Jean de Rochechouart, sgr d'Yvoi, de Jars, de Malvoisine et de Bréviandes, plus connu dans la suite sous le nom de Jean de Chandenier.

A cette époque, les Larochefoucauld et les Rochechouart étaient-déjà fort en vue; Anne de Chaunay (1), petite fille par sa mère de Guy de la Rochefoucauld, conseiller et chambellan de Charles V, de Charles VI et de Philippe-le-Hardi, pouvait dignement opposer cet ancêtre à l'aïeul de son époux, nommé aussi Jean de Rochechouart, qui avait occupé les mêmes charges près du duc de Berry, frère de Charles V.

Jean de Rochechouart, né en 1414, prit part fort jeune aux dernières luttes contre l'Anglais, gouverneur du château de Chaunay (2), sgr de la Mothe-Champdeniers, de Javarzay et de Tonnay-Charente, en 1450, il se fit remarquer l'année suivante, au siège de Fronsac où Charles VII le créa chevalier.

On le trouve en 1458, à la cour de l'empereur Frédéric III, avec Fenestrange; là tout en servant le, roi, il se ménageait les bonnes grâces du futur héritier du trône en le tenant au courant de sa mission. Comyne nous a conservé une lettre fort remarquable, écrite au dauphin révolté, où il fait un assez triste tableau des pays d'Outre-Rhin (8 juin 1458).

En 1461 Jean de Rochechouart, ou plutôt Jean de Chandenier (3) commandeur de Rhodes (4) repartait de nouveau pour l'Allemagne avec Thierry de Lenoncourt et plusieurs autres seigneurs envoyés à Vienne et chez les divers princes, archevêques et électeurs du Saint-Empire.

 Le principal but de ces légations était de revendiquer le Luxembourg que Charles VII avait acheté à beaux deniers comptants de Guillaume de Saxe, dès 1459, et de contrecarrer l'influence de Philippe-le-Bon (5).

En 1466, Jean de Chandenier était en mission à la cour de Bourgogne avec la Trémoille (6) et l'année suivante Louis XI le créait chambellan (7).

Jean de Chandenier mourut au château de Javarzay, à la fin de 1484 et fut enterré près de sa femme, décédée, dès le 14 juillet 1477, dans l’église Saint-Chartier de Javarzay qui reçut pendant longtemps les dépouilles mortelles des seigneurs de Champdeniers .

 

 

Jean de Chandenier eut quatre enfants d'Anne de Chaunay :

François, seigneur de Champdeniers après son père.

2° Jean, tige des seigneurs de Jars dont les descendants sont aujourd'hui chefs de nom et d'armes c'est-à-dire branche ainée par rapport aux Mortemart.

3° Marguerite, mariée, 1° en 1483 à Jean Cleret, sgr do Mère, premier maître d'hôtel de Louis XI et de Charles VIII, et 2° à Pierre de Foucaud, sgr de la Salle.

4° Catherine, morte célibataire, enterrée à Javarzay.

Descendance illégitime

1° Adrien, bâtard de Rochechouart, prieur de Champdeniers en 1515.

2° Anne de Rochechouart. (P. Anselme et Moréri.)

 

 

 

 Jeanne de Bauçay, Chapelles de Sainte-Anne et Saint-Jean de Bauçay – Légende de sainte Néomaye du Poitou <==... ....==> Tite-Live de Rochechouart ou de la Sorbonne

 

 


 

(1)  Anne de  Chaunay, fille de François de Mothe de Baussay, et de Catherine de Larochefoucauld,.

Une soeur d'Anne de Chaunay, Agnès, fut enlevée de vive force et épousée en 1443, par Jacques Chabot, sgr de Pressigny (paroisse de Maziéres-en-Gatine) et de la Grève. Jacques n'en obtint pas moins des lettres de rémission du rapt de sa femme en 1446. B. FILLEAU. i, p. 574. Dic. Des familles de l’ancien Poitou.

(2) François de Chaunay était fils de Guillaume de Chaunay, qui figure le dernier dans la généalogie que nous avons publiée. V. le Bull. de la Soc. de stat.1-3, 1878, p. 359.

(3) Dans la suite les aînés de la famille prirent le nom de cette terre à la mort de leur père.

(4) Charles VII renouvela les privilèges dont jouissaient en France les chevaliers de Rhodes ou de Jérusalem.

Il fournit au grand maitre de cet ordre un secours de 16,000 ecus, remis au commandeur François-Pierre d'Aubusson, qui devait s'illustrer en 1480 par la célèbre défense de Rhodes. (Vallet de Viriville, Hist. de Charles VII et de son époque.t, II, p. 318.) Il est assez difficile à expliquer comment le grade de commandeur a pu être dévolu à un laïque. C'était sans doute un titre purement honorifique concédé par le grand maître. Comyne dit cependant commandeur de Strasbourg, ce qui semble éveiller l'idée de fonctions nettement définies.

 (5) Vall. de V., 1. c. 431-32.

(6) Œuvres de Duclos, t. III, p. 274. Général comte de Rochechouart. Hist. de la maison de Rochechouart, 2 vol. in-4, Paris, Allard, 1859.

(7) La fin de sa vie est mal connue par suite de la perte du trésor de François de Rochechouart, marquis de Chandenier, décédé en 1696, qui fut le dernier titulaire de notre seigneurie de la famille de Rochechouart. On en retrouve la trace dans le catalogue de la vente des mss. du baron de Joursanvault, (Cat. analytique des archives de M. le baron de J., 2 vol. in-8, Paris, J. Techener, 1838) et dans le cat. mt. de cette importante collection conservé à la bibl. nat., sans que l'acquéreur ait pu être retrouvé. Peut-être ce trésor est-il aux mains des Mortemart. Je me suis vainement enquis à Paris, à Londres et à Bruxelles. Le trésor du marquis de Chandenier est cité par l'historiographe Le Laboureur.