Renaud de Montléon, sac de Limoges 1370 - Assassina Robert de Grantonne, receveur de Poitou pour le prince de Galles (2)

Renaud (1), fils de Guy, seigneur de Touffou, Abain, Nozières, Villars, Cussay, la Grimaudière, Dunière, fut chambellan et maître d'hôtel du roi Charles V et gouverneur de Mirebeau.

Il fut aussi chambellan de Hugues de Lusignan, roi de Chypre, avec lequel il combattit contre les Infidèles.

Le 2 décembre 1342, Hugues en fit son porte-bannière (2).

 

Vinrent la guerre de Cent Ans et ses désastres.

Le Poitou fut occupé par les Anglais à la suite du traité de Brétigny en 1360.

 

La véritable notion du patriotisme français ne devait s'établir que plus tard en 1429, avec Jeanne d'Arc.

A l'exemple de ses voisins, les plus hauts seigneurs de la province, il prêta, le 23 septembre 1361, à Jean Chandos, lieutenant en Poitou pour le roi d'Angleterre, « serment de loyauté pour ce qu'il tient en la châtellenie de Poitiers », s'engageant à servir ce souverain entre Loire et Dordogne « 15 jours et 15 nuits, armé et monté à ses dépens » (3).

Quand la guerre recommença entre la France et l'Angleterre, l'an 1369, il fut l'un des premiers parmi les rares hauts barons poitevins qui se soumirent dès le début à l'autorité de Charles V, et offrit ses services à Jean de France, auquel son frère venait de rendre le comté de Poitou, encore occupé par les Anglais.

Le duc de Berry envoya, en 1370, Renaud de Montléon à Limoges, pour négocier avec Jean de Cros, l'évêque la reddition de la ville au roi de France.

A la date du 15 août 1370, on voit dans le registre de comptes de l'hôtel du duc un don de cent livres tournois à Renaud de Montléon, chevalier, en récompense des services qu'il a faits et fait chaque jour, « en poursuivant certains traités que mond. seigneur a commencés en Limousin » (KK. 251, fol. 26 v°).

 

Le 21 août, c'est la reddition de la ville.

Mais moins d'un mois plus tard (19 septembre 1370), elle fut reprise par les Anglais. Renaud de Montléon s'y trouvait par malheur.

Le Prince noir et son frère Jean de Gand formèrent une armée composée de 1 200 armures, 1 000 archers et 3 000 hommes de pied et prirent la direction de Limoges. Le Prince noir, bien que malade, vint assiéger en personne la cité.

Le Prince Noir fit subir aux Limousins patriotes les plus dures représailles. La cité fut mise à sac destiné à punir ce qu’Édouard de Woodstock considérait comme une trahison.

Il entra, dit Froissard, dans la place, accompagné des princes et chevaliers anglais et aquitains et de :

« pillards à pied qui étaient tout appareillés de mal faire et de courir la ville et d'occire hommes, femmes et enfants, car ainsi leur était-il commandé.

Là eut grand pitié, car hommes, femmes et enfants se jetaient à genoux devant le prince et criaient : « Merci, gentil sire, merci ».

Mais il était si enflammé d'ire que point n'y entendait, ni nul, ni nulle n'était ouï, mais tout mis à l'épée, autant qu'on en trouvait et rencontrait, ceux et celles qui point coupables n'étaient. Il n'est si dur cœur, s'il fut alors à Limoges et s'il se souvint de Dieu, qui ne pleurât tendrement du grand meschef qui était, car plus de 3.000 personnes, hommes, femmes et enfants, y furent tués et décollés cette journée ; Dieu en aie les âmes, car ils furent bien martyrs ! ».

En réalité, une chronique contemporaine de Saint-Martial de Limoges rétablit la vérité : le nombre de victimes ne fut « que » de trois-cents personnes : « En l'an mil CCC LXX a XIX de septembre fut preise et ardude (brûlée) la Citat et meis a mort may de IIIc personas a cause de la rébellion qu'avian fach contre mossen Oudouart, duc d'Aquitaine ».

Le Héraut Chandos précise bien dans son poème que les membres de la garnison installée par les Français étaient au nombre de trois-cents :

Quar la fut Rogier de Beaufort,

Qui de tenir se faisait fort,

Et monsieur Johan de Villemur,

Qui dist qu’il garderait le mur,

Et des gentz d’armes bien III. centz,

Sans les burgeis de par dedenz,

Mais tous y furent mortz ou pris.

 

Froissart a donc fortement exagéré le nombre de victimes du sac (à noter que Froissart n'était pas sur place et qu'il écrivait pour flatter ses protecteurs anglo-flamands et non pour donner un compte rendu des événements).

Une chronique de Limoges, très postérieure à l'événement, indique même le chiffre de 18 000 victimes, ce qui est plus que la population entière de Limoges.

Renaud de Montléon, dans cette bagarre, fut fait prisonnier.

Sa femme, Orable de Preuilly, fille d'Eschivard VI, baron de Preuilly, seigneur, de la Rochepozay, et d'Isabeau de Brizay, s'employa à recueillir son énorme rançon de 3.650 livres ; elles n'hésita pas à se rendre à Mehung-surYèvre pour quêter le duc de Berry : elle obtint du duc de Berry un don de 400 livres pour aider à payer la rançon de son mari. La quittance de cette dame est du 20 juin 1371.

Jean de France fit payer en outre les dépenses et les frais du voyage qu'elle fit pour venir solliciter sa générosité : « A la femme feu Jardin, hostesse de la Fleur de Liz, à Mehun-sur-Yevre, pour les fraiz et despens que ma dame Horable, femme messire Regnaut de Montléon, chevalier, prisonnier des Anglois, a faiz en son hostel par certain temps, en actendant certaine finance que mon dit seigneur lui avoit donnée pour aidier à paier la rançon dud. chevalier, par mandement dud. seigneur et quittance de lad. femme, donné le vendredi après la S. Jacques et S. Christofle CCCLXXI, rendue à court, viii livres tournois » (KK. 251, fol. 09 v°, 86 v°).

 Renaud de Montléon, sac de Limoges 1370 - Assassina Robert de Grantonne, receveur de Poitou pour le prince de Galles (1)

 

Renaud put être libéré au bout de 16 mois, vers décembre 1371.

 A cette époque, il obtint de Charles V des lettres de rémission pour deux écuyers de ses amis, Guillaume de Cercelles, fils d'Aymon de Cercelles, et Guillaume de Cheneroche, qui t par mauvais conseil avoient suivi et conversé moult longuement avec les compaignies, ennemis, pillars, robeurs, maldrieux, estans en nostre royaume .. » et étaient « venuz de nouvel et de très bon cuer à nostre obéissance... » (JJ. 103, nos 6 et 7, fol. 7 v° et 8).

Pendant qu'il était prisonnier, Renaud de Montléon avait été contraint, sous peine de mort, de donner son consentement à la donation nue le roi d'Angleterre fit à Jean d'Angle, chevalier, dit le bâtard d'Angle, de la seigneurie de Touffou.

Jean Ysoré avait fait abandon, à cette occasion, au prince de Galles de certains droits qu'il prétendait avoir sur cette terre. Touffou, estimée à 300 livres de revenu annuel, était, depuis un temps immémorial, le fief principal des seigneurs de Montléon. Aussi Renaud tenait par-dessus tout à rentrer en possession de cet héritage.

 

La même année, 1371, Renaud devint premier chambellan du duc de Berry, avec le titre de grand maître de sa maison.

 Les chambellans, au nombre de 17, étaient les officiers les plus importants de la Chambre du duc, c'est-à-dire du service de sa vie matérielle ; ils étaient spécialement chargés des lits et de la chambre proprement dite.

Cependant Renaud avait failli perdre son fief principal, Touffou : pendant sa captivité, Jean Yzoré, dit Bâtard d'Angle, exploitant la vieille prétention de sa famille sur ce château, avait obtenu du roi d'Angleterre la donation de Touffou en sa faveur. Renaud avait même été contraint, sous menace de mort, de consentir à sa propre dépossession.

 

La remise du pays sous l'obéissance du roi de France lui en facilita les moyens, et Charles V, pour le récompenser de ses services et de ce qu'il avait souffert pour sa cause, lui restitua le domaine paternel,  par lettres de restitution du 10 novembre 1372

Une de ses premières démarches fut d'obtenir du roi des lettres de rémission en faveur de deux de ses amis, Guillaume de Cercelles et Guillaume de Cheneroche, écuyers, qui avaient comme lui passé sous l'occupation au service des Anglais.

C'est dans les lettres de restitution qu'il est dit que Renaud resta seize mois environ prisonnier des Anglais, « où il souffrit moult de misères et de povretés », et que nous avons puisé une partie des détails qui précèdent. Elles ont été publiées par Du Chesne (Hist. gènéal. de la maison des Chasteigners, in-fol., Preuves, p. 113).

Outre la restitution de son fief, Renaud reçut encore en récompense de Jean de Berry la terre de Belhomme, en la paroisse de Lavoux, l'une des nombreuses terres que le prince de Galles avait saisies au profit de son receveur en Poitou, Robert de Grantonne.  (4)

 

Les registres de comptes de l'hôtel du duc de Berry renferment bon nombre de renseignements sur les rapports de Renaud de Montléon avec le comte de Poitou.

 Le 28 octobre 1372, ce prince l'envoie d'Angers à Paris, chargé d'une mission secrète près du roi (KK. 251, fol. 99).

 Le 19 janvier 1373, il reçoit dix francs pour ses frais d'un voyage entrepris pour le duc, de Bourges en Poitou (fol. 100 v°).

Le 14 mai suivant, le duc de Berry lui envoie par messager spécial une lettre datée de Poitiers (fol. 95), et le 12 août une autre dépêche de Saint-Maixent, à Mirebeau, dont il avait été nommé capitaine (fol. 127 v°).

 Un an après, il fut encore chargé d'aller conférer avec le duc d'Anjou, à la Réole, « touchant le fait de messire Thomas de Percy, » qui venait d'être fait prisonnier, et il écrivit, le 8 septembre 1374, à Jean de France, alors à Paris, pour lui rendre compte de sa mission.

Ce voyage dura du 3 août qu'il était parti de Lusignan, au 21 septembre, date de son retour à Poitiers (KK. 252, fol. 28 v°, 37). Ses gages comme maître d'hôtel du duc de Berry figurent sur ce même registre de l'année 1374.

En juillet 1383, sur le point d'aller en Flandre, Renaud fit son testament en la tour d'Abain, son fief mirebalais. Il donnait à sa femme Abain, Nozières et autres lieux.

Il mourut en 1385, laissant un fils et deux filles. L'aînée de celles-ci, appelée Orable comme sa mère, devait épouser en secondes noces, en 1383 ou 1384, Jean de Cramaud, neveu du cardinal Simon de Cramaud, évêque de Poitiers, mariage qui devait par la suite susciter bien des avatars aux légitimes possesseurs de Touffou.

 (1)    Le premier chef de cette maison connu des généalogistes, Guy Ier, fit cession et transport à Philippe III, roi de. France, en juillet 1281, du château et de la baronnie de Montmorillon, moyennant 1,200 livres tournois et en plus cent vingt livres de rente annuelle assises sur différents domaines en Poitou. L'acte original en est conservé dans les layettes du Trésor des chartes, avec la ratification de Luce de Montmorillon, mère de Guy, et autres pièces annexes. (Archives nat., J. 180, nos 26-28, 31-32.)

 Guy Ier avait eu à pourvoir dix enfants, sept fils et trois filles, ce qui explique le morcellement de ses possessions. Son fils aine, Guy II, vendit à son tour le château de Montléon à Gautier de Bruges, évêque de Poitiers, l'an 1295.

  • Ce château était situé à Chauvigny, près de l'église collégiale de Saint-Pierre ; c'était l'un des quatre châteaux historiques de cette ville. 

(2) Voir sur ce personnage : Recueil des documents concernant le Poitou dans les registres de la Chancellerie (Arch. Hist. du Poitou, t. 19, 1888), p. 354.

(3) Bardonnet, Doc. in. sur la Guerre de Cent Ans, p. 117.

Renaud de Montléon, sac de Limoges 1370 - Assassina Robert de Grantonne, receveur de Poitou pour le prince de Galles (3)

 

(4) Château de la Forêt-Nesdeau à Chaix en Vendée

 

Cette gentilhommière abritait Robert de Grantonne, prêtre anglais, receveur du Poitou pour le Prince de Galles. Robert de Grantonne remplace Jehan le Breton

La Forêt - Nédeau fut donnée, le 8 août 1372, à Jean Le Page et à Guillaume Regnault secrétaires de Bertrand Du Guesclin par le duc de Berry.

« Jean, duc de Berry et d'Auvergne, de Poitiers par acte daté de Poitiers le dimanche 8 août 1372, donna à Jean le Page et à Guillaume Regnaut, secrétaires de son très cher et bien amé Bertrand du Guesclin, duc de Molina et connétable de France,

 pour services rendus en la conqueste des pays de Guyenne, Poitou et Saintonge certains manoirs et hébergements, estimés valoir 250 livres de rente annuelle, qui avaient appartenu à feu Robert de Grantonne, en son vivant prêtre, receveur de Poitou pour le prince d'Aquitaine et de Galles, ou que le dit feu messire Robert avait achetés au nom de Guillaume Yves son neveu, fils de sa sœur (Ibid., n' 33, fo 14).

Au XVIe siècle, elle était à la famille Prévost dont les membres étaient seigneurs de Gagemont et du Château d'Olbreuse. Il y eut encore les de la Sicaudiére ...

 

 

 

Novembre 1372

Confirmation des lettres de Du Guesclin, portant donation à Simon La Grappe, écuyer, huissier d'armes du roi, de tous les biens qui avaient appartenu à Robert de Grantonne, prêtre anglais, dans [p. 163] la châtellenie de Fontenay-le-Comte.

  • B AN JJ. 103, n° 341, fol. 167
  • a P. Guérin, Archives historiques du Poitou, 19, p. 162-166

D'après a.

Charles, par la grace de Dieu roy de France. Savoir faisons à tous, presens et avenir, nous avoir veu lettres de nostre amé et feal connestable, contenant la fourme qui s'ensuit :

Bertram Du Guesclin, duc de Mouline, connestable de France, à tous presens et avenir, salut.

Savoir faisons que, en remuneracion des bons et agreables services que nostre bien amé Symon La Grappe, escuier, huissier d'armes [p. 164] du roy monseigneur, a fais au roy mon dit seigneur et à nous, en ces guerres, fait encores de jour en jour et esperons que face ou temps avenir, nous, de nostre certaine science, de grace especial et de l'auctorité et puissance royal à nous atribuée et dont nous usons, à ycellui comme à bien desservi, avons donné et octroié et par la teneur de ces presentes donnons et octroions à heritage perpetuel, pour lui et pour ses hoirs, et pour ceulx qui auront sa cause, toutes et chascunes les choses, tant meubles comme heritages, herbergemens, maisons, terres, vignes, prés, pastures, bois, haies, arbres chargens et non chargens, ayves, estans, garennes, cens, rentes, feages, hommages, justices, juridicions, seignories, comme quelconques autres choses, qui furent mons.

Robert de Grantonne, prestre anglois, sises celles choses en nostre chastellenie de Fontenay le Conte, à avoir et tenir, poursoir et exploicter du dit Symon, de ses hoirs et de ceulx qui auront sa cause, pour en faire dores en avant toute sa plaine volenté, comme de son propre heritage ; les quelles choses estoient confisquées par ce que le dit mons.

Robert de Grantonne a tenu et tient le parti du roy d'Angleterre et de ses adherens, ennemis du roy mon seigneur et de nous.

 Si donnons en mandement aux capitaines, seneschal, procureur et receveur pour nous en la dicte chastellerie, et à chascun d'eulx, si comme à lui appartendra, que le dit Symon ou son procureur pour lui, il mettent en possession et saisine des dictes choses et chascune d'icelles royalment et de fait, et des rentes, drois, proffis et emolumens qui y appartiennent, le facent, seuffrent et laissent joir et user paisiblement et sans contredit, quar ainsi le voulons nous estre fait et au dit Symon le avons octroié et octroions de grace especial, se mestier est, non obstant quelconques dons, graces, ordonnances, mandemens ou deffenses, et lettres de nous empetrées ou à empetrer au contraire.

 

Donné à Surgieres, soubz nostre seel en las de soye et cire [p. 165] vert, pour ce que ce soit ferme chose et estable à tous jours mais, le treziesme jour du mois de septembre l'an mil ccc. lxxii.

Les quelles lettres de nostre dit connestable dessus transcriptes et toutes les choses en ycelles contenues, jusques à la valeur de deux cens livrées de terre annuele à tournois, à l'assiete du dit païs, nous louons, approuvons et de nostre certaine science et grace especial confermons par ces presentes, et les terres et possessions, rentes et revenues dessus dictes, jusques à la valeur de deux cens livres de terre annuele dessus dictes, avecques les biens meubles dessus dis, sans pris et estimacion, avons, pour consideracion des dis services, au dit Simon donné et donnons de nouvel, de nostre grace especial, par ces presentes, se mestier est, à tenir, avoir et possider les dictes terres et possessions et revenues quelconques, jusques à la valeur de deux cens livres de terre annuele et à l'assiete dessus dictes, par le dit Simon, ses hoirs et successeurs et qui d'eulx auront cause perpetuelment, comme leur propre chose.

Si donnons en mandement par ces presentes au seneschal de Poitou et à tous les autres justiciers et officiers de nostre royaume, presens et avenir, si comme à eulx et à chascun d'eulx appartendra et pourra appartenir, en commettant, se mestier est, que le dit Symon ou son procureur pour lui mettent et facent mettre en possession et saisine des dictes terres, possessions et revenues, jusques à la valeur de deux cens livres de terre annuele et à l'assiete du païs, avecques les biens meubles du dit Robert dessus dis, et d'iceulx biens le dit Simon, ses hoirs et successeurs et [p. 166] aiens cause d'iceulx perpetuelment facent et seuffrent joir et user paisiblement, comme de leur propre chose, selon la forme et teneur des lettres de nostre dit connestable et ces presentes, sans leur faire sur ce ne souffrir estre fait aucun empeschement ou destorbier, non obstant quelconques autres dons par nous ou autres à faire des dictes terres, possessions et biens à quelconques autres personnes, ordonnances, mandemens ou deffenses à ce contraires.

Et afin que ce soit ferme chose et estable à tousjours, nous avons fait mettre nostre seel à ces presentes. Sauf en autres choses nostre droit et en toutes l'autrui.

Donné en nostre chastel de Meleun, ou mois de novembre l'an de grace mil trois cens soixante et douze, et de nostre regne le ixe.

Par le roy. T. Hocie.


1 Simon La Grappe n'eut point que les terres situées dans la châtellenie de Fontenay-le-Comte, car, dans une contestation qu'il eut avec Renaud de Montléon, chevalier, au sujet précisément de la possession des biens provenant de Robert de Grantonne, il se dit « ad justum titulum existentem in possessione et saisina plurium locorum, domorum, terrarum, censuum et aliorum hereditagiorum que condam fuerant Roberti de Grandonne, presbyteri de Anglia, et ejus nepotis, apud Sanctum Maxencium et alibi in dicta senescallia Pictavensi. »

 

 A la suite d'une sentence du sénéchal de Poitou, condamnant les prétentions de Simon La Grappe, Jean de la Chaussée, sergent du duc de Berry, lui signifia d'avoir à se dessaisir de ses biens et d'en mettre Renaud en possession.

 

 Il en appela alors au Parlement. Arnaud de Corbie et Etienne de La Grange, présidents en cette cour, furent chargés d'examiner le bien ou le mal fondé de cet appel. Le procureur du duc de Berry prétendait que Simon avait laissé passer trois mois, c'est-à-dire les délais légaux pour interjeter appel, et que la sentence du sénéchal devait être exécutée.

 

Le demandeur s'excusa sur le service du roi à la guerre qui l'avait empêché d'introduire son instance en temps voulu.

 

La cour jugea, le 31 août 1375, que les lettres de relief d'appel produites par l'huissier d'armes du roi étaient bonnes et suffisantes, et que sa cause serait maintenue et examinée au Parlement. Puis, le 13 septembre suivant, les deux présidents ajournèrent à la prochaine session, aux jours du bailliage de Vermandois, bien que les parties ne fussent point de ce pays, Simon La Grappe, huissier d'armes du roi, damoiseau, demandeur, Renaud de Montléon, chevalier, défendeur, Eudes Fouboucher, procureur du comte de Poitou, et enfin Pierre Boschet, conseiller du roi, « qui in locis, domibus, terris, censibus et hereditagiis de quibus superius fit mentio, jus et racionem se habere pretendit » (X1a 24, fol. 100 v° et 288 v°). Nous ne savons comment cette affaire se termina.

 

La dernière trace que nous en ayions trouvée est du 5 décembre 1376.

 

Renaud de Montléon et Pierre Boschet, parce qu'ils étaient « cousins et grans amis, et pour leur amour continuer », convinrent que celui des deux qui obtiendrait arrêt à son profit, serait tenu de payer à l'autre cent francs d'or sur les biens litigieux. La cour autorisa cet accord, le 5 décembre 1376 (X1c 33).

2 Ce quantième semble devoir être rectifié. S'il est ici en toutes lettres, il pouvait fort bien être sur l'acte original en chiffres romains.

 

Le copiste aura lu xiii, alors qu'il y avait xviii. Le siège de Benon auquel Du Guesclin prit part, dura trois jours, du dimanche 12 au mercredi 15 septembre. Immédiatement après, c'est-à-dire le lendemain, il vint assiéger la forteresse de Surgères, opération qui se prolongea jusqu'au 19 septembre, jour de la reddition de cette place. (Ernest Petit, Campagne de Philipe le Hardi (1372), p. 10.)

 

 (abbaye de Maillezais)

 

 

Mars 1390

Confirmation d’une sentence d’absolution rendue par l’official de Maillezais en faveur de Jean Alonneau, de Fontaines, accusé d’avoir assassiné et dévalisé, au mois d’août 1372, Robert de Grantonne, receveur de Poitou pour le prince d’Aquitaine, et de plusieurs crimes de faux.

  • B AN JJ. 138, n° 118, fol. 148 v°
  • a P. Guérin, Archives historiques du Poitou, 21, p. 409-432

D'après a.

Karolus, etc. Notum facimus universis, presentibus pariter et futuris, nos infrascriptas vidisse litteras, quarum tenor sequitur et est talis :

Universis presentes litteras seu presens publicum instrumentum [p. 410] inspecturis et audituris, officialis Malleacensis, commissarius in hac parte à reverendo in Christo patre domino Johanne, Dei et apostolice sedis gratia Malleacensis episcopo, specialiter deputatus, salutem in Domino et fidem indubiam presentibus adhibere.

Noveritis quod, delato apud dictum reverendum patrem et arresto ejusdem et in prisionibus suis detento Johanne Allonnelli1, clerico, parrochiano [p. 411] de Fontanis, Malleacensis diocesis, super eo quod eidem impositum fuerat et opponebatur per nonnullos quod dictus delatus scienter, pensatis insidiis, animo deliberato et ex certo, dampnato proposito, inimico totius humani generis suadente, interfecerat dominum Robertum de Grandonia 2, presbyterum, tunc receptorem comitatus Pictavie pro domino tunc principe Acquitanie, ac furtive et latenter habuerat, ceperat, rapuerat, secum deportaverat minus juste et indebite de bonis mobilibus dicti deffuncti receptoris usque ad valorem decem mille librarum monnete currentis, aut quod ad premissa facienda, perpetranda et committenda, opem, favorem, consilium, auxilium prebuerat et juvamen.

Eciam opponebatur contra ipsum delatum quod ipse minus juste commisit crimen falsi, faciendo et scribendo manu sua propria quoddam protocollum cujusdam littere quictancie per Guillelmum Ferron, clericum, passate domino de Torcio per Guillelmum de Poillé 3, valetum, cujusdam littere obligatorie quam dictus delatus [p. 412] habebat contra dictum dominum de Thorcio de sex centum florenis auri 4 ; eciam quod opponebatur contra dictum delatum, quod ipse minus juste et indebite quamdam litteram falsam fecerat et scripserat, et consignaverat de et super certis contractibus et convencionibus dudum factis inter Johannem Durablea, clericum, ex parte una, et Johannem Theobaldi 5, parrochianum Beate [Marie] de Fontiniaco, ex altera, et in dictis litteris multas clausulas et objectiones viciose et per speciem falsitatis posuerat, ultra materiam contractuum et convencionum hujusmodi, ex quo dictus delatus contraxerat et confecerat et signaverat litteram antedictam in magnum prejudicium dicti Durablea, ob premissa crimen falsi et alias juris penas dampnabiliter incurrendo, sub sigillo venerabilis et discreti viri decani Fontiniaci ; et quod predictus clericus delatus ad premissa facienda consilium prebuerat et juvamen. Dictusque Johannes Allonnea asserens se innocentem et inculpabilem de premissis omnibus et singulis, omnia premissa negavit.

Et prout nostro incumbit officio diligenter omnimodam pro viribus super hoc inquirere veritatem, nollentes eciam, prout tenemur, alicui justiciam denegare, sed eidem delato [p. 413] super hoc volentes apperire et facere justiciam, citari mandavimus et fecimus coram nobis per edicta rectores ecclesiarum parrochialium Beate Marie de Fontiniaco, Sancti Martini de Vado, de Fontanis et de Petocia, diocesis Malleacensis, et primo ad diem primam juridicam post festum beati Xisti6 anno quo dicebatur millesimo cccmo octuagesimo septimo ; item secundo, anno predicto, ad primam diem juridicam post festum beati Dyonisii ; item tercio et peremptorie, anno predicto, coram nobis, ad diem Jovis post festum Omnium Sanctorum ; iterum quarto perhemptorie, anno predicto, coram nobis, ad diem Lune post festum beate Marie Magdalenes ; iterum quinto perhemptorie ex habundanti, coram nobis, quinto et uno perhemptorio pro omnibus, coram nobis, ad diem terciam juridicam mensis septembris anno quo dicebatur millesimo cccmo octuagesimo octavo, nobiles et potentes viros dominum de Thorcio, senescallum Pictavensem, dominum Persevaldum de Culloigne7, castellanum ville et castri Fontiniaci, ac venerabiles viros locumtenentem dicti domini senescalli Pictavensis, Teveninum Gracien 8, procuratorem illustrissimi domini domini, ducis Bitturie et Alvernie, comitis Pictavie, Egidium Brechou 9, valetum, Petrum Rinsant 10, [p. 414] Ramundum Audiart, procuratorem seu substitutum dicti procuratoris, Johannem Coluz, Bretinum Ocquet, Johannem de Foussaio11, servientes dicti domini ducis, Johannem Durablea, clericum, et omnes alios et singulos officiarios brachii secularis et habitatores ville et castri predictorum, et omnes alios et singulos parrochianos et subditos ecclesiarum predictarum, et omnes alios quoscunque publice et in generali, in ecclesiis supradictis, populo ibidem congregato pro divinis audiendis, dicturos, proposituros, denunciaturos vel quicquid dicere, proponere, denunciare vel defferre vellent contra dictum Johannem Allonnea, delatum, in carceribus dicti reverendi patris detentum occasione premissorum, vel ipsum accusare super premissis criminibus seu aliquo eorumdem, si ipsum clericum vellent in aliquo accusari [p. 415] aut se partem facere contra eumdem ; cum insinuatione quod, sive ad dictos dies venirent sive non, nos contra ipsum clericum delatum et cum ipso procederemus via juris, ipsorum citatorum et cujuslibet absentia non obstante.

 Ad quos quidem dies, aut ad aliquem ipsorum, dicti citati vel eorum aliquis non comparuerunt, nec aliquis alius qui aliquid dicere, proponere, denunciare vellent contra dictum Johannem, delatum, aut ipsum in aliquo accusare, vel se partem facere contra ipsum, et quos citatos non comparentes reputavimus contumasses ; ipsaque die tercia die juris mensis septembris predicti, nobis in audiencia nostra Malleacensi, pro tribunali ad jura reddenda sedentibus, dictos sic citatos et non comparentes, et per nos contumaces reputatos, de dicendo, proponendo, denunciando vel defferendo aliquid de premissis contra dictum Johannem, delatum, vel [ipsum] accusando, aut se contra ipsum partem faciendo de cetero, conclusimus via juris.

Et hiis actis, nos officialis Malleacensis predictus, volentes ex nostro mero officio super premissis procedere contra dictum Johannem, delatum, ad rei veritatem sciendum, decrevimus per viam inquisitionis contra ipsum Johannem, delatum, fore procedendum, et eidem articulos dari per venerabilem et discretum virum, Aymericum Radini, clericum, procuratorem dicti domini episcopi et causarum officii curie dicti domini promotoris, et ad dandum eidem Johanni, delato, articulos super premissis et eorum singulis, assigna[vimus] coram nobis diem Jovis post festum beati Andree apostoli anno millesimo cccmo octuagesimo octavo, et ad procedendum ulterius, ut jus esset. Qua die adveniente, dictus procurator eidem Johanni, delato, super factis predictis articulos dedit et obtulit, formam que sequitur continentes :

Coram vobis venerabili et circumspecto viro, domino officiali Malleacensi, commissario domini episcopi Malleacensis ad corrigendum et puniendum crimina, excessus, maleficia et delicta quorumcunque clericorum, dicto episcopo [p. 416] subjectorum, delinquentium in diocesi Malleacensi, articulos infrascriptos dat, dicit et in jure ponit et exhibet quos sibi sufficit de eisdem probare intendi, Aymericus Radini, clericus, procurator et nomine procuratorio dicti domini episcopi, promotor causarum officii curie vestre, contra Johannem Allonelli, de Fontanis, clericum, subditum vestrum, apud vos et curiam vestram delatum, et detentum in carceribus episcopalibus Malleaci, in causa inquisitionis officii, quam idem actor, nomine quo supra, fama publica refferente et super ea facta legitima informatione precedente, habet et prosequitur coram vobis contra dictum delatum, per quem ejus medio juramento petit eisdem articulis et singulariter singulis, remoto quolibet advocato, procuratore, notario et instructore, judicialiter respondere.

Et primo quod à xviii. annis ultimo preteritis citra, deffunctus dominus Robertus de Grandonne, presbyter, tunc receptor Pictavie pro domino Eduardo, olim principe Acquittanie et Envaillie, tempore quo vivebat, confidens de legalitate dicti clerici delati, secum tunc piissime conversantis, et ipse delatus una cum pluribus aliis de villa Fontiniaci Comitis apud Vadum de Veluyre, diocesis Malleacensis, insimul personaliter convenerunt.

Item, quod dictus receptor extunc secum habebat et defferebat jocalia et magnas auri et pecuniarum summas pluraque alia bona mobilia, usque ad valorem triginta millium florenorum vel circa, sciente dicto delato antedicto.

Item, quod ipsis receptore et delato ad invicem declaratis et existentibus in dicto loco de Vado, ac eidem delato prius ibidem per dictum receptorem in custodia traditis auri et argenti jocalibus, pecuniis et bonis mobilibus supradictis, in quadam maleta corii albi, idem clericus delatus, de precepto dicti receptoris, ut eum antecederet et preiret, ascendit et intravit secum ducens et habens in quodam vase predicta bona, arepto remige seu navigio, [p. 417] eundo apud Marantum, distantem per duas leucas à dicto loco de Vado.

Item, quod dictus receptor paulo post ipsum delatum versus dictum Marantum iterum secum tulit, in quodam alio vase ingressus, navigans usque ad primum districtum vocatum bouchaut dicte aque.

Item, quod dicto delato tunc existente quasi ad alium inde sequenter, secundum districtum seu bouchaudum ipsius aque, nonnulli malefactores ignoti, cum quibus idem delatus mortem ipsius receptoris antea scienter, ex certo dampnato proposito et deliberato animo, pensatis insidiis, machinaverat, et conspirationem fecerat occidendi ipsum receptorem, favore et nomine dicti delati, latenter insidiis in dicto bouchaudo, minus juste et indebite, de die invaserunt et insultaverunt, et eum percussis12 lanceis, ensibus et gladiis animose irruentes diversis et duris plagis, ictibus et vulneribus impositis contra, eum inhumaniter insevientes vulneraverunt, ipso delato tunc audiente ipsum receptorem clamantem et vociferantem alta voce in dicto vase : « A la mort ! à la mort ! » quasi mortuum, defectum et post paucos dies deffunctum, et sic homicidium perpetrando, ipsis malefactoribus dare terga conantibus et inde fugientibus metu pene, de mense augusti anno quo dictum fuit Domini millesimo cccmo octogesimo primo13, sedente in Ecclesia sancta Dei sancte recordationis domino Gregorio papa14, et regnante in regno domino Karolo, quondam Francorum rege.

Item, quod idem delatus, tunc associatus pluribus personis [p. 418] et aliquibus Anglicis, familiaribus dicti receptoris, audito clamore et vociferatione, ad eum licet tute reverti potuisset et audivisset ululantem quemdam magnum canem, quem tunc dictus receptor secum habebat, cum non longe ab eo secum navigaret, rediit et de premissis se senciens culpabilem et suspectum, apud Marantum vie festinans applicuit, ubi statim coram officiariis domini dicti loci de Maranto fecit evocari, interrogari et jurari Johannem de Pratis, utrum sciret quod dictus delatus insultationi et morti dicti receptoris ullatenus consentisset.

Item, quod postea dictus receptor infra triduum, occasione premissorum vulnerationis et plagarum ictus expiravit, et ante et post ejus obitum, dictam maletam corii albi ac in ea existentia omnia aliaque et singula bona supradicta, ad ipsum receptorem spectantia, dictus delatus per se vel alium, ejusdem nomine et mandato, et ipso monente et ratum habente, furtive et latenter secum extunc ubi sibi placuit deportavit seu deportare fecit, usque ad valorem supradictum, et in proprios suos usus convertit, et ea indebite contractando apud se habet et detinet, vel per eum factum ut dolose habeat et detineat, sic furtum et latrocinium committendo, et extunc sententias auctoritate conciliorum provincialium et sinodalium contra tales bona clericorum indebite detinentes generaliter latas dampnabiliter incurrendo.

Item, quod dictus delatus dictum homicidium in persona dicti deffuncti receptoris, presbyteri, dampnabiliter ac perperam et inique per dictos malefactores ignotos in dicto loco acoso fieri, perpetrari et committi fecit, seu ob dolum factum, culpa ipsius delati facta, perpetrata, procurata et commissa extitit, aut ad illum faciendum, procurandum, perpetrandum et committendum idem delatus dedit opem, juvamen, consilium et favorem, anno, mense, ac presidente et regnante tunc quibus supra, sic [p. 419] homicidium perpetrando et excommunicationis sentenciam auctoritate sacri canonis « si quis suadenter dampnabiliter… » incurrendo.

Item, quod dictus delatus dictum homicidium ratum et gratum habuit, tanquam ab ipso gestum ejusque nomine perpetratum, loco, anno, presidente et regnante quibus supra.

Item, dicit et probare intendit dictus actor, nomine quo supra, quod dictus reus aliàs, per se vel per alium ejus nomine et mandato, et ipse monente et ratum habente, promisit reddere et restituere nobili et potenti viro domino Reginaldo de Vivonna, domino de Thors15, unam litteram obligatoriam, facientem mentionem de sex centum denariis auri vocatis Guiennois, de cugno regis Anglie, in quibus idem dominus de Thors dicto reo erat et fuerat obligatus, ad ipsum dominum de Thors et suos quictandum perpetuo de totali summa auri supradicta.

Item, quod dictus reus debebat et tenebatur, et promisit dictam quiptanciam passare in manibus Guillelmi Ferron, jurati et notarii curie illustrissimi principis domini ducis Bitturie et Alvernie, comitis Pictavensis.

Item, quod dictus reus coram dicto notario passavit quiptanciam, [p. 420] seu aliàs se tenuit de dicta summa pro contento.

Item, quod dictus reus, sciens dictum notarium esse simplicem et non cautelosum, volens eum decipere blandis sermonibus, sibi dicit quod ipsemet reus faceret minutam dicte quictancie in bona forma, ad exhonerandum ipsum notarium de labore scripture.

Item, quod dictus notarius, confidens de probitate et legalitate dicti rei, consentiit quod super hoc faceret proto[col]lum, facti sustancia non mutata.

Item, quod dictus reus fecit et scripsit, propria sua manu, protocollum scienter sub dolo et fraudulenter admisit facere mentionem de dicta quictancia in dicto protocollo, cujus tenor sequitur sub hiis verbis :

« Le xxe jour du moys d’aoust l’an mil ccc. iiiixx un, monseigneur Regnault de Vivonne, seigneur de Thors, congneut et confessa avoir eu et receu de Guillaume de Poillé, valet, une lettre obligatoire en laquelle estoit contenu que le dit seigneur de Thors estoit tenu et obligié à rendre et paier à Jehan Allonnea six cens deniers d’or, appelez Guyennoys coronnez, du coing du roy d’Angleterre, par certaines causes justes contenues en ladicte obligacion, et la quelle obligacion ledit Guillaume de Poillé avoit promis rendre et bailler au dit sire de Thors, par la foy et serement de son corps, et en avoit donné lettre et obligation soubz le scelle du Chastellet de Paris.

Obligeant, etc. Renunçant, etc. Promettant, etc.

Et en fu jugé par le juge de la cour du seel establi à Fontenay aus contraus, par Guillaume Ferron, clerc, juré et notaire de la dicte court, presens à ceu Guillaume Rataut16, [p. 421] Pierre Canterea, Jehan Poussart17, le chastellain de Saint Maixent. »

Item, quod postmodum dictus reus de interesse et anno supradictis, ac presidente in Ecclesia sancta Dei et regnante in regno Francie tunc quibus nunc, ipse reus apud Fontiniacum Comitis dictum protocollum eidem notario tradidit, dicens veritatem omnimodam contineri et esse in bona forma et materia ordinatum, undeque notarium requisivit et rogavit quod inde faceret et consignaret litteram ottentiquam, originalis dupplicatam partibus antedictis.

Item, quod dictus notarius, consilio suorum amicorum avisatus, percepit quod dictum prothocollum veritatem non continebat, postquam de dicta quictancia in eo nulla mentio facta erat, et ob hoc cognoscens fraudem et dolum dicti rei, ipse notarius inde litteram non confecit nec signavit.

Item, quod per dictum reum non stetit quin dictus notarius inde litteram consignasset, ut efficacem seu utiliorem obligationem dictus reus haberet erga dictum dominum de Thorcio de dicta summa, inde litteram ab ipso notario signari [faciendo], quodque non erat intentio ipsius rei quod [p. 422] dictus dominus de Thorcio de dicta auri summa quictus esset, sic fraudem et dolum dampnabiliter committendo et nittendo dolose decipere notarium antedictum.

Item, quod premissa omnia et singula supradicta sunt vera, publica, notoria et manifesta.

Item, quod ea dictus delatus aliàs pluries confessus fuit competenter esse vera.

Item, quod de et super premissis omnibus et singulis contra ipsum delatum labor[abat] et laborat in parrochiis Sancti Martini de Vado, de Fontiniaco, de Fontanis et locis circumvicinis publica vox et fama, et communis oppinio credulitatis et assercio plurimorum.

Item, quod de et super premissis omnibus et singulis fuit et est dictus delatus, apud bonos et graves, in parrochiis et locis supradictis palam, publice, manifeste et notorie diffamatus.

Item, dicit et probare intendit dictus actor, nomine quo supra, quod dictus clericus delatus jam diu fuit et est creatus notarius et juratus curie venerabilis viri decani Fontiniaci Comitis, judicis inferioris vestri.

Item, quod quando dictus reus fuit creatus notarius et juratus curie dicti decanatus, ipse reus inter cetera corporaliter prestitit juramentum, in manibus illius decani, recipiendi potestatem habentis, quod dictum notarii et jurati officium bene et fideliter exerceret ; item, quod in conficiendo aliquam litteram vel aliquod instrumentum privatum, sub sigillis ipsius decanatus, super contractibus inter partes coram eo contrahentes inhitis et per eum passatis, nil adderet vel mutaret sine auctoritate cujuslibet dictorum contrahencium quod facti substanciam aut materiam immutaret.

Item, quod dudum fuit inter Johannem Theobaldi et Johannem Durablea materia questionis, occasione cujusdam domus, virgulti et suarum pertinentiarum, que quondam fuerunt dicti Johannis de Chassay, sitarum in logiis Fontiniaci [p. 423] Comitis, que dicebat dictus Johannes Theobaldi ad eum pertinere et jus servitutis sibi competere hauriendi aquam in puteo sito in viridario dicti Durablea, contiguo ex uno latere domui, virgultis et pertinentiis supradictis.

Item, quod de et super questione hujusmodi et nonnullis debatis, pro quibus erat mota discordia seu controversia inter ipsas partes, occasione et nomine domus, virgulti et viridarii et pertinentiarum eorumden, super certis proprietatibus, possessionibus, franchisiis et libertatibus à dictis partibus contra alterutram allegatis hinc et inde, de ipsarum partium communi consensu ad invicem contrahencium, in manibus rei predicti notarii et jurati pacifficatum extitit et amicabiliter concordatum.

Item, quod de et super contractu, concordia seu accordo predictis idem reus, super hoc requisitus, litteram passavit sub sigillo supradicto et inde fecit, scripsit, edidit et consignavit propria sua manu in papiro quendam protocollum, in se continentem omnem substanciam et materiam contractus, accordi et concordie predictorum, sub data diei Veneris in vigilia beati Eutropii18 anno quo dictum fuit millesimo cccmo octogesimo quarto ultimo revoluti.

Item, quod dictus clericus delatus ex et de dicto prothocollo, prout voluit, duas litteras originales ordinavit, confecit, scripsit scienter et signavit manu sua propria, ut notarius et juratus dicte curie ipsius decani, et sub sigillo predicto fecit et procuravit sigillari, quarum unam dicto Johanni Theobaldi et aliam dicto Durablea, ipsius rei signo manuali signatas et sigillo predicto sigillatas, tradidit, sub data diei, jam predictorum indices et conformes.

Item, quod dictus reus reddendo et restituendo dictis partibus litteras predictas, asseruit in singulis earum clausulis et capitulis veritatem omnimodam contineri.

[p. 424] Item, quod in littera, ut prefertur, dicto Durablea ab ipso reo tradita, et protocollo predictis aliàs coram vobis, domino officiario predicto, judicialiter in causa hujusmodi exhibitionis et sponte recognovit per dictum reum fuisse confectum, ad quos se referens et quorum tenores idem actor petit et vult hic haberi pro insertis et expressis, ex ipsis clare patet et est manifesta contrarietas in materia et substancia dictorum contractuum, magno dampno et prejudicio dicti Durabelli.

Item, quod in dicto protocollo hec clausula inter cetera : « Le dit Thebault sera tenuz de mettre la moitié en chenaux neccessaires pour recoillir les agoz des dictes maisons, et fera beans mur commun, et seront tenuz de les tenir par commun, et les dictes chenaux. »

Item, quod dictus reus scienter et animo deliberato et ex certo proposito, die et anno predicto tunc quibus nunc, presidente in Ecclesia sancta Dei sanctissimo in Christo patre domino Clemente, divina providencia papa septimo19, et regnante in regno Francie domino nostro domino Karolo, Dei gracia Francorum rege moderno, in diocesi Malleacensi, vicium falcitatis excercendo in dictis triginta (sic) litteris posuit fraudulenter et conscripsit, perperam et inique inter cetera committendo, in hac materia et substancia dicti prothocolli, quod, si eveniret quod opporteret fieri canalia pro recipiendo decursum aquarum labantium, dictus Durablea dicta canalia fieri faceret, prout clausula super hoc confecta, contenta in dicta littera ipsius Durablea, seriosius continetur sub hiis verbis : « Se il avenoit que il convenist faire chenaux pour recevoir l’agouz, le dit Durablea le feroit faire, et le dit Thibaut ou ceulx qui auront sa cause seront tenuz à y contribuer de la moitié de ceu qu’elles auront cousté, sanz aucun contredit, et sera beans le dit [p. 425] mur entre les dictes parties, et seront tenuz de le tenir par commun, et les dictes chenaulx ; » de quibus faciendis dicto Durablea pro textu dicte littere falso imponitur servitus, in ipsius Durablea detrimentum non modicum et gravamen, presertim in dicto protocollo liqueat, evidenter ubi patet falsitas, facilius super hoc deprehendi, sic crimen falsi committendo, et alias juris penas contra tales presumptores latas et dampnum incurrendo.

Item, quod super articulo contento in dicto protocollo qui sic incipit : « Et en cas ou le dit Thebault vouldroit alssier20 son dit logis à mur, etc. », post dicta vocabula « le dit Thebault », dictus reus in prejudicium dicti Durablea posuit in dicta littera et adjecit : « ou les siens », de quibus verbis respectivis dicti Theobaldi in dicto protocollo non cavetur.

Item, quod in eodem protocollo sequitur alius articulus, qui talis est : « Item ou verger tenant à la dicte maison, le dit Durablea est tenus de retraire devers le bout de dessous le palen21, ainsi comme il marque par bonnes genz. » Post que verba idem reus subjunxit in dicta littera hec verba : « par ceu que eulx l’avoient assis trop plus avant sur l’eritage du dit Thibaut, que eulx ne devoient ne ne poveoient », de quibus verbis ultimis dictum protocollum non facit mentionem aliquam.

Item, in articulo in dicto protocollo et littera predictis, qui sic incipit : « Item, au dessus du dit vergier en quoy le dit Durablea a son issue », ad quem articulum se refert dictus actor et hic petit et haberi vult pro inserto et expresso, constat evidens contrarietas et diversitas, per quas in materia contrariantur ad invicem protocollum et littera supradicta.

Item, quod idem reus suo ausu temerario, diabolo suadente, [p. 426] in dampnum et lesionem dicti Durablea, adjecit in dicta littera quod dictus Theobaldus aquam exhaustam in puteo dicti Durablea declarato in dicto protocollo et littera predictis, poterit defferre quod sibi utile videbitur per viridarium et domum dicti Durablea, de qua aqua deferenda seu portanda in dicto protocollo aliqualis mentio non habitur, et ob hoc dictus reus substantiam et materiam dicti contractus mutasse testatur, et in hoc falsitatis vicium commisit.

Item, quod premissa omnia et singula sunt vera, publica, notoria et manifesta.

Item, quod ea omnia et singula premissa confessus fuit dictus reus pluries et competenter esse vera.

Item, quod de et super premissis omnibus et singulis fuit et est dictus reus apud bonos et graves palam, publice, notorie et manifeste, in villa Fontiniaci Comitis et locis circumvicinis, diffamatus.

Item, quod contra dictum reum de et super premissis omnibus et singulis, dictum crimen falsi tangentibus, laboraverunt et laborant communis oppinio et assercio et credulitas plurimorum, ac publica vox et fama, quare cum talia crimina, maleficia, excessus et delicta non debeant sub dissimulationis negletu conniventibus oculis impunita remanere, petit dictus procurator et promotor, actor nomine quo supra, per vos dominum officialem, commissarium prefatum, vestrum officium in his in quibus potest et debet, humiliter implorando et promovendo quod predictis criminibus, maleficiis, excessibus et delictis, singula singulis referendo, ab ipso clerico delato, ut prefertur, perpetratis et commissis, eundem clericum delatum pronunciari, decrevi et declarari homicidam, furem, latronem, falsarium, et excommunicationis sentencias auctoritate sacri canonis incurisse, homicidium, furtum, latrocinium et crimen falsi commisisse et exercuisse vicium falsitatis, et sic declaratum tanquam homicidam, furem, latronem, parjurium et [p. 427] infamem in dictis carceribus detrusum fore et detrudi, ac condempnandum fore et condempnari ad perpetuam ibidem penitanciam peragendam cum pane doloris et aqua tristicie, ut commissa deleat et ceteris transeat in exemplum, prout factorum qualitates exigunt et requirunt, secundum canonicas xanctiones, remediis opportunis, causis et rationibus quibus supra, maxime cum premissa omnia et singula sunt vera, publica, notoria et manifesta, eaque dictus delatus clericus aliàs confessus fuit pluries et competenter esse vera.

Protestans dictus procurator et promotor, actor nomine quo supra, de addendo, corrigendo, diminuendo, specificando latius et clarius declarando, et alios graviores articulos, si opus fuerit, dando, loco et tempore opportunis, prout sibi et suo consilio videbitur expedire, et quod non astringit se ad omnia et singula premissa probanda, sed solum ad ea que sibi sufficient de premissis, et quathenus probaverit, eathenus obtinere desiderat in petitis.

Quibus articulis hodie in scriptis datis, est assignata ipsis partibus coram vobis die Jovis post festum beati Andree22 apostoli, ad respondendum peremptorie et personaliter, deliberate et consulte, ex parte dicti rei, hujusmodi articulis et ad procedendum ulterius in dicta causa inter ipsas partes, prout fuerit racionis. Datum die xxim mensis augusti anno Domini millesimo ccc° octogesimo octavo.

Quibus articulis sic datis respondit dictus Johannes Allonnea, delatus, cum protestatione quod predicti articuli omnes et singuli non procedant quovismodo, peccantes in materia et in forma, et de ipsis articulis et eorum quolibet impunando, tociens quociens fuerit opportunum, et de opponando et proponendo quocienscunque contra, et de opponendo et proponendo factum contrarium, parte adversa in contrarium protestante, litem contestando narratam [p. 428] in dictis articulis et eorum quolibet, prout narrantur et articulantur, vera non esse, et petita sive articulata contra ipsum delatum fieri non debere, ac excipiendo sive repplicando ; dictus Johannes delatus dixit et proposuit, per modum facti contrarii, ad sui defencionem, ad justificationes et innocencias in causa inquisitionis predicte, quod ipse Johannes Allonnelli, clericus, de contentis omnibus et singulis in predictis articulis est inculpabilis et innocens, et talis persona et homo bone fame, bone vite et conversationis honeste, nulloque crimine irretitus, et pro tali habitus et reputatus apud bonos et graves, et pro tali se gessit et habetur in omnibus locis in quibus dictus Johannes conversatus est. Que negavit dictus procurator dicti domini episcopi. Et sic super premissis, ut decuit, lite legitime contestata juratoque de calumnia et de veritate dicenda super factis hinc inde propositis, in causa predicta, à partibus predictis, coram nobis productis pluribus testibus hinc et inde, videlicet à parte dicti procuratoris super articulis pro parte ipsius datis, et eciam pro parte ipsius delati, ad probandum bonam famam suam et alia per ipsum proposita ad ipsius innocenciam ostendendam, receptis, juratis, dictis partibus presentibus et diligenter examinatis, et eorum deposicionibus in scriptis redactis, et postmodum attestacionibus dictorum testium, de consensu partium predictarum, publicatis et pro publicis habitis, et decreto per nos fieri copiam de eisdem partibus supradictis hinc et inde, conclusoque et renunciato hinc et inde, in causa predicta, à partibus antedictis pluribusque aliis processibus in dicta causa factis ; tandem inter ceteras dierum assignaciones, ipsis partibus diem Veneris post festum apostolorum Simonis et Jude23 et ante festum Omnium Sanctorum duximus assignandum, ad faciendum jus et diffiniendum per nos in dicta causa, si posset in ea commode diffiniri.

[p. 429] Quo die Veneris adveniente, nobis ad jura reddenda loco solito, videlicet in officialatu et audiencia nostra publica Malleaci, sedentibus pro tribunali, de causa hujusmodi et aliis ordinariis generaliter cognoscendo, constitutis et comparentibus personaliter in jure, coram nobis domino Petro Rocherii, presbytero, procuratore substituto causarum officii curie predicte domini episcopi, pro dicto venerabili viro Aymerico Radini, clerico, procuratore supradicto, litteratorie destinato, ex parte una, et dicto Johanne Allonnelli clerico, delato, ex altera, petentibus per nos diffiniri et jus fieri in causa superius declarata.

Nos vero Officialis Malleacensis, commissarius predictus, visis et diligenter inspectis processibus et meritis dicte cause, habitaque diligenti et matura deliberatione cum peritis, nichil de contingentibus obmittentes, quia tamen, juxta aliquorum vulgi opinionem, videtur dictus Johannes super premissis aliqualiter diffamatus, ut invenimus, nos sibi super objectis criminibus hujusmodi purgacionem canonicam cum duodecima manu sui ordinis, sive majoris, duximus indicendam, quam quidem purgacionem eadem die obtulit et prestitit forma juris, et ad ipsam complendam dominum Petrum de Fordesio, Johannem Riguelli, rectores ecclesiarum parrochialium de Campeniaco in Maresiis et de Fontanis, Johannem Penardi, presbyteros, Michaelem Massé, Johannem Pageraudi24, Johannem Brissoni, Guillelmi Rodeti, Nicolaum Poilivelli, Johannem Beraudi25, Guillelmum Girardi, Guillelmun Barberii et [p. 430] Johannem Giboin, clericos suos, compurgatores in premissis produxit ibidem coram nobis, quos quidem sic productos recepimus et jurari fecimus forma juris. Et hiis actis, ad ferendum et reddendum nostram diffinitivam sentenciam processimus in hunc modum :

In Dei nomine, amen. Cum Johannes Allonnelli clericus, delatus, fuerit ob suspicionem nonnullorum criminum, videlicet mortis domini Roberti de Grandonne, bonorum suorum detrucionem seu sustractionem, dudum Pictavie regis Anglie receptoris, necnon ob suspicionem criminis falsi in litteris contractus, inter Johannem Theobaldi et Johannem Durabelli inhiti et per ipsum passati, commissi, ac eciam in quadam littera quictancie tangentis dominum de Thorcio, manu sua scripta, et per Guillelmum Ferron passata, racione quorum criminum fuit hodie dicto clerico cum duodecima manu indicta per nos purgacio, quam secundum formam juris prestitit et debite implevit. Ideo nomine Domini invocato, inspecta diligenter inquisitione super hoc habita, consideratis considerandis, habitoque consilio cum peritis in hiis scriptis, per nostram diffinitivam sentenciam à predictis casibus sive criminibus ipsum delatum absolvimus et pro absoluto habemus, et procuratori domini mei Malleacensis episcopi silencium perpetuum imponimus per presentes. In quorum omnium et singulorum fidem, has presentes seu presens publicum instrumentum hujusmodi, nostram diffinitivam sentenciam continentes, per notarium publicum infrascriptum scribi, publicari, in hanc publicam formam redegi, sigillique curie nostre fecimus et mandavimus appensione muniri. Datum et actum anno Incarnationis dominice millesimo ccc. octogesimo nono, indicione decima tercia, dicta die Veneris post festum apostolorum Symonis et Jude, antepenultima mensis octobris, loco solito, videlicet in domo audiencie nostre Malleaci, nobis ibidem ad jura reddenda pro tribunali sedentibus, de causa hujusmodi et aliis causis [p. 431] ordinariis dicte curie nostre generaliter cognoscendo, hora prime vel circa, pontificatus sanctissimi in Christo patris et domini nostri domini Clementis divina providentia pape septimi anno undecimo, presentibus venerabilibus et discretis viris magistris Johanne Artaudi, in legibus licenciato, Guillelmo Barbelli, notario apostolico publico, fratribus Petro Racodeti26, armario ecclesie Malleacensis et procuratore capituli ejusdem ecclesie, Petro Pontoys, priore prioratus Sancte Cristine, Petro Bienavant, presbytero, rectore ecclesie Sancti Petri Veteris, Johanne Basini, scutifero, Bitturicensis, Malleacensis et Lucionensis diocesum, testibus ad premissa vocatis specialiter et rogatis.

Quas siquidem litteras, ac omnia et singula in eis contenta, ratas et gratas habentes, eos et ea volumus, laudamus, approbamus et de gracia speciali auctoritateque nostra regia, in quantum rite et juste acta fuerunt et in rem transierunt judicatam, tenore presentium confirmamus. Dantes harum serie in mandatis universis justiciariis nostris, presentibus et futuris, vel eorum loca tenentibus, et cuilibet ipsorum, prout ad eum pertinuerit, quatinus dictum Johannem Allonnelli, in preinsertis litteris nominatum, nostra presenti gratia et confirmacione uti pacifice faciant et gaudere, ipsum in contrarium nullatenus molestando, nec à quoquam molestari permittendo, nunc vel [p. 432] in futurum. Quod ut firmum et stabile perpetuo perseveret, nostrum presentibus litteris fecimus apponi sigillum. Jure nostro et alieno in omnibus semper salvo. Datum Parisius, mense marcii anno Domini millesimo cccmo octogesimo nono, regni vero nostri decimo.

Per regem, ad relacionem consilii. G. Guingant.


Un évêque ne devait commettre qu’un seul official dans don diocèses.

 

 

1 Les noms de Jean Alonneau et de plusieurs autres membres de cette famille du Bas-Poitou se rencontrent dans divers textes de la fin du xive siècle. Pierre Joubert, écuyer, seigneur de Brillouet, avait légué 100 sous de rente sur les revenus de cette terre à Catherine Alonneau, fille de Jean Alonneau, pour l’aider à se marier. Après la mort de Pierre Joubert, un différend s’étant élevé entre ses héritiers, ses biens furent mis sous la main du roi, et le 18 mars 1377, mandement fut adressé à l’administrateur de Brillouet d’avoir à payer cette rente. (Arch. nat., X1a 26, fol. 41).

Voici trois autres actes contemporains relatifs à un Jean Alonneau, qui pourrait bien ne faire qu’une seule et même personne avec l’accusé du meurtre de Robert de Grantonne. Malheureusement ces pièces ne sont pas très explicites.

 

 Jean Alonneau et Jean Thiébaut, pour certaines sommes et arrérages qui leur étaient dus, avaient fait saisir certains héritages de feu Pierre Virole, que tenait alors maître Jean Girard, lesdits héritages situés à l’Hermenault. Puis les parties consentirent à s’en rapporter au jugement d’arbitres et choisirent pour les mettre d’accord l’archiprêtre d’Ardin, et Pierre Mignot, sénéchal de Fontenay-le-Comte ; cette convention fut ratifiée par le Parlement, le 10 juin 1376 (X1c 32).

Dans la seconde affaire, Jean Alonneau était appelant devant la cour d’un décret de prise de corps obtenu contre lui, « pour cause de certains cas à lui imposez » par Pierre de Saint-Gilles, Gillet-Berchou, sieur du Puiset, Guillaume Robert et Simon Pageraut, pour lors prévôt de Fontenay-le-Comte pour le duc de Berry.

Depuis cet appel et bien qu’il eût été dûment relevé et poursuivi, Alonneau fut pris par Guillaume Robert et amené sur un cheval prisonnier audit lieu de Fontenay, ceux qui le conduisaient disant « qu’il le rendroient mort ou vif à Poitiers. »

Par une transaction intervenue et homologuée le 6 juin 1388, il fut décidé que l’appel serait mis à néant sans amende et sans dépens, et que délivrance de sa personne et de ses biens saisis serait accordée à Alonneau, à condition qu’il se présenterait devant le sénéchal de Poitou ou son lieutenant, aux prochaines assises de Fontenay qui devaient se tenir après la Saint-Rémy de ladite année (X1c 56).

Ne s’agissait-il pas déjà de l’affaire d’assassinat sur le receveur du prince de Galles ? Il se pourrait que la justice séculière en ait été saisie d’abord, puis qu’elle ait été obligée de reconnaître le privilège de cléricature de l’accusé et de le renvoyer devant le juge ecclésiastique. Les dates concordent bien et se prêtent facilement à cette hypothèse.

Quoi qu’il en soit, Jean Alonneau n’en avait pas fini de ses démêlés avec les tribunaux. Au commencement de l’année 1390 n.s., il était de nouveau appelant au Parlement de « certaine ordonnance, mandement ou commission, exploiz et autres griefz à lui faiz », au profit du procureur du duc de Berry par Jean Langlois, receveur dudit prince et son commissaire en Poitou, et par Pierre Maynart, sergent du roi, député par ledit Langlois, « pour raison de certaine dette que le procureur dudit duc maintenoit ledit Alonneau devoir et estre tenuz envers ledit seigneur. » Cet appel fut encore mis à néant sans amende ni dépens, du consentement d’Alonneau qui s’engagea à payer au duc ou à son receveur ce qu’il lui redevait, aussitôt qu’il serait retourné dans son pays, accord homologué le 21 mars 1390 n.s. (X1c 60).

Une Berthomée Alonneau, dont on ne connaît pas les liens de parenté avec Jean, était mariée vers cette époque avec Jean Goyon qui, à cause d’elle, rendit aveu au duc de Berry d’une pièce de terre à Chizé et d’autres petits fiefs (R1* 2173, p. 1834).

2 Nous avons eu à nous occuper, à plusieurs reprises dans le précédent volume, de ce Robert de Grantonne ou Grandonne, receveur de Poitou pour le prince de Galles, particulièrement à propos de la confiscation de ses biens (p. 63-65, 117-119, 121 n., 134-138, 163-165, 354-358).

Nous ignorions alors sa mort tragique et les détails intéressants contenus dans la sentence d’absolution de l’official de Maillezais. Il est facile de déterminer, à quelques jours près, la date du crime dont il fut victime et qui paraît être demeuré définitivement impuni. Des lettres du roi du 29 juillet 1372 parlent de Robert de Grantonne comme vivant encore ; d’autres du duc de Berry, datées de Poitiers le 8 août 1372, le disent défunt. (Id. p. 119 et 137.)

3 Voy. le volume précédent, p. 126 note.

4 Rapprocher de l’affaire dont il est question ici des poursuites exercées par Geoffroy Ferron, chevalier, contre Renaud de Vivonne, sire de Thors, en payement d’une obligation de 4.000 francs d’or que ce dernier lui avait souscrite. Renaud avait invoqué le témoignage d’André Rouault, chevalier, de Guillaume Prévost, de Jeanne Jarousseau, veuve de Nicolas Mercier, et de Jean Alonneau, et les avait fait assigner au Parlement, où ils ne se présentèrent pas. (Acte du 11 juillet 1376, X1a 25, fol. 232 v°.) Le 23 décembre suivant, la cour rendit son arrêt portant que Renaud de Vivonne ne pouvait être admis à impugner la validité de cette obligation et qu’il devait payer les 4.000 fr., sauf 1.032 qu’il avait prouvé avoir donnés comme acompte (X1a 26, fol. 138 v°), et mandement fut adressé, le 11 avril 1377, au premier huissier du Parlement d’avoir à faire exécuter cette sentence. (Id., fol. 51.)

5 Sans doute Jean Thiébaut, celui qui est mentionné dans la note de la p. 410, relative à Jean Alonneau.

 Le registre des aveux et dénombrements des fiefs compris dans les châtellenies de Belleville, Châteaumur, Palluau, la Garnache, rendus à Jean duc de Normandie et comte de Poitou, au mois de mars 1344, contient l’aveu d’un Jean Thiébaut. (P. 594, fol. 19.)

 

 6 La fête de S. Sixte, pape, se célébrait le 6 août ; mais il s’agit plutôt sans doute de S. Xiste ou Sixte, premier évêque de Reims, dont la mémoire était honorée le 1er septembre.

7 Sur Perceval de Cologne, voy. le volume précédent, p. 201 note. On voit ici qu’il fut bien en effet châtelain de Fontenay-le-Comte.

8 Étienne ou Thévenin Gracien. Voy. ci-dessus, p. 156, note, de ce volume.

9 Ce Gilles Brechou (aliàs Berchou) était seigneur du Puiset près de Fontenay-le-Comte et est nommé dans un autre acte relatif à Jean Alonneau, cité dans la note consacrée à ce dernier personnage (ci-dessus, p. 410). Il a été question dans le précédent volume des démêlés de Gilles Brechou avec Jean Bigot, châtelain de Mareuil, entre les années 1376 et 1385 (p. 241, note).

Pendant le même laps de temps, notamment en avril et en août 1379, on le retrouve en procès contre Renaud de Vivonne, sire de Thors, au sujet de l’héritage de Jeanne Jarousseau, veuve de Nicolas Mercier, dont il réclamait une part (X1a 28, fol. 45 et 83). Voy. ci-dessus la note consacrée à ce Nicolas Mercier, dans un acte du 9 avril 1379 (p. 118). Le nom de Gilles Brechou figure encore, le 12 septembre 1394, dans un acte où il est question d’hommages de fiefs relevant de la châtellenie de Fontenay-le-Comte, pour lesquels les officiers du duc de Berry avaient mis en cause un nommé Guillaume Blanchet (X1a 41, fol. 267). Il mourut vraisemblablement dans le courant de l’année 1401. On a, sous la date du 10 janvier 1402 n.s., deux aveux de son fils Jean Brechou, écuyer, le premier de son hébergement sis à Fontenay-le-Comte et autres fiefs en dépendant, le second de son hébergement du Puiset, mouvant de la châtellenie dudit Fontenay. (Arch. nat., copie du Grand-Gauthier, R1* 2172, p. 1073 et 1081.)

10 Pierre Rincent, après avoir été boucher au service du sire de Parthenay, devint châtelain de Fontenay-le-Comte.

Quelques années plus tard, il fut condamné pour vol et pour viol, crimes remontant à l’année 1377, par sentence du sénéchal de Poitou, dont il releva appel. Le 18 juin 1400, son affaire fut plaidée au Parlement, et le 23 juin, la cour l’élargit jusqu’à nouvel ordre (X2a 12, fol. 433, 434). Voy. encore d’autres actes de cette procédure jusqu’au 6 septembre 1400 (X2a 13, fol. 327 v°, 329, 336).

Le 8 octobre 1410, Pierre Rincent rendit aveu au duc de Berry de son hôtel et hébergement de la Vieille-Bruyère, mouvant de Fontenay-le-Comte (R1* 2172, p. 1139). Nous aurons sans doute occasion de reparler de ce personnage, dont le nom apparaît fréquemment sur les registres de la cour.

 

 11 Jean de Foussay, déjà qualifié de sergent du duc de Berry à Fontenay-le-Comte, était appelé au Parlement, le 11 août 1386, pour répondre d’excès que lui reprochait un nommé Hugues Sajot (X1a 35, fol. 45 v°).

Dans un autre acte du 9 du même mois, il est question d’un exploit fait quelques années auparavant par Jean de Foussay, le jeune, sergent du duc, sur l’ordre de Pierre Pertseschausses, lieutenant du sénéchal de Poitou, dont Ponce de Vivonne avait appelé au Parlement. (Procès repris par le fils de celui-ci, Jean de Vivonne, X1a 35, fol. 50 v°.)

12 Le texte porte ici pertenssis ; il est d’ailleurs très fréquemment incorrect et nous l’amendons en beaucoup d’endroits, sans noter toutes les fautes corrigées.

13 On devrait plutôt lire septuagesimo secundo. Cf. la note 1 de la p. 411 ci-dessus.

14 Le pape Grégoire XI, Pierre Roger, était mort en 1378, à Rome. En août 1381, le siège pontifical de Rome était occupé par Urbain VI, et celui d’Avignon par Clément VII. Cette date de 1381 est donc de toute façon inexacte.

15 A la notice consacrée à Renaud de Vivonne (ci-dessus, p. 269, note), nous ajouterons deux renseignements importants, que nous avons recueillis depuis, touchant la durée de son sénéchalat, et la date de sa mort.

Dans un mandement du roi au Parlement, en date du 12 juillet 1392, il est question du sire de Thors au présent, et il y est qualifié sénéchal de Poitou. (Arch. nat., X1a 39, fol. 88.)

Dans un autre registre, à propos du contrat de mariage de sa fille Marguerite avec Jacques de Surgères, seigneur de la Flocellière, qui fut passé au commencement de décembre 1392, on lit : « Quo contractu facto et antequammatrimonium solemnizatum extitisset, dictus dominus de Thors decesserat. » Ses trois fils et héritiers, frères de ladite Marguerite, ratifièrent les clauses de ce contrat. (Extrait d’un arrêt rendu, après la mort de Marguerite de Vivonne, et touchant sa succession, entre son mari et ses enfants, d’une part, et les autres enfants et héritiers de Renaud de Vivonne, le 24 novembre 1414, X1a 60, fol. 410 v°.)

Il résulte de ces textes que la mort du sire de Thors arriva à la fin de décembre 1392 ou en janvier 1393, et qu’il exerça, comme nous le supposions, son office de sénéchal jusqu’au jour de son décès.

 

16 Le Grand-Gauthier contient, à la date du 10 mars 1404, un aveu rendu par Guillaume Rataut au duc de Berry, comte de Poitou, à cause de son château de Lusignan, « à homage lige et au devoir de un homme d’arme monté et armé suffisament, à estre et demourer à mes despens par quarante jours à la garde et deffence dudit chastel de Lesignen, mon harbergement de Laudouynere et ma mothe, bourc et terre de Curzay avec toutes et chescunes leurs appartenances et appendences quiexconques », etc., etc. (Arch. nat., R1* 2171, p. 311). Plusieurs autres membres de la famille Rataut sont mentionnés dans le présent volume.

17 Jean Poussart était garde du sceau aux contrats de Saint-Maixent en 1379 (acte du 21 août, Cartulaire des Châtelliers, p. 144). Jean Poussart, bourgeois de la Rochelle, mort vers le 1er janvier 1380, avait épousé Pétronille de la Vie, veuve en premières noces de Pierre Triaise. Il laissa quatre fils et deux filles. L’aîné, nommé aussi Jean, vraisemblablement celui dont il est question ici, était majeur à la mort de son père, ainsi que le cadet Jacques, qualifié docteur ès lois dans beaucoup d’actes de la fin du xive siècle. Le premier fut, dès 1380, tuteur de ses jeunes frères, Jeannet et Laurent, et de ses sœurs, et dut soutenir à cause d’eux un procès contre les enfants du premier lit de leur mère, Jean, Gilbert et Pétronille Triaise, enfants de Pierre Triaise et de Pétronille de la Vie. (Voy. mandement de juillet 1380, X1a 29, fol. 82) L’affaire se termina par un accord homologué au Parlement le 30 juin 1391 seulement (X1c 62). Dans ces deux actes on peut puiser des renseignements utiles sur la branche restée bourgeoise de la famille Poussart.

18 La fête de S. Eutrope, premier évêque de Saintes, se célébrait le 30 avril.

19 Clément VII, pape d’Avignon, reconnu par une partie de l’Église, fut élu en 1378, après la mort de Grégoire XI, et mourut en 1394.

20 Sic. Peut-être faudrait-il lire « lessier ».

21 Plus souvent écrit palanc, barrière de pieux.

22 S. André, le 30 novembre.

23 Les SS. Simon et Jude se fêtaient, chez les Latins, le 28 octobre.

24 Cette famille était alliée, vers cette époque, à la famille Alonneau par le mariage de Pierre Pageraut avec Jeanne Alonneau. Celui-ci possédait à cause de sa femme le fief de la Pointe, sis entre la Forêt-Nesdeau, le village de Bourgneuf, le village de Chaix, etc., mouvant de Fontenay-le-Comte, et il en rendit aveu au duc de Berry le 4 janvier 1404. (Copie du Grand-Gauthier, Arch. nat., R1* 2172, p. 1114-1130.)

25 Cf. un arrentement perpétuel fait, en 1392, par les chanoines de Notre-Dame de Poitiers, d’un hébergement ou fondis sis au village de Vérines, qui fut à Jean Béraut, valet. (Archives de la Vienne, G. 1175.)

26 Dans une sentence de l’officialité de Luçon, confirmée en 1390, qui sera publiée dans le prochain volume, sont mentionnés trois autres personnages du nom de Racodet, François, Guillaume et Denise.

Ils appartenaient tous à la famille du Bas-Poitou, dont MM. Beauchet-Filleau ont donné la généalogie depuis le commencement du xive siècle (Dictionnaire des familles de l’ancien Poitou, t. II, p. 578).

François Racodet, valet, demeurant au château de Nalliers près Sainte-Hermine, est le premier nommé sur cette généalogie.

Celui qui obtint l’absolution de l’official de Luçon s’appelait de même François Racodet ; il était accusé d’un meurtre commis précisément à Nalliers. Cf. aussi un aveu du fief de la Cour de Thiré, rendu au chapitre de Poitiers par Pierre Racodet, écuyer, en 1403 (Arch. de la Vienne, G. 279), personnage qui a échappé aux recherches de MM. Beauchet-Filleau, ainsi que les quatre cités dans nos textes.