La forêt de Chizé au Moyen-Age ; 1086 mort de Guy-Geoffroy-Guillaume VIII d'Aquitaine

Avec plus de 5.000 hectares, la forêt de Chizé proprement dite constituait la plus importante forêt du Poitou médiéval (1), avec la forêt de Moulière (2).

Elle faisait, à l'époque gauloise, partie d'une bien plus vaste forêt, qui commençait, à l'ouest, à une vingtaine de kilomètres de La Rochelle, par la forêt dite aujourd'hui de Benon, se poursuivait par les actuelles forêts de Chizé, d'Aulnay, de Tusson (3) et se terminait à une trentaine de kilomètres au nord d'Angoulême.

Cette bande forestière, longue de près de cent kilomètres, formait une sorte de frontière entre le territoire des Pictons et le territoire des Santons.

 

Au début de l'ère chrétienne une importante voie romaine unit Saintes et Bordeaux à Poitiers (4).

Elle franchit la frontière forestière gauloise près de Chizé, en séparant les actuelles forêts de Chizé et d'Aulnay.

Un peu plus tard une voie nord-sud de Saintes à Niort isola la forêt de Chizé de la forêt de Benon.

Mais jusqu'aux XIIe-XIIIe siècles, et même jusqu'au XVe siècle, un même vocable celui de forêt d'Argenson sera donné indifféremment aux différents massifs forestiers de l'ancienne forêt-frontière.

La toponymie a gardé des traces nombreuses et éloquentes de l'existence de cette grande forêt.

L'étude toponymique a été abordée il y a près d'un siècle par un érudit poitevin (5); elle mériterait d'être traitée à fond, car elle préciserait et l'étendue exacte de l'ancienne forêt, et la nature des essences que l'on pouvait y trouver.

Isolée par les voies de Saint-Jean-d'Angély à Poitiers et de Saint-Jean-d'Angély à Niort, située à égale distance — une vingtaine de kilomètres, — des importants centres de Saint-Jean-d'Angély, Niort et Melle, la forêt de Chizé, massif principal et central de la forêt primitive, va vivre d'une vie propre à partir des premiers siècles de l'ère chrétienne.

L'époque gallo-romaine voit probablement la création de premiers grands domaines, sur la lisière nord-est dont les terrains argilo-calcaires de bonne qualité permettaient la culture mieux que sur la bande très calcaire, au sol maigre et pierreux qui domine plus à l'ouest et dans la majeure partie de la forêt de Chizé (6). Seliniacum, Mariniacus, Secundiniacum, Chisiacum, c'est-à-dire Séligné, Marigny, Secondigné, Chizé, tels sont les plus importants des premiers noms de lieux de la région transmis par les documents, monnaies ou textes, du VIle au début du XIe siècle (7).

On sait que la terminaison -acum accolée à un nom indique couramment un ancien domaine gallo-romain.

Du Xe au XIIe siècle, les textes, de plus en plus nombreux, nous montrent une deuxième étape, constituée par les débuts d'une exploitation régulière des ressources de la forêt et de nombreuses concessions de droits d'usage à des églises qui vont participer à la mise en valeur de la région. Au début de cette période, la forêt est avant tout une réserve de chasse (8).

Les revenus de la forêt sont restreints, les transports sont malaisés, la population encore peu nombreuse ne fournit que d'insuffisants débouchés, en sorte que la forêt constitue une richesse en grande partie inexploitée et que la politique seigneuriale ne peut voir aucun inconvénient à des concessions d'usages assorties de contre-parties très restreintes.

Les comtes Guillaume paraissent avoir toujours disposé du château et de la forêt de Chizé (9).

La position exceptionnelle de Chizé, placée à la hauteur d'un gué, sur la Boutonne, affluent de la Charente, à proximité immédiate de la forêt au nord, de la grande voie Poitiers-Saintes au sud, et à la frontière du Poitou et de la Saintonge, ne pouvait leur échapper.

Quand, vers 936, la comtesse Adèle fonde à Poitiers, avec l'agrément de son fils, Guillaume Tête d'Etoupe, comte de Poitou, l'abbaye de femmes de la Trinité, elle lui concède le domaine de Secondigné, proche de la forêt de Chizé (10).

On trouve Chizé nommé, dès 960-961, Dominium de Chézeaco, dans la charte de donation de la viguerie de Saintes faite à Hugues de Tezac par Guillaume, comte d'Étampes.

En 963, l'abbaye de Saint-Jean-d'Angély reçoit des terres à Villiers situé tout près de Chizé (11).

L'abbaye de Saint-Cyprien de Poitiers, à qui l'église et la terre de Doeuil, au sud-ouest de la forêt de Chizé, avait été donnée par un certain Achard, puis enlevée, se voit restituer toute la forêt de Dœuil par le comte Guillaume le Grand en l'an 1000 (12).

Au début du XIe siècle, un seigneur poitevin, Hugues de Lusignan, dispute la place de Chizé à Guillaume le Grand, en prétendant que le domaine avait appartenu à son père ou à quelque membre de sa famille; le comte reprend de vive force Chizé à son vassal (13).

Mais c'est au fils cadet de Guillaume le Grand, Guy-Geoffroy-Guillaume (1058-1086), que sont dues les principales concessions de terres à des abbayes, autour de la forêt de Chizé.

De concert avec sa mère, la comtesse Agnès, il donne d'abord à l'abbaye bénédictine de la Trinité de Vendôme, au diocèse de Chartres, tous ses droits en la terre d'Availles-sur-Chizé, à deux kilomètres de Chizé (14).

Il semble que ce soit sous l'impulsion du comte que l'ancienne église de Saint-Séverin (15) se soit transformée en une abbaye de chanoines réguliers de l'ordre de saint Augustin (16); quelques années après, le comte Guy-Geoffroy, venu à Saint-Séverin, concède gracieusement aux chanoines — « pour le salut de son âme » — l'autorisation de prendre dans la forêt de Chizé, tout le bois dont ils pourraient avoir besoin, y compris le bois de construction pour leurs maisons (17).

 

LA FORÊT DE CHIZÉ AU MOYEN AGE 1

LA FORÊT DE CHIZÉ AU MOYEN AGE 2

 

Toutefois c'est évidemment à la fondation de l'abbaye bénédictine de Saint-Jean-de-Montierneuf que le nom du comte Guy-Geoffroy reste principalement attaché.

Par la charte du 28 janvier 1077, qui dresse l'état des privilèges et des biens concédés à la nouvelle abbaye, le duc-comte donne à Montierneuf d'importants domaines à la limite du Poitou et de la Saintonge, et le bois de la Foye, au nord-ouest de la forêt de Chizé, avec la Foye, le Cormenier, Usseau (18).

 C'est aussi au comte Guy-Geoffroy qu'il faut, semble-t-il, attribuer la donation, à l'abbaye de Sainte-Radegonde de Poitiers, du domaine des Fosses, attenant à la forêt de Chizé (19).

Guy-Geoffroy meurt en son château de Chizé, en septembre 1086.

De son existence d'autrefois, toute d'agitation et de bruit, il était resté à Gui-Geoffroi comme une image et un souvenir dans l'exercice de la chasse, ce plaisir des natures fortes, des guerriers arrachés avant l'heure aux émotions du carnage ou au tumulte des camps Jusqu'à ses derniers jours il aima, dès l'aurore, à s'élancer dans les forêts profondes, la cotte sur le dos, l'épieu au poing et le cor d'ivoire à son cou.

Distingué de la foule par les éperons d'or vissés à ses larges houseaux, il suivait avec ardeur la trace des bêtes rouges ou noires (20), qui peuplaient alors en abondance notre sol à peine éclairci.

Presque chaque jour, lorsque ses occupations multiples le lui permettaient, on le voyait forcer un cerf ou un chevreuil, et nul mieux que lui ne savait porter un coup mortel au sanglier furieux, tournant autour de sa meute et prêt à découdre ses limiers. Pour satisfaire son penchant favori, le duc d'Aquitaine n'avait, du reste, qu'à choisir entre les forêts de Brosse (21), de Dive (22) et de Crossée (23), dont les fourrés profonds autour de sa capitale se développaient sur les plateaux, s'inclinaient dans les vallées et ne laissaient entre eux que d'étroits espaces à découvert.

S'il voulait s'éloigner davantage, il trouvait, à l'occident de son duché, toute une vaste contrée qui devait à la seule magnificence de ses chênes et de ses châtaigniers son nom caractéristique de Mervent (24).

Les moines, il est vrai, s'étaient attribué peu à peu la possession de la plus grande partie de ce sol montagneux et sauvage (25); aussi Gui-Geoffroi préférait-il se transporter chaque automne, avec toute sa cour, au milieu de la forêt de Chizé, sur les confins de cette belle province de Saintonge qui lui rappelait de si glorieux souvenirs.

Là, sur les bords de la Boutonne, il avait, à grands frais, élevé une magnifique demeure que le temps et les hommes n'ont pas su respecter (26).

De larges fossés, profondément taillés dans le rocher calcaire, indiquent seuls aujourd'hui l'emplacement d'un château, et le voyageur qui se promène sous les beaux arbres substitués aux hautes tours et aux murs épais peut suivre les contours d'un vaste massif, isolé du plateau par un travail gigantesque que les siècles ne détruiront jamais.

D'un côté la forêt, bien qu'elle ait perdu une grande partie de son étendue à la suite de défrichements considérables, déploie encore ses sombres retraites, hantées principalement par les cerfs (27) et les chevreuils, et de l'autre la rivière se déroule au milieu d'une large vallée, à demi cachée sous un frais rideau de saules et de peupliers qui se prête à toutes les inflexions de son cours sinueux.

Le paysage n'a rien de grandiose ni d'enchanteur, mais il respire une certaine mélancolie qui devait aller au génie de Gui-Geoffroi.

Ce prince, en effet, grâce à une piété ardente, rachetait ce qu'il y avait de trop positif dans son caractère, et, sur la fin de ses jours surtout, il aimait à fréquenter les endroits solitaires, à s'entretenir loin du bruit avec les hommes de Dieu.

C'est dans ce but, sans doute, autant que pour s'adonner aux plaisirs de la chasse, distraction pénible que son indomptable énergie imposait à son âge avancé, qu'il prit une dernière fois le chemin de Chizé, au mois de septembre mil quatre-vingt-six.

Rien ne fait supposer, cependant, qu'il eût ressenti déjà les atteintes du mal qui devait si promptement le conduire au tombeau tout au contraire, il est probable que s'il eût prévu sa fin prochaine, il ne se fût pas éloigné de l'abbaye de Montierneuf, de ce cloitre cher à son cœur, où il avait fixé le lieu de son repos.

 Quoi qu'il en soit, à peine installé dans son château de prédilection, les inquiétudes sur sa santé commencèrent à dominer son entourage, et ses forces déclinèrent avec une telle rapidité, qu'il n'y eut bientôt plus d'illusions à se faire sur le sort qui lui était réservé.

 De même que, dans les circonstances les plus difficiles de sa vie agitée, il avait toujours montré une inaltérable tranquillité d'esprit, Gui-Geoffroi, convaincu que ses derniers instants n'étaient pas éloignés, envisagea la mort sans pâlir et avec une admirable résignation.

II fit appeler à son chevet le savant abbé de Saint-Jean-d'Angély, le charitable Odon (28), et il déversa dans le sein de ce vieil ami des jours mauvais le fardeau de ses tourments et de ses appréhensions.

Puis, après avoir reçu de cette main pieuse les dernières consolations accordées par la religion à ceux qui vont comparaître devant le juge souverain (29), il rendit à Dieu son âme si admirablement préparée, le jeudi vingt-quatrième jour du mois même de son arrivée à Chizé (30), à l'âge de soixante-deux ans (31), laissant après lui d'immenses regrets dont la trace peut être suivie dans les écrits du temps, dans les plaintes parfois éloquentes de ses plus illustres contemporains (32).

Le jour même de sa mort; son corps fut transporté à Poitiers pour être inhumé dans l'église de Montierneuf. Comme la nef de l'église, où devait être établie sa sépulture, n'était pas encore en état de le recevoir, son corps fut embaumé et déposé, provisoirement dans la salle capitulaire de l'abbaye.

L'année suivante, eut lieu la translation de ses restes à la place qu'il s'était réservée (33).

 

Testament de Guillaume VIII

Il est des questions controversées qui restent longtemps en suspens grâce à l'autorité des écrivains qui les ont fait naître, ou de ceux qui les ont soutenues et propagées. Tel est le cas pour le testament de Guillaume VIII.

Si cet acte, vivement attaqué après son apparition, a conservé pendant longtemps quelque faveur, et même encore aujourd'hui bénéficie d'un doute auprès de certains historiens, il ne le doit qu'à la chance d'avoir été inséré par les Bénédictins dans leur grand Recueil des his­toriens des Gaules el de la France.

Non seulement ils ont édité ce document, mais encore ils ont cru devoir le défendre contre les criti­ques qui ne lui avaient pas été épargnées. Depuis leur publication, il a été l'objet d'une étude spéciale par deux écrivains: Bréquigny, qui lut à l'Académie des inscriptions et belles-lettres, à la séance du 11 août 1778, un mémoire intitulé : «Observations sur le testament de Guillaume X, duc d'Aquitaine et comte de Poitou, mort en 1137 » (Mém. de littérature tirés des registres de l’ Académie royale des inscriptions et belles-lettres, xt.nr, pp. 421-448), et La Fontenelle de Vaudoré, qui fit insérer en 1837 ses « Recherches sur les chroniques du monastère de Saint-Maixent en Poitou », dans les Bulletins de la Société d’agriculture, belles-lettres, sciences et arts de Poitiers, pp. 170, 212 et 256.

Ces deux érudits, à qui nous renvoyons pour le détail des citations, concluent l'un et l'autre à la fausseté du testament de Guillaume, mais, bien que nous considérions leurs arguments comme absolument pro­bants, il nous parait bon de les reprendre en y ajoutant quelques con­sidérations personnelles, afin de rejeter à jamais dans Je domaine des fictions un texte qui a jusqu'à ce jour égaré de nombreux historiens.

Pour la plus grande clarté de cette discussion, il nous parait indispen­sable de reproduire ici ce document.

Le voici :

« In nomine sanctae et individuae Trinitatis, quae est una deitas. Hoc est testamentum quod ego Wilhelmus, Dei gratia, cum D. Wilhelmo episcopo, facio in honorem Salvatoris mundi et beatorum martyrum et omnium confessorum et virginum, maxime Virginis Mariea, cogi­tans de meis innumerabilibus peceatis, quae suadente diabolo temerariè perpetravi, et timens tremendi judicii diem, videns bona quae videmur tenere sicut fumum in aere, inter manus nostras enanescere, nosmet, etian in hac peregrinatione sine peccato una hora non posse vivere, et satis parvo tempore manere, et omnia quae putamus possidere esse caduca, et suis possessoribus gravamen.

Commando me Deo, quem relictis omnibus sequi volo, filias meas Regis domini mei  protectione relinquo, Leonorcm colocaturam cum domino Ludovico, Regis filio, si baronibus meis placuerit, cui Aquitaniam et Pictaviam relinquo.

Peronnellae vero, filiae meae, possessiones meas et castella quae in Burgundia, ut proles Gerardi, ducis Burgondiae possideo.

 Itaque, ne videar degenerare, sed imitari sancta vestigia parentum  meorum, in bono opere, et commendare me Deo et sanctis ejus, et in bonis operibus societatem servorum Dei et benedictionem accipere, do,  omnibus monasteriis donnationis meae, mille libras terrae distribuen­das, prout baronibus meis placuerit.

 Et quiconque hoc nostrum tes­tamentum disrumpere tentaverint, excommunicatus à Deo et hominibus existat : qui vero in hoc quo adjutor fuerit, sit in omnibus par­ticeps. S. Wilhelmi, S. Leonore, S. comitis Avernansis, S. domini de Thoarcio, S. Richeldi baronis, S. Brocardi comitis, S. Pontii. »

 

Le testament de Guillaume VIII a été produit pour la première fois à la page 131 de l'ouvrage suivant dont le titre est à donner en entier :

Les Mémoires et Recherches de France et de la Gaule Acquitanique du sieur Jean de la Haye, baron des Coutaulx, lieutenant général en la Seneschausée de Poictou et siège présidial de Poictiers, Contenant l’origine des Poictevvins, qu'aussi les faicts, gestes des premiers roys, princes, comtes et ducs, leurs généalogie, alliance, armoirie et devise et constitutions, escrites comme elles ont été trouvées, chose très rares et remerquables. Ensemble l'esta de l’Eglise et religion de la France depuis l'an 436 jusques à ce jourd'huy. Chez Parant, rue Sainct ­Jacques. Avec privilège da Roy, 1581 , In-8 de 293 p., avec un feuillet de titre et un feuillet d'avis au lecteur en tête, et un feuillet d'errata et 8 feuillets pour la table à la fin.

Cet ouvage a été réimprimé en 1643, sans l'avis au lecteur et la table, par Abraham Mounin, imprimeur à Poitiers, en un volume in-4 de 69 pages, qui se trouve généralement à la suite de la réimpression des Annales d'Aquitaine· de Jean Bouchet, faite parle même imprimeur en 1644.

Cet acte se retrouve encore, mais avec quelques modifications qui portent uniquement sur les souscriptions des témoins, dans un docu­ment qui a été publié in extenso par DD. Martène et Durand dans le tome v de leur .. Amplissima collectio, parue en 1729, col. 1147-1159, sous ce titre : Fragmenta chronicorum comitum Pictaviae, ducum Aquitanae, Auctore, ut videtur, monacho Sancti Maxentii. 

Les Béné­dictins ont reproduit ces fragments, sous le même titre, dans le Re­cueil des historiens des Gaules, t. x, p. 294, t, XI, p. 372, t. XII, p. 408 et t. XVIII, p. 242; le testament, qui en fait partie, se trouve dans le t. XII, p. 409.

Le testament de Guillaume VIII n'est donc pas un acte qui nous soit parvenu isolé, soit en original, soit en copie, c'est au contraire un texte mis au jour dans deux ouvrages dont les auteurs le reproduisent à titre de pièce justificative de leurs dires.

 Il est par suite naturel, pour ne pas dire indispensable, de s'assurer de la valeur des écrits dont ils font partie intégrante, de la foi que l'on doit accorder aux faits qu'ils rapportent. Or, que -sont-ils l'un et l'autre, les Mémoires de la Gaulle Acquitanique aussi bien que les Fragments de la chronique des comtes de Poitou, sinon des supercheries, imaginées pour donner des ancêtres à deux familles du Bas-Poitou, dont les membres étaient arrivés, au XVIe siècle, à une certaine notoriété: la famille de Sanzay, à laquelle appartenait René de Sanzay, qui fut gentilhomme ordinaire de la Cham­bre du roi Charles IX, et celle du Puy-du-Fou, dont était René du Puy­-du-Fou, que le même prince fit chevalier de son ordre en 1562.

Ce fut le livre composé en vue de la glorification de la famille de Sanzay qui vit le jour le premier, et ceux qui le composèrent, afin de lui donner faveur, le présentèrent au public sous le nom de Jean de la Haye, lieutenant-général de la sénéchaussée de Poitou, lequel, à la suite de multiples intrigues, fut condamné à mort et massacré, le 22 juillet I5j5, par une troupe armée, non loin de Poitiers.

On était sûr d'attirer l'attention en publiant une sorte d'autobio­graphie de ce personnage remuant, que l'on eut soin de faire précéder d'une prétendue histoire du Poitou allant de ses origines au XIIe siècle. Il entrait dans le plan de ses auteurs d'accompagner leurs récits et d'intercaler dans leur texte des pièces, prétendues originales et authen­tiques, dont la première émane de Clovis et dont la dix-huitième est le testament de Guillaume VIII.

Toutes, sans exception, sont composées en dehors de toutes les règles de la diplomatique, et toutes, sauf la première et la dernière, ont pour objet la glorification de la maison de Sauzay, à commencer par un diplôme de Louis le Débonnaire rati­fiant la fondation de 1' abbaye de Ferrières faite par Araault, fils d'Albon, comte des Poitevins, lequel aurait épousé sans le consentement de son père Jeanne, fille de Raoul, seigneur de Sanzay, et par une bulle d'un pape du nom de Grégoire qui confirme les membres de la famille de Sanzay dans le « don de grâce de guarir les malades languissans au « nom de Jésus-Christ, par l'imposition de leurs mains».

Alors il composa ou fit composer one chronique latine, débutant au temps d'Eble, comte de Poitou et se terminant au roi Philippe le Hardi, dans laquelle sont relatés tous les faits concernant la famille do Puy-du-Fou qui devaient être ensuite transportés dans la généalogie.

Cette chronique était donc la preuve justificative de la généalogie; rédigée sous la forme annalis­tique, elle ne contenait qu'un seul texte reproduit in extenso, c'est le testament de Guillaume VIII.

Guillaume VIIe du nom (Guilhem de Peitieus), comme comte de Poitiers, et Guillaume IX, comme duc d'Aquitaine, était très jeune lorsqu'il succéda à son père, Guillaume VI, en 1086.

Lorsque le pape Urbain II vint au concile de Clermont prêcher la croisade, le duc se rendit à cette célèbre assemblée (1095). Sur ses sollicitations, le pape se dirigea sur Poitiers par Limoges et Charroux.

Le 21 janvier 1096, il était arrivé à Poitiers, et consacrait la grande église de Montierneuf, dont la construction venait de se terminer. Ce fut une fête splendide à laquelle assistèrent une foule de prélats et de personnages de tous rangs, parmi lesquels le vénérable Hugues de Cluny, le principal promoteur de la fondation de l'abbaye.

 Une inscription qui subsiste encore dans l'église a conservé le souvenir de cet événement mémorable. Le 6 février, Urbain II partit de Poitiers pour aller à Angers, Vendôme et Tours. Il repassa à Poitiers, au mois d'avril, et pendant son séjour il apaisa des démêlés très vifs survenus au sujet de l'église de Saint-Nicolas, entre les moines de Montierneuf et les chanoines de Saint-Hilaire. Il réprima vertement ces derniers qui avaient défendu leurs droits avec une âpreté peu commune (14 avril 1096)

C'est vers 1105 que le comte de Poitiers Guillaume le Jeune fonde dans une partie de ses terres l'aumônerie de Saint-Gilles de Surgères vers 1105, et lui donne tout droit d'usage en la forêt de Chizé, en l'affranchissant de toutes taxes, telles que celles établies sur le pâturage du bétail dans la forêt (34).

Le dernier comte Guillaume (1126-1136) abandonne en 1134 à l'abbaye récemment fondée de Fontevrault tout le droit d'herbage qu'il levait en la forêt d'Argenson sur le gros bétail, allant même jusqu'à déclarer que ses propres troupeaux devraient payer eux aussi cette taxe (35).

Avec la fin des comtes Guillaume et le passage du Poitou aux Plantagenêts, les concessions de terres et de droits d'usage à des églises cessent à peu près totalement.

En 1169, Aliénor d'Aquitaine accorde un droit d'usage à l'abbaye de Fontevrault dans la forêt d'Argenson, probablement au profit du prieuré des Hermitans, près de Belleville (36).

Richard Cœur de Lion fonde le prieuré de Saint-Martin d'Augé, comme dépendance de l'abbaye de Saint-Séverin, et lui donne des droits d'usage très étendus (37).

Il accorde en 1177 à l'aumônerie Saint-Jacques de Chizé le droit de prendre en la forêt tout le bois qui lui est nécessaire (38). Ensuite nous ne trouvons plus que des confirmations par les seigneurs de la forêt de Chizé, de la maison d'Eu puis de Brienne. La période des concessions d'usages dans la forêt à des églises ne paraît pas dépasser le XIIe siècle.

Faut-il à propos de la forêt de Chizé, reprendre l'expression si usitée de « défrichement monastique »? Nous ne trouvons en fait aucune de ces grandes abbayes bénédictines ou cisterciennes qui, si souvent, firent à cette époque reculer la forêt.

On peut indiquer la création d'un prieuré bénédictin de Montierneuf de Poitiers, à la Foye, qui ne tarda pas à s'appeler la Foye-Monjault (Faia Monachalis); le prieuré existe dès avant 1135 (39); la charte de fondation de Montierneuf paraît bien indiquer un massif boisé compris entre la Foye, Usseau, la Charrière et le Cormenier, massif très réduit aujourd'hui, surtout du côté de la Foye et d'Usseau ; l'action des moines a sans doute fort contribué à diminuer l'étendue de ce bois.

Au nord de la forêt de Chizé, l'abbaye de Montierneuf établira un autre prieuré, à Marigny (40). L'abbaye de Saint-Séverin est fondée, dans la forêt même de Chizé, nous dit la chronique de Maillezais (41) ; elle va repousser quelque peu la lisière méridionale de la forêt, tout en installant un prieuré en plein cœur de la forêt, à Villiers-en-Bois, et un autre, à l'ouest, à Saint-Martin-d'Augé (42).

La toponymie nous fournit d'ailleurs deux hameaux appelés les Essards, situés l'un dans la commune de Marigny, l'autre dans la commune de Villiers-en-Bois.

Mais si les plus importantes implantations auprès de la forêt de Chizé sont alors celles des abbayes de Montierneuf de Poitiers et de Saint-Séverin, il faudrait faire état de nombreux autres domaines, églises et prieurés, situés près de la forêt, et relevant d'autres abbayes telles que la Trinité (Secondigné, Villefollet), Sainte-Croix et Sainte-Radegonde (Brieuil-sur-Chizé, les Fosses), et Saint-Cyprien (Doeuil) pour Poitiers, Nieul-sur-L'Autise (Gript), la Trinité de Vendôme (Availles), Fontevrault (les Hermitans), Saint-Jean-d'Angély (Villiers-sur-Chizé), etc. (43).

Il ne paraît pas y avoir eu de défrichements systématiques, si ce n'est, peut-être, du côté du bois de la Foye concédé entièrement à Montierneuf. Les concessions d'usage étaient d'ailleurs toujours limitées au seul bois nécessaire aux besoins quotidiens des églises qui en bénéficiaient. Mais il est bien évident que cette multiplication de domaines ecclésiastiques a largement contribué au déboisement, déboisement qui eut pour effet de grignoter les lisières de la forêt partout où la qualité du sol s'avérait suffisante pour porter des cultures et de la vigne, et notamment à l'est, du côté poitevin.

L'exploitation de la forêt, jusque- là réservée essentiellement aux grands domaines ecclésiastiques, s'amplifie à la fin du XIIe et au début du XIIIe siècle, par la création de villes neuves.

La poussée démographique, si forte alors, provoque l'installation « d'hôtes », classe nouvelle de paysans, bénéficiant d'intéressants avantages destinés à les attirer en de nouveaux points de peuplement, sur des terroirs de valeur moindre que ceux plus anciennement exploités (44).

En un demi-siècle, plusieurs bourgs sont créés, au sud-ouest de la forêt de Chizé, le long de la grande voie qui mène de Niort à Saint-Jean-d'Angély : Belleville, la Cigogne, Villeneuve-la-Comtesse, et, vraisemblablement, la Croix-Comtesse.

Belleville est la première fondation, et c'est sans doute à Henri II et à Aliénor qu'il faut l'attribuer.

Dès le départ un certain nombre de libertés furent attribuées à la ville (45), et si nous ne connaissons pas la charte même de Belleville, nous pourrons du moins en avoir une idée valable lorsque nous analyserons la charte de Villeneuve, puisque cette dernière a été établie sur le modèle de celle de Belleville.

Une charte de la reine Aliénor en faveur de l'abbaye de Fontevrault cite, en 1169, Belleville et la voie royale, via regia, qui mène de Belleville à Chizé, voie disparue dès avant la fin de l'Ancien Régime, puisqu'elle ne figure plus déjà sur la carte de Cassini (46).

Située un peu au sud de Belleville, la Cigogne reçoit vers cette même époque, des « libertés » (47) qu'en 1190 le roi Richard confirme et développe, à l'occasion d'un conflit, en une cour solennelle tenue à Chinon (48).

Les privilèges accordés sont importants : les gens de la Cigogne prendront en la forêt feuillages et bois sec pour se chauffer, et tous les arbres nécessaires à leur usage (omne nemus per radicem ad omne necesse); ils pourront y trouver, pour leur bétail, et des pâturages et du foin; ils pourront chasser les lièvres, les lapins, les loups et toutes bêtes qu'ils pourront tuer avec une flèche; s'ils trouvent des essaims, ils se les approprieront ainsi que l'arbre où ils seront.

A côté de ces larges droits d'usage dans la forêt, les habitants de la Cigogne reçoivent un certain nombre d'autres privilèges : droit de tenir une cour pour juger des conflits qui pourraient surgir entre eux; en cas d'homicide ou de trahison, le coupable devrait se munir de lettres de l'évêque et se rendre auprès du pape pour solliciter son pardon; congé de vendre et d'acheter dans toute l'étendue du comté du Poitou sans payer de droits; libre possession et acquisition de biens meubles et immeubles; exemption de toutes obligations militaires. Les redevances sont minimes en contre-partie de leurs usages en la forêt (49) : un setier de froment chaque année, un repas tous les trois ans (50) au comte ou à son représentant, ainsi qu'à une suite de deux chevaliers, trois écuyers, trois pages, et de l'avoine pour dix chevaux, ce repas étant donné à l'occasion d'une grande chasse dans la forêt, le gibier devant alors revenir aux gens de la Cigogne; si la chasse ne devait pas avoir lieu, il y aurait, à sa place, une redevance de 20 sous; si les chasseurs dépassaient la dizaine, les frais supplémentaires seraient à la charge du comte; enfin si la maison où devait avoir lieu le repas venait à être détruite, le comte donnerait 60 s. t. pour aider à sa réédification.

La fin de la charte réglait un différent au sujet de la possession d'essarts, et on peut penser que ces essarts se situaient entre la Cigogne et la forêt, c'est-à-dire aux environs du village actuel de Boisserolles.

Un grand nombre de chartes du XVe siècle relatives à la Cigogne visent également Boisserolles (51), unissant les droits d'usage de ces deux villages et le premier règlement forestier donne pour Boisserolles les mêmes usages que pour la Cigogne.

Il est vraisemblable de penser à une union assez ancienne, sans doute même remontant à l'époque même de la charte de Richard Cœur de Lion.

Raoul II, seigneur d'Exoudun près de la Motte-Saint-Heraye, n'était qu'un cadet de la puissante famille des Lusignan, mais il s'attacha très jeune à Richard Cœur de Lion et ce fut pour lui la fortune.

Le roi Richard le maria, avant 1194, à une riche héritière, Alix, comtesse d'Eu (52), et c'est probablement de Richard que Raoul d'Exoudun reçut la seigneurie de Chizé et de sa forêt. Si, comme semble bien l'indiquer la teneur de la charte des privilèges de Villeneuve, cette ville a été fondée par Raoul avant son mariage, il faut admettre qu'au moins en 1194 ou avant cette date Raoul avait reçu le territoire où il créa Villeneuve, sinon l'ensemble de la seigneurie de Chizé.

Les libertés et coutumes de Villeneuve, calquées sur celles de Belleville (53), furent confirmées par Aélis, comtesse d'Eu, veuve de Raoul d'Exoudun, en novembre 1235 (54).

Villeneuve avait en effet été donné en douaire à Aélis par son mari et, à la mort de celui-ci, elle en garda la jouissance à ce titre.

La charte de création de Villeneuve accorde des droits d'usage, des franchises, et fixe quelques redevances. Tous les habitants de la ville auront leur plein usage dans la forêt, à l'exception de trois arbres, chêne, hêtre et frêne; toutefois, lorsqu'il s'agira de construire une nouvelle maison, n'importe quel arbre pourra être utilisé, à condition de se le faire délivrer par les forestiers; quiconque coupera alors du bois sans l'accord des forestiers sera passible d'une amende de 5 sous s'il est surpris dans les limites de la forêt; il est interdit de couper du bois, de chasser ou de faire paître des bêtes dans les bosquets (ramei) entourant la ville.

Les habitants de Villeneuve ne seront jugés que dans leur ville, et ils ne pourront être condamnés à une amende supérieure à 5 sous, sauf dans les cas de vol, d'homicide ou de blessure mortelle. Ils seront exempts de taille, d'obligations militaires, de ban, de droit de vente sur leurs porcs. Comme il s'agissait d'une charte destinée à attirer les hôtes, chaque nouvel arrivant devait recevoir une tenure entière et de la terre. En contre-partie, chaque « hôte » paierait 5 sous de cens annuel, moitié à la Saint Jean, moitié à Noël, 4 chapons à la Toussaint, et la onzième gerbe de terrage. Tous les habitants étaient tenus de porter leur pain aux fours du comte à Villeneuve, dans des conditions identiques à celles pratiquées à Belleville. Avec l'assentiment de la communauté des habitants, la comtesse Aélis ajouta à cette charte une tarification des chapons, bœufs, porcs et béliers qui seraient, à l'avenir, vendus au seigneur de Villeneuve.

Les textes nous font défaut pour les deux autres villages régulièrement cités avec les trois précédents : la Croix-Comtesse et Villenouvelle.

Si nous en avions gardé trace, ils nous diraient peut-être que Villenouvelle, placée entre la forêt et Villeneuve, était une dépendance de Villeneuve, comme Boisserolles l'était de la Cigogne, et que la Croix-Comtesse (55) était, dans la progression vers le sud, le long de la voie Niort-Saintes, après Belleville, la Cigogne et Villeneuve, la dernière création de ville de Raoul d'Exoudun et de sa femme.

Un texte du XVe siècle nous rapporte que le comte et sa femme séjournaient avec prédilection dans leur terre de Chizé, et que « pour l'esbatement de la chasse » ils firent faire un édifice fortifié et entouré de douves à Villeneuve et à la Croix-Comtesse, et une salle spacieuse et haute à Belleville en un bois appelé encore au xve siècle « la Salle ».

C'est évidemment à la comtesse Aélis, qui aimait demeurer en cette région de Villeneuve (56), que sont dues les appellations de Villeneuve-la-Comtesse et de la Croix-Comtesse.

Enfin la dernière communauté d'habitants citée au XVe siècle comme ayant des droits d'usage en la forêt est celle de Beauvoir, mais nous n'avons aucun renseignement sur ses origines.

Cet apport nouveau de peuplement contribua largement à la disparition de l'angle sud-ouest de la forêt de Chizé, mais, là aussi, les textes ne font pas état de défrichements systématiques.

Raoul II d'Exoudun mourut à Melle en 1219. La comtesse Aélis mourut à son tour en 1245 à Villeneuve, en un sien lieu appelé la Motte (57).

Peu après leur fils Raoul III disparaissait, laissant de son mariage avec Yolande de Dreux une fille, Marie. La seconde femme de Raoul III, Philippote d'Eu, tutrice de Marie, renouvela l'hommage dû pour Chizé, Melle et Civray, mais dut s'engager à abandonner à Alphonse de Poitiers, sur simple réquisition par lettres patentes, les forteresses de Melle et de Chizé (1246).

Alphonse de Poitiers mit en sa main tous les biens poitevins de l'héritière, au moins pendant les années 1247 et 1248 (58), et ses officiers en perçurent les revenus, après avoir dressé un état du domaine de Chizé qui nous a été conservé et a été publié dans les Archives historiques du Poitou en 1878 (59).

Avant 1249, Louis IX et son frère Alphonse firent épouser à Marie, Alphonse de Brienne, fils de Jean, roi de Jérusalem et empereur de Constantinople.

 Chizé et sa forêt passaient, pour un siècle, dans la maison de Brienne. Une période nouvelle commençait pour la forêt, celle de propriétaires lointains, considérant leur domaine de Chizé comme une source de revenus et une monnaie d'échange, plutôt que comme un patrimoine familial.

Alphonse de Brienne ne parait dans l'administration de Chizé que dans les deux dernières années de sa vie (1268-1270).

 En 1268, le comte Alphonse de Poitiers ordonne à son sénéchal de Poitou de saisir tous les biens des juifs, de faire acquitter sans usure les dettes contractées envers eux et de faire restituer les gages donnés en garantie par les emprunteurs chrétiens. Alphonse de Brienne intervient en faveur des juifs de ses domaines poitevins, et le sénéchal de Poitou est prié de ne pas étendre la mesure aux domaines du comte d'Eu, la règle étant que tout juif appartient au baron sur la terre duquel il réside (60).

En mai 1269, se trouvant à Chizé, Alphonse de Brienne confirme aux prieur et frères de l'aumônerie Saint-Gilles de Surgères leur droit d'usage en la forêt d'Argenson, et précise l'usage de la filiale de Surgères établie au Cormenier : droit de chauffage dans le fief au Forestier, droit d'usage pour la construction, pour l'outillage et pour deux moulins à vent, panage gratuit pour 20 porcs (61).

L'usage de Saint-Etienne-la-Cigogne est confirmé en 1270 (62). Les droits de l'abbaye de Saint-Séverin avaient été confirmés par Raoul III d'Exoudun en 1244 : bois de chauffage pour l'abbaye et son four, libre pâturage et panage et droit général d'usage pour l'abbaye, dans la partie de la forêt appelée le bois d'Essarneron (63).

Mais en 1268 une bande armée força le couvent, dévasta le cloître, le dortoir, l'appartement de l'abbé et les lieux réguliers, s'empara du prieur claustral, du cellérier et de six autres religieux qui furent frappés et maltraités, puis délivra un certain Geoffroy de Gayrande, détenu dans la prison de l'abbaye, et l'emmena avec un cheval, le chariot de l'abbaye, le cocher et une partie du troupeau; les fossés qui clôturaient les blés et vignes de Saint-Séverin furent détériorés; puis ce fut le tour du prieuré Saint-Martin d'Augé, où, de nuit et en armes, une bande rompit les portes, tua le palefroi du prieur, blessa un autre cheval du prieur et enleva la récolte.

Alphonse de Poitiers ordonna aussitôt à son sénéchal de procéder à une enquête (64). Il s'agissait de gens du comte d'Eu qui refusaient à l'abbaye son droit d'usage et de pâturage dans la forêt de Chizé et lui contestaient l'exercice de la haute justice à Saint-Séverin. L'enquête qui se poursuivit jusqu'en 1271 nous apprend que les gens d'Alphonse de Brienne étaient allés fort loin dans leurs excès, puisqu'ils s'étaient attaqués, le glaive tiré, à un chanoine de Saint-Séverin, Jean de La Celle, et qu'ils avaient gravement blessé deux hommes de l'abbaye.

L'abbaye fut rétablie dans tous ses droits d'usage et de justice par les commissaires du comte de Poitou, en une sentence solennelle donnée à Saint-Séverin en juillet 1271 (2).

Jean de Brienne n'a pour ainsi dire pas laissé de trace dans l'administration de Chizé. Nous savons seulement qu'il confirma des droits d'usage de l'aumônerie de Chizé en 1277 (66).

Raoul de Brienne, comte d'Eu, connétable de France, confirme à son tour les droits d'aumônerie de Chizé en 1314, puis l'usage de Villenouvelle en 1327 et du prieuré de Marigny en 1331 (67).

Son fils Raoul II, également connétable, lui succède en 1345, mais il est emmené prisonnier en Angleterre en 1346, et, accusé de trahison à son retour en France, il est décapité en novembre 1350, tandis que ses biens sont confisqués au profit de la couronne. Seuls échappaient à la confiscation les droits assignés en dot à Jeanne de Brienne, fille de Raoul Ier, sur 1.400 arpents de la forêt de Chizé, droits qui conservaient au seigneur de Chizé la suzeraineté et la haute justice et ressort.

Jeanne épousa Gautier VI, comte de Brienne, duc d'Athènes, en 1346. Gautier fut tué à la bataille de Poitiers, et sa veuve se remaria en 1358 à Louis d'Evreux, comte d'Etampes. C'est alors que les 1.400 arpents de bois furent appelés « forêt d'Etampes ». Jeanne mourut sans enfant en 1389, après avoir disposé de ses terres poitevines en faveur de sa cousine Marie de Sully, qui épousa Guy VI de La Trémoïlle (68).

 La vicomtesse Pernelle de Thouars revendiqua l'héritage poitevin de Jeanne de Brienne, et l'accord final passé en Parlement en 1397 lui laissa la terre de Benet et la forêt d'Étampes (69). Après elle, la forêt d'Étampes passa à son neveu et successeur Pierre II d'Amboise (70), puis à la sœur de celui-ci, Pernelle d'Amboise, mariée à Hardouin VIII, baron de Maillé (71). Elle restera dès lors dans la maison de Maillé (72).

Les domaines poitevins confisqués sur Raoul II de Brienne furent donnés par Jean le Bon à son frère Philippe, duc d'Orléans.

Dès lors l'éloignement des seigneurs de Chizé s'accentue encore. Sous son administration, les droits d'usage des habitants de la Brosse-aux-Aymons sont reconnus (73).

 

On ne conserve que la motte castrale de Chizé, qui est un des plus importants châteaux du comté, dès le Xle s..

 

Communication de M. Robert Favreau, Comité des travaux historiques et scientifiques

Histoire sommaire de la ville de Poitiers / par Bélisaire Ledain

 

 

 

 ==> 21 mars 1373 - Comment messire Bertrand de claicquin (Du Guesclin) assiégea la ville et chastel de Chizé

 

Sur la Terre de nos ancêtres du Poitou - Aquitania (LES GRANDES DATES DE L'HISTOIRE DU POITOU )<==.... ....==> Abbaye Saint-Jean de Montierneuf de Poitiers fondée au 11e siècle par Guy-Geoffroy-Guillaume comte de Poitou et duc d’Aquitaine

 


 

Ducs d' Aquitaine et Comtes de Poitou et plus 

L'histoire du Poitou, avant la conquête de Jules-César, était enveloppée dans une nuit profonde : on ne connaît pas même l'ancien nom de cette province qui n'a été appelée Pictia qu'après l'arrivée des Pictones, nation Scytique qu'il ne faut pas confondre avec les Pictes, qui ne vinrent en Poitou que plus de douze cents ans après leurs devanciers (1).

 

(1) L.-F. Alfred MAURY, Les forêts de la Gaule et de l'ancienne France. Aperçu sur leur histoire, leur topographie et la législation qui les a régies, suivi d'un tableau alphabétique des forêts et des bois principaux de l'empire français, Paris, 1867, ch&p. xxi, sur les forêts du Poitou, p. 343-349. Voir infra, p. 165, pour la surface exacte de la forêt. — Chizé, cotl de Brioux, arr. de Niort, Deux-Sèvres.

(2) La forêt de Moulière s'étendait au nord-est de Poitiers, entre la Vienne et le Clain. C'est aujourd'hui une forêt domaniale de 3.435 hectares (six communes de l'çrr. de Poitiers, une de l'arr. de Châtellerault).

(3) Benon, con de Courçon, arr. de La Rochelle, Charente-Maritime; Aulnay, ch.-l. de con, arr. de Saint-Jean-d'Angély, Charente-Maritime; Tusson, con d'Aigre, Charente.

(4) La voie de Mediolanum Santonum à Limonum est indiquée dans l'Itinéraire d'Antonin, où elle apparaît comme la seule grande liaison routière entre Bordeaux et la Loire. Cf. Alb. GRENIER, Manuel d'archéologie gallo-romaine, 2e partie : l'Archéologie du sol, vol. I, Les routes, Paris, Picard, 1934, p. 65, 98, 413414 et cartes (bibliographie locale, p. 413-414).

(5) H. BEAUCHET-FILLEAU, Recherches sur l'étendue des forêts formant les marches communes entre les Santons et les Pictons avant la conquête romaine, dans Bull. de la Soc. de statistique, sciences, lettres et arts du département des DeuxSèvres, t. II, 1874-1875, p. 409-430.

(6) H. BEAUCHET-FILLEAU, Recherches historiques sur Chef-Boutonne., dans Mém. de la Soc. de statistique. des Deux-Sèvres, 3e série, t. I, 1884, p. 16, et Émilien TRAVER, Chizé et sa forêt, Melle [1941], p. 112; ce dernier auteur n'a pas eu connaissance des documents médiévaux proprement forestiers sur Chizé, ce qui limite la portée de son étude. — Saint-Jean-d'Angély, ch.-l. d'arr., CharenteMaritime; — Melle, ch.-l. de con, Deux-Sèvres.

(7) Seliniacum, triens mérovingien du vue siècle; Mariniacus (936), Secundiniacum (962), Chisicum, Chisiacum, Chisec (avant 1025-1026, date de la mort d'Hugues de Lusignan, cf. p. 132, n. 1). Cf. B. LEDAIN, Dictionnaire topographique des Deux-Sèvres., Poitiers, 1902. Sur Séligné, voir F. ARCHAIN, Séligné, étude historique, carte, dans Mémoires de la Soc. hist. et scient. des Deux-Sèvres, t. XII, 1916, p. 3-204. — Séligné et Secondigné, con de Brioux, arr. de Niort; — Marigny, arr de Beauvoir, arr. de Niort, Deux-Sèvres.

(8) Ch. PETIT-DUTAILLIS, De la signification du mot « forêt » à l'époque franque.

Examen critique d'une théorie allemande sur la transition de la propriété collective à la propriété privée, dans Bibliothèque de l'École des chartes, t. LXXVI, 1915, p. 139-140.

(9) R. DE LA COSTE-MESSELIÈRE, Les comtes d'Eu de la maison de Lusignan puis de Brienne, et leurs possessions poitevines de 1200 à 1350. Le destin de ces possessions de 1350 à 1372, communication à la Société historique et scientifique des Deux-Sèvres (1962).

(10) Bibl. niun. Poitiers, Dom Fonteneau, t. XXVII, p. 15. Adèle d'Angleterre était femme d'Èbles II, comte de Poitou. Guillaume Tête d'Étoupe fut comte de Poitou de 935 à 963. Le roi Lothaire confirma en 962 les biens — dont Secondigné — et les privilèges de l'abbaye de la Trinité (Dom Fonteneau, t. XXVII, p. 28 : « damus etiam. cortes duas.; altéra vero cors vocatur Secundiaca, cum capella in honore Sancti Pétri, in pago metulensi. Ji).

(11) Don Fonteneau, t. XIII, p. 67. Ce don est fait par un certain Mainier. Au XIIIe siècle, on constate l'existence d'un prieuré à Villiers, placé sous le patronat de l'abbé de Saint-Jean-d'Angély, et l'église elle-même relève de la grande abbaye saintongeaise (H. BEAUCHET-FILLEAU, Pouillé du diocèse de Poitiers, Niort et Poitiers, 1868, in-4°, p. 432-433. — Villiers-sur-Chizé, con de Brioux, Deux-Sèvres.

(12) voir Louis REDET, Cartulaire de l'abbaye de Saint-Cyprien de Poitiers, dans Archives historiques du Poitou, t. III, 1874. — Dœuil, con de Loulay, arr. de Saint-Jean-d'Angély, Charente-Maritime, faisait partie du ressort de Chizé.

(13) Alfred RICHARD, Histoire des comtes de Poitou, 772-1204, Paris, t. I, p. 161, 164-165. Guillaume le Grand (993-1030).

(14) « Quicquid juris vel consuetudinis », Cartulaire saintongeais de l'abbaye de la Trinité de Vendôme, édité par l'abbé Ch. MÉTAIS, Archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis, t. XXII, 1893, p. 40-43. Cette donation a eu lieu avant 1068, date de la mort de la comtesse Agnès, mais c'est à tort que l'abbé Métais donne comme date 1045-1049, puisque Guy-Geoffroy ne devient comte de Poitou qu'en 1058. — Vendôme, ch.-l. d'arr., Loir-et-Cher; Availles-sur-Chizé, con de Brioux, arr. de Niort, Deux-Sèvres.

(15) Abbé AUBER, L'abbaye de Saint-Séverin au diocèse de Poitiers, dans Bull. monumental, t. XLV, 1879, p. 225-226 : l'église de Saint- Séverin aurait été détruite par les Normands au début du VIIIE siècle. Il semble toutefois difficile de suivre absolument l'abbé Auber, quand il déclare sur la seule similitude du patronage, que « très évidemment» Saint-Séverin était un prieuré de l'abbaye bordelaise du même nom. — Saint-Séverin, con de Loulay, arr. de Saint-Saint-d'Angély, Charente-Maritime.

(16) Jean BESLY, Histoire des comtes de Poictou et ducs de Guyenne, Pans, 1647, p. 347 : « Anno 1069, Monasterium Novum Pictavis incoeptum jussu Gaufredi comitis; monasterium S. Severini canonicorum, in nemore Argenti, et coenobium S. Vincenti, quod Niulium dicitur» (d'après la chronique de Maillezais).

(17) Arch. nat., P 14093, pièce 8726. Cette concession fut faite sous le pontificat de Grégoire VII (1073-1085). La pièce en question est une copie collationnée à l'original au xve siècle ; elle porte au dos : « copie de la chartre de Saint-Séverin, qui n'est point signee ne sellee ».

(18) Cette carte a été reproduite à de multiples reprises. Dom Fonteneau, t. XIX, p. 620, Jean BESLY, op. cit., p. 366; Gallia, t. II, Instr., col. 351; BRUEL, Chartes de Cluny, IV, p. 620; P. GUÉRIN, Arch. hist. du Poitou, t. XXIX, p. 72-76. — La Foye-Monjault et le Cormenier, con de Beauvoir, arr. de Niort, Deux-Sèvres; — Usseau con de Mauzé-sur-le-Mignon, arr. de Niort, Deux-Sèvres. Le bois de la Foye semble avoir dès lors une existence indépendante de celle de la forêt de Chizé.

(19) British Muséum, Add. chart. 11229; Dom Fonteneau, t. XXIV, p. 45. En 1126, Giullaume VII, supprimant des taxes induement levées par ses officiers dans le domaine des Fosses, déclare rétablir la situation qui existait du temps de son père; si la donation avait été faite antérieurement au principat de Guy-Geoffroy, l'abbaye de Sainte-Radegonde eût certainement fait viser la charte de donation établissant ses droits. — Les Fosses, con de Brioux, arr. de Niort, Deux-Sèvres.

(20) Le moyen âge classait parmi les bêtes rouges le cerf, la biche, le daim, le chevreuil et le lièvre, tandis que les bêtes noires, au nombre de cinq, étaient le sanglier, la truie, le loup, le renard et la loutre.

 (21) Suivant M. Redet (Observations, sur les noms de lieux, etc., Poitiers, 1847), il existe dans le seul département de la Vienne trente-neuf localités du nom de Brosse, mot synonyme de broussailles et qui indique plutôt des terrains incultes et couverts d'une maigre végétation que des bois épais et profonds.

(22) Au sud-est de Poitiers, en allant vers Montmorillon, il subsiste encore, sur la rive gauche de la Vienne, une faible partie de la forêt de Dive, qui occupait jadis une très grande étendue.

(23) Pour la forêt de Crossée, nous croyons en retrouver les restes dans les grands bois autour de Ligugé, et une charte de 1107 (faussement cotée 1087 dans Besly, p. 404) nous apprend que Gui-Geoffroi en avait fait l'acquisition de Josselin de Parthenay, archevêque de Bordeaux « sylva quae dicitur Crossea, quae pater meus acquisivit ab archiepiseopo Burdigalensi et clericis ejus. »

(24) En celtique, mor-ven ou vend signifie noires montagnes, et de là est venu le nom de Morvan donné à toute une contrée à l'est de la France. Par un adoucissement de la première syllabe, on a appelé aussi Mervent l'immense forêt dont il subsiste encore une partie autour du village de Vouvant, en Vendee, et qui s'étendait jadis de l'ancienne embouchure de la Sèvre, au sud de Maillezais, jusqu'à la Gâtine du Poitou.

La presque impénébrabilité des forêts primitives leur fit donner cette qualification de noires que nous retrouvons dans tous les pays. Quant au mot montagne, il s'explique par ce passage de Jacques du Fouilloux dans sa Vénerie «La forêt de Merevant est toute en montaignes, vallées et baricaves » (chap. XIX).

 

(25) L'abbaye de Maillezais, ainsi que nous l'avons vu, fut bâtie sur l'emplacement d'un château de chasse des ducs d'Aquitaine, à l'extrémité méridionale de la forêt de Mervent; il en fut de même au centre, plus tard, de l'abbaye de Nieul-sur l'Autise et de celle de Vouvant.

(26) Le château de Chizé était encore intact au XIVe siècle puisqu'il fut assiégé et pris par Duguesclin en 1370.

(27) Du Fouilloux, dans sa Vénerie, parle des cerfs de la forêt de Chizé.

(28) Pauperibus saties, indigus Odo sibi. (Baldrici Dolensis Carmina historica. Ed. Migne, p 193)

(29) « Dominici corporis et sanguinis sacramento ab Odone abbate S. Johannis. Angeriaci percepto. (Fragmentum historia. Etc., p.1216)

(30) « Obitt igitur apud praedictum castrum…..VIII  kal. octobris (24 septembre), Incarnatioms anno 1086, feria quinta. » (id.) On peut voir aussi la Chronique de Vezelay, dans Labbe (Bibli. nova, t. p. 396), la Chronique de Maillezais (ad annum 1086) et la Chronique de Saint-Florent de Saumur, dans la nouvelle publication de M. Marchegay (Chronique d’Anjou, p. 189).

 

(31) Nous avons démontré plus haut que Gui Geoffroi était né vraisemblablement en 1024.

(32) Voir surtout dans le Fragmentum historiae, etc, p126, le passage qui commence par «  Vae nobis qui peccavimus, etc. » : Super comitem Pictavensem édit Migne, p.1194.

(33)D'après Alfred Richard, Histoire des comtes du Poitou, t. Ier, p. 372.

« La sépulture du duc Gui Geoffroy placée à deux pieds (0m 65) de profondeur, au- dessous du sol de l'église de Montierneuf, et restée jusque-là inviolée, fut ouverte, le 8 juillet 1822, en présence d'une Commission présidée par l'évêque.

On y constata que le duc dont la taille était de 1m82 (5 pieds, 5 pouces 1/2) avait été enseveli dans un vêtement de laine noire descendant jusqu'aux chevilles, et que par- dessus celui-ci était un autre vêlement s'arrêtant aux genoux avec capuchon enveloppant la tête, qui parut fort grosse.

Les mains étaient recouvertes de gants, et les pieds chaussés de brodequins pointus à forts talons, en cuir rouge, montant au-dessus de la cheville et lacés sur le cou-de-pied avec des lacets en soie rouge, ornés de pièces de cuir découpées en forme de rosette. Les mains étaient repliées en croix sur la poitrine au- dessous d'elles, se trouvaient deux croix superposées, l'une en cuir de forme ancrée, l'autre placée au-dessus était en étoffe brodée. ) Alfred Richard, Histoire des comtes du Poitou, t. Ier, p. 373.

(34) Cette donation est attribuée à Guillaume VII par son arrière-petit-fils, Richard Cœur-de-Lion, dans une charte de confirmation donnée à Me lie en 1179, et éditée par Paul DE FLEURY, L'aumônerie de Saint-Gilles de Surgères (1105-1447).

Documents tirés des manuscrits de Dom Fonteneau, dans Arch. hist. de la Saintonge et de l'Aunis, t. VI, 1879, p. 11. Il n'est question que de la forêt d'Argençon, mais il s'agit non de la forêt de Benon, comme il l'a été écrit par P. de Fleury, mais de la forêt de Chizé, car le texte d'autres lettres de confirmation de mai 1269, d'une part fait exception, dans ce droit d'usage, pour les « Essarlerons » et les parcs, quartiers réservés de la forêt de Chizé, d'autre part donne le même usage à la maison de Saint-Gilles de Cormenier, près de la forêt de Chizé, filiale de l'aumônerie de Surgères (ibid., p. 16). La donation est confirmée par Othon, duc d'Aquitaine et comte de Poitou, en janvier 1197 (Arch. nat., P 14102, n° 25, copie du xve siècle, qui porte au dos : « Vidimus de l'usage de Cormenier »). — Surgères, ch.-l. de con, arr. de Rochefort, Charente-Maritime.

(35) Paul MARCHEGAY, Notices et pièces historiques sur l'Anjou, l'Aunis et la Saintonge, la Bretagne et le Poitou, Angers-Niort, 1872, in-8°, p. 240-241. Il semble bien qu'il ne faut pas restreindre cet « herbagium » à la seule forêt de Benon, comme le fait Marchegay. En effet, au début du XIIIe siècle, l'abbaye de Fontevrault réclame avec succès l'herbagium à l'aumônerie de Chizé (cf. infra, p. 186, note 4).

(36) Alfr. RICHARD, op. cit., t. II, p. 154, charte éditée par MARCHEGAY, op. cit., p. 246-247 : « calfagium et usagium suum ad domos suas faciendas ». — Les Hermitans, cne de Belleville, con de Beauvoir, Deux-Sèvres; Belleville, con de Beauvoir, arr. de Niort, Deux-Sèvres.

(37) Arch. nat., P 14093, n° 8721 (copie du xve siècle, collationnée au cartulaire).

— Augé, nom de la commune changé en Boisserolles, con de Beauvoir, arr. de Niort, Deux-Sèvres.

(38) Arch. nat., Q1 1527*2, fol. 48 vo, « suum nectesse in ncmore meo quod vocatur Argenson », et Arch. hist. du Poitou, t. VII, p. 123.

(39) Vers 1135, les députés du Saint Siège rendent une sentence au sujet de la prévôté du prieuré de la Foye-Monjault (Dom Fonteneau, t. XIX, p. 207).

(40) Marigny est signalé parmi les églises et biens donnés à Montierneuf, qu'Adrien IV confirme en 1157 (Dom Fonteneau, t. XIX, p. 243).

(41) « In nemore Argenti », cf. supra, p. 132, note 4.

(42) H. BEAUCHET-FILLEAU, Pouillé., p. 202 et 432, et Arch. nat., P 14093, n° 8721. — Villiers-en-Bois, con de Brioux, arr. de Niort, Deux-Sèvres.

(43) Voir principalement H. BEAUCHET-FILLEAU, Pouillé., passim; le même auteur a, dans ses Recherches, déjà citées, sur l'étendue des forêts formant les marches communes., énuméré un certain nombre de domaines ecclésiastiques autour de la grande forêt d'Argenson (op. cit., p. 429). — Villefollet et Brieul-surChizé, con de Brioux-sur-Boutonne, arr. de Niort, Deux-Sèvres; — Nieuil-surl'Autise, con de Saint-Hilaire-des-Loges, arr. de Fontenay-le-Comte, Vendée; — Gript, con de Beauvoir, arr. de Niort, Deux-Sèvres.

(44) Michel DEVÈZE, La vie de la forêt française au XVIe siècle, t. I, Paris, 1961, p. 63 (École pratique des Hautes Études, VIe section. Centre de recherches historiques. Les hommes et la terre, VI).

(45) Vers la mi-XIIIe siècle, l'État du domaine du comte de Poitou à Chizé, publié par A. BARDONNET, dans les Arch. hist. du Poitou, t. VII, 1878, mentionne les M constitutiones libertatum de Bella Villa » (p. 123).

(46) P. MARCHEGAY, op. cit., p. 246-247; la date de 1169 est indiquée par Alfred RICHARD, op. cit., II, p. 154.

(47) Arch. nat., P 14093, n° 8722, et Q1 1527*2, fol. 42 à 43 v° : charte du roi Richard (1189-1199) qui déclare confirmer au clan de Pierre Danins : « libertatem quam antecessores nostri eis contulerunt, ut in ista cartula continetur». La première donation ne semble pas avoir fait l'objet d'un acte écrit. — La Cigogne, cne de Saint-Étienne-la-Cigogne, con de Beauvoir, arr. de Niort, Deux-Sèvres.

(48) Arch. nat., P 14093, n° 8722, copie faite le 20 avril 1489, à la requête des habitants de la Cigogne et de Boisserolles, d'un vidimus écrit en 1434 par le garde du scel aux contrats à Chizé pour le roi; ibid., Q1 1527*2, fol. 42 à 43 v°, transcription du xve siècle, commençant : « S'ensuyt la lectre de la Sigoigne ». La concession est faite à P. Danins, à ses frères et à leurs hoirs. Voir pièce justificative, n° I, p. 200.

(49) « Propter res quas acciperint in forestam. »

(50) La charte dit exactement : « unum convivium infra très annos, convivium est de duobus ferculis, scilicet quamdam ferculum in aqua qua decoctum et aliud assatum 1). L'état du domaine de Chizé du XIIIC siècle dit : « annuatim, unum prandium (Arch. hist. du Poitou, t. VII, p. 140).

(51) Arch. nat., P 14093, pièces 8722, 8723, 8724; Q1 1527*2, fol. 37 v°.

(52) L. DELISLE, Mémoire sur une lettre inédite adressée à la reine Blanche par un habitant de La Rochelle, appendice III, Chronologie historique des comtes d'Eu issus de la maison de Lusignan, dans Bibliothèque de l'École des chartes, 4e série, t. II, 1856, p. 545-555. R. DE LA COSTE-MESSELIÈRE, op. cit., précise que Raoul II porte pour la première fois le titre de comte d'Eu dans un acte du 8 août 1194 (Arch. dép. Vienne, H, Le Pin, I, pièce 2). — La Mothe-Saint-Heraye, arr. de Niort, Deux-Sèvres; Exoudun, con de La Mothe-Saint-Heraye, arr. de Niort.

(53) « Sciendum est quod Nova Villa domini comitis in Argenconio edificata est secundum constitutiones libertatum de Bella Villa » (Arch. hist. du Poitou, t. VII, p. 123; texte repris littéralement par le premier règlement forestier de Chizé au xVe siècle). Il s'agit bien d'une fondation de ville : « quando eamdem villam per consilium hominum suorum primitus stabilivit ». — Villeneuve-la-Comtesse, con de Loulay, arr. de Saint-Jean-d'Angély, Charente-Maritime.

(54) Madeleine DILLAY, Catalogue des chartes de franchises de la France. I. Les Chartes de franchises du Poitou, Paris, 1927, n° 100, p. 69-71, analyse la charte de Villeneuve d'après une copie de Jean Besly, Bibi. nat., Coll. Dupuy, ms. 805, fol. 104. Cette charte a été plusieurs fois copiée au XVE siècle : Arch. nat., P 14102, pièce 22; Q1 1527*2, fol. 40 vo-41 v°; Q1 1527*1, fol. 93-94. Voir, p. 000, pièce justificative n" II.

(55) La Croix-Comtesse est située à un carrefour, et l'on sait que des croix marquaient régulièrement les carrefours des routes médiévales. Dans le censif de Chizé au milieu du XIIIe siècle, La Croix est citée plusieurs fois et une fois seulement sous le nom « Crux Comitisse ». — La Croix-Comtesse, con de Loulay, arr. de SaintJean-d'Angély, Charente-Maritime. — La Cigogne désigna probablement à l'origine, non l'oiseau, mais un pilori. — Villenouvelle, con de Loulay, arr. de Saint-Jeand'Angély, Charente-Maritime.

(56) Arch. nat., P 14102, n° 19, art. 82 (voir, p. 204, pièce justificative n° III).

(57) Bibl. nat., Coll. Du Chesne, ms. 48, vol. 149, cité par L. DELISLE, op. cit., p. 550.

(58) R. DE LA COSTE-MESSELIÈRE, op. cil. — Civray, ch.-l. de con, arr. de Mont morillon, Vienne.

(59) Abel BARDONNET, État du domaine du comte de Poitou à Chizé (XIIIe siècle), dans Arch. hist. du Poitou, t. VII, 1878, p. 73-147, d'après Arch. nat., P 14092 (Titres du duché d'Angoulème).

(60) B. LEDAIN, Histoire d'Alphonse, frère de saint Louis, et du comté de Poitou sous son administration (1241-1271), Poitiers, 1869, in-8°, p. 82, et pièces justif. n° 67, p. 169, et n° 70, p. 171 (d'après Arch. nat., J 319, n° 4, fol. 102 r°-v°).

(61) Dom Fonteneau, t. XXVII ter, p. 597-598, édition P. DE FLEURY, op. cit., p. 16, n° 11 (cf. note 19).

(62) La réformation générale des forests et bois de Sa Majesté de sa province de Poictou, par Messieurs Colbert et Barentin., Poitiers, Jean Fleuriau, 1667, in-fol., p. 22.

(63) Arch. nat., Q1 1527*2, fol. 46-48 vo.

(64) Abbé AUBER, op. cit., p. 231 (traduit à tort « Augé » par « Anget j" qui désignerait le village d'Angle); B. LEDAIN, op. cit., pièce just. n° 78, p. 175.

(65) Arch. nat., P 14093, n° 8723 à 87212.

(66) La réformation générale., p. 7.

(67) Arch. nat., Q1 1527*2, fol. 45 v°, et La réformation générale., p. 22.

(68) Arch. nat., 1 AP 164*, donation faite à Sens le 26 janvier 1389 (n. st.); Jeanne d'Eu mourut à Sens le 6 juillet suivant.

(69) Arch. nat., Xlc 73 b, nos 62 et 63. Paul Guérin a fort bien fait le point sur la succession de Jeanne de Brienne, dans Arch. hist. du Poitou, t. XXVI, 1896, p. 40, note. Voir aussi Arch. nat., P. 14102, n° 19, art. 72-73.

(70) Pierre II d'Amboise mourut en 1422 : Arch. hist. du Poitou, t. XXVI, p. 42, n° 1. Il fait aveu pour la forêt d'Étampes en 1416 et 1418.

(71) Arch. nat., P 14093, n° 87318.

(72) E. TRAVER, Chizé et sa forêt, p. 120, et L. MORERI, Le grand dictionnaire historique., t. VII, p. 69-70, place, parmi, les seigneurs de la forêt d'Étampes, au xve siècle, Pierre de Rohan, seigneur de Gié, maréchal de France. Il avait épousé Françoise de Penhoët, petite-fille d'Hardouin VIII de Maillé. Mais tous les aveux que nous trouvons mentionnés (1444, 1460, 1473, 1482, 1487, 1489, 1491) sont faits par des Maillé, un des Hardouins ou François (Arch. nat., P 1153, fol. 107 r°-v°).

(73) Arch. nat., Q1 1527*2, fol. 49. — La Brousse, cne des Fosses, con de Brioux, arr. de Niort. Deux-Sèvres.