1190 Jugement rendu devant la cour d’Aliénor d’Aquitaine par le sénéchal d'Anjou entre l'abbaye de Fontevraud et le prévôt de Saumur, relativement à la voirie de la place de la Bilange à Saumur

Saumur au temps des Plantagenêts – 1190 Jugement rendu devant la cour d’Aliénor d’Aquitaine par le sénéchal d'Anjou  entre l'abbaye de Fontevraud et le prévôt de Saumur, relativement à la voirie de la place de la Bilange à Saumur


En 1189, désormais veuve et reine-mère, Aliénor se retire dans son Poitou . Avant de partir à la croisade, Richard Cœur de Lion confie la régence du royaume à Aliénor. Elle travaille à affermir le pouvoir de Richard, contesté par son frère Jean sans Terre, qui s'est allié pour l'occasion à Philippe Auguste, roi de France.


Fin 1190, difficultés entre Fontevraud et le prévôt du comte à Saumur Guillaume de Courcy pour les droits de voierie du marché au blé.
Les religieuses de Fontevrault s’adressèrent à elle pour faire reconnaitre leurs droits sur la vente du blé apporté sur la place de la Bilange à Saumur.
 L’affaire est portée devant le sénéchal d’Anjou et du Maine qui est alors Payen de Rochefort.


Aliénor se rendit sur les lieux et fit comparaitre devant elle et le sénéchal d’Anjou, l’abbesse de Fontevraud et le prévôt de Saumur.
 

 

 Les droits de l’abbaye furent reconnus par le jugement de l’assemblée qu’elle présida et où se trouvèrent Guillaume Tempier, évêque de Poitiers, Aimery vicomte de Thouars, Etienne Amenon, sénéchal de Mirebeau, Geoffroy Imbert, sénéchal de Moncontour, Thomas de Saint Cassien, prévôt de Chinon et autres.

 

 

 



Cour du Roi tenue par le sénéchal – cour du sénéchal

 

 


Le comte auquel une affaire était soumise renvoyait le plus ordinairement devant sa cour, en indiquant seulement le jour de la comparution. Ce renvoi était ordinairement fait en termes généraux, mais il arrivait quelquefois aussi que le comte renvoyait la connaissance de l’affaire à quelques personnes expressément désignées.
Ce renvoi peut aussi être fait par devant un seul juge, tel que le prévôt. Il faut aller beaucoup plus tard pour trouver le renvoi d’une affaire devant le sénéchal, et alors ce n’est plus un juge commis pour décider l’affaire, c’est le représentant du comte qui tient sa cour comme il la tiendrait lui-même.
Des titres en assez grand nombre m’ont permis d’établir d’une manière à peu près exacte la succession des sénéchaux d’Anjou, puis d’Anjou et du Maine à partir du milieu du XIe siècle ; ce n’est qu’un peu plus tard, au commencement du XIIe siècle, que je trouve un jugement prononcé par le sénéchal en la cour du comte, mais en présence du comte ; dans cette circonstance, il n’est pas certain que la cour du comte ait été tenue par le sénéchal. De même que pour la tenue de la cour par la comtesse, et par les mêmes raisons sans aucun trouver la cour du comte tenue par le sénéchal, et c’est en vertu d’ordres du comte que cette tenue a lieu, même quand il s’agit de débats judiciaires.
Cette délégation finit par devenir d’un usage fréquent ; les chartes rédigées pour constater des jugements que la procédure a été faite ou le jugement rendu dans la cour du Roi ou du comte, même quand à la suite d’un accord il a été convenu qu’il recevrait les choses objet de cet accord dans sa garde et dans celle du roi d’Angleterre.
Puis, le sénéchal ne dit même plus d’une manière expresse que la cour qu’il préside est la cour du roi. Cela résulte d’une manière implicite de cette circonstance que la cour est tenue par lui et par la Reine ; mais il arrive aussi qu’on ne s’en explique pas, et dans ces cas ce n’en est pas moins la cour du roi.
La délégation pouvait même être faite directement par le comte à un sénéchal d’un ordre inférieur, et, dans ce cas, la cour de ce sénéchal est bien celle du roi ou du comte, soit que le rédacteur de la charte ait expressément indiqué cette délégation, soit que la charte constate simplement que la cour ainsi tenue est la cour du comte ou du roi.
De même, enfin, dans le cas ou il s’agissait d’une information préliminaire pour arriver à un arrangement. La délégation d’un sénéchal de rang inférieur et d’un autre sous-ordre est faite au nom du roi et du sénéchal dans le lieu ou l’enquête peut être faite le plus facilement ; la convention est publiée dans la cour du roi.
Le sénéchal tenant la cour du roi ne parait pas avoir jugé seul. La cour ainsi tenue est tellement la cour du comte (ou du roi), que c’est lui qui donne les mandements pour assurer l’exécution des sentences rendues par le sénéchal.
Cet usage, peut être même cette nécessisté d’obtenir une charte du roi pour pouvoir arriver à l’execution d’une sentence du sénéchal , disparut à partir du moment ou le roi de France devin possesseur incontesté de l’Anjou et du Maine. Mais à partir de ce moment, plus encore peut être qu’auparavant, il ne fut plus question que de la cour du roi qui était tenue par le sénéchal ou par des délégués du sénéchal, sans qu’une délégation spéciale du roi de France paraisse avoir été jugée nécessaire.
Coutumes et institutions de l'Anjou et du Maine antérieures au XVIe siècle : textes et documents, avec notes et dissertations. 2 / 1 / par M. C.-J. Beautemps-Beaupré,...

 

 

[Carta senescalli Andegavensis, de judicio facto, teste regina Alienor, contra pretorem Salmurii .]
Intendant de la charte d'Anjou, à la cour de la reine Aliénor, tandis que le pretorem Saumur

 



Paganus de Rupeforti, senescallus Andegavensis, omnibus presens scriptum inspecturis, in perpetuum.
Pain de Rupeforti, le sénéchal d'Anjou, verra à tous cette écriture, à perpétuité.

Contentio quedam fuit inter Fontem Ebraudi et pretorem Salmurii de viaria platee ubi venditur bladum, ubi pretor Salmurii habere querebat districta et ceperat nummos ibidem, unde rectum suum esse dicebat.
Et il y avait un certain prévôt du comte à Saumur des chargés avec eux, la lutte entre les assiettes où ils vendent du maïs à Fontevrault, où le prix de Saumur qu'elle cherchait, devait récupérer l'argent, à nu et au même endroit, et avait porté loin de captif, de qui était juste dans le sien, dit-il.

ideo, coram nobis et regina Alienor, conquesti sunt abbatissa Fontis Ebraudi et fratres ejusdem loci.
Ainsi, en notre présence et la reine Eleanor se sont plaints du paiement des frères abbesses au même endroit.

Auditis vero hinc et inde clamoribus et querelis, congregavimus sapientes homines de Salmurio et antiquos qui noverant consuetudinem, et adjuravimus eos, supra sacramentum quod domino régi fecerant et super eorum fidem, quod inde verum dicerent.
Quand ils eurent entendu les cris des commentaires et des plaintes, cependant, de ce côté, et de là, il rassembla les anciens, qui avaient connu la coutume des sages, et les hommes de Saumur, et en prit serment. avait fait au-dessus et sur eux la foi dans le mystère de ce lien avec le roi, qu'ils disaient la vérité.

Nicholaus de Sancto Paterno, Bartholomeus Rollant, W. de Curceio, qui diu fuerant pretores Salmurii, testificati sunt quod omnia recta platee ecclesie Fontis Ebraudi erant, sicut erant domini regis Henrici die ilia qua concessit et dédit plateam predicte ecclesie.
Nicolas du Saint-Père, Nous, Bartholomew, ensemble Rollant, W. de Courcy, qui étaient depuis longtemps pretores Salmurii, avons témoigné de l'église de Fontevrault, qui était remplie de tout ce qui est droit, dans lequel Il a accordé aux choses comme ils étaient, et ont donné la large place le jour de l'église du seigneur roi Henri.

His dictis Johannes Baraton, tunc pretor Salmurii, dixit se nolle reddere nummos quos ceperat, quoniam eos ceperat in domo quadam longe a platea.
Avec ces mots John Baratón, alors préteur Saumur, il a dit qu'il ne souhaitait pas rendre l'argent qu'il leur avait pris, qu'ils étaient en sécurité dans la maison d'un certain platea.

Abbatissa vero et fratres Fontis Ebraudi dixerunt quod rectum nummorum illorum habere volebant, quoniam factum fuerat marcheium illud in platea et se perrexerant mercatores paiare procul a platea.
Ils ont dit: Que l'abbesse de Fontevrault, frères, ce qui est juste, et ils voulaient ne pas avoir cette somme d'argent, parce que c'était fait, il était parti, et les marchands de la PAIA Marcheti platea, dans la rue platea.

Facto autem coram me et coram domina regina judicio, concordaverunt per judicium omnes qui aderant quod omnia recta et viaria platee debebant esse ecclesie Fontis Ebraudi, quocumque provenerint.
Le jugement de la présence de sa majesté la reine devant moi, et il arriva que toutes choses se faisaient concorde en ligne droite par le jugement de tous ceux qui étaient présents et étaient destinés à être chargés de la conservation de l'église de Fontevrault partout où il aurait dû se rendre.

Judicio siquidem faciendo adfuerunt : Guillelmus Pictavensis episcopus, Aimericus vicecomes Thoarcensis, Gaufridus Crispini, W. de Mallebrario, Balduinus de Savoneriis, Stephanus Amenon senescallus Mirabelli, Gaufridus Imberti senescallus Montis Cantor, Thomas de Sancto Gassiano pretor Chinonii et alii plures.

Jugement pour exécution d'une disposition légale Guillaume évêque de Poitiers, Aimeri vicomte de Thouars, Geoffrey Crispin, W.Mallebrario Baldwin de Savoneriis Stephen Amenon Steward Mirabelli, Geoffrey Imbert Steward song, O Mountains of St.Thomas Gassianus cònsol Chinonii et bien d'autres.

Et ne qua posset super hoc in posterum suboriri calumpnia, rem precepi mandari litteris et sigilli mei apposui firmamentum.
Oppression, parce qu'il ne serait pas en mesure de se présenter à l'avenir, à ceci, Et, La chose que j'ai commandé mon sceau au sceau et les lettres confiées au firmament.

Actum apud Salmurium, teste domina Alienor regina, anno incarnati verbi M°C°XC°.

 

 

 

 

 Fontevraud - Chinon entre le 19 et le 24 juin 1190, Richard Cœur de Lion, Aliénor d’Aquitaine - Charte de la Cigogne <==..... ...==> Éléonore (Aliénor) d’Aquitaine Dame de Mirebeau (Time Travel 1202)

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Saumur Salmurium, Salmurensis, Salmuriensis, Salmurum

1. Fin de 1190. Bibl. nat., anc. fonds latin n° 5480 (Cartul. de Fontevraud), vol. 1, p. 73. Copie faite d'après l'original, qui avait trois sceaux en cire blanche.
2. Elle portait alors et porte encore le nom de Place de la Bilange.

 

 



 Payen de Rochefort-sur-Loire (château de Saint-Offange)
Formes anciennes du nom : Roca forti en 1030, Ecclesia Sancti Simphoriani de Rupeforti en 1072, Domus Sancti Simphoriani de Rupeforti en 1080, Rochia fortis, Roca fortis en 1098, Deserta sub Rupe Forti en 1181, Villa Sancte Crucis de Rupe Forti en 1264, Rupes Fortis super Ligerim en 1319, Rocheffort sur Loyre en 1338, Rochefort en 1793 et 1801, puis Rochefort-sur-Loire.



 
Payen de Rochefort [Pagano de Rochefort, senescallo Andegavie], chevalier, seigneur de Rochefort-sur-Loire, occupe la charge de sénéchal d’Anjou en 1187.
Il est nommé sénéchal de Touraine, en remplacement d’Étienne de Marçay fin 1189/début 1190.
Il souscrit les actes de Richard 1er pendant l’année 1190-1191.

En 1214, à la suite de la bataille de La Roche aux Moines avec Jean sans Terre, le fils de Philippe Auguste ordonnera la destruction de la forteresse de Rochefort dont le seigneur, Payen de Rochefort, était sénéchal  du roi d’Angleterre Jean sans Terre.
Elle sera reconstruite par son neveu.