L'histoire du Poitou, Le domaine seigneurial d'Oulmes et son église (Rives-d’Autise)

Le bourg d'Oulmes (1) fait partie (comme celui de Nieul dont il est distant de deux kilomètres environ) du canton de Saint-Hilaire-des-Loges. Il est situé sur la grande route de Niort à Fontenay, et desservi par la même station de chemin de fer que Nieul.

 

Son commerce, qui est très considérable, consiste en céréales, en bestiaux, en jardinage. Il s'y tient neuf foires par an, dont l'une est la plus importante foire de mules de toute la Vendée.

La commune d'Oulmes appartient à la Plaine. Mais à peu de distance (sur la commune de Bouillé-Courdault) commence le Marais.

Sa population actuellement est de 832 habitants en 2015. La superficie de la commune est de 960 hectares; les limites, fort irrégulières, reproduisent les limites de l'ancienne seigneurie (2).

 

 

HISTOIRE

Le domaine seigneurial d'Oulmes et son église apparaissent pour la première fois dans l'histoire du Poitou, au Xe siècle.

En 986 ou 907, Senegond (Senegundis nobilis) concède au monastère de Saint-Cyprien de Poitiers, l'église d'Oulmes et tout ce qui en constituait les revenus : habitations, terres, dîmes, etc. (3).

D'après M. de La Fontenelle de Vaudoré (4), Oulmes aurait fait partie à cette époque de la viguerie d'Ardin (aujourd'hui canton de Coulonges-sur-l'Autise (Deux-Sèvres), localité qui fut dotée d'un archiprêtré dès une époque très ancienne et qui fut, à l'époque carlovingienne, chef-lieu d'un pagus en même temps que d'une circonscription ecclésiastique.

Malheureusement le texte de 966, sur lequel s'est appuyé M. de La Fontenelle, villa Ulmus, in vicaria arduacensi, in pago Tiriacensi (5), ne se rapporte pas à Oulmes, mais bien à l'Ormeau, village de la viguerie de Saint-Juire (aujourd'hui canton de Sainte-Hermine, Vendée), dont l'ancien nom paraît avoir été Arduacum (6).

Ardin ne s'est jamais appelé Arduacum, mais Ardunum, Aredunnm (7). D'autre part, M. de La Fontenelle identifiait le pagus Tiriacensis avec La Chapelle-Thireuil (canton de Coulonges-sur-l'Autise, Deux-Sèvres); mais il paraît plus vraisemblable de placer (avec Dom Fonteneau, Rédet et Fillon), le chef-lieu de ce pagus à Thiré (canton de Sainte-Hermine, Vendée), qui fut un des ateliers monétaires les plus actifs du Poitou, durant la période mérovingienne (8).

Oulmes n'étant indiqué nulle part avec le nom de la viguerie et du pagus auxquels il appartenait, l'attribution de La Fontenelle étant reconnue erronée, il faut nous résigner à rester dans l'ignorance à ce sujet.

 L'église d'Oulmes fit partie de l'archiprêtré d'Ardin avant comme après la création du diocèse de Maillezais (9), mais cela ne donne pas le droit de conclure qu'Ardin était son chef-lieu de viguerie ou son chef-lieu de pagus.

L'abbaye de Saint-Cyprien établit à Oulmes, à une date que nous ne connaissons pas, un prieuré, qui fut vraisemblablement chargé seul, pendant quelques siècles, du service du culte (10); à partir du XIVe siècle au moins (11), il y eut une cure distincte du prieuré, mais la cure resta, comme le prieuré, à la nomination de l'abbé de Saint-Cyprien (12).

La cure d'Oulmes semble avoir été quelque peu sous la dépendance du prieuré, tout au moins durant la période de l'ancien régime. A cette époque, les curés d'Oulmes furent réduits à la portion congrue (300 livres). Quelques- uns seulement s'en accommodèrent. Les archives de la paroisse ont conservé les pièces d'un procès qui eut lieu à cette occasion, en 1766, entre le curé maître Pierre Vergier et le prieur Dom Pierre Garnier (13). Vers 1130, le prieuré valait 2,000 livres (14).

La seigneurie d'Oulmes, qui devait être dans la suite une des plus étendues et des plus puissantes des environs de Fontenay (15), n'a guère plus d'histoire — avant le XIIIe siècle - que le prieuré et la cure dont nous venons de parler.

Nous avons cité le nom de Senegond, Sellegulldis nobilis, qui paraît en 936 ou 937.

Quelques années plus tard, Oulmes se trouve mêlé à un épisode assez dramatique de l'histoire des Comtes de Poitou.

M. Hugues Imbert raconte ainsi cette aventure :

« Vers 970, le duc d'Aquitaine, Guillaume Fier-à-Bras, en revenant d'un voyage, s'arrêta au château de Thouars pour se reposer. La vicomtesse était belle; elle se montra si gracieuse pour son suzerain, que le rude guerrier oublia bientôt auprès d'elle, et les combats et [son épouse légitime] la duchesse Emmeline. Malheureusement l'absence prolongée inspira des soupçons à la duchesse. La fille de Thibault le Tricheur jura qu'elle se vengerait de sa rivale.

Quelque temps après, la duchesse se trouva, avec une suite assez nombreuse, en présence de la vicomtesse Aldéarde, du côté de Talmont. Celle-ci se promenait sur le bord de la mer; quelques serviteurs l'accompagnaient. Emmeline se précipita sur elle, la jeta à bas de son cheval, en l'accablant d'injures et de coups. Ces mauvais traitements ne suffirent pas pour assoupir sa colère et sa haine. Il lui fallut quelque chose de plus cruel et de plus odieux. La vicomtesse de Thouars fut livrée pendant une nuit entière aux valets qui suivaient Emmeline, et abandonnée pieds et poings liés au milieu de la campagne (16).

« Pour éteindre tout souvenir de leur dissension, le duc crut qu'il était bon d'augmenter le douaire qu'il avait stipulé en faveur de son épouse. »

Le domaine d'Oulmes est au nombre de ceux que Guillaume lui donna en 989 (17).

D'après M. Benjamin Fillon, Oulmes relevait, au commencement de l'époque féodale, de la tour de Rulhan de Fontenay-le-Comte, qui, elle-même, relevait de la tour de Maubergeon, de Poitiers (18).

Si l'on en croit Besly, les guerres entre seigneurs auraient été tout particulièrement nuisibles à Ouïmes : « Le peuple des bourgs de Petosse, Pouille, Longève, Charzay, Saint-Martin de Fraigneau, jusqu'à Oulmes et Benêt et autres, partout celui plat pays, fut, en l'année 1033 et années suivantes, battu de maux qui ne sauraient nombrer, par guerres émues entre ses seigneurs propres et particuliers et ceux de Coulonges et de la Motte d'Ardin.

 Les maisons et champs furent brûlez, les hardes, coffres et bestes volez et habitants massacrez et mutilez, et ce qui en restait forcé de faire en foretz et abandonner leurs lieux qui de longtemps ne furent ensemencez » (19).

Pour le XIe et le XIIe siècles, le cartulaire de Saint-Cyprien nous fournit deux noms ; Raoul, vers 1085 et Archembaud, vers 1140 (20).

Au commencement du XIIIe siècle, Oulmes passe entre les mains de la grande famille des Chabot.

Thibaut Chabot (IVe du nom) qui fut seigneur de la Roche-Servière, la Grève, la Mothe-Achard, la Maurière, le petit château de Vouvent, Larrières, les Granges de Fontenay, les Essarts, Saint-Denis-la-Chevasse, etc.

En 1239, Thibaud Chabot, seigneur d'Oulmes et de Font ou Fontaine, fit un don de rentes à l'abbaye de Maillezais. (21) il avait épousé N... dame d'Oulmes;

 il en eut: 1° Thibaut; 2e Gérard, tige des seigneurs de Retz; 3° Sebran, avec lequel commence la branche des Chabot de la Grève qui semble avoir possédé Oulmes jusqu'à la fin du XIIIe siècle.

Sebran Chabot, dit le Prud'homme, rendit hommage en 1269 à Alphonse de Poitiers, pour le château d'Oulmes, pour le petit château de Vouvant, et en 1271 fit partie avec trois chevaliers et douze écuyers (non sans avoir préalablement protesté qu'il ne devait service au roi que dans le comté de Poitou) de l'armée qui alla combattre le Comte de Foix (22).

C'est à cette époque (23) que Oulmes commença à relever du roi de France par l'intermédiaire du seul Comte de Poitou (24).

Sebran serait mort en 1298; Duchesne, le père Anselme, Moréri, etc., ne sont d'accord ni sur le nom de sa femme (Ayrois de Chateaumur, dame d'Oulmes et de Chantemerle ) ni sur le nombre de ses enfants; il semble en tout cas avoir eu une fille, Aenor, qui épousa Ebles de Rochefort, seigneur de Faye, Thyors, Aubigné, etc. (25).

Leur fille, Eschives de Rochefort, dame de Thyors, Fors, Oulmes, des Essarts, d'Aubigné, etc., épousa « vers 1299 » Savary de Vivonne, IIe du nom (26).

Par ce mariage, la seigneurie d'Oulmes passa dans la maison des Vivonne, qui la posséda pendant trois cent trente ans environ, de 1299 (?) jusque vers 1630 (27).

Le fils d'Eschives de Rochefort et de Savary de Vivonne, — Ebles de Vivonne — guerroya en 1338 en Poitou et en 1345 en Languedoc.

Il épousa Jeanne de Mortagne et fut père de Ponce de Vivonne, lequel eut également un fils du nom de Ponce, que l'on trouve en 1390.

Jean, fils de Ponce, rendit aveu au comte de Poitou pour son châtel et châtellenie d'Oulmes.

En 1406, il plaida pour les droits de sa femme, contre Hugues de Beaumont. On le trouve encore en 1408. Il avait épousé Marie de Beaumont. Leur fils Jean mourut vers 1450, laissant un fils également du nom de Jean, que l'on trouve encore en 1480.

Le fils de Jean III de Vivonne, Alain, seigneur d'Oulmes, servit comme homme d'armes du seigneur de Soubise, en 1467.

Sa veuve, Aliénor de la Vergne, fut condamnée par sentence de Philippe de Commines, sénéchal du Poitou, au sujet de quelques droits qu'elle prétendait dans la terre d'Oulmes.

Ils eurent pour fils aîné Jean, qui assista au procès-verbal de la Coutume de Poitou en 1514 et guerroya en 1533. Marié à Jeanne Ratault, veuve de Lancelot du Bouchet, seigneur de Sainte-Gemme, Jean IV eut une fille, Renée, dame d'Oulmes, qui épousa en secondes noces son cousin Charles de Vivonne, baron de la Châteigneraie, seigneur d'Auville, d'Ardelay, etc., chevalier des Ordres du Roy, qui fut sénéchal de Saintonge, rendit service en plusieurs circonstances aux rois Charles IX et Henry III et fut nommé par ce dernier, en 1586, chevalier de l'Ordre du Saint- Esprit (28).

 

Charles et Renée eurent de nombreux enfants. André, qui hérita de la seigneurie d'Oulmes, fut chevalier des Ordres du roi, capitaine des Gardes de Marie de Médicis, conseiller intime de Henri IV.

Louis XIII le nomma grand fauconnier de France, en 1612. Il mourut à la fleur de l'âge, le 24 septembre 1616 (29).

André de Vivonne avait épousé Antoinette de Loménie, fille d'Antoine de la Ville aux Clercs; leur première fille, Marie, mourut jeune; la seconde, Andrée de Vivonne, dame de la Châteigneraye, d'Oulmes,etc., épousa le 20 janvier 1628 François VI de La Rochefoucauld, prince de Marsillac, lequel n'était autre que le célèbre écrivain, auteur des Maximes et des Mémoires de la régence d'Anne d'Autriche.

Par suite de ce mariage, la seigneurie d'Oulmes passa dans la famille des La Rochefoucauld.

La seigneurie était alors beaucoup plus considérable qu'à l'époque où elle avait commencé à être la propriété des Vivonne. Elle s'était notamment accrue vers 1560 (30) des trois seigneuries de Courdault, Saint-Sigismond et Salvert ; nous devrions raconter ici l'histoire de chacune d'elles, mais le peu de place dont nous disposons nous empêche de reproduire les renseignements que nous avons pu recueillir (31).

Nous avons dit qu'en 1628 (32), la baronnie (33) d'Oulmes, en entier, composée des quatre seigneuries d'Oulmes, Courdault, Saint-Sigismond et Salvert, était passée dans la maison des La Rochefoucauld, par le mariage d'Andrée de Vivonne, dame d'Oulmes, avec François de La Rochefoucauld.

Elle y resta jusqu'en 1656, époque où Andrée de Vivonne et le duc de La Rochefoucauld, par acte du 7 avril, la vendirent pour la somme de 200,000 francs à Claude Boislève, intendant des finances, qui en jouit jusqu'en 1665 (34).

En 1665 elle fut « saisie réellement sur le dit Claude Boislève... à défaut de payement par ledit Boislève, envers le Roy, d'une somme de cent mille écus à luy due. L'adjudication de laquelle terre fut faitte... le 6 juillet 1666, pour la somme de 200,000 livres, à la délivrance de laquelle somme, M. le duc de La Rochefoucauld et plusieurs autres créanciers s'étant opposez, sentence d'ordre entre eux a été rendue le 27 octobre 1668. Le Roy n'étant point payé de laditte somme de 100 mille écus, réunit à la couronne la dite terre et baronnie d'Oulmes, en a jouis jusqu'en l'année 1677 (35).

« Cette même baronnie, en 1677, est rentrée en la possession de damoiselles Claude, Gabrielle et Catherine Boislève, sœurs, filles et héritières du dit feu Claude Boislève, qui ont payé au Roy les dits 100,000 écus, et sont, au moyen de ce, rentrées en laditte propriété par arrest du Conseil du 25 septembre 1677 et par lettres patentes du Roy,du cinq juin 1679, duement enregistrés; — lesquelles damoiselles Boislève on ont joui jusqu'en 1688 (36).

« La dite terre et baronnie d'Oulmes a ensuitte passé entre les mains de Mre Adrien Bance, seigneur du Breuil, Douillé et Cricqueville, qui l'a acquise pour 175,000 livres des dites damoiselles Boislève cy dessus, par contract du 24 septembre 1688.

Adrien Bance a jouis de la ditte terre jusques à sa mort, après laquelle et par partage de sa succession (et) de celles de Jeanne de Châtillon, sa femme, et de Hugues Alexandre Bance, conseiller, leur fils, passé le 17 août 1698, entre Pierre Bance, seigneur du Breuil, fils aîné du dit Adrien Bance et Jeanne de Châtillon, et Jeanne Fillipes Bance, sa soeur, femme de Claude de la Fond, intendant en Alsace,— la dite baronnie est demeurée, savoir :

les sept neufièmes parties au dit Pierre Bance, seigneur du Breuil, et les autres deux neufièmes à la ditte Bance. femme du seigneur de la Fond, à la charge d'être icelle terre possédée en commun.

« Elle a été ainsi possédée jusqu'au i3 juin 1708 que... Monsieur et Madame de la Fond cy-dessus ont ceddez leur ditte portion au dit Pierre Bance, Conseiller au Parlement, moyennanr la rente foncière amortissable au denier vingt ou seize cent livres chacun or.

« Cette terre a ensuitte en entier retourné à la ditte dame Jeanne Bance et Claude de la Fond, son mary, par le deced dudit Pierre Bance, mort sans hoirs en 17..

« Claude de la.Fond et Jeanne Bance ont jouis de la ditte baronnie jusqu'en 17..,temps de leur deced, qu'alors elle a passé en entier à Charles de la Fond, leur fils, conseiller au Grand Conseil, lequel en a jouis jusques à son deced arrivé environ en 1740.

« Charles de la Fond étant déceddez sans enfants, et ayant laissez une multitude d'hérittiers collatéraux, par acte de liquidation et partages des 6 juin 1741 et 26 avril 1742, la ditte baronnie d'Oulmes a été partagée entre eux tous, sous trois branches principales, chacune se subdivisant en plusieurs parties ; — l'une, connue sous le nom de Gaultier de Bessigny, marquis de Bellegarde, président au Parlement;— l'autre sous le nom de Rioult, seigneur de Breuil, ou branche normande, — et l'autre sous le nom de Madame de la Rivière de Riffardeau, — tous lesquels hérittiers collatéraux, ont possedez ensemble et en commun la ditte baronnie d'Oulmes et ses dépendances sans interruption jusques ès années 1758 et 1759 (37).

« Enfin la ditte baronnie d'Oulmes a passé à messire Yves de Verduc de Soizy, conseiller du Roy honoraire en sa court de Parlement à Paris, et à la dame Anne Catherine de Selles, son épouse, savoir : une 54e partie au total il la ditte de Selles en propre, comme étant une des héritières collatérales dudit Mre Charles de la Fond, de l'autre part et le surplus à eux deux pour l'avoir acquis de tous les autres cohérittiers collatéraux du susdit Charles de la Fond... (38). »

Madame de Verduc de Soizy mourut en 1818. L'ancienne seigneurie d'Oulmes devint en grande partie la propriété d'un marchand de biens, M. Lenfant, qui la démembra et en 1827 vendit à M. Mouillade, président du conseil général de la Vendée, le château et une partie de ses dépendances (39).

M. Mouillade y résida jusqu'en 1832. C'est lui qui fit planter la belle avenue de marronniers qui précède le château du XVIIe siècle, aujourd'hui transformé en communs.

En 1832, le château d'Oulmes fut acheté par M. et Mme Jarriau (40).

En décembre 1880, M. Jarriau fils le légua à M. Lalubie, qui a restauré le pavillon d'habitation et amélioré considérablement les terres et les marais, restes de la magnifique seigneurie dont nous avons esquissé l'histoire.

 

MONUMENTS D'OULMES

D'APRES M. Benjamin Fillon, Oulmes remonterait à l'époque gallo-romaine (41).

C'est peut-être il cette date qu'il faut attribuer les sépultures qui ont été découvertes jadis à quelque distance du bourg; toutefois la chose n'a absolument rien de certain: ces sépultures n'ont pas été étudiées (42).

Ce que le bourg d'Oulmes présente de plus ancien à l'heure actuelle, c'est son église, qui remonte en partie au XIe siècle.

 (Sebrand Chabot, seigneur d'Oulmes et de la Rochecervière, et d'Agnès, dame d'Oulmes.)

 

 ÉGLISE Notre Dame d'Oulmes

Elle se compose aujourd'hui comme primitivement d'une nef avec transept, abside et absidioles, mais les absidioles, surtout celle du côté de l'épître, ont été remaniées, et ont perdu tout caractère.

Le sanctuaire est en grande partie de l'époque romane, ainsi que le transept, dont le carré supporte une coupole sur trompes, autour de laquelle s'élève un clocher intéressant. Carré massif, flanqué de contreforts peu saillants, selon l'habitude du XIe siècle, il est bien dans le goût de cette époque batailleuse, où l'église servait souvent de lieu de défense.

C'est un véritable petit donjon. La partie supérieure, percée de baies sans caractère, est d'une construction bien moins belle et de beaucoup postérieure. Le transept a été revoûté à l'époque gothique. La voûte de la nef appartient à la fin du XIVe siècle ou au XVe, mais les fenêtres ont conservé leur caractère roman.

L'église d'Oulmes présente deux façades romanes, toutes deux remaniées plus ou moins à l'époque gothique.

L'une est placée en avant de la nef (voir la photographie n° 7), l'autre à l'extrémité de l'un des bras du transept (côté de l'évangile). La description minutieuse de ces façades serait déplacée ici, leur intérêt résidant dans les détails. Les Paysages et Monuments du Poitou ne sont pas une monographie de l'architecture et de la sculpture aux XIe et XIIe siècles.

Chacune de ces façades porte une inscription.

Sur l'un des pieds-droits de la façade latérale, on lit : L'AN MIL : ccc : xxxx : II Les caractères sont bien conservés.

L'inscription de la façade principale, celle dont on aperçoit les restes sur la voussure inférieure de l'archivolte (voussure remaniée au XIVe siècle et supportée par des pieds-droits déjà presque en style flamboyant), est absolument indéchiffrable aujourd'hui.

Une note sur Oulmes publiée en 1841, dans les Étrennes vendéennes (par M. Benjamin Fillon ?), en donne la transcription suivante, dont -nous ne pouvons garantir l'exactitude :

L'AN 1379, VIVONE EMERI DURIVAUD (43).

 Trois blasons, des têtes grimaçantes et divers ornements accompagnent cette inscription. Un seul des blasons est susceptible d'être déterminé, il présente les armes des Brissons. La fenêtre placée au-dessus du portail principal avait les pieds-droits garnis de deux tores et de deux colonnettes. Les deux colonnettes, qui étaient placées en retrait, ont été supprimées, ce qui donne à cette fenêtre un aspect disgracieux. (Voir la photographie n° 7.)

 

D'importants travaux de restauration dans l'église paroissiale Notre-Dame ont motivé des fouilles de sauvetage à l'intérieur de l'édifice (à l'exception du chœur) et sur une bande d'environ 1 m de large au droit des murs, à l'extérieur. Il a été possible de dater les transformations de l'église (reconstruction des bras du transept au xivc s., addition des contreforts au xviiic s.) et de retrouver en fondation les éléments romans détruits (bras sud du transept avec son absidiole hémicirculaire, contreforts plats aux angles du pignon occidental, dans des colonnes supportant les doubleaux de la voûte.

Plus de 200 tombes du cimetière paroissial ont été mises au jour, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'église ; elles peuvent être classées en cinq groupes chronologiquement cohérents : 1) vmc-xc s. : fosses en pleine terre entamant le substrat ; 2) xe-xie s. : sarcophages trapézoïdaux en calcaire, parfois réutilisés dans les fondations de l'église romane ; 3) xiic-xivc s. : coffres en dalles calcaires (ce groupe a livré l'essentiel du mobilier funéraire : vases encensoirs ou fioles à eau bénite) ; 4) xve-xvie s. : coffres en dalles calcaires de construction moins soignée que les précédents (avec apparition des épingles de suaire) ; 5) xviic-xviiic s. : cercueils cloutés (ce groupe a livré de nombreuses épingles de suaire et plusieurs chapelets et pendentifs).

L'antériorité du cimetière par rapport à l'église est bien attestée mais l'auteur de la fouille considère qu'il serait hasardeux d'attribuer à un sanctuaire pré-roman (pourtant mentionné dans une charte de 936) les rares vestiges de murs du haut Moyen Age mis en évidence.

Il faut noter également la découverte, dans le bras sud du transept, de deux groupes de moules à cloche, un four de bougier et un four à chaux, attribuables au xviic s. (Responsable de la fouille : Jérôme Pascal).

 

 

REMPARTS

Oulmes était autrefois une ville entourée de murs. Il n'en subsiste qu'une très petite partie (100 mètres environ) dont il serait difficile de préciser la date. Ils se voient en avant du château en contre-bas de la route de Niort à Fontenay.

 

L’ANCIEN CHATEAU

Il était situé à peu près sur l'emplacement du château actuel.

Il en reste un escalier enclavé dans les servitudes, dont nous parlerons tout à l'heure. La rue qui longe la tour à laquelle appartenait cet escalier porte encore aujourd'hui le nom de rue de la retraite.

Le vieux château doit avoir été démoli partie au XVIIe siècle, partie au XVIIIe. Dans la partie détruite à cette dernière date, « on voyait en sculpture au-dessus de la porte principale, garnie d'une herse après le pont-levis, les statues de Charles de Vivonne et de la dame de Bausi, son épouse, seigneur, haut justicier de cette terre » (44). Charles de Vivonne vivait au XVIe siècle.

 — En 1764, époque où furent comblées les douves, il restait encore une partie du vieux château « servant de basse-cour » , et une tour ou pavillon, où se trouvaient les prisons « tant de basses-fosses qu'à rez-de-chaussée » (45).

CHATEAU ACTUEL

Il se compose de deux parties fort distinctes : 1e les communs ; 2e le pavillon ou château proprement dit.

Les communs, vaste construction de la fin du XVIIe siècle, présentant la forme d'un fer à cheval, ont été bâtis à l'imitation des casernes de Versailles. La tradition locale va jusqu'à les attribuer à Mansart, de même qu'elle attribue les jardins à Le Nôtre. (Voir la photographie n° 8.) — L'ancienne fuie seigneuriale existe toujours.

Le pavillon a été construit de 1759 à 1764 (46). C'est une jolie habitation encadrée dans un bosquet charmant, que précèdent des douves de fantaisie. Du côté des jardins, un bas-relief, encastré dans -le fronton, représente les occupations habituelles des anciens châtelains de l'endroit, la chasse, la pêche, l'agriculture, etc.

inscrit MH par arrêté du 13 juin 1994

GRANGE DE LA CHEVALERIE

Autrefois propriété de la commanderie de Cenan, ordre de Malte (47). Cette grange est fort belle.

 

Cenatum, la commanderie de Cenan

Cet établissement religieux dépendait au XIIe siècle de l’abbaye de Nieul-sur-l’Autise et formait avec son annexe de Sainte-Gemme en Vendée, l’une des quatre chambres prieurales du Grand prieuré d’Aquitaine.

A la dissolution de l’Ordre des Templiers en 1313, la commanderie passa aux Hospitaliers.

La maison forte, dont la construction remonte au XIIe siècle, fut considérablement modifiée à la fin du Moyen-âge par l’édification de deux nouvelles tours, une augmentation du nombre des niveaux et le percement d’ouvertures.

Elle fut, ainsi que ses bâtiments annexes, très endommagée par de violents orages en 1611 et 1760. Les réparations se firent jusqu’en 1787. Le domaine et la commanderie furent vendus en 1793 comme biens nationaux et acquis par Philippe Maichain.

L’accès se fait par le sud et comprend un soubassement et un étage. Le bâtiment est surélevé de deux niveaux supplémentaires flanqués de deux tours. La partie basse devait servir de cellier. Un escalier à vis logé dans une tour carrée permet d’accéder aux étages dont le premier comme le rez-de-chaussée est voûté. Le second et le troisième étage sont pourvus de pièces inégales, avec cheminées et fenêtres à meneaux et à coussièges.
L’Hôtel de Cenan, à l’enseigne de la Croix-Blanche, accordait depuis toujours le gîte et le couvert aux cortèges seigneuriaux de passage dans la région.
Cenan, mis en vente comme bien national, fut acquis le 18 mars 1793, par André-Philippe Maichain, fermier à Exireuil et père de Désiré Maichain, député des Deux-Sèvres, avec 43 boisselées de terres et la métairie de la Foye pour 112 000 francs.
La Commanderie possédait en outre, aux Grands Chirons (entre Benet et Saint-Pompain), l’Hôpital Cendre dont il ne reste rien.

Cet ensemble mériterait une sérieuse restauration qui le sauverait de la ruine.

Retenue par la "mission Bern" et le "Loto du patrimoine", la commanderie de Cenan à Saint-Pompain va pouvoir être sauvé de l'effondrement. Une bonne nouvelle pour les propriétaires, Régis et Sylvie Veillat, que nous avons rencontré sur site. http://radiogatine.fr/news/saint-pompain-la-commanderie-de-cenan-sauve-par-la-mission-bern-857

https://www.fondation-patrimoine.org/les-projets/commanderie-de-cenan-a-saint-pompain

 

 

 ==> 13 octobre 1307 arrestation des templiers, le Grand Maître Jacques de Molay et 4 dignitaires sont emprisonnés à Chinon

CHAPELLE SAINT-THOMAS

Édifice sans intérêt, aujourd'hui transformé en habitation. La tradition locale veut qu'elle ait appartenu aux moines de Nieul, quoique l'état des propriétés de cette abbaye, publié par Arnauld et Aillery, n'en fasse aucune mention (48).

Il n'a rien subsisté de l'aumônerie, pas plus que de la léproserie, qui existaient autrefois à Oulmes.

J. BERTHELÉ,

Archiviste des Deux-Sèvres,

Membre de la Société des Antiquaires de l'Ouest.

 

 

 

 Histoire généalogique de la maison de Chabot originaire du Bas - Poitou <==... ....==> Golfe des Pictons - Sépulture Gallo-Romaine de Bouillé-Courdault - JACQUES DU FOUILLOUX, seigneur de Bouillé

Caino, castrum - Le château de Chinon des comtes de Blois - Emma se réfugie après l'adultère de Guillaume Fièrebrace et Aldéarde <==

 

 


 

Carte des environs de Fontenay le Comte avant le Xe siècle - Motte féodale du RULLAN (la tour de Rulhan) - 

Il est peu de travailleurs qui aient entrevu jusqu'ici le secours que peut prêter à la géographie gauloise le cadastre combiné avec les anciens aveux, les registres censiers et autres titres de même nature. Les renseignements précieux y abondent pourtant; il suffit de savoir les extraire du fatras qui les entoure.

 

 

(1)    Oulmes ......... ... Ulmetum ........ Ulmus, ormeau. Lieu rempli d'ormeaux.

 

(2) Bibliographie. — L'histoire d'Oulmes n'a pas encore été écrite : nous n'avons pas la prétention de l'essayer dans les quelques pages qui sont mises à notre disposition. Nos recherches ont d'ailleurs été trop rapides et trop insuffisantes. Nous nous bornerons à consigner ici quelques notes qui pourront peut-être, malgré leur caractère décousu et incomplet, donner une idée sommaire de l'ensemble du sujet. Nous avons dû aborder ce sujet sans la préparation suffisante; nous réclamons toute l'indulgence du lecteur.

Une partie des notes que nous avons groupées nous ont été fournies par l'aimable et laborieux propriétaire du château d'Oulmes, M. Ch. Lalubie. Qu'il nous permette de lui exprimer ici toute notre reconnaissance.

Les archives de la seigneurie d'Oulmes ont été emportées en 1827 ou [828 par M. de Besancenet, gouverneur du château de Rambouillet. Il n'en a été conservé à Oulmes que le tome Ier du Terrier rédigé en 1764 (un volume de 429 pages) que M. Lalubie a bien voulu nous communiquer.

(3) RÉDET, Cartul. de Saint-Cyprien, ap. Archives historiques du Poitou, t. III, p. 332.

(4) LA FONTENELLE DE VAUDORÉ, Recherches sur les vigueries et sur les origines de la féodalité en Poitou, ap. Mémoires de la Société des Antiquaires de l'Ouest, année 1838, p. 424. — Histoire des Rois et des Ducs d'Aquitaine et des Comtes de Poitou, t. Ier (1842), p. 37.

(5) Cartul. de Saint-Cyprien (Archives historiques du Poitou, t. III, p. 114).

(6) BENJAMIN FILLON, Poitou et Vendée, art. Fontenay-le-Comte, p. 17 et art. Thiré, p. 2. — RÉDET, Cartul. de Saint-Cyprien, ap. Archives historiques du Poitou, t. III, p. 435.

(7) BENJAMIN FILLON, Mémoires de la Société des Antiquaires de l'Ouest, t. X, p. 377 à 381 ; Lettres à Ch. Dugast-Matifeux sur quelques monnaies françaises inédites, p. 73; Bulletin de la Société de statistique des Deux-Sèvres, 1864, p. 40; Poitou et Vendée, passim.

(8) DOM FONTENEAU, cité par LA FONTENELLE DE VAUDORÉ. — BENJAMIN FILLON, Poitou et Vendée, art. Fontenay et Thiré. — RÉDET, Cartul. de Saint-Cyprien, p. 435 et 445.

(9) AILLERY, Pouillé de l'évêché de Luçon, p. 158. — BENJAMIN FILLON, Recherches historiques et archéologiques sur Fontenay- Vendée, t. Ier, p. 43.

(10) L'église d'Oulmes figure dans la charte de confirmation des propriétés du monastère de Saint-Cyprien de Poitiers, donnée par l'évèque Pierre à la fin du xi° siècle (109Í-I 100), mais il n'est pas question du prieuré (voir RÉDET, Archives du Poitou, t. III, p. i3).

(11) Ecclesia parochialis B. M. de Ulmis. Prioratus N. de Ulmis (LACURIE, Histoire de l'abbaye de Maillerais, pièces justificatives, p. 353 et 355). — Prioratus de Ulmis (BENJAMIN FILLON, Recherches sur Fontenay, t. Ier, p. 43).

(12) AILLERY, Pouillé, P. 1 58.

(13) Communication de M. Lalubie. — Le baron de Joursanvault possédait plusieurs pièces relatives au prieuré d'Oulmes. Voir le catalogue de sa collection, Paris, Techener, 1838, t. II, p. iO-71, nos 2515 et 25I8. (Communication de M. Th. Arnauldet.)

(14) DOGAST-MATIFEUX, Etat du Poitou sous Louis X/F, p. 431.

(15) Mémoire concernant la province du Poitou, par Maupeou d'Ableiges, intendant, 1698, publié par DUGAST-MATIFEUX, Étpt du Poitou sous Louis XIV, p. 417.

(16) H. IMBERT, Histoire de Thouars, ap. Mémoires de la Société de Statistique des Deux-Sèvres, 2e série, t. X, p. 33. — LA FONTE-NELLE DE VAUDORÉ, Le duc Guillaume Fier-à-Bras et la comtesse Emme, ap. Mémoires de la Société des Antiquaires de l’Ouest t. III, p. 217 et suivantes. -

(17) LA. FONTENELLE DE VAUDORÉ, Mémoires des Antiquaires de l'Ouest t. III, p. 221.

Fornax Calidus, Fontis, Frontaniacus , Verduniacus , Senstiaco, Niron, Ulmis, Leepniacus, Iziaco, Villena, Kanabinse, Segeeniaco.: ·

 

Senegundis concessit monachis Sancti Cipriani hereditatem suam, que ei in diversis locis jure hereditario competebant, inprimis alodem suum in pago Alienense , in vicaria Basiacinse, in villa que vocatur Fornax ealidus , una cum terris, maxnilis, vineis, pratis, silvis, cultum et incultum, et quicquid ibi habebat ; in ipso pago et in ipsa vicaria alodum suum in loco qui dicitur Fontis, terris, pratis et quantumcumque ibi habebat ; in alio loco, in ipso pago et in illa vicaria, in villa que dicitur Frontaniacus, terris, silvis et quantum ibi habebat; in villa etiam que dicitur Verduniacus, quantumcumque ibi visa est habere.

 Cessit quoque in villa que vocatur Senstiacus ecclesiam et quantum ibi optinebat ; in villa Niron nomine vineas, terras et quecumque ibi habebat ;  in alio loco, in villa que nominatur Ulmus, alodem suum cum capella, masnilis, terris et quecumque inibi pertinebant ; in villa que dicitur Leempniacus, quantum ibi visa est habere ; in alio iterum loco, in villa que vocatur Iziacus , quecum­que ibi videbatur habere ; in pago Briocinse, in vicaria eadem, in villa que dicitur Villena, quantum ibi visa est habere ; in vicaria Kanabinse , in pago Pictavo , in villa que vocatur Segeaeniacus et Iboullio, alodem suum , masnilum , terras et quantumcumque ibi habebat.

Hec omnia concessit et filium quoque suum tradidit. S. Willelrni comitis, Hugoni comitis (a); item Hugoni, Savarici vicecomitis , Kadeloni vicecomitis , Adraldi vicecomitis, Radulfi vicecomitis, Manassei, Adelelmi, Ama1rici, Teotbaudi, Gerorii, Hecfridi , Ademari , Lanberti auditoris, Aiquini. Anno 1 Ludovico regnante .(b).

(a) M. de la Fontenelle a cru avec Dufour (Histoire des rois et des ducs d'Aquitaine et des comtes de Poitou, p. 461 et 470) que ce comte de Poitou était Guillaume Tête d'Etoupes, qui , disent-ils, s'appelait aussi Hugues. Mais le comte Guillaume et le comte Hugues ont souscrit une donation faite à l'abbaye de Saint-Cyprien la première année du règne de Louis d'Outremer, c'est-à-dire en 936 ou 931. C'étaient donc deux personnages différents.

(b). Imprimé dans. l'Histoire des comtes de Poitou de Besly , p. 249.

 

(18) BENJAMIN FILLON, Poitou et Vendée, art. Fontenay, p. 23.

(19) Manus. de J. Besly, à la Bibliothèque nationale, cité par BENJAMIN FILLON, ibid. p. 23-24.

(20) Archives historiques du Poitou. t. III, p. i3o et p. 329.

(21 LACURIE, Histoire de l'abbaye de Maillerais, p. 67 et 314-315. — Thibaud-Chabot prend en cette circonstance le titre de dominas de Ulmis et Fontanis. — BEAUCHET-FILLEAU et DE CHERGÉ, Dictionnaire des Familles de l'ancien Poitou, t. Ier, p. 554.

(22) BEAUCHET- FiLLEAU et DE CHERGÉ, Dictionnaire des Familles de l'ancien Poitou, t. Ier, p. 558.

(23)Dans les Hommages d'Alphonse, comte de Poitiers, frère de saint Louis, — État du domaine royal en Poitou (1260), — publié par feu M. BARDONNET, on trouve la mention suivante : « Dominus Cebrandus Chaboz est homo ligius et tenet a domino comite castrum de Ulmis, parvum castrum de Volvento, et insulam Sancti Simonis, quam ipse garit domino Aymerico Becheti, ratione dotis uxoris sue, et debet rachetum altum et bassum » (p. 92). —

Dans les Comptes d'Alphonse de Poitiers, 1243-1247, publiés par le même M. Bardonnet (Archives historiques du Poitou, t. IV), il n'est nulle part question ni du château d'Oulmes, ni du petit château de Vouvent, ni du seigneur qui les possédait.

(24)A la suite de la campagne de 1242, Fontenay-le-Comte, enlevé à Geoffroy de Lusignan, seigneur de Vouvent et de Mervent, devint la propriété directe d'Alphonse de Poitiers (qui y établit un sénéchal) et le chef-lieu féodal de plusieurs fiefs environnants (B. LEDAIN, Histoire d'Alphonse, frère de saint Louis, et du comté de Poitou sous Sonl administration, p. 27.

 — BENJAMIN FILLON, Poitou et Vendée, art. Fontenay-le-Comte, p. 29). Le petit château de Vouvent releva, dès lors, du château de Fontenay (BENJAMIN FILLON, loc. cit.), et il est probable qu'il en fut de même d'Oulmes, qui appartenait au même seigneur.

Mais sur ce dernier point, les preuves formelles font défaut ; nous n'avons de renseignement précis qu'à partir de l'année 1345.

Voici ce que dit le rédacteur du Terrier de 1764: « Suivant les anciens hommages et aveux rendus au Roy depuis 1345. — notamment ceux de 1547, 1562 et 1603, — la ditte terre, seigneurie et baronnie d'Oulmes doit rellever du Roy, à cause de son châtel et châtellainie de Fontenay-le-Comte; suivant les autres anciens hommages et dénombrements » (1614, 1619, 1624, 1681. 1689, 1697, 1703, 1723, 1728) « la susdite seigneurie d'Oulmes est déclarée rellever du Roy, à cause de son comté de Poitou et grosse tour de Monberjeon. — On ignore d'où vient cette différence de mouvance et comment elle a changé. » ( Terrier de 1764, p. 17.)

(25) BEAUCHET-FILLEAU, Dictionnaire, t. Ier, p. 56o et 56i.

(26) BEAUCHET-FILLEAU, Dictionnaire, t. II, p. 813 et 81 G. — On trouve, en 1244, parmi les hommes liges du comte de Poitou, un « Theobaldus Chaboz » qui n'est pas autrement caractérisé (Archives historiques du Poitou, t. IV, p. 57). Il y a tout lieu de croire qu'il s'agit du frère aîné de Sebrand Chabot, Thibaut, Ve du nom, qui continua la branche principale, tandis que ses deux frères commençaient deux branches latérales (voir sur ce Thibaut V le Dictionnaire de BEAUCHET-FILLEAU, p. 558).

(27) Nous n'adoptons ici ni la date donnée par Besly, ni celle donnée par le rédacteur du Terrier de 1764. Tous deux n'ont eu en mains que des documents incomplets. Et si le premier nous paraît avoir trop reculé la date en question, le second nous paraît ne l'avoir pas reculée suffisamment.

— Voici ce que dit Besly : La seigneurie d'Oulmes « vint à ceux de Vivonne par un mariage en la maison des Chabots, depuis l'an I2(jg ou environ; car il se peut justifier qu'alors encore messire Sebran Chabot en estait seigneur. » (JEAN BESLY, Lettre à Monsieur Duchesne, géographe du Roi, 1618, ap. Lettres de Jean Besly, publiées par Ap. BRIQUET, Archives historiques du Poitou, t. IX, p. 74).

 — D'autre part, le rédacteur du Terrier de 1764 s'exprime ainsi : « La seigneurie propre d'Oulmes, dès le milieu du quatorzième siècle, appartenait à la maison de Vivonne, seigneurs de la Châtaigneraie. La preuve et le plus ancien titre qu'on en ait est un acte du 2 aoûst 1352, par lequel Emery Gaillard reconnaît devoir à Jeanne de Mortagne et à Pons de Vivonne, son fils, seigneur d'Oulmes, une rente perpétuelle de ...La dernière époque de la propriété des Vivonne est d'environ 1630... Tous les titres du Chartrier d'Oulmes, de quelques espèces qu'ils soient , passez entre 1350 et 1630, prouvent que la propriété cy-dessus n'a aucunement été changée ny altérée dans l'intervalle cy-dessus qui est d'environ 280 ans. » (Terrier, p. 4-5.) Plus loin, le rédacteur du Terrier répète ce chiffre de 280 ans, tout en ajoutant « que depuis le tems le plus reculé, la baronnie d'Oulmes appartenait aux Vivonnes » (p. 7). Le « temps le plus reculé » remonte au delà de 1350 mais il ne paraît pas vraisemblable qu'il ait dépassé de beaucoup 1300.

(28) Toute cette généalogie est empruntée au Dictionnaire de M. BEAUCHET-FILLEAU, t. II, p. 815 et 816, et à l'Histoire généalogique, etc., du P. ANSELME, 3° édition, t. VIII, p. 766, 767 et 768.

(29) BEAUCHET-FILLEAU, Dictionnaire, t. II, p. 815.

(30) « Il paraît évident que la réunion des seigneuries de Courdaut, de Saint-Sigismond et de Salvert, à la seigneurie principale d'Oulmes, s'est faite vers l'année 1560. » (Terrier de 1764, p. 7.)

(31) Voir spécialement le Terrier de 1764, p. 5 à 7.

(32) C'est vers cette époque que l'historien Jean Besly soutint un procès pour l'office de sénéchal d'Oulmes, qu'il avait acheté pour son fils, procès interminable dont nous ne connaissons ni le début, ni le dénouement (Archives historiques du Poitou, t. IX, p. xxx et 249, note), et dont il est plusieurs fois question dans ses lettres de 1626 à 1628 (ibid., p. 246, 249, 251, 254, 257, 260, 261, 268, 278).

(33) « La baronnie d Oulmes, dans son commencement et depuis le temps le plus recule, parraist avoir eu le titre de chatellain (sic); on ignore dans quel tems et sous le nom de qui elle a été décorée de cette dignité.

Le plus ancien titre du trézor qui en face mention est le partage des biens de Pons de Vivonne, du 10 aoûst 1464... Depuis ce temps, ladite terre a toujours eu le titre de baronnie ; on n'en a point trouvé l'érection et on ignore son époque. Il y a apparence que ce titre a été passé et souffert en faveur de la maison de Vivonne qui étoit, dès le temps le plus recullé, une maison considérable. » (Terrier de I 764i p. 1 S.)

« Par lettres patentes données à Versailles, au mois de juillet 1759, enregistrées au Parlement le 3 août suivant, en la chambre des Comptes à Paris, le 31 août 1759, au bureau des Finances de Poitiers, le 5 novembre de la même année, et au siège royal de la sénéchaussée de Fontenay-le-Comte, le 13 ... 1759,

— le Roy a confirmé et rétabli le dit titre de Baronie et en tant que besoin serait, ellevé, créé et décoré la ditte seigneurie d'Oulmes et ses dépendances du dit titre, qualité et dignité de baronnie, en faveur du dit seigneur de Verduc de Soizy et de ses enfens, successeurs et dessendans masles nez et à naître en légitime mariage, à perpétuitté; veut le dit seigneur Roy que M. de Soisy et ses successeurs puissent se qualifier de baron, soient reconnus tels dans le royaume et jouissent de tous les honneurs, rangs, prééminances, blazons et prérogatives y attachez, tels qu'en jouissent les anciens barons du royaume... » (Terrier de 1164, p. 16.)

(34) Terrier de  1764, p. 8.

(35) Terrier de 1764. p. 8

(36) Terrier de 1764, p. 8.

(37) Terrier de 1764, p. 8-9.

(38) Le Terrier donne le détail de toutes ces acquisitions, p. 10.

(39) L'autre partie resta jusqu'en 1828 entre les mains d'une nièce de Mme de Verduc de Soizy, Mille de Saint-Eugène. M. de Besancenet, dont nous avons parlé (p. 8, note), était parent de Mme de Saint-Eugène.

(40) Communication de M. Lalubie.

(41) BENJAMIN FILLON. Poitou et Vendée, art. Nieuil-sur-l'Autise, p. 1.

(42) Voici la note (de M. B. Fillon?) qui a conservé le souvenir de cette découverte : c II existe une pièce de terre assez vaste, dépendante de la ci-devant baronnie d'Oulmes, à peu près à égale distance de Bouillé, Nieuil et Oulmes, où on a découvert à fleur de terre une grande quantité de tombeaux qu'on a enlevés et que M. Prézeau assure avoir vus. » (Etrennes vendéennes pour p.1843, p,105.) — Ces renseignements sont placés à la suite de-quelques lignes sur les fouilles du P. Routh, à Civaux (Vienne). -

(43) Etrennes vendéennes pour 184I, p. 173.

(44) Étrennes vendéennes pour 1841, p. 173, d'après des renseignements fournis par M. Prézeau, qui fut le dernier procureur fiscal de la baronnie. — Ces notes des Étrennes vendéennes nous ont été signalées par M. Th. Arnauldet.

(45) Terrier de 1764, p. 71.

(46) La date de 1759 est donnée parles ii-eiines vendéennes pour 1841, p. IJD. — La date de 1764 parle Terrier, p. 71.

(47) Cenan, qui fait aujourd'hui partie de la commune de Saint-Pompain, canton de Coulonges-sur-l'Autise (Deux-Sèvres), mérite d'être visité. Il y a là une porte accompagnée d'une poterne autrefois garnie de ponts-levis, du commencement du xvi- siècle, et de vastes bâtiments de la même date, une grande construction rectangulaire et des caves magnifiques.

On a recueilli à Cenan des chapiteaux du xii- siècle et un tombeau de l'époque gothique, aujourd'hui encastré dans un mur et surmonté d'un dais du xv° siècle rapporté. Les Paysages et Monuments du Poitou ne peuvent oublier un orme gigantesque et d'une haute antiquité qui se dresse dans le parc. Ajoutons que ce parc est une véritable oasis au milieu de la plaine. Sa présence est d'autant plus étonnante qu'aujourd'hui, dans toute cette région, le sol se montre absolument rebelle à toute tentative de reboisement.

(48) AILLERY, Pouillé, p. 142-143. — ARNAULD, Histoire de Nieuil (Mémoires de la Société de statistique, p. 211 à 215, tirage à part, p. 51 à 55).