1790 Saint André d'Ornay - Déclaration des biens de l'abbaye royale des Fontenelles vendue comme bien national

Quand la loi des 2-3 novembre 1789 eut « mis tous les biens ecclésiastiques à la disposition de la nation » , l'Assemblée nationale décréta, à la date du 13 novembre, que tous les titulaires de bénéfices et les supérieurs des maisons et établissements ecclésiastiques, sans aucune exception, seraient tenus de faire dans les deux mois, par-devant les juges royaux ou officiers municipaux, « une déclaration détaillée de tous les biens mobiliers et immobiliers dépendant des dits bénéfices, maisons et établissements, ainsi que de leurs revenus, et de fournir, dans le même délai, un état détaillé des charges dont les dits biens pouvaient être grevés. »

Au nombre des déclarations faites sans contrainte, aussitôt après la promulgation de la loi, figure celle du supérieur de l'abbaye des Fontenelles.

Dans le premier volume de la Préparation de la guerre de Vendée (pp. 138-141), M. Ch.-L. Chassin n'en a reproduit que les quatre premiers paragraphes et les deux derniers, se bornant pour le reste à un résumé succinct en douze lignes, où se sont même glissées quelques inexactitudes.

Nous pensons qu'il ne semblera pas indifférent de publier in extenso cette pièce importante (1), grâce à laquelle nous pourrons nous former une idée plus exacte d’une abbaye, qui eut son heure de célébrité, mais connut aussi de bien mauvais jours (2).

Le propriétaire actuel a fait réparer dernièrement la toiture de la chapelle, qui menaçait de s'écrouler ; mais pourquoi en a-t-il enlevé toutes les boiseries, qu'il se propose, dit-on, de faire restaurer pour son habitation particulière, à Paris ?

Le tombeau de Béatrix va rester, désormais, solitaire sous cette nef qu'il n'est plus permis de visiter et qui est destinée, sans doute, à devenir un entrepôt agricole.

Combien serait amèrement déçu le dernier prieur des Fontenelles, s'il revoyait aujourd'hui son cher monastère pour lequel ses rêves étaient autrement ambitieux et mieux en harmonie avec le caractère de cette maison !

E. L.

 

 

 

Déclaration et pétition du prieur de l'abbaye des Fontenelles en Saint - André - d' Ornay, près la Roche-sur- Yon.

 

Le soussigné, prieur des chanoines réguliers de la Congrégation de France de l'abbaye royale des Fontenelles, afin de satisfaire aux décrets durs et impérieux des États-Généraux des 7 et 13 novembre 1789, et en conformité de l'instruction à lui adressée par ses supérieurs, laquelle est dite semblable à celle présentée par la Congrégation de Saint-Maur, et approuvée verbalement par le Comité des affaires ecclésiastiques, le 27 des dits mois et an,

Déclare qu'après avoir servi l'Église et son corps pendant quarante années, avec la confiance la moins interrompue de sa part, et qu'après en avoir passé plus de trente à réparer, malgré les plus grandes difficultés, l’abbaye des Fontenelles et l'avoir gérée en bon père de famille, sans nuire à qui que ce soit, il affirme, avec la même vérité et la même probité qui l'ont guidé jusqu'à présent, que les choses ci-après déclarées sont vraies et sincères et telles qu'il les connaît.

L’abbaye des Fontenelles, au diocèse de Luçon, Bas- Poitou, près la Roche-sur-Yon, en la paroisse de Saint- André-d 'Ornay, remonte son origine jusqu'au XIIe siècle.

Une de ses chartes fait mention du premier abbé en 1213 ; quinze chanoines réguliers de l'ordre de la Chancelade l'ont desservie jusqu'en 1468, époque funeste de l'introduction du premier abbé commendataire.

Ce nouvel ordre de choses les réduisit insensiblement à un moindre nombre, qui fut enfin fixé à cinq en 1612, malgré les efforts contraires de l'abbé de ce temps, qui fut condamné à leur payer pension par arrêt du Conseil.

Bientôt ces pensions furent mal acquittées, et, dès 1647, les chanoines obtinrent un nouvel arrêt qui leur adjugea un tiers des biens. M. d'Argentré, rapporteur et commissaire, présida au partage, qui fut à leur désavantage, tant parce qu'il ne leur échut que des biens éloignés que parce que plusieurs terres, alors vagues, dont les abbés se sont emparés depuis, restèrent indivisées, et que, ces mêmes abbés étant restés dépositaires du tiers affecté aux charges, n'ont jamais acquitté celles de leurs copartageants en entier.

 Les chanceladins se virent donc contraints de se contenter d'une des portions des biens qui étaient le moins à leur portée, et de se voir séquestrés et resserrés dans leur local par les terres de leur abbé, entre lesquelles on leur laissa à peine de quoi nourrir un cheval et quelques vaches.

Depuis le partage fait en 1648, les choses subsistèrent entre les chanceladins, au moyen du partage qu'ils firent entre eux de leur tiers, jusqu'à l'introduction des chanoines réguliers de la Congrégation de France, qui fut faite en 1669.

 Il étoit enjoint, par l'arrêt ci-dessus, à l'abbé de mettre la réforme dans son abbaye ; ce fut pour y obéir que M. des Nouhes, successeur de M. de la Cour, s'adressa à l'abbé de Sainte-Geneviève, au nom duquel Louis XII donna à la Congrégation de France la propriété du temporel des Fontenelles, en la portion des biens dépendants du tiers affecté au chapitre, et Mgr l'Évêque de Luçon consentit à cette union.

Cet arrêt condamnoit en outre l'abbé à toutes les réparations.

L'église, les lieux réguliers, étoient dans le plus triste état. M. de Nouhes, pour se débarrasser de ce fardeau, fit un traité avec les génovéfains, qui l'en déchargèrent au moyen de trois mille livres une fois données, et, en outre, une autre somme de cinq cents livres annuelles pour l'entretien de ces objets.

 Il seroit facile aux chanoines réguliers de démontrer combien ces sommes ont été inférieures et insuffisantes pour porter les choses au point où elles sont aujourd'hui, pour lesquelles ils ont dépensé, en augmentation et amélioration tant des domaines que de l'église et des lieux réguliers, pour plus de cent mille livres.

Les métairies étoient sans bestiaux pour les faire valoir ; la maison étoit sans meubles et n'avoit que la moitié des bâtiments, qu'elle a maintenant ; l'église n'avoit ni autels, ni argenterie, ni ornements décents. MM. les abbés ne se soucioient guère de fournir à aucun nécessaire, et les voix plaintives de leurs inférieurs les touchoient peu.

Les chanoines réguliers de la Congrégation de France eurent bientôt rendu la décence à l'église, la commodité aux bâtiments réguliers et aux domaines, la facilité aux colons de les habiter.

 Ces réparations ont à peu près duré cent ans. Le soussigné, depuis les vingt ans derniers, a fait les derniers efforts pour remettre les choses en leur premier état ; la modicité du revenu, qui jusqu'alors n'avoit jamais pu atteindre trois mille livres, n'avoit point empêché le régime de la Congrégation de tenir toujours le nombre prescrit de cinq chanoines pour la desserte de cette abbaye ; cela avoit forcé les administrateurs à se consacrer tout entiers à les nourrir et les entretenir, en sorte que les choses tombèrent dans une telle dégradation, qu'à cette époque il ne restoit ni portes ni fenêtres à la maison, et les bâtiments des métairies étaient en ruine.

 Il leur avoit même fallu emprunter à constitut, en sorte que, les arrérages et les dettes criardes compris, le soussigné en a acquitté pour dix mille francs ; il a de plus encore été obligé de verser dans son corps plus de quinze mille livres pour des raisons (spéciales), et de trente mille livres, 'à quoi il avoit estimé que devoient monter les réparations ; il en a fait et payé pour plus de vingt mille livres. Il a fallu, comme il est aisé de le prouver, les derniers efforts pour parvenir à ces fins.

 

L'église, l'une des plus belles et des plus anciennes du pays, offre une croix imparfaite, depuis que les Anglais en abbatirent (sic) la seconde voûte de la nef, lors de leurs incursions vers douze cent quarante.

Dame Jeanne, mariée à Guillaume de Belleville, fille unique de Beatrix de Machecou fondatrice, et épouse de Guillaume de Mauleon, ne recouvra la propriété de sa ville forte de la Roche-sur-Yon et de la forêt du même nom en laquelle étoit l'abbaye des Fontenelles, qu'Alphonse comte de Poitou avoit reconquis sur les Anglais, que sous la condition, qu'en cas de defaut d'enfant mâle, la dite Roche et dépendances demeureroient unies à la couronne.

Elle mourut sans enfans.

Cette époque a fixé la qualité d'abbaye royale a cette église. Elle est ornée de cinq autels avec chacun leur tableau de belle grandeur et de bonne main.

Au sanctuaire est le maître autel, qui tient toute la largeur du chevet. Huit colonnes en bois couleur de marbre noir soutiennent une corniche qui s'étend jusqu'aux deux murs : elle est surmontée de plusieurs orne- mens en sculpture, au- dessus desquels sont deux statues d'anges, aux deux côtés d'un piédestal sur lequel est posé celle de la sainte vierge.

La table de l'autel est un grison très large et très long sur lequel est un gradin doré, sur lequel pose le tabernacle surmonté d'un grand et beau christ, le tout en bois d'ébène décoré du christ et des autres ornements en cuivre bronzé ; au derrière, un moyen tableau ; le milieu entre les quatre principales colonnes a deux petites statues de la vierge et de saint Jean, qui sont, avec les anges, les guirlandes, et les autres ornements, parfaitement dorés : aux deux côtés, près les dernières colonnes sont deux moyennes statues de saint Simphorien et de saint Augustin ; au-dessous deux reliquaires en bois avec des guirlandes, le tout fond noir très bien doré.

Au frontispice de l'autel est la datte de ces ouvrages et de tous les autres de l'église, qui furent faits par les chanoines réguliers de la congrégation [de] France en seize cent quatre vingt dix huit.

Le chœur est assez vaste : il est orné d'un fort bel aigle sculpté ; des statues en fort beau bois le décorent.

Dans l'un des passages au derrière et sous une arcade pratiquée dans le mur [furent déposées] les cendres de la dite dame Beatrix vers douze cent trente, sous un mausolée surmonté de sa statue avec les attributs ordinaires, et dont les figures furent également mutilées par les Anglais.

Une tradition assez peu fondée est que le corps de Guillaume de Mauléon son premier mari est enterré sous le maître autel.

Chacun des autels a deux chandeliers de cuivre ; le grand en a six en bois doré, deux, dits pour les acolites, qui sont de cuivre argenté ; une sonnette a la marche de l'autel, une crédence en bois, quelques livres anciens, pour la plus part en chant romain, et deux missels sont tout ce que contient l'intérieur de l'église avec un tableau isolé de saint Simphorien.

Au-dessus des voutes sur le milieu est la base d'une flèche qui n'existe plus, ou sont placées deux cloches du poids d'environ trois cent cinquante. Elle contient encore beaucoup de planches destinées avec les autres bois qui sont dans la nef à achever les réparations qui ont été parachevées jusqu'aux deux tiers.

Le soussigné s'étoit procuré ces bois, tant des taillis qui lui ont fournis les chêvrons et quelques solivaux, que de plusieurs achats montant au moins a mille écus, en sorte que la totalité de ces bois de toute essence en tout il peut y en avoir entre deux et trois cens toises bons et mauvais.

Mrs les abbés commendataires n'ont, dans aucun temps, été soigneux de mettre aucun ornement nouveau dans la sacristie ; tous ceux qui s'y trouvent sont le fruit des épargnes et du zèle des chanoines réguliers de la Congrégation de France; un seul calice en vermeil, aux armes d'un ancien abbé régulier, et le haut d'une crosse en cuivre doré, sont les deux seules pièces antiques du trésor ; les susdits chanoines y ont ajouté de leurs deniers deux autres calices en argent, une croix dont le bâton couvert en feuilles d'argent fleurdelisées s'adapte au bâton de chantre, un encensoir et sa navette ; un plat d'argent avec des burettes, une custode, une boite aux saintes- huiles et un ciboire au tabernacle, le tout en argent; il y a encore le haut du soleil ou ostensoir qui s'adapte au pied du calice en vermeil, il est également doré.

 Il y a en outre une niche pour exposer le saint sacrement. Les ornements sont au nombre de douze ou quatorze chasubles, dont huit propres pour les dimanches et fêtes, et six pour les communs ; le principal avec deux dalmatiques et trois chapes est d'un velours rouge ciselé, fond satin blanc ; tous les galons qui sont sur les différents ornements des fêtes, soit argent ou or, sont vrais : il y a aussi un ornement noir, avec dalmatique et trois chappes ; tous sont placés dans le bas de l'armoire qui tient tout le fond de la sacristie qui est voutée, dans des tiroirs ; le dessus, revêtu d'un tapis vert, sert à reposer les ornements dont les prêtres se revêtent ; au- dessous, sont de moindres armoires : celle du milieu renferme l'argenterie et celles des cotés servent à conserver le linge qui consiste en quatre aubes, quelques surplis et menu linge, comme amict, purificatoires, lavabo, et des nappes des autels tant fine que grosse toile avec des rideaux pour tous les autels en indienne et en siamoise; après trois devants d'autel, il ne reste plus dans l'église que des carreaux nécessaires pour la recareler : il seroit facile, avec assez peu de dépense, en la faisant blanchir et rafraichissant les autels, de la rendre la plus propre du canton.

Un assez bel escalier monte de l'intérieur de l'Eglise au premier dortoir au corridor ; a l'entrée est placée l'horloge dont les roues sont en cuivre; elle frappe les heures et les quarts sur trois timbres du poid d'environ cent soixante livres.

Le premier corridor qui règne sur toute l'aile du bâtiment au levant est susceptible d'une nouvelle distribution, l'ancienne alors caduque ayant été démolie : tous les bois et les matériaux anciens, fors les .... qui divisoient les cinq à six chambres qu'il contenait, y sont encore ; il y a sept croisées au levant et une au midi; ce dortoir arrangé donneroit le complet des réparations des bâtiments.

 Les deux autres ailes sont réparées en entier : celle au couchant contient en entrant par le nord, au- devant, la principale porte de l'église, les écuries et toits à bestiaux, la feneurie au- dessus de laquelle est un grenier, le tout bien plancheié et soutenu par des piliers du haut au bas de la dite écurie.

Le reste de cette aile est occupée par un poulailler, un grand escalier en pierre de taille, un passage a sortie dans la cour abbatiale, une cuisine, un entresol a loger les domestiques, une laiterie; l'infirmerie au- dessous.

L'aile au midi donne une salle de vingt-trois piés de long parquetée, boisée et lambrissée; elle a pour meubles deux armoires qui forment le bas de deux buffets; deux autres enfermées sous la boisure, des chaises et un tableau en pied d'un abbé de Sainte-Genevieve.

Suit après un vestibule où sont l'escalier montant en haut et quatre portes qui communiquent au dehors et a tout le dedans de plein-pied, un petit salon quarré également boisé de haut en bas, lambrissé, et planchéié; les derrières des boisures sont garnies d'armoires et d'un buffet; au derrière de ce réfectoire est un appartement de vingt-quatre pied de long, y compris l'alcove et le cabinet dont les devants sont garnis de boisures, avec un placard qui répond à la porte en entrant; cet appartement est boisé à hauteur d'appui; tout le reste est en plâtre avec un beau plafond en anse de panier ; au- dessus du cabinet gite une chambre de domestique qui a son lit ainsi que l'alcove : au derrière de cet appartement est un ancien réfectoire dans lequel on a placé le petit pressoir à faire le vin ; il est vouté et tout le reste de cette aile au levant jusqu'à l'église : cet espace est occupé par l'ancien chapitre qu'on a divisé en trois pièces, dont une est une chambre close, une autre un passage qui conduit à l'église, et la troisième dans les jardins.

Il y a entre le chapitre et le vieux réfectoire une espèce d'office qui sert de cave haute, et en avant une basse sous l'appartement ci-dessus à contenir quinze à vingt barriques : ces trois ailes de bâtiments avec le mur de l'église enferment une petite cour ou préau qui n'empêche pas le droit qu'ont les chanoines en la cour abbatiale en laquelle ils ont une boulangerie et buanderie ; et en une autre place un hangar pour loger leur bois et autres choses en décharge : tous les bas de la maison étant boisés, y compris même la cuisine avec l'office et la laiterie, ne laissent place a aucuns meubles qui ne soient enclavés dans la boisure, comme buffet, armoires, etc. etc.. qui ne contiennent que les gros et menus effets nécessaires aux usages journaliers des chanoines et de leurs domestiques : ceux-ci sont logés la nuit dans l'entresol, au-dessus du vestibule, et les chanoines ont quatre chambres qui tiennent toute la longueur de cette aile au midi; d'ailleurs ces trois ailes forment un corps de logis d'environ cent cinquante pieds de tour.

On a été obligé de placer dans le corridor, au -devant des chambres des chanoines, les deux armoires où sont renfermés tous les titres, papiers et renseignements de l'abbaye, en attendant un lieu particulièrement destiné ci-après: ces papiers sont rangés, dans leur majeure partie, en liasses étiquetés, ayant un précis en tête, le tout rédigé et numéroté par le même chanoine-régulier qui avoit arrangé les chartriers des abbayes de Chatillon et de Geneston en mil sept cent cinquante deux : il a laissé un cahier indicatif de toutes les pièces qui lui avoient passé sous les yeux; quelques années on chargea un archiviste de former une table complette de tous ces papiers, il l'exécuta assez peu correctement en deux volumes petit in-folio ; c'est avec cet ouvrage que l'on se procure les pièces dont on a besoin ; il n'y a d'ailleurs de manuscrits intéressants que les censaires qui donnent un Etat des rentes de touts genres, entre lesquels il en faut distinguer un particulièrement, qui, outre l'état des droits, contient l'arpentement de tous les terrains aux environs de l'abbaye, de celui de chaque métairie, et de plusieurs fiefs ; il contient encore des copies des aveux anciens qu'elle avoit rendu aux seigneurs d'où relèvent ces biens : cet ouvrage important fut fait en quinze cent vingt trois par les soins de Guillaume Halteau prieur; un autre ouvrage du même auteur est un assez gros volume, petit-in quarto, qui contient une copie de toutes les chartres de la maison, contenues dans des sacs alors sous la côte de chaque paroisse.

 Le tiers environ de ce livre est consacré à des mélanges, professions, nécrologe, obédiences, époques de famine, d'irruptions des anglais, de finances au roi, a des seigneurs et d'une histoire de France en vers gothiques.

Il y a encore un sommier grand in-folio fait en 1720 par un prieur de la maison, avec une table qui indique par noms et paroisses tous les biens qui composent la manse capitulaire seulement, et les recettes qu'on a fait de chaque objet de revenu jusqu'à présent : on a de plus un assez gros cahier qui contient le partage fait entre M. l'abbé de la Cour et les anciens chanoines en mil six cent quarante huit; un autre beaucoup moins volumineux est le traité fait entre M. l'abbé Desnouhes et les chanoines réguliers de la congrégation de France touchant leur introduction aux Fontenelles; on en parlera ci-après.

Le nombre des papiers qui sont dans ces deux armoires est considérable, quoiqu'il en manque beaucoup. Des biens autrefois dépendants de cette abbaye et plusieurs inventaires prouvent évidemment cette assertion.

Quelles en ont été les causes? Sinon la présence des ennemis qui renversoient et sacageoient tout; et peut-être plus encore la négligence des abbés commendataires qui les emportoient chez eux à dix lieues; on en a vu un actionner son prédécesseur en recouvrement de ces papiers, et même le forcer à se purger par serment; d'autres abbés commendataires, et notamment l'avant dernier, faire fouiller dans ces archives par leurs officiers qui emportoient les chartres et autres papiers qu'ils jugeoient à propos de prendre, sans avoir jamais voulu donner aucun récipicé (sic), et rapporter ensuite ce qu'ils jugeoient à propos : ce seroit donc bien injustement qu'on voudroit à présent rendre les chanoines- reguliers responsables de tous ces dérangements qui les ont précédés, ni même des enlèvements qui ont pu se faire de leur temps, sur lesquels ils ne peuvent être fondés que sur des soupçons ensevelis avec les auteurs : enfin ces armoires contiennent encore des registres de tenues d'assise, et autres papiers qui y sont enfermés sous la clef qui est entre les mains du soussigné, lequel en a quelques- uns dans sa chambre pour l'usage journalier, qu'il est prêt à remettre au trésor au premier moment de toute juste réquisition.

On ne parlera des livres qui sont dans la maison qu'à la fin, quoique c'eût été plus naturellement ici le lieu, attendu qu'ils ne sont pas encore rassemblés ; on renvoye également à la fin le dénombrement des bestiaux, a joindre à celui de ceux qui sont sur les métairies.

 

Terres aux Environs de la Maison (3)

L'enclos, compris l'emplacement des églises, bâtiments, la petite cour et le droit en la cour abbatiale, avec la boulangerie et l'hangar, les jardins en terrasse dont celui du milieu communique à celui d'en bas par quatre grands escaliers, qui sont environnés d'une charmille, d'un verger, d'une vigne, et de quelques terres en herbage et en labour, le tout planté de trois cens piès d'arbres fruitiers, le dit enclos contient environ quinze boisselées ou quatre arpens.

On fait valoir par ses mains dix journaux de prés situés le long d'une petite rivière qui les noye quelquefois la moitié de l'année, outre que le fond de la terre en est entièrement froid et ingrat ; il y a un patis à quelque distance de la maison, au village de la Vergne, de moins d'un journal, qui est de nouvelle fondation, par un vicaire des Clouzeaux, a la charge de douze messes par chacun an.

Huit petites pièces de terre labourable, dont une est plantée d'une vigne, l'autre en herbage, les autres sont alternativement en bled ; de ces huit morceaux de terre qui peuvent faire au total environ quarante-huit boisselées, ou douze arpens, deux sont venus aux droits de la maison par la cession que lui en a faite un particulier, il y a quelques cinquante à soixante ans, pour s'acquitter envers elle d'une somme de deux cens quelques livres qu'il lui devoit ; ces deux pièces de terre sont placées entre celles de la grangerie, hors du sol des six autres.

Les bois échus au chapitre par le partage fait en mil six cens quarante huit contiennent au total quarante arpens, un quart de réserve mal à propos mis sur ces bois, puis qu'il ne payoit qu'un tiers a peine de la totalité dont les deux tiers sont entre les mains de M. l'abbé, qui conséquemment obligé de décharger entièrement ces quarante arpens sus dits ; ce quart de réserve, dis-je, réduit chaque coupe de vingt-cinq ans chacune a un arpent quarante chaines qui sont insuffisants au chauffage de la maison ; on donnera les valeurs de ces objets en son lieu ci-après.

Trois chanoines-réguliers desservent à présent cette abbaye ; la bonté et la douceur de son air l'ont consacré au repos des valétudinaires et des vieillards de la congrégation ; ils y devroient y être au nombre de cinq, ainsi que les avoit fixés l'arrêt de mil six cent douze, le régime n'avoit été que trop scrupuleux à y tenir cinq chanoines, comme on l'a vu.

Le revenu qui jusqu'aux quinze ans derniers n'avoit jamais pu atteindre trois mille livres, sur lesquels il falloit au- delà de deux cens livres pour acquitter leur manse, indépendamment des décimés communes que payoit M. l'abbé, la congrégation devoit une contribution de trois cens livres pour la dette du corps : les domestiques faisoient un objet de plus de huit cens livres de dépenses ; les meubles et autres menus-frais de ménage réduisoient les chanoines à vivre très étroitement, sans parler des réparations qu'ils ne pouvoient faire ; il n'est donc pas surprenant que le régime ait été forcé de les fixer au nombre de trois ; d'autant mieux que la contribution pour la dette du corps est montée à plus de treize cens livres ; les domestiques sont au nombre de trois et quatre, mais comme ils sont insuffisants, il faut les remplacer par deux ou trois cens journées de manœuvres pour cultiver les terres.

La maison fait valoir par ses mains les rentes en grains, et toutes les rentes et le petit terrage ci-après.

La rente de cinq cens livres que nous fait M. l'abbé, au moyen de laquelle nous l'avons déchargé de toute espèce de réparation et de tout entretien intérieur de l'église.

Le trésor royal nous paye une rente de soixante- quatre livres treize sols, à raison d'un denier cinquante, d'une somme de quatre mille livres restante de plus haute somme qui a été remboursée du billet que nous avions prêtée à la chambre des comptes de Nantes.

Il est encore du trois rentes montantes a six livres au total, par les teneurs de Sorinière, et petite Colle, et du Genest.

La maison touchait encore autrefois une rente de quatre livres sur une maison à La Rochelle, qui se trouve perdue pour avoir été vendue, sans avoir été formé d'opposition de notre part, faute de l'avoir su.

Elle touche encore par ses mains dix-sept sols de cens sur un petit fief sis en le bourg de Beaulieu.

Plus, sept livres de rente en cire, savoir, deux sur un petit fief dans le bourg d'Ezenai (Aizenay), dépendant des Fontenelles ; trois sur le Mignier ; une sur les prés Bouttins et une autre sur le moulin Raveau.

Il y a plusieurs petits droits de terrage qui nous sont dus qui se perçoivent aussi, lesquels sont si peu considérables et qui souvent ne rapportent rien, faute de terres ensemencées, ou faute d'être averti quand elle le sont, qu'il n'a pas été possible de contraindre les preneurs a passer des baux à ferme : tels sont : celui du sur le fief des Fuzelieres aussi dépendant de l'abbaye, et sur le fief Tarin lequel terrage est estimé quinze francs (4).

Celui, sur le ténement de la Breteliere [ou Bertelière] en Dompierre estimé cinq livres.

Celui sur le fief de Bocholas (5) dépendant de l'abbaye, estimé trois livres.

Celui, sur le fief des Palery, qui se partage avec madame de la Burserie et peut valoir par moitié cinq livres.

Enfin celui dependant du fief de Landevieille, aussi de la mouvance de l'abbaye, qui a été affermée autrefois jusqu'à trente livres, avec moitié dans les émolumens de fief ; il paroit fort étendu, mais fort mal en ordre; nous sommes [divisés] en plusieurs fiefs ; nos parts-prenans étant sur les lieux s'arrogent tout.

Le chapitre touche par ses mains des rentes en grains, lesquels se consomment dans la maison ; la majeure partie se paye a la mesure réformée de la Roche-sur-Yon, laquelle pèse en seigle environ vingt-quatre livres, et trente en froment : ces rentes sont assises sur différents villages, ou tènements ; les uns sont rendables, et les autres sont requérables.

 

Froment requérable.

Par les teneurs de la Solanière huit rochets, ci 8

Par ceux de la Vergne-Guilloton sept rochets, ci .... 7

Par ceux de la Lenterie trois rochets, ci .. 3

Total dix-huit rochets, ci- .. 18

 

Seigle vendable.

Les teneurs de la Grimaudiere seize rochets. 16

Les Roulières et L'Ondière (6) douze rochets, ci 12

Bourg-Cholet (7) seize rochets, ci 16

La Nauliere (8) seize rochets, ci 16

Total soixante rochets.... 60

 

Seigle requerable.

Les teneurs de l 'Angelmière (9) trois rochets, ci 3

Courtenoue et Rabretière, vingt rochets .. 20

De L'Orbétou (10), huit rochets, ci 8

De la Suriniere, quatre rochets, ci 4

Des Andouinières (11), vingt rochets, ci... 20

De Lambretière (12), trois rochets, ci .... 3

Des Roulières et L'Ondiere, huit rochets, ci 8

De la Richardière (13), quatre rochets.... 4

De la Solainière, huit rochets, ci 8

De la Vergne-Guilloton, dix sept rochets .. 17

Des Moulins de Falleron (?), vingt quatre rochets … 24

De la Benoitière (14), deux rochets, ci.. 2

De la Girardière (15), quatre rochets, ci... 4

De la Pommeraye (16), huit rochets, ci ... 8

De la Rocherie (17), quatre rochets, ci.... 4

Du Mignier, seize rochets, ci ....... 16

De la Gigaudière (18), quatre rochets, ci... 4

De la Michelière (19), quatre rochets, ci... 4

De la Richardière (20), douze rochets, ci .. 12

De la Paquetière (21), deux rochets, ci ... 2

Total cent soixante quinze rochets... 175

Le moulin Raveau nous doit trois rochets de seigle à la grande mesure de la Roche pesant trente livres.

Nous levons tous les ans quatre rochets de seigle dite mesure pour acquitter une rente que prétend le seigneur de la Robinière sur quelques terres de la dite métairie.

Rentes en avoine requérables.

La rente seigneuriale de dix- neuf rochets d’avoine sur les teneurs de l'Aimonière (22) à cause de notre fief de Landevieille, ci 19

Les teneurs de la Simonière (23), trente deux rochets, ci 32

Ceux de la Guibretière (24) doivent nous rendre six rochets, ci. 6

Total, cinquante sept rochets ... 57

Les autres objets ci-après détaillés font le restant des biens dépendants de la mense capitulaire : ils consistent en rentes, cens, sur cens et terrages, et en cinq métairies dont quatre avec les droits ci-dessus sont situés en la paroisse d'Aubigni et la dernière est en la paroisse de Venansault.

Avant de donner les valeurs de chacun du particulier, il est nécessaire d'observer que, pour des raisons dictées par la prudence et l'égalité, les baillettes de ces métairies faits devant notaire n'ont pas présenté depuis les dix- huit ans derniers la véritable valeur de chacune : il y a eu en sus un don manuel d'argent, dit épingles, et en sus un billet obligatif au nom des preneurs, aussi passés devant d’autres notaires, et par deux sous seings privés, d’une somme de cinq cent vingt livres pour la ferme d'Ardenne ; de celle de deux cens livres pour la ferme des deux métairies de la Grosnière et Grondinière (25) et de celle de cent vingt- cinq livres pour la métairie de Venansault, à payer par chachun an ; en sorte que la baillette exposoit aux taxations une valeur proportionnelle aux autres biens de la paroisse et retenoit les égailleurs (26) dans les bornes de l'egalité, ou du moins auroit du les retenir relativement aux valeurs générales, sans faire connoitre la véritable qui auroit entraîné une surtaxe même au- dessus de la proportion, quand bien même on auroit eu exactement déclaré.

Dans le bail anterieur à l'époque précédente, dans lequel le véritable prix avoit été présenté, nos metayers avoient été surtaxés ; je me joignis à eux et nous présentames deux requêtes a M. l'intendant, a deux fois différentes, qui furent sans réponse ; nous fimes toutes les représentations possibles tant aux égailleurs qu'a l'élection et a deux commissaires d'offices pour la répartition.

Mille menus moyens, sourdement employés dans tous ces différents tribunaux, nous en ont toujours fermé l'entrée, et la jalousie des différents partis qui sont dans les paroisses contre les biens de ceux qu'on veut opprimer, rejaillissant sur nos métairies, fit que nous nous déterminames dans les baux suivants à montrer des valeurs équivalentes aux estimations de lieu à lieu ; indépendament de cette précaution, nous serions à même de prouver qu'il y a dans la paroisse d'Aubigny surtout des métairies qui, quoique elles paraissent montrer une plus haute valeur par leur baillette que les autres, sont néantmoins imposées vingt livres de moins : notre intention n 'a donc jamais été de faire tort à qui que ce soit, mais seulement d'éviter l’arbitraire d 'un usage si constant dans la paroisse d'Aubigny où il est de fait que les collecteurs égailleurs n'ont jamais manqué chaque année de se procurer des diminutions. A ces sommes ci-dessus il faut ajouter des épingles qui avaient été données par les preneurs ; savoir par le fermier des objets qui forment la ferme d'Ardennes, sept cent vingt livres ; par celui des deux metairies de la Graonnière et Grondinière, aussi sept cent vingt livres ; et par celui de Jarrie (27) soixante douze livres ; au moyen de toutes ces observations on a toute la valeur des cinq métairies dépendantes de la manse capitulaire dont on va rendre un compte detaillé.

La terre d'Ardennes forme une petite seigneurie de la paroisse d'Aubigny ; elle a droit de moyenne et basse juridiction, de chapelle, de fuie, de garenne, d'étang, de moulin, de pêche, et de chasse. Elle réunit plusieurs fiefs, entr'autres celui de la Graonnière, qui en relevoit autrefois, lequel avoit ses droits de fiefs, de terrage, de cens, etc. etc.. plusieurs petites terres nobles en relèvent à foi hommage et a rachapts a Ardennes : Les autres fiefs et tènements y sont sujets au terrage sur tous les grains qui croissent par labour.

Le prieur des Clouzeaux perçoit un droit de dixme sur ces terrages qui se lèvent de six gerbes, une, dont le décimateur prend la moitié sur les gros grains seulement, ainsi que plusieurs autres seigneurs, qui prenent en quelques endroits un quart dans la dixme ; ces fiefs et tenemens d'ailleurs doivent des cens, surcens et autres deniers sous différentes dénominations : le tout détaillé au papier des devoirs seigneuriaux d'Ardennes, ou il est dû en sus des rentes en bled par différents teneurs y dénommés.

Les unes sont seigneuriales, les autres secondes et les unes a la mesure d'Aubigny, les autres à la mesure de Talmont, et d'autres à celle de la Roche-sur-Yon, tantôt grande et tantôt reformée.

La baillette de toutes ces choses contient encore d'autres rentes aussi en argent et en bled sur des lieux situés en autres paroisses, le tout emplement détaillé au livre des droits seigneuriaux étant au trésor de l'abbaye des Fontenelles le principal objet et celui des terrages dont on a parlé ci-dessus, et des terres qui forment la métairie : elles sont aux environs des bâtiments, toutes détaillées, nommées et arpentées par le dit Halteau, prieur de l'abbaye en quinze cent vingt trois ; les bâtiments offraient autrefois une résidence distinguée avec une chapelle : il ne reste à présent que les bâtiments nécessaires pour loger les colons; une grange et des toits fort vastes.

 C'est encore sous cette même baillette qu'est comprise la petite métairie sise à la Frelatière, laquelle ne consistoit autrefois qu'en terres isolées, et qui n'ont formé un chef-lieu que depuis que le soussigné y a fait bâtir une maison à loger un métayer et une grange et des toits pour loger les bestiaux.

Cette métairie, ainsi que celle d'Ardennes, ont chacune une souche morte de bestiaux : la première en a pour deux cens livres, et la dernière en a pour six cens vingt cinq livres ; ces souches appartiennent à l'abbaye de Fontenelles. On portera la valeur de toute la ferme d'Ardennes ainsi que des autres métairies au tableau des revenus et des charges.

La métairie de la Graonnière est le chef-lieu de la petite seigneurie dont on a parlé ci-dessus. Outre ses droits de fief, elle a ses bâtiments et ses terres : ses bâtiments consistent en maison pour les métayers, et grange et toits fort vastes pour loger les bestiaux. Cette habitation étoit placée autrefois a l'une des extrémités des terres et a été rebâtie tout de neuf au centre de ses possessions; outre ses prés et ses terres labourables elle a encore deux petits cantons en taillis.

La métairie de la Grondinnière, aussi dans la même paroisse d'Aubigny, a ses bâtiments qui ont également été presque entièrement relevés a neuf par le soussigné; il a maison pour le métayer, et la grange et les toits pour loger les bestiaux ces deux métairies sont affermées aux mêmes et ont une souche morte commune de bestiaux : qui monte à la somme de trois mille six cens soixante trois livres et quatre vingt pièces de brebis aussi appartenant a l'abbaye.

La métairie de la Jarrie est située dans la paroisse de Venansault. La maison qui loge le métayer, ainsi que ses bâtiments à loger les bestiaux, toits et grange, ont été rebâtis presqu'entièrement par le soussigné.

Ses terres faisant son domaine noble sont en un tenant aux environs de la maison; les autres sont en différents endroits, tantôt isolés et tantôt mèlées entre celles de la Robinière, de la Girardière, de la Verye et de la Bulottiere, ainsi qu’il a été vu et arpenté par le dit Halteau qui en a laissé les détails en son terrier ci-dessus cité, lequel comprend aussi l'arpentement des deux métairies précédentes. La métairie de la Jarrie a pour sept cens livres de bestiaux et dix huit brebis en souche morte appartenant à l'abbaye.

La valeur totale de ces bestiaux, jointe à celle de ceux qui sont dans les toits des Fontenelles, consistant en une jument et dix-sept pièces de bêtes à cornes, toutes vaches tant à lait que jeunes élèves, lesquelles peuvent valoir mille livres, monte à la somme de six mille cent quatre vingt huit livres, ci ... 6188 l »

 

Tableau des Revenus et des charges des biens dépendants de la manse Capitulaire.

Revenus en Argent.

Les terres labourables, les prés, les vignes et les bois estimés trois cens livres, ci 300l)s

N. B. cet objet n'a par lui-même de valeur aussi élevée, que parceque il tourne tout entier en consommation.

Plus la rente que nous foit M. l'abbé laquelle est de cinq cens livres, ci 500 »

Plus la rente sur le trésor royal de soixante quatre livres treize sols, ci 64 13

Plus pour trois rentes sur la Sorinière, petite Colle et le Genest six livres, ci.. , 6 »

Plus pour les cens du fief de Beaulieu dix sept sols, ci » 17

Plus a cause des rentes de cire dix livres, ci. 10 »

Plus pour le terrage des Fuzelieres quinze livres 15 »

Plus a cause du terrage de la Bretelière cinq livres...  5 »

Plus pour le terrage de Labocholes trois livres, ci 3 »

Plus pour les terrages et fiefs des Bocheleries, trente livres, ci 30 »

Plus pour le froment et seigle en rentes dues au chapitre cinq cent vingt livres 520 »

Plus pour l'avoine quarante deux livres, ci. 42 »

Plus, a cause d'Ardennès et tom; ses droits avec la Frélatière mille sept cent quarante deux livres, ci 1742 »

Plus, à cause des deux métairies de la Graonnière et Grondinière douze cent soixante quatorze livres, ci 1274 »

Plus à cause de la métairie de la Jarrie, quatre cent soixante neuf livre 469 »

Plus, à cause des casuels des divers fiefs deux cens livres, ci 200 »

Total du revenu, cinq mille cent quatre vingt une livre dix soli ........... 5181 10

Charges.

Le local de l'abbaye relevé de la Roche-sur-Yon, en franche aumône, et n'a d'autres charges que les frais de culture, et les réparations des églises, lieux réguliers qui sont considérables, et bâtiments de cinq métairies, avec l'entretien de tout l'intérieur de l'église nécessaire au culte divin, le tout fixé a beaucoup moins que n'en ont monté les dépenses a cinq cens livres 5001 »5»d

 Plus pour gages et nourriture des domestiques au moins huit cens livres, ci .... 800 » »

Plus à cause des aumônes particulières indépendamment des trois cens boisseaux de bled que le tiers lot paye à l'hôpital de Fontenai, deux cens livres, ci 200 » »

Plus, outre les decimes qui se payent sur le tiers lot, celles qu'acquitte la maison sont a deux cens soixante saize livres treize sols, ci 276 13 »

Plus pour les frais d'honoraire du visiteur - quinze livres, ci 15 » »

Plus pour frais du voyage des députés au chapitre général trente six livres 36 » »

Plus pour l'acquit de la taxe et subvention en vertu d'arrêt du conseil pour l'acquisition des dettes de congrégation treize cent trente et une livres quinze sols trois deniers, ci .. 1331 15 3 Plus pour dépenses a cause des procès cent cinquante livres, ci 150 » »

Plus pour les non payemens de plusieurs petits objets soit par non valeur, soit à défaut de moyens dans les débiteurs, au moins soixante livres, ci 60 » »

Total des charges trois mille trois cent soixante neuf livres huit sols trois deniers. 3369 8 3 Reste quitte dix huit cent douze livres un sol neuf deniers ............. 1812 1 9

Si l'on objecte que c'est à tort qu'on a mis au rang des charges une somme de cent cinquante livres pour fournir aux frais de procédures, les chanoines réguliers diront que, retenus par mille raisons dictées par la deference, l'amour de la paix et la défaveur des cours supérieures, ils n'ont cessé de supplier leurs abbés qui jouissent du tiers lot affecté par leur partage a l'acquit des charges, de venir à leurs secours, et de soutenir par toutes les voyes de justice leurs intérêts et leurs possessions : jamais ils n'ont pu rien obtenir de satisfaisant.

En vain ils leur ont proposé toutes les voyes d'arbitrage : ils n'ont jamais répondu que par des menaces et par des duretés ; les détresses toujours imprévues ou se sont trouvés les chanoines avec un si modique revenu ont occasionné la perte de plusieurs parties de biens dans les fiefs, les terrages, les rentes et les fonds même des terres dont se sont emparés plusieurs particuliers ; malgré le défaut de moyens ils ont néant moins à plusieurs reprises fait les derniers efforts pour en retarder et même en empêcher la déprédation de plusieurs.

En dernier lieu le soussigné avoit assigner le seigneur de la Boissière en restitution d'un terrage sur un canton de terre nommé les Briollères dépendant de la seigneurie de la Graonnière, qui a fini après plusieurs années de procédures par une acceptation d'arbitrage qui n'a point encore eu lieu, et dont les premiers frais lui ont couté près de six cens livres. Cette dépense jointe a bien d'autres qu'ont fait ses prédécesseurs, lesquelles quoiqu'amenées jusqu'au gain des procès n'ont pas moins entrainés des pertes occasionnées, soit par l'insolvabilité de leurs parties soit par les suites ordinaires qu'entrainent les causes même que l'on vient à gagner.

On croit devoir faire observer que, par une suite bien naturelle de la persuasion où l'on a toujours été que les chanoines réguliers étoient propriétaires, et par une autre suite de précautions à assurer les jouissances des fermiers à l'échéance des derniers baux en renouvellant avec les nouveaux : le soussigné dès le courant de mil sept cent quatre vingt huit avoit passé nouveau bail pour les trois métairies de la Graonniere, la Grondinière et la Jarrie dont les jouissances commenceront à la fête de Toussaint prochaine, qu'il seroit non seulement injuste, mais même contre les loix et usages du pays, d'en priver les prévenus, quelques évènements qui puissent arriver, a moins de les dédommager.

LIVRES

Les livres qui sont en la maison des Fontenelles forment moins une bibliothèque que l'assemblage fortuit de ceux qui y ont été apportés par différents chanoines-réguliers, dont les uns y sont morts, et les autres les lui ont légués en s'en allant.

Tels sont en dernier lieu ceux que le soussigné y avait apporté il y a près de trente ans, lesquels sont confondus avec les autres sous la dénomination de : Ex abbatia B. M. de Fontallellis, au nombre de plus de cent volumes, dont la totalité monte a environ mille ou onze cent volumes, parmi lesquelles il s'en trouve beaucoup de déparaillés.

Ces livres n'ont jamais fait un corps de bibliothèque réuni en un lieu, mais ont toujours été répandus dans les chambres des chanoines pour leur usage. En voici le catalogue selon les formats.

Soixante-douze in-folio. Savoir :

Sli Hieronimi opera.  Cornelius jansenius.   
Sli Augustini opera.  Cornelius a lapide.   
Divi Thomas summa (bis).  Dyonisius carthusianus. 
Sli Basilii opera.  Titius ?     
Sti Leonii opera.  Ozorius.     
Sti Laurentii opera.  Bibliotheca patrum.   
St Bernardi opera.  P. Alexander.   
Tertulliani opera.  Hortus pastorum.   
Origenis opera.  Ste bible (bis).   
Origenis opera.  Diction, de la bible.   
Divus Thomas.  Grenade.   
Sti Grégorii opera Praxis beneficiorum. 
St Thomas  Adagiorum trajan. opus. 
Summa Baconi.  Polyanthea.   
Virgilius.  Diction, de l'Acad.   
Plutarchus.  Epitome Augustini.   
Antiquités judaïques.  2e tom. conciliorum. 
Hist. de France.  1er et 4e tomes.   
Calpin.  Theologia J-. Martinon. 
Moreri.       

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Il se trouve cent cinquante in-quarto grands et petits.

 

Sermons de SI Chrisostome.  Concordat de Léon X. 
Lettres de St Augustin.  Praticien français.   
Sermons de St Grégoire.  Logicà aristotelis.   
Jansenius in. evang.  In logicam aristotelis. 
Vies des p. p. et martyrs.  Palais de l'honneur.   
Actes des martirs.  Apparatus biblicus.   
Prémotion phisique.  Aristotelis opera.   
Chretiens du tems.  Ancien testament.   
Pédagogue chretien.  Duhamel.   
Rodriguez.  Rethorica.   
Prônes de Joly.  Logica moralis.   
Biblia sacra.  Frequente communion
Cérémonies de la messe.  Vie de Marie, etc...   
Cérémonies de l'Eglise.  Vie du P. Faure.   
Plantus Lambini.  Vie de St Charles.   
Droit de la guerre.  Instructions du P. Faure. 
Homélies morales.  Quesnel.     
Pasteur apostolique.  Dictionnaire historique. 
Con. de l'amour de Dieu.  Dictionnaire apostolique. 
Sermons de morale.  Institut de Newton.   
Considerations des dimanches.  Orthographe.   
Consideration des fêtes.  Thesaurus sacer.   
Meditations.  Carême de Lingende. 
P. Lombardi sententiae.  Pentateuque de Dupin. 
Concord. bibliorum.  Apocalipse de Bossuet. 
Histoire de TiIIemont.  P. P. prophètes.   
  Octave de Biroat.   

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On n'a pas cru devoir s'attacher scrupuleusement à donner le titre de plusieurs autres livres absolument gâtés et de nulle utilité.

On n'a pas pensé non plus qu'il fut convenable de présenter à nos seigneurs des états généraux de tableau de mille effets a demi pourris et vermoulus qui sont répandus çà et là dans la maison, soit en bois, en fer ou en pierre, comme tables, armoires, coffres, bancs, chaises, etc.. qui ne sont propres qu'à faire du feu.

On n'a pas pensé non plus que l'intention de nos dits seigneurs fut d'entrer jusques dans les derniers détails de tous les effets qui servent journellement aux chanoines- réguliers ou à leurs domestiques, comme meubles de cuisine dont la majeure partie est en terre grossière ; de leur réfectoire, duquel si l'on excepte quelques couverts d'argent, quelques assiettes et plats soit d'étain, soit de fayence commune et une très petite quantité de linge, on n'y voit rien de recherché, de leurs chambres enfin qui n'ont qu'un lit sans rideaux, une armoire, un bureau, et quelques chaises dont la simplicité n'annonce que le plus stricte nécessaire, ainsi que le linge dont ils se servent.

D'après tout ce que dessus, il est de fait que les chanoines-réguliers de la congrégation de France ont régéneré deux fois l'abbaye de Fontenelles, l'une en mil six cent soixante neuf, lors de leur introduction, et l'autre a l'époque présente.

 

Il est encore de fait que la propriété de leur manse leur fut abandonnée par Louis quatorze à la charge d'acquitter les fondations.

Il est encore de fait que le local et les métairies leur furent laissés sans bestiaux, sans meubles et en très mauvais état.

Il est de droit et d'usage que tout simple usufruitier et locataire ait la propriété de tout ce qu'il a acquis sur le fond d'autrui, lorsqu'il a satisfait à toutes les charges ; à combien plus fortes raisons les chanoines-réguliers propriétaires ont-ils droit à recueillir le mobilier qu'ils ont acquis par leurs épargnes : il seroit même de justice que la nation, les dépouillant de leurs propriétés, les remboursât des dépenses qu'ils ont fait en ces derniers temps pour mettre le local et les métairies en meilleur état qu'ils ne leur avoient été donné lorsqu'ils y, sont venus en mil six cent soixante-neuf; ils ont accompli toutes charges en acquittant les fondations ; si celui qui a le commode doit supporter l'incommode, vice versa qui sentit incommodum debet habere commodum.

Pourquoi d'ailleurs la condition des réguliers serait-elle pire que celle des deux tiers des ecclésiastiques qui ont embrassé cet état sans fortune, et qui laissent néant- moins souvent un mobilier considérable a leur mort ? Il est de la justice des états de prendre en considération ces plaintes fondées sur l'équité.

Au reste, le soussigné ajoute que, si la présente étroit jugée défectueuse en quelque point déclaré ou omis que ce soit, il offre de remettre es mains de qui aura droit, et a qui sera légalement ordonné, tous les effets, instruments, meubles et immeubles qui ont été, qui sont et qui seront dans la maison tant qu’il en sera possesseur ; étant prêt d'abandonner jusqu'à son manteau plutôt que de s'opposer à la violence, quoiqu'il lui en coute de se voir obligé d'ajouter l'affirmation a la présente qu'il va signer de son seing, à cause de l'ignominie qui résulte de la défiance dans laquelle paraissent être nos seigneurs des états généraux sur la sincérité et la probité des ministres de l'Eglise ; il le fait néanmoins et jure qu'il la donne comme il la croit, vraie et sincère : persuadé que son obéissance quoique forcée lui obtiendra de participer aux incomparables avantages qu'ils font espérer de la prochaine régénération, non seulement à tous les bons Français, mais encore à tous les dissidents, et même à ceux qui, dans tous les tems, ont été l'objet du mépris, et le rebut de toutes les nations.

A Nos Seigneurs des États-Généraux

Les chanoines réguliers de l'abbaye des Fontenelles, voulant- donner des preuves de leur patriotisme, vous supplient de prendre en considération qu'ils voient avec douleur la ruine prochaine d’une maison qu'ils chérissent, que le public regrette et dont les avantages que l'Etat compte en retirer n'équivaudront jamais à la perte que toutes les paroisses circonvoisines vont en ressentir.

Sa position avantageuse a conservé jusqu'ici au service de son église une affluence de peuple assez considérable pour prouver la nécessité de le continuer. Une solitude agréable, un air doux et bienfaisant, des habitants tranquilles, laborieux et attachés à la religion ; un ruisseau, des fontaines et surtout une eau minérale très salutaire et fort fréquentée; une belle église, une maison presque entièrement réparée, d'un bon goût et susceptible de la forme la plus convenable pour y fixer un établissement public : que de pertes d'avantages précieux dont il est si difficile de rassembler toutes les parties, quand on veut faire le bien en faveur d'un canton !

 Le local est tellement situé qu'en cas qu'il soit vendu, cette église et les bâtiments, dont les matériaux seroient d'un grand prix près d'une ville, vont tomber en non-valeur.

La démolition et les déblais de l'église seule seraient immenses pour un acquéreur. Quel avantage auroit-il à la conserver ? L'entretien lui tomberoit en dépenses inutiles.

Messieurs les députés des provinces, avec la meilleure volonté du monde, ne connaissent point assez particulièrement tous les endroits de leurs cantons pour y opérer tout le bien possible. Ils ont besoin d'être éclairés par quelqu'un sur les lieux, qui, réfléchissant profondément sur les objets qui sont sous ses yeux, les mettroit à même de proposer à la bienfaisance des États les établissements les plus intéressants à faire.

 Il en est un, dans le moment présent où les districts se fixent, qui paraît digne de la plus avantageuse considération pour la partie du Bas- Poitou qui avoisine la Roche-sur-Yon, où sans doute il va s'en former un.

La plupart des endroits où les États en ont établi ont quelque établissement populaire, soit atelier de charité, soit hôpital. Quel canton que celui des environs de la Roche-sur-Yon a plus besoin de ce dernier? A en juger seulement par le nombre des malades pauvres qui viennent journellement chercher du soulagement à l'abbaye des Fontenelles, il n'y a personne qui ne convienne que le meilleur usage à faire des biens de cette abbaye et de ses bâtiments, est de les consacrer à cette pieuse régénération.

Ce sont les seigneurs de la Roche-sur-Yon qui l'ont fondée; elle en est dans un tel éloignement que, sans avoir l'incommodité de trop de voisinage, elle y pourrait aisément faire descendre les malades.

Les administrateurs, qui feroient leur séjour à la ville ou aux environs, n'auroient pas loin à s'y rendre pour y conférer en bureau. Les terres donneroient du blé, du vin, des bois suffisamment; les chanoines réguliers continueroient de servir l'autel et les pauvres, et partageroient, avec tout le canton, le bienfait incomparable de cet établissement, dont l'époque seroit à jamais gravée dans les cœurs.

En l'abbaye des Fontenelles le douze fevrier mil sept cent quatre-vingt dix.

MORNAC, prieur (28).

 

Cette déclaration est contresignée et adressée à l'Assemblée nationale par le maire de Saint-André-d'Ornay, Grelier; le procureur de la commune, Baritaud, curé, et le greffier, Joseph Renaudin, à la date du 21 février 1790.

 

Que sont devenus les objets mobiliers et les livres qui se trouvaient encore aux Fontenelles en 1790?

Trois années à peine allaient s'écouler, et la pauvre abbaye, déjà bien éprouvée, se voyait livrée à toutes les horreurs de la guerre civile, qui ne pouvait guère contribuer à la relever.

Le 9 septembre 1793, la Commission militaire des Sables-d'Olonne, dont les délibérations sont conservées aux archives du département, renvoyait devant le tribunal criminel, pour « avoir fait partie, d'un attroupement, arboré la cocarde tricolore et monté la garde avec les rebelles, Louis-François-Avril Demonceau, âgé de 65 ans, ci-devant minoré et chanoine régulier de la Congrégation de France, aux Fontenelles. »

Quant à son dernier prieur de Mornac, nous lisons dans les Notes et croquis sur la Vendée, publiés par E. DE MONBAIL, en 1843 (Niort, Robin, in-4°), « qu'il fut pris par les Républicains, qui lui coupèrent le nez et les oreilles et le laissèrent dans le couvent auquel ils avaient mis le feu.

Les paysans, inquiets de son sort, vinrent pour le secourir. Il n'eut que la force de se faire porter dans l'église, où il mourut presque aussitôt au milieu des plus horribles souffrances. »

Ce jour-là, l'abbaye des Fontenelles avait bien cessé de vivre.

E. L.

 

 

 

1235 - Charte testamentaire de Béatrix, dame de Machecoul, de Luçon et de la Roche sur Yon aux religieux des Fontenelles <==

 

 


 

(1) L'original se trouve aux Archives nationales, F17, 1179'(Vendée).

(2) A consulter l'Histoire de l'abbaye de Notre-Dame des Fontenelles, par Ed. Le Grip, dans l'Annuaire de la Société d’Emulation, 2° série, t. IV (149-168), t. VII(171-215), et t. IX(149-169). Cette étude, malheureusement incomplète, s'arrête à l'année 1412.

(3) Elles sont en général dans les communes de Venansault et de Saint-André-d'Ornay.

(4) Les Fuzelières appartiennent à la commune d'Aubigny, et le fief Tarin à celle de Saint-Vincent-sur-Graon.

(5) Commune de Saint-Florent-des-Bois.

(6) La Solanière ou Soulesnière, la Vergne-Guilloton, l'Anterie ou Lantrie, les Roulières et l'Ondière ou Londère se trouvent dans la commune des Clouzeaux.

(7) Commune de Landeronde.

(8) Commune de Saint-Georges-de-Pointindoux.

(9) Commune de Saint-André-d'Ornav.

(10) Id.

(11) Commune des Clouzeaux.

(12) L'Imbretière, id.

(13) Commune de Landeronde.

(14) Ou Boisnotière, commune de Venansault.

(15) Id.

(16) Commune de Landeronde.

(17) Commune de Saint-Georges-de-Pointindoux.

(18) Commune de Landeronde.

 (19) Commune de Mouilleron-le-Captif. ,

(20) Commune de Beaulieu.

(21) Commune de Mouilleron-le-Captif.

(22) Commune de Landevieille.

(23) Ou Simotière, commune des Clouzeaux.

(24) Commune de Saint-André-d'Ornay.

(25) Ardennes, la Graonnière et la Grondinière appartiennent à la commune d'Aubigny.

(26) Ce mot s écrivait aussi égalleurs ou esgalleurs. L'égalation, l 'également, l'esgallement et 1'esgaillement signifiaient vérification des mesures, répartition des impôts.

(27) Commune de Venansault.

(28) Le Pouillé de l'Évêché de Luçon, par AILLERY, désigne comme abbé des Fontenelles, en 1789, DE FRESNE, doyen du Chapitre de Luçon, député du clergé pour l'élection des Sables à l'Assemblée tenue à Poitiers. La nomination de De Fresne remontait à l'année 1787.

Le Pouillé nous apprend encore, d'après l’Almanach historique et provincial du Poitou, que le revenu de l'abbaye était alors de 2,500 livres ; taxe en cour de Rome, 80 florins.