, 245. Nous n’avons pu déterminer à quelle famille appartenait ce Simon. Peut-être était il le fils de Guillaume de Parthenay ?