Histoire et fouilles archéologiques, sur le site de la forteresse médiévale du Breuil-Bertin ( Motte Castrale)

La première partie de cette étude, qui est loin d'épuiser le sujet, rassemble, pour la première fois, ce que nous savons actuellement du Breuil-Bertin, de la famille Bertin, de la seigneurie et de la forteresse.

La seconde partie rend compte des fouilles archéologiques pratiquées sur le site du château féodal du Breuil-Bertin de 1964 à 1972.

 

I. LE BREUIL BERTIN SITUATION ET ENVIRONNEMENT

Un breuil, dans la langue celtique, c'est un bois taillis (1). Plusieurs localités (2) et de nombreux lieux-dits appelés Breuil ou le Breuil, attestent encore, en France, l'existence de la forêt primitive.

Le hameau du Breuil, qui compte aujourd'hui 100 habitants (3), traversé par la R.N. 137 de la Rochelle à Nantes, est situé à 14 kilomètres au Nord-Est de la Rochelle et à peu près à égale distance des villages de Saint-Ouen et de Longèves, dans la commune de Saint-Ouen-d'Aunis, canton de Marans et arrondissement de la Rochelle.

Du Moyen Age à la Révolution, le hameau du Breuil s'est appelé le Breuil-Bertin (4) du nom des Bertin, famille de seigneurs aunisiens des XIIe et XIIIE siècles, qui l'ont peut-être fondé et certainement possédé.

Il y avait, au Moyen Age, tout près du château fort du Breuil-Bertin, deux établissements religieux.

Une antique chapelle dédiée à Saint-Ouen (5) était peut-être située au Sud-Ouest de la forteresse ; elle a été ruinée probablement au XVIe siècle, par les guerres de religion.

 

 

(Aénor de Châtellerault duchesse d’Aquitaine et sa fille Aliénor)

Le prieuré et la chapelle de Sainte-Marie du Breuil-Bertin (6), fondés par les seigneurs du Breuil-Bertin et d'Andilly (7) et par les chanoines réguliers de Saint-Augustin de l'abbaye de Nieul-sur-l'Autise en Bas-Poitou (8), étaient situés au Nord du château.

 La chapelle de Sainte-Marie du Breuil-Bertin ruinée au XVIe siècle, restaurée au XVIIe siècle, a été démolie, en raison de sa vétusté en 1782 (9). La ferme actuelle de la Chapelle, située près de son emplacement, en perpétue aujourd'hui le souvenir.

Deux voies anciennes, peut-être des voies antiques, passaient à proximité du château féodal du Breuil-Bertin. Une première voie partait de l'Houmeau (10) et peut-être du port du Plomb (11), et atteignait Niort.

Elle passait au Sud du hameau du Breuil et du village de Longèves. C'est, près du Breuil, l'actuel chemin rural sans numéro appelé « Chemin vert » sur le cadastre de 1890 (12). E. Derancourt, qui l'a étudiée et qui y a pratiqué des sondages, vers 1928, y voyait une voie romaine secondaire (13).

Une seconde voie partait du village de Sérigny (14), sur la rive de l'ancien golfe du Poitou, en direction du Sud. Elle est appelée « grand chemin de Marans à Bourgneuf » dans un document du XVIIIe siècle (15). Elle passait à l'Est du hameau et du château fort du Breuil-Bertin et à l'Ouest du village de Longèves (16). C'est, près du Breuil, le chemin rural n° 3 de Sainte-Soulle à Marans (17).

Ce chemin de finage était, semble-t-il, le chemin le plus direct qui reliait, au Moyen Age, les deux forteresses du Breuil-Bertin et de la Roche-Bertin. Le long de ce grand chemin fréquenté vraisemblablement par les pèlerins qui se rendaient à Saint-Jacques-de-Compostelle en Espagne, il y avait, un peu plus bas, au Sud-Est, à hauteur du village de Loiré (18) et à une petite distance du Breuil-Bertin, une maison hospitalière, le prieuré Notre-Dame de-Roncevaux (19) fondé, au XIIE siècle ou au début du XIIIe siècle — il existait en 1219 (20) — par la célèbre abbaye de Roncevaux (21) en Espagne.

De plus, l'archéologie aérienne vient de découvrir, en juin 1973 (22) puis en 1976 (23), deux nouveaux sites archéologiques : au Fief Nouveau, entre le Breuil et Longèves, le long de ce chemin de finage qui délimite toujours les communes de Saint-Ouen et de Longèves, un site préhistorique ou protohistorique constitué principalement, mais pas uniquement, par plusieurs cercles.

Au fief des Insards, près du village de Loiré, sur la commune de Vérines (24), les vestiges d'un établissement gallo-romain, peut-être la villa de Laurius (25).

Cette découverte de l'archéologie aérienne a été confirmée, le 31 juillet 1978, par la découverte, sur le site, d'un sesterce à l'effigie de Faustine, fille d'Antonin le Pieux (138-161) et, le 6 août, par celle de tessons de tuiles, d'amphores et de céramique.

 

 

LES BERTIN DU BREUIL-BERTIN

Nous ignorons leur origine (famille aunisienne ou survenue dans la province ?) et leur qualité (famille roturière ou plutôt de petite noblesse). Nous savons seulement qu'à la fin du XIIe siècle, Pierre Ier Bertin possède une maison au hameau du Breuil, sur la paroisse de Saint-Ouen (26).

Peut-être faut-il rattacher les Bertin du Breuil-Bertin à Aimeri Bertin cousin d'Isembert Ier de Châtelaillon et de sa sœur Tescie qui vivaient au XIe siècle (27) ?

De nombreuses chartes ou autres documents, plus d'une trentaine, entre 1182 et 1250, émanent d'eux ou citent leurs noms. Une enquête faite, à Aytré (28) en Aunis, vers 1260, par ordre d'Alphonse (29), comte du Poitou et frère de Saint Louis, fournit quelques renseignements intéressants (30).

 

Cette enquête provoquée par Pierre et Hugues d'Allemagne (31), chevaliers, héritiers de leur oncle Pierre III Bertin, décédé sans postérité, outre-mer, concerne la restitution, à ses neveux, du domaine de la Clouze, sur la paroisse de Saint-Ouen, propriété des Bertin, dont Hugues de Lusignan, le comte de la Marche (32), s'était emparé (33).

Il semble bien qu'il faille distinguer, d'après le texte de l'enquête et les dépositions des témoins, trois personnages du nom de Pierre Bertin, le bisaïeul (proavus), l'aïeul (avus), et l'oncle (avunculus) de Pierre et Hugues d'Allemagne, autrement dit Pierre Bertin, le sénéchal du Poitou, son fils et son petit-fils.

Pierre Ier, le sénéchal du Poitou a eu au moins deux fils, Pierre II et Jean, et peut-être un troisième fils, Bernard, dont le nom est cité dans un document du XIVe ou du XVE siècle qui analyse une charte de la fin du XIIE siècle ou du début du XIIIE siècle (34).

Pierre II Bertin, son fils, a eu une fille, dont nous ignorons le prénom, mariée à un d'Allemagne, mère de Pierre et Hugues cités plus haut, et un fils, Pierre III Bertin, marié à Guiennor, fille de Guy de Rochefort (35), décédé sans postérité.

 L'absence d'une chronologie bien établie, pour ces trois Pierre Bertin, ne nous permet pas de les situer exactement dans le temps. A leur sujet, nous ne sommes assurés que de deux dates : la nomination de Pierre Ier comme sénéchal du Poitou, en 1190, et la mort de Pierre III, son petit-fils, à la bataille de Mansourah (36), en Egypte, le 8 février 1250.

 

PIERRE ler BERTIN, LE SÉNÉCHAL DU POITOU

De ces trois Pierre Bertin, c'est le premier que nous connaissons le mieux, en raison des charges qui lui ont été confiées, celle de prévôt de Benon, puis celle de sénéchal du Poitou, et qu'il a exercées pendant plusieurs années.

Nous savons qu'il avait des frères (37), mais aucune charte ne nous a révélé le nom de son épouse ni d'ailleurs celui de sa belle-fille, la femme de son fils Pierre, et c'est bien regrettable. Il avait été attaché, nous dit Guillaume de Saint-Xandre (38), l'un des témoins de l'enquête, à la maison (de familia) du roi d'Angleterre Henri II (1154-1189) puis à celle de son fils le roi Richard Ier Cœur de Lion (1189-1199) (39).

Guy de Thouars, seigneur d'Oiron, auquel le roi Richard avait fait don précédemment de tout l'honneur de Benon (40), lui donna, pour le récompenser de son service (41), tout ce qui dépendait de la baillie d'Andilly, à savoir une vigne, des métairies, ainsi que tous les droits qui y étaient attachés et il le reçut dans son hommage (42).

Guy de Thouars avait participé à la deuxième Croisade, de 1147 à 1149 (43). Pierre Bertin ne l'aurait-il pas accompagné dans cette expédition ? Maître Guillaume de Saint-Xandre attribuait la donation de la terre d'Andilly au roi Richard (44) et il précisait que ce dernier lui avait donné aussi le franc fief (libertatem) du Breuil-Bertin où Pierre Bertin possédait une maison (45), ainsi que le domaine de la Clouze.

En réalité la donation fut faite par Guy de Thouars et confirmée par une charte de Richard Ier datée du 21 février 1190, la première année de son règne.

L'acte, au bas duquel le roi avait apposé son sceau, fut passé soit à Londigny (Charente, canton de Villefagnan), soit à Loudun (Vienne) (46) et contresigné par Jean d'Alençon, archidiacre de Lisieux, que Richard avait emmené avec lui en qualité de vice-chancelier (47).

Avant l'avènement de Richard, sous le règne de son père Henri II, Pierre Bertin avait été prévôt de Benon. Il avait exercé cet office au moins de 1182 à 1187, mais peut-être plus longtemps.

« Le prévot, à cette époque, exerçait partout et toujours des fonctions judiciaires ; il était avant tout un agent d'administration domaniale. Il agissait sur les domaines de son maître pour sauvegarder ses droits et au besoin assigner, devant sa cour, les voisins qui s'étaient rendus coupables d'empiétements ; il assurait l'exécution de ses ordres et protégeait les établissements auxquels il s'intéressait. Il était enfin l'homme de confiance chargé de veiller aussi bien aux trésors et aux revenus du Comte qu'à la garde de ses châteaux et à la levée des contingents de l'ost » (48).

Le 7 juillet 1182, sur l'ordre de Richard, alors comte du Poitou, il rendait, en sa qualité de prévôt, un jugement qui terminait le procès intenté par Morineau de Surgères (49), à Josselin abbé de Nouaillé (50), au sujet du moulin de la Géraudie et du fief de Turmée. Son fils, Jean Bertin, assistait à ce jugement parmi bien d'autres (51).

 

En 1187, une autre charte commençait ainsi : « Ego Petrus Bertini, prepositus de Beneone... Moi, Pierre Bertin, prévôt de Benon... » Il s'agissait d'un accord sur procès, entre Josselin abbé de Nouaillé et Rainaud Charneteau et ses parents qui renonçaient, en faveur de Nouaillé, à toutes leurs prétentions sur le fief de Turmée (52).

 

Dès le début de son règne, Richard Ier Cœur de Lion, nomma sénéchal du Poitou Pierre Bertin, l'ancien prévôt de Benon, vieux serviteur qui avait fait ses preuves de bravoure et de compétence (53).

A. Richard, dans son Histoire des comtes du Poitou, écrivait à ce sujet : « Richard songea à la sécurité du Poitou et mit à sa tête un guerrier éprouvé dont la fidélité lui était absolument assurée. C'était Pierre Bertin, un vieux sergent d'armes, homme par suite de petite noblesse, mais qui tant sous les ordres d'Henri que sous les siens avait commandé les sergents d'armes dans leurs campagnes contre le roi de France » (54).

 

Le sénéchal qui avait juridiction sur les prévôts, exerçait, comme ces derniers, un rôle fiscal notamment pour la levée de la taille. Investi de fonctions de juridiction gracieuse, les contrats pouvaient être authentifiés par lui et validés par l'apposition de son sceau. Il disposait de lieutenants et d'un véritable bureau composé de plusieurs clercs.

Il était le gardien du trésor, le chef militaire de la province dont il gardait les châteaux, en un mot, ce grand officier, était le véritable maitre du Comté » (55).

Une page d'A. Richard résume excellemment l'action du sénéchal comme chef militaire : « Pierre Bertin étant tombé malade, les barons aquitains qui avaient montré fort peu d'entrain pour la Croisade (56) tentèrent un soulèvement.

Le comte de Périgord (57) et le vicomte de Brosse (58) prirent la tête du mouvement qui se propagea rapidement ; le vieux sénéchal chercha d'abord à rétablir la paix en traitant avec les révoltés, mais ceux-ci ne voulurent rien entendre ; enfin étant entré en convalescence, il recourut aux armes et marcha hardiment contre eux. Il s'attaqua d'abord au comte de Périgord et s'empara de plusieurs de ses places ; dans les unes il mit des garnisons et les autres furent rasées. Puis il se jeta sur la Marche (59) où il triompha de la même façon ; il fit encore plus et déclara que par suite de la félonie du comte de Brosse son domaine serait à jamais incorporé à celui du roi d'Angleterre.

Enfin, comme le comte de Saint-Gilles (60) avait commis l'imprudence de promettre son appui aux révoltés, le sénéchal pénétra dans le Toulousain. Il venait de recevoir l'assistance de huit cents chevaliers que lui avait amenés le jeune Sanche, fils du roi de Navarre et beau-frère de Richard ; se trouvant par suite à la tête d'une armée assez considérable pour le temps, Bertin put arriver jusqu'aux portes de Toulouse, son armée même campa une nuit sous les murs de la ville ; de nombreux châteaux, capturés tant à l'aller qu'au retour de l'expédition, subirent le sort de ceux du Périgord.

Enfin Aymar, le comte d'Angoulême, qui avait aussi pris les armes, subit un sort encore plus fâcheux ; il fut battu en rase campagne par les Poitevins-Navarrais et fait prisonnier avec un grand nombre de ses hommes tant de pied que de cheval.

Aymar se réclama du roi de France, mais ce fut en vain, et il resta en captivité jusqu'au traité de Mantes, c'est-à-dire jusqu'au 8 juillet 1193» (61).

 

Le sénéchal Pierre Bertin avait réprimé rudement les révoltés et, grâce à lui, le Poitou resta aux Plantagenets pendant les aventures de Richard en Orient (62).

Il exerça, pendant plusieurs années, conjointement à sa charge de sénéchal du Poitou, les mêmes fonctions dans le comté de la Marche qui faisait alors partie du domaine personnel du roi d'Angleterre (63).

La lecture des chartes dont plusieurs émanent de lui et commencent ainsi : «Ego Parus Bertmi, senescallus Pictavie...» ou «Ego, Petrus Bertini senescadus Pictavie et Marchiae... » (64) — « Moi, Pierre Bertin, sénéchal (65) du Poitou... » ou « Moi, Pierre Bertin, sénéchal du Poitou et de la Marche... » — et dont un certain nombre d'autres citent son nom et énoncent son titre, nous permet de le suivre à travers tout le comté qu'il administra diligemment.

Nous ne pouvons énumérer, dans ce texte limité, tous les actes de son gouvernement.

Il était à Luçon (66) le 5 mai 1190, à Saint-Jean-d Angély (67) le 7, à Cognac (68) le 8, en compagnie du roi Richard. Cette même année, à une date non précisée, il se trouvait à l'abbaye Ste Sainte-Croix (69), à Poitiers. Le 7 mars 1197, il était à Pont-l'Abbé-d'Arnoult (70).

 

En 1199 il se trouvait, successivement, en compagnie de la reine Aliénor d'Aquitaine, à Niort et à la Rochelle. Mais au cours de cette même année, nous aurions pu le rencontrer au chapitre de Saint-Hilaire-le-Grand à Poitiers.

Dans le courant de 1196 (71) et jusqu'aux premiers mois de 1199, il est remplacé, dans sa charge de sénéchal, par Geoffroy de la Celle qui remplissait déjà les fonctions de sénéchal de Gascogne et qui prit alors le titre de sénéchal de Poitou et de Gascogne.

Le dimanche des Rameaux, 11 avril 1199, il assista aux cotés de la reine Aliénor, dans l'église abbatiale de Fontevrault (72), aux obsèques de son ami le roi Richard tué, quelques jours plus tôt, d'une flèche d'arbalète, en assiégeant le château de Châlus en Limousin (73).

Il a été aussi témoin, à Niort, cette même année, des deux chartes d'Aliénor qui établissaient ou confirmaient l'érection des communes de la Rochelle et de Poitiers (74).

Et, dans les derniers jours de juin 1199, il accueillait et logeait, « apud Andilliaciun », auprès d'Andilly — vraisemblablement dans sa forteresse du Breuil-Bertin

— l'infatigable reine qui, venant de Niort, chevauchait avec sa suite vers la Rochelle et Bordeaux.

C'est au cours de cette halte, chez son fidèle serviteur, que la souveraine dicta une nouvelle charte en faveur des habitants de l'île d'Oléron (75).

A la fin de l'été ou au début de l'automne de 1199, Geoffroy de la Celle lui succéda à nouveau comme sénéchal du Poitou (76).

Nous ignorons le lieu et la date de la mort de Pierre Bertin, certainement avant le 28 janvier 1202, et les circonstances de celle-ci ainsi que le lieu où il a été inhumé, peut-être dans l'une des églises romanes d'Andilly ou de Sainte-Soulle (77) proches de ses forteresses.

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Les invenvaires des titres de la Commanderie du Temple de la Rochelle décrivent ainsi le sceau de Pierre Bertin, sénéchal du Poitou et de la Marche : « Un scel de cire noire où est imprimé un lion pendant sur lacs de fil blanc jaune et noir» (78). .

 

PIERRE II BERTIN, LE FILS DU SÉNÉCHAL

Pierre Bertin, chevalier, fils du premier Pierre, frère de Jean Bertin et peut-être de Bernard Bertin, n'a probablement jamais rempli l'office de sénéchal du Poitou en 1199 (79). A. Briquet, propriétaire du manuscrit original des Enquêtes d'Alphonse de Poitiers, aurait dû lire attentivement ce texte avant de l'annoter. Il se serait aperçu que pas un des témoins de l'enquête n'a attribué le titre de sénéchal à Pierre II Bertin, l'aïeul, le fils du premier Pierre, comme le nomme Hugues de Beauvoir, chevalier, châtelain de Niort, dans sa déposition et que seul, Geoffroy Bartholomei, homme féodal de Pierre d'Allemagne, donna le titre de sénéchal, « quod erat serviens et seneschallus », au bisaïeul de Pierre et Hugues d'Allemagne, c'est-à-dire à Pierre Ier Bertin (80).

Nous sommes en droit de nous demander si A. Briquet a eu connaissance de tous les documents cités plus haut, concernant les Bertin. Si oui, il aurait alors découvert un document extrait du livre des Lettres Patentes, en date du 28 janvier 1202, dans lequel le roi Jean Sans Terre (1199-1216) fait savoir aux baillis et à tous ses fidèles du Poitou qu'il a pris Pierre Bertin, fils de Pierre Bertin, sous sa garde et protection ainsi que tous ses domaines et possessions tels qu'en jouissaient son père et sa mère (81).

Ce texte des Lettres Patentes est précieux car il laisse entendre que Pierre Bertin, le sénéchal, était mort entre la fin de 1199 (82) et le 28 janvier 1202, et que c'est son fils Pierre II que le roi prenait sous sa protection.

A. Briquet a écrit que le sénéchal de 1199 ne pouvait être celui de 1190 et où a-t-il lu que le sénéchal de 1199 avait eu un fils qui resta sous la tutelle d'Hugues d'Allemagne pendant cinq ans, puis sous la tutelle du comte de la Marche pendant plus de dix ans et enfin sous la tutelle de Guy de Rochefort qui lui avait fiancé sa fille (83) ? Il a confondu, dans une même personne, le sénéchal de 1199 et Pierre II, dont le fils, Pierre III a été effectivement placé sous tutelle pendant sa minorité.

Si nous supposons que le sénéchal avait 20 ans en 1147, lorsqu'il s'engagea au service de Guy de Thouars et participa peut-être à la deuxième Croisade — et nous ne sommes pas certains que c'est en 1147 qu'il commença à servir Guy de Thouars — il avait 70 ans en 1197 et 73 ans seulement en 1200.

 C'était sans doute, pour son époque, « un vieux sénéchal », comme l'a écrit A. Richard (84), mais, même si la moyenne d'âge des décès était certainement plus basse à la fin du XIIe siècle, il y avait probablement des individus qui atteignaient un âge plus avancé.

C'est probablement ce même Pierre Bertin, fils du sénéchal, dont nous parlent plusieurs documents postérieurs qui s'échelonnent de 1202 à 1216 et peut-être 1220. Il semble bien, par contre, que les divers documents qui s'échelonnent de 1241 à 1250 se rapportent à Pierre III Bertin, petit-fils du sénéchal et oncle de Pierre et Hugues d'Allemagne.

Le 24 septembre 1201, Jean sans Terre, qui se trouvait à Verneuil (85), signait un document rédigé en sa présence et dans lequel il s'exprimait ainsi : « Le roi à Pierre Bertin et à tous ses baillis, salut. Sachez que les chevaux que Fulco, le porteur de la présente lettre, amène sont à nous. Par conséquent, nous ordonnons que vous les laissiez passer à travers votre territoire en toute sécurité pour qu'ils soient conduits jusqu'à nous et que vous souffriez qu'ils y passent libres de tout droit de douane et de toute charge » (86).

Quel était ce Pierre Bertin auquel le roi s'adressait et qu'il saluait : Pierre II ou son père, l'ancien sénéchal encore vivant, seigneur d'Andilly et du Breuil-Bertin ?

Ce sont bien Pierre et Jean Bertin, les fils du sénéchal qui, en 1207, sont désignés comme possesseurs de maisons fortes situées près de la Rochelle et qui nuisaient à la défense de la ville. Nous en reparlerons plus loin, en étudiant la forteresse du Breuil-Bertin.

Les Bertin se seraient-ils rangés, quelque temps, aux côtés des ennemis du roi anglais ? Il y avait eu sans doute des difficultés entre le souverain et Pierre Bertin puisque, de Niort, le 26 février 1214, Jean sans Terre l'informait qu'il l'avait admis dans sa paix, une paix conclue selon les règles (87).

Un peu plus de six mois plus tard, le 9 septembre 1114, Pierre Bertin et son frère Jean, qui porte le titre de seigneur du Breuil-Bertin dans l'analyse —

au XIVe ou XVe siècle — d'une charte du XIIIe siècle (88), accueilleront le roi Jean sans Terre au Breuil-Bertin.

Un texte du livre des Lettres Patentes, daté du Breuil-Bertin, dans lequel le roi informait ses baillis et ses fidèles sujets qu'il avait accordé un sauf-conduit à Marin (fils ou serviteur) de Pierre (Bertin ?) pour aller et venir sur tout notre territoire sans que sa personne soit sujette à tous nos droits et à tontes nos perceptions, atteste sa visite (89).

Dans un passage du livre des Lettres Clauses, daté de Saintes, le 8 avril 1214, Jean sans Terre demandait au maire de la Rochelle, Sire Berthoumé Couftet (90), et à Pierre de Maulay de ne pas laisser Guillaume Maingot.

le seigneur de Surgères probablement, être en désaccord avec Pierre Bertin ou ses hommes au sujet de la libre occupation qu'ils ont tenue de la Rochelle le dernier jour où le roi a abordé et que si Guillaume a quelque grief envers le roi, toute justice lui sera rendue (91).

Ce texte est intéressant parce qu'il nous montre que Pierre II, comme son père, était d'abord un chevalier, un militaire, dont dépendaient des soldats qu'il commandait, avec lesquels il combattait éventuellement ou assurait la sécurité, ici celle du roi d'Angleterre qui débarquait à la Rochelle.

De Colchester, le 15 mars 1216, Jean sans Terre demandait à Réginald de Pons, sénéchal du Poitou et de Gascogne, d'autoriser Pierre Bertin à fortifier et à posséder en paix sa maison de Puilleset.

Il adressait la même autorisation en sa faveur au maire et aux gentilshommes de la Rochelle (92).

La maison de Puilleset est devenue aujourd’hui la ferme de Pied-Lizet sur la commune de Longèves. Elle est située à la limite des terres hautes et du marais, sur la rive Sud de l'ancien golfe du Poitou.

On vient d'y découvrir, successivement, en 1976 et en 1977, les vestiges d'un camp fortifié néolithique (93) et ceux d'un établissement gallo-romain (94).

Ce dernier texte est aussi plein d'intérêt, car il nous laisse entendre  que le nord de l’Aunis n'était pas sûr dans ce premier quart du XIIIe siècle, puisque Pierre Bertin éprouvait le besoin de fortifier cette partie de son domaine.

Nous savons, par les Enquêtes d'Alphonse de Poitiers, que ce même Pierre Bertin a possédé et exploité pendant toute une partie de sa vie le domaine de la Clouze, sur la paroisse de Saint-Ouen (95), domaine que son père avait reçu du roi Richard et qu'il avait lui-même possédé et exploité jusqu'à sa mort (96).

 Est-ce lui, ou un bourgeois rochelais portant le même prénom et le même nom, qui fut envoyé comme député en Angleterre, auprès du roi Henri III (1216-1272), en janvier 1221 ?

Jourdan, commentant ce passage du livre des lettres Clauses (97), écrivait : « Pendant que la Rochelle était sous la domination de l'Angleterre, les Rochelais envoyaient souvent des députés au roi pour les affaires de la commune et, à l'indemnité de voyage dont ils les gratifiait, ce prince joignait souvent quelque cadeau, presque toujours des effets d'habillement.

A cette date, Henri III donnait l'ordre à son trésorier de payer vingt sols aux deux envoyés de la Rochelle et de Saint-Jean-d'Angély, Pierre Bertin et Regnault de la Marche et de leur faire délivrer une tunique et un manteau (pallium) de brunette noire ou de vair avec une casaque (penula) de peau de lapin ».

 Jourdan ajoutait : « L'envoyé de la Rochelle devait être Pierre Bertin, fils de l'ancien sénéchal du Poitou, auquel Jean sans Terre avait octroyé, le 28 janvier 1202, des lettres de sauvegarde et de protection » (98).

 Comme pour son père, le sénéchal, nous ignorons la date, le lieu et les circonstances de sa mort. Nous savons seulement qu'il laissait sa femme (99) et ses deux enfants, une fille et un jeune fils mineur (100).

PIERRE III BERTIN, LE PETIT-FILS DU SÉNÉCHAL

Plusieurs documents nous renseignent assez bien à son sujet et tout d'abord les Enquêtes d'Alphonse de Poitiers. Les divers témoins de l'enquête de Pierre d'Allemagne et de son frère pour la Clouze, plus exactement six témoins sur onze, nous apprennent, dans leurs dépositions, qu'en raison de son jeune âge, à la mort de son père, Pierre III Bertin a été pris en tutelle, successivement, par Savary de Mauléon (101), puis Hugues de Lusignan, comte de la Marche pendant plus de dix ans (102), Hugues d'Allemagne pendant cinq ans (103), et enfin Guy de Rochefort, qui lui a donné sa fille Guiennor en mariage (104).

C'est à cette occasion que ses biens lui furent restitués, à l'exception de la Clouze, dont Hugues de Lusignan, comte de la Marche, s'était emparé par la violence (105) du vivant de son père (106) et qu'il avait démolie (107), puis ensuite fortifiée en l'entourant (de fossés), de palissades puis de murs (108).

En 1242, après la dernière guerre (109), Hugues de Lusignan abandonna à Alphonse de Poitiers, la Clouze et toutes les autres conquêtes que le roi avait faites sur lui (110).

 Une partie des vestiges de cette ferme, fortifiée au XIIIE siècle, subsiste toujours, au Nord de la ferme actuelle, à Saint-Ouen, l'autre partie ayant été détruite par le passage, sur le site, du canal anti-chars creusé, sur l'ordre des Allemands, pendant la deuxième guerre mondiale.

Pierre III Bertin était un chevalier, comme son père et son grand-père.

En 1241, il concluait un traité avec les moines de l'abbaye cistercienne de la Grâce-Dieu, sur la paroisse de Benon, au sujet d'une prairie, située près d'Andilly, appelée « la tende (111) de Pierre Bertin », du nom de son grand-père, le sénéchal, que chacune des parties revendiquait (112).

Dans une concession de plusieurs droits sur un héritage, faite le 1er mars 1243 aux moines de cette même abbaye de la Grâce-Dieu, il portait le titre de seigneur d'Andilly : « Ego, Petrus Bertini, miles, dominus Andilliaci... » — « Moi, Pierre Bertin, chevalier, seigneur d'Andilly... » (113).

Dom Fonteneau reproduit un fragment du sceau de Pierre Bertin qui pendait à ce contrat : on y distingue seulement un palé de six pièces dont deux semées de trèfles (114).

Dans le terrier du Grand Fief d'Aunis, parmi les noms de quelques nobles qui étaient soumis au cens, pour des vignes situées dans le Grand Fief, on relève celui de « Sire Pierre Bertin» (115).

Le nom de Pierre Bertin figure en tête de plusieurs noms dans les comptes qui terminent le terrier où sont énumérés les bénéficiaires de rentes assises sur le Grand Fief (116). Il est mentionné plusieurs fois dans le registre des Comptes d'Alphonse de Poitiers où il est dit qu'il a versé 50 livres à Eble de Rochefort, pour l'achat de sa maison de Tor (117) ; trois fois 33 livres, 6 sols, 8 deniers, pour le rachat de la terre de Gautier d'Allemagne décédé (118): 10 livres, parce qu'il avait différé de rendre justice à l'un de ses hommes (119).

Il y est dit homme-lige de la châtellenie de Benon (120) et homo-planus, homme aisé (?) du Grand Fief d'Aunis (121).

Est-ce de lui qu'il s'agit dans un passage du censif de Chizé (122)? « Pro domino Petro Bertin» — «Pour le seigneur Pierre Bertin » — où il est dit nue le fief de Villiers-sur-Chizé (123), Availles-sur-Chizé (124) et Ensigné (125), oui est en terres, vignes et moulin, paie trente  sous à Noël et trente sous à Pâques, par la main des Templiers qui ont affermé tout le fief dudit Pierre (126) ? C'est possible, mais ce n'est pas certain car le patronyme Bertin était sans doute déjà fréquent à cette époque et il pouvait donc y avoir un autre seigneur du nom de Pierre Bertin.

En 1248. Pierre III partit pour la septième Croisade, celle de Saint Louis ; il n'en revint pas.

Nous pouvons l'imaginer quittant, pour la dernière fois, sa forteresse du Breuil-Bertin et sa terre d'Andilly, un jour de l'été de 1248.

Il va s'embarquer à Aiguës-Mortes (127).

le 25 août (128), puis après une longue escale de huit mois à Chypre (129), il débarquera, en Egypte, devant Damiette (130), en juin 1249.

Peut-être faisait-il partie, quand il fut tué, le 8 février 1250, de cette avant-garde qui, sous la conduite de Robert d'Artois, un autre frère de Saint Louis (131), se lança follement dans Mansourah (132) et se fit massacrer?

 

 

LA SEIGNEURIE ET LES SEIGNEURS DU BREUIL-BERTIN

Il n'est pas possible, en l'absence de documents, qui nous en feraient connaître les limites exactes, d'évaluer en hectares la superficie du vaste domaine possédé, semble-t-il, par les Bertin à la fin du XIIe siècle.

Tout ce que nous pouvons affirmer, c'est que ce domaine s'étendait sur une partie du territoire des paroisses de Saint-Ouen, de Longèves, d'Andillv, de Vérines et de Sainte-Soulle. Nous relevons, en effet, les noms de bois de la Roche-Bertin et de fief Bertin (133) sur le plan cadastral de Sainte-Soulle et le nom de Bertines (134) sur celui de Vérines.

En 1200, les Bertin possédaient, entre autres biens, la terre et la forteresse du Breuil-Bertin à Saint-Ouen, la terre et la forteresse de la Roche-Bertin à Sainte-Soulle, la terre et la ferme de la Clouze à Saint-Ouen et déjà, peut-être, la terre et la ferme de Puilleset à Longèves.

Au Moyen Age, la seigneurie du Breuil-Bertin était située à la limite de l'ancienne banlieue de la Rochelle (135) et sur le territoire du comté de Benon qui englobait la paroisse de Saint-Ouen (136).

Elle comprenait certainement une partie du territoire des paroisses de Saint-Ouen et de Longèves et peut-être d'Andilly, de Sainte-Soulle et de Vérines. Elle relevait de la seigneurie de Saint-Ouen (237) et ses seigneurs rendaient hommage au chapitre et aux chanoines de la cathédrale de Puy-en-Velay (138) qui, du XIe au XVIIe siècle, étaient eux-mêmes seigneurs de Saint-Ouen, Longèves — appelé parfois Puy-Longèves —, Luché (139) et Cramahé (140), près de Courçon (141).

C'est vers 1050, au XIe siècle, que Guillaume Aigret (1039-1058), comte du Poitou et duc d'Aquitaine, donna à l'église du Puy, la moitié de l'île de Ré et le bois de Saint-Ouen vulgairement appelé le Breuil (142).

 La terre du Breuil ou, plus exactement, le franc fief (143) du Breuil, paraît avoir été distraite des biens du chapitre à la fin du XIIE siècle et constituée en seigneurie indépendante, en faveur de Pierre Bertin, par Guy de Thouars, seigneur Benon.

 Il semble donc que la donation de Guy de Thouars, confirmée le 21 février 1190 par une charte de Richard Ier, comte du Poitou et roi d’Angleterre, constitue l'acte de fondation de la seigneurie du Breuil-Bertin.

Guy de Thouars donnait, en même temps, à Pierre Bertin, la baillie d'Andilly (144).

Acquise, au milieu du XVIe siècle, en partie le 2 décembre 1544 (145), puis totalement le 12 mars 1556 (146), par Perrette Carré, dame d'Andilly, la seigneurie du Breuil-Bertin fera désormais partie des possessions des seigneurs d'Andilly jusqu'en 1777, puis du marquisat d'Aligre jusqu'à la Révolution (147).

La lecture patiente de documents des XVIe, XVIIe et XVIIIE siècles, concernant le Breuil-Bertin, documents conservés aux Archives départementales à la Rochelle (148), pourrait permettre une étude plus développée et plus approfondie de cette seigneurie jusqu'à sa disparition en 1789.

Souhaitons que ce travail intéresse, dans un proche avenir, un chercheur compétent et libre de son temps.

Il n’est pas question de publier, ici, une liste exacte et complète des seigneurs du Breuil-Bertin, trop de points obscurs demeurent, mais de citer les noms de ceux dont nous sommes certains.

 Au XIIe siècle, Pierre Bertin, le sénéchal.

Au XIIIe siècle, Jean Bertin, son fils ; Pierre III Bertin son petit-fils.

Au XIVE siècle, Aymeric Pasquant qui, dépouillant ceinture et chaperon, à genoux devant Edouard, prince de Galles et duc de Cornouailles (149), les mains jointes et pressées entre les siennes, lui faisait hommage-lige, le 27 août 1363, dans la chapelle du couvent des Cordeliers, à la Rochelle (150), pour les terres et domaines qu'il possédait; Maynard de Chabreville, mari de Jeanne Pasquant (151); Guillaume de la Vergne, écuyer, mari de Marguerite de Chabreville (152).

Au XVe siècle, Jean Harpedanne de Belleville (153); Jean Mérichon, chambellan du roi Louis XI, capitaine, gouverneur, cinq fois maire de la Rochelle et premier historien de cette ville, marié à Marie de Parthenay-Soubise.

Le 21 mars 1454, il faisait hommage de la seigneurie du Breuil-Bertin au chapitre et aux chanoines du Puy (154).

Au XVIe siècle, Jean Girard en 1500 (155); Louis Ruffineau, maire de la Rochelle en 1517. Il faisait aveu de sa seigneurie du Breuil-Bertin, à Messieurs du chapitre du Puy-en-Velay, le 26 septembre 1508 (156). René de Barro écuyer, en 1531 (157); Jean Guerry, le 31 juillet 1535 (158); Perrette Carré, veuve de Guillaume Joubert en 1556 (159); Françoise Joubert, petite-fille de Perrette Carré, veuve de Charles Chabot, baron de Jarnac, en faisait hommage le 30 mai 1588 et le 10 juillet 1597 (160).

Au XVIIe siècle, Charles de Fonsèques, seigneur de Surgères, marié à Esther Chabot, fille de Charles, le 29 septembre 1610 (161); Jean Chasteigner, seigneur de la Rocheposay (162) en Poitou, marié, le 30 mars 1603, à Diane de Fonsèques, fille de Charles (163); en 1650, Charles Chasteigner de la Rocheposay, leur fils, marié à Charlotte de Jousserant (164); René Isoré, marquis d'Hervault et de Pleumartin (165), marié à Marie-Gabrielle Chasteigner de la Rocheposay, fille des précédents (166); Georges Isoré d'Hervault, leur fils, marquis de Pleumartin et de la Rocheposay, marié, en 1683, à Geneviève-Elisabeth Rolland (167).

Au XVIIIe siècle, Nicolas Isoré d'Hervault, l'un des fils de Georges et de Geneviève Rolland, marquis de Pleumartin et de la Rocheposay, marié, le 24 octobre 1715, à Anne Lelay de Villemares (168). Il faisait aveu au roi, le 20 juillet 1725, et lui fournissait le dénombrement de la terre d'Andilly y compris celle du Breuil-Bertin (169); Marie Victor Nicolas Isoré d'Hervault, marquis de Pleumartin et de la Rocheposay (170); Louis Prosper de Gréaulme, marié, le 18 septembre 1749, à Philippe Josèphe Anne Isoré d'Hervault, fille et dernier enfant de Nicolas et d'Anne Lelay (171).

Dans un procès au sujet de la mouvance des terres du fief de la Chalonnière à Longèves, le 27 juin 1764, il était dit seigneur du Breuil-Bertin (172). Il mettait en vente, en 1766, la seigneurie d'Andilly et les autres terres qui en dépendaient, dont celle du Breuil-Bertin (173).

Elles devenaient alors la propriété du comte de Marans, Etienne-François d'Aligre, marié à Françoise-Madeleine Talon (174).

Il fut le dernier seigneur de Marans, d'Andilly et du Breuil-Bertin.

 

breuil bertin

LA FORTERESSE DU BREUIL-BERTIN

A. Gautier écrivait, en 1839, dans la notice de sa Statistique du département de la Charente Inférieure destinée à la commune de Saint-Ouen, qu'« Isembert de Châtelaillon se serait réfugié dans la forteresse du Breuil, lorsqu'en 1096, Guillaume IX, duc d'Aquitaine, ravageait les terres de ce seigneur» (175).

 

Si ce texte était fondé, il serait d'un grand intérêt pour l'histoire de ce château fort, car il prouverait son existence dès le XIE siècle, un siècle avant les Bertin. Mais ce texte ne paraît pas fondé et contient au moins une erreur.

En 1096, ce n'est pas Isembert, semble-t-il, qui est seigneur de Châtelaillon mais Eble II (176). Malgré de longues et patientes recherches, l'auteur de cette étude n'a pas retrouvé le document utilisé par le rédacteur de la notice. Mais s'il n'est pas possible d'affirmer, dans l'état actuel de la recherche, l'antériorité de la forteresse par rapport aux Bertin, nous sommes certains qu'elle existait en 1207.

En effet, un texte du livre des Lettres Patentes fait état d'un ordre du roi Jean sans Terre, donné à Dorchester (177) le 9 janvier 1207, qui demandait à Savary de Mauléon, sénéchal du Poitou, de faire démolir, sans délai, les maisons fortes que Pierre Bertin, Jean Bertin et autres, possédaient près de la Rochelle et qui nuisaient à la défense de la ville (178). Comprenant le danger couru par ses possessions continentales, menacées par les conquêtes du roi de France Philippe Auguste, le roi d'Angleterre, après son échec de l'année précédente (179), s'occupait de réunir une nombreuse armée avec laquelle il se proposait de débarquer, une nouvelle fois, à la Rochelle.

C'est pour préparer son éventuel débarquement qu'il ordonnait, préalablement, la destruction de ces châteaux forts.

Il est facile de localiser ces forteresses des Bertin, car elles s'élevaient, vraisemblablement, sur les lieux auxquels leur nom demeure attaché et où il subsiste encore d'importants vestiges archéologiques, c'est-à-dire au Breuil-Bertin, commune de Saint-Ouen-d'Aunis et à la Roche-Bertin (179 bis), commune de Sainte-Soulle.

Ce texte des Lettres Patentes est important car il nous apporte la preuve de l'existence de la forteresse du Breuil-Bertin en 1207 et de sa possession par les Bertin.

Il nous permet d'émettre une hypothèse, celle de la construction de la forteresse entre 1190, date à laquelle Richard Cœur de Lion confirme à Pierre Bertin la possession de la terre d'Andilly et du franc fief du Breuil-Bertin, et 1207, ou, plus vraisemblablement les dix dernières années du XIIe siècle, pendant le dapiférat de ce dernier.

Nous ignorons si l'ordre du roi Jean a jamais été exécuté, mais nous pouvons en douter, puisque sept ans plus tard, le 9 septembre 1214 (180), Jean sans Terre lui-même séjourne au Breuil-Bertin, et que des textes postérieurs, des XIVE (181) et XVIe siècles, attestent l'existence de la forteresse pendant tout le Moyen Age, sans nous fournir, malheureusement, des renseignements plus précis à son sujet.

Au début du XVIIIe siècle, Claude Masse, ingénieur du roi Louis XIV, dans la notice de son Mémoire géographique consacrée à la paroisse de Saint-Ouen, écrit qu'il y a, à l'Est, « à environ 1 050 toises de la paroisse de Saint-Ouen, les vestiges d'un château, sur une hauteur, que l'on appelle le Breuillet-Bertin » (183).

Une carte établie pour l'Histoire de la Rochelle et du pays d'Aunis, du Père Arcère, ouvrage paru en 1756, mentionne « le Breuil ruiné» (184). A. Gautier dans sa Statistique note, sans autre précision, que le château du Breuil fut démantelé au temps des Guerres de religion (185).

Il paraît donc établi que la forteresse de Pierre Bertin, qui existait encore en 1508 (186), a été incendiée — les traces de cet incendie étaient encore bien visibles ces dernières années, pendant les fouilles —, puis ruinée, au cours du XVIe siècle, peut-être à l'occasion des combats qui eurent lieu, entre la Rochelle et Marans, en 1573, lors du siège de la ville principale de l'Aunis par le duc d'Anjou.

 Il paraît non moins certain qu'à une date impossible à déterminer, avant le XVIIIe siècle, semble-t-il, le château a été utilisé comme carrière et que des tonnes de pierres, ayant servi jadis à son édification, ont été emportées.

 Un mémoire rédigé au XVIIe siècle par le marquis de la Rochepozay pour la vente des terres d'Andilly et dépendances, nous apprend qu'au Breuil-Bertin « il n'y a plus qu'une masure... à présent c'est un petit bois taillis au milieu duquel il y a une petite borderie, dans le lieu où était autrefois la cour du château» (187).

Une petite ferme avait donc été édifiée, sans aucun doute, avec des pierres de la forteresse, dans la basse-cour ou bayle située autour de la motte centrale sur laquelle s'élevait le donjon ou l'enceinte circulaire.

A la fin du XIXe siècle, vers 1890, selon la tradition orale, des fouilles auraient été effectuées sur l'emplacement du château, par M. Allard, propriétaire du site à cette époque, en vue de la découverte d'un hypothétique trésor.

Cette tradition orale semble confirmée par une note extraite de l'Annuaire général de la Charente Inférieure, en 1923, qui indiquait que quelques légères fouilles avaient permis de découvrir des armes, lances, poignards et flèches (188).

II. LES FOUILLES ARCHEOLOGIQUES

Encouragées par M. Marcel Delafosse, directeur des services d'Archives de la Charente-Maritime, autorisées par les propriétaires du site : M. et Mme Gaston Besson, de Tonnay-Charente ; M. et Mme Robert Dudoignon, de Ciré-d'Aunis ; M. et Mme Gaston Jouineau, de Saint-Ouen d'Aunis, dès 1964 et, officiellement, par le directeur régional des Antiquités historiques Poitou-Charentes, en avril 1966, elles ont été pratiquées, pendant plus de huit ans, du 29 octobre 1964 au 31 décembre 1972, date à laquelle les propriétaires ont retiré leur autorisation.

MM. François Eygun et Gérard Nicolini, directeurs régionaux des Antiquités historiques, ont vu plusieurs fois le chantier qui a reçu également la visite, le 5 août 1967, de M. Michel de Boüard, fondateur du Centre de recherches archéologiques médiévales de Caen et actuellement directeur des Antiquités historiques de Basse-Normandie et, le 11 janvier 1968, de M. Henry-Paul Eydoux, historien et archéologue.

 L'initiative de fouilles archéologiques, sur le site de la forteresse médiévale du Breuil-Bertin, est dû à un groupe de six élèves pensionnaires de l'Ecole Fénelon, à la Rochelle, en octobre 1964. Intéressés par l'archéologie, ils voulaient occuper ainsi leurs loisirs du jeudi après-midi. Plus d'une centaine d'élèves volontaires ont travaillé sur le chantier, le jeudi après-midi puis, plus tard, le mercredi après-midi ou pendant les vacances scolaires. A partir de 1971, un groupe d'une dizaine d'étudiants, garçons et filles, de l'Institut universitaire de technologie (I.U.T.) de la Rochelle, sous la direction d'Hubert Granet, de Nontron (Dordogne), y ont fouillé, activement, le samedi après-midi ou le dimanche. Quelques autres jeunes et plusieurs adultes, originaires de la Rochelle, de Saint-Ouen-d'Aunis ou d'autres localités de l'arrondissement, sont venus aussi œuvrer sur le site qui a accueilli plusieurs milliers de visiteurs intéressés par l'histoire et l'archéologie.

 

 

LE SITE ARCHÉOLOGIQUE ET LE PLAN DES VESTIGES

Edifiée sur une hauteur d'une vingtaine de mètres, au Nord-Est et tout près du village du Breuil, la forteresse du Breuil-Bertin occupait, au Moyen Age, une position stratégique certaine, à 4 kilomètres environ de la rive Sud de l'ancien golfe du Poitou et à peu près à la même distance, en ligne droite, de la forteresse de la Roche-Bertin, située sur la paroisse de Sainte-Soulle.

Le site de la forteresse (parcelle cadastrale nos 717 et 718, section B) est occupé depuis longtemps — depuis près de quatre siècles probablement — par un bois, bois de futaie, semble-t-il, au XVIIe siècle (189), bois taillis aujourd'hui.

Quand nous y sommes arrivés, le 22 octobre 1964, nous avons dû chercher, à travers d'épais taillis et d'inextricables broussailles, les vestiges de la forteresse.

Depuis près de quatre cents ans, la nature avait repris ses droits et avait consommé inexorablement la ruine du château fort, préparée par l'incendie des gens de guerre du XVIe siècle.

Le défrichage systématique, à partir de septembre 1965, de la plus grande partie du terrain occupé jadis par la forteresse, c'est-à-dire la motte, les fossés, et dans la basse-cour, l'emplacement du château fort proprement dit, au Nord, nous a permis de faire lever, en octobre et novembre 1966, un plan général des vestiges et de commencer à y faire figurer, au fur et à mesure de leur dégagement, les substructions qui affleuraient partout sous le lierre et la mousse.

Le premier tirage du plan des vestiges du château féodal du Breuil-Bertin XIIe-XVIe siècles est sorti, le 1er avril 1967, de l'atelier de la maison Stéphant à la Rochelle.

Ce plan, levé par M. André Bergé, de Châtelaillon et M. Jean-Louis Chollet, de la Rochelle, géomètres du cabinet de M. Michel Tourillon, géomètre expert, est très bien présenté.

Dessiné au 1/20oe, ainsi que deux profils des vestiges de la forteresse, il mesure 1 m sur 0,70 m et il nous restitue, d'une façon saisissante, l'image de cette forteresse qui occupait une surface de 13 000 m2 et mesurait 135 m de longueur Nord-Sud et 118 m de largeur Est-Ouest.

Ce plan, à première vue, par sa situation et la régularité du tracé de ses deux enceintes de fossés, est le plan type du château de plaine. L'aspect archaïque des vestiges, les levées de terre, les fondations d'une tour rectangulaire, les bases de quatre contreforts plats, découvertes le long des murailles de la basse-cour, et, au centre, l'isolement de la motte du donjon au Sud de l'édifice par une large douve, révèlent le plan d'une forteresse de la période romane ; en outre, la découverte, en avril 1967, sur la motte, d'éléments d'architecture romane, ne laisse subsister aucun doute à ce sujet.

La forteresse comprenait : un premier fossé large de 8 à 12 m, profond à l'origine de 5 à 6 m et constituant la première enceinte ; une basse-cour ou bayle, large de 20 à 26 m, sur laquelle s'élevait, au Nord, le château proprement dit et certainement des communs, écuries, ateliers, etc. ; un deuxième fossé large de 10 à 17 m, profond à l'origine de 5 à 6 m, constituant la deuxième enceinte ; une motte, au centre, large de 36 m du Nord au Sud, de 34 m de l'Est à l'Ouest, haute de 5 m, sur laquelle s'élevait un donjon entouré peut-être par une chemise, ou une enceinte circulaire.

Le seul vestige bien conservé de ce monument disparu, sur la motte, est un puits, d'une vingtaine de mètres de profondeur, alimenté par une source abondante.

 

LES FOUILLES

Elles ont été pratiquées, alternativement, dans la basse-cour de la forteresse et sur la motte.

A - Les fouilles dans la basse-cour. Elles ont eu pour résultats :

1)      Le déblaiement partiel, en 1965, en G 3 sur le plan, d'un escalier de 10 marches sous 1,45 m de voûte encore conservée, donnant accès au sous-sol du château et celui d'un début de galerie souterraine située, à environ 5 m de profondeur, par rapport au niveau du sol actuel. Au bas de l'escalier, une porte, ornée de deux pieds-droits, s'ouvrait sur la galerie.

Le pied-droit de gauche, qui se terminait par un chapiteau épannelé, mesurait 1,28 m, celui de droite, privé de son chapiteau, 1,30 m. Les marches de l'escalier mesuraient 1,28 m de longueur, 19,5 cm de profondeur, 0,16 m de hauteur. Une niche de 0,49 m de largeur, 0,29 m de hauteur et 0,35 m de profondeur, s'ouvrait dans le mur de l'escalier, à droite, en descendant et tout près du pied-droit de la porte. On y déposait, peut-être, la clef de cette dernière ou un bougeoir pour s'éclairer.

La voûte de la galerie, creusée dans la banche, roche naturelle calcaire, était soutenue de distance en distance, semble-t-il, par un arc voûté en maçonnerie. Celui que nous avons dégagé et observé, en 1972, était situé à environ 1,43 m de la dernière marche de l'escalier et de la porte. Cet arceau, en plein cintre, mesurait 1,94 m de hauteur, du sol de la galerie au sommet du claveau central de l'arc, qui en comptait 14, de chaque côté de ce dernier, mesurant 0,19 m de hauteur chacun. L'arceau mesurait 2,53 m de largeur et 1,58 m de profondeur, le pied-droit de droite 1 m, celui de gauche 1,02 m. Au-delà de cet arc voûté, la galerie comblée continuait en direction de la muraille extérieure, au Nord ; jusqu'où allait-elle et dans quoi débouchait-elle (190) ?

 

2)      Le déblaiement, en 1969 et 1970, de deux salles attenantes à la muraille Nord de la forteresse, en FG 2 sur le plan.

La première salle, la plus grande, mesurait 9,70 m à l'Est, 8,80 m à l'Ouest de longueur sur 4,50 m de largeur. Elle était éclairée par une fenêtre de 0,90 m, ébrasée vers l'intérieur. Son état actuel ne nous permet pas d'indiquer sa hauteur à l'origine. Cette fenêtre s'ouvrait à environ 0,70 m du sol de cette salle qui communiquait avec la deuxième salle par une porte, de 1,20 m de largeur, ouverte dans le mur Est, à environ 5 m de la muraille extérieure. La hauteur des murs de fondation découverts, mesurant 0,70 m de largeur, variait de 2,50 m au Nord et 2,70 m à l'Est, à 1,80 m au Sud et 1,70 m à l'Ouest. Cette première salle communiquait également par une ouverture que nous avons trouvée murée — située à l'extrémité Sud du mur Est — avec l'extérieur, c'est-à-dire avec une cour intérieure ou une autre salle située non loin et peut-être au-dessus de l'escalier donnant accès au sous-sol du château fort.

Nous avons retrouvé, en place, le gond intérieur de cette porte. Il est possible que deux ou trois pierres calcaires plates, retrouvées dans les angles Sud de cette salle, aient constitué, jadis, des éléments de dallage. Ces pierres formaient dans les deux angles Sud de la pièce comme les marches d'un escalier. Un élément de colonnette, manifestement en remploi, a été trouvé en-dessous de l'une de ces pierres située dans l'angle Sud-Est de la salle. C'est au milieu de cette première salle qu'a été trouvée, en octobre 1967, une jolie petite clef ouvragée.

La deuxième salle, plus petite, mesurait 6,05 m sur 3,45 m et 4,15 m. Elle communiquait avec la première salle par l'ouverture mentionnée plus haut et sans doute avec une autre salle non déblayée, à l'Est, par une ouverture de 0,95 m de largeur, porte ou fenêtre, située à environ 0,70 m du sol de cette salle, à l'extrémité Nord du mur Est, près de la muraille extérieure. La hauteur des murs de fondation mis à jour varie, là aussi, de 2,75 m au Nord, 1,45 m au Sud, à 1,50 m à l'Est et à 2,70 m à l'Ouest.

Deux petites niches s'ouvraient dans la muraille de cette salle, au Nord, à 1,25 m du sol déblayé. Elles mesuraient 0,40 m de longueur, 0,32 m de hauteur, 0,37 m de profondeur. Il n'est pas possible d'indiquer leur raison d'être ou leur utilité. Entre ces deux niches, distantes de 1,80 m environ, on apercevait dans la muraille les traces d'une ouverture (?), large de 1,15 m, donnant sur la douve extérieure et murée par la suite.

La stratigraphie du sol contenu entre les murs de fondation de ces deux salles était identique. Elle comprenait, en surface, une couche de terre végétale plus ou moins épaisse, puis, lui faisant suite, la couche archéologique où l'on trouvait, pêle-mêle, objets, éléments d'architecture, fragments métalliques, tessons de céramique mêlés à la terre et aux nombreuses pierres provenant de l'éboulement des murailles du château fort.

3)      Le déblaiement, en 1970, en G 3 sur le plan, de la base de la tour d'angle Nord-Est. Cette tour rectangulaire mesurait extérieurement 8,10 m sur 5,80 m. Trois contreforts plats, de 1 m sur 0,55 m, s'élevaient le long de ses murailles, au Nord, au Sud et à l'Est, pour les renforcer.

Elle comprenait une salle de 4,20 m sur 4,10 m et un couloir de 4,20 m sur 1,60 m. Ce couloir, à l'entrée duquel a été découverte une pierre, élément d'un arc brisé, frappée d'un bel écu, communiquait avec l'extérieur par une porte, dont la base du pied-droit de gauche a été retrouvée, qui s'ouvrait à l'extrémité Sud du mur Ouest de la tour et, à l'intérieur à gauche, avec la salle mentionnée ci-dessus, par une porte de 1 m de largeur. Il communiquait aussi, par une porte étroite de 0,65 m, située au fond de ce couloir à droite, à l'extrémité du mur Sud de la tour, à l'Est, avec une cage d'escalier accolée à la muraille Sud de la tour et mesurant extérieurement 3,20 m sur 2,50 m. Cette cage contenait la base d'un bel escalier à vis, dont 11 marches de pierre étaient conservées et qui permettait l'accès à l'étage ou aux étages supérieurs de la tour. Chaque marche mesurait 0,83 m de longueur, 0,21 m de hauteur et 0,23 m de profondeur. Une petite armoire, aménagée dans la muraille de la cage d'escalier, mesurant 0,80 m de largeur, 0,42 m de hauteur, 0,55 m de profondeur, s'ouvrait à 0,85 m du sol entre la vis de pierre de l'escalier et le pied-droit de la porte, à droite en arrivant par le couloir.

Au cours du dégagement de ces salles, nous nous sommes efforcés de rester au même niveau, arrêtant notre déblaiement à la hauteur d'un rebord de la fondation, rebord qui existait, dans les trois salles dégagées.

La muraille Est de la tour porte indubitablement, à l'intérieur, des traces d'incendie visibles aussi sur les murs Nord et Est de la première salle. Le feu a plus ou moins chauffé la pierre qui a pris une teinte rose ou grisâtre. M. Bergé a levé, en 1970 et 1972, les plans de ces deux salles et de cette base de tour.

4)      Il faut aussi noter le déblaiement partiel, en G 2 sur le plan, en 1965 puis en 1966, de la muraille Nord de la forteresse sur environ 35 m. Ce déblaiement a fait apparaître la base d'un quatrième contrefort plat de 1 m sur 0,55 m et une belle fenêtre apparemment intacte de l'extérieur et dont la voûte subsistait. La souche d'un arbrisseau avait, malheureusement, disjoint les pierres de cette voûte qui s'effondra subitement sous nos yeux, lorsque la fenêtre fut vidée de la terre qu'elle contenait. Cette fenêtre ébrasée vers l'intérieur sur 1,08 m mesurait 1,12 m de profondeur ce qui équivalait à la largeur de la muraille. Des barreaux, dont les trous subsistaient dans ses montants, en interdisaient l'accès de l'extérieur. Elle éclairait une salle dont le déblaiement était à peine commencé quand les propriétaires n'ont plus voulu autoriser les fouilles, en 1972.

 

B - Les fouilles sur la motte

Elles ont été effectuées pour retrouver les substructions de la fortification qui s'élevait, autrefois, au centre même de la forteresse : donjon ou enceinte circulaire. Elles ont été pratiquées en deux endroits précis : en 1967, sur un petit tertre qui s'élevait au Sud-Ouest de la motte ; en 1972, autour du puits au Nord-Est. Elles ont eu pour résultats :

1)      La découverte, le 30 mars 1967, et les jours suivants, en D 4 sur le plan, sous le tertre, de plusieurs éléments décoratifs d'architecture romane qui seront énumérés dans le paragraphe consacré au matériel archéologique et, en particulier, la base, in situ, de deux colonnes gémellées attenantes à une partie de muraille qui mesurait 0,85 m de longueur et 0,80 m de hauteur.

Cette base de colonne se trouvait-elle dans la chapelle seigneuriale ou dans une des salles du donjon ? Nous ne pouvons rien dire à ce sujet. C'est en ce même endroit, entre la base de colonnes et la douve au Sud, que nous avions commencé un début de coupe stratigraphique. Nous avions pu observer, au-dessous de la couche de terre végétale de la surface du sol, la couche archéologique de 1,50 m d'épaisseur environ, puis une nouvelle couche de terre végétale, de 20 à 25 cm, que l'on retrouve à la même profondeur, au centre de la motte, et qui pourrait bien être la couche de terre végétale du terrain avant la construction de la forteresse. Au-dessous, nous atteignions la banche, banc de pierre naturelle calcaire.

Cette coupe stratigraphique, ainsi que les autres qui étaient prévues en divers points du site, est restée inachevée. Elle avait pour but d'observer les couches inférieures du sol qui auraient pu livrer des tessons de céramique, des monnaies ou autres objets permettant de dater le site et de dire s'il était antérieur au XIIe siècle ou seulement de cette période.

Après sa visite du site, M. de Boüard, qui avait examiné le matériel archéologique recueilli avant son passage, écrivait : « Compte tenu des caractéristiques de la céramique que vous nous avez montrée, j'inclinerais à croire que la fortification du Breuil-Bertin, en dépit de son caractère archaïque, pourrait bien ne remonter qu'au XIIe siècle. Il est vrai que vous n'avez pas encore exploré les couches les plus profondes et que celles-ci livreront peut-être des tessons de poterie plus anciens» (191).

 

2)      La découverte, en 1971 et 1972, en E 4 sur le plan, de substructions à l'Est et au Nord-Est de la motte. Ces substructions pourraient bien être celles du donjon ou de l'enceinte circulaire.

Un sondage systématique, autour du puits, avait permis de dégager et d'identifier : a) une margelle circulaire de 2,40 m de diamètre, formée de pierres de petit appareil taillées en arc de cercle et liées par du mortier. Cette margelle semble avoir été posée sur des matériaux de remploi comprenant des tessons de céramique de diverses sortes et de couleur variable, ainsi que des morceaux d'ardoises et de petites pierres. Elle se trouvait à 0,71 m du sol vierge. La margelle actuelle, bien visible en surface, est beaucoup plus étroite et mesure 1 m de côté et 0,27 m de hauteur.

Le puits a été vidé de son eau et exploré, en octobre 1970, par les sapeurs-pompiers de la Rochelle et par MM. Billard et Dolimont. Il ne contenait apparemment que des éléments d'architecture de la forteresse et des plaques de schiste de la toiture, b) une muraille, de 0,90 m de largeur, dégagée sur 11,30 m, intéressante par ses dimensions et son bon état de conservation.

On pouvait la décomposer en deux sections : une première partie de muraille, dégagée sur une longueur de 4,95 m, qui se présentait sous la forme d'une construction soignée de 0,48 m de hauteur et comprenait deux à trois assises de belles grosses pierres. A l'extrémité Sud de cette partie de muraille, le mur était, semble-t-il, complètement détruit et ne se suivait que grâce à une dernière assise en saillie appuyée sur la banche. Une seconde partie de muraille, dégagée sur une longueur de 6,35 m, faisait un angle de 130° avec l'autre partie. Elle se présentait, elle aussi, sous la forme d'une construction soignée de 0,70 m de hauteur et comprenant 3 ou 4 assises de belles pierres. Il est important de remarquer que la muraille du puits, de 2,40 m de diamètre, était insérée dans cette construction. Cette partie de muraille présentait, en plus, à 3,96 m de l'angle indiqué, un passage marqué par une marche de 2,18 m de longueur. L'interruption des fouilles n'a pas permis d'en donner une explication. Il faut noter aussi que cette dernière partie de la muraille était recouverte partiellement, à l'extérieur, du côté de la douve, d'une couche d'enduit peint bien visible lors de la découverte et du dégagement.

 

LE MATÉRIEL ARCHÉOLOGIQUE

Ce matériel comprend : des éléments d'architecture, de la céramique, des pièces de monnaie, des objets et fragments métalliques, des objets divers.

Les lettres et chiffres qui suivent chaque élément ou chaque objet découvert sur le site, indiquent les carrés du plan où ces éléments ou objets ont été trouvés.

A - Les éléments d'architecture

— découverts sur la motte au centre de la forteresse :

— Une base de colonnes romanes gemellées (D 4). — Quatre fragments d'archivolte ornés de perles et de pointes de diamant avec des traces de peinture rouge (D 4). — Un chapiteau roman et une partie du fût de la colonnette qui le supportait (D 4). — Un tailloir ou abaque de chapiteau (D 4). — Deux éléments moulurés (D 4). — Une pierre portant des traces de peinture rouge et bleue, dessin géométrique, carrés ou losanges (?) (D 4). — Une pierre taillée droite (D 4). — Un élément possible de cheminée à décor végétal (?) (E 4). — Une partie du chapiteau sculpté d'un pilastre roman (E 4). — Deux claveaux de porte ou de fenêtre (E 4). — Une dalle de pierre, élément de revêtement du sol, 37 cm X 37 (E 4). — Trois éléments de cintre de porte ou de fenêtre ( D 4 et E 4). — Une partie de la base d'une colonnette romane (D 4). — Un fragment d'architecture mouluré (D 4). — Une partie du fût d'une colonne (D 4). — Une volute de chapiteau (D 4). — Plusieurs morceaux d'un évier en pierre (?) (D 3). — Plusieurs pierres taillées ou moulurées (D 4 et E 4). — Un claveau de porte ou de fenêtre plus petit que les deux qui sont mentionnés auparavant (E 4). — Plusieurs morceaux d'un mortier (D 3) (?). — Deux fragments d'archivolte ornés de perles et de pointes de diamant plus petits que ceux qui sont déjà mentionnés (D 4). — Un autre morceau de colonnette (D 4). — De nombreux débris d'archivolte, de colonnettes, de pilastre roman, etc. (D 4 et E 4). -Il faut y ajouter plusieurs plaques de schiste, 34 x 19, utilisées pour la couverture des bâtiments de la forteresse ainsi que de très nombreux morceaux de ces plaques (D 3, D 4, E 4). — De nombreux fragments de crépi ou plus exactement de revêtement de murs ont été découverts, ils sont peints de couleurs diverses : gris, ocre, grenat, rouge, etc. On y distingue des bandes, des traits, etc. Est-ce qu'il ne s'agirait pas de vestiges de fresque romane ? (D 3 et D 4).

— découverts dans le bayle ou basse-cour :

— Une clef d'ogive (G 3). — Deux éléments sculptés, peut-être des éléments d'une cheminée monumentale (?) (G 3). — Une pierre, élément d'un arc brisé (G 3). — Un corbeau ou partie de corniche (?) (G 2). — Un chapiteau de colonnette mutilé (G 2). — Les bases de deux traverses de fenêtres à meneau ornées de crochets (G 3 et E 6). — Deux montants de fenêtre avec deux trous dans chaque montant pour des barreaux (G 3). — Une autre pierre, élément d'un arc brisé (G 3). — Deux pierres de voûte taillées (G 3). — Une pierre moulurée (G 3). — Une pierre portant des traces de feu (G 3).

— Une pierre, élément d'un arc brisé, frappée d'un bel écu, découverte le 19 janvier 1967 ; ces armoiries se lisent « palé de six pièces à la bande brochant sur le tout et chargée de trois quintefeuilles ».

 Elles appartenaient vraisemblablement aux Stradling, maison chevaleresque anglaise éteinte au XVIIe siècle (G 3) (192).

— Un graffite qui figure sur une petite pierre triangulaire de 12 cm de base et de 16,5 cm de côté. Le texte en cursive gothique dit : Vulpes amat fraudem lupus agn. femina laudem (Le renard aime la ruse, le loup aime l'agneau, la femme aime la louange) (G 2).

B - La céramique.

— Une partie de l'anse d'une amphore gallo-romaine trouvée dans les déblais de l'escalier d'accès au sous-sol de la basse-cour (F et G 3). — Une partie de vase reconstituée, céramique commune (E4). — Un vase partiellement reconstitué, céramique vernissée verte à l'intérieur (G 2). — Un petit pot reconstitué, céramique commune grise (G 2). — Un pichet reconstitué, céramique commune (G 2).

Les tessons de céramique qui ont permis la reconstitution quasi complète ou partielle de ces vases, pot ou pichet, ont été découverts sur la motte ou dans le bayle ou basse-cour.

En outre :

— 1 364 tessons de céramique vernissée verte ont été trouvés sui la motte (notamment autour du puits) ou dans le bayle ou basse-cour. — 631 tessons de céramique commune ont été trouvés aussi sur la motte ou dans la basse-cour. — 9 tessons d'un vase polychrome, sur lesquels figure une tête d'oiseau, ont été trouvés sur les marches de l'escalier à vis au cours de son déblaiement (G 3) (193). — Parmi tous ces tessons recueillis, il y avait quelques tessons de vases balustres.

 

C - Les pièces de monnaie.

Au cours des sondages, 7 pièces de monnaie ont été découvertes sur le site ainsi que 3 jetons. Sur ces 7 pièces, une seulement (billon d'Edouard le Prince Noir, atelier de Poitiers) a été trouvée sur la motte, près du puits, les 6 autres dans la basse-cour. Sur les 3 jetons, un seul (jeton du XVIIe siècle fabriqué à Nuremberg) a été trouvé sur la motte, près du puits, les 2 autres dans la basse-cour.

— Denier tournois de Louis VIII (1223-1226) et Louis IX (1226-1270), LAFAURIE, 195 (G 2).

— Denier parisis de Philippe VI (1328-1350), Man. de numism. frança.ise, t. II, p. 253 (G 3).

— Hardi (type 2, lis dans le 1er canton) d'Edouard le Prince Noir (1330-1376), atelier de la Rochelle, HEWLETT, Anglo-Galhic Coins, L 144, n° 1 (G 3).

— Billon d'Edouard le Prince Noir (1330-1376), atelier de Poitiers, POEY D'AVANT, Monnaies Féodales de France, t. II, p. 115, n° 3029 (E 4).

— Hardi (type I, léopard dans le 1er canton) d'Edouard le Prince Noir (1330-1376), atelier indéterminé, pièce en trois morceaux (G 2).

— Denier parisis de Charles V (1364-1380), LAFAURIE 375 (G 3).

— Pièce non identifiable, 3/4 de pièce, anglaise, de Guyenne (?) (G 2).

— Jeton, H. de la Tour, cat. coll. Rouyer, n° 1123 (G 2).

— Jeton médiéval, cat. coll. Rouyer, n° 1115 (G 2).

— Jeton du XVIIe siècle, fabriqué à Nuremberg, d'attribution indéterminée, dont le revers copie le médaillon de Guillaume Dupré exécuté en 1603, repris en 1605, pour la naissance du dauphin Louis XIII. La date de 1618 ne peut être retenue, à moins que Louis XIIII soit une faute pour Louis XIII (?) (E 4) (194).

D - Les objets et fragments métalliques.

— Un chaudron de bronze (XIVE siècle ?) découvert, dans la douve intérieure (F 3), le 16 mai 1968. Ce très bel objet, à l'aspect archaïque, mesure 34 cm de hauteur, 91 cm de circonférence, 22 cm de diamètre, il pèse 9,800 kg et a une contenance de 10 litres (195).

— Une clef ouvragée, ornée d'une rose gothique, 7 cm de longueur, découverte, dans la basse-cour, le 12 octobre 1967 (G 2) (196,

— Une grosse clef, 14 cm de longueur, 5,5 cm de largeur de la boucle (G 2). — Quatre petites clefs (G 2). — Une bague simple (E 4). — Une bague ornée jadis d'une pierre (E 4). — Un étrier (G 2). — Un fer de mule ou d'âne (G 2). — Les éléments d'une petite serrure (G 2). — Un couteau (E 4). — Une branche de ciseaux (E 4). — Un gros clou, 9 cm de longueur, 2,25 cm de côté de la tête (G 2). — De très nombreux clous ou pointes (E 3, E 4, G 2, G 3, etc.). — Un poêlon de métal, diamètre 24 cm, circonférence 76 cm, queue 13 cm, trouvé dans les déblais de la galerie d'accès au sous-sol de la basse-cour (G 3). — 64 fragments d'armures reconnaissables à leurs rivets (?) juxtaposés (G 2, G 3). — 121 virtons de flèches découverts surtout dans la douve extérieure et dans la basse-cour, quelques-uns seulement dans les sondages effectués sur la motte, longueur moyenne 15 cm. — 3 ou 4 virtons de flèches à l'extrémité taillée en biseau plus petits que les précédents, longueur 6 ou 7 cm (G 2 et G 3). — Un morceau de métal dentelé, décoré d'une étoile à six branches et provenant peut-être d'une armure, d'un ceinturon, d'un harnais...? (G2). — Trois morceaux de maille épaisse et lourde utilisée peut-être pour la protection du poitrail des chevaux (?) (G 2). — Un dé à coudre (E 4). — Un petit trépied (G 2). — Des gonds de portes ou de fenêtres (E 3, E 4, G 2, G 3). — Deux morceaux d'un plat ou d'une poêle (G 2). — Une tige de fer (?) (G 2). — Des barreaux de fenêtres (G 3). — Une partie de lame de couteau (E 4). — Plusieurs petits anneaux de taille différente (E 2, E 3, G 2). — Une boucle, longueur 7,5 cm, largeur 6 m (G 2). — Une boucle de bronze (?), longueur 4,5 cm, largeur 3 cm (G 2). — Une autre boucle de métal (?), longueur 3,25 cm, largeur 3 cm (G 2). — Ces deux dernières boucles sont munies de leurs ardillons. — De très nombreux fragments métalliques informes trouvés au cours des sondages effectués sur la motte ou dans la basse-cour.

 

E - Les objets divers.

— Des grains de blé brûlés (G 2). — Des débris de verre tachés ou noircis (E 4 et G 2). — Une pierre de fronde (?), 11,3 cm de circonférence (G 2). — Un fragment de petite statuette de couleur marron (?) (E 4). — Une petite bille (?) (E 4). — Une tuile ancienne à peine ébréchée (G 2). — Une mâchoire de cheval trouvée sur la lice entre la muraille et la douve extérieure (G 2). — Quelques fragments d'ossements humains (?) (E 4 et G 2). — Ossements ou fragments d'ossements de petits animaux, oiseaux ou quadrupède (E 3, E 4, G 2, G 3). — De très nombreux morceaux de tuiles ou d'ardoises trouvés au cours des divers sondages. — Des briques ou morceaux de briques, quelques-unes vernissées vertes (E 4 et G 2). — Plusieurs morceaux de ciment contenant de la brique pilée et ressemblant au ciment romain.

 

CONCLUSION

Les fouilles archéologiques partielles faites sur l'emplacement du château féodal du Breuil-Bertin, au cours de ces huit années, ne pouvaient être exhaustives. Elles ont été pratiquées par de jeunes archéologues amateurs et un responsable amateur lui-même et débutant. Elles ont été menées cependant avec beaucoup d'attention et de sérieux, même si la technique employée était plutôt celle des chercheurs du siècle dernier que celle des archéologues d'aujourd'hui qui préconisent, avec raison, un quadrillage préalable du site et une fouille par carreaux avec observation et étude de la stratigraphie.

Elles ont révélé aux historiens, aux archéologues et au public un site médiéval et féodal aunisien inconnu ou oublié et jamais étudié.

 Elles ont permis d'affirmer l'existence, sur la motte centrale de la forteresse, en raison des éléments d'architecture découverts, d'un édifice de style roman, donjon ou chapelle, contemporain du sénéchal Pierre Bertin.

Les spécialistes, notamment MM. René Crozet et François Eygun, n'ont pas hésité à dater ces éléments sculptés romans d'une période se situant entre 1180 et 1225. Elles ont fourni, et pour la première fois, d'utiles renseignements sur le plan, la structure, la technique de construction, les matériaux employés, la couverture d'une forteresse médiévale en Aunis, à la fin du XIIe siècle, sans parler des indications procurées par le matériel archéologique recueilli : tessons de céramique, virtons de flèches, objets de fer ou de bronze, etc.

Plusieurs causeries ou conférences, avec projections de diapositives, ont fait connaître nos recherches et nos travaux : le 21 novembre 1967, à la Salle Haute de la Bourse à la Rochelle, pour les membres de l'Académie des Belles-Lettres, Sciences et Arts ; le 25 février 1968, à la salle municipale, pour les habitants de Saint-Ouen-d'Aunis ; en mai 1968, au cinéma Le Rio, à la Rochelle, pour les membres de la Société des Amis du Breuil-Bertin ; au printemps de cette même année, à Rochefort, pour les membres de la Société de Géographie.

Trois expositions des vestiges et du matériel archéologique recueilli ont été organisées : le 4 juin 1967, à l'Ecole Fénelon, à la Rochelle, à l'occasion de la fête de l'Ecole ; le 25 février 1968, à la mairie de Saint-Ouen-d'Aunis.

Une exposition : « Fouilles archéologiques du Breuil-Bertin et châteaux forts d'Aunis », réalisée au musée d'Orbigny-Bernon à la Rochelle et inaugurée le 25 mai 1974 par le maire, M. Michel Crépeau, et par le directeur régional des Antiquités historiques, M. Gérard Nicolini, a vulgarisé, de mai 1974 à avril 1975, pour plus de 5 000 visiteurs (197), les résultats de nos recherches archéologiques et historiques (198). Enfin, la fondation, le 27 mai 1967, dans le réfectoire des professeurs de l'Ecole Fénelon à la Rochelle, de l'éphémère Société des Amis du Breuil-Bertin (199), devait être à l'origine de la fondation, le 14 mars 1970, dans la salle de conférence du Museum Lafaille, à la Rochelle, de la Société d'Archéologie et d'Histoire de l'Aunis qui, sous la direction de M. Jean Flouret, son président, favorise et développe, actuellement, avec succès, la recherche historique et archéologique à la Rochelle et en Aunis.

Jean MÉTAYER.

L'auteur de cette étude remercie très sincèrement tous ceux qui l'ont aidé, et ils sont nombreux, dans sa recherche historique et archéologique.

 

Revue de la Saintonge et de l'Aunis : bulletin de la Société des archives historiques

 

 

 

 DES BAILLIS ET DES SÉNÉCHAUX. LISTE DES GRANDS SÉNÉCHAUX DU POITOU. <==

1182, 7 juillet, Notice du jugement rendu par Pierre Bertin, prévôt de Benon, sur l'ordre de Richard Coeur de Lion <==

 

 

 


 

(1) Grand Larousse Encyclopédique, 1960, tome II, p. 365.

(2) Dix-neuf communes, d'après le Dictionnaire des communes, Berger-Levrault, 1966, p. 138 et 139.

(3) Recensement de Saint-Ouen-d'Aunis, 1979.

(4) Arch. dép. Char.-Mar., 1 J 162.

(5) Arch. du Génie, Paris, Claude Masse, f° 131 K, feuille 61.

(6) Arch. dép. Vendée, H 245 et H 247.

(7) Andilly-les-Marais, arr. de la Rochelle, cant. de Marans.

(8) Nieul-sur-1’Autise, arr. de Fontenay-le-Comte, cant. de Saint-Hilaire des-Loges, Vendée.

(9) Arch. dép. Vendée, H 247. Lettres du P. Chinault, supérieur de la Mission et de Mgr François-Joseph de Crussol d'Uzès, év. de la Rochelle.

(10) L'Houmeau, arr. de la Rochelle, cant. la Rochelle-Ouest.

(11) Le Plomb, lieu-dit et port, com. de l'Houmeau.

(12) Cadastre de Sainte-Soulle.

(13) E. DERANCOURT, Essai de reconstitution de deux voies gallo-romaines en Aunis, dans Comptes rendus de l'Ass. franç. pour l'avancement des Sciences, la Rochelle. 1928. p. 470.

(14) Sérigny, village, com. d'Andilly.

(15) Arch. dép. Char.-Mar.. 1 J 162. n° 13.

(16) Longèves, arr. de la Rochelle, cant. de Marans.

(17) Cadastre de Lomrèves. feuille d'assemblage. 1934.

(18) Loiré, village, com. de Vérines.

(19) Arch. dép. Char.-Mar., not. Roy, 1683.

(20) Arch. dép. Pvr.-Atl.. G 203.

(21) Roncevaux. Roncesvalles, village, prov. de Navarre, Espagne.

(22) Photographie de F.-D. Menneteau.

(23) J. DASSIÉ, Manuel d'archéologie aérienne, Paris, 1978, p. 259, Saint-Ouen-d'Aunis, « Le Moulin du Roseau ».

(24) Vérines. arr. de la Rochelle. cant. de la Jarrie.

(25) J. DASSIÉ, op. cit., p. 259, Vérines, « Les Insards » (Loiré).

(26) P. Fournier et P. GUEBIN, Enquêtes administratives d'Alphonse de Poitiers. Paris. 1959. D. l01. no 35.

(27) J. DUGUET, Les seigneurs de Châtelaillon vers 1005 - vers 1135, dans Bull. Soc. de Géogr. de Rochefort, 2e série, tome II. n° 9. 1971. n. 258. 259. 265.

(28) Aytré, arr. de la Rochelle, cant. de la Rochelle-Est

(29) Cinquième fils du roi Louis VIII, frère de Saint Louis, comte de Toulouse (1249-1271) et de Poitiers.

(30) P. FOURNIER et P. GUEBIN, op. cit., Secundus Quatemus, n° 29 à 44, p. 99 à 103.

(31) Famille d'ancienne chevalerie qui pourrait être originaire de l'Aunis : cf. BEAUCHET-t ILLEAU. Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou.tome I, p 42 à46.

.

(32) Probablement Hugues IX de Lusignan. mort en 1219.

(33) P. FOURNIER et P. GUEBIN, op. cit., Inquesta Pétri de Alemania et ejus fratris pro Clusa. n° 34 à 44. p. 101 à 103.

(34) Renseignement fourni par J.-C. Bonnin, cf. Arch. dép. Vienne, Commanderie du Temple et des Hospitaliers de Saint-Jean rie Jérusalem

(35) C. GABET, Le Grand Fief d'Aunis, dans Bull. Soc. des Antiquaires de l'Ouest. 4e série, tome X. 4e trimestre 1969 n 316.

(36) « C'est-à-dire le champ de la victoire. » Ville d'Egypte, fondée en 1222, sur le bras occidental du Nil. Au Sud-Ouest de Damiette.  

(37) P. FOURNIER et P. GUEBIN, op. cit., n° 30, p. 100.

(38) Saint-Xandre. arr. de la Rochelle. cant. de la Rochelle-Ouest.

(39) P. FOURNIER et P. GUEBIN, op. cit., n° 35, p. 101.

(40) P. FOURNIER et P. GUEBIN, op. cit., n° 30, p. 100.

(41) Ibid., n° 32, p. 100.

(42) Ibid.

(43) BEAUCHET-FILLEAU. ou. cit.. t. I. D. 494.

(44) P. FOURNIER et P. GUEBIN. OD. cit.. n° 35. D. 101.

(45) Ibid.

(46) Ibid., note 6, p. 100.

(47) Ibid., n° 30, p. 100.

(48) J. BOUSSARD, Le gouvernement d'Henri II Plantegenet, Paris, 1956, p. 320, 321. 326.

(49) Surgères, arr. de Rochefort.

(50) Nouaillé ou Nouaillé-Maupertuis, arr. de Poitiers, cant. de la Villedieudu-Clain, Vienne.

(51) Manuscrits de Dom Fonteneau, Bibl. munie., Poitiers, tome 21. p. 677.

(52) Ibid.

(53) Ch. PETIT-DUTAILLIS, La monarchie féodale en France et en Angleterre, Paris. 1933. p. 189.

(54) A. RICHARD, Histoire des comtes du Poitou, Paris. 1903. tome II, p. 263.

(55) J. BOUSSARD, op. cit., p. 356, 358, 359.

(56) La troisième Croisade, 1189-1192, à laquelle participa Richard Cœur de Lion.

(57) Le Périgord, province de France, avec titre de comté, a eu ses comtes particuliers ici, peut-être un Archambaud (?) — LA CHENAYE-DESBOIS et BADIER, Dictionnaire de la noblesse, Paris, 1864, tome XV, p. 641.

(58) Ancienne et illustre maison originaire de Bretagne. Ici, probablement Bernard II, vicomte de Brosse, époux d'Almodie d'Angoulême — LA CHENAYE-DESBOIS et BADIER. op. cit.. tome IV. p. 312.

(59) Ancienne province, puis grand gouvernement de l'ancienne France, comprenant le département de la Creuse et une partie de la Haute-Vienne, Haute Marche : Guéret ; Basse Marche : Bellac.

(60) Une famille noble de ce nom en Normandie, la même, ou une autre en Bretagne (?). LA CHENAYE-DESBOIS et BADIER, op. cit., tome XVIII, p. 110.

(61) A. RICHARD, op. cit., tome II, p. 279, 280.

(62) Ch. PETIT-DUTAILLIS, op. cit., p. 189.

(63) A. RICHARD, op. cil., tome II, p. 279.

(64) Manuscrits de Dom Fonteneau, op. cit., tome 21, p. 691, 692.

(65) Ibid., tome 11, p. 177 ou 179.

(66) Arcn. nat., JJ 60, n' 1169, toi. 489 v ; Arch. hist. du Poitou, tome XI, p. 409.

(67) A. RICHARD, O7. cit.. tome II. p. 265.

(68) Ibid.. p. 265 à 268.

(69) Manuscrits de Dom Fonteneau, op. cit., tome 5, p. 601 et 603.

(70) Ibid.. tome 9, p. 33; tome 27 bis, p. 175.

(71) Arch. hist. du Poitou, tome XLIV, p. 50, note 2.

(72) A. RICHARD, op. cit., tome II, p. 326.

(73) Ibid.

(74) Manuscrits de Dom Fonteneau, op. cit., tome 25, p. 269-272 ; tome 23, p. 235, 236.

(75) Ibid., tome 23, p. 25, 26 ; A. RICHARD, op. cit., tome II, p. 341, 342.

(76) H. G. RICHARDSOX, The letters and charters of Eleanor of Aquitaine, dans The English Historical Review, tome CCXCI, April 1959, p. 212.

(77) Sainte-Soulle, arr. de la Rochelle, cant. de la Jarrie.

(78) Renseignement fourni car J.-C. BONNIN.

(79) Arch. hist. du Poitou, tome VII, p. 150, 151.

(80) P. FOURNIER et P. GUEBJN, op. cit., n° 36, p. 101.

(81) Th. DUFFUS-HARDY, Rotuli litterarum patentium, Londres, 1833-1844, tome 1, p. 5.

(82) H. G. RICHARDSON, op. cit., p. 212 et note 13, col. Documents France n° 1101.

(83) Arch. hist. du Poitou, tome VII, p. 150, 151.

(84) A. RICHARD, op. cit., tome II, p. 263.

(85) Probablement Verneuil-sur-Avre, arr. d'Evreux, Eure.

(86) Th. DUFFUS-HARDY, op. cit., tome I, p. 1 et p. 18 de l'Introduction des lettres Patentes.

(87) Th. DUFFUS-HARDY. aD. cit.. D. l08.

(88) Renseignement fourni par J.-C. BONNIN, cf. Arch. dép. Vienne, Commanderie du Temple et des Hospitaliers de .Saint- Jean de Jérusalem

(89) Th. DUFFUS-HARDY. on. cit.. n. 122.

(90) L.-E. ARCÈRE, Histoire de la ville de la Rochelle et du pays d'Aunis, la Rochelle. 1757. tome II. n. 525.

(91) Th. DUFFUS-HARDY. Rotuli litterarum causarum Londre, 1833-1844. 142

(92) Ibid.. D. 253. '

(93) R. JOUSSAUME et M. MARSAC, Camps fortifiés du Marais Poitevin à l'époque néolithique, dans Archeologia, n° 112, nov. 1977, p. 28.

(94) Découverte, par M. Jean Fleurisson, d'un sesterce d'Hadrien, puis, quelques mois plus tard, de nombreux fragments de tuiles et tessons de céramique commune sigillée.

(95) P. FOURNIER et P. GUEBIN, op. cit., n° 36, p. 101 : n° 39. p. 102.

(96) Ibid.. n° 35. D. 101.

(97) Th. DUFFUS-HARDY. Rotuli litterarum clausarum. on. cit.. D. 445.

(98) J.-B. JOURDAN, Ephémérides historiques de la Rochelle, la Rochelle, 1861, tome II, p. 8.

(99) P. FOURNIER et P. C.TIPRTM nn rit nO 39 n. 102.

(100) Ibid.. n° 37 et n° 39. p. 102.

(101) Ibid., n° 39, p. 102.

(102) Ibid.. n° 40. p. 102.

(103) Ibid.

(104) Ibid., n° 34 et 40, p. 101 et 202.

(105) Ibid.. n° 38. D. 102.

(106) Ibid., n° 35, p. 101.

(107) Ibid.

(108) Ibid. n° 37 et 38, p. 102.

(109) Ibid., n° 35 et note 6 du n° 34.

(110) Ibid., n° 34, note 6, p. 101.

(111) Tende = filet, piège à oiseaux.

(112) Arch. hist. de La Saintonge et de l'Aunis, tome 27, XIX, p. 155 à 157 ; Manuscrits de Dom Fonteneau. ad. cit.. tome IX. D. 47.

(113) Arch. hist. de la Saintonge et de l'Aunis, tome 27, XX, p. 157 et 158; ibid., tome 27 bis, p. 185, et tome 82. P. 99.

(114) Manuscrits de Dom Fonteneau. 0]). cit.. tome LXXXII. D. 99. n° 209.

(115) C. GABET, art. cit., p. 316.

(116) Ibid.

117) Arrh. hist du Pnito'l tome IV. D. 16.

(118) Ibid., p. 150. 163, 175.

(119) Ibid., p. 159.

(120) Ibid., . 59.

(121) Ibid., p. 62.

(122) Chizé, arr. de Niort, cant. de Brioux-sur-Boutonne, Deux-Sèvres.

(123) Villiers-sur-Chizé. ibid.

(124) Availles-sur-Chizé. ibid.

(125) Ensigné. ibid.

(126) Arch. hist. du Poitou, tome VII. p. 136.

(127) Aigues-Mortes, arr. de Nîmes. Gard.

(128) H.-P. EYDOUX, Saint Louis et son temps, Paris, 1971, p. 68.

(129) Chypre, île de la Méditerranée orientale, entre l'Asie Mineure et la Syrie.

(130) Damiette, aujourd'hui Dimyat, ville de la Basse Egypte, sur la branche orientale du Nil. à environ 10 km de la mer.

(131) Sixième enfant de Louis VIII et de Blanche de Castille, comte d'Artois. né en 1216. mort à Mansourah. le 8 février 1250.

(132) Mansourah el, c'est-à-dire « champ de la victoire ». Ville d'Egypte, fondée en 1222, sur le bras oriental du Nil. au Sud-Ouest de Damiette.

(133) Cadastre de Sainte-Soulle, mise à jour 1978, sections ZS et ZR.

(134) Cadastre de Vérines, mise à jour 1962, section ZM.

(135) ARCÈRE, op. cit., tome I, note VI, p. 576 à 578.

(136) Bibl. mun. la Rochelle, ms. 123. P. 21 et 23.

(137) Arch. dép. Char.-Mar.. 1 J 162. n° 2 et 3.

(138) Le Puy-en-Velay, auiourd'hui Le Puv. Haute-Loire.

(139) Luché, village de Saint-Jean-de-Liversay, cant. de Courçon, arr. de la Rochelle.

(140) Cramahé, village de Saint-Cyr-du-Doret, cant. de Courçon, arr. de la Rochelle.

(141) Courçon ou Courçon-d'Aunis. arr. de la Rochelle.

(142) A. RICHARD, op. cit., tome I, p. 260; Dom C. DEVIC et Dom J. VAISSETE, Histoire générale du Languedoc, tome 4. note 17. n. 89.

(143) Franc fief : héritage noble féodal ou allodial, fief exempt d'hommage. Taxe due par un roturier possédant un fief noble.

(144) P. FOURNIER et P. Guérin op cit. n 32, p100.

(145) Arch. dép. Char.-Mar., 1 J 161. n° 30. D. 95.

(146) Ibid.. P. 97.

(147) Ibid.. 1 J 159. n° 2.

(148) Ibid., 1 J 162, 1 J 161, 1 J 159 et B 2802.

(149) JOURDAN. op. cit.. tome II. D. 358 à 361.

(150) Ibid.

(151) Arch. hist. du Poitou, tome 26. p. 191 et 192 + note au bas de la case.

(152) Ibid., tome 22, p. 60, et Bibl. mun la Rochelle, ms. 2519, papiers Millot.

(153) Arch. dén. Haute-Loire. G 810 bis. & 6.

(154) Arch. dép. Char.-Mar.. 1 J 161. n° 30.

(155) Ibid., 1 J 162, nc, 2.

(156) Ibid.. 1 J 161. n° 30.

(157) Ibid.. 1 J 162. n° 4.

(158) Ibid., 1 J 161, n° 30.

(159) Ibid.

(160) BEAUCHET-FILLEAU, op. cit., tome V, p. 302.

(161) Ibid., tome III. p. 458-459.

(162) La Roche-Posay, ch.-l. cant.. arr. de Châtellerault. Vienne

(163) BEAUCHET-FILLEAU, op. cit., tome Il, p. 278 (16) - 279.

(164) Ibid., p. 279 (17).

(165) BEAUCHET-FILLEAU, op. cit., tome V, p. 164.

(166) Ibid.

(167) Ibid.

(168) Ibid.

(169) Arch. dép. Char.-Mar., 1 J 161, n° 26.

(170) BEAUCHET-FILLEAU, op. cit., tome V, p. 165.

(171) Ibid., tome IV, p. 379.

(172) Arch. dép. Char.-Mar.. 1 J 161, n° 35.

(173) Ibid.. 1 J 161. n° 19.

(174) Ibid., 1 J 159, n° 2.

(175) A. GAUTIER, Statistique du département de la Charente Inférieure, seconde partie, notice sur les communes, Saint-Ouen, p. 35.

(176) J. DUGUET, op. cit., p. 259.

(177) Dorchester. ville d'Ansleterre. cap. du comté de Dorset.

(178) Th. DUFFUS-HARDY, Rotuli litterarum patentium, op. cit., p. 58.

(179) JOURDAN, op. cit., tome II, p. 13.

(179 bis) Le plan des vestiges de la forteresse de la Roche-Bertin a été levé, par M. André Bergé en 1975. Des sondages archéologiques sont pratiqués sur le site depuis 1973.

(180) Itinerarium Johannis regis Angliae. (Bihl. nat. 4°  Z 1997)

(181) Arch. dép. Haute-Loire, ms. G 810 bis. & 6.

(182) Arch. dép. Char.-Mar.. 1 J 161. n° 30

(183) Bibl. mun. la Rochelle, ms. 31, Claude MASSE, Mémoire géographique du Bas-Poitou, pays d'Aunis et Saintonge, p 163

(184) ARCÈRE, OV. cit.. carte au début du tnme T

(185) A. GAUTIER. aD. cit.. D. 35.

(186) Arch. dép. Char.-Mar.. 1 J 161. n° 30

(187) Ibid., 1 J 161, n° 19.

(188) Annuaire général de la Charente-Inférieure, 1923.

(189) Arch. dép. Char.-Mar., 1 J 161, n° 19.

(190) La même technique de construction a pu être observée, il y a quelques années, dans le sous-sol de l'ancienne forteresse médiévale de Marans.

(191) Lettre de M. Michel de Boüard, du 23 août 1967.

(192) Il a été identifié par M. Erik Dahl. Cf. RIESTAP, Armorial, tome II, p. 850, et BURKE, General Armory, Londres, 1884.

(193) P. DAVID et C. GABET, La Poterie médiévale saintongeaise, dans Archéologie médiévale, II, 1972, p. 248, pl. XVI, n° 8.

(194) Ces pièces ou jetons ont été identifiés par M. Jacques Yvon, alors conservateur au Cabinet des Médailles de la Bibliothèque nationale à Paris. Le denier parisien de Philippe VI a été identifié par M. Marcel Delafosse, alors directeur des Services d'Archives de la Charente-Maritime. (195)

Le chaudron de bronze du Breuil-Bertin est déposé et exposé au musée d 'Orbigny-Bernon à la Rochelle, depuis avril 1975. Deux chaudrons semblables, mais plus petits (26 cm et 23 cm de hauteur, 16,5 cm et 16 cm de diamètre) sont exposés au musée de Cluny à Paris, dans la salle des fondeurs et dinandiers. Un chaudron semblable, mais plus petit (22,5 cm de hauteur, 60 cm de circonférence, 14,5 cm de diamètre), trouvé peut-être dans un puits funéraire gallo-romain au Bernard, Vendée, est conservé au musée de la Roche-sur-Yon. D’autres chaudrons semblables ont été découverts en Normandie par Le Bœuf d'Avranches (3), et par l'abbé Cochet au siècle dernier. Voir Bulletin monumental, 5e série, tome 3 (vol. 41), p. 78 et photo.

(196) Elle a été nettoyée aux ultrasons, en 1968, par le laboratoire du Centre de recherches archéologiques médiévales de Caen.

(197) Témoignage de Mlle Carrier, conservateur du musée d'Orhi2'nv-Bernon.

(198) On peut consulter à la Bibliothèque municipale de la Rochelle et aux Archives départementales de la Charente-Maritime le catalogue corrigé de cette exposition, ainsi que les plans des forteresses du Breuil-Bertin et de la Roche-Bertin.

(199) M. Raymond Rivaud, ancien architecte des Bâtiments de France, décédé en 1969, en a été le seul président.