Time Travel 1346 - La chevauchée de Lancastre, comte de Derby dans la Saintonge, Aunis et Poitou

Mon intention est d'établir, d'une manière générale, que le seul fait d'armes de quelque importance qui ait occupé Derby, après la bataille d'Auberoche et avant l'entrée des Anglais dans La Réole, consiste dans le siège et la prise de Monségur, et que, par conséquent, tout ce que raconte Froissart touchant Sainte-Bazeille, la Roche-Million, Aiguillon et Segrat ou Ségart, appartient à une époque postérieure à l'entrée de Derby dans la ville de La Réole.

Pour Castel-Sagrat, j'entre en discussion immédiatement. Entr'autres documents intéressants et curieux, conservés à la mairie d'Agen, se trouve la lettre suivante « Noustre très redoubté seigneur, Per so que vous nouvelament avez mandé à pluseurs vostres bonnes citez et villes d'Agenoys que euls envoyessent, par devers vous, deux ou troys hommes souffisans de chascune d'icelles, pour dire leur avisament sur les chouses contenues en vouz létres, à leur, sur ce, endrecées, les consuls des dites vostres cités et villes envoyent, par devers vous, pluseurs bonnes personnes d'icelles, avéque messire Pierre de Caseton, vostre conseiller et juge ordinaire d'Agennoys, et pour dire et expliquer à vostre royal Majesté l'este de vostre pays de part deçà, et plusieurs autres chouses touchans vostre proffit et vostre honneur. Si vous supplions, noustre très redoubté seigneur, que il vous pleise ledit messire Pierre et les dites bonnes gens des dites villes, pourteurs de ces présentes, à recevoir et oir graciosément et croire de ce que euls vous diront, et leur délivrer briefment, et pourvoir sur les chouses que euls vous diront, a vostre honneur et proumt de voustres fidels subgez de part deçà, et voustres dites cités et villes de voustre pays de part deça avoir pour recommandés. Escriptes le xxi jour de novembre. »

Une plume, autre que celle qui a écrit cette lettre, a ajouté, mais, cependant, en caractères anciens, la date 1332. Avec cette lettre de créance, dix-sept villes de l'Agenais envoyaient leurs députés au roi de France.

Ces dix-sept villes sont les suivantes, dans l'ordre des sceaux apposés sur l'acte « Agen, Condom, Marmanda, Sancta-Fe, Pena, Puymirol, Vilanova, Monflanqui, Torno, Monclar, Monréal, lo Port-Sancta-Maria, lo Mas-d'Agenés, Castel-Seigneur, Sancta-Livrada, Castelsagre, Valensa. »

La date de 1332 est évidemment controuvée. Le document que je viens de transcrire ne saurait être antérieur au 13 septembre 1345, parce qu'il y est question de Pierre de Caseton, en qualité de conseiller du roi et juge ordinaire d'Agenais, et que Pierre de Caseton ne fut élevé aux fonctions de juge ordinaire d'Agenais que le 13 septembre 1345.

D'autre part, Castelsagre ou Castel-Sagrat était tombé au pouvoir des Anglais, au plus tard dès le 5 avril 1346 car, à cette date, les consuls d'Agen, pressés de fournir un certain contingent au duc de Normandie, pour le siège d'Aiguillon, motivent leur refus sur ce que les Anglais occupent plusieurs localités de l'Agenais, manaçantes pour leur ville, et', entre autres, Castel-Sagrat (1). Donc, la véritable date qui convienne à cette lettre est celle du 21 novembre 1345.

Or, le 21 novembre 1345, il y avait au moins six ou sept jours que Derby était entré dans La Réole, comme je vais, tout-à-l ‘heure, l'exposer plus au long. Donc, Castel-Sagrat n'a pas été occupé par les Anglais avant La Réole. Donc, Froissart s'est encore trompé.

Je dirai tout de suite que Castel-Sagrat servit, en partie, à récompenser le dévouement de Gaillard de Durfort, seigneur de Blanquefort et de Duras.

 Lorsque Darfort fit sa soumission, Derby le gratifia d'un revenu annuel et perpétuel de deux mille écus d'or, lui promettant d'asseoir cette rente en lieux suffisants, dans la Guienne. Ce fut pour remplir cette promesse que, le 22 juillet 1348, Édouard III donna à Gaillard de Durfort les bastides et lieux de Miramont et de Castel-Sagrat, au diocèse d'Agen, de Molières et de Beaumont, au diocèse de Sarlat (2).

 

 

II

Je pense que Froissart nous induit encore en erreur lorsqu'il nous promène à Sainte-Bazeille, à La Roche-Millon et à Aiguillon avant de nous conduire à La Réole. J'ai plusieurs motifs de penser ainsi.

Qu'en abondonnant le champ de bataille d'Auberoche, Derby ait pris la route de Bergerac et séjourné trois ou quatre jours dans cette dernière ville, rien de mieux, quoique Froissart ne nous apprenne pas exactement cela.

Que de Bergerac il se soit dirigé vers La Réole, et que, trouvant sur son chemin, le lieu fortifié de Monségur, il n'ait pas voulu le laisser derrière lui sans y loger une garnison anglaise, je le conçois; et je ne conçois même pas autre chose, si je ne tiens compte de la diligence que dut mettre Derby à répondre à l'appel de ses partisans de La Réole, et du plus court intervalle praticable séparant La Réole de Bergerac.

En somme, et d'après les calculs les plus rigoureux en faveur de Froissart, une période de vingt-trois jours sépare la bataille d'Auberoche de la date précise à laquelle nous savons que Derby était à La Réole, 21 octobre-13 novembre 1345, telles sont les deux limites extrêmes entre lesquelles il faudrait pouvoir placer les faits racontés par Froissart dans les chapitres CCXXXII à CCXXXVI de ses Chroniques. Or, reprenons ces faits, et voyons à quel résultat nous arriverons.

Le 21 octobre 1345 à lieu la bataille d'Auberoche. Si Derby arrive le lendemain, 22, à Bergerac, il en repart quatre jours après, c'est-à-dire le 26. Le lendemain, 27, il est à Sainte-Bazeille s'il n'en repart que quatre jours après, ainsi que le dit le manuscrit d'Amiens, nous sommes au 31 octobre, lorsqu'il arrive à Meilhan. M. Ribadieu accorde une moyenne de trois jours pour le siège de Meilhan; nous voilà donc au 3 novembre.

 Le 4, Derby est à Monségur; s'il en fait le siège pendant quinze jours, et qu'il s'y repose pendant cinq jours, ainsi que le porte le manuscrit d'Amiens, il n'en repart pas avant le 22 novembre.

 Enfin, en acceptant l'évaluation de M. Ribadieu sur le laps de temps qui dut s'écouler entre le départ de Monségur et l'arrivée de Derby devant La Réole, nous voyons que ce dernier fait ne se serait pas produit avant le 2 décembre 1345.

 Or, il est positif que Derby était déjà maître de La Réole a la date du 13 novembre 1345. Donc, les données de Froissart sur lesquelles on établit un calcul de probabilités sont encore radicalement fausses.

III

J'ai fait des réserves pour Monségur, et j'ai même indiqué les motifs principaux d'une opinion qui consiste à assigner, à la prise de Monségur par Derby, une date antérieure de quelques jours à l'entrée des Anglais dans La Réole.

Monségur se trouve sur la route directe de Bergerac à La Réole. Derby ne pouvait pas aller de Bergerac à La Réole sans passer devant Monségur il ne le pouvait pas, parce que c'était le chemin le plus court; parce qu'il avait hâte d'arriver au but principal de son expédition qui était La Réole parce qu'il eût été insensé de chercher et de prendre des détours, alors que la ligne droite était libre, ou pouvait être facilement rendue libre, et que les portes de la ville de La Réole n'attendaient, pour s'ouvrir aux Anglais, que la présence de Derby. L'occupation de Monségur me paraît donc devoir prendre place entre le départ de Bergerac et l'arrivée de Derby à La Réole.

Mais, faut-il admettre, pour Monségur, un siège de quinze jours, faut-il admettre un repos de cinq jours, au total un intervalle de vingt jours, entre le départ de Bergerac, c'est-à-dire le 26 octobre 1345, et l'entrée de Derby dans La Réole? Rigoureusement, c'est impossible, attendu que cette hypothèse placerait l'arrivée de Derby devant La Réole, postérieurement au 13 novembre 1345, c'est-à-dire après une date précise à laquelle nous savons que Derby se trouvait à La Réole.

Froissart est donc toujours, non pas à côté de la vérité, mais contre la vérité.

 

IV

Enfin, nous voici devant La Réole.

Dans le chapitre CCXXXVI, Froissart raconte « comment le comte Derby assiégea La Réole, et comment ceux de Monségur se rendirent Anglois; » dans le chapitre suivant, « comment ceux de la ville de La Réole traitièrent au comte Derby pour eux rendre, » et dans le chapitre CCXXXVIII, « comment le capitaine de La Réole et ses compaignons se mirent au châtel pour le tenir, et comment ceux de la ville se rendirent au comte Derby. »

J'en suis fâché, moins, à la vérité, pour la réputation de Froissart que pour la satisfaction de ses admirateurs, mais dans ces trois chapitres, l'historien véridique disparaît à peu près complétement, pour faire place à un écrivain qui ne manque pas d'agrément, mais qui se livre, sans scrupule, aux entraînements d'une imagination capricieuse, impuissante à satisfaire les exigences de l'Histoire. Comme conception et comme style, ce sont trois chapitres de roman qu'on se garde bien d'y chercher autre chose; ce serait peine perdue.

 Nous y voyons, en effet, que Derby assiégea La Réole « fortement et destroitement, et mit bastides sur les chemins en telle manière que nulles pourvéances ne pouvoient venir ni entrer dedans la ville; » que le siège de la ville de La Réole dura « neuf semaines et plus; » que les habitants finirent par être saisis d'effroi et demandèrent à se rendre, « saufs leurs corps et leurs biens; » qu'après quelque héstiation, Derby accueillit leur demande par ces mots, adressés à Gautier de Manny et au baron de Stafford « Allez, allez, prenez-les à merci; parla ville, prendrons-nous le châtel; » ou bien, d'après le manuscrit d'Amiens « Biaux seigneur; vous avés vostre sièrement ossi au roy monseigneur que you aye, et nous sommes compaignons ensamble, en ceste chevauchée. Allés devers yaux, et faites tost ce que bon vous semble, je le tenray. »

 Le manuscrit continue « Lors se partirent ly doy baron (Manny et Stafford), et vindrent parler à chiaux de La Réelle, et dissent que nullement on ne leur ferait nulle grasce, se il ne paiaient au comte Derby, avoecq la ville rendue et la féaulté faitte, XXm escus. Toutteffois chils florins furent ramoiés, car chil de La Réolle doubtèrent plus à perdre, et s'obligèrent à payer XIIIm et de porter en la cité de Bourdiaus. »

Remplissage, bavardage, erreur.

 

V

D'abord, écoutons Derby, dans une précieuse lettre du 26 janvier 1346, publiée à la page 302 du tome I des Archives historiques de la Gironde.

Il ne paraît avoir jamais douté de la fidélité des bourgeois et habitants de La Réole; il exalte leur chaude affection, leur dévouement sincère pour l'Angleterre; il proclame qu'il en a reçu de signalés services; il leur crée publiquement un titre de gloire pour être venus de leur bonne volonté, sponté, sans condition, sans réserve, gratis, dit le texte, à l'obéissance du roi d'Angleterre enfin, il se croit obligé de récompenser leur complaisance (obsequia), d'une manière éclatante, et, alors, il leur octroie, ainsi que je l'ai dit précédemment, l'autorisation de lever un impôt sur le transit de la Garonne. « Grata probante fidelitatis, ferventis dilectionis ac sincere devotionis obsequia, per dilectos et fideles nos tros burgenses et habitatores ville de Reula, dicto domino nostro regi impensa, sponte et gratis ad ejus fidelitatem et obedienciam veniendo, promerentur ut ipsos actibus benevolis prosequamur. »

L'on tient certainement un tout autre langage à des gens qui, pendant neuf semaines et plus, ont matériellement contrarié votre volonté et vos desseins l'on se garde bien, en tout cas, de leur faire un mérite de la généreuse spontanéité de leurs résolutions ce serait dérisoire.

 

VI

Mais ce n'est pas sur un seul fait que l'opinion doit prononcer relativement à l'attitude des bourgeois et habitants de La Réole en présence de Derby arrivant sous les murs de la ville. Ce n'est pas dans une circonstance unique que l'Angleterre a livré à des actes authentiques, empreints d'une certaine solennité, l'expression de ses sentiments de gratitude envers la population de La Réole.

 La Bibliothèque Impériale, à Paris, conserve plusieurs documents qui accusent la même idée. J'en mentionnerai deux

Le premier a pour objet d'affranchir du droit de coutume, dans la ville de Bordeaux, les vins recueillis dans les vignes de La Réole appartenant aux habitants de cette ville. La concession de cet important privilège, humblement sollicité par ceux à qui il est accordé, se justifie par leur fidélité, leur antique obéissance à l'Angleterre, par l'empressement qu'ils ont mis à soutenir la cause de leur souverain naturel, par le sincère et violent désir qu'ils ont de persister dans ce noble devoir. (3).

C'est encore Derby qui se signale par cet acte de générosité bien entendue, à La Réole, le 26 janvier 1346.

Le second document est du 3 juin 1347. Le roi Édouard accorde aux habitants de La Réole la jouissance de la bladerie de cette ville après la mort de Raymond Séguin qui en est en possession.

Pour motiver cette faveur, Édouard III se fonde sur ce que les habitants en jouissaient au moment de la reddition de la ville, et sur ce que lesdits habitants ont mérité d'être récompensés des services rendus l'occasion de la soumission de La Réole et dans toutes les circonstances où l'intérêt de l'Angleterre s'est trouvé engagé (4).

Enfin, le concours des habitants de La Réole est encore nettement défini dans d'autres lettres du 3 juin 1347, par lesquelles Édouard III, unissant pour toujours La Réole à la couronne d'Angleterre, s'engage à ne jamais l'en séparer, sous aucun prétexte, sinon en faveur de l'héritier présomptif (5).

Ainsi, le roi d'Angleterre l'affirme, le comte de Derby l'affirme, et nous devons les croire sur parole, les habitants de La Réole n'ont pas même essayé de résister ils se sont soumis spontanément, gratis; en d'autres termes, ils ont ouvert leurs portes aux Anglais.

 

VII

Mais, en vérité, les Anglais n'étaient-ils pas déjà dans La Réole? Est-ce qu'avant l'arrivée de Derby, la clientèle considérable des Séguin n'exerçait pas sur l'esprit de la population une influence, légitime, je le veux bien, mais pernicieuse pour les intérêts du roi de France?

Nous savons à quoi servit, dans ce sens, la bladerie de La Réole; mais une seule faveur ne put suffire à récompenser un concours énergique et dévoué, surtout lorsqu'il fut couronné d'un succès complet.

Dans une rue de La Réole, appelée rue Textor, se trouvait, entre 1'affar de Jourdain de Tuyrans et celui de Guillaume Arnaud Duyra, une maison avec des places et autres appartenances.

Guillaume-Arnaud Duyra, fils de feu Arnaud Duyra, bourgeois de La Réole, avait épousé Fina de Séguin; et l'un et l'autre avaient servi le comte de Derby avec une obéissance et un dévouement sans bornes. Le comte de Derby ne méconnut pas l'utilité de ces services, et il les récompensa en donnant à Guillaume-Arnaud Duyra et à sa femme Fina de Séguin la maison et les appartenances de la rue Textor (6).

Parmi les partisans des Anglais dans La Réole dont les noms sont venus jusqu'à nous, on peut compter, avec quelque apparence de raison, la famille de Pins. Sa complicité, je l'avoue, ne me semble pas aussi évidente que celle des Séguin mais elle se dégage, à mes yeux, des faveurs dont cette famille de Pins fut l'objet de la part du comte de Derby.

Le 3 juin 1348, le roi d'Angleterre adressa au trésorier d'Agenais un mandement par lequel il lui ordonnait de permettre, à Marmande, au profit de Raymond de Pins, fils de feu Bernard de Pins, bourgeois de La Réole, et, après la mort dudit Raymond, au profit de son premier-né, ou, à son défaut, au profit de son frère, ou, enfin, au profit du plus proche héritier mâle, la levée d'un certain droit sur chaque tonneau de vin passant devant Marmande, en descendant la Garonne.

Ce droit avait été concédé par le comte de Derby, pendant sa lieutenance de roi en Guienne, à Raymond de Pins, en récompense de ses services, c'est-à-dire, vraisemblablement, pour la part qu'il avait prise à la soumission de La Réole, et aussi, très-probablement, pour l'encourager à hâter de tout son pouvoir la reddition de Marmande, attendu qu'au moment de la concession, Marmande, ainsi que le document a soin de l'indiquer, se trouvait encore entre les mains des Français (7). Or, la concession ne devenant effectivement productive que dès l'instant où Marmande serait replacé sous la domination anglaise, Raymond de Pins avait tout intérêt à faire des efforts pour que ce changement s'opérât au plus tôt.

Enfin, un autre bourgeois de La Réole, Guillaume du Mirai (de Mirallo), s'employa particulièrement à ramener ses concitoyens sous l'obéissance anglaise. Il y gagna une concession de cent livres bordelaises de rente annuelle et viagère, que, par lettres du 3 juin 1347, le roi Édouard III lui assigna sur les finances d'Agenais (8).

 

Time Travel 1346 - La chevauchée de Lancastre, comte de Derby dans la Saintonge, Aunis et Poitou

VIII

Froissart, nous l'avons déjà vu, raconte que les habitants de La Réole furent pris à merci, sous la condition de porter, dans le terme d'un mois, treize mille écus à Bordeaux. Eh bien c'est à peu près le contraire qui eut lieu. Non-seulement les habitants de La Réole ne furent pas obligés de financer pour trouver grâce devant Derby, mais on peut dire qu'ils reçurent une espèce de gratification pour avoir ouvert aux Anglais les portes de leur ville.

Installé dans La Réole, Derby voulut bien s'apercevoir que ses troupes devaient un dédommagement aux habitants pour avoir fait, sans trop de scrupule, main-basse sur leur vin, sur leur blé et leurs autres provisions. En capitaine aussi consciencieux qu'habile, il se garda bien de répudier la dette que les Anglais avaient contractée d'une façon un peu violente désirant l'acquitter généreusement, il souscrivit, au nom du roi d'Angleterre, et au profit des habitants de La Réole, une obligation de deux mille florins d'or. Il restait encore à payer la moitié de cette somme au 3 novembre 1348.

A cette date, Édouard III adressa au connétable de Bordeaux les ordres nécessaires pour le payement des mille florins (9). Après une telle preuve, à quoi bon un plus long commentaire.

Ainsi, pour résumé, preuves matérielles, les unes découlant de l'essence même des documents les plus authentiques, les autres fournies par le rapprochement des circonstances et des dates, tout concourt à démontrer que la ville de La Réole se rennit à Derby purement et simplement, et que le siège extraordinaire de neuf semaines et plus n'a jamais existé que sous la plume capricieuse et mensongère de Froissart.

Derby à la Réole le 3 juillet et le 7 aout 1346 ; voilà pourquoi le 12 aout, on le voit partir de cette place pour aller à Bergerac.

L'authenticité de la lettre du comte de Derby étant parfaitement établie, il n'y a plus lieu de rester fidèle à l'iti­néraire transmis par Froissart pour la campagne de Sain­tonge et de Poitou: tout nous invite à le rejeter, pour suivre Derby sur la route que le généralissime lui-même a eu le soin de nous tracer.

Le corps expéditionnaire, sous la conduite de Derby, partit de La Réole le 12 septembre 1346: « et remuasmes, dit Derby, le douzième jour de septembre, et geusmes en une bone ville, qe nous fust mesme le jour renduz, la ville de Salveterre. »

Ainsi, Sauveterre, non loin de La Réole, fut la première ville qui se rendit à Derby. Les Anglais y couchèrent le 12 septembre; le lendemain, 13, Derby prit le serment des habitants et se re­mit en chemin: « Et lendemayn, quaunt nous avoms pris ser­ment de ceaux de la ville, nous tenismes avaunt notre che­myn bien sept jours samz assaillir une ville ou chastiel, tan qe nous venismes au chastiel de Nau, qu'est sour la rivière de Charente. »

Parti le 13 de Sauveterre, Derby arriva donc, le 20 septembre, au château de Nau, qui est peut-être, comme l'avance Bu­chon, Château-Neuf, sur la Charente.

Le pont était brisé; la rivière n'était point guéable ; on ne la passa que le lende­main, 21 septembre, sur le pont rétabli par les Anglais en vingt-quatre heures : « Et illeosqes feismes reparailler le pount q'estoit débrusé, qar l'eawe estoit si perfounde qe homme ne poet passer par ailleurs, et passâmes illeosqes lendemain. »

C’est dans cette journée du 21 septembre 1346 que Derby fut instruit de l'espèce de guet-apens dont Gautier de Manny avait failli devenir victime à Saint-Jean-d'Angély: «  Et avons, cèle jour, novels qe les gents de monsr Wautier de Manny, q'avoient conduyt des Fraunceis d'aler au Roy par terre, furent pris et emprisonés deinz la ville de Seint-John­-Aungelyn : et ensi  fustrent, et monseigneur Wautier estoit eschapé soy tierce à grant payne. »

 A cette nouvelle, Derby  n'hésite pas : la bonne foi d'un des meilleurs hommes d'ar­mes anglais a été indignement trompée ; il faut tirer de cet affront une vengeance éclatante. Derby n'a pas de mesure à garder: il court sur la ville de Saint-Jean-d'Angély, l'attaque vivement, y pénètre par force, délivre les prisonniers, renou­velle la garnison, reçoit le serment des habitants, leur-impose, en temps de guerre, un contingent de 200 hommes d'armes et de 600 hommes de pied, et, en temps de paix, une contri­bution pécuniaire excédant de 3,000 écus celle que la ville payait au roi de France.

Tout est terminé au bout d'une hui­taine de jours, le 29 septembre. « Si qe nous tenismes avaunt notre chemyn devers ladite ville, et I'assaillarnes, et fust gayné par force, Dieu mercy, et les gentz gettés hors du pri­sone : et demurrasmes huit jours, et establioms la ville. Et ceulx de la ville nous fisrent serment, et deviendrent engleis, et deivent de lour costage demene duraunt la guerre trover CC hommes d'armes et DC à pié en garnisoun de ladite ville, et, en temps du pées, accrestrent lour rentes au roy pluis par an q'ils ne soleient paier à roy de Fraunce chescun an de III mil escutz. » ·

Ce trait me parait un des plus honorables pour la mé­moire de Derby, comme pour celle de Gautier de Manny ; je n'en distingue pas de plus beaux dans la guerre de Guienne.

L'efficacité de la protection de l'Angleterre ne pouvait pas s'affirmer d'une façon plus éclatante, plus juste et plus heu­reuse ; l'acte de Derby fut, à la fois, l'acte d'un honnête homme, d'un soldat courageux, d'un politique habile. Je plains Froissart d'en avoir ignoré ou méconnu le mobile et la portée.

Saint-Jean-d'Angély ne tint qu'un jour; mais les habitants payèrent cher leur conduite déloyale. Outre les charges nou­velles communes à l'ensemble de la population, il y eut des dispositions spéciales onéreuses et cruelles pour quelques particuliers.

 Les terres, revenus, biens et châteaux de Jean de Veroun et de sa femme Lucie, de Jean Chardoun et de Bernard Petit, furent donnés à Gaillard de Guersac, Guazac ou Guassac, chevalier, créé capitaine et maréchal de Saint-Jean-d'Angély (10).

Des Lombards, attachés à la cause fran­çaise, y éprouvèrent, dans leurs personnes et dans leurs biens, des pertes considérables.Plusieurs commerçants, entre au­tres Bernard Affre, marchand de Figeac, furent emprisonnés et définitivement forcés à prêter serment à l'Angleterre (11).

Enfin, tout ce que tenait, dans Saint-Jean-d'Angély et aux environs, Bernard Barrant, bourgeois de cette ville, fut attri­bué à Derby, qui en devait jouir moyennant la rente ·d'une rose d'or, offerte tous les ans, le jour de la Nativité de Saint­-Jean-Baptiste, à Édouard III et à ses successeurs (12).

Le 30 septembre, lendemain de la Saint-Michel, Derby par­tit de Saint-Jean-d'Angély et marcha sur Poitiers.

Chemin faisant, il donna l'assaut à la ville de Lusignan et s'en empara.

Le château se rendit; Derby y établit une garnison composée de 100 hommes d'armes et autres gens de pied: « Et leude­mayn de Seint-Michel, nous chivachasmes vers la cité de Pei­ters, et geusmes une nuyt devauut la ville de Lysingham, q'est une forte ville, si qe homme la aloit assailler, et fust gagné par assaut, et le chastiel nous fust rendu, q'est un de pluis nobles chastiels et de pluis fort qe sount garres en Fraunce ou en Gascoigne; et nous establisms le chastiel et la ville et y lessames bien C hommes d'armes et aultres gentz à pié ovesqe eux. » ·

C’est probablement à Lusignan que Derby, pour récom­penser les services rendus, dans la guerre de Gascogne, par le damoiseau Guillaume Michel ou Michel, lui donna les biens ayant appartenu à maure André Mairussan (l3) .

 

De Lusignan, Derby alla sur Poitiers. Arrivé devant la ville,  il la somma de se rendre ; sur son refus, les Anglais en entre­prirent le siégé, le 4 octobre ; leurs efforts ne tardèrent pas à être couronnés d'un plein succès : Poitiers succomba ; il y eut· un grand nombre de morts: les Anglais firent beaucoup de prisonniers. « Et chivachasmes devaunt la citée de Peiters, et ils requeresmes ; mais ils ne voleint rien faire, qar il lour sembla lour ville assetz forte, et si estoient assetz des gentz, si qe homme l'assaille, qe fust le proschein mersqerdy après la Saint-Michel ; et fust par force gayné, et toutz ceaux de la ville fusrent pris ou morts.

 Et les seigneurs q'estoient dedeinz, un évesque et bien IIII barons, quaunt ils virent la prise de la ville, s'en alèrent d'autre part. »

 

Pour contrôler et compléter les renseignements transmis par le comte de Derby, il existe quelques documents dont je vais parler.

On voit, à la Bibliothèque Impériale, sur un feuillet de garde des chroniques manuscrites de Saint-Maixent et de Maillezais, des fragments historiques, reproduits par M. P. Marchegay, dans la Bibliothèque de l'École des Chartes.

Rapprochés des indications fournies par la lettre du comte de Derby, ces fragments acquièrent une haute valeur. Ils nous apprennent que la ville de Poitiers fut prise le 4 des nones d'octobre, c'est-à-dire le 4 octobre 1346.

Derby avait été moins explicite en nous informant que l'assaut avait été donné à Poitiers· «le proschein mersqerdy après la Seint-Michel, » mercredi qui fut, en effet, le 4 octobre; mais, en ajoutant que la ville de Poitiers « fust par force gayné, » il nous laissait la liberté.de penser que l'attaque avait duré un ou plusieurs jours.

 Il résulte des fragments historiques en question que la ville de Poitiers fut attaquée et prise en un seul et même jour, 4 octobre 1346.

Ces mêmes fragments nous apprennent encore que Derby entra, le 3 octobre, dans Lusignan, où il laissa, pour capi­taine, le chevalier Bertrand de Montferrand, qui, en compa­gnie de ses deux frères et de plusieurs autres Anglais, occupa Lusignan pendant quatre années, et ne cessa, dans cet inter­valle; de semer la désolation et la mort en Poitou, principale­ment dans le voisinage de Lusignan : cinquante-deux pa­roisses et dix monastères furent ruinés, parce que nul n'osait affronter les terribles Anglais de Lusignan.

J'ajoute que le roi d'Angleterre ne négligea rien pour entretenir chez les Montferrand des dispositions si ardemment agressives, dont les populations du Poitou eurent alors à souffrir.

Le 12 mars 1348; Edouard III, pour récompenser les services rendus par Tyro ou Tyso de Montferrand, et l'exciter à persévérer dans sa conduite, lui donna la garde du château et de la châtellenie de Saintes, encore entre les mains des Français (14),

Le même jour, et pour indemniser Bertrand de Montferrand d'une perte de 1,000 florins à l'écu de revenu annuel compromis ou perdu au service de l'Angleterre, Édouard III donna à Bertrand le château et la châtellenie de Talmont, encore au pouvoir des Français (15). Ces audacieux seigneurs, qui travaillaient si énergiquement pour le roi d'Angleterre, devaient être plus que terribles quand ils étaient appelés à travailler pour leur propre compte.

L'on se tromperait en prenant à la lettre l'expression de M. H. Martin, relative au sort des défenseurs de Poitiers, qui ne purent se sauver par la fuite: «Tout ce qui ne se put sau­ver, dit cet éminent historien (16), fut mis à l'épée ... » Pour être complètement dans le vrai, il fallait ajouter : « et à: rançon. »

Parmi ceux qui furent rançonnés à cette occasion, il y eut d'abord plusieurs membres d'une compagnie de Lombards, déjà cruellement éprouvée par la prise de Saint-Jean-d'Angély (17).

Il y eut ensuite Aymeric de Rochechouart et Herbert Berlant.

Savary de Vivonne avait pris, à sa solde Aymeric de Roche­chouart et sa compagnie.

Fait prisonnier à Poitiers, Aymeric fut rançonné à 4,000 écus. d'or ; il dépensa 2,000 écus pendant sa prison ou pendant le temps qu'il employa, à se procurer le  prix de sa rançon : en conséquence, il réclama à Savary de Vivonne le remboursement de 6,000. écus, Savary refusa de payer; on finit par s'en remettre à l'arbitrage du roi de France, qui, au mois d'avril 1347, décida que Savary serait obligé de payer à Aymeric de Rochechouart une somme de 2,000 écus (l8).

Le chevalier Herbert Berlant fut pris égaiement à Poitiers, où il perdit tous ses meubles, valant bien 6, 000. livres: Mis « à grant et excessive rempçon, » il profita de la circonstance pour demander au roi de France le changement de lieu et de durée de la foire appelée «la foire de la Pierre-Levée. » Philippe de Valois donna des ordres à ce sujet, le 16 décembre 1347 (19).

 

IX

Le comte de Derby termine sa lettre en disant que les Anglais sont restés huit jours dans Poitiers, et qu'ils ont reçu la soumission «  de bones villes et chastiels ... entour ; » ll re­merie Dieu de lui avoir accordé « mi beal chivaché : » et il annonce qu'il va rentrer à Bordeaux: «Quelle chose sera forte à faire à ceo qe les enemys sount quillés en païs : mais espoiroms de faire bien od l'ayde de Dieux. »  

_Je ne serai certainement pas seul à regretter que Derby ne nous ait pas transmis les noms des bonnes villes et châteaux du Poitou qui se soumirent à lui dans ce temps-là.

 Les fragments indiqués ci-devant viennent combler un peu cette la­cune, en nous apprenant que Derby passa par la ville de Saint-Maixent, avec l'intention et surtout le désir d'entrer dans le château ; ce qu'il ne put exécuter, grâce à la surveillance et à la bonne contenance du chevalier Guillaume Picher, qui y commandait. –  Les Anglais brûlèrent une rue de Saint, Maixent.-

De là, Derby marcha sur Niort; mais il n'entra point dans la ville.

L'église Saint-Pierre à Frontenay-Rohan-Rohan est ruinée par les troupes anglaises de lord Derby (restauré dans la seconde moitié du 15e siècle,1466).

  Entré dans Poitiers le 4 octobre 1346, Derby en repartit le 12 ou le 13 du même mois.

Enfin, les fragments portent qu'à son retour de Poitiers, Derby passa à Montreuil-Bonnin et incendia le château dudit lieu.

Le 30 octobre 1346, il était arrivé à Plassac, en Saintonge; ayant eu, dès lors, probablement rai­son des ennemis qui, « quillés en païs, » comme il le dit dans sa lettre, devaient être pour son retour un obstacle sérieux.

Entre le 13 et le 30 octobre 1346, Derby séjourna de nouveau à Saint-Jean-d'Angély : peut-être était-il encore dans cette ville le 19 octobre 1346, jour où il concéda au clerc Jean du Bois (de Bosco) le greffe de la prévôté de Saint-Jean-d'An­gély (20). Je pense que c'est clans la seconde quinzaine d'octobre 1346 que Rochefort-sur-Charente, Soubise, Taillebourg, Tonnay-Charente et Connat, reçurent les Anglais de Derby.

Le 26 septembre 1347, Édouard III, devant Calais, confirma la donation du château de Rochefort-sur-Charente faite par Derby à Franc de Hale, et accorda, en outre, à ce dernier, six deniers sterling sur chaque tonneau de vin transitant sur la Charente, dans le district dudit château (21).

 

Le château et la châtellenie de Soubise, ainsi que la châtellenie de Taillebourg, étaient entre les mains des Anglais, dès le mois de décembre 1346 ; car, à cette époque, · le roi de France fit un don de 500· livrées de terre à Guy l'Archevêque, seigneur de Taillebourg, pour raison précisément de la perte récente de Taillebourg et de Soubise (22).

Soubise se soumit volontairement. En récompense de cette soumission, Édouard III accorda aux habitants le droit de percevoir, pendant dix ans, cinq deniers tournois sur chaque tonneau de vin, deux deniers et une obole de la même monnaie sur chaque pipe de vin, et, pour les autres denrées, un impôt au- prorata du tonneau et de la pipe, en plus des droits de perception accordés par les anciennes coutumes, et en tant que ces denrées circuleraient sur la Charente, et pro­viendraient de pays ou d'individus non soumis à l'Angleterre.

Le produit, devait être affecté aux fortifications de la ville (23).

Le 8 février 1348, Édouard III donna à Pierre Béguer de la Russelle, de Bordeaux, le château et la châtellenie de Soubise, avec les appartenances, sa vie durant, à condition que ledit Pierre pourvoierait à leur défense ; il l'autorisa, de plus, à prendre, tous les ans, 500 florins d'or à l'écu sur les biens temporels des rebelles étant dans les marches, c'est-à-dire dans le ressort territorial desdits château et châtellenie (24).

Comme ceux de Soubise, les habitants de Tonnay-Cha­rente se soumirent volontairement à l'Angleterre. En récom­pense de leur conduite, Édouard III déclara, par lettres datées  à Westminster le 24 juillet 1348, que, sauf en faveur de l'héri­tier présomptif, la couronne ne se dessaisirait jamais de la ville de Tonnay-Charente, ni des lieux, châteaux, maisons ou paroisses de sa juridiction (25).

Antérieurement, Derby avait donné au chevalier Élie de Saint-Symphorien, alias de Landiranes ou Landiras, 500 livres de petits tournois à prendre tous les ans, pendant sa vie, sur les biens des rebelles de la ville et de la châtellenie de Tonnay-Charente.

Ce don fut ratifié, le 1er septembre 1348, par Édouard III, qui, se montrant plus généreux que son lieutenant, accorda audit Élie, pour la garde de Tonnay-Charente, tous les revenus des biens des rebelles au-dessus des 500 livres données par Derby (26).

Enfin, Derby avait accordé aux habitants de Tonnay-Charente des libertés, à la conservation desquelles Édouard III, par lettres datées à Westminster, le 20 juillet 1348, ordonna au sénéchal de Gascogne et au connétable de Bordeaux de porter attention (27).

 Il y a lieu de penser que, vers la même époque, les Anglais s'emparèrent de Cannac; car on trouve que, le 4 juillet 1347, Édouard III, pour récompenser les services de Raoul de Bar­denis (28), qui avait particulièrement contribué à la prise de Can­nac, lui donna l'office de viguier de cette ville; le roi voulait que ledit Raoul perçût, tous les ans, sur les revenus et émoluments de cet office, et pour son propre usage, une somme de 100 livres tournois.

Le 30 octobre 1346, Derby était à Plassac, en Saintonge, non loin de Bordeaux, ainsi qu'on le voit par la donation de Maurens, faite à Bertrand de Pommiers. Cette donation est le dernier document authentique et officiel que je trouve éma­nant de Derby pendant la guerre de Guienne.

De Plassac, Derby se rendit probablement à Bordeaux et puis à Londres, où, d'après Robert d'Avesbury, il arriva le jour de Saint-Hilaire, 14 janvier 1347.

 

X

Ici s'arrête mon travail, Mais je ne saurais terminer ce long examen des campagnes du comte de Derby en Guienne, Saintonge et Poitou, sans déclarer que ces campagnes ont imprimé à la mémoire de Derby une gloire indélébile. Cet illustre Anglais y déploya toutes les qualités dont la réunion est l'apanage des vrais grands hommes. Froissart l'a défiguré en cherchant à l'embellir. Puisse un habile pinceau retrouver dans mon travail les couleurs qui conviennent aux traits de cette remarquable physionomie

 

Etude sur les chroniques de Froissart. Guerre de Guienne 1345-1346 : lettres addressées à M. Léon Lacabane... / par M. Bertrandy.

M. Bertrandy, Revue d'Aquitaine : journal historique de Guienne, Gascogne, Béarn, Navarre...

 

 

 

 

Sur la Terre de nos ancêtres du Poitou - Aquitania (LES GRANDES DATES DE L'HISTOIRE DU POITOU ) <==.... ....==> Histoire du Poitou: LE POITOU PENDANT LA GUERRE DE CENT ANS (1340-1453).

 

 Histoire de Soubise, ville sous le vent des îles de Charente-Maritime<==


 

Henri de Grosmont (vers 1310 – 23 mars 1361), 1 duc de Lancastre, 4 comte de Leicester, était un membre de la noblesse anglaise au 14ème siècle, et un éminent diplomate, homme politique et soldat anglais.

 Fils et héritier d’Henri, 3e comte de Lancastre, et de Maud Chaworth, il devient l’un des capitaines les plus dignes de confiance d’Édouard III dans les premières phases de la guerre de Cent Ans et se distingue par sa victoire à la bataille d’Auberoche.

Il est membre fondateur et le deuxième chevalier de l’ordre de la Jarretière en 1348 après Édouard Plantagenêt, Woodstock et Prince noir.  En 1351 est créé duc.

Grosmont est également l’auteur du livre Livre de seyntz medicines, un traité de dévotion très personnel. On se souvient de lui comme l’un des fondateurs et des premiers mécènes du Corpus Christi College de Cambridge, qui a été créé par deux des guildes de la ville en 1352.

 

 

(1) Arch. comm. d'Agen, BEI.

(2) Rex…. sincere dilectionis affectum quo Gailardus de Durofforti, miles, dominus de Blancafforti et de Duracio, nuper venit, multasque villas, loca et castra ac multos nobiles adduxit et reduxit ad obedienciam nostram, et multa grata servicia que ipse Gailardus et sui nobiscum impenderunt et continue impendere non desistunt….. debita consideracione pensantes, et perpensius attendentes quod, occasione obediencie et servicii predictorum, idem Gailardus redditus plurimos, terrasque et hereditates ac alia multiplicia bona perdidit et quamplurima incurrit dampna…. cum itaque….. Henricus comes Lancastrie…. eidem Gailardo et suis heredibus et successoribus universis duos mille scudatos auri annui et perpetui redditus de donc regio concesserit, et hujusmodi duos mille scudatos auri….. in locis sufficientibus. infra ducatum nostrum Aquitanie eidem Gailardo promiserit assignare; hinc est quod nos….. eidem Gailardo…. bastidas nostras et loca de Miromonte et de Castro-Sacrato, diocesis Agenensis !et de Moleriis et de Bellomonte diocesis Sarlatensis conferimus et donamus. Apud Westm. xxn julii (1348.22 juillet, Bibt. Imp., Mss. Brequigny, 38, fol. 207).

(3)   Henricus, comes Lancastrie, Derbie et Leycestrie, universis… salutem.

Notum facimus quod ad supplicationem humilem burgensium et habitatorum ville de Regula, qui ad fidelitatem et hobedienciam debitam et antiquam, tanquam sui domini ligii et etiam naturalis, gratis et sponte sua mera et libera voluntate venerunt, cupientes sibi servire et in ejus fidelitate et hobediencia toto vite sue tempore permanere, ipsis burgensibus et habitatoribus …concessimus et concedimus…. quod ipsi….. de vinis in eorum propriis vineis exerescendis, videlicet in honore et districtu ville de Reula, custumam apud villam Burdegalam pro dicto domino nostro rege levari consuetam et debitam,solvere minime teneantur, set ab ipsius solucione sint liberi….in eujus…. Datum Reule xxvt die januarii anno domini millesimo trescentesimo quadragesimo quinto. (Bibl. Imp., Mss. Brequigny,28, etc., p. 95.)

(4) Rex omnibus.00 salutem. Supplicarunt nobis dilecti et fideles nostri jurati et communitas ville de Régula quod, cum dominus Edoardus pater noster dederit…. Reymundo Seguyn, burgensi ville predicte, bladariam sive unum denarium sive deverium mensuragii bladi in villa predicta, ad terminum vite ipsius Reymundi habendam, que quidem bladaria, una cum exitibus et emolumentis inde provenientibus, ad ipsos juratos et communitatem; tempore quo villa predicta tam de obediencia Francorum quam de obediencia nostra extitit, antiquitus pertinebat, velimus concedure quod bladaria, predicta…... post mortem predicti Reymundi, remancat prefatis juratis et communitati….. imperpetuum : Nos considerantes grata obsequia que prefati jurati et communitas nobis, super reddicione ville predicte ac alias, ante hec tempora, impendebant, ac…. pro inde et pro co quod coram nobis est testificatum quod bladaria predicta ad ipsos juratos et communitatem ab antiquo pertinuit, et in manibus eorumdem, tempore reddicionis ville predicte, extitit…. concessimus prefatis juratis….. quod bladaria predicta…. post mortem predicti Reymundi…... juratis….. remancat….. imperpetuum….. Apud Redyng tercio dic junii (3juin 1347. Bibl. Imp., Brequigny, 28, p. 101).

(5) Rex omnibus, etc., salutem….. volentes…. dilectos et fidèles nostros burgenses et habitatores ville de Régula…. pretextu boni gestus sui erga nos, in reddicionc ville predicte in manus nostras, regiis attolli favoribus, concessimus,…. eisdem…..burgensibus et habitatoribus quod villam predictam nec loca; castra, domos seu parochias de jurisdictione ejusdem ville existencia, per vendicionem, donacionem, permutacionem seu quovis alio titulo extra manum nostram non ponemus nisi futuro heredi Anglie : quare volumus…. quod villa predicta aut loca, etc., à corona Anglie….. segregari non possint…. Apud Redyng tercio die junii (3 juin 1347. Mss., Bibl. Imp. Breéquigny, 18, fol. lit).

(6) Arch. hist. de la Gironde, t. VI, p. 187.

(7) Rex Thesaurio suo Agenni… salutem. Cum dilectus consanguineus….. Henricus comes. …Derbye…. pro gratis et utilibus obsequiis….. per Raymundum de Pinibuis, filium Bernardi quondam burgensis Reule, prestitis…. eidem Raymundo, in et super exitibus pedagii quod, pro nobis, apud villam Marmande, de quolibet dolio vini per flumen Garone descendente, percipitur et levatur, cùm ipsa villa ad fidelitatem et obedienciam nostras pervenerit, unum denarium Burdegalensem dederit…. et nos ratificaverimus….. vobis mandamus quod ipsum Raymundum ad totam vitam suam, et, post mortem suam, primogenitum filium ejus, vel, si filium non habuerit, tune fratrem dicti Reymundy seu propinquiorem heredem suum masculum, similiter ad totam vitam suam, dictum redditum unius denarii in et super exitibus pedagii quod, apud dictam villam Marmande, de quolibet dolio vini per flumen Garone descendentepercipitur et levatur, cum dicta villa ad fidelitatem et obedienciam nostrassic pervenerit… percipere… permittatis… Apud Redyng tercio die junii (3 juin 1348. Bibl. Imp., Bréquigny, 28, fol. 185).

(8) De concessione 100 libr. burd. annni redditus per regem facta Guillelmo de Mirallo, burgensi Reule, habend. et percipiend. de emolumentis thesaurarie Agen. ad terminum vite sue, pro bono loco per eundem Guillelmum regi prestito, dum villa Reule ad fidelitatem regis redacta fuit. (BiM. Jmp., Mss. Brequigny, 40, fol. 123.)

(9) Rex, constabulario suo Burdegale…. salutem. Supplicarunt nobis dilecti…. jurati et communitas ville de Regula ut, cum dilectus consanguineus et fidelis noster Henricus, comes Lancastrie, in recompensacionem dampnorum et deperditorum que burgenses et habitatores ville predicte, tempore quo gentes exercitus dicti comitis eandem villam intraverunt, vina, blada ac alia eorum bona quamplurima capiendo, sustinuerunt, concesserit prefatis juratis burgensibus et habitatoribus duo milia florenorum auri de socco, et mille florenos inde, jamdiu est, eisdem juratis, burgensibus et habitatoribus fecerit liberari, velimus residuos mille florenos, eis, ex causa premissa, debitos, de theesauro nostro solvi jubere : Nos……. vobis mandamus quatinus dictos mille florenos residuos eis concessos….. solvi faciatis. Teste ut supra (Leonello, fllio nostro…. Custode Anglie) Apud Rydyng tercio die junii. (Bibl. Imp. Brequigny, fol. 109. Extr. de Rot. Vascon, au 21, Ed. III, membr. 7).

(10) Llttera Reg. de confirrmatione concessionis facte Gaillardo, domino de Guarsac (?), milili, capitaneo et marescallo ville Sancti Johannis d'Aungelyn, terrarum, reddituum, bonorum, castellorum, etc., que fuerant Johannis de Veroun et Lucie, uxoris ejus, Johannis Çhardoun et Bernardl Petit, in dicta villa Sancti Johannis, tempore conquestus ejusdem. Apud Westm., 20·feruariii, anno 22, Ed. III. (Bibl. lmp. :Mss. BREQUIGNY, 40, folio 127.) .

 (11) Le Roi, au bois de Vincennes, en novembre 1347, donna des lettres de rémission à Bernart Affre, marchand de Figac »,qui était demeuré dans la ville de Saint-Jean-d'Angély, après sa prise par les Anglais. Affre exposait  « que, comme ou temps que nostre ville de Saint-Jehan-d'Angeli fut prise par noa anemis, il eust esté prins en icelle et emprisonnés par noz diz anemis, et par contrainte et manaces d'Iceulz à euls fait serment de féaulté, et conversa avecques euls, et combien que il eust touzjours le cuer el bonne volenté de revenir par devers nous et de soi meure hors de la main de noz diz anemis, si avoit touzjours paour de perdre la teste ou de morir d'autre mort, et si tost comme il pot eschaper et délivrer d'euls et revenir à nostre obéissance, en laquelle il et les siens ont tous jours esté, il se recoura. » (Arch. de l'Emp. Tr. des Ch reg. 76, pièce l75, f° 116, verso.)

 (12). Res omnibus, etc., salutem, Sciatis quod ….dedimus …. Henrico, comiti Lancastrie.omtua tenementa ... que Bernardus Berraut.nuper burgensis ville nostre Sancti Johannis Angeliaci, inimicus et rebellis noster, habuit in villa predicta, tempore quo capta fuit in manum nostram, nec non in suburbiis et juridiscione (sic) ejusdem ac alibi. .. per servicium unius rose, nobis et he­redibus nostris, annuatim, ad festum Nativitatis sancti Johannis Baptiste, reddende in perpetuum ... Apud Calesium octave die octobris. (Bibl. Imp, Mss. Brequigny, 28, p. 127.) 

 

(13) Bibli. Imp. MSS Brequigny, loco cit.

(14) Rex omnibus ... salutem ... attendentes grata et utilia obsequia que.dilec­tus et fidelis noster Tyso de Montefferandi nobis, in guerra Vasconie, à jamdiu est exorta, et alibi, multipliciter impendit et in dies impendere non desistit, ac volentes ipsum Tysonem, pretexiu dicti servicii sui nobis sic im­pensi et imposterum impendendi, munere respicere gratioso, concessimus el, .. custodiam castri et castellanie Xancton: in manibus quorumdam Inimi­corum nostrorum adhuc existenecium ... Apud Westm., XII die marcii (l2 mars 1348). (Bibl. Imp: Mss. Brequigny, 28, p. 153.) .

(15) Rex, etc ... attendentes... ad dampna et jacturas que idem Bertrandus (de Montefferandi) in dicto obsequio nostro, retroactis temporibus, sustinuit, que ad valorem mille floreoorum de scuto per annum, ut asserit, se exten­dunt, dedimus ei ... castrum et castellaniam de Talamont cum pertinenciis, in manibus quorumdam inimicorum nostrorum adhuc existencia.  Apud. Westm., XII die marcii (12 mars 1348, ut supra).

(16) Histoire de France, tome V, p. 98.

(17) Philippe; .. savoir faisons ... que, comme par vertu de noz ordenances faites naguères par la délibération de nostre grant conseil contre les Lombars, Ytaliens et oultremontains, prestanz en nostre royaume, pour raison des abus et excès qu'il a voient faitz et (aisoient. en. la. manière du prester et. autrement contre noz ordenances faites sur ce, l'on eust pris et saisis les biens ... de noz amés Philippon Hector(?) Paonnet et François Andrieu, frères, et les corps d'aucuns d'iceuls, et avec ce de Rendin, Andrieu, Gautier et Ber­tholomin Vinteguerres, frères et oncles desdits autres frères, tous communs en biens, et les diz Philippon, Hector, Paonnet et Françoys, nous aient fait monstrer, que, comme dèz le commencement de noz guerres et tousjours continuelment, il nous aient servi et loyaument en armes et en chevaux, se lon leur estat, et font encore présentement, là où nous sommes, aucun ­d'iceuls, où il ont moult froyé, mis et despendu de leurs biens, comme de ceulx de leurs diz oncles, et avec ce que en ceste présente année deux de leurs diz frères, c'est assavoir Philippon et Françoys, ont esté pris par nos ennemis, et les detiennent encore prisonniers pour les granz et importables raançons qu'il leur demandent; et plus, que les diz frères et Vinteguerres, pour le faict de noz dites guerres, on perdu touz leurs biens qu'il avoient et tant en la ville de Sanct Jehan d'Angeli comme en la ville de Poitiers, où il avoient la grigneur partie de leur vaillue; et pour ce, nous aient supplié ... que nous ... leur voisilssons ... exempter ... de ladite ... ordenance ... nous .. à la· contemplation de noz ... chambellanz les selgneurs de Lugde et de Mathefelon ... les diz frères et Vinteguerres ..exemptons ... de ... l'ordenance ...  Ce fu fait à Hedin, en Artoys, l'an de grâce mil CCC quarante et sept, au mois de juillet. Par le Roy, à la relation de I'arcevesque de Rouen et de vous : LORRITZ        . (Arch. de l'Emp. Tr. des Ch., reg. 68, p. 451.)

(18) Philippes, par la grâce de Dieu, roy de France ; scavoir faisons à tous présens et à venir que, comme nostre amé et féal. AImery de Rochechouart, chevalier, eust fait appeler n'aguères par devant nous nostre amé et féal chevalier Savary de Vivonne, seigneur de Tours, et li eust, en nostre pré­sence, ouvert et fait plusieurs demandes à toutes fins pour la cause et occa­sion de certaines convenances que ledit Savary traitia et promit audit Aymery avant que la ville de Poictiers fust prise par nos ennemis, quand il retint ledit Aymery et les gens de sa compagnie pour estre et servir en armes et chevaux avec li; entre· lesquelles demandes étoit contenu que, pour ce que ledit Aimery était demourant avec ledit Savary parmy lesd. conve­nances, qui étoient telles que led. Savary devoit faire aud. Aymery et à ses gens tous cous et frais et tout ce que métier leur seroit, et lediz Aimery et ses gens avoient été pris par nosd. ennemis en lad. ville de Poictiers, pour laquelle prise iceluy Aimery avott été rançonné de quatre mil écus d'or, et aussi avoit mis et frayé, tant pour ses dépens, frais en sa prison comme en pourchassant saditte rançon, deux mil écus d'or, icelui Savary étoit tenu de rendre et payer audit Aimery lesd. six mil écus ... led. Savary rendra et payera audit Aimery «  2,000 écus d'or, dont 500 » présentement avant que ledit Savary parte de la ville de Paris .. Ce fut fait à Paris l'an de grâce mil trois cent quarante sept au mois d'avril. (Bibl, lmp. Mss. Decamps, .45 bis, f° 317).

 

(19) Philippe ... roys de France. Au sénéchal de Poitou et de Lymosin ... salut Oye, la supplication de nostre amé Harbert Bellant (ou Bellaut), chevalier, disant que, quant la ville de Poitiers fut occupée par nos ennemiz, où il estoit li sizime hommes d'armes pour contrester à noz diz ennemiz, il fut pris et perdit touz ses meubles qui bien valoient six mile livres, et avec ce a esté mis à grant et excessive rempçon ... Si nous a ... supplié que... pour soutenir son dit estat nous li veulllens octroier que une foire appelée la foire de la Pierre-Levée, qui a accoutumée estre tenue par deux jours sept jours entre deux, c'est assavoir le lundi emprès la feste Saint-Denis et le lundi en suivant après, en lieu forain, près de ladite ville, où les gens qui y viennent marchander ne treuvent où habiter ne recuillir leurs denrées ou temps de pluie, soit dores en avant tenue chascun an par trois jours continuels et commanciez le lundi après la Saint-Denis, en son herbergement de Poitiers appellé les Hales, ou quel herbergement la foire de mie quaresme est et a acoustumé estre tenue, et qu'il en puisse pranre et avoir tels profiz et emolumenz qu'il prant en ladite foire de mie quaresme, c'est assavoir, etc ... Pourquoy nous vous mandons que ce ... il vous appert souffisance de nostre proufit... vous ladite foire ... faites crier ... Donné à Paris, le XVIe jour de décembre, l'an de grâce mil CCC quarante et sept (Arch. de l'Emp. Reg. du Tr. des Ch. JJ., 77, fo 101, verse, et l02, recto.)

 

(20) ... De confirmatione concessionis scribanie prepositi Sti·Joh.-Angeleum facte Johanni de Bosco, clerico, per Hcnricum comitem Lancastrie. - 19 octobre 1346 ... (Bibl. lmp. Mss. BREQUIGNY, 40, f0 127.)

(21) Rex omnibus, etc., salutem, Sciatis quod, cum Henricus comes Lancas­trie ... nuper locum nostrum tenens, in ducatu Aquitanie, dederit. .. dilecto et fideli nostro Francisco de Hale castrum de Rochefort super ripam de Sarente. .. ln perpetuum nos. donacionem concedimus et confirmamus Preterea concessimus quod idem Franciscus sex denarios sterling. de sin­gulis doliis vini per ripam predictam infra districtus dicti castel adducendis percipiat... unam videlicet medietatem ad opus suum proprium ... Apud Cales., XXVI die septembris (26 septembre 1347). (Bibl, Imp. Mss. Brequigny, 28, p. 125.) ..

(22) Arch. de l'Emp. Tr·. des Ch., reg. 77, r- 22.

(23) Rex ... habitatoribus ville de Soubize juxta Rupellam, salutem. Grata et utilia obsequia per. vos, in villa.predicta.et alibi in partibus vestris, multipliciter impensa, et, ut speramus, de cetero impendenda , villam predictam ad nostram obedienctam nuper reddendo, et illam postmodum sumptibus vestris propriis de  victualibus et aliis necessariis muniendo, et circa nostrorum de­fensionem jurium contra nobis adversantes vos et vestra benivole exponendo, nos excitant et inducunt ut vobis, in hiis que commodum et utilitatem vestra ac status vestri releracionem, necnon ville predicte conservacionem cernere poterunt, favorem et gratiam impendamus ; nos ... volumus ... quod, a festo Sancti Michaelis proxime futuro usque ad finem decem annorum proxime sequencium plenarie completorum, de vinis et aliis mercimoniis hominum et mercatorum extraobedicnciam nostram existencium, per aquam de la Charante prope loca vestra transeuncium, capiatis, levetis ... de quoli­bet. dolio vini quinque denarios turonensium, et de qualibet pipa vini duos denarios et unum obolum ejusdem monete, ac de aliis mercimoniis juxta ratum dolii et pipe predictorum ultra antiquas consuetudines seu pedagla ibidem hactenus solvi et Ievari consueta ; ita quod omnes denarii.. circa reparacionem clausture ville predicte et status vestri relevacionem fideliter · apponantur ... Apud Westm., XXVII die julii (27 juillet 1348). (Bibl. lmp. Mss. Brequigny, 28, f0 221.)

(24) Rex omnibus ... salutem .. Sciatis quod ... pro bono servitio quod ... Pe­trus Beguer de la Russelle de Burdegala nobis hactenus impendit et lmpen­det in futurum ... concessimus eidem Pètro castellum et castellaniam de .Soubize juxta la Rochelle, cum pertinenciis, habenda et custodienda ad ter­minum vite sue, ita tamen quod dictus Petrus castrum illud muniri ac eadem castrum et castellaniam contra inimicos nostros, tempore guerre, suis sumptibus, faciat custodiri: concessimus etiam eidem Petro ... quingentos florenos auri de scuto percipiendos, singulis annis, super bonis temporali­bus rebellium residencium infra marchias dictorum castelli et castellanie, durante termino supra dicto... Apud Westm., VIII die februarii (8 février 1348). (Bibl. Imp. Mss. Brequigny 28, fo 141.)

(25) Rex omnibus ... salutem ... volentes ... homines et habitatores ville de Thonny Charante, in ducatu nostro Aquitanie, pretextu boni gestus sui erga nos in reddicione ville predicte in manus nostras, regiis attolli favoribus, conces, simus eisdem ... quod villam predictam ac loca, castra, domos seu parocbias de urisdictione ejusdem ville existencia authomagia dictorum hominum, per vendicionem, donacionem, mutacionem, seu quovis alio titulo extra manum nostram non ponemus, nisi futuro heredi Anglie: .. Apud Westm., XXIIII die jolii (24 juillet 1348). (Bibl. lmp. Mss. Brequigny, 28, r- 198.)

(26) Rex omnibus ... salutem. Sciatis quod cum ..Henricus, cornes Lancas­trie, tempore quo locum nostrum tenens erat in partibus Vasconie ... conces­sisset... Elie de Landiras (appelé dans d'autres lettres du même jour : Elie de Sancto Simphoriano, alias.dicto de Iandiranes), mlilti, quingentas libras parvorum turonensium percipiendas per annum ad terminum vite sue ... super bonis rebellium ville de Tannay super Charante et castellanie ejus­dem, nosque ratificaverimus ... Nos, volentes eidem Elie uberiorem graciam facere in bac parte, concessimus ei, pro custodia castri et ville loci predicti, residuum omnium honorum rebellium et alios redditus et exitus dictis cas­tro et ville ac castellanie ibidem pertinentes, si que ultra summam dictarum quingentarum librarum ... ibidem fuerint, habendum ad terminum vite sue, absque aliquo compoto nobis inde reddendo seu vadiis à nobis de cetero petendis, pro custodia predicta ... Apud Westm. Primo die septembris (pre­mier septembre 1349). Bibl. lmp. Mss. Brequigny, 28, fo 323.)

(27) Rex Senescallo suo Vasconie et constabulario suo Burdegale ... salutem.

Volentes dilectos nobis homines et habitatores ville de Thonny Charante, qui nuper ad obedienciam nostram gratanter venerunt, favore prosequi gratioso, vobis et alteri vestrum ... committimus et mandamus quatinus omnes liber­tates eis per dilectum consanguinum et fidelem nostrum Henricum comitem Lancastrie, nuper nostrum locum tenentem in ducatu nostro predicto et tota lingua occitana, super reddicione ville predicte rationabiliter concessas ... conservari faciatis ... Apud Westm., XX die julii (20 juillet 1348). (Bibl. lmp.

La ville de Tonnay Charente ne tomba entre les mains des Anglais qu’avant le mois de mars 1347, ainsi qu’il résulte de lettres d'absolution données à Pierre Crousade par le duc de Bourbon, et qui sont aux: Arch. de l'Emp., reg. du tr. des Ch. JJ, 76, f0 195.

D'un autre côté, l'expression nuper des let­tres d'Édouard indique une soumission récente, mais en tout cas antérieure à la cessation du pouvoir de Derby puisque ce dernier concède des libertés aux habitants à l'occasion de leur reddition ; cette reddition eut probable­ment lieu lorsque Derby rentra de Saint-Jean-d'Angély à Bordeaux.

 

(28)Rex omnibus ... salutem ... Sciatis quod, pro bono servicio quod dilectus nobis Radulfus de Bardenis, tam in captione ville et castri de Cannac quam alibi, nobis fecit, concessimus ei officium vicarii de Cannac ... volentes quod idem Radulfus, de exitibus et emolumentis inde provenientibus, habeat et percipiat, singulis annis, ad opus suum proprium, in remuneraclonem sui servicii antedicti, centum libras turonensium .... Juxta Calesium quarto die julii (4 juillet 1347). (Bibl. Imp. t.fss. Brequigny, 28, f0 113.)

Il ne saurait être ici question de Cognac, qui, encore au mois de décembre 1347, était au pouvoir des Français, comme il parait par des lettres d'absolution données par le roi de France, en faveur de Pierre de Chéri mont (V. aux Ach. de l'Emp., reg. du Tr. des Cb. JJ., 76, (0 227.) -